Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRenaissance (sur YouTube)· 2 mai 2017 50 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

L'heure du choix : interview d'Emmanuel Macron par Jean-Jacques Bourdin | RMC et BFMTV

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00FerméeRéponse directe

    Que faites-vous contre les militants violents comme les Black Blocs ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Que dites-vous aux électeurs qui voteront pour vous sans illusion ?

  • 8:00RelanceRéponse directe

    Emmanuel Todd dit que vous êtes soumis aux banques, que répondez-vous ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Que ferez-vous contre l'évasion fiscale des géants du numérique ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures pour la directive travailleurs détachés ?

  • 20:00FerméeRéponse directe

    Pensez-vous que les libertés seront en danger si Marine Le Pen est élue ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « il faut recenser tous ces militants activistes connus, qu'il ne faut pas lâcher, avec un processus de surveillance, et en amont de toutes ces manifestations, une surveillance renforcée »
  • 4:00Emmanuel MacronFait
    « il y a des centaines de milliers, peut-être des millions de nos concitoyens, qui vont voter pour moi, non seulement comme classiquement dans un second tour, comme un second choix, mais surtout qu'ils le feront pour préserver le cadre démocratique et républicain »
  • 8:00Emmanuel MacronFait
    « Si j'étais soumis aux banques, que j'aurais continué à travailler pour elles »
  • 12:00Emmanuel MacronFait
    « je veux qu'on revoie nos conventions fiscales avec les paradis fiscaux. La France en a encore quelques-uns qu'il faut revoir et mettre à plat »
  • 16:00Emmanuel MacronFait
    « renforcer les contrôles. Ministre, je l'ai porté, la carte d'identité dans le BTP, c'est moi qui l'ai fait de voter comme ministre »
  • 24:00Emmanuel MacronPromesse
    « je veux que ce projet soit déposé au conseil des ministres avant les législatives »
  • 26:00Emmanuel MacronPromesse
    « je ne veux plus à l'issue du quinquennat qu'il y ait des personnes vivant en situation de handicap sans solution »
  • 30:00Emmanuel MacronPromesse
    « il ne paiera plus la taxe d'habitation »
  • 32:00Emmanuel MacronPromesse
    « je supprime le RSI en tant qu'il ne fonctionne pas bien »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

C'est l'heure du choix. Oui, dans cinq jours, nous allons choisir un président ou une présidente de la République. Qui pour diriger notre nation ?

Et quel avenir pour nous tous ? Donc nous avons choisi, sur RMC et BFM TV, de recevoir les deux candidats qui ont accepté notre invitation. Emmanuel Macron, bonjour.

Bonjour. Vous êtes là, 8h30, 9h, 9h, 9h30, pour répondre à toutes mes questions, et aux questions que les auditeurs d'RMC m'ont envoyées par mail. Et Marine Le Pen sera là, évidemment, jeudi matin, 8h30, 9h30, sur le même temps d'antenne.

Nous allons commencer avec l'actualité, Emmanuel Macron, manifestation hier à Paris. Six policiers ont été blessés par des militants d'extrême gauche, en marge du défilé des militants de la CGT et d'autres syndicats. Alors, que faites-vous contre ceux qu'on appelle les Black Blocs, ou tous ces militants d'extrême gauche, violents, cherchant l'affrontement ?

Que faites-vous contre ces militants-là, ces ultra-violents ? Vous l'avez dit d'abord, plusieurs policiers ont été blessés, je veux avoir une pensée pour eux, et l'un en particulier, très grièvement brûlé. Oui, on a vu des images terribles.

Terribles. Bon, là-dessus, il est évident que d'une part, il faut recenser tous ces militants activistes connus, qu'il ne faut pas lâcher, avec un processus de surveillance, et en amont de toutes ces manifestations, une surveillance renforcée. La deuxième chose, c'est l'équipement de la police.

Parce que la surveillance, c'est une chose, le fichage, et on le sait, ça ne concerne pas que ces militants-là, mais dans ces circonstances-là, on a aujourd'hui un investissement sur les équipements de la police à faire. Et ça fait partie du projet que je porte. Il y a aujourd'hui des équipements inifugés, des éléments de protection, dont nos policiers ont besoin, dont nos CRS en particulier.

Mais il n'y a pas que les CRS qui sont concernés, même si c'est eux qui ont été frappés hier, sur lesquels je veux que notre police soit au niveau. Mieux équipée ? Mais mieux équipée, car mieux protégée.

Parce qu'un policier qui est mal équipé, c'est un policier qui peut avoir les brûlures qu'on a connues hier. Donc il y a ça, il y a évidemment à être intraitable sur les poursuites, et je pense que la politique pénale qu'on doit avoir en la matière, et là-dessus on peut tout à fait le faire, et je le ferai, c'est-à-dire avoir une instruction pénale générale, mais pour dire que toute agression contre les forces de l'ordre doivent être réprimées avec la plus grande sévérité. Il faut être intraitable en la matière.

Parce qu'on s'attaque à des hommes et des femmes qui nous protègent au quotidien, qui portent un symbole de la République. Et on est en train d'habituer les gens à ces violences. Donc, moi je veux casser ce cycle infernal.

Bien, manifestation syndicale hier en France un peu partout, j'ai entendu ce qui se disait dans les cortèges. Je vais vous lire, vous avez entendu aussi j'imagine. Je me suis interrogé pour le second tour, mais bon, je vais aller quand même voter.

Nous voterons Macron, mais nous ne ferons jamais la morale aux autres. Je ne voterai ni pour l'une, ni pour l'autre. On pourra toujours lutter contre lui dans le cadre de la démocratie.

Elle, on n'en sait rien. Donc il y a beaucoup d'électrices et d'électeurs qui iront voter dimanche pour vous, mais sans aucune illusion. Que leur dites-vous ce matin ?

D'abord, qu'on se remette tous et toutes collectivement les idées dans le bon ordre. C'est un processus démocratique. Bon, c'est toujours ainsi.

Il y a plusieurs candidats au premier tour, ce sont les deux premiers qui vont au second tour, et les gens se positionnent. On ne va pas redécouvrir ce qu'est la démocratie. Ça a toujours existé ainsi.

Il y a des gens aujourd'hui, qui sont un peu étonnants, qu'ils soient dirigeants politiques ou autres, qui considèrent que la démocratie c'est formidable quand on gagne. et qui disent, je ne me satisfais pas. Il faut, au deuxième tour, choisir.

Bon, c'est ainsi, ça a toujours été. Choisir ? Bien évidemment, il y a deux candidats.

C'est-à-dire ne pas voter blanc ? Ce sont les deux premiers. Si on décide de voter blanc, on fait le jeu d'un système qui mécaniquement favorisera celui qui a intérêt à ce qu'il y ait peu de participation.

Jean-Luc Mélenchon commet une faute en n'appelant pas à voter Emmanuel Macron. J'ai tout dit sur ce sujet, je me suis surtout adressé à celles et ceux qui ont voté pour lui. Et je leur ai expliqué que d'une part, moi, et j'entends donc toutes les voix que vous évoquiez, moi je porte un projet.

Il est cohérent, je pense qu'il est de nature à répondre aux difficultés du pays et à refonder l'Europe. Ce projet, il a été mis en tête par nos concitoyens au premier tour, avec 24%, ce qui est un score supérieur, par exemple à celui que faisait Jacques Chirac en 2002, quand il était opposé à M. Le Pen.

Quand on regarde le nombre en comparaison des inscrits, votre score, il n'est pas terrible. Franchement. C'est le premier.

Vous êtes en tête, d'accord, mais petitement en tête. Mais c'est la règle démocratique. Donc, je ne vais pas modifier mon projet pour aller convaincre des gens qui n'ont pas voté pour moi au premier tour.

Pourquoi ? Parce que je trahirais les électeurs qui ont voté pour moi et qui ont été les plus nombreux. D'une part.

Et d'autre part, parce que je ne serai pas cohérent avec moi-même et les défis du pays, c'est-à-dire que je n'apporterai pas une réponse efficace. C'est pour ça que vous dites à Jean-Luc Mélenchon, je ne toucherai pas la loi travail. Je lui dis en effet, je ne vais pas changer les choses pour essayer d'avoir le soutien ou pas, ça n'est pas cohérent et efficace.

Par contre, je prends acte, comme pour tout second tour, et plus encore compte tenu de l'état du pays aujourd'hui. Divisé. Divisé, nerveux, en colère.

Je prends acte du fait que, en effet, il y a des centaines de milliers, peut-être des millions de nos concitoyens, qui vont voter pour moi, non seulement, comme classiquement dans un second tour, comme un second choix, mais surtout qu'ils le feront pour préserver le cadre démocratique et républicain, c'est-à-dire le cadre de nos désaccords. Je l'ai dit hier. Je l'ai dit en effet, il y a une part du combat que je porte aujourd'hui qui dépasse mon propre combat.

Et qui est un combat face à Marine Le Pen pour que demain, les désaccords puissent démocratiquement se constituer. Là où, je pense que ce que propose Madame Le Pen est quelque chose qui menace le cadre démocratique. Et on le voit par la violence qu'elle porte, la brutalité de ses propos, etc.

Mais je lis aussi...

Indépendamment de ça, je voulais simplement vous dire que moi j'ai entendu deux messages dimanche dernier. Le premier, c'est celui qui croit dans l'espoir, l'optimisme, qui veut des réformes ambitieuses et qui croit dans ce projet qui à la fois libère et protège. C'est celui que je porte qui nous a placés en tête.

Mais il y a un deuxième message. C'est un message de colère. Quand je regarde les votes, et puis je vais dans le pays au contact, il y a une incompréhension à l'égard du cours des choses, à l'égard d'une Europe qui ne protège plus, à l'égard d'une mondialisation qui fait trop de perdants.

Et d'une politique conduite depuis tant d'années et qui a laissé sur le bord de la route nombre de nos compatriotes. Et donc, cette colère-là, je l'entends, c'est pour ça que je l'ai dit, les réformes que je ferai, je les ferai en prenant en considération cette part des inquiets, des perdants, de ceux qui aujourd'hui n'y retrouvent pas leur compte. Et je ne veux pas un projet qui accroît leur fragilisation.

Au contraire, on pourra y revenir dans le détail, sur les premières mesures européennes ou économiques que je veux mettre en œuvre. Mais je veux aussi qu'on comprenne qu'on a besoin d'avoir une politique efficace pour répondre à ces difficultés. Parce que ce qui a nourri le Front National, ce qui nourrit cette colère qu'exploite le Front National sans y apporter aucune réponse réelle, c'est l'inefficacité de nos politiques publiques.

C'est l'inefficacité de la lutte contre le chômage. C'est l'inefficacité d'une vraie politique éducative. C'est tout cela mis bout à bout.

Donc la meilleure des réponses, c'est de procéder au vrai changement pour changer la vie des gens. Bien, Emmanuel Macron. Emmanuel Todd a dit « Il n'y a pas de hiérarchie dans l'inacceptable entre Le Pen et Macron, entre la xénophobie et la soumission aux banques ».

Il y a des gens qui perdent leur repère dans ces périodes. C'est classique. Il fait partie de ces gens-là.

Je suis triste pour lui parce que j'ai beaucoup lu M. Todd et il m'a beaucoup appris. Je ne suis pas soumis aux banques.

Si j'étais soumis aux banques, que j'aurais continué à travailler pour elles. Si j'étais soumis aux banques, je n'aurais pas, en tant que ministre, porté une loi qui a cassé le monopole bancaire en permettant le prêt entre les entreprises, en permettant de développer d'autres formes de financement de l'économie hors des banques. Si j'étais soumis aux banques, je n'aurais pas constamment, comme ministre, essayé de développer tout ce qui permet de financer les PME ou les TPE, qui en ont tant besoin.

Si j'étais soumis aux banques, je ne porterais pas un projet qui est aussi celui des classes moyennes et des classes populaires. Donc ces insultes à tout va, qui de l'extrême gauche à l'extrême droite m'ont sali depuis des mois. Je les regarderais droit dans les yeux, en leur disant que je n'ai aucune leçon à recevoir d'eux.

C'est un assis. Oui. C'est un assis.

Des banques pas soumises aux banques, peut-être, sûrement, je ne sais pas, je ne vais pas porter de jugement, vous me le dites, mais des banques qui font des profits dans des paradis fiscaux, des banques françaises aussi, qui font des profits dans les paradis fiscaux et qu'on laisse faire, quel que soit le pouvoir, vous, au pouvoir, que faites-vous ? Que décidez-vous ? Sur l'évasion fiscale.

Oui. Qu'elle touche les banques ou d'autres établissements. Oui.

Oui. Nous devons aller plus loin. Et les initiatives que...

Je dis ça parce que François Hollande faisait de cette lutte contre l'évasion fiscale, faisait de cette lutte contre la grande finance, son leitmotiv, rappelez-vous ? Je me rappelle. Vous l'avez suivi.

Je me rappelle. Pour ça, peut-être. J'étais peut-être ce visage de la finance, comme veut le dire Mme Le Pen, tant et tant dénoncé.

Il ne faut jamais être caricatural, parce que les banques, on les déteste jusqu'au jour où on a besoin d'elles pour se financer, pour acheter sa voiture, son appartement ou autre. La finance, on peut lui cracher dessus. En attendant, à partir du mois d'octobre, on se finance en totalité sur les marchés.

Donc, il faut dans ces cas-là que ceux qui dénoncent la finance, c'est les banques, et la même rigueur pour ne pas dépendre d'eux. Juste une chose, n'insultons personne. Par contre, ayons une grande rigueur.

La grande rigueur, ça veut dire qu'on ne peut plus avoir un système, en effet, où les accommodements, les arrangements avec la fiscalité ne sont pas les mêmes selon qu'on est petit ou grand. Et donc, pour lutter contre ça, moi, j'irai au bout du travail commencé sur le secret bancaire au sein de l'Union européenne. Je veux ensuite qu'on harmonise, qu'on rapproche les taux de fiscalité entre les grands pays au sein de la zone euro.

On ne peut pas avoir dans la zone euro une telle diversité, justement, d'impôts sur les sociétés. Troisième point, je veux qu'on revoie nos conventions fiscales avec les paradis fiscaux. La France en a encore quelques-uns qu'il faut revoir et mettre à plat.

Et surtout, d'autres pays de l'Union européenne en ont encore que je veux mettre à plat. Parce que, je vais vous prendre un exemple, les géants de l'Internet, comment ils font ? Ils viennent en France, ils font beaucoup de profits.

Ils disent, ça n'est pas un établissement stable. Là-dessus, on a diligenté des enquêtes pour dire, si vous faites de l'activité, vous devez payer la TVA à l'impôt. Ils remontaient tout l'argent en Irlande pour payer un taux d'impôt sur les sociétés très bas.

Et ensuite, tout ça passait aux Pays-Bas et une convention bilatérale entre les Pays-Bas et les paradis fiscaux. Ça, ça doit se terminer. Parce que c'est un point de fuite.

Parce qu'en plus, les États-Unis... la France seule, peut-elle mettre un terme à ses pratiques.

La France, dans la zone euro, le peu et le doit. Parce que ce que je viens de décrire, qui touche tous les pays de la zone euro, ça mine la confiance dans le système. On le voit bien.

Les gens disent, ces gens-là, on le voit bien, sont tous des voyous. Et ça mine ensuite la cohérence économique de notre projet. Et ça nourrit les extrémismes.

Mais parce que vous ne pouvez pas avoir une petite et moyenne entreprise ou une entreprise qui grossit, qui est dans le commerce numérique ou dans un autre secteur qui est en concurrence avec un de ces géants, qui, elle, va payer l'impôt sur les sociétés en France, la TVA en France, et qui a à se battre contre un géant qui opère dans le monde entier et qui, lui, ne paiera pas la même fiscalité. Donc ça, c'est un projet qui est cohérent, faisable et qui est au sommet de la liste des priorités pour moi en Europe. Et lorsque j'arriverai au premier Conseil européen, il y aura ces mesures très concrètes de lutte contre l'évasion et l'optimisation fiscale.

Il y aura les mesures, la mesure pour réviser la directive travailleurs détachés. Parce que...

Alors, oui, parlons-en de cette directive travailleurs détachés. Quelles mesures prendrez-vous si vous êtes élu président de la République ? Je veux...

D'abord, nous avons besoin du travail détaché en Europe. La France elle-même envoie des travailleurs détachés dans le reste de l'Europe. Donc je suis opposé au projet de Mme Le Pen qui consiste à le supprimer tout bonnement.

Parce que ça n'est pas possible dans une Europe ouverte. Au demeurant, elle aurait mieux fait d'aller voter le jour où la France et quelques autres ont porté un durcissement des règles. Ce qu'elle n'a pas fait comme d'habitude en tant que députée européenne.

Mais sur le travail détaché, on doit aujourd'hui avoir des règles plus strictes qui fait qu'on ne peut pas avoir dans un même pays des gens qui, faisant le même travail, ne sont pas payés de la même façon. Donc c'est celle-ci. Le constat est fait.

Mais quelle règle ? C'est deux choses. Un, renforcer les contrôles.

Ministre, je l'ai porté, la carte d'identité dans le BTP, c'est moi qui l'ai fait de voter comme ministre. Ça change beaucoup de choses et c'est en train de les changer. La deuxième chose qui n'est pas aujourd'hui appliquée et qui doit faire partie de la modification de la directive, c'est de limiter dans le temps l'utilisation du travail détaché.

On ne peut pas embaucher des gens en travail détaché en permanence. Et la deuxième chose, c'est que dans un pays donné, on doit payer les gens pour la même tâche, de la même façon. Et donc on ne peut plus avoir un système où pour un même travail où vous, salarié français, vous allez être payé 100, je pourrais embaucher un salarié venant de Pologne que je paye 40.

Voilà. Ça permet la libre circulation des travailleurs, mais avec des règles beaucoup plus claires qui vont pousser les uns et les autres à harmoniser, à se rapprocher progressivement des mêmes normes et des mêmes droits. Ça, ça fait partie de ce que je veux mettre sur la table de l'Europe dès le début, dès le premier conseil.

La troisième chose, c'est la protection de notre industrie et de nos travailleurs avec des vraies règles anti-dumping. Quand j'étais ministre, je me suis battu pour notre industrie, notre sidérurgie face aux attaques de la Chine. Je veux qu'on augmente bien plus massivement les droits anti-dumping qu'on peut mettre face aux attaques extérieures.

Aujourd'hui, on reste autour de 100, 120% de taxes qu'on met sur des produits importés quand il y a du dumping. Donc on augmente les taxes sur les produits importés quand il y a...

Hors de l'Europe. Hors de l'Europe, oui. Quand ces taxes ne respectent pas le droit commercial.

C'est-à-dire que les gens les vendent à perte. Parce qu'on, par exemple, à un moment fait, les Chinois ou les Indiens, ils avaient trop d'acier. Ils ont dit très bien on le vend en dessous du cours à perte pour l'écouler sur l'Europe.

Vous augmentez cette taxe anti-dumping. Et dernier point qui est très important, c'est que nous pouvons le faire et je veux le faire, les marchés publics européens doivent être pour au moins 50% réservés aux entreprises comme aux Etats-Unis. Nous pouvons le faire comme aux Etats-Unis.

L'Europe, elle ne doit pas différencier entre les pays. C'est notre projet et il faut être cohérent. Mais l'Europe ne doit pas être ouverte à tout vent quand d'autres pays décident de défendre leur industrie.

Bien. Emmanuel Macron, si Marine Le Pen est élue présidente de la République, est-ce que vous pensez que nos libertés seront en danger ? Je le pense très profondément.

Quelle liberté ? Je pense que votre liberté, vous, journaliste, puisque je vois sa pratique aujourd'hui comme candidate, je vois le projet qui a été ébruté d'un ordre des journalistes qui est une pratique intéressante que je vous recommande. Mais moi, depuis l'Italie des années 30, je n'avais pas vraiment croisé ça.

Ensuite, je regarde la violence à l'égard des opposants politiques et les pratiques classiques de ce parti. et je regarde ce que sont la liberté des femmes. On a une grande ambiguïté du projet Front National sur l'IVG.

On a tout entendu, comme d'habitude. Mais j'ai entendu des dirigeants de premier plan vouloir revenir sur l'IVG. Ce sont des libertés en moins.

J'ai entendu des propos indignes à l'égard des couples de même sexe. Que se passera-t-il ? J'ai entendu sur chacune de ces libertés des propos de remise en cause profonde.

Nous sommes dans une période équivalente à celle des années 30. Je pense que nous sommes dans une période j'écoutais tout à l'heure M. Chouraki qui expliquait la montée de cet indice qui marque la fragilité des sociétés.

Moi, je suis inquiet. Bien sûr. Quand je regarde les régimes politiques amis ou proches de Mme Le Pen ceux de M.

Orban de M. Kaczynski ou de M. Poutine ce n'est pas ce qui me fascine le plus.

Ce sont des régimes politiques qui ne respectent pas les libertés individuelles et les libertés politiques. Donc, oui, la France est à un point de bascule et les deux projets que nous portons sont profondément antinomiques entre un projet de fermeture et un projet patriotique celui que je détiens mais elle menace le cadre politique très profondément. C'est pour ça que je me bats contre elle.

Elle menace la démocratie française. Toujours faire attention aux mots qu'on utilise. Je vous pose la question.

Je pense qu'aujourd'hui le projet du Front National et ses pratiques fragilisent le contenu démocratique de notre pays. Oui, mais moi j'entends aussi Emmanuel Macron. Nous sommes à un point de bascule mais je vous le dis en même temps je me bats avec la plus grande force contre Mme Le Pen ses pratiques son obscénité quand je l'écoute encore hier et le fonctionnement du Parti Front National.

Mais il est là au deuxième jour. Exactement. Et il y a une colère.

Et vous l'entendez comme moi vous l'entendez les Français dire Marine Le Pen au pouvoir c'est ce que dit toute la classe politique Marine Le Pen au pouvoir ce serait une catastrophe. Mais M. Brodin vous m'interrogez je vous réponds sur les libertés mais essayons là voilà ce que disent les Français voilà ce qu'ils nous disent mais essayons là et nous verrons.

C'est pour ça que mon combat c'est plutôt de les convaincre mais essayez moi si vous me le permettez parce que je ne suis pas dans la partie depuis 20 ans et je pense que j'ai d'autres valeurs d'autres pratiques et d'autres principes mais je l'entends cette colère c'est ce que je vous disais et je l'ai d'ailleurs dit hier moi je ne jugerai jamais quelqu'un qui vote pour le Front National et vous ne m'avez d'ailleurs jamais entendu même pendant les municipales ou les régionales avoir un propos moralisateur parce que les gens n'en peuvent plus et d'ailleurs parce que les gens qui finissent par se tourner vers le Front National il suffit qu'un dirigeant politique leur fasse la morale pour qu'ils disent très bien si c'est comme ça on va y aller encore avec plus grand plaisir donc moi je ne juge pas les gens mais mon devoir c'est de porter un projet face au Front National et de dire il y a un autre projet pour que la France réussisse pour relever nos défis et non pas avoir l'esprit de défaite parce que ce qu'il y a derrière le Front National c'est l'esprit de défaite c'est de dire la France est foutue dans l'Europe et dans le monde donc moi ce que je vais vous proposer c'est d'en sortir c'est d'en fermer nos frontières on va se protéger ça ne tient pas une seule seconde moi je suis dans la démonstration du fait que son projet sur l'Europe sur l'euro sur l'économie c'est un projet qui appauvrit c'est un projet pour toutes les Françaises et tous les Français qui travaillent aujourd'hui un abîmera leur épargne fait qu'ils gagneront moins baissera la réalité de leur pouvoir d'achat et menacera leur emploi parce que nous sommes dans le monde mais je me dois aussi d'éclairer les consciences sur le risque politique je l'éclaire je ne fais pas la morale c'est très différent mais le projet que je porte ce que je veux faire demain si je suis élu c'est le coeur de la réponse que je pose au Front National c'est pourquoi je veux changer l'école le marché du travail le pouvoir d'achat on va revenir sur des questions concrètes si on n'est pas vraiment efficace on ne répondra jamais à cette colère tant de Français disent aussi mais on est chez nous la France aux Français l'Islam hors d'Europe vous l'entendez ça parmi les militants du Front National et parmi les sympathisants ceux qui votent pour Madame Le Pen pour Marine Le Pen qui vous demandent de rejeter le soutien de l'UOIF vous le faites ? vous le rejetez ? la France aux Français les musulmans hors de France et d'Europe ça c'est intolérable je peux entendre toutes les colères mais là pardon de vous le dire ça non ça non ça n'est pas une colère qui se justifie ou s'explique parce que nous avons plusieurs millions plus de 4 millions de Françaises et Français qui sont de confession musulmane mais je ne vais pas choisir entre les religions personne n'a à choisir entre les religions moi je veux que les catholiques les protestants les juifs les musulmans puissent dans notre pays avoir la possibilité de croire d'exercer librement leur religion en respectant les règles de la République c'est cela le cadre que je défendrai donc je ne céderai jamais au diktat du Front National qui consiste à montrer du doigt plusieurs religions parce qu'il n'y a pas que l'islam ensuite il y a des femmes et des hommes qui utilisant une religion sont dans des pratiques communautaires sont dans des pratiques qui ne respectent plus les lois de la République là-dessus je suis très clair c'est dans mon programme je démantèlerai toutes les associations qui ne respectent pas les lois de la République ou un appel à ne pas les respecter ça c'est le cadre intraitable intangible de l'action que je mènerai et je mènerai une politique de tolérance zéro en termes de sécurité et de lutte contre le terrorisme mais on peut être intraitable sur ces principes et refuser la guerre civile refuser de diviser les français entre les religions sur l'UOIF je n'ai jamais rencontré les dirigeants de l'UOIF je ne les fréquente pas mais je ne vais pas interdire aujourd'hui l'UOIF enfin ou demain si je suis élu parce qu'il faudrait pour cela que j'ai des éléments qui vont dans le sens que j'ai indiqué si l'UOIF ou toute autre association appelle à ne pas respecter les lois de la République je la ferai interdire aussi longtemps que l'UOIF est une association qui défend une religion même sur des bases que je ne partage pas si elle respecte les lois de la République je n'ai pas à l'interdire c'est cela le cadre de la démocratie Emmanuel Macron il est déjà 8h56 nous allons aborder après une petite pause votre présidence si vous êtes élu comment allez-vous présider avec qui quelles seront les nouvelles mesures les premières mesures que vous prendrez puis vous répondrez à quelques questions d'auditeurs venus par internet il est 8h56 à tout de suite Emmanuel Macron est notre invité jusqu'à 9h25 9h30 Emmanuel Macron nous allons entrer dans le vif du sujet quoi que nous y étions déjà c'est mon sentiment Marine Le Pen vous a pris à partie hier j'ai choisi mon premier ministre je l'ai annoncé il s'agit de Nicolas Dupont-Aignan je mets au défi Emmanuel Macron d'en faire autant alors je vous mets au défi d'en faire autant il y a des défis qu'on peut relever ce pour le pays il y a des défis ridicules qu'on n'a pas à relever jamais un candidat à la présidence de la République en situation de l'emporter ne relève ce genre de défi ridicule vous avez dans le souvenir le général de Gaulle François Mitterrand Jacques Chirac annonçant leur premier ministre allons ça n'est pas un ticket que les français et les françaises élisent ils n'ont pas besoin d'une béquille ils décident c'est un projet un homme ou une femme et un peuple vous l'avez choisi franchement j'ai plusieurs scénarios en tête vous ne l'avez pas choisi aujourd'hui moi je vous parle toujours franchement je ne vous le dirai pas non non mais je vous parle pas le nom bien sûr que j'ai réfléchi est-ce qu'aujourd'hui vous avez choisi j'ai presque choisi j'ai un ou deux profils en tête il vous reste un ou deux profils maintenant oui une ou deux personnes oui hommes ou femmes les deux les deux un homme et une femme voilà un homme et une femme vous hésitez entre un homme et une femme mais je pense qu'en tout cas je ne vais pas céder vous hésitez entre un homme et une femme enfin pour ce sujet là oui pour être oui voilà oui pour être premier ministre vous hésitez entre un homme et une femme mais j'ai plusieurs profils en tête dont un homme et un profil masculin un profil féminin voilà bon mais je ne vous en dirai pas davantage oui mais c'est ça n'est pas vous savez ce qui s'est passé pendant les derniers jours vous l'annoncerez quand c'est pas le sujet de la France c'est un accord d'appareil entre madame le pen et monsieur mais vous l'annoncerez quand je vais pas m'attarder là-dessus parce que c'est pas le sujet majeur mais je l'annoncerez en temps voulu ça c'est comme le fût du canon ça en temps voulu mais si les françaises et les français me font confiance vous savez j'ai toujours fait les choses au rythme que j'avais décidé et surtout en bon ordre là il y a un combat le deuxième tour de la présidentielle c'est pas le combat pour savoir qui sera ministre de ceci ou de cela qui sera premier ministre c'est regarder dans les yeux le pays lui dire voilà ce que je ferai tout lui dire lui dire qui je serai avec vous comment je vois cela comment je veux nous conduire c'est à cette question qu'on doit répondre pour dimanche à aucune autre le jour d'après on peut se poser ces questions-là et donc dans les jours qui suivront j'annoncerai le premier ministre 577 candidats en marche aux législatives ou pas ? il y aura une majorité présidentielle qui présentera 577 candidats ah une majorité présidentielle ce n'est plus oui une majorité présidentielle avec des candidats en marche non un nouveau parti non ? je pense qu'un nouveau parti Emmanuel Macron à un moment donné il sera indispensable de faire la mue d'un mouvement politique à un parti dont la fonction est de faire élire des candidats donc un nouveau parti avec pourquoi pas d'anciens socialistes ou d'anciens républicains tout à fait et ce sera ça la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron ? la majorité présidentielle elle sera faite de parlementaires qui seront donc investis dans les prochains jours quand ? quelques jours après la présidentielle ? voilà je ne l'exclus d'ailleurs pas de faire pour certains quelques jours avant la décision je la prendrai en temps voulu bon et donc il y aura au moins pour moitié des candidats qui ne viennent pas du champ politique qui n'ont jamais été parlementaires c'est l'engagement que j'ai pris c'est l'engagement du renouvellement oui et donc moi je je tiens cette ligne double renouvellement rassemblement et donc pour moi il est très important de faire venir aux responsabilités des femmes et des hommes de la société civile professeurs chefs d'entreprise au moins 50% au moins 50% et pour les autres viendront du champ politique il y aura du champ politique d'anciens socialistes mais je leur demanderai en effet de venir de quitter le parti socialiste d'avoir l'investiture ou de quitter les républicains dans cette majorité présidentielle et pareil pour les républicains de quitter les républicains pourquoi ? parce qu'il faut qu'on soit cohérents et efficaces parce qu'on va avoir si je suis élu le jour d'après une montagne à gravir des réformes extrêmement importantes à conduire pour le marché du travail pour l'école pour réformer la formation professionnelle et le chômage pour les retraites il faudra des femmes et des hommes qui décident que leur destin est lié qui veulent réussir ensemble et je ne veux pas avoir des combinaisons d'appareils où les gens vont dire parce que c'est dans le souffle de la présidentielle moi je vous soutiens et j'en suis puis qui six mois plus tard vont se dire ça semble difficile il y a un coup de chaud les gens sont peut-être dans la rue il y a des gens qui ne sont pas d'accord et décident que l'alliance d'un jour ne vaut plus le lendemain je veux je veux une cohérence forte mais d'ailleurs c'est l'esprit même de nos institutions alors j'ai une question simple et concrète allez-y à Evry Manuel Valls sera candidat est-ce qu'il y aura face à lui un candidat majorité présidentielle mais la question lui sera d'abord posée de savoir s'il est prêt à s'inscrire dans cette majorité présidentielle et apporter les couleurs de celle-ci la question s'il est prêt il n'aura pas de candidat face à lui mais bien sûr il sera dans cette majorité parce qu'il est cohérent avec cette majorité je l'ai dit il ne sera pas au gouvernement parce qu'il faut renouveler et j'ai été très clair mais je sais ses idées on a eu des désaccords 15 ministres c'est ça parité on a eu des désaccords mais s'il est prêt à participer à cette majorité présidentielle à quitter le parti socialiste et à être partie prenante de la même façon que si tel ou tel venant des républicains est prêt à prendre ce que j'ai dit dès dimanche soir parce que les gens ont préféré dimanche dernier ne retenir que des anecdotes idiotes et ne m'ont pas écouté j'ai dit moi j'ai pris ma part de risque je suis ouvert je ne vous demanderai pas d'où vous venez mais si vous êtes prêt avec moi à porter le projet et donc si des gens aujourd'hui députés républicains en cohérence avec le projet que je porte sont prêts à quitter ce parti pour venir ils auront la possibilité de le faire voilà donc il faut là dessus être cohérent est-ce que vous prendrez des ministres qui ont déjà exercé leur talent dans d'autres gouvernements je ne l'exclus pas vous ne l'excluz pas je ne l'exclus pas je l'ai dit et même un premier ministre qui a déjà été ministre allez-y moi je ne suis pas très fort au devinette non non je vais vous poser la question comme ça au hasard non je vais être clair il faut qu'il y ait là aussi une part de renouvellement je veux que dans le gouvernement il y ait des gens d'expérience mais qui viennent de la société civile qui ont une légitimité par leurs compétences et ce qu'ils ont fait qui n'est pas forcément de la politique et il y aura des responsables politiques mais je les choisirai je l'ai dit et c'est pour moi la seule règle qui vaut je les choisirai pour leur expérience leurs compétences ce qu'ils ont fait pas pour ce qu'ils représentent ou leur poids politique c'est une vraie différence et donc ce ne sera pas une espèce de consortium de dignitaires politiques ce sera des gens qui ont été ou qui sont des maires importants des présidents de conseils généraux ou régionaux qui font des choses ou qui ont parfois été ministres mais qui font des choses et sauront diriger une administration et conduire une politique publique parce que c'est cela être ministre c'est conduire une politique et diriger une administration Emmanuel Macron demain soir il y a ce grand débat TF1, France 2 BFM TV le duel sera rude vous attendez à ce qu'il soit rude j'imagine quelle sera votre stratégie ? d'aller au fond des choses sur chacun des sujets je pense que nous sommes on l'a dit tout à l'heure à un moment grave du pays ce moment il impose d'aller au fond des choses moi je ne serai pas dans l'invective je ne serai pas dans l'insulte je ne serai pas dans le raccourci j'ai écouté hier Mme Le Pen elle n'est que là-dessus bon sur le pouvoir d'achat les impôts la dette l'Europe et l'euro la sécurité l'immigration on doit aller au fond des choses on doit savoir entendre la colère de nos concitoyens et expliquer précisément ce que l'on fait et expliquer précisément en quoi on répond à leur colère et leur impatience vous allez vous préparer spécialement à ce face-à-face ou vous allez revoir d'autres face-à-face d'élections précédentes je vais surtout regarder au fond parce qu'on a un menu détaillé de tous les sujets vous allez regarder le programme de Marine Le Pen j'imagine projet contre projet je vais détailler mon projet et regarder le sien quels sont ses points forts selon vous ?

Madame Le Pen est quelqu'un qui est déterminé elle porte avec beaucoup de conviction un projet que je combats en totalité mais je lui reconnais cela bien vous avez accepté ce débat vous avez songé à ne pas l'accepter parce que Jacques Chirac n'avait pas accepté d'affronter Jean-Marie Le Pen moi je pense que ne pas débattre même avec son ennemi est une erreur d'abord parce que ce sont des fausses pudeurs le débat a eu lieu au premier tour on a débattu à 5 et à 11 Madame Le Pen était là que les donneurs de leçons se posent la question avant ensuite Madame Le Pen elle porte un projet que je considère comme dangereux et que je combats mais elle est là on doit regarder le pays en face il y a plus de 20% des françaises et des français qui ont fait confiance à son projet donc moi je veux convaincre nos concitoyens que ce projet n'est pas bon mais je ne vais pas éviter le débat je ne vais pas m'échapper je ne vais pas lui laisser la possibilité de continuer à asséner ce que je considère comme des contre-vérités dangereuses donc je veux aller au corps à corps au combat sur le fond des idées pour démontrer que ces idées sont de fausses solutions ce qui m'indigne le plus dans la présence de Madame Le Pen au deuxième tour c'est qu'elle joue avec la colère des gens moi je respecte la colère de nos concitoyens je l'entends je la sais parfois même j'ai moi-même eu des malentendus avec certains d'entre eux je veux dire j'entends les taxis par exemple il n'y a pas un jour où je ne croise pas un taxi qui m'en veut terriblement parce que j'ai un moment et c'est celui qui a ouvert un secteur d'activité je l'assume ça a créé de l'emploi pour autant je respecte les taxis pour autant je veux une régulation à ce secteur je ne suis pas pour la sauvagerie donc il y a plein de malentendus cette colère elle se traduit parfois dans un vote national mais chez Whirlpool vous l'avez entendu cette colère mais je l'ai entendu vous l'avez affrontée vous l'avez affrontée mais oui mais ce qui me alors ça a reboosté votre campagne au passage qui avait mal commencé campagne du second tour enfin c'était 48 heures après le premier enfin les résultats du premier tour mais surtout c'est mon devoir c'est mon rôle et ça continuera à l'être si je suis président de la république parce que si on ne va pas au contact de cette colère pour y répondre on trahit une part du rôle qui est le nôtre mais ce qui m'indigne c'est que cette colère le front national s'en nourrit mais il ne lui apporte aucune réponse quelle réponse apporte-t-il aux difficultés des taxis quelle réponse apporte-t-il aux difficultés des salariés de Whirlpool rien Mme Le Pen elle va à Whirlpool elle fait 3 selfies elle reste 10 minutes sur le parking elle s'en va elle n'a apporté aucune réponse et le soir elle fait un communiqué en leur disant mes bons amis si ça va mal je nationaliserai l'entreprise vous savez comme disaient deux grands auteurs comiques il y en a qui ont essayé ils ont eu des problèmes j'ai déjà vu cette solution ça n'est pas faisable c'est pas le problème de Whirlpool le problème c'est la reprise du site le problème c'est le plan social et c'est qu'ils aient les supralégales vous suivrez d'ailleurs vous êtes engagé bien sûr que je suivrai j'ai toujours suivi vous allez retourner avant le second tour ou pas ? non c'est infaisable avant dimanche je ne vais pas faire des promesses de Gascon oui par contre j'y retournerai après et je les verrai et y compris hors caméra bien et je suivrai surtout justement quelle pratique du pouvoir si vous êtes élu président de la république quelle pratique du pouvoir aurez-vous ? d'abord une pratique de remise en ordre si je puis dire des différents échelons un président de la république il n'est pas ministre de tout je l'ai dit déjà plusieurs fois moi je pense que le président de la république il doit être le garant du temps long il définit un cap une stratégie il l'explique de manière régulière il la défend en Europe et à l'international et il a ensuite un premier ministre et un gouvernement qui gouvernent et donc qui au quotidien est en charge de cela ce qui suppose d'avoir un président qui n'est pas tous les jours avec vous ou sur les plateaux de télévision c'est le rôle du premier ministre et du gouvernement sobre un président de la république avec une pratique du pouvoir très sobre très du temps long de la décision stratégique oui de la sobriété de l'ascétisme oui je pense que la colère est telle la nervosité du pays est telle qu'on se doit d'être à ce titre extrêmement rigoureux et au contact et c'est cette forme là qu'il faut inventer comment être au contact quand on est président de la république mais ça s'invente ça se fait on ne mène pas tout ce combat que tous les candidats et candidates à la présidence de la république font avec eux-mêmes dans le pays pour le jour d'après être mis sous cloche et donc on peut le faire il faut le faire plus loin des caméras c'est d'ailleurs une grammaire entre la vie politique et la vie modiatique qu'il faut inventer on ne peut pas avoir ce contact avec les français avec une bardée de sécurité et de caméras comme c'est le cas aujourd'hui mais je pense que c'est indispensable de continuer à aller au pays pourquoi ? parce que nos concitoyens ils attendent aussi au-delà des décisions du cap donné de l'action qui est le coeur de la réponse du changement vrai ils veulent de la considération ils veulent qu'on s'occupe d'eux ils veulent qu'on les respecte qu'on aille au contact quel sera votre premier déplacement si vous êtes élu ? je ne vous dirai pas tout parce que je crois à la force du symbole et je crois également à la fois par superstition et parce que c'est le respect que je dois à celles et ceux qui s'exprimeront le 7 mai de ne pas tout dévoiler vous ferez une grande fête le soir si vous êtes élu ? je fêterai avec toutes mes équipes sans people ? mais cette fascination cette névrose collective est incroyable ils se sont invités d'ailleurs à la rotonde oui mais ou pas ce sont ceux qui m'ont soutenu dès le premier jour mais le coeur ceux que j'ai invité avec qui j'ai fêté ce sont mes équipes oui mais les autres se sont invités ou les avez invité ? après j'assume cela et ce sont des femmes et des hommes qui pour quelques-uns m'ont soutenu dès le début de cette campagne mais c'est surtout mes équipes qui étaient là je veux dire il faut savoir raison garder c'est une brasserie parisienne et j'étais avec mes équipes vous fêterai avec vos équipes si vous êtes élu ? bien sûr que je fêterai avec mes équipes en public je crois savoir non non il y aura un moment avec les françaises et les français si nous gagnons oui et il y aura un moment de convivialité avec mes équipes il faut sortir de cette espèce d'hypocrisie je n'ai pas fêté dans un restaurant huppé avec quelques patrons du CAC 40 mon premier tour je ne fêterai pas plus le second mais que les gens arrêtent avec leur névrose ce sont les leurs ça ne répond en rien à la problématique du pays votre première rencontre le lendemain matin je serai au travail dans la plus grande rigueur dans la plus grande détermination pour mon pays avec celles et ceux qui m'accompagneront dans cette tâche votre première rencontre en tant que président de la république élu première rencontre internationale ou première j'irai aux côtés de nos troupes à l'étranger à l'étranger parce qu'ils se battent pour notre sécurité parce qu'ils se battent pour la lutte contre le terrorisme et parce que c'est la France portée au-delà de ses frontières et j'aurai évidemment dans les tout premiers contacts un contact avec la chancelière pourquoi ? parce qu'avec l'Allemagne nous devons construire le projet européen des prochaines années et nous devons construire aussi une vraie politique de défense de sécurité vis-à-vis du reste du monde parce que nous avons destin lié face au terrorisme face à la crise économique et je pense que nous devons nous être forts c'est le but des réformes que je veux conduire des changements profonds mais nous devons savoir travailler de manière extrêmement rigoureuse volontariste avec les Allemands vos premières décisions en tant que président de la république président de la république et gouvernement les premières décisions un projet de loi de moralisation de la vie politique oui pourquoi ? parce que je veux que ce projet soit déposé au conseil des ministres avant les législatives c'est indispensable et donc c'est un projet qui précisera l'interdiction des conflits d'intérêts l'interdiction des emplois familiaux l'imposition de tous les revenus des parlementaires et toutes les règles de moralisation de la vie politique que j'entends conduire pour que tous les parlementaires d'abord nous nous l'appliquerons sur nos candidats aux législatives avant même que la loi ne l'oblige tous les partis l'appliquent ils ne pourront pas l'appliquer parce que la loi ne sera pas votée mais je veux que tout le monde soit au clair et que ma détermination et que ma détermination sur ce sujet soit en jeu ensuite dès le début je veux mettre quelques projets sur la table dont notre pays a besoin le droit à l'erreur qu'est-ce que c'est ? c'est la réforme profonde de la relation entre nos concitoyens les personnes les entreprises et l'administration c'est-à-dire la nécessité quand on vous contrôle pour la première fois de vous accompagner et pas de vous sanctionner si vous faites une faute vous n'appliquez pas bien ce texte l'administration doit vous corriger vous aider à appliquer c'est essentiel pour cette vitalité entrepreneuriale pour tous les petits les simples les petites structures qui ont du mal aujourd'hui à traiter de la complexité et qu'on sanctionne la première fois alors que les plus grands groupes peuvent se payer eux des conseils etc et c'est une vraie révolution dans l'organisation même de l'administration il faut le faire dès le début pour être très clair avec l'administration française je veux dire ce que j'attends de vous c'est d'être un état qui accompagne qui facilite et pas un état qui sanctionne tout et tout le temps et avec ce droit à l'erreur une vraie loi de simplification qui elle aussi sera portée dès les premières semaines simplification des normes de simplification des normes où un on enlèvera toutes les normes dans les transpositions européennes qu'on a rajoutées aux droits européens je pense à nos agriculteurs ils n'en peuvent plus de ces normes qu'on rajoute alors que le voisin celui qui fait la même chose en Italie ou en Espagne il y a des normes environnementales aussi qu'on a rajoutées il y a des normes environnementales qui sont européennes le problème c'est qu'on les applique pas de la même façon entre les pays donc vous allez interdire à un producteur de fraises ou de cerises d'utiliser tel ou tel produit et vous allez trouver sur vos marchés les fraises ou les cerises qui viennent d'Espagne ou d'ailleurs qui sont produites avec justement les produits qu'on avait interdits en France il y a de quoi devenir fou d'ailleurs ça rend nerveux les producteurs donc ça il faut y mettre bonne fin on doit mener un combat qui harmonise justement toutes ces normes et avec un principe simple quand on rajoute un article à un code on doit en enlever un parce que sinon c'est scisif la simplification on dit on enlève des vieux textes mais comme on en rajoute toujours de nouveau c'est infernal ça je le fais dès le début l'autre point que dès le début enfin je lance c'est la réforme du droit du travail la simplification le fait d'aller de renvoyer beaucoup plus de choses à l'accord majoritaire d'entreprise et l'accord majoritaire de branche moralisation de la vie politique droit à l'erreur et transformation de l'administration française réforme du marché du travail ce sera dès les premières semaines parce qu'on a besoin de justement ce volontarisme à l'oeuvre je termine avec les questions envoyées par nos auditeurs j'ai un auditeur sur l'AMC qui est à la retraite qui touche 1100 euros par mois est-ce que sa vie va s'améliorer avec vous ? oui puisqu'il ne paiera plus la taxe d'habitation les toutes petites retraites que ce soit le minimum vieillesse ou d'autres elles seront revalorisées 100 euros par mois combien ? 100 euros par mois ? je le dis oui pour passer au dessus du seuil de pauvreté je le dis d'ailleurs aussi puisque j'entendais tout à l'heure en venant dans la voiture l'allocation adulte handicapée aussi 100 euros par mois je sais bien que pour beaucoup il faudrait aller plus loin mais sur le handicap on aura déjà cet engagement et ensuite un engagement très concret pour toutes les personnes vivant en situation de handicap qui est que je ne veux plus à l'issue du quinquennat qu'il y ait des personnes vivant en situation de handicap sans solution ça veut dire des enfants qui ne peuvent pas aller à l'école parce qu'il n'y a pas d'auxiliaire de vie scolaire dès la première année on prendra cet engagement de doter tous les postes d'AVS c'est être sûr qu'il n'y ait plus de parents d'enfants autistes ou d'adultes autistes qui doivent aller en Belgique ou ailleurs pour aller dans un centre parce qu'en France il n'y a plus de place c'est être sûr qu'il n'y a pas de personnes vivant en situation de handicap qui ne peuvent pas accéder au monde du travail parce qu'il n'y a plus de place dans les entreprises adaptées ou dans les centres tout ça c'est ce programme très pragmatique que je veux porter pour elles si j'en reviens donc à votre auditeur qui touche 1100 euros il y a je n'ai pas de politique de revalorisation massive des retraites parce qu'on ne sait pas le payer sinon il faudrait augmenter les cotisations ou bouger l'âge limite de la retraite par contre je lui garantis qu'avec moi il n'aura aucune augmentation d'impôt d'impôt sur le revenu ou de CSG parce qu'à 1100 euros par mois il est à la CSG taux réduit ce taux de CSG ne bougera pas ne bougera pas ensuite il aura la suppression de la taxe d'habitation qu'il paye aujourd'hui ce qui est très important 80% des Français il est dedans voilà il est dedans et les 20% d'ailleurs qui continuera à payer ? ce sont les revenus les plus hauts ? les 20% les plus hauts c'est à dire par exemple un couple qui a deux enfants au dessus de 5000 euros de revenus de référence par mois il continuera à payer la taxe d'habitation parce que je ne peux pas aujourd'hui la supprimer pour le 100% si les choses vont un peu mieux on ira jusqu'au bout parce que je pense qu'il faut aller au bout de cette réforme parce que ça n'est pas un bon impôt la taxe d'habitation il est injuste parce que le monsieur qui vous appelle qui touche 1100 euros par mois qui a un appartement de 60 mètres carrés il va payer la même taxe d'habitation que le monsieur qui gagne trois fois le SMIC qui a le même appartement ça n'est pas juste et avec cet appartement là il paiera une taxe d'habitation trois ou quatre fois supérieure s'il habite par exemple à Besançon ou dans un village du pays que s'il n'habitait à Paris ça n'est pas juste donc on le supprime Emmanuel Macron je suis artisan accablé par les charges et le RSI est-ce que ma vie va s'améliorer avec vous à la tête de l'état oui d'abord parce que je supprime le RSI en tant qu'il ne fonctionne pas bien vous le remplacez par quoi donc il y aura un guichet pour les indépendants dans le cadre du régime général qu'est-ce que ça veut dire le RSI pourquoi ça vous pose un problème aujourd'hui vous êtes remboursé tardivement vous avez des procédures administratives qui ne fonctionnent pas des huissiers qui parfois viennent à plusieurs reprises alors que vous avez déjà payé quand vous devez liquider votre retraite pendant des mois on ne vous la paye pas tout de suite c'est un problème administratif bureaucratique mais on vous harcèle où on est défaillant je n'accable pas les salariés du RSI je veux le dire ici c'est un régime qui a été créé à la demande des indépendants mais qui fonctionne mal parce qu'il y a trop peu de gens à gérer donc moi je renvoie à la qualité de prestation du régime général pour qu'on vous réponde dans les meilleurs délais qu'il n'y ait pas de harcèlement bureaucratique et que quand il y a ou de la maladie ou de la retraite ou toute autre chose on vous rémunère on vous paye comme on le doit ensuite je maintiens les allègements de charges qui valent pour les indépendants et vous pouvez opter chaque année aujourd'hui vous payez environ 35 points de charges en moins quand vous êtes un indépendant par rapport au régime général vous pouvez le garder si vous le voulez je vais même au-delà je vous enlève 9 points de charges jusqu'à 2 SMIC et demi vous êtes un commerçant qui touchait l'équivalent de 2 fois le SMIC et bien vous aurez 9 points de charges en moins les 6 points de charges qui correspondent à votre part patronale et les un peu plus de 3 points de charges qui correspondent à votre part salariale et donc c'est un vrai gain de pouvoir d'achat simplification et gain de pouvoir d'achat je termine avec une dernière question Emmanuel Macron si vous êtes élu président de la république vous savez que la tâche sera très difficile je n'ignore pas très difficile vous êtes armé pour ça vous êtes vous vous sentez solide suffisamment solide mais vous savez je ne suis pas un aventurier ça fait un an que vous êtes lancé dans cette aventure oui vous avez compris aventure belle aventure mais un an on se pose la question avant on se la pose chaque jour que vous avez décidé de mais c'est un processus intime lent profond ça fait donc plusieurs années que vous y aviez pensé mais c'est en vous et après les événements déclenchent des choses et votre détermination vos indignations vos colères votre volonté de faire et de ne rien céder les engagements que vous prenez c'est tout cela peu à peu qui m'a conduit là et donc oui je me suis à plusieurs reprises posé la question bien sûr à plusieurs reprises j'ai douté à plusieurs reprises je me suis dit qu'est-ce qui vous a incité tout à coup quel est l'événement quel est le moment qui vous a incité à tout à coup déposer cette candidature vous lancer dans cette candidature la conviction profonde que j'ai que notre pays peut le faire le décalage profond entre les arrangements du monde politique les petites combines les incohérences que j'ai moi-même vu subi vécu et l'attente formidable des gens à l'égard des politiques l'attente formidable des gens à l'égard de l'état de ce qu'il peut faire et doit faire la volonté de changer les choses et je me suis dit que si je ne prenais pas mes responsabilités pour essayer de porter ces voix de porter cette envie de changement profond en ne cédant rien justement aux règles qui étaient en place je ne jouerai pas ma part de responsabilité et donc c'est cela qui m'a déterminé et à chaque fois sur le terrain dans chaque ville j'ai vu des regards des colères des indignations vous parliez de Whirlpool j'ai eu un moment très fort là-bas parce que dans ces colères j'ai vu l'échec collectif depuis 20 ou 30 ans j'ai vu ce que les gens attendaient j'ai vu la souffrance de ne pas être considéré je me suis dit si je ne prends pas ma part de responsabilité dans ce moment-là avec tout ce que ça a de difficile avec le risque de l'échec avec le risque de ne pas y arriver mais avec la conviction qu'on peut le faire qu'on peut le faire parce qu'on peut prendre et on doit prendre des décisions courageuses qu'on peut enfin être efficace avec des changements profonds et qu'on peut le faire en respectant les gens en leur disant la vérité en parlant à leur intelligence en même temps qu'à leur émotion sans jouer cyniquement de leur colère je me dis qu'il n'y a pas de plus belle mission aujourd'hui que celle-ci c'est celle-là que je veux conduire donc oui je sais toutes les difficultés je sais tous les risques mais oui j'y suis prêt merci Emmanuel Macron l'heure du choix ce matin sur RMC et BFM TV et jeudi matin Marine Le Pen sera là à votre place 8h30, 9h30 pour son heure du choix aussi merci merci à vous merci à vous merci à vous merci à vous