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interviewTMC / Quotidien (sur YouTube)· 10 avril 2025 15 min

Douanes, Donald Trump : le décryptage de François Hollande

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bienvenue, bonsoir monsieur le président. Bonsoir François. Rebenvenue sur le plateau de quotidien.

Déjà, lirez-vous les meilleurs discours de de monsieur Rotaillou ? Bah, je les ai déjà écouté. Ah, vous les avez écouté ?

Bah, il les a prononcé quelquefois devant la vous écoutez pas honnêtement. Donc, je ne les pas. C'est ça que vous dit.

Non, non, non. Vous les avez pas écouté. Voilà.

D'accord. Bienvenue monsieur le président. Euh, voici une partie de l'équipe et le public.

Guerre commerciale, guerre culturelle, guerre en Ukraine, guerre à Gaza. Quelle est la guerre qui vous paraît la plus hors hors de contrôle aujourd'hui ? La guerre en Ukraine ne finit pas et peut encore produire cortège de malheur et de désastre.

Celle de Gaza, on pensait qu'elle était en train de se terminer, elle reprend. et la guerre commerciale qui est une guerre puisqu'elle va faire souffrir des peuples et qu'elle va avoir des conséquences extrêmement grave sur les pays émergents, elle va se poursuivre pendant des années. Donc on a là une accumulation de de drames qui touchent des populations qui nous paraissent lointaines, mais la guerre commerciale, elle va nous toucher nous.

Et la guerre culturelle Et la guerre culturelle, elle permet de de mener les autres guerres. Euh, on a peut-être sous-estimé ce que faisaient les Russes pendant des années sur les réseaux sociaux pour euh préparer ce qui s'est produit en Ukraine. La guerre culturelle, ça consiste aussi euh en Israël de laisser penser que le gouvernement euh de Netaniaou et le peuple d'Israël, ce qui n'est pas vrai.

Et puis enfin la guerre alors la guerre protectionniste, la guerre commerciale, elle va aboutir à ce que enfin on puisse révéler que le protectionnisme, c'est-à-dire le fait de se mettre derrière des frontières, ça aboutit à du malheur commun. Il y a encore quelques années, il y avait beaucoup de gens qui défendaient le protectionnisme qui n'étaient pas nécessairement d'extrême brod d'ailleurs et qui pensaient que c'était mieux quand on s'enfermait derrière ces barrières douanières et qu'on pouvait réindustrialiser, produire de nouveau contre les Chinois, contre les Vietnamiens, contre même les Africains. On voit que ça a des conséquences, ça a des conséquences bien sûr sur les consommateurs des différents pays et puis ça a des conséquences dans le monde.

C'est encore une guerre à Gaza parce que on emploie le mot guerre à propos de tout mais à Gaza vous dites que les bombardements israéliens ont repris ce qui est vrai mais c'est un peu unilatéral comme action parce que ce sont deux armées russes et ukrainiennes qui s'affrontent. Pas tout à fait le cas Gaza quand même non ? Et on peut dire que lorsque il y a des bombardements, ça veut dire que la trêve n'est plus respectée puisqu'il y avait une tr mais comment qualifier ça ?

C'est la poursuite et c'est assez lié ce qui euh arrive aux États-Unis. C'est-à-dire que je pense que la guerre euh Gaza provoqué par le Hamas, faut jamais oublier qui est le le l'auteur de de l'agression première. 7 octobre 202. 7 octobre et mais aujourd'hui Netaniaahu ou demain va être reçu par Donald Trump.

Si Donald Trump n'encourageait pas Netaniaou, je pense que cette offensive ou cette reprise des hostilités s'arrêterait. De la même manière, on pouvait penser que Donald Trump allait régler la question ukrainienne. Aujourd'hui, enfin plutôt hier, il y a eu des bombardements très grave sur la population civile ukrainienne.

Il n'y a eu aucune réaction, aucune réaction américaine, pas même le début d'une condamnation. Donc ça veut dire que d'une certaine façon, Donald Trump autorise Vladimir Poutine à poursuivre son offensive. Et enfin, Donald Trump est celui qui introduit euh peut-être la première fois depuis des décennies euh peut-être ce que était dans l'entre de guerre euh ce que dire le protectionnisme.

Donc ça c'est de ce point de vue une novation et qui peut être hélas coûteuse mais pédagogique. Quand on s'enferme on a des conséquences. Alors justement donc jeudi avant d'aller faire un golf, Donald Trump a allumé le feu dans le jardin de la Maison Blanche, le Premier ministre français estime que les droits de douane pourrait coûter 0,5 points de croissance à la France.

Qu'est-ce qui va se passer ? Il faut s'attendre à quoi ? Bah d'abord les le le dommage essentiel, c'est sur les États-Unis se produit.

Oui, c'est pour eux. D'abord pour eux, pas simplement parce que les les bours Wall Street là assez assez rapidement parce que en économie il y a ce qui est fait et ce qui est anticipé et donc ce qui est anticipé c'est que ça va coûter plus cher. Tous les produits venants de du monde entier vont coûter plus cher.

Donc l'inflation est anticipée comme plus élevée ou va être plus élevé que ce qui est aujourd'hui constaté. Saf qu'ils vont se reporter sur les produits américains moins chers quand ils en trouveront. Quand ils en trouveront.

Donc il y aura une pénurie. Donc, il y aura des prix qui vont monter et à partir de là, la première conséquence, au-delà des bourses qui fléchissent, des capitalistes qui peuvent perdre de l'argent, mais il y a les consommateurs qui vont avoir des prix plus élevés à consentir. Si les prix sont plus élevés, on s'aperçoit que la croissance ralentit.

Donc la croissance aux États-Unis était attendue à à plus de 2 %, elle va être sans doute à zéro. Peut-être même une récession. Là, vous parlez des consommateurs américains.

Oui. Et des et des ouvriers américains d'une certaine façon. Donc, quel était le slogan de Donald Trump ?

C'était "Je vais rendre l'Amérique plus grande, il la rend plus petite puisque il s'enferme et de je vais rendre les Américains plus riches, ils vont être plus pauvres." Et c'est d'ailleurs de ce point de vue ce qui peut se prod parce que son est-ce qu'il y a une logique ? Est-ce que vous voyez une logique ?

Il y a une logique. Il faut toujours chercher ce qu'il annonce pour comprendre quel est son objectif. Son objectif qui ne se produira pas nécessairement, c'est que les entreprises qui sont empêchées de t'exporter ou à des prix qui pourraient avec les droits de doubl et bien vont venir aux États-Unis investir.

C'est ça son paris. C'est ce qu'il dit aux Américains. Vous en faites pas les les les entreprises européennes.

Les entreprises c'est ce que fait Rodolphe Saadé dans le bureau Val quand il présente son plan pour les bateaux. pour les bateaux, c'était pour accéder à des à des ports américains. Donc là, de ce point de vue, il pourra toujours le faire.

Mais ce qui ce qui ce qui est l'objectif, c'est de dire vous produisez des voitures, vous allez les faire maintenant aux États-Unis, mais le temps que le temps que les industriels se mettent à investir, créer des usines, trouver les les ouvriers, le personnel compétent, avoir la la possibilité de de de distribuer leurs produits, c'est 2 ans, 3 ans, c'est partout pareil. Donc pendant 2 ans ou 3 ans, les consommateurs vont payer plus cher, Américains vont payer plus cher. Sans doute que ça va avoir des conséquences sur nous, hein.

C'est ce que François Baou, ça a des conséquences sur nous, mais pas pas immédiat euh et et bah du coup, on va moins vendre certains certains on va moins vendre, mais il se trouve que la France exporte assez peu du luxe, du vin, il y a des secteurs qui exportent mais nous sommes pas les plus touchés en Europe. Les plus touchés en Europe sont les Allemands. Est-ce qu'il faut prendre au sérieux tout ce qu'il dit ?

Est-ce qu'il y a pas un petit risque qui change d'avis quand il va voir les les dégâts que ça va causer dans l'opinion américaine ? Les élections de Mandat arrivent dans 2 ans. Est-ce que c'est possible que dans quelques mois de Mandat ?

Il va vivre des sondages qui vont être sans doute un peu plus douloureux. Deuxièmement, il il va toujours avoir la commodity de dire "Mais moi, j'ai fait ça pour négocier. Je veux négocier." Ce que vous vous disiez sur le Vietnam, je veux négocier.

Euh donc il va essayer de de montrer que il a obtenu euh des droits de doux affichés, mais qu'il a déjà relevé le niveau des droits de droit. C'est ça qu'il cherche. Mais moi, je ne pense pas qu'il faille négocier pour les Européens.

Faut pas négocier parce que de ce point de vue, il ne respecte que la force. Donc il faut qu'il y ait au départ des pertes qui lui soient infligées, des coûts qui lui soient opposés notamment sur les services parce que on répond coup coup coup par coup. Oui.

Oui. Alors c'est vrai que ça ça a des conséquences d'enchaînement de spirale. Donc c'est il faut y faire attention.

Mais s'il y a pas on a on a vu ce qui se passa avec la Chine tout à l'heure, il parle de 50 % en plus parce qu'ils ont répondu. Oui. Mais combien de temps il va tenir là-dessus ? parce qu'il y a beaucoup d'importation des États-Unis de produits chinois et et donc par exemple le textile peut le textile chinois s'il ne rentre plus aux États-Unis, je suis pas sûr que les Américains puissent fabriquer du textile comme il le fabriquaient il y a il y a 50 ans ou 100 ans.

Donc voilà pourquoi il est nécessaire d'être ferme, d'être dur parce qu'il respecte que cela. C'est que c'est il faut que ça lui coûte de l'argent et d'ailleurs c'est intéressant Elon M ça lui coûte en ce moment de l'argent sur ses boîtes. Il perd de des commandes, il perd sur d'autres des marchés et il perd sur sa valeur boursière.

Donc faut les frapper au pornais. C'est ça. Comme personnage ne parle que d'argent.

Je me souviens du de les premières conversions que j'ai eu avec Donald Trump, il me parlait que d'argent. C'était au cours de son premier mandat. Qu'est-ce que je vais perdre ?

Qu'est-ce que je vais gagner ? Donc c'est toujours en terme d'argent. Il faut qu'il perde l'argent. pas lui mais le pays pour que il en ait les conséquences et notamment politiques.

C'est pour ça que je je pense que c'est douloureux, c'est dur, c'est c'est affligeant parce que beaucoup de peuples vont en souffrir, beaucoup de travailleurs peuvent voir leur leur leur emploi mis en cause. Mais de ce point de vue, c'est pédagogique. Et l'extrême droite, on dit l'extrême droite, on parle de la démocratie, on a raison.

Mais l'extrême, c'est aussi un programme économique. C'est pas simplement la volonté de de se saisir des institutions pour en faire un mauvais usage. C'est aussi un programme économique.

Le programme économique du de l'extrême droite française mais pas simplement de l'extrême droite française partout c'est le protectionnisme. C'est ce que fait Donald Trump. Donc de ce point de vue, je pense que Donald Trump est en train d'abîmer peut-être même de tuer le trumpisme.

Est-ce que Est-ce que l'Europe est assez forte pour traverser cette crise ? L'Europe, elle pense jamais qu'elle est forte. On le voit bien sur le plan de sa défense et on le voit bien aussi là dans la réaction parce que comme l'Europe est un un continent démocratique, on pense toujours que que nos interlocuteurs sont animés d'intention rationnelles, d'intention où on peut trouver des des formes de discussion et et donc il faut qu'elle se convainque l'Europe qu'elle est plus forte qu'elle ne l'image.

Elle l'est. Oui, elle l' mais elle est divisée. On a les armes pour lutter.

On a toutes les armes. Alors, les armes commerciales, les armes fiscales, les armes de droit de douane, on les a. Donc faut les utiliser.

Et par exemple sur les grands services américains, ce qu'on appelle les grands les GAFA, bah il ils peuvent être taxés parce que euh les États-Unis importent beaucoup de produits mais exporent beaucoup de services. Alors Trump, il ne taxe que les produits. Bah nous, il faut qu'on taxe les services.

Le weekend gonfler les chiffres de vos meetings ? Non. Non.

Que comment vous allez vous chercher ça ? Euh moi, c'était des vrais gens. Bien sûr, bien sûr.

Euh vous savez qu'autre fois il y avait eu un ancien ministre qui avait été pris en flagrant d'élit de faire venir des figurants. Enfin c'est une autre époque il y a longtemps par Olivier. Oui voilà c'est c'est monsieur Apati qui a donné le nom mais c'est c'est vrai qu'il a toujours eu cette volonté de donner des chiffres.

C'est vrai d'ailleurs des autres manifestations du du dimanche en question. Ce qui ce qui moi m'a frappé, c'est que en 1988, si on peut faire un saut dans le dans le temps, en arrière, il y a déjà eu l'inéligibilité de Jean-Marie Le Pen et on pouvait dire quand même entre 1998 et aujourd'hui, il y a une évolution du du Rassemblement national qui n'est plus le Front National. Ce sont les exactement les mêmes arguments qui étaient utilisés à l'époque qui ont été repris dans ce meetinglà, c'est-à-dire la chasse aux sorcière, euh une décision de justice qui est une décision politique, euh le système, la tyrannie, euh l'empêchement que le peuple puisse être souverain.

Donc c'est c'est dire que en en réalité le Rassemblement national n'a pas changé. On aurait vu des efforts pour se pour se civiliser d'une certaine manière pour se se réintroduire puisqu'ils pensent qu'ils peuvent arriver aux responsabilité. Bien, c'est les mêmes et d'ailleurs c'est souvent les mêmes personnages que vous retrouvez dans les deux meetings mais c'est un échec en terme de communication mais les intentions de vote sont toujours aussi fortes.

Exactement. Oui. C'est dans les voyant le ça c'est le sondage élable pour BFM TV.

Il y a aucun impact négatif. Oui. Euh ce qui peut paraître paradoxal en fait ce que je retrouve, c'est-à-dire que les les les Français pour l'instant qui expriment dans les sondages leur intention, c'est pas tant pour l'une ou pour l'autre, c'est contre tous les autres.

C'est ça la logique du Rassemblement national. C'est pour ça qu'il parle de il eux, c'est tous les autres partis. Le système le système, on ne sait pas si on les veut.

Ce n'est pas un vote d'adhésion selon vous ? Non, moi pour une part oui bien sûr, mais pour atteindre ces niveaux-là, il y a une part de vote d'adhésion qui est constant d'ailleurs depuis une vingtaine d'années autour de 18 à 20 %. Et le reste c'est le rejet de tous les autres partis, ce qui doit les interroger nous tous les interroger.

Pourquoi ? Bah parce qu'il se passe pourquoi y a-t-il cette défiance ? Mais vous avez les réponses.

Bah, il faut les chercher. En tout cas, les questions, on les a tous. pour la démocratie est regardée comme pourquoi ?

Pourquoi la gauche pourquoi la gauche est regardée comme elle est regardée ? Pourquoi la droite est rent Pourquoi la gauche vous êtes vous êtes concerné vous ? Mais je on est forcément concerné parce que la gauche ne donne pas une partie des réponses de qui correspondent à à au mode de vie de des sites web c'estd à ce qui peut les réengager.

Ça fait pas mal de temps. Oui, c'est pas simplement sur la question économique comme longtemps on a pensé que lorsque le chômage et moi-même j'ai je l'ai pensé quand lorsque le chômage serait bas les Français se détourneraient des extrêmes. Ça n'a pas été le cas.

Donc il y a l'idée que tout ce qu'on a promis, des services publics efficaces, l'école permettant la promotion républicaine, un système de santé offrant à chacune et à chacun la possibilité d'aller vers un médecin dans de bonnes conditions, le le souci de la sécurité, la question même de de savoir comment on peut vivre ensemble qui est la solitude qui est aussi un élément très important dans le dans le vote Le Pen, l'immigration et l'immigration bien sûr de en terme de comment on peut vivre ensemble, est-ce que toutes ces questions de de les ignorer. Chacun doit y travailler parce que y a péril et et ce qui est aussi très frappant c'est la c'est pas simplement propre à la France. On pourrait dire c'est propre à la France la gauche, la droite ont pas réussi mais c'est un phénomène on le voit bien qui touche toutes les démocraties les États-Unis partie des pays européens.

Donc il y a quelque chose qui s'est produit bah c'est que la démocratie auquelle je suis très attaché doit être beaucoup plus efficace. Elle est elle est sans doute institutionnellement elle est à bout de souffle parce que les procédures sont celles d'un autre âge par rapport à ce qui est l'univers numérique et ce qui va très vite et surtout la démocratie ne donne pas ce qu'elle promet d'accorder c'est-à-dire un mieux les les gens veulent vivre mieux pas pas forcément différemment mais mieux c'est ça qu'il faut t'apporter et et le plus vite sera le mieux parce qu'il y a que 2 an hein on en parle Quand on revient, on