Affaire Epstein : Gabriel Attal "pas opposé" à l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:42OuverteRéponse directe
Est-ce que vous seriez favorable à une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Epstein ?
- 1:24RelanceRéponse directe
Mais vous ne serez pas à l'initiative d'une telle commission d'enquête ?
- 1:40FerméeRéponse partielle
Est-ce que quand on est à 5% de déficit, on est en capacité de demander à ses voisins européens d'emprunter ensemble ?
- 2:41RelanceRéponse directe
Est-ce que parmi ces mesures nécessaires, le fait d'engager un emprunt européen est une bonne idée ?
- 4:24OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ça implique de dire que le régime doit tomber ?
- 5:04RelanceRéponse partielle
Mais qu'est-ce qu'elle fait cette coalition internationale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, a saisi le procureur de la République. »
- 1:52Invité politiqueFait
« La France n'a pas fait les efforts pour assainir ses finances publiques, est trop endettée pour investir et demande donc maintenant à l'Europe de s'endetter. »
- 2:00Invité politiqueFait
« C'est un peu gonflé, non ? »
- 3:22PrésentateurFait
« On doit prendre des mesures pour nous défendre, pour nous protéger. »
- 3:29PrésentateurFait
« on doit conditionner l'accès au marché européen pour les industriels chinois au transfert de leur technologie à nos industriels »
- 4:26Invité politiqueFait
« vous avez pris la parole à l'occasion d'un rassemblement de soutien au peuple iranien en affirmant que le régime devait chuter. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Vous dénonciez, je cite, les déclarations de façade et les condamnations sans effet. »
- 5:01PrésentateurChiffre
« 30, 40 000, peut-être davantage de morts, des dizaines de milliers de personnes. »
- 5:17PrésentateurFait
« il faut s'assurer que les gardiens de la Révolution ne peuvent plus mettre un pied en France et en Europe parce qu'ils sont classés comme organisations terroristes. »
- 7:36Invité politiqueFait
« Est-ce que ça ne donne pas l'impression qu'il y a une forme de recasage en fin de quinquennat à la tête de ces institutions ? »
- 8:12Invité politiqueFait
« Est-ce que c'est le temps de la grande clarification que vous, patron de Renaissance, vous disiez ce matin, il n'y aura aucune fusion pour Paris au second tour entre Pierre-Yves Bournazel et Rachida Dati ? »
Temps de parole
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7h48 sur Inter, Benjamin Duhamel, vous recevez le secrétaire général du parti Renaissance.
Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Benjamin Duhamel. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Alors que ces dernières semaines, vous multipliez les prises de position sur les sujets internationaux, vraisemblablement dans la perspective d'une candidature à l'élection présidentielle. On va donc parler d'Europe dans un instant. Mais juste avant, un mot sur les révélations de la cellule investigation de Radio France. Un diplomate français qui a échangé à de nombreuses reprises avec le pédocriminel Jeffrey Epstein. Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, a saisi le procureur de la République.
Et c'est dans ce contexte, avant les révélations je précise, qu'hier la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Bourne-Pivé, s'est opposée à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le volet français de l'affaire Epstein. Au nom dit-elle de la séparation des pouvoirs, est-ce que vous seriez favorable comme président de groupe à une telle commission d'enquête ?
C'est une affaire qui émeut et qui interroge à juste titre, pas seulement en France, mais partout dans le monde. Et on a vu que dans beaucoup de pays dans le monde, des enquêtes ont été lancées, des enquêtes judiciaires et parfois des commissions d'enquête parlementaires ou l'équivalent. Moi je ne vois pas de raison de m'opposer à une commission d'enquête. Vous savez, tous les groupes parlementaires ont le droit chaque année de déclencher une commission d'enquête. Le choix que j'ai fait avec mes députés, c'est de déclencher une commission d'enquête sur l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes. C'est ça le sujet qui nous préoccupe.
Si un groupe décide de déclencher une commission d'enquête sur ce sujet, je ne m'y opposerai pas et je n'ai pas de raison de m'y opposer.
Mais vous ne serez pas à l'initiative d'une telle commission d'enquête ?
Je vous ai dit que nous on a des sujets sur lesquels on travaille, qui sont notamment la protection qu'on doit à notre jeunesse, à nos jeunes face au fléau des algorithmes. Il y a d'autres sujets sur lesquels on veut travailler, mais encore une fois je ne vois pas de raison de s'y opposer.
Donc vous ne vous y opposerez pas. Parlons Europe, Gabriel Attal, alors qu'hier Emmanuel Macron, Dominique Sey en parlait il y a un instant, dans les colonnes de plusieurs journaux européens, le président a défendu notamment un emprunt commun des pays européens pour investir dans des secteurs stratégiques. Donc si je résume Gabriel Attal, la France n'a pas fait les efforts pour assainir ses finances publiques, est trop endettée pour investir et demande donc maintenant à l'Europe de s'endetter. C'est un peu gonflé, non ?
Je crois d'abord que le moment qu'on vit aujourd'hui, en fait, il va conditionner l'avenir des jeunes Français, des jeunes Européens et des futures générations. On vit un moment d'accélération incroyable. On vit un moment de course technologique, une forme de moment spoutnik aujourd'hui, entre la Chine et les États-Unis. Et la question qui se pose aujourd'hui, c'est est-ce que nos enfants, les générations qui viennent, auront des emplois plus tard ou est-ce que les seuls emplois qu'elles auront, ce sera de servir du thé aux Chinois ou du café aux Américains quand ils passent à Paris.
Et donc ce qui se joue aujourd'hui, c'est notre capacité en Europe à prendre les mesures nécessaires pour faire de nous une forme de puissance et pour être capable de rivaliser dans cette course-là.
Est-ce que parmi ces mesures nécessaires, le fait d'engager un emprunt européen est une bonne idée ? Et là encore, je répète ma question. Est-ce que quand on est à 5% de déficit, on est en capacité de demander à ses voisins européens d'emprunter ensemble alors qu'on n'a pas été capable de faire les efforts à l'échelle nationale ?
Si vous me demandez si je considère que l'argent public et l'endettement peuvent régler tous les problèmes, la réponse est non. Je pense qu'il y a beaucoup de chantiers sur lesquels on doit avancer au niveau européen. Le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné par exemple, défend l'idée d'une préférence européenne en matière de marché public. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les 2 000 milliards d'euros de marché public dépensés en Europe chaque année, on peut les flécher sur les entreprises européennes plutôt que sur des entreprises qui viennent en dehors de l'Europe. J'y suis très favorable. On doit prendre des mesures pour nous défendre, pour nous protéger.
Exemple sur le véhicule électrique, je plaide, je défends l'idée que désormais, on doit conditionner l'accès au marché européen pour les industriels chinois au transfert de leur technologie à nos industriels et à des partenariats 50-50 avec nos industriels sinon on n'arrivera pas à rattraper le retard qu'on a technologique avec eux. Donc il y a beaucoup de réformes qu'on a engagées, beaucoup de mesures. Les eurobonds, comme c'est appelé, ça peut être une mesure, mais à quelques conditions je pense. D'abord, il faut garantir que ça suscite de l'investissement privé puisqu'à la fin c'est de l'investissement privé dont on a besoin essentiellement pour investir.
Et à condition que la France réforme et fasse des efforts pour précisément réduire son déficit.
Pour moter les maux de la bouche, évidemment. Ça nécessite qu'on soit tous crédibles dans les dépenses publiques et dans le désendettement. Ça nécessite qu'on soit d'accord avec d'autres pays européens, bien sûr. Et ça nécessite de garantir qu'il y a un mode de financement sur le long terme de cet endettement puisque ça ne doit pas se traduire, pour moi c'est une ligne rouge, par des impôts supplémentaires ou une augmentation massive de la contribution de la France à l'Union Européenne.
Sur les sujets internationaux, Gabriel Attal, il y a deux jours, vous avez pris la parole à l'occasion d'un rassemblement de soutien au peuple iranien en affirmant que le régime devait chuter. Et j'ai repensé à ces mots que vous aviez écrits début janvier quand Donald Trump est intervenu au Venezuela. Vous dénonciez, je cite, les déclarations de façade et les condamnations sans effet. Dire que le régime des Molas doit chuter, c'est bien. Mais concrètement, quand on est président de groupe, patron du parti Renaissance, qu'est-ce que ça implique de dire que le régime doit tomber ?
Moi je crois que la France doit prendre la tête d'une coalition d'États prête à s'investir à fond pour faire tomber le régime des Molas et libérer le peuple iranien. C'est absolument abominable ce qui se vit en Iran aujourd'hui. 30, 40 000, peut-être davantage de morts, des dizaines de milliers de personnes.
Mais qu'est-ce qu'elle fait cette coalition internationale ?
Pour moi trois choses. La première, renforcer partout où c'est possible et rendre vraiment effectives les sanctions.
Ce qui est déjà à peu près le cas. La France a notamment placé les gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes.
Et bien maintenant, il faut s'assurer que les gardiens de la Révolution ne peuvent plus mettre un pied en France et en Europe parce qu'ils sont classés comme organisations terroristes. Deuxième chose, des listes. Il faut que ces pays s'engagent ensemble à publier des listes extrêmement précises de tous les exécutants du régime. Je m'explique. On a aujourd'hui des listes qui ont été publiées. C'est pas déjà le cas. On a des listes avec les leaders, les dignitaires du régime. Il faut maintenant publier des listes sur lesquelles il y a les noms et les fonctions de tous les exécutants.
Le moindre commissaire de police, le moindre gardien de la prison qui participe à ce régime doit voir son nom et sa fonction sur une liste. Pourquoi ? Et ça vous l'avez demandé à Jean-Noël Barraud ? Je plaide pour ça depuis maintenant plusieurs mois. Pour qu'il se dise, cet exécutant, que le jour d'après va venir. Et quand le jour d'après viendra, on viendra le chercher parce qu'il fait partie des exécutants. Pour le pousser à se retourner dès maintenant contre les commanditaires et à lâcher les commanditaires. Et troisièmement, pour préparer le jour d'après. Parce que dire qu'on veut faire tomber le régime iranien, c'est bien.
Mais il faut préparer l'après pour éviter évidemment la guerre civile, le chaos en Iran.
Pardon Gabriel Attal, mais préparer l'après, ça impliquerait que le régime tombe. Ça impliquerait donc peut-être une intervention extérieure. En l'état, elle semble ne pas arriver.
Vous savez, moi la situation me fait penser à 1956 et au soulèvement de Budapest. Il y a à l'époque des femmes, des hommes qui se sont levés contre la dictature communiste. Et à l'époque, tous les occidentaux à l'ouest leur passaient des messages en leur disant « Allez-y, mobilisez-vous, on arrive, on va venir vous soutenir ». Ils se sont levés, ils se sont mobilisés, ils ont fini écrasés par la répression parce que personne n'est venu. Donc si je suis le parlais, vous demandez à Donald Trump d'intervenir en Iran ? Ce que je dis, j'ai été Premier ministre, j'ai été responsable de la Défense nationale.
Je sais que ce sont des décisions que vous prenez à la lumière d'informations classifiées dont vous disposez qui vous disent si oui ou non, une intervention permettrait de faire tomber un régime. Si un État décide d'intervenir, je me garderai bien de le condamner pour ces raisons-là parce que c'est qu'il aura eu des informations qui lui permettent d'attester qu'une intervention peut être efficace.
Deux sujets de politique intérieure, Gabriel Attal. Premier sujet, la nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des Comptes. François Ruffin dénonce la République des Copains. Est-ce que vous, Président, vous auriez nommé une ministre en fin de quinquennat qui peut rester, Patrick le disait, 28 ans à la tête de la Cour des Comptes ?
Je suis respectueux des institutions, c'est un choix qui relève du Président de la République. Vous savez qu'il y a certaines nominations qui doivent être validées par le Parlement. Dans ces cas-là, à chaque fois, je prends position en tant que Président de groupe. Ce n'est pas le cas de la Présidence de la Cour des Comptes.
Mais est-ce que ça envoie un bon signal ? Est-ce que ça ne donne pas l'impression qu'il y a une forme de recasage en fin de quinquennat à la tête de ces institutions ?
Je peux probablement reprocher des choses à Amélie de Montchalin. Moi, j'ai eu moi-même des choses à reprocher sur le budget tel qu'il a été présenté et décidé par le gouvernement. Je pense que personne ne peut lui reprocher une très grande compétence sur tous ces sujets-là.
Dernière question, Gabriel Attal. Vous étiez hier soir en meeting en soutien à Pierre-Yves Bournazel avec Édouard Philippe, deux potentiels concurrents sur scène en vue de 2027. Et nos confrères du Nouvel Ops écrivent que votre parti Renaissance refuse une éventuelle fusion entre Pierre-Yves Bournazel et Rachida Dati en vue du second tour. Est-ce que c'est le temps de la grande clarification que vous, patron de Renaissance, vous disiez ce matin, il n'y aura aucune fusion pour Paris au second tour entre Pierre-Yves Bournazel et Rachida Dati, quitte à faire perdre la droite et Rachida Dati ?
D'abord, Pierre-Yves Bournazel s'est exprimé sur le sujet hier soir. C'est important de l'écouter puisque je rappelle que c'est lui le candidat et donc c'est lui à la fin qui prendra la décision. Il a dit que beaucoup de journalistes et beaucoup de commentateurs, et vous venez de relayer un article, l'interrogent en permanence sur ce qu'il fera au deuxième tour et pour qui il votera. Et que la réponse qu'il donne, c'est qu'il votera pour Pierre-Yves Bournazel.
Oui, ce qui s'appelle ne pas répondre à la question. Et vous êtes en train de faire un peu pas la même chose.
Non, c'est une réponse à la question. Il a dit que je voterais pour Pierre-Yves Bournazel.
Est-ce que vous fermez la porte à une fusion entre la liste de Pierre-Yves Bournazel et la liste de Rachida Dati ?
Ce que je dis, c'est qu'il faut une alternance à Paris, parce que ça fait 12 ans, parce que ça a été mal géré, et que celui qui permet véritablement l'alternance à Paris, c'est Pierre-Yves Bournazel. Regardez le sondage qui est sorti hier. Il y a un sondage qui est sorti hier qui montre que Pierre-Yves Bournazel fait un meilleur score au second tour face à l'équipe municipale sortante que les autres compétiteurs.
Sauf que Rachida Dati est près de 15 points devant Pierre-Yves Bournazel au premier tour, donc je répète la question, est-ce qu'il pourrait y avoir une fusion au second tour ?
Il va y avoir des débats, il va présenter son projet, et je crois qu'il va convaincre. Encore une fois, moi je le dis ici, on soutient Pierre-Yves Bournazel, et j'espère qu'au deuxième tour, il sera en situation de rassembler derrière lui d'autres candidats qui aujourd'hui se présentent pour l'alternance, mais moins de moyens que lui de la faire arriver.
Vous reviendrez le 16 mars pour nous répondre peut-être à cette question Gabriel Attal. Merci. Je m'invite, c'est mon anniversaire.
Merci Benjamin Duhamel, à tout à l'heure.
Gabriel Attal