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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 21 juillet 2022 55 minAutoproduitMixte

Jusqu'où Elon Musk peut-il aller ?

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0:16
Présentateur

C'est le débat de midi et pour tout vous dire, je ne sais pas par où commencer tellement l'homme dont on va parler aujourd'hui est Multicart. Il construit des fusées réutilisables, des satellites par milliers, des voitures électriques haut de gamme, des usines géantes, creuse des tunnels pour éviter les bouchons, imagine un train roulant à 1000 km heure, vend des lances flammes pour rigoler, développe des implants pour nous faire des cerveaux augmentés, lorgne sur Twitter, le plus grand réseau social du monde et compte bien installer l'humanité sur Mars pour faire de nous une espèce multiplanétaire face à l'apocalypse inéluctable à venir sur Terre selon lui.

Elon Musk est un catalogue où une nouvelle page apparaît presque tous les jours, homme le plus riche du monde, 234 milliards de dollars et le plus influent d'après le prestigieux Time Magazine. Il semble vouloir supprimer toutes les limites pour le meilleur ou pour le pire. Certains le voient comme un visionnaire, d'autres comme l'incarnation du mal absolu. Dans tous les cas, il agite, il bouscule et fait parler de lui. Le passionné de science-fiction voit grand depuis son premier coup de maître à l'âge de 12 ans. Il en a 51 aujourd'hui et rêve presque d'immortalité ou alors de finir sa vie sur Mars. Jusqu'où donc Elon Musk peut-il aller ? Embarqué, on est ensemble jusqu'à 13h.

Camille Cronier, le débat de midi, France Inter.

1:40
Invité

Elon Musk a 44 ans seulement et il est déjà un gourou.

1:45
Présentateur

Son ambition est sans limite, ses projets fascinent.

1:47
Invité

Il est déjà devenu le premier acteur privé de la conquête spatiale avec ses fusées SpaceX.

1:52
Présentateur

Il investit des centaines de millions avec l'ambition, dit-il, de révolutionner le monde. Au fondateur du célèbre mode de paiement Paypal.

1:59
Invité

Il a inventé des voitures électriques et semi-autonomes Tesla. Lorsqu'il apparaît dans les médias, c'est souvent pour vanter les mérites de ses créations. Il n'y a rien de plus excitant que de s'imaginer là-haut, parmi les étoiles. Je veux démontrer que la voiture électrique est la plus prometteuse voiture du monde. Propulsé à 1200 km heure à l'intérieur d'un tube, l'Hyperloop, plus rapide que l'avion. Et à chacune de ses annonces, il déplace les foules. Certaines personnes pensent que je suis un alien. Ce n'est pas vrai.

2:29
Présentateur

Alors, peut-être pas un alien, en tout cas un bel aperçu du bonhomme. N'oubliez pas d'ailleurs que vous pouvez, comme tous les jours, m'envoyer vos questions et vos messages courts, s'il vous plaît. Sinon, je n'arrive pas du tout à les lire en direct sur l'application France Inter ou par mail. Bonjour Olivier Lascar.

2:44
Invité

Bonjour Camille, bonjour à toutes et à tous.

2:46
Présentateur

Vous êtes en duplex des studios de France Bleu Roussillon à Perpignan, qu'on remercie chaudement. Journaliste à Science et Avenir et auteur du livre Enquête sur Elon Musk, l'homme qui défie la science, paru le 9 juin dernier aux éditions Alizio. Un mot pour qualifier Elon Musk ?

3:02
Invité

Narcissique.

3:04
Présentateur

Ok, on y reviendra. Je vais vous poser aussi la question, Asma Mala, bonjour. Bonjour. Vous êtes enseignante à Sciences Po Paris et Polytechnique, spécialiste des enjeux politiques du numérique. Un mot donc pour Musk ? De no limit. No limit. Bonjour à vous Cyril de Souza Cardoso.

3:20
Invité

Bonjour Camille.

3:20
Présentateur

Vous êtes entrepreneur, vous avez une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle. Et vous écrivez aussi, d'abord en 2015, sur Odile Jacob, innovée comme Elon Musk, Jeff Bezos et Steve Jobs. Et vous allez écrire, enfin vous avez écrit, ça va paraître au mois de septembre, Elon Musk, les secrets d'une réussite insolente aux éditions Mardaga. Alors votre mot à vous pour décrire l'homme, c'est quoi ?

3:43
Invité

Provocateur.

3:44
Présentateur

Provocateur. Donc narcissique, no limit, provocateur. Et enfin j'accueille, je salue, Yohan Chapoutou, pour qui Elon Musk est quoi ? Archaïque. Archaïque. Allez, le tableau est planté, voilà c'est dit. Vous Yohan Chapoutou, vous êtes professeur d'histoire contemporaine à Sorbonne Université, spécialiste du nazisme, mais vous avez fait un pas de côté pour parler en particulier d'illimitisme et d'Elon Musk dans le grand récit introduction à l'histoire de notre temps paru l'an dernier aux presses universitaires de France.

Alors figurez-vous qu'Elon Musk lui donne une définition de lui-même, il l'a même modifié pas plus tard que la semaine dernière sur son compte Twitter, il est très très actif avec ses 101 millions d'abonnés. Voici donc sa définition à lui, Mars and cars, chips and dips, qu'on traduira par Mars et les voitures, des chips et de la sauce. Olivier Lascar, c'est presque un peu réducteur, non ? De la part d'un homme qui a tant de cordes à son arc.

4:40
Invité

Oui, mais bon, c'est la face qu'il aime présenter sur les réseaux sociaux et sur Twitter en particulier, et c'est la pire face de lui-même. Il a une forme de jouissance à être au centre des débats et des discussions, à faire de lui-même un héros permanent de la méta-fiction qu'on feuillette tous tous les jours. Vous l'avez dit Camille en introduction, il a réussi à Netflixiser son aventure entrepreneuriale et personnelle, et il le fait avec des petites cartes postales numériques, des petites statues, des changements de statut, comme celui que vous venez d'indiquer.

5:20
Présentateur

Un grand récit, et quels sont selon vous les épisodes, alors je continue la métaphore, les plus marquants de la saga Elon Musk ?

5:28
Invité

L'épisode, il y a eu Paypal qui a été cité, qui est la base sur laquelle il a fondé sa fortune, mais surtout le premier épisode qui le fait sortir du lot, c'est la création de SpaceX, et SpaceX était il y a 20 ans, en fait, je ne sais pas si c'est le terme, mais la boîte a été créée en 2002. Et à l'époque où il crée SpaceX, il le fait dans un mépris général, total, puisqu'il commence à dire qu'il va faire les fameuses fusées réutilisables. C'est la fusée de Tintin, c'est la fusée de tournesol, la fusée qui décolle, qui va faire ce qu'elle a à faire dans l'espace, et qui réatterrit ensuite au sol pour être réutilisée.

Les grands acteurs du spatial ont accueilli cette déclaration avec un grand scepticisme, pour ne pas dire un mépris total. Ils ont haussé les épaules et les sourcils en disant « Tu n'y arriveras pas, il y est arrivé ».

6:18
Présentateur

Et maintenant, c'est ses clients.

6:20
Invité

Et maintenant, ce sont ses clients, oui, puisqu'il a réussi aussi contre toute attente à monter un business sur ce modèle-là, puisqu'on disait à l'époque que ça ne sera pas viable industriellement parlant. Il a démontré le contraire.

6:33
Présentateur

SpaceX pour vous. Cyril de Souza-Cardoso, vous Musk, c'est dans quel domaine que vous l'admirez le plus, on va dire comme ça ?

6:39
Invité

Admirer, alors je ne sais pas. Je pense qu'il ne faut jamais faire partie d'un fan club. Mais en tout cas, oui, dans ses réalisations, elles sont nombreuses. Je pense que Tesla, ce qu'il a fait avec Tesla, est quand même remarquable. Il a fait progresser les technologies de voitures électriques, mais aussi de batteries et des technologies solaires, de manière très importante dans cet univers-là. Et là aussi, comme on le disait, on lui a promis qu'il n'y arriverait pas, qu'il n'arriverait pas à construire un véhicule automobile électrique abordable, qu'il n'arriverait pas à automatiser les chaînes de production. Et pourtant, il a produit un peu plus d'un million de véhicules cette année.

7:13
Présentateur

Asma Mala, on va revenir avec vous tout à l'heure sur les enjeux liés à sa volonté de rachat de Twitter, qui est en pause pour l'instant. C'est toute une saga aussi. Avant ça, le fait quand même qu'il se tourne désormais aussi vers les réseaux sociaux, ça révèle quoi selon vous ?

7:26
Invité

Alors, très rapidement, pour rebondir un peu sur tout ce qui a été dit, pour vous répondre. Musk, au-delà de ce qu'il est, en fait, il se dépasse lui-même. C'est d'abord un objet politique, géopolitique, idéologique. On en parlera sans doute. Et sur la question des réseaux sociaux, Olivier l'a souligné, et l'expression est très jolie, il a Netflixisé sa saga et sa success story. Mais plus que ça, les réseaux sociaux, pour lui, sont un lieu d'influence, un lieu de pouvoir, de puissance. Et surtout, c'est là où il disrupte, finalement, les institutions.

Et l'épisode Twitter, qu'on a suivi depuis le mois de mai, mais aussi quand il faisait des espèces de délits d'initié avec Tesla, ou les cryptos, etc., montre qu'en réalité, au-delà de l'anecdote, au-delà des émojis caca, etc., pardon, mais qui est une réalité, en fait, il utilise Twitter, en l'occurrence, comme un nouveau moyen de disrupter les institutions, de les narguer, de démontrer les failles démocratiques. C'est un peu comme un marionnettiste qui est en train d'agiter tout ça. C'est le Joker de Batman, à mon avis. Ah, le Joker de Batman. C'est un anarchiste, plutôt conservateur sur les questions sociétales, mais un anarchiste, et qui prend plaisir à se moquer des institutions.

Et on le voit avec la SEC, qui est le gendarme de Wall Street, par exemple, et qui a un mal fou à le contenir, par exemple.

8:38
Présentateur

Yohann Chapoutot, est-ce que dans l'histoire, il y a quelqu'un de comparable à Elon Musk ?

8:44
Invité

Oui, il y a des gens qui prenaient plaisir à fouler au pied les institutions. Je pense à Caligula, par exemple, l'empereur romain, qui montrait à loisir que la vieille république dont on conservait la fiction n'était plus rien. Et donc, il voulait nommer son cheval consul. Il faisait se battre des sénateurs dans l'arène. Donc, bon, c'est peut-être des références intéressantes, mais pas forcément souhaitables. Si on a recours à l'histoire, on peut se convaincre qu'Elon Musk, qui se présente comme un innovateur, un inventeur, un pionnier, est absolument tout le contraire. Ça a déjà été suggéré. Politiquement, c'est un libertarien.

C'est-à-dire, c'est quelqu'un qui estime que la dérégulation qui a été mise en œuvre à la fin des années 70, par Reagan, par Thatcher, et par tout le mouvement néolibéral, doit être poursuivie jusqu'à son terme. Il est d'ailleurs associé à des gens, notamment le financier, avec qui il a été lié pour lancer PayPal, Peter Thiel, un germano-américain. D'ailleurs, tous ces gens-là ont trois passeports. Peter Thiel a trois passeports.

9:50
Présentateur

Musk, on rappelle, sud-africain, canadien et américain aujourd'hui.

9:53
Invité

Exactement. Tout sans se présentant comme de grands patriotes américains, il vaut mieux prendre ses précautions et avoir d'autres passeports. Ces gens-là financent le Parti républicain, sont liés à Trump, accueilleraient avec faveur sa réélection, sont liés à un parti républicain qui est dérégulationniste à certains égards, pour tout ce qui est énergie fossile, exploitation, productivité, extraction, pour la possession des armes également, et qui sont par ailleurs totalement climato-négationnistes. Donc ces gens-là sont parfaitement archaïques. Ils se présentent comme des visionnaires et des gens du monde d'après, comme on dit. En fait, ce sont des gens d'hier ou d'avant-faire.

10:34
Présentateur

Justement, là-dessus, Étienne sur Twitter écrit, clairement pas visionnaire, justement, il va dans votre sens, Yoann Chapoutot, dans la mesure où tout ce qu'il dit ou fait a déjà été dit, écrit, filmé, entrepris depuis un bail. Juste un riche qui pense sauver l'humanité. Cyril Lézouza-Cardosso.

10:46
Invité

Par contre, on ne peut pas dire qu'il est climato-négationniste. Ça, ce n'est pas vrai. Notamment, quand Donald Trump quitte justement les accords de Paris, lui décide, il annonce, de quitter le conseil qui entoure Donald Trump de chef d'entreprise parce que justement, il pense que c'est une mauvaise chose. Quand il se lance dans la volonté de développer les énergies solaires, il n'est pas climato-sceptique. Par contre, il a une approche, en effet, qu'on dirait éco-moderniste, c'est-à-dire qu'il veut utiliser la technologie pour répondre aux enjeux climatiques. À ce moment-là ?

Là où ce qui a été dit, en fait, et assez juste, en tout cas, j'y souscrit, c'est qu'en effet, son imaginaire est issu de la science-fiction des années 60-70, en effet. Et donc, ce qu'il essaye de faire, toutes les ambitions qu'il met en place, les technologies sont disruptives, sont émergentes, en effet. L'IA, tout ce qu'il fait avec SpaceX, etc. Mais n'empêche que l'ambition, la finalité politique derrière elle, est en effet assez usuelle et assez conventionnelle, en fait.

11:37
Présentateur

On précise que Yohann Chapoutot parlait du parti républicain en parlant de climat-négationnisme. Alors, on va quand même s'arrêter, on ne pourrait pas, évidemment, passer en revue, là, dans l'heure, tous les projets d'Elon Musk, sinon on en a pour dix jours. On va essayer de s'arrêter sur certains projets assez marquants, on va le dire comme ça. Donc, le spatial, vous le disiez, Olivier Lasker, avec son entreprise SpaceX et la conquête de Mars. Écoutez, Elon Musk parlait, justement, de son projet pour Mars.

12:06
Invité

L'apocalypse finira par arriver. Alors, l'alternative est de devenir une civilisation spatiale et une espèce multiplanétaire. J'espère que vous savez que c'est la bonne direction à prendre. N'est-ce pas ? C'est ce qu'on veut. Alors, comment fait-on pour vous emmener sur Mars et créer une ville autosuffisante ? Une ville qui n'est pas un avant-poste, mais qui devienne une planète à part entière pour qu'on puisse ensuite devenir une véritable espèce multiplanétaire ?

12:36
Présentateur

Voilà, ça, c'était en 2016, Olivier Lasker. On est d'accord qu'il n'y a pas du tout de caution scientifique derrière toutes ces déclarations ?

12:45
Invité

Alors, il n'y a pas de caution scientifique parce que Musk, il ne fait pas de la science comme on la fait normalement. la méthode scientifique qui consiste à faire des recherches en laboratoire, produire des papiers qui sont relus et validés par les pairs, par d'autres scientifiques, pour ensuite être publiés dans la presse scientifique qu'on connaît bien, Science, Nature, The Lancet, etc. Musk ne fait pas ça du tout. Sa seule communication scientifique, il la produit par les canaux qu'il maîtrise, YouTube, des vidéos, Twitter, etc. Donc, il n'y a pas de caution scientifique, mais il faut faire attention à ne pas, je dirais, peindre intégralement Musk en noir.

Moi, je ne suis absolument pas un défenseur d'Elon Musk, mais je pense que la tentation qui consisterait à faire de lui un personnage entièrement diabolique, c'est une mauvaise idée parce qu'on fait le signe de croix comme dans les films de vampires, on s'en détourne, on ne veut pas en entendre parler. Je crois qu'au contraire, il impose un agenda et il impose des idées qui, avant lui, paraissaient pour le coup complètement fantasmagoriques et sur lesquelles on ne voulait pas s'arrêter un quart de seconde. Le voyage des humains sur Mars, c'est soit de la colonisation. Oui, lui, il parle d'installation. C'est là où ce n'est plus du tout validé scientifiquement.

La colonisation de Mars, c'est-à-dire l'allée simple où on reste pour ne plus revenir, ça, ça fait hurler les scientifiques parce que Mars est la planète inhospitalière absolue. L'atmosphère est tellement ténue qu'il n'y a pas d'eau liquide qui existe à la surface. On ne peut pas respirer. Il y a les rayonnements cosmiques qui provoquent des dégradations de notre ADN, etc. Donc, y vivre, non, ce n'est pas validé scientifiquement.

14:25
Présentateur

Johan Chapoutot, cette volonté de faire de nous une espèce multiplanétaire, ça vous fait bondir ?

14:31
Invité

Non, je trouve ça intéressant à titre de fantasme, si vous voulez, parce que, de manière générale, ce personnage est quelqu'un qui programme des miroirs aux alouettes, si vous voulez. D'abord, en se faisant passer pour un révolutionnaire ou un visionnaire, ce qui n'est pas du tout, c'est quelqu'un de très archaïque et de très régressif, même au sens infantile du terme. Et par ailleurs, en promettant des choses, alors là, on rejoint quelque chose de l'ordre de l'espérance religieuse, puisque le monde d'ici-bas est une vallée de larmes qui va se consumer dans les flammes, et bien nous allons partir ailleurs, dans l'espace, dans le ciel.

Et ce qui m'intéresse, dans ce qu'il a dit, c'est qu'il parle d'Apocalypse en marche. Il dit, voilà, l'Apocalypse est en marche, nous sommes tous d'accord.

Ce qui est très intéressant, c'est que c'est une prophétie autoréalisatrice, parce que, par son activité industrielle et par sa production effrénée d'artefacts, il contribue à cette destruction de la planète et du vivant par un productivisme forcené, par une exploitation folle de ses cadres, de ses ouvriers, pour faire repartir ses usines de Shanghai, il a eu l'obligation de dormir sur place pour les ouvriers, par une volonté de dérégulation totale pour permettre à la puissance de l'argent et à l'activité industrielle de se déployer de manière extrême, ce qui entretient la destruction, la dévastation du monde, que nous constatons bien ces jours-ci et ô combien.

Et pour cela, pour obvier à cela, il y a cette idée de projection vers une autre planète, alors qui est totalement fantasmagorique. la planète Mars, c'est moins 63 degrés de température moyenne au sol, en suge de tout ce qui vient d'être dit, et ce ne serait possible et imaginable, de manière complètement délirante, que pour une extrême minorité. Donc ces gens-là, je parle de lui, je parle d'autres comme Peter Thiel, comme Steve Jobs, etc., sont des gens qui sont résolument darwinistes et malthusiens, très clairement. Et pour eux, seule une minorité extrême de l'humanité pourrait être sauvée.

16:29
Présentateur

Et Bernard, d'ailleurs, fait écho sur l'application France Inter à ce que vous dites, Johan Chapoutot, en nous écrivant une Tesla en orbite, une myriade de satellites du tourisme dans l'espace, des puces dans le cerveau, à lui seul, il participe à l'apocalypse. Prédit. Cyril de Souza-Cardosso, vous n'êtes pas d'accord avec ce qui vient d'être dit ?

16:46
Invité

En tout cas, je ne partage pas tout. En tout cas, sur les aspects humains, managériaux, je pense qu'il y a des vraies critiques à poser sur le modèle. Je pense que c'est une des limites, en tout cas, du modèle Elon Musk. Mais, en tout cas, sur les autres dimensions, il n'a jamais dit un faux procès qu'on lui fait, c'est qu'il aurait dit qu'en gros, de quitter la Terre pour venir s'installer sur Mars. Ce n'est pas du tout son projet. Son projet, d'ailleurs, il l'a partagé à la Sorbonne dans les années 2010, dans une conférence où il a dit très clairement que le but, c'est de développer les énergies renouvelables sur la Terre pour sauver la Terre et installer la civilisation humaine sur Mars.

Mais d'avoir les deux planètes. Parce que, bien entendu, son projéris serait caduque de devenir une planète multiplanétaire si on abandonait une pour aller sur l'autre. Ce n'est pas du tout son objectif. Après, il y a des défis techniques pour atteindre Mars, ça c'est certain. Mais à chaque fois qu'on a dit à Elon Musk que ce n'était pas possible, à chaque fois, il a quand même su retourner les choses.

17:35
Présentateur

L'astrophysicien Eric Lagadec écrit sur Twitter et faire croire que les humains pourraient vivre sur Mars, c'est dangereux, ça pourrait justifier de continuer à polluer notre planète. Mais il n'y a pas de planète B, ils le rappellent comme le font les scientifiques. À ce moment-là, est-ce qu'il y a une forme de danger à tout ça, selon vous, aussi d'essayer de mettre dans la tête des gens que finalement, il y aura une porte de sortie et que donc, c'est bon, ça va aller ?

17:59
Invité

L'analyse qu'on vient de faire est assez complète sur le sujet. Oui, évidemment, il y a des écueils. Évidemment, il y a aussi la question de se dire est-ce que le monde qu'on a créé ici est à ce point affreux et atroce qu'on essaie absolument d'y échapper plutôt que d'essayer d'en résoudre les problèmes actuels et urgents. Mais ce qui m'intéresse davantage sur la question de Musk, ce n'est pas tant lui en tant que ce qu'il est comme entrepreneur, mais le système qu'il est devenu peut-être ? Absolument. C'est-à-dire, en fait, pour le comprendre de façon rationnelle, il faut comprendre dans quel contexte géopolitique il s'inscrit. Et il s'inscrit dans deux choses.

La première est le premier élément absolument important à comprendre avec l'économie de la data, c'est que c'est une économie qui fractionne ce qu'on appelle la souveraineté des États et qui, en fait, installe de nouvelles clés de répartition de pouvoir entre ce qu'on appelle les big tech, les grandes méta-plateformes, les GAFAM, Musk, Tesla, SpaceX, etc., et l'État. Avec tout un tas de continuum fonctionnel, en fait. Et typiquement, sur la question de l'espace, ce qui se passe, ce n'est pas du tout Musk de son chapeau.

C'est-à-dire qu'à un moment donné, il y avait quand même la question de Obama dès 2008 qui avait ouvert aussi la NASA et son fonctionnement qui était vraiment en difficulté à Musk. Donc ça, il faut aussi le comprendre. Et puis enfin, c'est aujourd'hui dans le champ géopolitique qui est complètement multipolaire, polarisé, vous avez une compétition technologique entre États-Unis et Chine et la conquête de l'espace en fait partie. Et donc, Musk fait partie et le bras technologique armé, entre autres, de l'État américain dans cette compétition mondiale.

19:36
Présentateur

Eh bien, on va voir si Yoann Chapoutot notamment est d'accord avec cette analyse dans un instant. On va parler aussi de son projet Neuralink qu'il est en train de développer, les implants pour faire des cerveaux augmentés et donc de ce projet de rachat de Twitter. Elon Musk est dans le débat de midi préparé aujourd'hui par Maxime Cochelin et Pénélope Tricard, réalisé par Théo Raison avec Alexandre Chénet à la technique. Et pour la musique, c'est The Limaninaz et Areski titre La musique. Facile.

20:02
Invité

Parce que j'ai vraiment

22:28
Présentateur

été quiche juste avant. Donc c'est The Limaninaz et Areski avec la musique. Ça, c'est plus facile. Le débat du midi

22:37
Invité

sur France Inter. Ces gens sont littéralement émétiques. Ce sont les pires voyous que je puisse imaginer. Détruire la Terre, ce n'était pas assez pour eux. Ils ont même voulu détruire l'espace. Je leur en veux du plus profond de mon être.

22:53
Présentateur

Voilà, la voix de l'astrophysicien Aurélien Barrault. C'était le 9 mai dernier dans La Terre au Carré. Émission géniale au passage que je vous conseille. Elle revient le 29 août. Aurélien Barrault qui parle d'Elon Musk et aussi, par exemple, de Jeff Bezos dont vous parliez tout à l'heure d'ailleurs, Johan Chapoutot. Donc, des êtres émétiques égale vomitifs. Vous vouliez continuer à réagir sur ce que disait Asma Mala et peut-être rebondir sur les propos d'Aurélien Barrault d'ailleurs ?

23:19
Invité

Oui, oui. Je suis tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit par votre invité parce que l'intérêt ce n'est pas Elon Musk en soi, des gens comme ça, il y en a eu, il y en aura d'autres. C'est plutôt ce qu'il révèle. Ce qu'il révèle et ce dont ils sont l'expression, ce qu'il montre. En l'occurrence, une fois ininterrogé dans le technosolutionnisme, l'idée selon laquelle on a déjà détruit énormément le vivant et l'environnement par des artefacts, eh bien, on va essayer d'obvier à cela par la multiplication d'autres artefacts, le lancement de 12 000 ou de 40 000 même, ça avait été annoncé satellite dans l'espace par exemple, la géoingénierie, etc.

Bref, des artefacts dont on ne maîtrise pas ni les conséquences ni les effets mais dans cette idée que si les choses sont limitées, il y a une chose qui est illimitée, c'est l'esprit humain, l'intelligence humaine, ce que l'on appelle l'innovation et que l'on appelait jadis le progrès. Et tout cela peut se déployer selon ces gens-là.

Alors, Jeff Bezos, mais aussi encore une fois Peter Thiel, associé d'Elon Musk dans Paypal, c'est un financier avec qui il a fait sa carrière, tout cela peut être déployé dans un âge post-étatique ou plutôt pré-étatique où les régulations n'existent plus, les systèmes sociaux n'existent plus, seules de petites élites darwiniennes très motivées, très travailleuses et très ambitieuses peuvent s'imposer et ces gens-là financent quand même ni les limites et financent par exemple la fondation Mathusalem, c'est son nom, qui essaie de réfléchir à l'immortalité par des choses un petit peu curieuses du point de vue des biologistes, la parabiose, la transfusion de sang de jeunes gens pour retarder son vieillissement, le système d'un institute qui prévoit

25:07
Présentateur

la transfusion de sang de jeunes pour essayer de vivre plus vieux.

25:10
Invité

Oui, c'est des choses qui sont caressées par des gens de la Silicon Valley comme Peter Thiel, c'est totalement délirant mais ça en dit long sur les fantasmes d'immortalité. Donc c'est qu'en fait

25:22
Présentateur

ils n'ont pas acté qu'on est des êtres finis, c'est ça ? Mais c'est ça,

25:25
Invité

c'est la négation des limites, c'est la négation de la finitude, Elon Musk a dit à plusieurs reprises qu'il caressait lui-même l'idée d'immortalité et tout ça peut se déployer dans un univers totalement dérégulé, totalement libre, libertarien à leurs yeux. Ils financent aussi le Seasteading Institute, c'est-à-dire une entreprise privée qui estime que les terres vont être dévastées par les phénomènes que nous connaissons et donc il faut créer des artefacts, des cités flottantes sur lesquelles il n'y aura aucune régulation, port d'armes illimité, aucun système social bien entendu, aucun impôt et où seuls les mâles alpha pourront se déployer et puis s'imposer et survivre.

C'est vrai, je ne suis pas persuadée que ce soit la fin de l'État, je crois au contraire que par rapport à cette puissance qui devient démurgique, on assiste progressivement au retour de l'État ou plutôt une forme de néo-étatisme dont les contours restent à définir. Comme une forme de contre-attaque, de pouvoir s'affirmer ? Ce n'est pas forcément une bonne ou une mauvaise nouvelle, les contours politiques restent vraiment à définir mais la guerre en Ukraine est un tournant et pour revenir simplement sur ça, parce que c'est hyper fondamental de l'avoir en tête et de revenir sur des choses très concrètes et très terre-à-terre pour le coup.

Ce qui s'est passé pendant la guerre en Ukraine, c'est qu'à un moment donné, il y a eu des problèmes de connectivité. Qu'est-ce que Musk a fait à la demande du gouvernement ukrainien ? C'est Zelensky qui l'a appelé, c'est Vladimir Zelensky qui a appelé l'onné. Oui, le ministre du numérique et vice-premier ministre qui a appelé absolument directement et interpellé directement sur Twitter. D'ailleurs, Musk pourrait envoyer très rapidement, mais en 48 heures, des satellites en basse-orbite Starlink pour connecter les Ukrainiens qui étaient complètement, sur les zones occupées en tout cas, qui étaient enclavées.

Donc ça, c'est par exemple une prérogative géopolitique d'une entité privée qui devient hybride et qui devient aussi une entreprise politique à part entière avec des capacités étatiques. Et ça, c'est fondamental aussi à l'avoir en tête. Et dans le cas de Starlink, et c'est pour aussi rebondir sur la question de Peter Thiel, Carp, etc., en fait, ils ont fait des partenariats avec qui ? Avec Palantir. Donc en fait, ce qui est en train de faire l'Ukraine, en l'occurrence avec Musk, c'est de troquer une souveraineté contre une autre en réalité.

Et ça, ce sont des enjeux court terme, long terme qu'il faut toujours remettre dans un contexte politique, géopolitique qui est aujourd'hui extrêmement perturbé.

27:36
Présentateur

Et donc, favorable, Olivier Lascar, on pourrait le dire comme ça, favorable à ce qu'Elon Musk puisse affirmer un petit peu plus sa souveraineté, comme vient de le dire à ce moment-là ?

27:45
Invité

Moi, je dirais que l'art du récit de Musk, ça consiste justement à faire en sorte qu'on parle de la colonisation de Mars alors qu'on ne parle pas de la véritable colonisation qu'il est en train de faire, qui est la colonisation de l'orbite basse terrestre, puisque avec la méga-constellation Starlink qui vient d'être citée, il a installé des satellites en orbite basse pour créer une sorte de maillage tout autour de notre planète pour faire ce fameux réseau Wi-Fi qui tombe du ciel et qui permettra à chaque coin et recoin de la planète d'être alimenté avec le web. Mais ça, il l'a fait à marche forcée sans à peu près demander son avis à personne.

Ce qui fait que les astrophysiciens et apparemment certains nous écoutent, les astrophysiciens, il y en a certains qui me l'ont dit pour le livre que j'ai écrit sur la science de Musk, me disent on s'est rendu compte du problème à partir du moment où la situation était déjà installée parce que ces satellites en orbite basse provoquent un embouteillage, ils provoquent une pollution lumineuse, ils empêchent les astrophysiciens d'observer les cieux correctement avec leur télescope donc ils empêchent la science de se faire normalement et ça, Musk l'a fait un petit peu en cachette, j'exagère, je force le trait mais justement parce que la tension médiatique elle était un petit peu déroutée vers d'autres objectifs qui étaient ceux de Mars.

Et peut-être un commentaire sur la disparition de l'État. Moi je ne crois pas du tout que l'État disparaisse avec les initiatives muskiennes ou de ses confrères milliardaires parce qu'effectivement SpaceX s'est développée avec la bénédiction de la NASA et je dirais au contraire qu'on est dans un instant Frankenstein si je peux prendre une image de la science-fiction. Vous savez que le docteur Frankenstein crée une créature qui à un moment donné s'affranchit de son contrôle et sème le chaos.

Et bien SpaceX s'est développée avec la grâce de la NASA et aujourd'hui SpaceX est devenue tellement une société tellement puissante qu'elle peut opérer ce réseau de satellites où elle fabrique les lanceurs elle fabrique les satellites elle fabrique le service internet et la NASA finalement n'a plus son mot à dire.

Or pour la première fois l'agence spatiale américaine a fait un communiqué de presse il y a quelques mois quand l'ONU s'est intéressée pour la première fois également à la pollution lumineuse en demandant de Starlink disons qu'on devait avoir le droit à un ciel sombre et calme et pour la première fois la NASA a dit à un peu taper du poing sur la table on est très soucieux de ce qu'est en train de faire Musk et SpaceX avec ses satellites parce que effectivement cette capacité que l'espèce humaine depuis la nuit des temps à observer la nuit les cieux pour des questions de contemplation ou de compréhension c'est remis en question par la méga-concellation.

30:37
Présentateur

Cyril de Souza Cardoso pour prendre le titre de votre livre qui sortira en septembre Elon Musk les secrets d'une réussite insolente alors c'est quoi les quelques secrets vous les avez percés ?

30:45
Invité

Alors les percés je ne sais pas si je les ai percés c'est les lecteurs qui diront ça mais en tout cas il a une capacité à s'emparer d'imaginaire ça c'est certain on parlait des imaginaires des années 60 c'est intéressant bien entendu il s'est emparé d'imaginaire

30:55
Présentateur

mais il a pompé les trucs c'est ce que disent beaucoup de gens à fond mais pourquoi ? disons-le

30:59
Invité

mais bien sûr parce que c'est essentiel pour motiver autour de soi pour agréger autant de talent autour de lui il avait besoin de s'emparer d'imaginaire qui faisait résonance chez les autres et donc ça c'est un des secrets qu'il a su en tout cas mettre en oeuvre et pour revenir sur ce qu'on est en train de se dire effectivement il s'est appuyé sur la puissance publique américaine moi je ne crois pas qu'Elon Musk et les autres soient le signe de la disparition des états au contraire ils vont imposer aux états et aux organes internationaux d'intervenir sur la régulation parce que la question ce n'est pas tant de les empêcher au contraire ils permettent d'innover de progresser par contre on doit leur mettre des cadres et des limites pour prendre en compte justement certaines contraintes

31:33
Présentateur

vous dites Elon Musk et les autres c'est à dire que vous le mettez sur le même plan que des Jeff Bezos je vais le mettre

31:37
Invité

sur un même plan par exemple qu'un Jeff Bezos parce que Jeff Bezos va avoir en tout cas la même envie sur des aspects spatiaux par contre je ne le mets pas sur le même plan par exemple qu'un Mark Zuckerberg puisque un Mark Zuckerberg veut nous mettre des masques sur la tête le patron de Facebook veut nous mettre dans le métaverse et nous faire vivre dans des environnements virtuels alors qu'eux veulent se rendre sur de nouvelles frontières un masque il veut te mettre des puces dans le cerveau alors justement

31:59
Présentateur

j'allais y venir Neuralink alors Neuralink pour les gens qui nous écoutent et qui n'ont jamais entendu parler de Neuralink tenez-vous bien il est en train de développer depuis quelques années il a fait des tests sur des cochons et des singes avec d'ailleurs des morts parmi ces animaux des petites puces des petits implants dans le cerveau pour nous faire un cerveau augmenté Johan Chaputo c'est ça en gros l'idée de Neuralink c'est de faire de nous des humains qui finalement seront plus intelligents que des robots parce qu'Elon Musk se méfie énormément de l'intelligence artificielle est-ce que j'ai bien résumé ?

32:31
Invité

Oui c'est une ambition ou un fantasme cybernétique qui là encore dans la lignée transhumaniste nie la question des limites et la question de la finitude il y a vraiment quelque chose de pathologique chez ces gens-là qui n'acceptent pas que les ressources soient finies que notre vie soit limitée et donc il faut transcender tout cela par tous les artefacts possibles et imaginables mais ce qu'il y a d'un peu extravagant je dois dire dans la présentation d'un individu comme Elon Musk c'est de le présenter encore une fois comme un visionnaire un pionnier un génie quelqu'un qui anticipe sur l'avenir alors que c'est quelqu'un de parfaitement réactionnaire on parlait tout à l'heure d'embouteillage c'est intéressant il y a un embouteillage spatial qui est prévu par ces projets-là d'ailleurs avec toujours cette habileté à s'infiltrer dans des vides juridiques ça vaut pour l'optimisation fiscale ou la fraude fiscale comme cela vaut pour la conquête privée de l'espace les embouteillages

33:28
Présentateur

je vous interromps deux secondes mais ça veut dire qu'il est quand même assez fort de ce point de vue-là on peut quand même lui accorder ça

33:33
Invité

non ?

non mais une intelligence calculatrice maligne bien sûr mais ça c'est quelque chose de très classique dans le développement du capitalisme contemporain depuis quelques siècles ça n'a rien de visionnaire ou de parfaitement génial ou anticipant l'avenir les embouteillages ils sont spatiaux mais ils sont aussi terrestres et donc il a fondé une compagnie alors là très terre à terre et même souterraine puisque c'est The Boring Company donc une compagnie de forage qui prétend résoudre le problème des embouteillages dans les mégalopoles non pas par le développement des transports publics parce que c'est quelqu'un qui en bon libertarien ultra individualiste veut rester en voiture lie la collectivité et ne veut pas de transport collectif mais en creusant des tunnels sous les autoroutes urbaines donc à Los Angeles par exemple vous avez des autoroutes qui font deux fois quatre ou deux fois six voies des autoroutes interurbaines il y a 2000 km d'autoroutes à Los Angeles et bien pour malgré la saturation de ce réseau là de ce réseau pourtant bien vaste et bien on va creuser des tunnels donc autrement dit on va résoudre des problèmes posés par des objets par des artefacts non pas par une sobriété et par un usage raisonné de ces objets mais par une surmultiplication de ces objets grâce à des comment dire des équipés techniques qui vont encore dégrader l'environnement

34:48
Présentateur

Mathéo d'ailleurs nous écrit sur l'application France Inter en ces temps de nécessaire sobriété face à la catastrophe climatique ne faudrait-il pas lui parler un petit peu de décroissance pour calmer ses folies dévastatrices juste pour revenir à ce moment là sur ce projet donc là on vient de parler des tunnels mais de Neuralink aussi donc ces implants qui vont effectivement comme le dit Yohann Chapoutot vers l'illimitisme d'Elonme c'est-à-dire augmenter l'être humain qu'est-ce que vous vous avez à en dire est-ce que vous y voyez une forme de encore de déviance dangereuse

35:17
Invité

en fait si on devait résumer la question d'un point de vue philosophique ça serait le légal est-il légitime ce qu'il fait est absolument légal en revanche est-ce que c'est légitime en termes exactement des paradoxes indépassables qu'on est en train de toucher c'est-à-dire la question énergétique la question du transhumanisme etc et ce sont des questions éthiques fondamentales qui ne sont aujourd'hui pas tellement préemptées pourquoi ?

parce que je reviens à mon point on est aujourd'hui dans une compétition mondiale technologique dans une course entre état empire hégémonique et Musk fait partie de l'équation et simplement sur Neuralink quand même parce que c'est important de le dire je vais continuer à filer la métaphore de l'embouteillage l'embouteillage il est aussi cognitif et le vrai danger le vrai écueil sur lequel j'insiste réellement c'est qu'entre le métavers de Zuckerberg entre les puces qu'on va mettre dans le cerveau toujours avec des bonnes intentions parce qu'avec la technologie c'est toujours cette promesse ce sont des technologies si vous voulez duales elles vont faire du mal c'est toujours soit marchand soit pour améliorer une expérience donnée d'achat de santé d'apprentissage etc et en fait très rapidement elles dérivent vers des usages militaires de manipulations cognitives et ce qui se présage et ce qui se profile entre autres aujourd'hui ce sont les guerres cognitives plus que les guerres informationnelles la prochaine génération de la guerre ça va être nos cerveaux et donc quand on entend ça c'est extrêmement dangereux si l'état et on revient à la question de l'état n'y prend pas garde d'ores et déjà

36:38
Présentateur

c'est alors j'ai jamais entendu parler de guerre cognitive Olivier Lascar est-ce que là encore d'ailleurs comme sur la mission Mars est-ce que finalement ce qu'il fait là en ce moment vraiment je le dis aux auditeurs c'est pas du tout de la science-fiction est-ce que ça a une caution scientifique ça aussi ? alors ça a une caution scientifique parce qu'il faut voir

36:56
Invité

que ça ne sort pas du néant installer des puces dans le cerveau des composants électroniques pour enregistrer les signaux électroniques qui naissent dans notre encéphale et sans lesquels il n'y a pas notre fonctionnement moteur sans lesquels on n'a pas l'usage de nos sens enregistrer ces signaux électriques pour les transformer et en faire autre chose c'est utilisé depuis des décennies par les scientifiques qui peuvent employer ce type de technologie par exemple pour soigner des maladies la maladie de Parkinson qui se traduit par des tremblements désordonnés des membres qui font que des personnes ne peuvent même pas porter un verre d'eau à leurs lèvres ça naît du fait que le cerveau génère des signaux électriques parasites qui provoquent ces secousses depuis des décennies et d'ailleurs on peut citer l'équipe française du professeur Benhabid des scientifiques savent poser des électrodes dans le cerveau pour annuler ces signaux parasites et faire en sorte que les tremblements disparaissent donc ce que fait Musk c'est toujours le coup du fusil à deux coups justement c'est à dire qu'il fait parler sur le projet à longue échéance qui est science fictionnelle qui consiste à dire qu'avec les puces on pourra avoir la vision de Robocop et de Terminator voire l'infrarouge et les ultraviolets on pourra télécharger sa mémoire sur des réseaux sur des disques durs etc ça ça fait discuter on dit c'est n'importe quoi et compagnie mais ce faisant il est en train de développer la technologie des puces implantables de la miniaturiser de la rendre beaucoup plus facilement embarquables et c'est à cet égard qu'il est important de regarder ce qu'il fait parce qu'il va devenir un acteur central de nouvelles franges de la médecine qui vont devenir de plus en plus importantes parce que manipuler un fauteuil roulant grâce à son cerveau quand on n'a plus l'usage de ses membres ou taper sur un clavier grâce à la même puce parce qu'on ne peut pas le faire autrement c'est quelque chose qui peut changer la vie de beaucoup de personnes et que des personnes expérimentent aujourd'hui mais avec des dispositifs extrêmement encombrants c'est des boîtiers qui sortent de la tête

39:06
Présentateur

mais donc ça veut dire je me tourne vers Cyril de Sousa Gardosso que quelque part il fait une sorte de vitrine très provocante insolente aussi comme vous disiez provocateur en début d'émission pour en fait faire des choses peut-être beaucoup plus moins comment dire moins voyantes mais plus efficaces et plus utiles

39:26
Invité

c'est les deux en fait c'est pas comme s'il faisait une chose pour cacher l'autre je crois qu'il est sincère quand il vise ses objectifs de long terme ça peut être d'ailleurs inquiétant sur certaines dimensions et en même temps oui il a un plan très clair c'est générer de l'argent générer des bénéfices qui permettent de financer ses projets ce que lui appelle ses master plans donc oui il a ce projet là c'est un explorateur des nouvelles frontières partout il l'a fait dans l'espace il l'a fait dans les technologies électriques et là il le fait dans le cerveau là je pense qu'on atteint cependant l'une des limites du modèle Musk qui est en effet le fait de considérer que l'être humain est une machine dont on peut sans cesse augmenter les capacités c'est l'erreur type c'est parce qu'on a construit le digital l'informatique par un peu copie du fonctionnement humain et maintenant on fait le chemin inverse parce qu'on étend les capacités de la machine on voudrait augmenter celle de l'être humain je pense que là il fait une erreur et il fait la même erreur dans son management

40:17
Présentateur

donc vous vous n'êtes pas illimitiste Cyril de Sousa Cardoso

40:20
Invité

je suis pour en tout cas l'exploration justement des frontières je pense que l'être humain dès qu'il voit une frontière il a envie de s'y rendre nier la frontière parce que c'est nier justement l'aventure qui nous y conduit donc oui il ne faut pas nier les frontières

40:32
Présentateur

allez on continue à parler d'Elon Musk et on va arriver sur le fameux dossier Twitter dans un instant continuez à nous envoyer vos messages sur l'application France Inter et par mail dans un instant on verra aussi les façons potentielles d'arrêter Elon Musk ou alors jusqu'où il va aller alors ça on ne sait pas à tout de suite Roman Holiday et Fontaines d'ici avec Valentine Chedevoix pour la programmation pour la programmation musicale France Inter Camille Cronier

43:32
Invité

nos beads c'est ainsi qu'on appelle nos drones d'exploration et acquisition chez BASH vous les voyez ici vont s'amarrer sur la comète et la scanner grâce aux nanotechnologies développées par le prix Nobel de physique le docteur Gary Talcamont nous déploierons sans attendre n'est-ce pas les explosifs à fission quantique micro-ciblée du docteur Inès prix Nobel elle aussi également récipiendaire du prix Polonski et nous les introduirons dans la comète et quand ces trésors qui nous tombent du ciel seront récupérés la pauvreté telle que nous la connaissons les injustices sociales la perte de la biodiversité toute cette multitude de problèmes ne seront plus que des vestiges du passé et l'humanité se dressera et avancera à grands pas entre les colonnes de Boaz et Jacqueline nue dans la lumière éclatante d'un nouvel âge d'or une existence interplanétaire intergalactique interstellaire pour la race humaine

44:31
Présentateur

voilà ça fait beaucoup rire mes invités pourtant c'est un personnage totalement fictif dans le film Donc Look Up comme on dit toute ressemblance avec une personne existante et fortuite bon là pas vraiment c'est clairement du Elon Musk qui apparaît enfin c'est ce que beaucoup de gens disent on parle d'Elon Musk aujourd'hui dans le débat de midi avec mes quatre invités donc Olivier Lascar dont je rappelle le titre du livre paru en juin dernier enquête sur Elon Musk l'homme qui défie la science aux éditions Alizio Asma Mala enseignante à Sciences Po Paris et Polytechnique spécialiste des enjeux politiques du numérique Cyril de Souza-Gardosso entrepreneur qui lui sort au mois de septembre Elon Musk les secrets d'une réussite insolente aux éditions Mardaga et l'historien Johan Chapouto auteur l'année dernière du grand récit introduction à l'histoire de notre temps aux presses universitaires de France où il est notamment question d'illimitisme Johan Chapouto quand vous entendez cet extrait de Donc Look Up clairement on est d'accord que c'est une caricature mais pas si loignée que ça d'Elon Musk en l'occurrence

45:34
Invité

Ah non c'est criant de vérité lorsque vous lisez la presse sur ce sujet lorsque vous écoutez ces conférences c'est la même tonalité religieuse de type eschatologique c'est-à-dire l'attente des fins dernières l'attente d'un monde meilleur d'un monde nouveau on parlait tout à l'heure d'exploration de nouvelles frontières alors effectivement il y a toujours cette mythologie américaine que Musk a empruntée dont il s'est joué mais lui-même n'explore rien du tout parce qu'il faut rappeler quand même que c'est un financier très classique très archaïque un type qui à titre personnel a des obsessions des fantasmes et des angoisses mais qui agit de manière tout à fait classique pour Tesla par exemple il a investi dans cette compagnie il en a évincé le créateur fondateur Martin Eberhardt qui était le véritable cerveau de tout cela qui lui-même était un véritable écologiste et qui aujourd'hui est effaré par la course productiviste la course au profit la course à la multiplication des objets et par le fait de faire passer des monstres de deux tonnes pour des objets écologiques amenant à la sobriété donc on parle de vision on parle de rêve mais il faut voir qu'il s'agit plutôt d'un cauchemar pour l'humanité entière puisque encore une fois l'idéal régulateur de tout cela c'est la désintégration des systèmes complexes des sociétés des états à cause du changement climatique et de la touffeur que l'on connaît en ce moment et qu'on va connaître de plus en plus le refuge sur les océans avec le projet Seasteading avant de partir vers l'espace mais tout cela ne concernera qu'une minorité d'individus suffisamment riches et suffisamment armés pour au sens littéral pour pouvoir s'offrir ce type de luxe le reste de l'humanité est envoué à vagir dans une planète qui disparaîtra

47:22
Présentateur

Alors on a Ivan qui nous écrit sur Twitter qu'Oleon Musk selon lui est disruptif et qu'il a bousculé notamment le monde automobile montré à toute une industrie qu'on pouvait l'électrifier jusqu'alors les autres constructeurs traînaient des pieds et dépensaient des fortunes pour expliquer que ce n'était pas possible c'est donc une des grandes évolutions du 21ème siècle Olivier Lascar ça va avec ce que vous disiez tout à l'heure sur aussi quelque part le fusil à deux coups c'est à dire qu'il a quand même réussi à faire des avancées c'est ce que vous dites

47:48
Invité

fait qu'il n'a rien apporté et qu'il procède à la façon à la papa par exemple pour ce qui est des fusées il a une méthode il a importé les méthodes de l'informaticien vous savez qu'une équipe d'informaticiens va faire un logiciel et puis le logiciel le fonctionne mais ça ne les empêche pas le lendemain de faire une version bêta et ensuite une version 1.0 1.2 etc et à chaque version on change un petit pouillet de l'algorithme et ce qui fait qu'à la fin le logiciel final il est franchement différent de celui à partir duquel on est parti pour les fusées il a fonctionné un petit peu de la même façon mais avec du solide avec du matériel en dur c'est à dire que d'un lancement à l'autre il a changé un petit peu les caractéristiques de ses moteurs pour en augmenter les capacités la puissance les forces de pression etc ce qui lui a permis d'arriver finalement à ces lanceurs qui sont aujourd'hui réutilisables et fonctionnels et vraiment

48:46
Présentateur

utilisé par des grandes agences spatiales il faut le redire Thomas Pesquet est parti sur l'ISS

48:54
Invité

il a désenclavé les Etats-Unis ça fait 11 ans que les Etats-Unis ne pouvaient plus partir sur l'ISS qu'avec les Soyouz russes depuis la fin du programme de la navette c'est grâce à SpaceX et à la capsule Dragon que de nouveau ils peuvent partir depuis Cap Canaveral donc il a il change la donne je veux dire ça peut être très désagréable de le dire parce que c'est un personnage qui est éminemment désagréable mais ne pas constater qu'il a un changement sur la technologie contemporaine et ce faisant peut-être demain et c'est pour ça qu'il faut questionner ce qu'il fait sur la vie de tout un chacun c'est problématique je pense

49:30
Présentateur

Asma Mala alors on y arrive à ce dossier Twitter qui est le plus récent on peut le dire comme ça donc au mois d'avril Elon Musk annonce qu'il va racheter Twitter il met la chose en suspens et finalement il l'annule il annonce qu'il se ravise le 8 juillet dernier c'est en justice il y aura le procès au mois d'octobre qu'est-ce que ça veut dire enfin je vous posais la question au début de l'émission mais je vous la repose autrement aujourd'hui du coup il veut rentrer dans le plus grand réseau social il veut prendre les commandes du plus grand réseau social du monde le danger c'est quoi c'est la désinformation c'est la liberté d'expression alors

50:01
Invité

pour comprendre Musk et pour comprendre un peu tous ces enjeux là et après je vais répondre très précisément à la question mais très rapidement il faut absolument sortir des réflexes de pensée binaires mal gentil méchant etc c'est beaucoup plus complexe que ça et ça s'inscrit dans un contexte encore une fois politique global alors par rapport à Twitter ça n'y échappe pas Twitter n'est pas le plus gros réseau social en termes du nombre d'utilisateurs c'est le plus influent dans la sphère médiatique et politique et donc ça aide à fixer l'agenda politique et donc quels sont les enjeux et les problématiques qui sont liées à ça c'est un contexte qui est éminemment américain vous avez l'article 1 de la constitution américaine qui a une vision maximaliste de la liberté d'expression et donc qui en fait accolée à la fameuse section 230 je ne rentre pas dans les détails en fait ne donne pratiquement aucune responsabilité légale ou pénale aux plateformes et aux réseaux sociaux de réguler de modérer les contenus qui transitent donc ça voudrait dire quoi plus encore plus de dérégulation c'est à dire que chaque plateforme fait exactement ce qu'elle veut et donc c'est le règne de l'arbitraire et donc quand on a un Elon Musk qui a une vision idéologique extrêmement libertarienne maximaliste de la liberté d'expression c'est à dire un minimum de modération quand vous avez un Elon Musk qui a une vision du monde qui est particulière qu'on a massé du temps à évoquer quand on sait qu'il n'y a aucun garde-fou institutionnel ou démocratique qui l'empêcherait ou qui lui permettrait d'avoir telle ou telle politique de modération ce qui a amené par exemple ce qui a amené au capitol typiquement et donc vous avez un règne de l'arbitraire qui peut avoir des conséquences politiques géopolitiques fondamentales parce qu'aujourd'hui Twitter est un espace d'influence de pouvoir d'information et de désinformation ça peut être effrayant ça Cyril de Souza Cardoso alors bien sûr ça peut être effrayant en tout cas sous certaines dimensions cependant on a bien vu voilà les personnes ont peur de la liberté que semble en tout cas offrir Elon Musk on pourrait avoir beaucoup de débats autour justement de la liberté d'expression

51:55
Présentateur

non c'est pas la liberté qu'il semble offrir c'est la liberté qu'il va prendre

51:59
Invité

sauf qu'il est toujours à deux tirs tout le temps c'est à dire qu'il a une vraie vision sur en effet la liberté d'expression il la défend mais bien entendu ça a été parfaitement en tout cas décrit c'est aussi un objet d'influence pour lui et dans un moment qui est un peu particulier il a été proche de Barack Obama puis de Donald Trump et là il a une relation exécrable avec Biden et dans ce cadre là il le sait il a besoin d'avoir la liberté d'expression pour influencer l'agenda politique il s'entend plus tellement d'ailleurs avec Trump ils se sont frités donc toujours de ça sur Twitter

52:32
Présentateur

ah bah d'accord

52:33
Invité

enfin pas sur Twitter mais enfin

52:34
Présentateur

par les réseaux sociaux Yoann Chapoutot très rapidement illimité et inarrêtable Elon Musk selon vous ?

52:42
Invité

ça j'en sais rien bon il se heurtera sans doute à des limites biologiques que nous connaissons tous mais j'aimerais revenir sur le il fait il a fait ceci il a fait cela non encore une fois il fonctionne comme n'importe quel financier qui créerait un fonds d'investissement fait c'est à dire qu'il prend des ingénieurs il prend des mathématiciens et il les fait travailler en les surexploitant d'ailleurs puisqu'on est absolument essoré lorsqu'on travaille avec quelqu'un qui est aussi productiviste et aussi extrémiste dans l'idée du profit l'exaltation de ces gens là c'est de participer censément apparemment à une révolution alors d'ailleurs l'emploi du terme révolution est intéressant mais une révolution technologique mais pour citer Walter Benjamin c'est toujours intéressant il faut bien faire attention que la véritable révolution ce n'est pas dans la locomotive et dans le moteur qu'on la trouve ce n'est pas dans la propulsion c'est dans le frein d'urgence c'est dans le fait de tirer le frein d'urgence et je pense que là aujourd'hui on en est là on en a le spectacle sous nos yeux tous les jours

53:40
Présentateur

Olivier Lascar pour rebondir sur ce frein d'urgence vous pensez que là il y a quelque chose il en fait trop et qu'il faut l'arrêter d'une façon ou d'une autre

53:48
Invité

je pense que c'est ce que j'essayais de décrire avec ce qui se passe avec la NASA la séquence qui s'ouvre et qui va être intéressante à observer c'est comment ces partenaires institutionnels vont siffler la fin de la récréation parce que je pense que c'est ce qui va arriver maintenant et on va arrêter de le laisser s'ébrouer librement dans toutes les directions parce qu'on voit que c'est un personnage qui tire d'abord et qui fait les sommations après donc ça peut devenir gênant

54:17
Présentateur

un mot Cyril de Sousa Cardoso je vous ai fait commencer par un mot vous finissez par un mot

54:21
Invité

ces innovateurs entrepreneurs il faut leur donner un cadre de jeu pour qu'ils nous aident à évoluer

54:25
Présentateur

c'est pas trop du jeu

54:25
Invité

si je peux me permettre à très court c'est important c'est sur Twitter le vrai risque il est vraiment politique parce qu'on a une société qui est totalement polarisée et ça risque en fait d'aggraver ce problème là et qui va revenir en conséquence indirecte en Europe allez un petit

54:37
Présentateur

pour terminer le petit sondage Twitter du jour première proposition

54:40
Invité

David Bowie

54:43
Présentateur

Life on Mars deuxième proposition Tom Jones Mars Attacks troisième proposition I Am Planète Mars Asma Malin vous votez pour qui Bowie Bowie évidemment I Am Cyril de Sousa Johan Chaputo

55:02
Invité

Mars Attacks sans hésiter

55:04
Présentateur

Tom Jones et Olivier Lascar pour finir

55:06
Invité

Tom Jones of course

55:08
Présentateur

et bien sur Twitter c'est David Bowie qui gagne largement 68% deuxième position pour Tom Jones 17% et Planète Mars I Am 15% merci à vous quatre d'être venus dans le débat de midi et moi je vous retrouve demain auditrices et auditeurs les amis ce sera ma dernière avant les vacances donc pour partir en beauté question ultime faut-il faire chambre à part bon après-midi