Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 7 avril 2022 7 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSanté

Alimentation : "La hausse des prix va continuer", selon le président de l'Association nationale des industries alimentaires

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52OuverteÉludée

    Est-ce que les industriels sont devenus négligents ?

  • 2:18OuverteRéponse partielle

    Mais est-ce que vous souhaitez un renforcement des contrôles dans votre secteur ?

  • 3:18OuverteRéponse directe

    Est-ce que la hausse va continuer, Jean-Philippe André, et jusqu'où ?

  • 4:57OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous êtes prêts à faire la transparence sur les surcoûts ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelle hausse de prix souhaitez-vous, aujourd'hui, compte tenu de ces contraintes pour les mois qui viennent ?

  • 6:21RelanceRéponse directe

    En moyenne, est-ce que vous arrivez à l'estimer à horizon le semestre, l'année ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:14Invité politiqueChiffre
    « Est-ce que nous savons, les uns et les autres, combien il y a d'actes d'achat chaque année dans les supermarchés, les hypermarchés de France ? Et la réponse est 47 milliards d'actes d'achats. »
  • 1:34Invité politiqueChiffre
    « Et il y a, chaque année aussi, de l'ordre de 4000 rappels de produits, ça représente à peu près 10 rappels par jour »
  • 3:31Invité politiquePromesse
    « Oui, je pense que la hausse va continuer. »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « L'huile de tournesol, aujourd'hui, est rare. Elle est presque absente à horizon 3-4 mois. »
  • 4:04Invité politiqueFait
    « L'Ukraine est le premier fournisseur de l'Union Européenne en termes d'œufs. »
  • 4:22Invité politiqueChiffre
    « on est en train de tuer à peu près 15 millions de poulets en France parce qu'il y a la grippe aviaire. »
  • 6:12Invité politiqueChiffre
    « Les hausses de prix, il faut bien comprendre, ça va être variable. À mon sens, il y aura des hausses qui ont entre 1 ou 2 %, et ça ira jusqu'à 30 % selon les produits. »
  • 6:21Invité politiqueChiffre
    « On peut estimer des hausses. On peut imaginer 6, 7 %. »

Temps de parole

  • Philippe André71 %
  • Présentateur29 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. L'alimentation coûte de plus en plus cher, ça se confirme. Et on va en parler avec notre invité qui est ce soir Jean-Philippe André. Bonsoir. Bonsoir. Président de l'ANIA, c'est l'association qui représente le secteur de l'industrie alimentaire. 15 000 entreprises environ. Et vous êtes par ailleurs le patron des bonbons Haribo. Par ailleurs. Avant qu'on vienne à la question centrale des prix, je voudrais qu'on s'arrête sur ces rappels de produits qu'on a vus toutes ces dernières semaines. Des produits rappelés parce qu'ils sont potentiellement dangereux pour la santé.

Les pizzas butoniques appartiennent à Nestlé, les chocolats Kinder qui appartiennent à Ferrero, les fromages Gras d'orge, de Lactalis. Évidemment, toutes les affaires ne sont pas aussi graves. Il y a beaucoup de rappels de précaution. D'autres rappels beaucoup plus inquiétants. En tout cas, ces rappels, là, ces dernières semaines se multiplient. Est-ce que les industriels sont devenus négligents ?

0:55
Philippe André

Alors, il y a des lois des séries qui ne sont pas favorables aux commentaires. Et pour vous répondre très directement, absolument pas. Je vais vous poser à la fois une question et essayer de vous donner une réponse. Est-ce que nous savons, les uns et les autres, combien il y a d'actes d'achat chaque année dans les supermarchés, les hypermarchés de France ? Et la réponse est 47 milliards d'actes d'achats. Je n'ai pas dit millions, j'ai dit milliards. Il y a, en rapport, ça veut dire qu'il y a une incroyable multitude d'actes d'achat. Et l'écrasante majorité de ces actes d'achat sont absolument, incroyablement... Heureusement, heureusement, Jean-Philippe André.

Et il y a, chaque année aussi, de l'ordre de 4000 rappels de produits, ça représente à peu près 10 rappels par jour, qui disent quoi, en définitive, par rapport à cette grande, grande multitude d'actes d'achat, à chaque fois qu'il y a le moindre risque en termes de sécurité pour le consommateur final, que fait l'industrie et l'administration, d'ailleurs, il faut le dire, on retire, on rappelle les produits.

2:00
Présentateur

Là, ce n'est pas seulement ça. Là, ce n'est pas seulement ça. On parle aussi d'enfants qui ont été touchés, hospitalisés pour certains, de décès peut-être imputables à certains de ces produits.

2:11
Philippe André

Vous savez, sur le... Moi, je suis patron de l'année, je n'ai pas évoqué ici des cas individuels de société. Ce n'est pas mon rôle. Mais est-ce que vous souhaitez un renforcement des contrôles dans votre secteur ? Permettez-moi juste de dire une chose. Le commentaire sur le cas que vous évoquez sur les enfants, la première réaction, ça devrait être d'avoir beaucoup de compassion, beaucoup de compassion, par rapport à la situation que vivent ces familles. Et on ne peut pas imaginer, personne dans ce pays n'est préparé à avoir une situation de ce type uniquement par rapport à... après avoir acheté un produit.

La deuxième chose, je peux vous assurer, mais là, c'est plutôt le chef d'entreprise qui vous parle avec ses tripes. L'entreprise qui doit vivre ça, c'est un drame pour l'entreprise aussi. D'accord ? Et donc, il y a parallèlement, tous les jours dans les entreprises de l'agroalimentaire, des autocontrôles qui sont faits, et par ailleurs, toujours en parallèle, il y a les contrôles qui sont faits par l'administration. Et je pense pouvoir dire, alors que c'est très difficile à entendre aujourd'hui, parce qu'il y a cette loi des séries, on est comme l'un des pays au monde qui a le plus haut standard.

3:10
Présentateur

On en vient à la question des prix, qui est aussi une question pour cette campagne électorale de l'élection présidentielle. Je rappelle rapidement un ou deux chiffres. En un an, selon l'INSEE, les prises alimentaires ont augmenté 2,8% et les prix des produits frais de 7%. Est-ce que la hausse va continuer, Jean-Philippe André, et jusqu'où ?

3:29
Philippe André

Il faut être extrêmement lucide et dire la vérité. Oui, je pense que la hausse va continuer. Et il faut expliquer pourquoi. C'est-à-dire que, j'étais dans vos locaux, il y a quelques mois, on parlait de post-Covid. Aujourd'hui, on parle d'un autre sujet. Personne n'a imaginé le contexte dans lequel on se trouve. Il y a aujourd'hui des tensions objectives sur des matières premières. Vous faites vous-même l'écho de l'exemple emblématique de cette huile de tournesol dont tout le monde parle aujourd'hui. L'huile de tournesol, aujourd'hui, est rare. Elle est presque absente à horizon 3-4 mois. Et donc, ça augmente les prix. Les œufs. Les œufs, tout simplement.

L'Ukraine est le premier fournisseur de l'Union Européenne en termes d'œufs. Il se trouve, on n'a vraiment pas de chance. C'est la loi des séries qu'on évoquait tout à l'heure sur un autre sujet. Les planètes ne sont pas alignées parce que, par ailleurs, on est en train de tuer à peu près 15 millions de poulets en France parce qu'il y a la grippe aviaire. Il y a l'ensemble du cheptel des porcs et encore des poulets qui sont nourris par des produits de nutrition animale qui viennent de là-bas.

Et si on vous dit que 70% d'un porc, c'est de l'alimentation animale et que ça augmente de 50%, après, vous comprenez pourquoi, tiens, en charcuterie, on dit qu'il va devoir y avoir des hausses de 20 à 30%. Donc, tout s'explique. Tout s'explique et tout est objectif.

4:49
Présentateur

Tout s'explique, c'est important que vous le disiez parce que les distributeurs avec qui vous négociez les prix, les grandes surfaces, vous réclament de la transparence. Et ils vous disent, si vous nous demandez des hausses de tarifs, dites-nous précisément d'où viennent les surcoûts. Est-ce que vous êtes prêts à faire la transparence ?

5:05
Philippe André

Vous voyez, je vais peut-être vous étonner. Moi, j'entends parfaitement ce discours-là. Parce que, d'un côté, la transparence et de l'autre côté, la réalité des coûts. Il n'y aura pas d'effet d'aubaine. Il faut arrêter avec cette musique qui n'est pas correcte sur des potentiels effets d'aubaine. Sur les 15 000 entreprises que vous évoquiez tout à l'heure, il n'y a aucune de ces entreprises qui a une âme de spéculateur. Ça n'existe pas. Donc, il n'y aura pas cet effet d'aubaine. Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Je suis une petite PME. J'ai des augmentations de mes approvisionnements.

Si je n'ai pas la garantie de pouvoir la passer dans les prix, je suis en train de me poser la question, en tout cas certaines d'elles, est-ce que je produis ou je ne produis pas ? Or, nous avons aussi pour mission de maintenir la chaîne alimentaire. C'est ça, aujourd'hui, à très court terme, ce qui est en train de se passer. Alors, si pour faire ça, il faut de la transparence et expliquer que le carton augmente et que dans le carton, il y a de l'amidon et que l'amidon, c'est le maïs et que ça concourt à 10 %, et que cet amidon a augmenté de le double en quelques semaines, on le dira.

6:00
Présentateur

Alors, je vous repose ma question. Quelle hausse de prix souhaitez-vous, aujourd'hui, compte tenu de ces contraintes pour les mois qui viennent ?

6:07
Philippe André

Les hausses de prix, il faut bien comprendre, ça va être variable. À mon sens, il y aura des hausses qui ont entre 1 ou 2 %, et ça ira jusqu'à 30 % selon les produits. C'est l'histoire du...

6:18
Présentateur

Et en moyenne, est-ce que vous arrivez à l'estimer à horizon le semestre, l'année ?

6:21
Philippe André

C'est difficile, parce que nous, on peut estimer des hausses. On peut imaginer 6, 7 %. On ne peut pas imaginer l'inflation, parce que nous n'avons pas de prise sur l'inflation. Je rappelle quand même que nous ne fixons pas les prix.

6:32
Présentateur

Qui va faire l'effort au bout du compte ? Est-ce que vous allez réduire vos marges ? Est-ce que les distributeurs vont réduire leurs marges ? Ou est-ce que les consommateurs, au bout de la chaîne, vont encore se serrer la ceinture ? Ce sera ma dernière question.

6:42
Philippe André

Alors, dans l'ordre, on a malheureusement l'habitude, sur les dernières années, à réduire nos marges, parce qu'on sort de déflation. On sort d'une campagne de négociation au 1er mars, où le compte n'y était pas. Je pense qu'on va encore faire des efforts. Mais là, pour le coup, il faut que le distributeur prenne sur sa marge, et que le consommateur final accepte l'idée de payer une alimentation de haut niveau à son vrai prix. Et ça, il faut le faire.

7:04
Présentateur

Merci Jean-Philippe André, le président de l'ANIA, l'industrie alimentaire. Invitez Éco de France Info ce soir.