MACRON : UN POGNON DE DINGUE POUR LES ULTRA-RICHES
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« Pour que notre société aille mieux, il faut des gens qui réussissent, et il ne faut pas être jaloux d’eux, il faut dire : “C’est formidable”. »
- 0:30Emmanuel MacronFait
« Heureusement qu'on a supprimé cette aberration de taxer la réussite. »
- 0:45Emmanuel MacronPromesse
« Baisser le coût du capital, permettre plus d’investissement productif, relancer l’attractivité de la France et de ses investissements, c’est l’agenda que nous avons depuis 2017. »
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« Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire : “Il y a des gens qui réussissent, taxons-les, nous nous porterons mieux.” »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« On a le droit de ne pas être la caricature dans laquelle on veut vous enfermer. »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches. »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« On met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens ils sont quand même pauvres. »
- 5:30Emmanuel MacronFait
« On met trop de pognon, on déresponsabilise. »
- 7:30InseeChiffre
« Cette hausse profite surtout à la moitié la plus aisée de la population, particulièrement concernée par les principales réformes pérennes mises en œuvre. »
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Pour que notre société aille mieux, il faut des gens qui réussissent, et il ne faut pas être jaloux d’eux, il faut dire : “C’est formidable”. Votre patron de Xenoterra, il n’existe plus avec l’ISF. Parce que le jour où il réussit, il s’est carapaté.
Heureusement qu'on a supprimé cette aberration de taxer la réussite. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole. Baisser le coût du capital, permettre plus d’investissement productif, relancer l’attractivité de la France et de ses investissements, c’est l’agenda que nous avons depuis 2017.
Moi je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire : “Il y a des gens qui réussissent, taxons-les, nous nous porterons mieux.” Emmanuel Macron n’est pas "le président des riches". Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Macron lui-même qui n’arrête pas de le répéter.
Dès le mois d’octobre 2017, quelques mois après son élection, il s’était pour la première fois plaint de cette appellation devant ses conseillers. Il leur avait expliqué : "C’est une invention de mes opposants et des commentateurs, mais personne ne peut me relier à cette image" Trois ans plus tard, le 21 janvier 2020, Macron avait réuni cinq cents patrons à l’Élysée. Et ce jour-là, il s’était de nouveau plaint auprès de ces hôtes du portrait que certains faisaient de lui : "Je veux bien tous les jours me faire appeler président des riches", avait-il expliqué, mais "je ne le suis pas, et je ne suis pas le défenseur de qui que ce soit ou de quelques catégories, je suis le défenseur de l’intérêt de la nation, d’un intérêt général et d’une ambition que je veux pour notre pays." Au même moment, lors de ses vœux à la presse, il répétait sa plainte, sur un mode plus ironique, en déclarant : "Je ne peux même plus skier dans les Pyrénées, tout le monde croit que je suis à Courchevel !" Preuve que le sujet lui tient vraiment à cœur : il y est encore revenu deux ans plus tard, au mois de décembre 2021.
Sur TF1, il avait alors déclaré : On a le droit de ne pas être la caricature dans laquelle on veut vous enfermer. Et donc je pense que je n’ai jamais été, moi, je n’ai jamais été ça, je sais d’où je viens. Il avait insisté : Je sais d’où je viens et quelles sont mes valeurs.
Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches. Ici, si on veut se montrer objectif, on est obligé de le reconnaître : Emmanuel Macron a raison. Il n’est pas le "président des riches".
Le "président des riches", c’était l’inoubliable Nicolas Sarkozy. Moi j’ai refait complètement le mien, mate un peu par le hublot. Kit carrosserie, becquet arrière, jantes BBS 100 pouces, je ne te dis pas le prix c’est indécent, 30 000 euros la jante, c’est les as du tuning qui se sont mis sur mon avion.
Il en jette hein, non ? Et puis alors l’intérieur je ne te dis pas. Très joli.
Sièges en croco, fontaine à champagne, jacuzzi en or, il y a même un mini court de tennis. Alors, tu ne sais plus quoi dire ? J’avoue, vous êtes étonnant.
Lorsqu’il était à l’Élysée, en effet, Sarkozy a tellement favorisé les riches qu’en 2012, à la fin de son quinquennat, même le mensuel économique Capital, qui n’est pas exactement un brûlot bolchevique, avait constaté qu’il avait "gâté les gros contribuables en distribuant de magnifiques cadeaux fiscaux, surtout au profit des rentiers". Et c’est ainsi qu’en cinq ans de sarkozysme, précisait Capital, "les impôts payés par les 1 % les plus riches ont été réduits de près de 1,5 milliard d'euros". Répétons-le donc : le "président des riches", c’était Sarkozy.
Et on peut reconnaître en passant que François Hollande et Manuel Valls ont été ses dignes successeurs. Emmanuel Macron, lui, est plutôt "le président des ultra-riches", comme l’ont démontré les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans un fort plaisant ouvrage dont c’était le titre, publié en 2019. Sarkozy lui-même ne s’y est d’ailleurs pas trompé : "Macron, c’est moi en mieux", assure-t-il.
Et de fait, le premier soin de ce nouveau président dont la campagne avait été financée par de généreux mécènes a été, quelques mois à peine après son élection, de supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune, l’ISF, pour le remplacer par un impôt sur la seule fortune immobilière. Comme le soulignait Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans leur précieux livre, "en faisant ainsi sortir les valeurs mobilières, ce qui inclut les actions en Bourse et les obligations, de l’assiette d’assujettissement à l’impôt de solidarité sur la fortune, Emmanuel Macron a fait, dès le tout début de son règne présidentiel, un formidable cadeau aux plus riches, dont les patrimoines sont composés, tout en haut de la pyramide, à plus de 90 % de ces produits financiers,, qui ne seront donc plus imposés au titre de la fortune.” Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches.
En même temps qu’il supprimait l’ISF, Emmanuel Macron a offert aux ultra-riches un autre cadeau extraordinairement précieux : un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital, appelé aussi flat tax, en lieu et place d’une imposition au barème progressif qui était évidemment plus coûteuse pour les privilégiés dont le capital produit les revenus les plus élevés. Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches. Pour justifier ce gavage, les macronistes promettaient, on se le rappelle, un "ruissellement" où les cadeaux consentis aux riches allaient irriguer l’ensemble de l’économie, pour le plus grand bénéfice de la collectivité.
Et monsieur est un écuyer de Jeanne d’Arc, et moi je suis la reine d’Angleterre, non ? Okay ? Mais bien sûr, et comme prévu par les observateurs et observatrices qui avaient dénoncé ces cadeaux faits aux ultra-riches : ce n’est pas du tout ce qui s’est passé.
Bien au contraire : l’an dernier, quatre ans, donc après la suppression de l’ISF et l’instauration de la flat tax, France Stratégies, organisme d’évaluation et de prospective rattaché à Matignon, a publié, comme l’avait alors relevé le journal Le Monde, un rapport constatant, d’une part, que ces deux réformes n’avaient pas eu d’effet sur l’investissement et que le "ruissellement" promis n’avait donc jamais ruisselé vers les pauvres, et d’autre part qu’elles avaient "accru la concentration des dividendes chez les plus riches". Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches. Pour le dire autrement, et plus simplement : grâce aux cadeaux qui leur ont été offerts par Emmanuel Macron dès le tout début de son premier quinquennat, les ultra-riches sont devenus plus ultra-riches encore.
Alors le ruissellement c’est une théorie qui dit que plus les riches ils ont d’argent, plus ils le réinjectent dans l’économie. Mais en fait ils l’ont réinjecté dans les paradis fiscaux et dans les voyages dans l’espace. Mais il est vrai aussi que dans le même temps, ce président, attentif à ne pas faire de jaloux, a aussi fait en sorte que les pauvres deviennent plus pauvres, en baissant notamment de cinq euros le montant des aides personnalisées au logement, prioritairement destinées aux gens qu’il présentait au mois de juin 2017, pour les différencier des "gens qui réussissent", comme je cite : “Les gens qui ne sont rien.” Un an plus tard, presque jour pour jour, Macron, toujours vautré dans le mépris de classe, avait expliqué, dans une vidéo diffusée par le service de communication de l’Élysée : “On met un pognon de dingue dans des minima sociaux, les gens ils sont quand même pauvres.
On met trop de pognon, on déresponsabilise.” Ce dernier mot, "déresponsabiliser", est important : d’abord, il sous-entend que les bénéficiaires des minima sociaux ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils sont pauvres et que, c’est parce qu’ils n’ont pas été assez responsables qu’ils se débattent dans les difficultés. Donc il faut prévenir la pauvreté, et responsabiliser les gens pour qu’ils sortent de la pauvreté.
Ensuite, et par conséquent, ce mot permet aux macronistes d’expliquer que c’est pour les "responsabiliser", et donc pour les aider, qu’ils s’attaquent par exemple aux chômeurs en aggravant leur surveillance et en diminuant le montant de leurs allocations ou aux bénéficiaires du RSA, en expliquant que le versement de cette aide de 598 euros sera bientôt conditionné à 15 à 20 heures d’activité hebdomadaire. Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches. Pour les ultra-riches, bien sûr, la situation est très différente.
Lorsqu’ils oublient de laisser ruisseler vers le bas l’argent qu’ils ont accumulé grâce aux cadeaux fiscaux d’Emmanuel Macron ? Lorsqu’ils préfèrent se partager ce pactole sous la forme de dividendes, plutôt que de le réinvestir pour la collectivité ? Personne, à l’Élysée, ne considère que ces cadeaux somptueux, qui, eux, coûtent vraiment "un pognon de dingue" aux contribuables, les "déresponsabilisent".
Ainsi : le président des ultra-riches peut continuer à les gaver, de toutes les manières possibles, même lorsqu’il prétend défendre "l’intérêt général". C’est okay ! La semaine dernière, l’Insee, qui est notamment chargé de produire et de diffuser des informations sur l’économie et la société françaises, a publié un rapport qui porte sur les réformes sociales et fiscales engagées en 2020 et 2021, dans le cadre, notamment, et après le début de la pandémie de Covid-19, du "quoi qu’il en coûte".
Ces mesures de soutien public, dont les macronistes se sont tellement gargarisés, n’ont certes pas été inutiles : elles ont permis, en deux ans, une augmentation globale du niveau de vie des Français de 12,7 milliards d’euros. C’est-à-dire en moyenne 280 euros par personne et par an. Mais justement : il s’agit d’une moyenne.
Et en réalité, constate l’Insee, "cette hausse profite surtout à la moitié la plus aisée de la population, particulièrement concernée par les principales réformes pérennes mises en œuvre". Dans le détail : ces mesures pérennes "induisent une augmentation du niveau de vie allant jusqu’à 470 euros annuels en moyenne" pour les foyers les plus aisés. Mais cette hausse n’est plus que de "90 euros pour les 50 % les plus modestes".
Conclusion : même quand son pays a été pris dans une pandémie qui a déjà fait plus de 155 000 victimes, les aides consenties par le président qui assure être "le défenseur de l'intérêt général" ont principalement bénéficié aux nantis. Dans leur livre paru en 2019, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot avaient trouvé une expression pour désigner précisément cette politique qui diminue régulièrement les aides versées aux pauvres, en prétextant qu’elles coûtent trop cher, pour mieux remplir les poches des riches : c’est, expliquaient-ils, une "guerre de classe". Emmanuel Macron, qui selon Le Canard enchaîné rêve désormais d’obtenir le prix Nobel de la paix, semble très fermement décidé à la gagner.
Tout ça c’est pour le roi. Mais nos gens sont terriblement pauvres et… C’est normal ! Les pauvres c’est fait pour être très pauvres, et les riches très riches !
Emmanuel Macron