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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 24 mars 2024 64 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesSécuritéTravail & emploiInstitutions & élections

Mobilisation, violences : Macron peut-il reculer ? #cdanslair Archives 2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 17 %Attaque 58 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Faut-il y voir un coup dur pour l'image de la France et celle d'Emmanuel Macron ?

  • 3:10RelanceRéponse directe

    Est-ce que c'est finalement la violence qui fait bouger les lignes ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a peur ?

  • 9:14RelanceRéponse directe

    Si Macron cède maintenant, ne serait-ce pas donné raison à la violence ?

  • 9:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que les chaînes d'info et les réseaux sociaux jouent comme une caisse de résonance sur le mécontentement ?

  • 12:14OuverteRéponse directe

    Quelle est la différence avec les précédentes réformes des retraites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 15:02Invité politiqueFait
    « Je voudrais d'ailleurs ici dénoncer le cynisme. Et je l'ai déjà évoqué, la bordélisation souhaitée par une partie de l'extrême gauche et par l'ultra-gauche qui a organisé ici un appel à brûler des bâtiments publics. »
  • 15:19Invité politiqueFait
    « Nous savons désormais, nous avons pu documenter que l'ultra-gauche est derrière une grande partie de manifestations violentes. »
  • 16:34Invité politiqueFait
    « Nous ne cèderons rien à cette violence. Rien. En démocratie, on n'a pas le droit à la violence. »
  • 16:42Invité politiquePromesse
    « J'ai moi-même, mercredi, indiqué notre disponibilité à avancer sur des sujets comme l'usure professionnelle, les fins de carrière, les reconversions. »
  • 37:14Invité politiqueFait
    « On assume le 49-3 quand sur le budget, quand sur les réformes des retraites, tout s'il fait. »
  • 37:35Invité politiqueFait
    « Dans les mobilisations, il y a un malaise, il y a une colère, il y a des gens qui disent je ne sais pas pourquoi exactement je suis là. »
  • 38:09Invité politiqueFait
    « Je pense qu'Emmanuel Macron est devenu aujourd'hui un facteur de désordre. »
  • 38:10Invité politiqueFait
    « Je pense qu'Emmanuel Macron est devenu aujourd'hui un facteur de désordre. »
  • 38:26Invité politiquePromesse
    « Je pense que cela va se terminer par notre arrivée au pouvoir. »
  • 40:47Invité politiqueFait
    « Ces nervis veulent la terreur. Combien de temps encore allons-nous tolérer cette chien-lis ? »
  • 41:34InvitéFait
    « On peut vous donner du temps pour négocier. On peut travailler avec vous. »
  • 42:13InvitéFait
    « Oui, elle est en sursis sans doute pour quelques mois quand même. »
  • 43:29InvitéFait
    « qu'est-ce que retiendra l'histoire de la droite républicaine sur ce Sioti qui aura réussi à aller pour un plat de lentilles »
  • 44:03InvitéFait
    « le texte sur l'immigration, il nous a carrément dit que ce serait plusieurs textes. »
  • 44:41InvitéFait
    « Ah ben si, certainement. Lorsqu'effectivement vous avez des parlementaires qui appellent à bloquer des établissements scolaires »
  • 45:40PrésentateurFait
    « « Je pense que cela va se terminer par notre arrivée au pouvoir ». »
  • 48:14InvitéChiffre
    « Ici, l'âge de départ est fixé à 65 ans, 67 ans à partir de 2030. »
  • 49:06InvitéChiffre
    « Nous demandons 10,5% d'augmentation de salaire. »
  • 50:19PrésentateurChiffre
    « 40 000 de nos fonctionnaires fréquentent les banques alimentaires »
  • 50:23PrésentateurChiffre
    « 45 000 touchent des prestations sociales ces mêmes prestations qu'ils gèrent pour les autres. »

Temps de parole

  • Présentateur55 %
  • Invité20 %
  • Invité 213 %
  • Invité 38 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. La visite de Charles III annulée. Le roi d'Angleterre avait choisi la France pour son premier déplacement à l'étranger. Mais voilà, ce déplacement a été jugé impossible, étant donné les violences et les manifestations. Faut-il y voir un coup dur pour l'image de la France et celle d'Emmanuel Macron, dont l'intervention mercredi n'a absolument pas apaisé la colère ? Au contraire, la mobilisation est repartie de plus belle hier, avec plus d'un million de manifestants dans les rues. Et puis, on l'a dit, plus tard dans la soirée, des scènes de violence à Paris, à Rennes, à Bordeaux. La porte de la mairie a été incendiée.

Que peut faire Emmanuel Macron pour reprendre la main ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Violence, mobilisation, Macron peut-il reculer ? » Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Roland Quairol. Vous êtes politologue, directeur du CETAN, c'est le centre d'études et d'analyses. Vous êtes directeur conseil de Région Magazine et votre nouveau livre « Mon voyage au cœur de la 5e République » paraîtra le 5 avril chez Calman Lévy. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique aux Echos. Caroline Michel-Aguirre, grand reporter au service politique à l'Obs. En une de l'Obs cette semaine, la République en Lisée.

Et puis, Driss Haïtioucef, vous êtes docteur en droit public, spécialiste des questions de sécurité. Merci de participer à cette émission en direct. Cécile Cornudet, sondage IFOP, 21% des Français estiment qu'Emmanuel Macron finira par abandonner la réforme des retraites. Et vous ? Est-ce que vous êtes dans les 21% ?

1:40
Invité

Alors, on pourrait prendre le chiffre à l'envers. Ça veut dire que 80% pensent qu'il ne va pas abandonner la réforme des retraites. Jusqu'à présent, j'étais dans les 80%. Et depuis la journée d'hier, je doute un peu, parce que je vois ce qui se passe autour d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Hier soir et ce matin, manifestement, il y a eu des discussions sur le thème, comment on fait pour apaiser la situation, pour prendre la main tendue, malgré tout, par Laurent Berger. On en parlera, j'imagine, il y a eu des propos un peu plus apaisants.

Et certains disaient, il faut convoquer lundi, puisque maintenant on n'a plus le roi, lundi à l'Élysée, une intersyndicale, en mettant le sujet des retraites en débat. Qu'est-ce qu'on en fait maintenant ? Donc, beaucoup de gens lui conseillaient de faire ça. On a eu la réponse aujourd'hui. Emmanuel Macron a parlé d'un rendez-vous si les syndicats veulent. Donc, ce n'était pas une invitation formelle, et non pas pour parler des retraites, mais pour parler du travail. Donc, ils ont immédiatement répondu non.

Donc, voilà, on est tout de suite après cette journée qui a été quand même une journée de bascule, avec le nombre considérable, avec quand même les violences qui commencent à s'inviter dans les cortèges. Et il y a un doute qui saisit, en tout cas, une partie de la Macronie, parce que maintenant, il y a une peur. Jusqu'où ça va aller ? Est-ce qu'on ne risque pas un mort ? Il y a une peur des deux côtés, aussi du côté des organisations syndicales. Mais donc, voilà, ça flotte un peu et ça cogite beaucoup.

3:10
Présentateur

– Caroline Michel-Aguia, est-ce que c'est finalement la violence qui fait bouger les lignes ? – C'est une vraie, vraie, vraie question pour nous tous, pour l'ensemble de la démocratie. Et c'est un échec collectif, le fait même que vous posiez cette question. Parce que, évidemment, cette violence est un gâchis épouvantable pour tous les gens qui ont manifesté pacifiquement pendant des semaines, qui ont fait part de responsabilités, qui ont prévenu, qui ont porté un message un peu plus clair, qui ont apporté des solutions.

Et pendant des semaines et des semaines, jusqu'à cette allocution, complètement à côté du sujet d'Emmanuel Macron, qui dit, écoutez, c'est bien gentil, mais c'est comme ça, et on va passer à autre chose, on avait vraiment l'impression d'une surdité. Et soudainement, parce qu'on a peur, même pas sous la pression des milieux économiques, comme j'avais pu le dire, puisque les taux n'ont pas remonté, ça ne bouge pas, la simple peur fait que soudainement, on est disponible. Donc ça veut dire deux choses. Ça veut dire d'abord que le gouvernement a perdu son pari, qui était celui de l'enlisement et de la résignation, et celui de renvoyer la responsabilité aux autres.

C'est la responsabilité des LFI, des députés insoumis, si on n'a pas pu discuter du texte. C'est la responsabilité des casseurs, si on est dans la violence. On a vu qu'Elisabeth Borne et Gérald Darmanin ont essayé de porter ce propos, en disant la violence, c'est la faute des autres. Le problème, c'est que les sondages disent que 70% des Français soutiennent, malgré tout, même si je pense que dans leur foi intérieure, ils condamnent la violence, soutiennent malgré tout le mouvement. Donc quand on est à ce point-là, qu'est-ce qu'on fait ? Malheureusement, tout le monde va avoir l'impression que oui, comme pour les Gilets jaunes, il faut la violence pour que cet exécutif bouge.

Il y a la violence, il y a l'humiliation. Charles III qui ne vient plus en France, alors qu'il voulait faire un honneur à notre pays. Notre pays n'est pas capable de l'accueillir. Est-ce que vous reprendriez l'expression de Caroline Michel-Aguire, Roland Quairol, qui dit « Emmanuel Macron a peur ». Il ne donnait pas l'impression d'avoir peur mercredi.

5:30
Invité

Écoutez, on a eu une gestion de cette crise tellement chaotique, tellement mal maîtrisée depuis deux mois, que tout est possible. Ce qui est clair en tout cas, c'est que là, la gestion de l'annulation de Charles III, c'est une gestion de panique. Enfin, on ne sait plus comment faire, on a plus que peur. Il y a vraiment une panique qui s'est emparée de l'exécutif, et on renonce à cette visite. À mon avis, c'est une erreur politique. Je pense qu'il fallait assumer. On reçoit le nouveau roi d'Angleterre. Alors, on nous dit « mais il aurait été dans le palais des glaces ». Et alors ?

Les Français, ils savent bien qu'il y a un palais des glaces à Versailles et qu'un dîner d'État, c'est un dîner d'État. Bon, aucune raison ne me convainc. Mais bon, on peut comprendre. Et ça, je crois que les Français comprendront que dans une situation de crise,

6:25
Présentateur

– Ça montre qu'Emmanuel Macron est capable de reculer. Il a reculé sur Charles III.

6:29
Invité

– Il a reculé plusieurs fois depuis qu'il est président. Il a reculé pas mal de fois. Mais là, en revanche, je ne suis pas dans les 21% avec Cécile. Je crois que là, si, malgré ce que j'ai dit…

6:40
Présentateur

– La question se pose. On ne la posait pas jusqu'à présent.

6:43
Invité

– Moi, je crois qu'elle ne se pose pas et qu'elle ne s'est jamais posée. Je crois que s'il fait ça, il est cuit.

6:49
Présentateur

– Il recule sur la forme des retraites.

6:50
Invité

– Oui, il est cuit. Il ne peut pas ne pas aller jusqu'au bout. – Peut-être que le Conseil constitutionnel lui réglera en partie les problèmes en annulant certaines parties de la loi. – Il pourrait les souhaiter ? – Non, parce que le Conseil constitutionnel n'annulera pas la mesure d'âge. Or, c'est celle-là qui est symbolique. C'est sur celle-là que la réforme est identifiée. Donc ça ne résoudra pas son problème, mais ça pourra mettre un peu d'huile dans les rouages. Mais je crois qu'il ne peut pas renoncer à sa retraite. Il l'a expliqué encore clairement aujourd'hui.

L'invitation au syndicat, elle est clairement une invitation qui dit « On va reprendre le dialogue social pour de bon après sur le reste, les conditions de travail, les rémunérations, tout ce qui concerne le travail, mais pas les retraites. » Bon, ce n'est pas l'ombre du début, du commencement, d'une main tendue. Donc je crois qu'on a déjà vécu ça. Parce que la mobilisation extraordinaire, historique, le pays n'est pas bloqué, contrairement à ce qui était annoncé. Il n'est pas bloqué du tout, le pays. 95% des Français vivent tout à fait normalement. Les mobilisations sont nettement moins importantes qu'en 2010. Et la situation de Macron est identique dans l'opinion à celle de Sarkozy.

Au même niveau d'opinion et au même niveau de rejet de l'opinion. Et ça se termine chaque fois par le fait que les Français se résignent à l'existence d'une... Ça n'a pas été le cas en 2006 ou en 1995. Ça n'a pas été le cas en 1995, mais le pays était vraiment bloqué. C'est tout à fait différent. Et là, il y a les sondages qui disent qu'ils sont contre. Et ils sont contre. Vous avez déjà vu une opinion publique française ou ailleurs dire avec joie « Ah, on me rallonge du boulot, je suis content, bravo ! » Non, on est contre. C'est la huitième réforme de retraite. C'est la huitième où il y a une mesure d'âge. Les gens sont contre.

Et puis ils sont depuis le début, à 80%, persuadés que la réforme aboutira et qu'elle sera mise en application. Donc moi, j'ai le sentiment que la plus probable des solutions de crise, ce n'est pas de solutions de crise, c'est une espèce de fin en eau de boudin. Pourrissement. Un eau de boudin. Voilà, rien ne se passant. Et on reportera les rancœurs, les problèmes et les conflits à plus tard.

9:14
Présentateur

Driss Aït Youssef, depuis l'adoption du 49.3, tous les soirs à la télévision, on regarde sur les chaînes d'info de façon hypnotique. Alors, nos enfants le font, eux, sur les réseaux sociaux. On voit ces scènes de violence en continu, un peu comme au cinéma. Est-ce que, donc, hier c'était Place de l'Opéra, c'est Feu de poubelle, ça fait des images très spectaculaires, plein cadre. Est-ce que les chaînes d'info, est-ce que les réseaux sociaux, jouent comme une caisse de résonance sur le mécontentement du pays ? Quel est leur rôle ? Ça, c'est certain. C'est-à-dire qu'à la fois, il y a un rôle de mobilisation, un rôle d'amplificateur, d'une manière assez instantanée.

Et en fait, ce qu'on observe, c'est ce transfert, finalement, de ce qu'on appelle la bordélisation, quelquefois, du débat à l'Assemblée nationale sur la voie publique. Et on voit bien que c'est une mission extrêmement compliquée pour les forces de l'ordre d'assurer la sécurisation, à la fois d'une manifestation, mais des regroupements en parallèle, qui sont des attroupements. Et on a l'habitude d'avoir des grandes réformes. Et puis, à la fin, quand la réforme est formée et votée, on passe à autre chose.

Là, on peut dire que le 49-3, bon, est passé, la motion de censure a été rejetée, donc on aurait très bien pu imaginer une opposition et une majorité qui se reparle et qui passe à autre chose. Ce n'est pas le cas. Et pour le maintien de l'ordre, c'est extrêmement compliqué à imaginer, la suite. Et on a l'impression qu'effectivement, un gouvernement qui est responsable d'un 49-3, alors qu'il avait dit que finalement, il n'y aurait pas de 49-3, mais ça serait plutôt un vote à l'Assemblée, c'est compliqué d'imaginer la suite.

Et pour le maintien de l'ordre, c'est aussi important de se mettre en perspective, parce que le maintien de l'ordre, ce sont des hommes et des femmes qu'il faut pouvoir mobiliser sur l'heure publique. Et que tous les soirs, c'est compliqué d'avoir des attroupements qui ne sont pas organisés. Il faut aussi assurer la sécurité, et aussi celle des réformes. Comment ils se retrouvent alors, ces gens ? Ils se retrouvent au travers des réseaux sociaux, c'est aussi des appels aux réseaux sociaux. Ce soir, rendez-vous, telle place, etc. Par exemple, ce soir, on a déjà le rendez-vous pour 19h, oui. Il y a un rendez-vous ce soir, déjà à 19h. Oui, à la République.

Et donc ça, c'est extrêmement compliqué d'organiser, parce que vous avez une tension sur les forces de l'ordre, qui est une tension qui est quand même relativement importante, et ça donne lieu, c'est vrai, à une espèce de bordélisation sur la République, où y compris, quelquefois, policiers et gendarmes sont un peu dépassés sur la conduite à tenir. C'est pour ça qu'on parle des NAS, etc. Les NAS, c'est quand les policiers encerclent les fauteurs de troubles. Oui, mais ce n'est pas forcément des fauteurs de troubles. Ce sont des individus qui se sont retrouvés pour manifester, mais sans déclaration.

Alors bon, ça pose le problème des commerçants qui ne peuvent plus travailler, des riverains qui ne peuvent plus sortir, et ils ne savent pas forcément comment gérer cette situation. Et puis après, vous avez les casseurs qui se mêlent à ces attroupements qu'il faut pouvoir aller interpeller. Donc ça donne des situations compliquées. Quand c'est une fois par semaine, on se souvient des Gilets jaunes, c'était un samedi, on savait qu'il y allait quelquefois avoir ce qu'on appelle le désordre acceptable. Et puis ma foi, bonheur, malheur, samedi soir, vers 23h, tout le monde était à la maison et puis les policiers rentraient. Là, c'est quasiment tous les soirs.

Et donc, dans la durée, ça va être compliqué aussi longtemps qu'on va avoir un blocage gouvernemental politique. Pour terminer, on voit bien que la défaillance politique, elle a une répercussion directe sur la sécurité publique. Oui, Cécile Candidé ?

12:14
Invité

Je pense que la différence quand même avec les précédentes réformes des retraites, c'est qu'on a un cumul de deux choses. Normalement, quand le texte est adopté, il y a toujours une manifestation après l'adoption. Alors, il n'a pas été voté, il a été adopté par le 49.3, mais même, en général, il y a toujours une mobilisation après et elle est beaucoup en reflux. Et là, elle n'était pas en reflux. Donc, on a une mobilisation qui reste très forte. Et le gouvernement pariait sur le fait que c'était en reflux.

Et on a, en plus, un début de violence qui peut ressembler quand même, même si on n'y est pas encore, à ce qu'on a connu au moment des Gilets jaunes, en tout cas, quelque chose de très incontrôlable. On n'a pas encore des grandes cases de vitrine, de façon systématique, dans Paris, avec du coup, un mouvement des commerçants qui disent « Stop, on n'en peut plus ». Mais on sent quand même que ça devient incontrôlable. Et c'est, je pense, l'accumulation de ces deux choses qui mettent aujourd'hui le...

13:07
Présentateur

Alors, hier, les manifestations se sont donc transformées en échauffourées dans plusieurs villes du pays. La mairie attaquait à Bordeaux un commissariat incendié à Lorient. Des banques et des magasins saccagés à Paris. Ce matin, le ministre de l'Intérieur joue la fermeté. Selon lui, un point de bascule dans la violence a été atteint la nuit dernière. Sujet de Anne Macquignon, Mathieu Lignot et Diane Cacciarella. Le porche de l'hôtel de ville de Bordeaux, enflamme, incendié par une dizaine de manifestants hier soir. Quelques minutes plus tard, le maire de la ville, très touché, vient constater les dégâts.

13:49
Invité

Je suis particulièrement choqué, attristé et indigné qu'on s'en prenne à la maison des Bordelais. Je ne vois pas quel est le sens d'un tel acte criminel et je suis naturellement tout à fait choqué. Des tensions qui montent d'un cran dans les cortèges.

14:10
Présentateur

Affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants à Rennes. Tribunal administratif de Nantes saccagé, commissariat attaqué à Lorient. Et presque un millier de feux de mobilier urbain et de poubelle à Paris. La maire de la capitale demande à l'État un geste d'apaisement.

14:35
Invité

Maintenant, si on veut apaiser le pays, il n'y a pas 36 000 solutions de s'en sortir. Il faut rétablir le dialogue. Et le dialogue ne peut pas se rétablir en faisant fi d'une situation qui est une situation explosive et très chaotique.

14:55
Présentateur

Un chaos inacceptable pour la première ministre. Gérald Darmanin dénonce, lui, une radicalisation du mouvement.

15:02
Marine Le Pen

Je voudrais d'ailleurs ici dénoncer le cynisme. Et je l'ai déjà évoqué, la bordélisation souhaitée par une partie de l'extrême gauche et par l'ultra-gauche qui a organisé ici un appel à brûler des bâtiments publics. Là, des appels au meurtre contre les policiers et contre les gendarmes. Nous savons désormais, nous avons pu documenter que l'ultra-gauche est derrière une grande partie de manifestations violentes.

15:24
Présentateur

Des violences que dénoncent aussi les syndicats. Inqui que le sujet de la contestation soit occulté. Tout le monde est inquiet, je crois, là. Ce matin, parce qu'il y a eu des violences qui sont inacceptables et qu'on n'arrive pas à comprendre. Quel est le sens de tout ça ? Je ne comprends pas. Mais évidemment qu'il n'y a pas de sens quand la violence commence à prendre le pas. Mais dans ce cas, il faut calmer le jeu, maintenant, avant qu'il y ait un drame. Une inquiétude, alors que la neuvième journée de mobilisation a été massive. Plus d'un million de personnes dans les rues, selon le ministère de l'Intérieur. Des cortèges regonflés par l'usage du 49-3.

Et dans la foule, des nouveaux visages, plus jeunes. Selon un sondage d'hier, près de la moitié des Français sont favorables à un durcissement du mouvement. Dans les cortèges, certains manifestants pacifistes comprennent les débordements.

16:17
Invité

C'est désolant de voir la ville qui se fait dégrader totalement, mais on n'a pas le choix.

16:22
Présentateur

Les syndicats se défendent d'avoir prévenu le gouvernement de ne pas être en mesure de contenir la colère. Loin des cortèges, en déplacement au Conseil européen, le président condamne à son tour les violences. Nous ne cèderons rien à cette violence. Rien. En démocratie, on n'a pas le droit à la violence. Le président en profite aussi pour tendre la main à l'intersyndicale. J'ai moi-même, mercredi, indiqué notre disponibilité à avancer sur des sujets comme l'usure professionnelle, les fins de carrière, les reconversions. Et donc je suis totalement disponible, ainsi que le gouvernement, pour avancer tout de suite sur ces sujets. La prochaine mobilisation aura lieu mardi.

En attendant, les syndicats appellent à poursuivre les blocages tout au long du week-end. Alors, Cécile, quand on a eu des questions, téléspectateurs, les Black Bloc, c'est qui ? C'est quoi ? Même si dans la manifestation, on a vu qu'il y avait des lycéens qui disaient, en fait, on n'a pas le choix. Il faut être violent à un moment pour se faire entendre.

17:18
Invité

Il y a une addition de plein de populations différentes. Les Black Bloc, Gérald Darmadin a dit qu'il y en avait 1500 à Paris hier. Au gouvernement, il parle de plus, de 15, 10, 15 000. Donc c'était très impressionnant dans la manifestation. Ce sont des jeunes très engagés politiquement, anticapitalistes, qui veulent casser la République. C'est les mêmes qu'on avait quand le mouvement des Gilets jaunes est passé dans la violence. C'est exactement les mêmes. Ceux qui vont le soir, qui descendent en groupe dans Paris pour faire des feux de poubelle, et parfois aussi pour des moments festifs, des apéros dehors, j'ai vu. C'est un drôle de mélange. Ceux-là, ils ne sont pas politisés.

C'est des jeunes qui, alors c'est très anti-macroniste, c'est très... Ils ne nous écoutent pas. C'est le peuple qui veut reprendre la parole. C'est sur ces thématiques-là, plus que sur la retraite elle-même. C'est sur la question démocratique, je dirais, comment on...

18:18
Présentateur

C'est en ça où le 49-3 a fait entrer les jeunes dans la contestation.

18:22
Invité

Alors, c'est aussi parce que les épreuves du bac sont passées. Et là, il y avait beaucoup de lycéens, parce que c'était lundi et mardi, et du coup, jeudi, ils étaient libres. Mais oui, le gouvernement pensait que ça calmerait, malgré le 49-3, la mobilisation, parce que le texte était adopté, et en fait, ça a été l'effet inverse. Après, pour le gouvernement, on voit Gérald Darmanin et Elisabeth Borne, et Emmanuel Macron dans son interview mercredi, qui veulent jouer la carte du parti de l'ordre, comme il l'avait fait. Et ça en était bien sorti après les Gilets jaunes, en disant, moi, je suis le garant de la sécurité dans le pays. Donc, on voit des images un peu martiales.

Mais c'est plus compliqué aujourd'hui, pour une raison, c'est parce que quand vous regardez dans les sondages, quand on demande aux gens qui est à l'origine de la dégradation du climat, eh bien, ils ne disent pas les manifestants, et même les black blocs, ils disent le gouvernement.

19:16
Présentateur

Driss Haït Youssef, question de Christophe dans le Loir-et-Cher. Pourquoi n'entend-on jamais parler d'arrestation de black blocs ? Sont-ils insaisissables et impossibles à identifier ? Si, alors d'abord, black blocs, c'est une technique, un bloc noir. Et donc, on a dans ce bloc noir des individus habillés en noir. Et dans ces individus habillés en noir, vous avez des expérimentés, ceux qui constituent ce qu'on appelle le noyau dur, les leaders qui sont formés, rompus à ces techniques, effectivement, de violences urbaines et des spécialistes pour, effectivement, de l'échappatoire.

Et puis, ceux qui gravitent autour, qui sont, quelquefois, c'est vrai, vous l'avez dit très justement, des jeunes lycéens, des, quelquefois, sans emploi, etc. Et donc, ceux-là même, c'est ceux-là qu'on attrape les premiers. Ah, c'est eux qui se font prendre ? Oui, bien sûr. C'est gentil. Mais on a vécu ça aussi pendant les gilets jaunes. On voyait, effectivement, des interpellations d'individus qui venaient de province, qui étaient venus en RER, qui étaient venus en train, qui n'avaient aucun passif judiciaire, qui s'étaient fait prendre, effectivement, par les policiers. Et là, c'est à peu près la même chose.

Et donc, ces black blocs, il y en a qui sont interpellés, il y en a qui sont connus, il y en a qui sont fichés par les services de renseignement, il y en a qui sont suivis. Mais on ne peut pas interpeller de façon préventive. Ah, non, non, non. Une personne soit en train de commettre, soit prise sur le fait. Voilà, vous ne pouvez pas interpeller un individu parce qu'il est habillé en noir. En revanche, vous ne pouvez pas l'interpeller parce qu'il a sur lui, effectivement, une arme ou une arme par destination, une boule de pétanque, et puis on voit qu'effectivement, il va commettre des exactions contre les forces de l'ordre ou dégrader le bien public.

Donc, c'est aussi ça, la difficulté pour les policiers et les gendarmes, c'est-à-dire que d'appréhender ou de contenir ces black blocs dans ce qu'on appelle cette technique un peu d'encerclement, et de faire un peu un dispatching entre celui qui vient manifester paisiblement et celui qui vient casser la manifestation. Parce que l'enjeu aussi, c'est de préserver le message politique, l'expression des idées et des opinions communes des manifestants pour essayer de faire en sorte que cette manifestation soit la plus pacifique possible.

Oui, Caroline Michel-Aguire, Amnesty International dénonce les méthodes de la police, à la fois par les interpellations qui permettent de réduire le nombre de manifestants, mais aussi même de violences. Et c'est vrai qu'on a vu des vidéos qui circulent sur des méthodes très musclées, on va dire, de la police. On parle beaucoup d'un risque d'une bavure. On évoque le souvenir de Malik Ousekine. C'est ce qui pend au nez du gouvernement si les violences devaient continuer dans les jours à venir ? J'espère pas. Voilà, j'espère pas. Cependant, ce qui me frappe dans la discussion qu'on a, c'est que tout ça ne date pas d'hier.

Tout ça, on le dit depuis 2019 et depuis les Gilets jaunes, et les organisations internationales le disent depuis 2019. La France, aujourd'hui, est une espèce de cas à part dans la gestion des mouvements de foule, des mouvements de foule d'ultra-gauche. Il y en a depuis la fin des années 90, depuis une vingtaine d'années. Il y en a eu dans tous les pays d'Europe.

Et nos voisins européens, en particulier en Allemagne, mais ailleurs aussi, dans les pays scandinaves, ont essayé de développer ce qu'on appelle en particulier en Allemagne une stratégie de désescalade, c'est-à-dire une manière d'aller à la rencontre des manifestants, des éléments les plus radicaux, pour essayer de discuter, de négocier, d'être en amont, etc. Le fait est qu'en France, depuis trois ans en particulier, depuis les Gilets jaunes et surtout à Paris, avec le fait que les LBD soient toujours dans les manifestations, toujours utilisées par les forces de l'ordre, les grenades de désencerclement qui sont... Une femme a perdu son pouce en la ramassant.

Voilà, qui sont interdites en Allemagne. Les braves qui sont quand même... Alors les braves, c'est quoi ? On les a vus, ce sont des forces de l'ordre motorisées, c'est ça ? C'est-à-dire brigades de répression anti-violence motorisées.

Alors la particularité du maintien de l'ordre aujourd'hui en France, qui pose le plus problème de l'avis des spécialistes qui ont écrit sur le sujet, c'est le fait qu'on fasse appel à des gens, des policiers, qui ne sont pas spécialisés là-dedans, et qui ne sont pas formés pour les policiers de la BAC, et ces braves qui ne sont pas des CRS, qui sont des unités motorisées, qui se développent, qui se déplacent, pardon, et dont on entend souvent, il y a encore un papier dans le monde ce soir, une remontée de propos violents, discriminatoires. Et donc ça rappelle les voltigeurs ?

Voilà, alors le préfet dirait, les voltigeurs avaient le droit d'intervenir en roulant, les braves doivent descendre à pied, bon, ça c'est à la marche. Je dirais qu'on est de nouveau dans une stratégie au contact, et à partir du moment où on va au contact, le risque d'un dérapage de part et d'autre est possible, malheureusement, c'est un échec. Aller au contact, c'est un échec. Roland Quairol, question téléspectateur, si Macron cède maintenant, ne serait-ce pas donné raison à la violence ? D'ailleurs, il l'a dit cet après-midi, lors d'un sommet, nous ne cèderons rien à la violence. Il l'a prévenu.

24:20
Invité

Oui, c'est d'ailleurs le discours de tous les pouvoirs, dans ces cas-là. Et il n'y en a pas d'autres possibles. La République, la démocratie, ne peut pas céder devant des petites minorités violentes. Ça, il est dans son rôle présidentiel, gauche ou droite, gauche et droite. C'est normal. Et c'est vrai qu'on est dans une situation qui doit interroger les gens. Ils ont très bien expliqué comment ça fonctionnait. et c'est vrai que cette violence, enfin, qui n'a pas atteint ce que nous avons vu au moment des Gilets jaunes, on en est tout de même loin. N'exagérons pas. Parce que les images de feu à la télévision ou sur les réseaux sociaux, c'est évidemment très... Excessif.

C'est une poubelle qui est en train de flamber. Voilà, c'est quand même pas un grand danger pour la République. Mais enfin, ça crée un état d'esprit. Et quant aux policiers, c'est vrai qu'étant soumis toutes les nuits, et ça dure toute la nuit, tous les jours, tous les soirs, à ce genre de harcèlement, ils perdent de temps en temps un peu les pédales. Parce que les Braves, ils sont censés poser leur moto pour intervenir. Les images qu'on voit sur les réseaux sociaux, ils sont avec leur moto en train de courser les manifestants. On en a vu hier un qui semblait bien, bien, bien, bien, passer sur les jambes d'un manifestant. Ils en ont marre. Ils en ont tellement marre.

Ils sont tellement excédés que comme... Voilà, ça peut être considéré comme humain. Ils essayent de nous avoir. On va les avoir. Mais moi, je suis très frappé que des syndicats modérés de la police, je pense aux gens de SGP qui sont en général un syndicat qui fait très attention à bien respecter les valeurs républicaines, à se situer dans un arc raisonnable, ils disent qu'ils n'en peuvent plus. Et c'est ça qui est dangereux pour un pouvoir politique quel qu'il soit. C'est quand réellement, il y a des excès partout. Les excès provoquent encore plus de radicalisation.

J'entendais une des manifs il y a deux jours où les gens disaient libérer nos camarades comme s'il y avait des centaines de gens en prison. Il y a des centaines d'arrestations, enfin d'interpellations, mais la plupart ne terminent pas en prison parce que les interpellations, c'est comme le disait Dries, c'est celui qui court le moins vite, qui se fait attraper. Il n'y a en général rien à signaler. C'est très difficile.

26:44
Présentateur

C'est quand même 24 heures de garde à vue. C'est pas rien. Sans pouvoir donner de nouvelles aux proches.

26:49
Invité

Mais même les garde à vue ne sont pas aussi nombreuses. On met en avant les interpellations. Bon, voilà. Je crois qu'on n'est pas dans une situation totalement nouvelle, mais qu'il y a cette agrégation autour des Black Blocs. Et on reconnaît lesquels sont lesquels. C'est les anarchistes qui attaquent les agences bancaires tout le temps, par exemple. C'est une grande tradition qu'ils ont. Les agences bancaires, dès qu'ils en ont une...

27:11
Présentateur

Donc il suffit de regarder les devantures pour identifier les fauteurs d'autres produits. D'ailleurs, souvent, ici, il y a un A entouré d'un A. Mais les vitrines ne sont pas touchées. Dries Haït Youssef, sur ce que disait à l'instant... Les agences immobilières, désormais. Sur ce que disait à l'instant Roland Kérol, est-ce que les policiers en ont gros sous la patate estimant que finalement, le pouvoir, qui joue un petit peu la stratégie du pourrissement, du coup, leur demande d'assumer et de payer le prix de cette stratégie. On fait le dos rond et puis y casser, mais ça vous finirait par vous lasser. Certainement, bien sûr.

Aujourd'hui, on voit des policiers, y compris des gendarmes, qui en ont, pour dire les choses très franchement, un peu ras-le-bol. Et ça conduit, si vous voulez, quelquefois, des approximations, y compris sur le rôle des uns et des autres. Moi, pour avoir un peu étudié, par exemple, la Brave M, c'est la continuité de ce qu'on appelait les DART, les détachements d'actions rapides. Et aujourd'hui... La Brave M, ce sont ces policiers à moto.

Exactement, à moto, où ce sont derrière uniquement ceux qui sont derrière, qui sont ce qu'on appelle des compagnies d'intervention, qui viennent des compagnies d'intervention de la DOPC et de la préfecture de police, qui ont une formation pour un certain nombre d'entre eux, pour ne pas dire pour tous, beaucoup plus poussés qu'un CRS. Ils font, c'est vrai, du maintien d'ordre et du rétablissement d'ordre. Et au fait, quelquefois, ils sont envoyés sur des manifestations, pas quand elles sont pacifiques, mais quand on a des manifestations un peu tendues. Et donc, on est quelquefois dans deux registres.

La registre de la manifestation qui se passe bien, où on est en police administrative, les gendarmes mobiles, plus les CRS qui accompagnent la manifestation et qui sont là aussi pour protéger les manifestants. Voilà. Et puis, on est quelquefois dans des regroupements qui quelquefois partent à l'émeute. Et là, on n'est plus dans la manifestation, on est dans les violences urbaines et dans ce qu'on appelle la police judiciaire.

Et quelquefois, les Braves M, comme d'autres compagnies d'intervention, compagnies de sécurisation d'intervention ou les BAC, les brigades anticriminalis, interviennent pour mettre un terme à ces exactions, y compris contre les policiers et les gendarmes, pour les interpeller. Alors oui, il y a des dérives. Mais bien sûr, personne ne peut dire qu'il n'y a pas de dérive chez les policiers et les gendarmes.

Elles sont condamnables, éminemment condamnables, mais c'est vrai qu'il faut les ramener effectivement par rapport à ce qu'ils vivent un petit peu au quotidien, ce qu'il ne faut pas non plus excuser, mais en tout cas, essayer de les recontextualiser et quelquefois, des images qu'on voit ou des séquences qu'on voit sur les réseaux sociaux qui ne sont pas contextualisées du tout et qui quelquefois posent des difficultés.

Est-ce qu'on peut estimer que si la France a renoncé à accueillir Charles III, c'était aussi parce que nos forces de l'ordre ne sont pas extensibles à l'infini et qu'entre ces rassemblements spontanés, demain en plus, il paraît qu'il y a une journée de mobilisation contre les bassines dans les Deux-Sèvres, on envoie déjà énormément de CRS, il n'y avait peut-être plus assez de policiers tout simplement pour assurer les sécurités du déplacement du roi d'Angleterre ?

Il faut dire franchement ce qu'il y a, la capitale n'est pas dans un bon état non plus, donc on a quand même une mobilisation importante des forces de l'ordre, on a effectivement une capitale qui est sans-dessus-dessous, donc c'est extrêmement compliqué, y compris le symbole politique de l'avenue du roi, et donc c'est extrêmement compliqué pour le président de la République de l'accueillir dans ces conditions. Les Anglais, c'est à l'initiative de qui cette annulation du voyage ? De la France. Ah bon ? Mais on peut imaginer que les Anglais n'avaient aucune envie aussi d'envoyer leur roi au casse-pipe ?

30:18
Invité

C'est pas du tout dans la culture du monarque anglais de se coucher devant le peuple, on considère que, et c'est un petit peu comme ça, là c'est très critique la presse anglaise sur la décision d'Emmanuel Macron, mais il fallait effectivement, je pense, ménager les policiers, il y a quand même eu je crois 450 policiers blessés dans les manifestations d'hier, et il ne faut pas rappeler, il ne faut pas oublier de rappeler que eux aussi, même s'ils ont un régime privilégié parce que c'est un métier très fatigant, sont soumis à la réforme des retraites et vont devoir travailler deux ans de plus et ne sont pas contents de ça. Donc il ne faut pas leur en mettre...

30:54
Présentateur

C'est ce qu'il y a David Lebar, on oublie qu'on a nos collègues en civil dans les cortèges et qui manifestent contre la réforme aussi. Roland, Kérol, depuis tout à l'heure on parle, est-ce qu'on peut utiliser le mot « chien-lit » et est-ce qu'à un moment, d'ailleurs l'exécutif pourrait faire le pari de ce que l'opinion pourrait se retourner en se disant « bon, maintenant ça va bien, il y a trop de poubelles, il y a trop de casse, il y a trop de feu de poubelle, il faut le retour de l'ordre et tant pis pour la réforme des retraites. »

31:18
Invité

Non, je crois que pour « chien-lit » on a toujours dit ça,

31:23
Présentateur

depuis le général de Gaulle, ça a été beaucoup... Mais Laurent Berger dit « il faut garder l'opinion, c'est notre pépite ». Est-ce qu'il n'y a pas le risque de la perdre, l'opinion, face à ces images ?

31:31
Invité

Non, non. L'opinion, elle ne va pas se mettre à être pour l'allongement du temps de travail avant la retraite. Elle ne sera pas d'accord, il restera toujours une majorité absolue de Français contre cette réforme des retraites. Le problème est de savoir s'il y aura en même temps, puisque je le rappelais depuis le début, 80% d'entre eux sont aussi persuadés qu'elle sera appliquée, est-ce qu'il arrive un moment où les courbes se rapprochent et où la résignation prend qualitativement plus d'importance que l'hostilité ?

Si c'est voté, si c'est validé par le Conseil constitutionnel, on verra déjà chez certains syndicats l'idée qu'on ne va quand même pas continuer à se battre uniquement sur le thème des retraites alors qu'il y a plein d'autres problèmes graves qui se posent au pays, y compris pour le mouvement syndical, à discuter avec le pouvoir. Et est-ce que, c'est plutôt une sortie de crise de ce genre, mais pas un retournement de l'opinion, l'hostilité à l'allongement de la durée de vie au travail, elle restera là ?

32:37
Présentateur

Caroline Michel-Aguire, en tous les cas, Emmanuel Macron a fait un mauvais calcul en imaginant que le mouvement s'essoufflerait et que ça se terminerait. Est-ce que ça vous rappelle d'ailleurs, est-ce qu'il faut faire un parallèle avec ce qui s'est passé avec les gilets jaunes ? Aller à 2018, au début, on avait un Édouard Philippe droit dans ses potes en disant, droit dans ses potes, je ne retirerai pas la fameuse taxe carbone sur l'essence. Ce qui me frappe aujourd'hui, c'est l'isolement. Très, très marqué, je trouve, de l'exécutif, y compris de ses alliés naturels dans ce type de réforme, je dirais, gestionnaire, économique.

Je vais parler, alors, les LR, on en a beaucoup parlé, mais quand même, les Républicains, conservateurs, de droite, partis d'ordre, dont on pourrait imaginer même dans les reportages, y compris sur votre antenne, qui sont faits dans les quartiers les plus conservateurs, les gens disent, bon, on est d'accord sur le fond, mais la forme, la forme, ça ne va pas du tout. Donc, même dans les partis les plus d'accord, a priori, sur le fond, la forme, il y a quand même une condamnation.

Et moi, ce qui me frappe aussi, c'est le silence terrible du patronat, du Ménèvre, de Geoffroy Roux-Bézieux qui, dans vos colonnes, il y a deux jours, alors, je fais la pub pour les échos, dit, c'est quand même incroyable, laissez-nous négocier pour la suite. Qu'est-ce qu'a dit le patron du patronat à Emmanuel Macron ? Il a dit, évidemment, je vous traite un peu le propos,

34:19
Invité

mais laissez-nous faire parce que vraiment, votre méthode, ça ne marche pas. Et il y a six mois, il a dit, la réforme des retraites, ce n'est pas prioritaire.

34:26
Présentateur

Alors, justement, pour finir sur ce point, je pense que l'enseignement, s'il y en a un, il y en a deux. Un... Malika, dans l'Inde, je me permets de revenir sur la question, cette colère était tellement prévisible, surtout avec l'expérience des Gilets jaunes, comment Emmanuel Macron ne l'a-t-il pas vu venir ? Quand même, il a vécu les Gilets jaunes, il a bien vu qu'il a dû céder, il est avec sa voix blanche. Alors moi, je ne peux pas répondre à la place d'Emmanuel Macron. On peut juste l'écouter, dire qu'il a dit, c'est l'autorité de votre serviteur qui est aujourd'hui en jeu. Donc, visiblement, il en a fait un argument d'autorité. Est-ce qu'on pourra tous regretter ?

Il y a une chose, évidemment, le dialogue, la CFDT, d'avoir pensé que la CFDT plierait et la CFDT n'a pas plié. Mais l'autre chose, dans ce qui est discuté aujourd'hui, et c'est là où ils auraient pu embarquer et syndicat et patronat. Maintenant, Emmanuel Macron dit, on va parler carrière, pénibilité, formation, santé au travail, etc. Mais c'est avant qu'il fallait en parler. Parce que, pourquoi le patronat ne s'est pas mouillé pour cette réforme ? Parce qu'ils savent très bien qu'aujourd'hui, l'emploi des seniors au-dessus de 55 ans est à un niveau record en France. Donc, vous allongez deux ans le temps de travail, ça va faire deux ans de plus de chômeurs pour 46% des seniors.

Je vais un peu le vite, je mets ça. Or, les carrières, il fallait en parler avant. Donc, il y a vraiment un problème de méthode, de forme, même pour ceux qui étaient d'accord sur le fond. Drisset, tu sais, rebondir. Oui, il y a pour moi deux sujets. Le premier, c'est effectivement cette réforme des retraites. Ce qu'il fait, il l'a annoncé, c'est dans son programme. Pas que ça, il a 65 ans, il l'avait annoncé dans son programme présidentiel. Il peut considérer, à tort ou à raison, en tout cas, qu'il a été élu là-dessus. Mais la difficulté, en tout cas, telle que je la vois, c'est pour la suite. C'est-à-dire que ce n'est pas ce qui a été fait, c'est ce qui va être fait demain.

Et en termes de gestion, de maintien de l'ordre un peu au quotidien, c'est de voir, alors on dit qu'il n'y a pas de majorité pour renverser le gouvernement, mais enfin, il n'y a quand même presque pas de majorité pour faire voter une loi. Et donc, ce qui va se passer demain, c'est ce qui inquiète le plus les forces de l'ordre. C'est-à-dire que d'avoir effectivement un gouvernement qui est tétanisé par une crise dont elle n'arrive même pas à en sortir, et puis d'avoir un parlement ou en tout cas une majorité qui a du mal à se retrouver sur un projet et une opposition, elle est ce qu'elle est, mais en tout cas, elle est très forte et très virulente.

Et donc, pour les forces de l'ordre, c'est compliqué, étant entendu que vous avez... On est parti pour quatre ans comme ça. Bien sûr, et c'est ce qui inquiète. Alors justement, la question politique, après cette nuit de violence, la question de l'issue politique de cette crise se pose. Elisabeth Borne doit élargir la majorité, a dit le président, une mission qui semble quasi impossible au vu de la cacophonie qui règne dans la classe politique depuis plusieurs semaines maintenant. Sujet de Juliette Vallon, David Lemarchand et Stéphane Lopez.

37:14
Emmanuel Macron

On assume le 49-3

37:15
Marine Le Pen

quand sur le budget, quand sur les réformes des retraites, tout s'il fait.

37:20
Invité

Il suffit qu'un membre du gouvernement évoque le 49-3 pour mettre le feu au plateau de France 2.

37:30
Présentateur

Ambiance tendue hier soir, entre la majorité qui tente de calmer le jeu.

37:35
Emmanuel Macron

Dans les mobilisations, il y a un malaise, il y a une colère, il y a des gens qui disent je ne sais pas pourquoi exactement je suis là. Il faut l'entendre, je crois que c'est notre travail collectif, notre responsabilité collective.

37:44
Invité

Et l'opposition, déchaînée contre une seule et même personne, Emmanuel Macron.

37:48
Présentateur

On ne sait pas faire la police pendant une heure.

37:51
Emmanuel Macron

Je dis l'homme du chaos, il est là où celui qui a le choix de l'appelissement. Aujourd'hui, c'est le président Macron.

37:57
Invité

Emmanuel Macron est garant des institutions et il est garant d'une forme de paix sociale. Où est-ce qu'il est là, Emmanuel Macron ? Qu'est-ce qu'il fait ?

38:02
Emmanuel Macron

Sur la méthode, à l'évidence, il y a un problème. À l'évidence, il y a un problème et c'est la responsabilité du président de la République. Je pense qu'Emmanuel Macron est devenu aujourd'hui un facteur de désordre.

38:12
Invité

La séquence retraite, une crise politique dont tout le monde souhaite sortir vainqueur, a commencé par le Rassemblement national.

38:22
Emmanuel Macron

La question que vous nous posez est comment cela va se terminer. Je pense que cela va se terminer par notre arrivée au pouvoir.

38:29
Invité

Depuis le début de l'examen du projet de loi, objectif exemplarité pour le RN. La stratégie du parti, pas un mot plus haut que l'autre dans l'hémicycle au moment des débats et une ambiance studieuse affichée par les députés.

38:42
Locuteur 4

On a l'impression qu'on attend des gens qui sont déjà en situation de souffrance ou d'inaptitude. On a l'impression qu'ils doivent attendre 62 ans alors qu'ils sont déjà inévités. Aujourd'hui, ils doivent attendre 62 ans. Donc c'est inévitable.

38:52
Invité

Vous savez, nous, on se prépare à l'alternance, on se prépare à gouverner en 2027, donc on est sérieux. Sérieux, avancent les troupes de Marine Le Pen, inexistants, leur rétorque leurs adversaires de la NUPES. À gauche, de l'autre côté de l'hémicycle, l'utilisation de l'article 49.3 pour faire passer la loi sonne clairement la fin d'un système politique. On arrive à la fin de la Ve République, en fait. Et je pense que ce qui est en train de se passer actuellement, c'est la fin de la Ve République. Et c'est ce que vous souhaitez ? Ah ben je pense que oui, parce que la Ve République ne dysfonctionne. Il y a une personnification du pouvoir qui est... On atteint la limite.

La NUPES, accusée par la majorité et le reste de l'opposition d'avoir suivi une stratégie d'obstruction commandée par Jean-Luc Mélenchon. Le présidentiel est clair ! Le leader de la France insoumise qui multiplie les apparitions ces derniers jours pour encourager ceux qui rêvent du grand soir. Il faut d'abord vous rendre compte que c'est une grande page de l'histoire sociale de France qui est en train de s'écrire. Les actions doivent se multiplier et je ne serais pas étonné que vous savez qu'il y a beaucoup de grèves reconductibles que ça finisse en grève généralisée.

Restent ceux qui n'ont pas réussi à trouver une position commune sur le projet de loi retraite et qui font pourtant partie de la même famille. Quelle place dans l'échiquier politique pour les républicains exsangue après le vote de la motion de censure ? Pour Rachida Dati, il faut réfléchir à un contrat de gouvernement. Ma famille politique est une famille de responsabilité. Nous avons le devoir de réformer ce pays et de le sortir du chaos. Et donc, moi, je considère aujourd'hui qu'on n'a pas d'autre choix que de trouver un accord politique avec le président de la République sur des textes structurants. La droite, qui se recentre sur le maintien de l'ordre.

Éric Ciotti, président des Républicains, affiche son soutien aux policiers face à la violence des manifestants.

40:47
Emmanuel Macron

Ces nervis veulent la terreur. Combien de temps encore allons-nous tolérer cette chien-lis ?

40:52
Invité

Pour sortir de la crise politique, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe appelle lui à une coalition pour élargir la majorité relative à l'Assemblée avec des LR et des élus de gauche qui ne se retrouvent pas dans la NUPES.

41:07
Présentateur

Cécile Cornudet, question de Gérard en Haute-Vienne. Ce mouvement social peut-il prendre fin sans un geste fort d'Emmanuel Macron ?

41:14
Invité

Il cherche un geste fort, Emmanuel Macron. La question, c'est qu'est-ce qu'un geste fort ? Est-ce qu'il peut y avoir un geste fort qui ne soit pas touché à la réforme des retraites ? C'est ce qu'il cherche en ce moment. C'est ce qu'il a commencé à esquisser dans son émission de télévision. Venez discuter avec moi du travail. C'est un sujet cher à la CFDT, le travail. On mettra ce qu'il faut sur la table. On peut vous donner du temps pour négocier. On peut travailler avec vous. Tout ce que vous voulez, en fait, qui ne soit pas la réforme des retraites. Pour l'instant, ça ne suffit pas, en tout cas, aux organisations syndicales pour pouvoir renouer le dialogue.

Donc, toute cette question, elle est autour de ce qu'on se disait tout à l'heure. Est-ce qu'un geste fort, c'est forcément un geste qui passe par un amendement à cette réforme des retraites et notamment au report de l'âge ?

42:01
Présentateur

Et Roland Quairol, est-ce qu'il y a quelque chose ? On a vu que Rachida Dati a fait des offres de service à Emmanuel Macron. Est-ce que ça pourrait être un remaniement ? Alors, pour l'instant, Elisabeth Borne est préservée, mais on voit bien qu'elle est en sursis.

42:13
Invité

Oui, elle est en sursis sans doute pour quelques mois quand même. On ne peut pas d'arrêt. Ou comme ça, changer les choses. Il y a un peu de décence dans la politique. Mais, au fond, il y a des choses qui pourraient être logiques. L'hypothèse d'Hati, Sarkozy, Copé, qui est... Attendez, Sarkozy, vous l'imaginez... Non, non, Non, c'est ce qu'il faut... Sarkozy. Ça veut dire... Sarkozy, lui-même, il a dit qu'il leur conseille de faire un contrat de gouvernement avec Macron. C'est cette ligne-là. Elle paraît très logique. Laissons tomber les 19 députés des Républicains qui sont tellement anti-macroniens qu'on ne peut rien faire avec eux.

Il reste une quarantaine de députés LR qui nous donneraient une majorité. Logiquement, c'est comme ça que ça pourrait se passer dans beaucoup de pays européens. On cherche à faire un contrat pour les années qui restent en se disant sans quoi ça va être épouvantable texte par texte d'aller grappiller des voix ici ou là à 49-3 de temps en temps. Mais ces choses qui sont logiques sont souvent impossibles à faire. C'est très compliqué. Imaginez Sioti à la tête de ce parti.

S'il accepte de se séparer d'un tiers de ses propres parlementaires alors que ça a été déjà peau de chagrin, qu'est-ce que retiendra l'histoire de la droite républicaine sur ce Sioti qui aura réussi à aller pour un plat de lentilles, etc. Donc les choses les plus logiques dans la mathématique politique sont probablement infaisables dans la pratique politique. Mais c'est probablement autour de ce genre de construction progressive puisqu'on ne peut pas le faire d'un coup, de construction progressive, d'aller rechercher des accords sur des lois. Du coup, il nous a expliqué qu'on allait fractionner les lois, saucissonner les lois. Des textes plus courts.

Oui, pas seulement plus courts, mais le texte sur l'immigration, il nous a carrément dit que ce serait plusieurs textes. Et en effet, il y avait des textes pour faire plaisir à la gauche, des textes pour faire plaisir à la droite. C'est n'a refusé. Voilà. Ça, c'est beaucoup plus compliqué à faire. Ou alors, il faut garder que les bouts de texte qui sont favorables à la droite.

44:18
Présentateur

Driss Haït Youssef, Roland Kérol disait la complexité de faire des accords avec des députés parfois insaisissables. Et c'est vrai qu'on a vu Yael Brown-Pivet à l'Assemblée dépasser par le chaudron et le brouhaha. Est-ce que la violence des mots qu'on constate à l'Assemblée nationale infuse dans la société et quelque part libère la violence dans la rue ? Vous avez l'impression ? Ah ben si, certainement.

Lorsqu'effectivement vous avez des parlementaires qui appellent à bloquer des établissements scolaires ou même encore lorsqu'on dit que le 49.3 est antidémocratique, vous envoyez quand même un message extrêmement fort à la rue ou en tout cas à ces individus qui sont plutôt des anarchistes et qui constituent ces black blocs et qui sont effectivement certains que cette Assemblée n'est pas représentative, cette Assemblée elle est antidémocratique et que voilà c'est leur projet le dépérissement de la société et qu'ils combattent à un moment donné une police ou des forces de l'ordre qui est un outil au service d'un État oppresseur. C'est aussi ça.

Et que quand il y a de la violence et que quand à un moment donné on a des parlementaires qui ne souhaitent pas l'apaisement, c'est ça aussi. Il y a des parlementaires qui ne souhaitent pas l'apaisement et bien ça en dit long sur effectivement l'ambiance sur la voie publique et ce qui va se passer ces prochains mois sur la voie publique encore une fois. Alors même si Caroline Michel-Aguire on sait que le Rassemblement national lui joue la carte de la respectabilité. Sur le plateau de Caroline Roux il y avait Jordan Bardella qui disait très tranquillement « Je pense que cela va se terminer par notre arrivée au pouvoir ».

Oui, cette phrase était extrêmement marquante par la tranquillité qu'il a exprimée. Bon, tous les commentateurs politiques de France sont payés pour savoir que ça se passe rarement comme c'était prévu. Donc bon, ce n'est pas parce qu'il le dit que ça va se produire. Néanmoins, dans le contexte actuel, on n'est pas sûr que ce soit la gauche qui gagne au passage. On sait que les Républicains essayent de ne pas être dissous dans ce qui est en train de se passer raison pour laquelle ils sont très peu tentés collectivement par un accord de gouvernement pour deux raisons.

D'abord parce qu'ils ont vu ce qui s'est passé au Parti Socialiste pendant le premier quinquennat et qu'ils ont aussi vu la manière dont Emmanuel Macron traitait ses alliés ou ses ralliés et souvent en les humiliant. Donc il reste le Rassemblement National comme vainqueur potentiel de la séquence avec cette volonté de jouer deux marqueurs.

Un, l'opposition, le peuple ce qu'a très bien fait Jordan Bardella hier en ayant des propos très proches de la gauche sur le fond à certains moments et en essayant d'incarner l'ordre ce que n'incarnent pas du tout pour le coup les insoumis et en tenant ces deux bouts en disant nous sommes la voix du peuple mais nous sommes aussi la voix de l'ordre d'essayer de remporter la mise. Maintenant il reste 4 ans 4 ans c'est long donc on verra bien. Alors cette crise politique française est très scrutée à l'étranger particulièrement en Europe.

L'Europe où des mouvements sociaux émergent dans plusieurs pays en Allemagne, au Royaume-Uni par exemple les syndicats manifestent massivement pour réclamer des hausses de salaires sujet de Juliette Perrault et Erwann Illion.

47:36
Invité

Des manifestations violentes ont paralysé une nouvelle fois la France aujourd'hui. Ces images montrent à quel point la tension est montée dans les rues du pays. La journée a été marquée par des heurts entre la police et les manifestants. L'actualité française commentée dans toutes les langues à la une des journaux télévisés européens. partout les mêmes images déchauffourées entre la police et les manifestants et des français toujours dans la rue malgré l'adoption à l'Assemblée de la réforme des retraites. Une résistance qui fait presque des envieux de l'autre côté de la frontière chez nos voisins belges. Ici, l'âge de départ est fixé à 65 ans, 67 ans à partir de 2030.

Alors la mobilisation française est suivie de près. Je crois qu'ils doivent rien lâcher parce que nous on a lâché et maintenant on a la pension à 67 ans. Ce journaliste belge couvre le conflit social pour la principale chaîne du pays.

48:33
Présentateur

En voyant ce qui se passe en France on se demande si nous on leur on est contestateur peut-être que la France c'est carrément révolutionnaire. Ce qui se passe pour le moment ça dure depuis plusieurs semaines et je pense que c'est aussi pour ça que ça intéresse les Belges.

48:44
Invité

Des Belges mais aussi des Allemands qui semblent inspirés par les Français. Outre Rhin les aéroports ont été touchés pendant plusieurs semaines par des mouvements reconductibles.

48:54
Présentateur

En toile de fond des revendications salariales.

48:57
Emmanuel Macron

La grève d'aujourd'hui est une grève du service public donc cela inclut aussi les aéroports bien sûr.

49:05
Invité

Nous demandons 10,5% d'augmentation de salaire.

49:11
Présentateur

Une escalade de la grève basée sur le modèle français dénonce l'association des aéroports ADV. Écoles

49:18
Invité

hôpitaux postes trains les syndicats choses rares en Allemagne font même front commun. D'un côté

49:25
Présentateur

EVG qui représente les salariés des compagnies ferroviaires. De l'autre Verdi qui défend les employés des services publics.

49:33
Invité

Tous les deux demandent des augmentations conséquentes de salaire 12 et 10,5%. Le mouvement unitaire appelle à une nouvelle journée de mobilisation ce lundi dans les transports. Le message est sans ambiguïté frappé fort quelles que soient les conséquences économiques.

49:49
Présentateur

Cette journée de grève aura des effets massifs. Nous en sommes conscients mais elle est nécessaire.

49:57
Invité

Des syndicats en première ligne aussi dans un autre pays le Royaume-Uni. Ici comme en Allemagne la culture de la grève n'est pas vraiment établie mais c'était sans compter sur la flambée des prix de l'alimentation et de l'énergie devenu intenable pour des milliers de Britanniques. Sur les chaînes de télévision du pays les représentants des salariés sont excédés.

50:19
Présentateur

40 000 de nos fonctionnaires fréquentent les banques alimentaires 45 000 touchent des prestations sociales ces mêmes prestations qu'ils gèrent pour les autres. Les autorités n'ont que du mépris pour nos travailleurs et c'est pour cela que nous faisons grève. Après des semaines de mobilisation un accord est enfin en vue avec les employés du système de santé sur les hausses de salaire. Reste à préciser les choses dans le secteur des transports et pour les enseignants encore dans la rue la semaine dernière.

50:50
Emmanuel Macron

Je suis entré dans l'éducation en me disant je vais rendre ce qu'on m'a donné je vais vraiment

50:55
Présentateur

aider les étudiants mais aujourd'hui je me sens détruit je suis déprimé vous essayez d'aider tous ces gens mais en retour vous êtes payé une misère.

51:06
Invité

Des manifestations qui commencent à apporter leurs fruits là aussi preuve si les britanniques en doutaient que la rue

51:12
Présentateur

peut faire bouger

51:12
Invité

les lignes y compris face à des gouvernements conservateurs.

51:18
Présentateur

Cécile qu'on a eu des questions de Jacqueline dans les Pyrénées-Atlantiques et si la manifestation contre cette réforme des retraites en France inspirait le reste de l'Europe on voit que dans tous les pays européens il y a une colère qui monte face à ce travail face à ces salaires qui ne payent pas.

51:33
Invité

Oui je dirais que la différence alors on voyait effectivement dans le reportage une comparaison avec l'image française tellement connue de la grève mais la vraie différence elle est sur le sujet en Angleterre en Allemagne c'est sur le pouvoir d'achat en France le pouvoir d'achat a quand même été beaucoup aidé pour le coup par le gouvernement avec les boucliers tarifaires avec les ristournes ce qui n'a pas été le cas dans les pays voisins en revanche il y a quand même un problème de pouvoir d'achat en France et ça donne sans doute l'arrière fond de mécontentement qui explique aussi pourquoi la réforme des retraites a été vécue comme une injustice totale parce que les gens ont déjà le sentiment de se serrer la ceinture mais en tout cas c'est pas c'est pas exactement le même sujet et avant même les grèves françaises en Angleterre ça avait été particulièrement ces derniers mois violent sur cette question du pouvoir d'achat

52:28
Présentateur

Roland Quairol est-ce qu'on peut les comparer ces contestations dans la rue en France et à l'étranger ou est-ce qu'il y a une spécificité française selon vous ?

52:37
Invité

la spécificité d'abord c'est la revendication passé à 64 ans à part les Suédois qui sont restés à 62 tous les pays d'Europe ont enfoncé ce plafond de verre donc on regarde avec surprise parfois avec envie ces français qui essayent de ne pas monter jusqu'à 64 alors qu'ils sont souvent entre 65 et 67 ans d'âge légal de la retraite il y a ensuite l'habitude dans les médias européens de se moquer des français pour un certain nombre de travers habituels et notamment notre capacité à nous prendre pour des révolutionnaires à foutre le bordel etc.

donc il s'en donne un petit peu à cœur joie alors c'est vrai aussi qu'il y a ce problème du pouvoir d'achat mais je crois qu'il existe en France je crois qu'il est aussi important dans les mobilisations aujourd'hui que la retraite je crois qu'en fait il y a trois courants qui aujourd'hui font la spécificité française c'est un la retraite deux le pouvoir d'achat trois la politisation Macron ça suffit c'est à dire ça a déjà eu lieu je le disais pour Sarkozy mais c'est ça qui fait un cocktail particulier et qui intéresse très souvent nos voisins notamment cette accusation que nous vivrions dans une dictature un régime autoritaire un régime qui devient illibéral et ce fameux 49-3 49-3 les gens sont contre le 49-3 80% en France et ils sont absolument incapables de dire de quoi il s'agit quand vous les interrogez il faut que les instituts de sondage qui posent la question essayent d'expliquer en trois lignes de quoi il s'agit pour demander aux gens s'ils sont pour où c'est le synonyme du passage en force maintenant on l'a bien compris mais ça n'est pas un passage en force c'est un passage c'est comme si je vous disais je suis le gouvernement là j'ai un texte auquel je tiens absolument ça fait partie de mon ADN donc vous ne voulez pas de ce texte vous vous débarrassez de moi en même temps et l'affaire est liée et on renvoie la responsabilité au Parlement ça a été inventé au moment de la constitution de la 5ème république pas par le général de Gaulle par Michel Debré et les représentants des grands partis de la 4ème république dont le parti socialiste et la démocratie chrétienne tous d'accord pour faire cette réforme il y a pire dans ce genre là chez nos voisins allemands en Allemagne quand vous voulez faire voter une motion de censure vous devez avoir à la fois comme chez nous la majorité absolue des députés contre mais en plus vous devez proposer tous ensemble un remplaçant voilà donc moi je veux bien c'est la dictature en Allemagne parce qu'il y a un article 37 voilà il y a eu une espèce d'exagération sémantique absolument incroyable qui font que je crois en toute bonne foi des lycéens de nos classes de première ou de terminale sont persuadés qu'on vit dans un régime autoritaire je ne propose pas qu'on leur offre des séjours chez Orban en Hongrie pour voir comment ça marche un régime autoritaire parlementaire mais enfin on n'est pas là allez tout de suite on revient à vos questions

55:39
Présentateur

alors Cécile Cornudet Pascal à Paris pose la question pourquoi Macron devrait-il reculer c'est le processus démocratique non c'est la question de la légitimité

55:52
Invité

oui c'est ce qu'il dit il dit il faut aller au bout du chemin démocratique et en plus aujourd'hui vu que le texte a été adopté et qu'on attend la décision du conseil constitutionnel c'est pas possible d'arrêter ce processus en réalité il faudrait aller maintenant jusqu'à la promulgation du texte et après à la limite faire un autre texte derrière pour le corriger mais c'est vrai qu'on est dans un chemin démocratique que normalement on ne peut plus arrêter jusqu'à la promulgation

56:21
Présentateur

Caroline Michel-Aguir question de Sylvain dans la Sarthe avec qui Elisabeth Borne peut-elle construire une majorité élargie dans ce contexte puisque c'est ce que lui a demandé Emmanuel Macron on a déjà un peu répondu à cette question tout à l'heure les alliés naturels auraient dû être les républicains qui sont d'accord sur le fond pour les deux tiers d'entre eux à l'assemblée mais pas sur la forme qui par ailleurs ont déjà répondu massivement que ce soit enfin très clairement que ce soit Eric Ciotti ou Olivier Marlex qu'ils étaient contre un ralliement à Emmanuel Macron donc la seule chose qu'on peut attendre c'est éventuellement des débauchages individuels qui n'ont jamais cessé encore Eric Wörth il y a quelques mois est-ce que cela sera suffisant pour faire une majorité à l'assemblée on peut en douter mais sur cette question aussi de la légitimité on ne pourra rien faire enfin le gouvernement ne pourra pas avancer si Emmanuel Macron ne renoue pas avec une forme de popularité puisque la cinquième à ce site particulier que normalement le suffrage universel direct fait que nos institutions ont des outils assez directifs on dira mais qui reposent sur la popularité le lien entre le président de la république et le peuple on pourra faire tous les arrangements du monde tous les débauchages du monde tous les alliances de gouvernement du monde si Emmanuel Macron n'arrive pas à convaincre le reste des français qu'il est à leur écoute et qu'il est l'expression

57:59
Invité

de leur volonté ça va être très très compliqué Je peux compléter ? Pardon Elisabeth Borne elle elle est contre le schéma Sarkozy d'une alliance avec LR et même avec une partie de LR parce qu'elle dit si on fait ça on perd d'autant la gauche de notre majorité et donc c'est complètement bancal donc elle elle veut construire des majorités en fait texte par texte certains textes avec la gauche comme ils l'ont fait sur les énergies renouvelables c'était avec la gauche et sur le nucléaire c'était avec la droite

58:26
Présentateur

Drissette Youssef que risquent les casseurs qui perturbent les manifestations je précise que ça vient de tomber une dépêche AFP le conseil de l'Europe s'alarme d'un usage excessif de la force en France Oui après il faut regarder presque au cas par cas mais lorsque vous participez par exemple à un attroupement ce n'est pas illégal ce qui est illégal c'est de ne pas dégager la voie publique lorsque vous avez les trois sommations et puis après lorsque vous avez effectivement des feux de poubelle alors si on est pris en train de mettre un feu de poubelle c'est un délit ça s'appelle un délit c'est une dégradation lorsque vous tapez un policier c'est une violence volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique etc.

donc là on a effectivement des qualifications quelquefois pourquoi on a des personnes qui sont en garde à vue je rappelle que les gardes à vue elles ne sont pas prononcées par l'officier de police judiciaire mais c'est le procureur de la République qui décide d'un placement de garde à vue et c'est à l'issue de sa garde à vue on a suffisamment d'éléments pour incriminer ou pour transférer le garde à vue auprès du parquet le faire juger pour l'acte qu'il a commis souvent et c'est heureux dans notre pays il n'y a pas suffisamment d'éléments donc c'est la parole de l'officier de police judiciaire ou de l'officier interpellateur prouver que c'est bien lui qui a commis la dégradation la parole c'est vrai d'un agent de police judiciaire ou d'un officier de police judiciaire elle vaut exactement la même chose il faut l'admettre que le gardé à vue et oui il faut des preuves et lorsque vous n'avez pas de preuves le doute doit bénéficier à celui qui est accusé donc c'est comme ça c'est parole contre parole quand un agent dit il m'a frappé ou il a mis un feu de poubelle c'est parole contre parole mais si vous n'avez pas suffisamment de preuves si vous n'avez pas d'autres témoins le procureur de la République il n'a pas de le procureur ou le juge d'instruction il n'a pas suffisamment de preuves pour déférer ou pour condamner mais c'est aussi comme ça lorsque vous avez effectivement un policier qui porte plainte contre un individu ou un individu contre un policier quelquefois c'est extrêmement difficile de démêler avec la situation de l'autorité judiciaire ou de la justice judiciaire telle qu'on la connaît aujourd'hui c'est-à-dire absolument débordée par un nombre phénoménal de dossiers qui lui arrivent au quotidien donc c'est vrai que c'est extrêmement compliqué donc oui il y a des interpellations il y a beaucoup d'interpellations quelquefois il y a des gardés à vue et des gardés à vue ce n'est pas forcément une condamnation Cécile Cornudet y a-t-il en ce moment des discussions secrètes entre gouvernement et syndicats c'est Jacques dans les Vosges on a vu un Laurent Berger ce matin sur RTL inquiet de ce qui...

1:00:50
Invité

Oui il a un petit peu bougé Laurent Berger jusqu'à présent il disait il faut le retrait du texte et maintenant il dit il faut une pause alors dans l'exégèse syndical c'est un bouger et le gouvernement a vu se bouger il l'a vu un peu comme une main tendue et il y a effectivement des discussions mais pour l'instant on voit qu'elle bute toujours sur cette question de l'âge de la retraite de 64 ans

1:01:12
Présentateur

Question de Christophe dans le Loir-et-Cher l'attractivité économique de la France va en prendre un sacré coup non ?

1:01:20
Invité

On va voir dans les mois qui viennent pour le moment elle a plutôt été en hausse ces deux dernières années d'après les mesures barométriques on est aujourd'hui le pays occidental qui attire le plus d'investissements étrangers alors est-ce que le fait de voir des poubelles brûlées à la télé ça change ça ? Je n'en suis pas absolument sûr si ça dure peut-être

1:01:42
Présentateur

David en Haute-Savoie est-ce vraiment si grave le report de la visite de Charles III ?

C'est affaire de symbole évidemment le monde entier nous regarde aussi à cause de l'arrivée de l'organisation des Jeux Olympiques 2024 aux Etats-Unis ils font un peu moins les malins depuis l'épisode du Capitole mais dans les journaux américains dans les émissions américaines c'est regarder et ce sont eux qui vont organiser les Jeux Olympiques l'année prochaine il y a un épisode qui a laissé beaucoup de traces aussi sans doute beaucoup plus que le report symbolique de la venue de Charles III c'est celui de la finale de la Ligue des Champions Merci de l'enquête Réal, Liverpool où la France enfin en tout cas la police française a complètement dysfonctionné il y a eu un rapport indépendant qui a été très très sévère à la fois pour la préfecture de police y compris pour Gérald Darmanin le ministre de l'Intérieur dont on a dit qu'il avait exagéré les faux billets la présence de faux billets et donc je dirais que ce qui est plus en cause c'est la capacité de la France à organiser pacifiquement une très grande un très grand événement très grand événement comme ces Jeux Olympiques plus que la venue d'un monarque qu'on aurait certainement pu comme vous l'avez souligné emmener à Versailles sans encombre Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission c'est la fin de ce C'est dans l'air vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir

1:03:26
Invité

Salut Axel la décision de bon sens c'est ce qu'a justifié Emmanuel Macron depuis Bruxelles après l'annonce du report de la visite de Charles III en France deux notes du renseignement territorial ont alerté hier le gouvernement d'un risque de radicalisation des actions avec notamment un appel à une grande manifestation le 27 mars à Versailles la sécurité on en parle avec celui qui en est chargé qui est chargé de l'assurer à Paris le préfet de police Laurent Nunez

1:03:51
Présentateur

voilà c'est à suivre dans C'est à vous je précise que tout le week-end France Télévisions est mobilisée pour le CidAction vous pouvez faire des dons par téléphone au 110 ou bien sur sidaction.org bonne soirée sur France 5 on se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air pour une seule

1:04:18
Locuteur

aussi les moeurs si les moeurs sont sur là pour une seule

Mobilisation, violences : Macron peut-il reculer ? #cdanslair Archives 2023 — Emmanuel Macron · Pourquijevote