Jean-Jacques Sempé : son Amérique à lui - L’Oeil de Pierre Lescure - C à Vous - 10/10/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Invité45 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La réédition du mythique Sempé à New York. Ne criez pas, ne criez pas à Pierre. Je vais vous hurler. Et la sortie du magnifique et dédié Sempé en Amérique. Évidemment qu'on est vraiment heureux, malgré vos moqueries, de les célébrer avec vous Alain et Laurent. Mais au mois d'août dernier, quand Jean-Jacques Sempé est parti, on sait aussi que c'était bouleversant de voir que toutes les générations étaient touchées de la mienne aux plus jeunes. Du coup, on est allé ensemble, la jeune Myrtille Serre et moi, à la rencontre de sa femme Martine Gaussio-Sempé, si heureuse de la sortie de ses deux albums magnifiques.
Et touchée aussi quand Myrtille lui a demandé de raconter leur rencontre, le jour où il venait demander à Sempé un dessin pour un livre, où elle l'a sonné en vain chez lui et où elle a rebroussé chemin.
Quand je suis arrivé dans le hall, il est arrivé en trench blanc, un parapluie à la main, très décidé. Et ça a été un goût de foudre. Il m'a dit « Vous êtes libre à déjeuner demain ? » J'ai dit « Oui, pourquoi pas ? » Et voilà, on a redéjeuné le lendemain ensemble.
Ils ne se sont plus quittés. C'est en 65 que Sempé a découvert l'Amérique et singulièrement New York. Il a aimé les gens, les paysages, les buildings. Mais il a attendu 78 que le fameux magazine New Yorker fasse appel à lui pour ses unes de légende.
Le New Yorker forcément l'a entraîné à faire des couleurs, à faire des aquarelles, parce que des couvertures, mais quand il travaillait une couverture, il pensait vraiment au dessin qui va être dans le kiosque. J'ai vraiment des dessins qui ont été refaits 5-6 cette fois.
Sempé était grand, ses beaux yeux bleus donnaient l'impression de rêver, d'être ailleurs, y compris quand il marchait dans la rue, aux côtés de Martine, mais il enregistrait tout.
Quand on marchait dans la rue, souvent je lui disais « Tiens, regarde ça, regarde ça, regarde ça. » Et il ne voyait pas, lui. Il se retrouvait devant une feuille. Et là, vraiment, il travaillait les ambiances, les détails revenaient, mais sans qu'il en ait parlé ou qu'il ait vu. Et aussi, quand on était en face de lui, s'il faisait quelqu'un qui pleure, il pleurait sur son visage. Ou si quelqu'un riait, il faisait la même chose que ce qu'il était en train de dessiner. Ça, c'était très étonnant.
Les dessins, les unes du New Yorker, les couleurs et puis les légendes, c'est même quelquefois ces textes qui donnaient naissance au dessin.
Il écrivait très, très bien. Et ses légendes le prouve, il faisait vaguement une petite esquisse. Et puis ensuite, c'était surtout l'écriture qui faisait ses dessins.
Martine Sempé est venue à notre rendez-vous avec un cadeau. Nous montrer l'original de ce qui fait la couverture de Sempé en Amérique. Le dessin n'était pas tout à fait fini. Elle a recadré le bas, mais il avait somptueusement fignolé le ciel bleu profond. Et puis Martine nous a aussi apporté des carnets.
J'ai apporté les carnets de New York parce que c'est formidable. Ils sont très beaux, ces carnets. Alors, il y a des personnages. C'est surtout ça qui faisait des attitudes. Vous voyez, des attitudes de toutes ces dames. Des attitudes, oui. Voilà, des attitudes de ces femmes qui sont dans Central Park. Ça, c'est celui qui ne l'avait plus dans sa poche. Là, il y a une petite esquisse. Et il y a déjà une recherche de légendes. Bien sûr que je rêve de choses impossibles. Si elles étaient possibles, pourquoi je rêverais ? Il n'en a jamais fait un dessin. C'est formidable, non ?
Quelle formule dingue. Bien sûr que je rêve de choses impossibles. Si elles étaient possibles, pourquoi je rêverais ? C'est un peu votre histoire, les garçons. Moi, j'ai raconté à Martine qu'en 1985, Canal Plus tardait à décoller. On nous donnait presque l'extrême onction, tu te souviens, tous les jours. Et un soir, j'ai réuni quelques dirigeants, dont Alain Degrève, bien sûr. Et j'ai offert à tout le monde cet album de 100p qui s'appelait, titre génial, vaguement compétitif. Et on a tous fait des petites signatures sur la page où un petit monsieur sur la colline dit « J'ai pardonné à ceux qui m'ont offensé, mais j'ai la liste. » Et on vous offre un 100p en Amérique et 100p à New York.
Vous partagerez ça. C'est tellement beau. Voilà les enfants.