MACRON : L'ARNAQUEUR
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 100 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15narrateurFait
« Le gouvernement ne parvient pas à marquer des points dans l’opinion, au contraire, il a perdu une nouvelle bataille cette semaine. »
- 0:30narrateurChiffre
« Six points de plus en une semaine, treize points de plus de Français opposés en quinze jours, c’est extrêmement important. »
- 0:45narrateurChiffre
« Près des deux tiers des Français approuvent la mobilisation, 64 %. »
- 1:15narrateurChiffre
« Selon les syndicats, ces manifs ont réuni deux millions de manifestants. »
- 1:30narrateurChiffre
« Le ministère de l’Intérieur estime, lui, qu’ils n’étaient “que” 1,12 million. »
- 1:45narrateurChiffre
« Les Français sont, d’après tous les sondages, très, très, très majoritairement opposés à la réforme des retraites. Répétons-le : ils sont près de 70 % à ne pas vouloir du tout de cette réforme. »
- 2:15narrateurFait
« Il y a également eu, en juin dernier, des élections législatives, où le parti présidentiel a pris la gigantesque tôle qui lui a fait perdre sa majorité absolue à l’Assemblée nationale. »
- 3:15narrateurFait
« L’Assemblée nationale disposera de vingt jours, maximum, pour examiner ce texte en première lecture. »
- 3:45narrateurChiffre
« Les femmes nées en 1972 verront leur âge moyen de départ augmenter de neuf mois en moyenne contre cinq mois seulement pour les hommes de la même génération. »
- 4:15narrateurChiffre
« Pour la génération née en 1980, l’effort imposé aux femmes par cette réforme est même deux fois plus important puisqu’elles partiraient huit mois plus tard contre quatre mois pour les hommes. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je sais aussi, que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. Le gouvernement ne parvient pas à marquer des points dans l’opinion, au contraire, il a perdu une nouvelle bataille cette semaine. Moi je crois qu’on a été très clairs pendant la campagne présidentielle, c’est peut-être même l’un des seuls sujets qui est ressorti clairement et nettement de la campagne présidentielle.
Ca ne veut pas pour autant dire que ce sera simple, ça ne veut pas pour autant dire que c’est populaire. Et ça change quand même la donne. Six points de plus en une semaine, treize points de plus de Français opposés en quinze jours, c’est extrêmement important et on voit cette semaine en plus une bascule d’un électorat qui jusqu’à présent était resté plutôt en soutien de la réforme.
Emmanuel Macron président des patrons on ne veut pas bosser pour toi. Ca donne une approbation de la mobilisation, que ce soit le soutien ou que ce soit la sympathie qui, lui aussi, progresse. Près des deux tiers des Français approuvent la mobilisation, 64 %.
On est au-delà de l’économique, on est au-delà des cadeaux à ses amis les nantis. Macron l’admet, lors d’un dîner il confie à son entourage : “Ce qui se joue, c’est l’autorité de votre serviteur.” Il y a donc eu, jeudi dernier, 19 janvier, à l’appel d’une intersyndicale, les premières grandes manifestations, très réussies, contre la nouvelle réforme des retraites que le président de la République Emmanuel Macron veut nous imposer.
Selon les syndicats, ces manifs ont réuni deux millions de manifestants. Le ministère de l’Intérieur estime, lui, qu’ils n’étaient “que” 1,12 million. Notons au passage qu’en de tels cas, la presse et les médias choisissent généralement de retenir le chiffre communiqué par le ministère, plutôt que celui des organisations syndicales.
Cela fournit une précieuse indication quant à l’idée que certains journalistes se font de leur métier. Pour autant, même les macronistes ont dû concéder, la mort dans l’âme, que la mobilisation a été exceptionnelle : près d’un Français sur 30 est descendu dans la rue et les manifestants ont le soutien massif d’une population qui, selon tous les sondages, est opposée à près de 70 % à la réforme des retraites. Est-ce que Macron va tenir compte de ces impressionnantes statistiques ou est-ce qu’il va plutôt continuer à se rouler dans son ahurissante arrogance ?
A votre avis ? Ça doit être B peut-être, je ne sais pas. Réponse B.
B est la bonne réponse. Le 19 janvier, le jour même où deux millions de manifestants défilaient partout en France contre sa réforme, il a donc très tranquillement redit, depuis Barcelone, sa “détermination” à mener ce projet à son terme. Ce n’est pas exactement une nouveauté : il fait le coup à chaque fois qu’il engage ce qu’il appelle une réforme.
Au mois de septembre 2017, par exemple, quelques mois après avoir été élu chef de l’État français pour la première fois, il affichait déjà, depuis New York, entre deux manifestations contre sa réforme du Code du travail, sa détermination à réformer. Car, expliquait-il, la démocratie, ce n’est pas la rue : une affirmation un peu hâtive, et qui faisait écho à celle de l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin déclarant en 2003 que ce n’était pas la rue qui gouvernait. En clair, le Parlement doit décider, la rue doit s’exprimer mais ce n’est pas la rue qui gouverne.
Dans la vraie vie, pourtant : la rue, en démocratie, est parfaitement fondée à se mobiliser, par exemple, contre les gouvernants qui abusent de leur pouvoir. Par ailleurs c’est la rue qui, par ses manifestations, a participé à l’obtention de nombreuses conquêtes sociales. Cette fois-ci, Macron a plutôt brandi l’argument de sa légitimité de président élu, en assurant qu’il avait clairement annoncé pendant sa campagne présidentielle qu’il réformerait les retraites, et que son élection l’autorisait donc à mener cette réforme à son terme, puisque les électeurs ont majoritairement voté pour lui en sachant qu’elle figurait dans son programme.
On ne peut pas non plus faire comme s’il n’y avait pas eu d’élection il y a quelques mois. Le chef de l’État nous prend donc, une fois de plus, pour des imbéciles. Car s’il a été élu au second tour de l’élection présidentielle de 2022, c’est pour la seule et unique raison qu’il était confronté au second tour à une candidate d’extrême droite.
C’est pour la seule et unique raison que des millions d’électeurs de gauche, profondément allergiques à son programme et radicalement hostiles à son projet de réforme des retraites, ont tout de même voté pour lui, la mort dans l’âme, pour empêcher l’élection de Marine Le Pen. Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. Lorsqu’il se prévaut de ce vote pour leur imposer une réforme dont ils ne veulent pas, et dont ils n’ont jamais voulu, même lorsqu’ils ont voté pour lui, Macron, sans surprise, insulte donc l’engagement de ces électeurs.
J’assume totalement. En passant, on rappellera aussi qu’ il y a quelques mois, il n’y a pas eu que l’élection présidentielle. Il y a également eu, en juin dernier, des élections législatives, où le parti présidentiel a pris la gigantesque tôle qui lui a fait perdre sa majorité absolue à l’Assemblée nationale : c’est ce qui explique pourquoi il gouverne, depuis, à grands coups de 49.3.
Ou, pour le dire autrement : à grands coups de passage en force. Mais surtout, on notera que ces déclarations d’Emmanuel Macron mettent en lumière l’extrême hypocrisie dont il fait preuve, lorsqu’il en appelle au respect des majorités. Car, comme on l’a dit : les Français sont, d’après tous les sondages, très, très, très majoritairement opposés à la réforme des retraites.
Répétons-le : ils sont près de 70 % à ne pas vouloir du tout de cette réforme. Cela fait une majorité beaucoup plus importante que celle qui a réélu Macron en 2022 pour faire barrage à l’extrême droite, et dont il se réclame aujourd’hui pour mieux imposer sa réforme. Mais pour le chef de l’État, dont le rapport à la démocratie est donc un peu élastique, cette majorité-là, celle des Français opposés à sa réforme, n’a manifestement aucune espèce d’importance… Très sincèrement, comme disait un de mes prédécesseurs : ça m’en touche une sans bouger l’autre.
De la même façon, lorsque les membres du gouvernement se félicitent bruyamment de l‘ouverture de ce qu’ils appellent le débat parlementaire autour des retraites, comme si ce débat était le gage d’une procédure démocratique exemplaire, ils se moquent de nous. Quand, par exemple, Olivier Dussopt, ministre du Travail, explique dans Le Journal du dimanche, trois jours après les manifestations du 19 janvier, qu’il faut aussi rappeler que le débat aura lieu au Parlement : c’est encore une fois de la poudre aux yeux. Car, comme l’a relevé Le Monde dans son édition datée du 22 janvier 2022, le gouvernement a trouvé, pour se prémunir contre la menace d’une obstruction de l’opposition de gauche, un article de la Constitution qui n’avait jusqu’ici jamais été utilisé pour une réforme comme celle des retraites.
Il ne s’agit plus, cette fois, de l’article 49.3, qui lui permet habituellement de passer en force, lorsque même le renfort de ses amis de la droite dite républicaine ne suffit pas à lui gagner une majorité à l’Assemblée. Il s’agit du moins célèbre article 47.1, qui est sans doute promis à un bel avenir, puisqu’il permet au gouvernement de raccourcir le délai accordé au Parlement pour l’examen d’un texte de loi.
Voilà, cadeau de Noël. Grâce à ce tour de passe-passe, destiné à leur faire passer l’envie de déposer trop d’amendements, les parlementaires ne disposeront donc que de cinquante jours pour examiner la réforme des retraites. Plus précisément : l’Assemblée nationale disposera de vingt jours, maximum, pour examiner ce texte en première lecture.
Ce n’est bien sûr pas suffisant, mais tant pis pour l’opposition : au bout de ce délai de vingt jours, quoi qu’il arrive, la version gouvernementale du texte sera transmise au Sénat et l’exécutif, précise encore Le Monde, ne sera pas obligé de garder les amendements éventuellement adoptés à l’Assemblée. Mais bien sûr, les macronistes, dont le chef se montre si prompt à prétendre qu’il a été démocratiquement élu par une majorité qui l’autorise à imposer aux Français une réforme dont ils ne veulent pas, se montrent insensibles à ce déni de démocratie. Ah mais je m’en fous en fait.
Ils peuvent ainsi continuer à mentir sur la véritable nature d’une réforme dont ils continuent de répéter qu’elle est juste et nécessaire mais dont on vient encore d’apprendre qu’elle allait, contrairement, là encore, à ce que prétend le ministre du Travail, pénaliser les femmes plus que les hommes. Car avec le recul de l’âge légal du départ en retraite, explique le journal Les Échos, qui n’est pas spécialement marqué à l’extrême gauche : “Les femmes nées en 1972 verront leur âge moyen de départ augmenter de neuf mois en moyenne contre cinq mois seulement pour les hommes de la même génération.” Pire encore, toujours selon Les Échos : Pour la génération née en 1980, l’effort imposé aux femmes par cette réforme est même deux fois plus important puisqu’elles partiraient huit mois plus tard contre quatre mois pour les hommes.
Le 25 novembre 2017, sept mois après avoir été pour la première fois élu président de la République française, Emmanuel Macron avait solennellement proclamé que l’égalité entre les femmes et les hommes serait la grande cause nationale de son quinquennat. Nous devons de manière intraitable restaurer cette dignité dont je parlais et faire changer la honte de camp. Pour cela, je me suis en effet engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Six ans plus tard, il impose, contre l’avis de près de 70 % des Français, une réforme qui pénalise lourdement les femmes : il sera difficile de trouver un meilleur résumé de ce qu’aura été le macronisme. Dans deux ans, au revoir monsieur dame, je serai à l’échelon 7, les mêmes sont élevés, j’ai ma cabane en Dordogne. La retraite faut la prendre jeune.
Faut surtout la prendre vivant. Ce n’est pas dans les moyens de tout le monde. Merci d’avoir suivi cette chronique, à jeudi prochain.
Emmanuel Macron