"On reçoit des patients qui ont 42 degrés de température. La clim peut sauver des vies"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Philippe Juventin. Merci d'être dans ce studio ce matin. Vous êtes professeur de médecine, chef des urgences à l'hôpital George Pompidou à Paris à quelques maètres de ce studio.
Vous êtes également député à l'air des hautes scènes et rapporteur du budget. Mais ce matin, c'est d'abord au médecin que je m'adresse. Vous avez entendu les propos du préfet de police de Paris hier soir.
Les hôpitaux parisiens sont saturés, dit-il. La situation est inquiétante, la pression monte. Que voyez-vous aux urgences à Pompidou ?
Depuis euh lundi, euh le flux de patient ne baisse pas et il a beaucoup augmenté hier. Il y a eu une pointe hier. Euh j'y étais jusqu'à 22h hier, j'y étais à 7h ce matin et j'y retourne après euh votre interview.
Euh les couloirs sont pleins, de patients plutôt âgés, mais euh ça commence en réalité à 50 60 ans désormais. des gens avec des hypermies très très fortes. Euh les SDF aussi qui sont qui arrivent avec 42 de température.
On a des capacité d'hospitalisation qui sont saturées pour pas dire dépasser. Dans mon service, j'ai 20 lit d'hospitalisation habituellement en plus du flux des patients des urgences et ce matin, nous avons 53 patients hospitalisés. Donc c'est vous dire qu'on est dans une situation de quand on dit saturation, c'est plus que ça.
Ils sont où ? Ils sont où les les 33 entre ? Ils sont dans des brancards, dans les couloirs ou sur desqu nous sommes allés chercher dans des chambres qui étaiit désaffecté de personnel dans les étages et on essaie de les entre guillemets caser, hospitaliser où on peut.
Donc c'est une situation extrêmement grave, extrêmement grave. On n pas eu de mort cette nuit mais on a des patients qui sont dans un état très précaire. Moi ma thèse, enfin c'est pas ma thèse, c'est tout le monde l'observe, c'est que probablement les gens qui meurent meurent avant d'arriver à l'hôpital.
Les pompiers, votre inquiétude, c'est ce qu'on ne voit pas. Alors, d'abord, mon inquiétude, c'est ce que je vis actuellement parce que déjà aux urgences, nous avons du mal à à avaler les flux. Il y avait 20 patients qui avaient toujours pas été vu à 7h du matin.
Euh ça c'est ma première inquiétude. Et puis la deuxième inquiétude, vous avez raison, c'est que dans les jours qui viennent, on va découvrir probablement à leur domicile des gens qui sont morts tout seul. Tout seul.
Quelle société qui laisse les gens mourir tout seul entre nous. C'est c'est quand même assez fou. Et qui sont très déshydratés.
Donc oui, on va avoir on a un pic de mortalité très probablement là depuis hier. Euh, il faudrait regarder les certificats d'essè, mais ça ça doit être possible de les voir dès aujourd'hui. Mais aujourd'hui et demain et après-demain, on va probablement avoir un afflux supplémentaire.
Un afflux supplémentaire des services saturés. Euh hier, le chef des du SAMU euh disait qu'il avait eu connaissance également de personnes qui sont décédées, une femme au moins, non pas de pathologie mais de l'extrême chaleur à l'intérieur même de chambre d'hôpitaux. C'est pas votre cas, je crois.
Non, l'hôpital mais de nombreux hôpitaux de France non seulement font face à cette saturation mais avec des moyens et dans des chambres qui ne sont pas rafraîchies. Alors, j'ai le j'ai la chance dans mon service des urgences d'avoir de la climatisation. Ce n'est pas le cas de toutes les chambres de l'hôpital, mais vous savez, la plupart des hôpitaux français sont des vieux hôpitaux, des bâtiments parfois même du début du 20e siècle, même avant pour certains, non climatisés.
Et puis il y a eu toute cette mode absolument délirante depuis 25 ans où dès que vous déposez un permis de construire, il fallait pas de climatisation. C'était le truc la climatisation nuit au climat. Enfin, elle nuit au climat, elle nuit d'abord à la santé, l'absence de climatisation.
Donc oui, il y a beaucoup d'hôpitaux français où il y a pas de clim mais il y a beaucoup de crèches où il y a pas de clim. Il y a beaucoup d'écoles la plupart où il y a pas de clim, il y a beaucoup de logements où il y a pas de clim. Et donc ça c'est une des leçons qu'il faudra tirer.
La climatisation, la question évidemment de l'extrême chaleur, des risques que prennent les uns et les autres. Première décision prise par le préfet hier, l'interdiction de consommation d'alcool dans la capitale aujourd'hui à partir de midi et de vente à emporter à partir de de 18h. C'était nécessaire ?
Ben, c'était indispensable. Mais je je dis au préfet de police qu'il a aussi deux autres décisions à prendre. Lesquelles ?
Il y a Solidèz qui est une grande manifestation musicale vendredi, samedi, dimanche, festival de musique en plein air sous sous le cagnard. Il y a également la marge des fiertés à Paris samedi. Franchement, c'est totalement déraisonnable. totalement déraisonnable compte tenu de l'état actuel de nos urgences et de nos hôpitaux où on est déjà sous l'eau, on a du mal à prendre en charge les patients qui nous arrivent déjà.
On va rajouter à deux risques supplémentaires. Je pense que tous les gens qui vont participer à la marche des fiertés et à Solides vont évidemment comprendre que c'est de l'intérêt général de ne pas faire ces deux faites. Ne venez pas en plus ajouter un risque à un risque qui est déjà avéré.
Vous demandez au préfet de police de Paris d'interdire la tenue de ces d'annuler ces deux manifestations. Écoutez, c'est deux sujets qu'on évoque depuis 48 he avec les autorités. Je dis très clairement au profet de police de Paris, ce n'est pas raisonnable de maintenir ni Solidèise ni la marge des fierté.
Je conçois toutes les difficultés de d'annuler tous ces problèm décision été prise à Lyon déjà à Lyon la marche de fierté a été annulée. Ils ont raison. Bah le préfet de Lyon a a été bien éclairé mais il y a pas que la marge de fierté.
Il y a Solides en 3 jours. Solides 3 jours. Et dans l'état actuel effectivement des des urgences, qu'est-ce que vous anticipez des jours qui viennent ?
On a dit depuis le début de cette crise que les corps étaient mis à rue d'épreuve, que l'incapacité à se rafraîchir la nuit et la nuit dernière a encore été insoutenable avait des conséquences parfois en décalé. Qu'est-ce qu'il faut anticiper ? On reçoit des patients qui ont euh 42° de température.
En gros, les deux cibles actuellement, ce sont les patients âgés parce que ils restent chez eux, personne s'occupe d'eux, ils sont abandonnés les malheureux et puis un jour, on se dit tiens, qu'est-ce qu'ils deviennent ? On les retrouve dans un état terrible. Donc ça signifie d'ailleurs que la première leçon, tout chacun a sa part du travail à faire, hein.
Les gouvernants doivent gouverner, les soignants soigner, mais vous ceux qui nous écoutent, dès que l'émission est finie, il faut qu'il se lève, ils vont taper à la porte du voisin et ils vont demander si ça va. Ils vont lui apporter une bouteille d'eau fraîche. Et quand vous voyez un SDF dans la rue, vous prenez une bouteille d'eau glacée et vous lui donnez.
C'est ça qu'il faut faire. Chacun peut jouer un rôle. Chacun peut jouer un rôle.
Il ne faut pas oublier. Et c'est très important le message que vous faites passer ce matin. C'est aussi la question d'aller s'occuper de ses voisins, de ceux qui sont seuls, des plus âgés et des SDF.
Bouteille d'eau glacé. Voilà. Euh ça si on fait pas ça, honnêtement, on est dans une société où la fraternité ne veut rien dire.
Moi, j'en peux plus de cette société de gens égoïstes. Donc, allez-y, vous avez chacun un rôle à jouer. [grognement] Et puis il y a un deuxième sujet. bien entendu, c'est que euh on va trouver dans les jours qui viennent des gens qui sont chez eux et qui probablement sont en train de mourir chez eux.
Donc euh vous pouvez réduire la mortalité en allant dès euh 9h de la taper chez le voisin. Euh le risque, il est là bien entendu. Alors je vous parle même pas du fait que les hôpitaux doivent annuler les patients qui sont programmés.
Ça il y a des annulations déjà aujourd'hui. Bah s'il y en a pas. Oui, il y en a bien sûr et il faut probablement continuer à en faire beaucoup plus parce que je regarde les urgences, vous avez compris les chiffres que je vous donnais.
Bah, il me faut il faut que je trouve ne serait-ce que pour l'hôpital Pompidou, mais c'est pareil partout en fait en Île-de-France, une trentaine de lit d'hospitalisation. Où est-ce qu'on les trouve ces lits ? On va pas les créer comme ça, on les trouve tout simplement parce qu'on annule des patients qui devaient venir.
Vraiment ce qui nous attend, c'est probablement il y a des morts qu'on a pas encore identifié qui sont chez eux comme je vous le dis mais il est probable que le pic de mortalité qui a dû avoir lieu hier il va se poursuivre pendant 2 tr jours minimum. Ce sont des, vous le disiez des gens qui ont qui qui ont des décompensations parfois de maladies chroniques. Ce sont également des arrêts cardiaque supplémentaires, y compris chez des plus jeunes qui se mettent dans des situations de risque.
Alors évidemment le jeune qui se met à faire du sport à 30 ans, il faut lui dire d'arrêter. Il nuit à sa santé et il nous pose un problème. Mais quand je dis des patients âgés, il y a beaucoup de patients âgés, beaucoup, c'est évident.
Mais il y a aussi des gens qui sont relativement peu âgés. Enfin, on a des cinquan aujourd'hui aux urgences qui souffrent de décompensations de leur maladie de base. Ils ont une insuffisance cardiaque, une maladie respiratoire qui décompense.
Mais il y a aussi des gens qui n'ont pas de maladie de base tout simplement qui sont en bonne santé mais qui quand ils ont 42 degrés de température font un coma font des convulsions et nous avons des gens qui probablement peuvent peuvent mourir uniquement d'hyperthmie. C'est-à-dire, il faut bien que les gens comprennent que la chaleur en elle-même, elle tue. C'est pas parce qu'on a on est on n' pas de diabète, on n' pas d'insuffisance cardiaque qu'on ne meurt pas d'hypertermie.
Si vous vous retrouvez en plein soleil et que votre température corporelle monte à 42° et que vous ne faites rien, vous allez mourir. Philippe Juvain, réquisition des d'un certain nombre d'étudiants en médecine, c'est une bonne chose. Moi, je prends tout, les étudiants en médecine, les postiers, tout est bon à prendre.
Vous voyez, je je suis assez assez assez assez facile. J'ai simplement besoin que les autorités prennent les bonnes décisions sur les grands rassemblements. Donc, je vous ai parlé de Solides et de la marche des fierté.
J'ai besoin que chacun aille taper à la porte du voisin et a donné de de de l'ordonner de l'eau ainsi qu'au SDF. Et puis nous avons besoin évidemment à très court terme de moyens supplémentaires de bonne volonté. J'ai rappelé tous les médecins qui ont un jour travaillé dans le service pour qu'ils viennent nous donner un coup de main.
Ils ont répondu à la certains nombre ont répondu dès ce matin 7h dès le premier message et bah ceux qui m'écoutent qui n'hésitent pas à m'appeler, on a besoin d' Ça c'est les besoins humains. Il y a aussi les besoins matériels. On parlait là à l'instant de la question de la climatisation mais même à très court terme.
Est-ce que vous avez suffisamment de matériel nécessaire ? Est-ce que vous avez vous disiez tout à l'heure qu'il fallait rafraîchir ce qui arrive. Euh, on l'a vu sur BFM TV l'autre jour, ces fameux lits dans lesquels on met des glaçons pour rafraîchir de manière immédiate et franche des corps surchauff.
Est-ce que ça vous avez les moyens, ça vous les avez ? Quand quelqu'un arrive à 42°gr, on le on le on le déshabille complètement, on le met dans une baignoire et on lui met de l'eau avec des glaçons pour avoir de l'eau à 5 10°gr. C'est la seule condition qui fait qu'à 42, il va passer, il va il va diminuer jusqu'à 37.
C'est comme ça qu'on sauve les gens aujourd'hui. Et dans les voitures de pompiers, dans les ambulances de pompiers, dans les premiers secours, il y a et dans la protection civile, il y a des baignoirs. Ce sont des baignoirs, on en a deux à Pompidou qui marchent full time.
Donc il y a un sujet de logistique pour avoir des glaçons. Donc là, on en a. Il faut que ce sujet soit absolument verrouillé.
Il faut pas qu'il y ait une rupture de glaçon. Il manquerait plus que ça. Euh et puis j'appelle également tous ceux qui vendent des climatiseurs à se rapprocher de l'épôté de chez eux ou de l'hôpital à côté de chez eux pour voir s'ils peuvent pas les les aider à en fournir.
Euh professeur Philippe Juvain, il y a aussi l'été qui vient. Nous ne sommes qu'en juin. Aujourd'hui, vous avez la main d'œuvre au max, c'està-dire que les gens ne sont pas partis en congé, les infirmières, les infirmiers, les médecins, il n'y a plus, il y a les équipes, j'allais dire normalement dans leurs effectifs globaux.
Est-ce que vous redoutez les futures canicules s'il y en a et on anticipe déjà qu'il y en est dans les semaines ou dans les de mois qui viennent ? Il est sûr que en hiver, on a l'épidémie de grippe qui arrive quand il fait froid et quand les gens sont en vacances d'hiver. Et les canicules, ça arrive plutôt quand les gens sont en vacances d'été.
Donc c'est sûr que en été, en hiver, nous avons peu de marge de manœuvre. Le problème, c'est notre capacité à réagir. Réagir en terme de personnel médical mais aussi paramédical, c'est une chose avoir des médecins.
Mais si vous n'avez pas d'infirmière pour ouvrir des lits d'hospitalisation, en fait les lits restent fermés. Donc c'est vrai qu'il y a la question de la climatisation, de la solidarité intergénérationnelle mais il y a cette question très très très claire. Moi ça fait des années que je vous dis une chose très somme, c'est qu'on ne forme pas suffisamment de personnel de santé.
C'està-dire que nous n'avons pas de marge de manœuvre. Pour vous donner un exemple, les anglais ont triplé enfin on pardon ont doublé le numérus closus doublé. Ils ont formé deux fois plus de médecins.
Nous on ne l'a pas fait. On a fait plus 15% 15 % en plus. 15 % et on s'est dit c'est formidable, on est des champions.
Non ça on est des champions mais il faut doubler le nom. le numérocus. En fait, la question qui se pose en France en matière de santé, c'est la même qu'en question budgétaire.
C'est l'absence de marge de marge de manœuvre. C'est ce que j'allais vous dire et j'y viens aussi à cette question du non investissement ou de tout ce qui craque. Aujourd'hui, vous nous parlez des urgences où vous êtes obligé, j'allais dire presque de faire des tri.
Alors aujourd'hui, ce sont des opérations que vous pouvez décaler pour pouvoir libérer des des lits. Mais au fond, le débat la semaine dernière sur la justice, il avait ce même cette même toile de fond qui est la question de la saturation et des choix qui sont faits et parfois dans l'urgence. Philippe Juvain, vous êtes également rapporteur du budget.
Quand vous entendez Emmanuel Macron hier soir qui dit "On a quand même, on s'est adapté. Est-ce que vous estimez que c'est le cas ? On s'est adapté à quoi ?
À au réchauffement climatique, dit-il. On a fait en sorte de s'adapter." Non, vous avez l'air de vous dire pas du tout.
Je suis un homme de science, je regarde les choses. Est-ce que tous nos hôpitaux sont climatisés ? Non.
Est-ce que les écoles sont climatisées ? Est-ce que les crèches le sont ? Est-ce que les épades le sont ?
Est-ce que les logements le sont ? Non. Donc c je crois même que jusqu'à une date très récente, le fond vert qui est ce fond qui permet de financer la transition écologique, je crois que le fond vert excluait le financement de lais.
Il exclu toujours, je vous le confirme. Je recevais hier la porte-parole du gouvernement Maon. euh qui s'en indignait et disait qu'à titre personnel a été favorable à l'idée effectivement que ce fond puisse également être ouvert à la climatisation des écoles notamment ou des épades.
Mais au moment où l'on se parle, ce fond vert ne peut pas être utilisé si il y a climatisation par les collectivités locales. Donc ben c'est une absurdité. Moi je mot Brjon est quelqu'un de très grande qualité que je connaisse, c'est un très bon ministre.
Je je dis simplement que les ministres ne sont pas là pour commenter l'actualité, ils sont là pour la faire. Donc euh on vient de s'apercevoir de cette idioci que le fond vert ne pouvait pas financer la climatisation dont nous avons besoin pour sauver des vies. Sauver des vies.
Bah dans ces cas-là, on change les choses ou alors ça ne sert à rien d'être élu. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc on ne s'est pas adapté et aujourd'hui, vous l'avez vu, le nouveau gouverneur de la à la euh de la Banque de France a alerté la Cour des comptes alerte à nouveau hier soir.
Alerte rouge sur les finances de la France. La dette qui ne fait qu'augmenter. L'objectif de 5 % sera vraisemblablement pas du tout atteint cette année.
Avons-nous les moyens là, vous êtes rapporteur du budget, de financer tous ces services publics qui craquent ? Euh non, puisque là aussi nous n'avons plus de marge de manœuvre et le le premier budget de l'État va devenir la la charge de la dette. C'est-à-dire qu'au lieu de mettre plusieurs dizaines de milliards tous les ans dans les hôpitaux, les écoles, la recherche, le futur, et bien nous les donnons à ceux qui nous ont prêté, à des fonds de pension américains par exemple qui nous ont prêté de l'argent.
En fait, nous sommes tenus tenus à la gorge par la dette qui est désormais hors de contrôle. La Cour des comptes, la Commission européenne considère que le déficit en fin 2027 sera de 5,7 % et probablement on sera au-dessus de 6 %. Pour que les gens comprennent, notre engagement il y a 1 an, c'était qu'au même moment fin 2027, nous aurions dû être à 4,1.
Tous ces chiffres ne veulent peut-être rien dire pour les gens. Et ça signifie quoi ? Ça signifie que la dette est hors de contrôle.
Elle est hors de contrôle. Ouais. Et le risque désormais, c'est que euh les gens qui nous prêtent de l'argent exigent des taux de plus en plus importants pour euh parce que il la leur confiance s'érode et c'est valable pour le budget de l'État comme pour le budget de la sécurité sociale.
C'est même plus grave pour le budget de la sécurité sociale ce qu'on appelle la COSEse euh avec un risque de liquidité, c'est-à-dire de gens qui nous disent "Finalement, on vous prête plus." Mais que on vous dise on ne vous prête plus ou on vous prête à des taux très importants, ça revient quasiment au même. Qu'on comprenez que les gens comprennent que comme les décisions ne sont pas prises et comme il y a des gens qui continuent à dire "Mais il y a pas de sujet de dette, il y a quand même des gens qui racontent cette petite histoire pour enfants." Euh le premier budget du pays désormais, c'est de payer ses dettes.
Bah quand vous êtes dans un ménage où la première dépense c'est de payer la dette, vous comprenez bien que vous êtes pas en état de faire aucun investissement. Les intérêts de la dette cette année, ça sera déjà plus rien que les intérêts de la dette, plus que le budget de l'éducation nationale. Une question d'ailleurs sur les jeunes, Philippe Juvin, là dans 15 minutes, c'est le début du brevet, les épreuves du brevet donc pour tous les les collégiens de France.
Finalement, ces épreuves ont été maintenues avec certes des pauses fraîcheur. Est-ce que ça vous pensez qu'on peut faire face ? C'était pas une erreur ?
Non, mais entendons-nous, le gouvernement n'est pas responsable de tout. il est pas responsable de la chaleur. Ce que je dis simplement, c'est que d'abord il a raison que l'État continue à fonctionner.
On va pas aussi arrêter le brevet, mais il faut maintenant prendre la décision ferme de se dire "Désormais, on a compris qu'on s'était trompé par exemple sur la climatisation et on y va." Voyez, je il faut tirer des leçons. Il faut passer d'une France qui se lamente à une France qui se tire des leçons.
Une des leçons, c'est que nous devons nous redonner des marges de manœuvre en tout budgétaire mais aussi en matière de santé. Euh ou climatisons les hôpitaux, climatisons les écoles et arrêtons de chercher les responsabilités des années précédentes. Euh je précise que vous êtes vous-même euh maire également.
Euh vous l'avez été effectivement parce qu'avec le cumul de mandat, vous ne pouvez pas avoir les deux mais vous avez longtemps euh été été maire. Euh Philippe Juvain, une question aussi sur nos plus âgés. On a parlé de ceux qui sont chez eux, il y a ceux qui sont en EPAD.
Est-ce que vous avez des remontées également là-dessus ? Nous avons beaucoup de patients qui nous sont transférés des ÉPADES où il fait très chaud quand elles sont pas climatisées à chez nous, qui sont aussi en très mauvais état. Euh moi je vous dis je je suis euh accablé par cette société en réalité qui se fiche de ces vieux.
Pardon. Le mot vieux est un mot qu'on utilise dans notre jargon. Il n'a rien de péjoratif médical.
Euh mais euh on peut pas faire comme si finalement la société n'est qu'une société de droits individuels avec des que des jeunes et cetera. Je sortais du théâtre avec ma mère avant qu'elle ne décède il y a quelques années. Elle me dit "Tu as pas vu ?
Regarde, c'était au théâtre à Paris. C'est c'était une une journée sympa d'été où les terrasses étaient pleines. Je lui dis "Qu'est-ce que tu vois ?" Elle me dit "Bah regarde les terrasses.
Où sont les vieux ?" Maelle dit c'était sa phrase où sont les vieux ? En fait les vieux bah on les planque, on les cache, on ne s'en occupe pas et on les laisse abandonner.
Donc je répète, les gens ils écoutent votre émission une fois que c'est fini parce que c'est une bonne émission, il ne partent pas avant, ils vont taper à la porte de leur voisins ou de leur voisine et il elle il leur demande si elle va bien et ils apportent une bouteille d'eau et notamment des bouteilles d'eau très fraîches au SDF, le disiez-vous. Merci beaucoup Philippe Juvain d'avoir été avec nous ce matin. Professeur de médecine, chef du service des urgences à l'hôpital à l'hôpital George Pompied à Paris.
Vous avez dit y retourner juste après l'émission. Vous êtes également député LR des Hautes Scèes. Merci à vous.
Vous êtes bien sur RMCB FM TV. Philippe Juvent qui note qu'il y a déjà des des pics de mortalité en en cours.
Philippe Juvin