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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 25 octobre 2021 23 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalSolidarités & famille

Jean-Louis Bourlanges : "Le pays voit se dresser des mouvements séparatistes, sécessionnistes"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:51OuverteÉludée

    Est-ce une position en trompe-l'œil, Jean-Louis Bourlange ?

  • 2:55OuverteRéponse partielle

    Quelle est la responsabilité d'Emmanuel Macron dans cette société fracturée ?

  • 4:15RelanceRéponse partielle

    Cette promesse de rassemblement faite par Emmanuel Macron en 2017 n'a pas été tenue ?

  • 6:07OuverteRéponse directe

    Que peut promettre Emmanuel Macron aujourd'hui aux Français pour les convaincre ?

  • 8:45OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous la poussée d'Éric Zemmour dans les sondages ?

  • 10:35FerméeRéponse directe

    Est-ce qu'Éric Zemmour peut être au second tour ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:58Invité politiqueFait
    « la liberté de conscience, la liberté d'opinion, la démocratie représentative »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « Macron a été élu dans des conditions qui étaient déjà très différentes de celles, par exemple, de 2002. »
  • 3:24Invité politiqueFait
    « En 2002, Chirac est contre Le Pen. Ils font à peu près le même score au premier tour. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Dans les années 60, le gaulo communisme, ça existait. Il y avait une confiance dans l'industrie, une confiance dans la nation, une confiance dans la croissance à travers tout ça. »
  • 4:43Invité politiqueFait
    « Sur la pandémie, c'est évident. On a vraiment tenu les deux bouts de la chaîne ensemble. »
  • 4:54Invité politiqueFait
    « Quand je pense que j'entends parler d'ultra-libéralisme actuellement, alors que véritablement, la solidarité sociale s'est répandue, très légitimement d'ailleurs, sur l'ensemble du pays, sur le plan européen. »
  • 5:20Invité politiqueFait
    « l'idée qu'on ne pouvait pas construire l'avenir sans une Europe qui, elle-même, soit une Europe combative, politique, décidée à défendre des valeurs, et pas une Europe de bisounours. »
  • 7:51Invité politiqueFait
    « Je ne sais pas comment on peut être encore climato-sceptique dans ce pays qui est devenue une urgence absolument fondamentale. »
  • 9:31Invité politiqueFait
    « Si on veut construire un avenir dans ce pays, en opposant tout le monde à tout le monde, en opposant 6 millions de musulmans, 5, 7 millions de musulmans au reste du pays, si on veut s'opposer à l'héritage républicain, en allant courtiser par exemple M. Orban. »
  • 10:03Invité politiqueFait
    « Je pense que ça a une très grande force aujourd'hui, parce que les gens en ont assez du wokisme, en ont assez de la cancel culture. »
  • 11:31Invité politiqueFait
    « Ils savent très bien que s'ils émettent une pensée un peu déviante sur les femmes, sur l'intersectionnalité, etc., ils rentrent dans une espèce de mise en cause personnelle extrêmement forte. »
  • 15:01Invité politiqueFait
    « ce n'est pas du tout une immigration qui vient de la Syrie, c'est une immigration montée de toutes pièces par le président Loukachenko qui amène des immigrants chez lui pour les lancer comme des offensives humaines sur des pays comme la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, etc. »
  • 17:11Invité politiqueFait
    « Je crois que les Américains ont fait une erreur. Non pas sur le fond, le fond on peut discuter ce qu'il faut faire en matière d'équipement militaire des Australiens, mais sur la façon de gérer cette affaire au mépris de toute relation de confiance avec nous. »

Temps de parole

  • Jean-Louis Bourlanges77 %
  • Présentateur12 %
  • Présentateur 27 %
  • Invité2 %
  • Auditeur2 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Alexandra Bensaïde, Jérôme Cadet, le 7-9. Bonjour Jean-Louis Bourlange. Bonjour. Vous êtes député Modem des Hauts-de-Seine, président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Vous avez longtemps été député européen. Avec Alexandra Bensaïde, nous attendons vos questions à Jean-Louis Bourlange, 0145 24 7000 ou via les réseaux sociaux et l'appli France Inter. Dans six mois, jour pour jour, nous serons au lendemain du second tour de l'élection présidentielle. Les Français connaîtront le nom de leur présidente ou de leur président de la République.

Et à six mois du scrutin, les différentes enquêtes électorales dessinent un paysage politique explosé, avec une extrême droite renforcée mais divisée, une droite et une gauche en retrait, et un président de la République sortant dans une position favorable, qui si le premier tour avait lieu aujourd'hui, conserverait à minima son socle de 24% du premier tour de 2017. Alors est-ce une position en trompe-l'œil, Jean-Louis Bourlange ? En six mois, on sait que bien des bouleversements peuvent intervenir, ou bien cette position vous paraît-elle solide ?

1:00
Jean-Louis Bourlanges

Je me demande pourquoi vous m'interrogez, vous avez tout dit. C'est exactement la situation que vous décrivez, c'est exactement celle-là. C'est une situation d'un pays profondément divisé, non pas simplement politiquement, mais fragmenté, comme le montre des enquêtes, le livre de Jérôme Fourquet, et notamment un pays qui a du mal à dégager un bien commun, qui voit se dresser à la droite, à la gauche des mouvements séparatistes, sécessionnistes.

À droite, la même chose, le zémourisme, c'est une sorte de wokisme à l'envers, c'est la sécession par la droite au lieu d'avoir la sécession par la gauche, et je crois à un peuple qui, dans son ensemble, continue d'aspirer à un bien commun, à une certaine unité, à un système qui repose sur le respect des principes démocratiques fondamentaux, la liberté de conscience, la liberté d'opinion, la démocratie représentative, qui sur le plan social reste attachée, à mon avis, à la solidarité, au bien commun, et qui, sur le plan international, ne distingue pas trop la lutte pour ses valeurs de celles de l'ensemble de l'Europe, face à ce que Pierre Aski appelait les menaces d'un monde post-occidental, et c'est ce consensus implicite qui s'oppose un peu à ce mouvement bouillonnant qu'incarne Emmanuel Macron, et c'est pourquoi, sans doute, il est en pôle opposition, mais vous avez parfaitement raison, les Français n'aiment pas se voir dépossédés de leur droit de suffrage, ils ont le droit de vote, et ce n'est pas les sondages qui leur diront, aujourd'hui, quel sera leur président demain.

Donc tout est ouvert.

2:44
Présentateur

Cette société fracturée, là, que vous décrivez, que des livres, en effet, ont décrit, cette extrême droite dans les sondages à plus de 30%, est-ce qu'il y a une responsabilité, tout ça, au bout d'un quinquennat, d'Emmanuel Macron, quelle est sa responsabilité, d'où est-ce que ça vient ?

2:58
Jean-Louis Bourlanges

Oui, je crois que c'est une question très importante de savoir si c'est... On a tendance à attribuer toujours des responsabilités à des événements qui se posent. Moi, je ne crois pas. Je crois que c'est quelque chose de beaucoup plus profond que ce qui s'est passé dans les cinq dernières années. La preuve, d'ailleurs, Macron a été élu dans des conditions qui étaient déjà très différentes de celles, par exemple, de 2002. En 2002, Chirac est contre Le Pen. Ils font à peu près le même score au premier tour. Au second tour, tout le monde, ou presque, 82% des Français se retrouvent derrière Chirac. Là, on voyait bien que dès 17, le second tour était un peu en panne.

3:33
Présentateur

Oui, mais ils voulaient rassembler, il y avait cette idée de...

3:36
Jean-Louis Bourlanges

Oui, mais ça, c'est... Alors là, je crois que les analyses des sociologues sont absolument fondamentales. Il y a un problème de bien commun. On a perdu tout un ensemble de repères, tout un ensemble de fidélité. Dans les années 60, le gaulo communisme, ça existait. Il y avait une confiance dans l'industrie, une confiance dans la nation, une confiance dans la croissance à travers tout ça. C'était porté par le parti communiste d'un côté, et très largement par le général de Gaulle et son mouvement. Tout ça a été repris par Pompidou, par Giscard, par Mitterrand, passé l'épisode de 81-83, dans une société qui était vraiment acquise au progrès.

4:15
Présentateur

Mais cette promesse de rassemblement faite par Emmanuel Macron au soir du second tour en 2017 n'a pas été tenue ? Les Français ne sont pas aujourd'hui rassemblés, réconciliés ?

4:23
Jean-Louis Bourlanges

Je crois que les Français sont profondément, pour des raisons très profondes aussi, qui tiennent à Internet, à des tas de choses, au fait qu'on s'organise en réseau sur des valeurs extrêmes. Non, je crois que ce qui a caractérisé le quinquennat de Macron, c'est l'effort pour maintenir ce bien commun. Sur la pandémie, c'est évident. On a vraiment tenu les deux bouts de la chaîne ensemble. On maintient une économie libre, on défend les producteurs, et en même temps, on assure la solidarité sociale.

Quand je pense que j'entends parler d'ultra-libéralisme actuellement, alors que véritablement, la solidarité sociale s'est répandue, très légitimement d'ailleurs, sur l'ensemble du pays, sur le plan européen. On a effectivement tenu aussi les deux bouts de la chaîne. On a maintenu l'idée d'une France forte, d'une France respectueuse de son passé, et en même temps, l'idée qu'on ne pouvait pas construire l'avenir sans une Europe qui, elle-même, soit une Europe combative, politique, décidée à défendre des valeurs, et pas une Europe de bisounours.

Sur le plan politique, on maintient ferme le respect de l'État de droit, même si ça a été un peu compliqué avec la pandémie, le respect de l'État de droit, les institutions, la liberté de conscience, la liberté d'opinion, et on se bat sur les deux fronts, on se bat vis-à-vis de l'extrême droite et vis-à-vis de la gauche, et je pense, moi, comme l'a dit, je crois, Brice Naturier il y a quelque temps, qu'il y a quand même un fonds modéré dans le pays, qui est sensible, heureusement, à ce discours.

5:54
Présentateur

Alors vous dites, maintien de la solidarité sociale, on voit quand même que certains Français sont prêts à revenir, alors pas en grand nombre, mais sur les ronds-points, on voit une petite résurgence des Gilets jaunes, il y a une insatisfaction, ou à tout le moins une inquiétude pour le pouvoir d'achat. En 2017, Emmanuel Macron avait promis l'émancipation pour chacun, pour convaincre les Français qu'il lui faut un second mandat. Que peut-il leur promettre aujourd'hui ?

6:16
Jean-Louis Bourlanges

Oui, alors, vous avez tout à fait raison sur la frustration des Français, je crois qu'elle est très très profonde, mais pas seulement celle des Français, celle de l'ensemble des Européens. Nous vivons un cycle politique dans lequel les gens sont inquiets. Ils sont inquiets pour l'avenir géopolitique, ils voient la Chine, ils voient l'islamisme, ils voient les Américains qui brangent dans le Manche, ils voient la Russie, etc. Ils sont inquiets sur le plan de l'économie, ils voient quand même que la technologie les menace, ils sont inquiets avec la mondialisation, ils se disent que c'est embêtant.

En même temps, ils voient bien que, par exemple, si on s'en tire sur les vaccins, c'est grâce à la mondialisation, parce que les vaccins, on ne les a pas produits, mais on les a utilisés. Donc, il y a une très grande inquiétude qui se traduit par une méfiance à l'égard des responsables politiques. Mais je crois qu'il faut... Que peut-il dire ? Comment ?

7:04
Présentateur

Le programme, son programme 2022, sur quelle ligne qu'il serait ?

7:08
Jean-Louis Bourlanges

On va attendre, moi, si vous me demandez mon avis, je pense qu'il faut reconstituer un bien commun dans ce pays. Et ce bien commun, je suis un vieux prof, mais je crois quand même que cette idée est juste, je crois que ça doit se former autour du savoir, de la conquête technologique, de la conquête scientifique, de la diffusion du savoir. Je crois que la partie blanquer, si vous voulez, du quinquennat est quelque chose d'essentiel.

C'est la clé de l'ascenseur social, c'est la clé de l'intégration des immigrés, c'est la clé de notre maintien à un niveau économique élevé, c'est la clé d'une formation permanente qui permette aux gens de gérer des mutations professionnelles de plus en plus incertaines. C'est la clé, surtout, de la révolution écologique. On ne bâtira pas la lutte contre le réchauffement climatique qui est devenue une urgence. Je ne sais pas comment on peut être encore climato-sceptique dans ce pays qui est devenue une urgence absolument fondamentale, mais on ne le bâtira pas sur le refus de la science, sur le refus même du nucléaire.

Ce n'est pas la solution définitive, le nucléaire, mais c'est aujourd'hui ce qu'il faut faire sur la modernisation de l'agriculture, sur la science. Donc l'école, la formation. C'est une grande conquête historique française depuis le XVIIIe siècle, depuis l'encyclopédie, depuis la révolution, depuis Condorcet. Et c'est là où on peut refonder un avenir en l'enracinant dans un grand passé français. Mais il faut être fidèle à nos valeurs.

8:31
Présentateur

Il y en a qui parlent du passé dans la campagne. Jean-Louis Bourlange, député Modem de Hot Seine, notre invité ce matin sur France Inter. Éric Zemmour, c'est le principal phénomène de ce début de campagne présidentielle. Nous sommes à six mois du second tour. Comment est-ce que vous analysez sa poussée, en tout cas pour l'instant, dans les sondages, et qu'est-ce qu'elle dit de l'état de la France ?

8:50
Jean-Louis Bourlanges

Je crois que Zemmour, qui a beaucoup de talent, il a fait une percée que personnellement je n'avais pas imaginée à ce point. Je suis un peu comme Ménard. Je ne suis pas du tout d'accord avec M. Ménard. Mais quand il dit que j'ai été surpris par la percée de Zemmour, moi aussi. Mais ça se comprend quand même quand on réfléchit. Simplement le problème, c'est que Zemmour croit qu'il est la solution, alors qu'il est dans le problème. Car en réalité, si vous êtes d'accord, je ne sais pas si vous êtes d'accord, mais avec ce que j'ai dit, sur le problème de la fragmentation de la France, il y a ceux qui veulent lutter contre cette fragmentation. C'est ce que nous essayons de faire, pas facile.

Et puis il y a ceux qui jouent dans la fragmentation. Si on veut construire un avenir dans ce pays, en opposant tout le monde à tout le monde, en opposant 6 millions de musulmans, 5, 7 millions de musulmans au reste du pays, si on veut s'opposer à l'héritage républicain, en allant courtiser par exemple M. Orban. Pierre Aski citait tout à l'heure Erdogan, mais Orban, c'est pas très très loin comme politique. Là, on trahit un héritage fondamental des Français. Donc il dresse une France contre l'autre. Je pense que ça a une très grande force aujourd'hui, parce que les gens en ont assez du wokisme, en ont assez de la cancel culture.

Ils considèrent qu'on peut être pour le droit des homosexuels, sans dire que l'hétérosexualité est un vice. Qu'on peut être pour l'égalité avec les femmes, sans considérer que les hommes sont nécessairement des salauds.

10:18
Présentateur

Donc le wokisme est à l'origine de la poussée de Eric Zemmour.

10:20
Jean-Louis Bourlanges

Oui, et je vois cette poussée, comme le racisme, c'est-à-dire qu'on fait des réunions séparées entre les Noirs et les Blancs, c'est pas l'antiracisme ça. Donc il y a cette réaction, et Zemmour, loin de lutter contre ça, il s'inscrit dans cette logique. Il fait du wokisme à l'envers.

10:35
Présentateur

Est-ce qu'il peut être au second tour ?

10:37
Jean-Louis Bourlanges

Je n'en sais rien, il ne vaut mieux pas insulter l'avenir, mais moi je ne pense pas. Je pense qu'il surfe sur une très forte vague protestataire, qui est l'agacement de la société bourgeoise, catholique, un peu plus devant la façon dont on lui dit « votre passé est méprisable, ce que vous êtes est indigne, etc. »

10:55
Présentateur

Vous le justifiez quelque part, Jean-Louis Bourlange ?

11:00
Jean-Louis Bourlanges

Non, mais je n'ai pas à justifier, j'explique. Vous justifiez votre aspiration ? Madame de Stal disait « tout expliquer rend très indulgent ». Moi, je ne suis pas indulgent. Mais oui, je comprends très bien. Je dois dire que quand je vois l'Institut d'études politiques de Paris, dans lequel j'ai été professeur, quand je vois l'atmosphère qui y règne, je vois les étudiants. Les étudiants la bouclent. Quand ils ne sont pas d'accord avec les mouvements, ils la bouclent. Je n'ai jamais vu ça dans une université française.

11:23
Présentateur

De quel mouvement vous parlez, Jean-Louis Bourlange ? Comment ? De quel mouvement parlez-vous ? Vous dites les étudiants la boucle face à des mouvements ?

11:28
Jean-Louis Bourlanges

Face à l'ambiance. Ils savent très bien que s'ils émettent une pensée un peu déviante sur les femmes, sur l'intersectionnalité, etc. Ils rentrent dans une espèce de mise en cause personnelle extrêmement forte. Il ne faut pas sous-estimer le climat d'intolérance qui règne, et qui règne d'ailleurs aussi aux Etats-Unis, dans une partie de l'opinion. Je ne sais pas si je justifie, mais j'explique effectivement que là, ce n'est pas notre idée de la République. Ce n'est pas notre idée de la République. Notre idée de la République, c'est que nous luttons pour des valeurs de respect, de pluralisme, de liberté de conscience, de respect des opinions, de dignité du dialogue, et ça, ça explique.

Mais en revanche, là où je vous suis, où je vous précède, je ne sais pas, on verra, mais c'est de dire que ça, cette espèce de mouvement protestataire, ça ne peut en aucun cas déboucher sur un projet présidentiel. Vous ne pouvez pas élire, me semble-t-il, un homme qui vous dit, je vais diviser la France en deux, je vais ostraciser 6 millions de gens, et qui promet la discorde civile, la discorde politique.

12:32
Présentateur

Vous diriez comme Gérard Larcher, le président du Sénat, hier dans le journal du dimanche, je cite, Éric Zemmour divise les fractures, mais aussi, il aborde de vraies questions. Par exemple, nos capacités d'intégration et d'assimilation saturées, dit Gérard Larcher.

12:43
Jean-Louis Bourlanges

Je ne sais pas s'il aborde, non, je ne parlerai pas comme Gérard Larcher sur ce point, je ne crois pas qu'il aborde de vraies questions. Il représente un vrai malaise, ça oui, mais la vraie question, sur les immigrés, c'est clair, les immigrés, la vraie question, ça n'est pas de les ostraciser, ça n'est pas de dire à 6 millions de gens qui vivent en France, qui pour la plupart ont la nationalité française, on va se débarrasser de vous. Soit vous allez vous convertir, comme Louis XIV convertissait les protestants avec des dragonnades, soit vous allez quitter le territoire, ça n'est pas vrai.

En revanche, il faut réussir l'intégration, ça implique un projet scolaire, ça implique de l'argent, ça implique de l'effort, ça implique de l'imagination.

13:23
Présentateur

Et Gérard Larcher, alors est-ce que, Gérard Larcher, si je continue, c'est quand même le président du Sénat, il dit, il n'y aurait ni phénomène Le Pen, ni phénomène Zemmour, si nous avions mieux traité ces questions. Donc, à l'origine, à la source de Zemmour, une sorte d'échec, de culpabilité de la classe politique française qui a gouverné.

13:39
Jean-Louis Bourlanges

C'est la classe politique, c'est la société française dans son ensemble qui, depuis 30 ans, je suis tout à fait d'accord avec ça, avec ce que dit Gérard Larcher et ce que vous dites en même temps, je suis tout à fait d'accord pour dire que notre modèle républicain est en crise profonde.

Nous n'avons pas réussi, mais depuis, même depuis De Gaulle, il a fait ce qu'il a pu, Christian Fouché, etc., nous n'avons pas réussi la révolution démocratique scolaire, nous n'avons pas réussi la montée en puissance d'un enseignement supérieur efficace, ouvert et dynamique, nous n'avons pas réussi une véritable intégration culturelle, nous n'avons pas réussi l'urbanisation, nous n'avons pas réussi l'aménagement du territoire, mais où croit-on qu'on trouvera des solutions dans l'expulsion d'un dixième de nos concitoyens, alors que les problèmes sont devant nous et que nous avons effectivement un modèle républicain à reconstruire ?

14:35
Présentateur

Question sur l'actualité internationale, avant de prendre un premier auditeur, une première auditrice au standard de France Inter, la frontière est de l'Union Européenne, Jean-Louis Bourlange, fait face à un afflux de migrants venus notamment de Syrie et de l'Irak, l'Union Européenne soupçonne la Biélorussie de favoriser leur arrivée pour faire pression sur l'Union, est-ce qu'il faut accueillir ces migrants ou au contraire construire des murs débarbelés comme a commencé à le faire la Lituanie, comme le demandent plusieurs pays européens ?

14:59
Jean-Louis Bourlanges

Écoutez, je comprends très bien les Lituaniens, ce n'est pas du tout une immigration qui vient de la Syrie, c'est une immigration montée de toutes pièces par le président Loukachenko qui amène des immigrants chez lui pour les lancer comme des offensives humaines sur des pays comme la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, etc. dans le dessin de les déstabiliser.

On est en face d'une politique d'agression systématique et nos amis BALC, moi je les ai vus, la commission des affaires étrangères est très attentive, la commission des affaires étrangères et de l'Assemblée est très attentive à tout ça, nous avons reçu nos trois homologues BALC il y a quelques semaines, on a eu un échange extrêmement intéressant, ce sont des gens qui effectivement ont besoin de solidarité. Alors le problème général de l'immigration, je suis un bon centriste sur ce plan-là, je crois que ça ne sera pas l'ouverture à tout crin, c'est un truc, un État ne pourrait pas le supporter et ça n'est pas non plus loin de là la fermeture à tout crin de M. Orban.

Il faut trouver un point d'équilibre, il faut maintenir les droits fondamentaux, le droit d'asile, il faut maintenir et il faut réussir l'accueil et gérer ceux qui sont en situation illégale qui actuellement, pour des raisons très évidentes, sont en situation illégale et ne quittent pas le territoire. C'est très très difficile comme problème

16:21
Présentateur

mais c'est ça qu'il faut faire. Vos questions au 01-45-24-7000. Marc est avec nous. Bonjour Marc.

16:27
Invité

Bonjour Jérôme Cadet, bonjour Alexandra Ben Saïd et bonjour à vous M. Bourlange.

16:33
Jean-Louis Bourlanges

Bonjour.

16:34
Invité

Est-ce que vous ne trouvez pas que dans l'affaire des sous-marins, M. Macron a fait le service minimum contrairement à Jean-Yves Le Drian, mais les rôles étaient sans doute répartis, et que le rabibochage intervient trop rapidement, que cela correspond plus à des considérations personnelles qu'aux intérêts de la France.

16:58
Présentateur

Les sous-marins que la France devait vendre à l'Australie qui a dénoncé ce contrat avant de se tourner vers l'Amérique de Joe Biden. Jean-Yves Bourlange.

17:05
Jean-Louis Bourlanges

Je ne crois pas qu'il y ait eu une différence de perception entre le ministre de la France étrangère et le président de la République. Je crois que les Américains ont fait une erreur. Non pas sur le fond, le fond on peut discuter ce qu'il faut faire en matière d'équipement militaire des Australiens, mais sur la façon de gérer cette affaire au mépris de toute relation de confiance avec nous. Et derrière cela, je crois que le président Macron pose à juste titre, et le driant avec, ne croyez pas qu'on puisse les opposer sur ce plan, pose à juste titre les trois problèmes fondamentaux de l'Alliance Atlantique.

Il ne faut pas dénoncer l'Alliance Atlantique puisque nous sommes en face d'adversaires réels, de gens qui sont un peu menaçants. Mais les trois problèmes, c'est, premièrement, est-ce que l'Alliance doit rester une alliance strictement militaire ou devenir une alliance politique ? Nous, nous disons que ça doit rester une alliance militaire et que les relations politiques, ça doit être réglé autrement. Deuxièmement, est-ce que le théâtre d'opération de l'OTAN, ça doit être l'Europe ou l'ensemble du monde ?

Nous, nous tenons à ce que ce soit une alliance régionale et que ce soit centré sur la menace russe, ce qui ne veut pas dire qu'on ne doit pas faire des choses dans d'autres cadres sur les Chinois. Et troisièmement, est-ce que nous devons avoir une autonomie stratégique au sein de l'Union Européenne par rapport aux Etats-Unis, compte tenu du fait que les Etats-Unis organisent le pivot, comme on dit, vers le Pacifique et donc renoncent à tout cela ? Ce sont trois problèmes que nous posons et nous les posons, ce n'est pas un rabibochage. Nous les posons en vraie grandeur et nous verrons dans les mois qui viennent si on a des solutions.

18:44
Présentateur

Jean-Louis Bourlan, je vous propose sur le wokisme. Il y a quelques minutes, je rappelle que c'est un mouvement qui vient des Etats-Unis, qui est motivé par la lutte contre les discriminations et les inégalités, contre les minorités, mouvement qui a été dévié, c'est ce que vous nous dites, et qui aurait une influence dans les universités françaises. Vous avez cité Sciences Po Paris. Louis est avec nous. Bonjour Louis. Bonjour. Votre question ?

19:02
Auditeur

Je suis étudiant actuellement à Toulouse dans une université publique et je vous entends dire que vous êtes inquiets que certains étudiants se censurent notamment sur les questions du féminisme. Moi, je tenais juste à vous dire qu'en tant qu'étudiant, c'est un soulagement d'entendre de moins en moins des propos homophobes, racistes, sexistes dans les universités. Je pense que c'est un mouvement qui doit continuer et que ça ne sera que bénéfique au débat public et à la bienveillance et au respect de chacun.

19:30
Jean-Louis Bourlanges

Merci. Je partage entièrement ce que vous voulez dire. Je dis simplement qu'il y a une façon de traiter ces questions et une autre façon de traiter ces questions et que l'organisation de colloques singuliers est réservée à certains critères de couleur de la peau ou l'idée qu'on voit dans un certain milieu politique que l'hétérosexualité, c'est quelque chose, c'est un vice, c'est presque un crime quand vous entendez certains leaders parisiens, etc., du mouvement écologique. Ça, ça ne va pas. Moi, je me suis battu, je me suis battu quand j'étais président de la Commission des Libertés au Parlement européen, j'ai empêché personnellement le commissaire européen désigné par l'Italie, par M.

Berlusconi, de devenir commissaire parce qu'il était sur une ligne extrêmement hostile au droit à l'orientation sexuelle. Donc, j'ai payé mon écho et je l'ai fait en toute connaissance de cause. J'ai introduit même dans les affaires européennes quelque chose qui a servi ces derniers temps, c'est-à-dire, j'ai fait voter ma commission, elle a voté non, on a donné ça, alors que tous les grands chefs du Parlement européen voulaient passer l'éponge et faire ce que voulait, voulait faire Barozo, nous nous sommes opposés. Donc, j'estime effectivement que la lutte contre l'homophobie, c'est une affaire très importante, essentielle, et ce n'est pas moi qui serai en défaut de ce côté-là.

Simplement, quand j'entends quelqu'un qui m'explique que c'est extrêmement grave pour une femme d'avoir une relation sexuelle avec un homme, je me dis que là, ça ne va pas.

20:59
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, je vous ramène à l'Europe et aux pays illibéraux, des pays où justement l'orientation sexuelle peut être bafouée. Je vous parle de la Pologne, je vous parle de la Hongrie. Budapest soutient le gouvernement polonais qui estime que le droit national doit primer sur le droit européen. Ça, ça veut juste dire qu'il y a des pays qui veulent appartenir au club sans respecter le code de conduite. Que doit faire Bruxelles face à cette menace intérieure ?

21:23
Jean-Louis Bourlanges

Il y a des gens qui veulent le beurre et l'argent du beurre, c'est assez humain et c'est aussi assez normal de ne pas le leur donner, de leur demander de choisir. Écoutez, sur le droit communautaire, il y a quelque chose qu'il faut bien se mettre dans la tête. C'est que ce n'est pas une question de savoir si le droit communautaire est supérieur au droit national ou le droit national supérieur au droit communautaire. Si le droit communautaire n'est pas supérieur au droit national, il n'y a plus de droit communautaire.

21:45
Présentateur

Mais on fait quoi ?

21:46
Jean-Louis Bourlanges

Sur les outils ? Dites-nous ce que peut faire Bruxelles. Ce qu'on veut faire, là on leur dit très clairement, on a un certain nombre de moyens, on a l'article 7 du traité qui est à mon avis inutilisable, je peux vous le développer, etc., mais qui est très difficile. On n'en rappelle pas. Je vais vous épargner ça.

En revanche, très concrètement, aujourd'hui, nous apportons énormément d'argent, les uns et les autres, notamment à travers le projet Next Generation, et on a dit, et le Parlement européen l'a fait, c'est une grande conquête parlementaire que l'État de droit du Parlement européen, de l'État de droit en Europe, on dit que l'argent devait être dépensé dans des conditions qui permettent la vérification du bon usage des fonds. Donc vous souhaitez que cet argent

22:29
Présentateur

n'aille pas en Hongrie ou en Pologne ?

22:30
Jean-Louis Bourlanges

Je souhaite qu'effectivement, il aille à des pays qui respectent les règles de l'État de droit pour qu'on puisse se surveiller. Et là, il faut que les Polonais choisissent. On ne peut pas à la fois avoir tous les avantages de l'Union européenne et refuser des contreparties qu'on a négociées soi-même. Quand vous passez un contrat, vous ne revenez pas chez vous en disant, je prends les avantages et je laisse tomber les contraintes. Ça ne marche pas.

22:57
Présentateur

Merci à vous, Jean-Louis Bourlange, invité de France Inter ce matin, député Modem, soutien de la majorité. Merci à vous.

Jean-Louis Bourlanges : "Le pays voit se dresser des mouvements séparatistes, sécessionnistes" — Jean-Louis Bourlanges · Pourquijevote