Sébastien Lecornu, ou la communication à minima - Reportage #cdanslair du 01.10.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
et seront reçus pour une réunion de la dernière chance vendredi. un contrat de gouvernement aux antipodes des attentes de la gauche. Le nouveau Premier ministre est désormais contraint de dévoiler enfin sa copie. - 22 jours que S.Lecornu est arrivé, et une question: qui est vraiment l'hôte de Matignon?
Fidèle à son ancien poste, l'ex-patron des armées se la joue grande muette jusqu'à amuser son entourage. S.Lecornu, ou la communication a minima.
Pas de 20h, mais une interview fleuve au journal "Le Parisien" le week-end dernier. Dans cet entretien, le nouveau Premier ministre semble se replier sur sa droite. Pas question de ressusciter l'ISF ni de dire oui à la taxe Zucman. ...
De quoi doucher les espoirs du PS, avec lequel il discute pourtant. Ce matin, R.Glucksmann appelait S.Lecornu à enfin donner des gages à la gauche. - R.Glucksmann: On a eu des entretiens de monsieur Lecornu dans "Le Parisien" qui disait: "Je tends la main à la gauche." D'accord, mais la main est pour l'instant complètement vide.
On ne veut pas une main. On veut un papier avec des propositions. - Un engagement écrit, S.Lecornu en a promis un à la droite.
Les Républicains attendent de sa part un accord de gouvernement et ont fixé leurs conditions pour y rester avec au moins un totem. - M.Barnier: Le bon équilibre, c'est d'abord réduire les dépenses publiques, réduire le périmètre de l'Etat, qui a connu des inflations, des opérateurs qui se sont multipliés, des dispositifs financiers que personne n'a contrôlés ou évalués. - S.Lecornu, un Premier ministre qui cultive sa différence.
Se serait-il un peu avancé lors de sa passation de pouvoir avec F.Bayrou? - S.Lecornu: Il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, pas que dans la méthode.
Il faudra aussi des ruptures sur le fond. - La fameuse rupture se fait attendre, lui rappelle le RN, qui réclame notamment un changement en profondeur de l'aide médicale d'Etat accordée aux étrangers. - Selon l'Observatoire de l'immigration, c'est 60 milliards d'euros par an.
Ca nous coûte un pognon de dingue et on propose une mesure très simple: réserver les prestations sociales non contributives aux étrangers qui ont travaillé au moins 5 ans. C'est une économie d'au moins 18 milliards d'euros sur le budget de l'immigration. - Le RN espère aussi s'imposer à l'Assemblée.
Les élus votent cet après-midi pour départager les postes du fameux Bureau, la plus haute autorité du Palais-Bourbon. Victimes du front républicain l'an dernier, les députés de M.Le Pen étaient restés sur le carreau.
Y.Braun-Pivet souhaite rééquilibrer les forces. - Y.Braun-Pivet: Depuis que je fais de la politique, je considère que chacun qui a été élu avec le suffrage français doit occuper sa juste place.
On ne parle pas de politique en termes de convictions politiques. On parle de place institutionnelle. - Ce mercredi soir, toujours pas de gouvernement et un grand inconnu à Matignon, qui continue de cultiver malgré lui le mystère, jusqu'à son CV.
Selon le site d'information Mediapart, S.Lecornu aurait prétendu être diplômé d'un master de droit public, master qui n'aurait jamais été validé. - C.Roux: Avec une plainte sur ce sujet-là, je crois, sur le sujet de ses diplômes. - M.Siraud: Oui, absolument. - C.Roux: Question. - M.Siraud: Je pense que c'est pour plusieurs raisons.
C'est d'abord une question de tempérament du Premier ministre. C'est quelqu'un qui n'a jamais aimé s'exposer, qui ne s'est jamais exposé. Il était d'ailleurs au ministère des Armées.
C'est la meilleure place pour être en réserve. C'est quelque part sa personnalité. Je pense qu'il y a aussi une part de stratégie politique.
Aujourd'hui, s'il sort du bois, s'il dit les choses, Il faut être extrêmement précis et prudent. Tout peut être utilisé contre vous. On l'a vu dans son interview au "Parisien", par exemple.
Matignon a voulu en faire une base de négociation. Ce qui a été retenu, à sa décharge, c'était un triple "non", le non à la taxe Zucman, le non à la suspension de la réforme des retraites et le non du retour à l'ISF. C'est une situation très dégradée qui est comme avant, en pire, c'est-à-dire sous M.Barnier ou F.Bayrou.
Les difficultés s'accumulent. Il a un tempérament qui est le sien et il va malgré tout essayer d'en faire une force dans la mesure où c'est un style différent et peut-être un peu de sobriété et de communication... - C.Roux: On lui reproche de ne pas prendre la parole.
Les Français n'attendent pas des prises de parole du matin au soir. Ca lui est plutôt crédité... - J.Jaffré: Ca, c'était Bayrou, qui parlait du matin au soir. - C.Roux: Cette distance est plutôt jugée favorablement? - J.Jaffré: Il ne faut pas exagérer non plus.
Je pense...
Je ferais l'hypothèse positive pour S.Lecornu, à la question de notre téléspectateur, pourquoi est-il aussi longtemps silencieux, que c'est peut-être pour créer une attente pour le jour où il parlera. Quand parlera-t-il?
Je m'avance, sans doute. A mon avis, ce sera après la rencontre avec le PS de vendredi. Il serait logique que, très rapidement, le samedi ou le dimanche, S.Lecornu vienne s'expliquer dans un grand journal télévisé pour donner un certain nombres d'éléments, à la fois sur sa ligne et sur le type d'accord et d'entente qu'il recherche avec Les Républicains, qui ont déposé une liste de demandes qui ne lui facilite pas la tâche.
Il s'agit d'exister, pour LR. Il y a les socialistes qui pourraient s'accommoder d'un certain nombre de pas en avant de S.Lecornu, sans rentrer trop dans le détail.
Rentrer dans le détail, ça mettrait en péril Lecornu et les socialistes. Les socialistes ne peuvent justifier leur position de dire "nous attendons un certain nombre d'avancées" que si Lecornu indique des directions claires dans un certain nombre de données, comme le pouvoir d'achat, la taxation des plus riches, sur quels domaines, et les inégalités face à la retraite. A ce moment-là, il faudrait venir l'expliquer aux Français.
Si les socialistes disent qu'un certain nombre d'orientations peuvent leur convenir, à condition de les développer pendant le débat budgétaire...
L'élément capital qui est passé inaperçu dans l'interview du "Parisien"...
Ce qu'il disait, c'est: "Nous sommes en démocratie parlementaire et c'est le Parlement qui va vraiment décider du budget." - C.Roux: Et il dit que des compromis seront à trouver dans l'Hémicycle, ce à quoi les socialistes ont répondu: "C'est trop facile de dire qu'on va se mettre d'accord et qu'on négociera dans l'Hémicycle ensuite." Ca n'a pas été bien reçu, cette proposition. - J.Jaffré: Ni très bien vendu. - F.Guinochet: En même temps, il a raison.
Il fait preuve d'humilité. On ne peut pas lui en vouloir. Il dit qu'il est le Premier ministre le plus faible de la Ve République.
C'est dire le peu de marge de manoeuvre qu'il a. Effectivement, il renvoie aux députés la nécessité de trouver des compromis ou pas. Il lui est difficile de parler aujourd'hui s'il n'a pas un cap, des orientations et la composition de son gouvernement, qu'on attend toujours.
On a une équipe démissionnaire qui suit les affaires courantes, mais qui va incarner, représenter, porter un certain nombre de textes? C'est important. Ce n'est pas capital pour les Français, mais du côté du ministre des Armées, c'est quand même important, vu la situation géopolitique.
E.Macron est au Danemark. Il se passe 2 ou 3 petites choses pas très encourageantes.
Vous avez le budget...
Qui va le porter? E.Lombard?
On dit qu'il pourrait rester parce qu'il est très ami avec O.Faure, mais qu'il représente aussi la vieille équipe. Est-ce que B.Retailleau va rester, lui qui postule à l'Intérieur?
Est-ce qu'il va prendre son envol en vue de 2027?
Sébastien Lecornu