Édito de David Doukhan - Éric Zemmour, « idiot utile » du lepénisme ? - C à vous - 26/11/2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Lorsque quelqu'un m'explique que Vichy a protégé les Juifs, j'arrête de l'écouter, a flingué Édouard Philippe. »
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« 10 terroristes du Bataclan et en Belgique qui étaient passés avec les migrants par la Hongrie et qui étaient remontés vers la France. »
- 1:30InvitéFait
« François Hollande, qui ne l'ignorait pas, il ne savait pas évidemment quel migrant, quel terroriste serait, mais il savait qu'il y aurait des terroristes, n'a pas protégé les Français. »
- 2:56InvitéFait
« Éric Zemmour avait lancé sa candidature sur une promesse qui était celle de pouvoir battre Emmanuel Macron et donc de rassembler plus largement que moi. »
- 3:27PrésentateurFait
« Le projet d'Éric Zemmour, c'est l'union des électorats de la droite et de l'extrême droite. »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Invité10 %
- Invité 28 %
- Auditeur5 %
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David, la candidature d'Éric Zemmour marque le pas avant même d'avoir été déclaré la cause, selon vous, de l'inexpérience du polémiste ?
Eh oui, Éric Zemmour a revendiqué le fait d'être un débutant. Eh bien, il en fait la démonstration. J'ai listé dans l'ordre chronologique une série d'erreurs qu'un candidat plus expérimenté n'aurait sans doute pas commise. La première, c'est d'avoir cru que l'histoire de la Seconde Guerre mondiale pouvait être au cœur des débats de l'élection présidentielle de 2022. Lorsque quelqu'un m'explique que Vichy a protégé les Juifs, j'arrête de l'écouter, a flingué Édouard Philippe. Et le Premier ministre n'est pas le seul à réagir ainsi. Deuxième erreur, pointer un fusil sur des journalistes.
On ne peut pas se poser comme un candidat de l'ordre de l'autorité et démontrer qu'on ignore les règles les plus élémentaires du maniement des armes. Et d'ailleurs, les syndicalistes de police l'ont vertement fait remarquer à Éric Zemmour. On ne pointe pas une arme, même déchargée sur quelqu'un pour rigoler. Troisième faute, troisième faute tactique, être allé faire de la politique politicienne le jour de l'anniversaire des attentats de 2015 devant le Bataclan en attaquant François Hollande. C'est un moment de bascule dans l'après-campagne d'Éric Zemmour.
10 terroristes du Bataclan et en Belgique qui étaient passés avec les migrants par la Hongrie et qui étaient remontés vers la France. Donc François Hollande, qui ne l'ignorait pas, il ne savait pas évidemment quel migrant, quel terroriste serait, mais il savait qu'il y aurait des terroristes, n'a pas protégé les Français.
Voilà, alors même Robert Ménard, le maire de Béziers, qui avait pourtant montré de la sympathie pour Éric Zemmour, il l'avait même accueilli dans sa ville pour une réunion publique. Même Robert Ménard a trouvé qu'il était allé beaucoup trop loin dans la provocation. Les associations de familles des victimes l'ont logiquement accusé d'avoir insulté la mémoire de leurs proches. L'insulte technique iconoclaste lorsque l'on veut recueillir les suffrages du plus grand nombre. L'insulte à nouveau, avant-hier, avec ce fameux doigt d'honneur à Marseille. Preuve cette fois d'un manque de sang-froid. Or, nos concitoyens vont regarder le sang-froid des différents candidats dans les prochains mois.
En 2008, crise financière. En 2015, crise terroriste. On vient de s'en souvenir. Et en ce moment, on n'en sort pas. Crise pandémique. Donc, les Français cherchent un capitaine de gros temps, pas quelqu'un qui semble perdre ses nerfs après deux jours de déplacement compliqués à Marseille. À chacune de ses erreurs, Éric Zemmour révèle un manque de crédibilité. Et Marine Le Pen se régale.
Marine Le Pen, justement, qui n'a pas loupé son concurrent d'extrême droite.
Oui, elle aurait eu tort de se priver. C'était hier midi sur RTL.
La mue de polémiste en candidat à la présidentielle ne s'est pas faite. Voilà. Il n'a pas l'air très à l'aise dans cet exercice. Éric Zemmour avait lancé sa candidature sur une promesse qui était celle de pouvoir battre Emmanuel Macron et donc de rassembler plus largement que moi. Je crois que cette promesse, aujourd'hui, clairement, n'est pas tenue.
Marine Le Pen, elle sent, comme tout le monde, une faiblesse. Alors elle cogne. Elle essaye de porter l'estocade, mais pas sur les idées d'Éric Zemmour, sur sa capacité. Parce que Marine Le Pen souhaite, bien sûr, que la candidature d'Éric Zemmour fasse pchit, mais pas son projet. Le projet d'Éric Zemmour, c'est l'union des électorats de la droite et de l'extrême droite. Or, nouveau diable, Éric Zemmour plante le dernier clou dans le cercueil de la diabolisation du FN. Le Pen, qui a eu très peur au mois de septembre, aujourd'hui est en pleine forme parce qu'elle pense que Zemmour peut, lui, servir de marche-pied. Mais il la recentre, en quelque sorte, grâce à lui ou à cause de lui.
Elle a l'air fréquentable, raisonnable. Elle fait moins peur. Et c'est d'ailleurs la hantise des macronistes, en ce moment, lorsque vous discutez avec certains ministres, ils vous en parlent, qu'à la fin des fins, les Français étaient tellement épouvantés par Éric Zemmour qu'ils ne jugent plus utile de faire barrage à Marine Le Pen.