Hausse des prix des matières premières, présidentielle 2022... Le "8h30 franceinfo" de Franck Riester
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Est-ce que vous craignez une phase d'instabilité en Europe compte tenu du poids de l'Allemagne ?
- 3:05OuverteRéponse directe
Est-ce qu'à l'occasion de ce changement en Allemagne, la France pourrait asseoir davantage son leadership dans ce fameux couple ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Est-ce que cette crise va durer ?
- 5:52OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un troisièmement avec la Russie sur le prix du gaz ?
- 6:41OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez une nouvelle flambée sociale en France ?
- 10:01OuverteRéponse directe
Est-ce que le rétablissement de la confiance va prendre du temps ? Et je parle spécifiquement de l'Australie.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Non, pas d'instabilité, mais il y a des enjeux pour la France et pour l'Europe. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Et c'est vrai qu'il y a des différences si c'est par exemple le FDP qui est très à cheval, si je puis dire, le parti libéral allemand, qui est très exigeant sur la question du pacte de stabilité en matière budgétaire. »
- 3:34Invité politiqueFait
« Cette décision historique de création d'une solidarité européenne avec un emprunt en commun qui est sur la base d'une initiative franco-allemande. »
- 5:01Invité politiqueChiffre
« On reprend, on repart vite et fort avec des prévisions de croissance de plus de 6% en France en 2021. »
- 7:03Invité politiqueChiffre
« Après une crise historique, sanitaire, une crise économique, avec un PIB qui est descendu de plus de 8 points en 2020. »
- 10:11Invité politiqueFait
« C'est un coup dans le dos, comme l'a dit Jean-Yves Le Drian, très fort. »
- 10:55Invité politiqueChiffre
« Oui, enfin, c'est symbolique quand il s'agit de peut-être plusieurs centaines de millions d'euros. »
- 11:01Invité politiqueChiffre
« Certes, mais vous savez que ces 50 milliards d'euros, c'est un chiffre global sur 50 ans et avec beaucoup de transferts aussi de compétences et de création de richesses en Australie. »
- 19:50Invité politiqueFait
« La France par exemple en termes d'attractivité pour la deuxième année consécutive est le pays le plus attractif d'Europe en matière d'investissement étranger sur son sol. »
- 20:07Invité politiqueFait
« Nous avons aussi avec la croissance en 2021 la démonstration que les mesures qui ont été prises pendant la crise, ces mesures d'urgence, le plan de relance et demain le plan d'investissement pour 2030, on a pris les décisions qui permettaient de préparer notre, protéger nos compatriotes et préparer le pays aux défis économiques de demain. »
Temps de parole
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Bienvenue à tous, le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de France Info. Notre invité ce matin, ministre délégué au commerce extérieur, en charge de l'attractivité de la France et président du mouvement Agir. Bonjour Franck Riester. Bonjour. Les élections législatives se déroulent aujourd'hui en Allemagne. On va tourner la page Angela Merkel. Est-ce que vous craignez une phase d'instabilité en Europe compte tenu du poids de l'Allemagne ?
Non, pas d'instabilité, mais il y a des enjeux pour la France et pour l'Europe. Les deux candidats les plus probables pour la chancellerie se revendiquent dans la succession d'une certaine façon d'Angela Merkel, dans la continuité d'Angela Merkel. Donc on voit bien que les choses ne devraient pas changer radicalement en Europe. Mais enfin, ça va dépendre de la coalition qui sera en responsabilité. Est-ce que ça sera une coalition entre les conservateurs, les verts, les conservateurs, les libéraux ? Est-ce que ce sera le SPD avec les verts, avec l'extrême gauche ?
Écoutez, ce qui est important pour nous, c'est que l'Allemagne soit très moteur dans davantage d'intégration européenne, de souveraineté européenne, qu'on continue de prendre en compte la réalité de la crise économique qui a eu un impact sur tous les budgets de l'Europe. Et donc nous devons espérer que l'Allemagne continuera d'être un partenaire décidé à accélérer la mise en œuvre d'une souveraineté européenne plus affirmée en matière de défense, en matière de commerce, en matière de fiscalité, en matière sociale.
Et c'est vrai qu'il y a des différences si c'est par exemple le FDP qui est très à cheval, si je puis dire, le parti libéral allemand, qui est très exigeant sur la question du pacte de stabilité en matière budgétaire et donc qui aura peut-être plus d'appréhension à ce qu'on aille plus loin en matière de dépenses communes européennes sur la défense par exemple. Et donc nous, ça nous pose un problème parce qu'on pense qu'il faut justement plus de solidarité européenne et plus de volontarisme européen.
Il faudra en quelque sorte que les équipes de l'exécutif, l'exécutif français, et la nouvelle équipe allemande se reniflent, apprennent à vivre en quelque sorte ensemble pour le leadership européen ? Oui, bien sûr, c'est important.
Le couple franco-allemand est absolument clé pour l'Union européenne, même si nous travaillons avec beaucoup d'autres partenaires, je pense bien sûr à l'Espagne, à l'Italie, aux Pays-Bas, qui sont aujourd'hui des partenaires très essentiels, clés pour la construction européenne. Et bien sûr, tous les pays, les 27, les 26, puisque la France est le 27e pays de l'Union européenne, nous avons des entretiens réguliers parce que l'Europe ne peut pas se résumer simplement à un couple franco-allemand. Pour autant, on le sait bien, c'est un des moteurs essentiels à cette construction européenne.
Et on voit bien qu'on est dans un moment clé où nous avons besoin de plus de souveraineté européenne, où on a besoin de mettre en place des politiques pour faire face aux enjeux qui sont les enjeux de notre pays et de l'Europe.
Mais est-ce qu'à l'occasion de ce changement en Allemagne, la France pourrait asseoir davantage son leadership dans ce fameux couple qui n'a pas toujours été très équilibré en notre faveur ?
Écoutez, ces dernières années, le couple était très équilibré. Le président de la République et la chancelière s'entendaient très bien. Ils avaient réussi notamment à initier des initiatives importantes en matière européenne, à commencer par le plan de relance avec des emprunts européens. Cette décision historique de création d'une solidarité européenne avec un emprunt en commun qui est sur la base d'une initiative franco-allemande. Et c'est vrai que Angela Merkel, avec la durée de son mandat de 16 ans, avait trouvé une place centrale dans le dispositif européen. Le président de la République a aujourd'hui un leadership incontesté au niveau européen. C'est vrai.
Il est régulièrement à pousser des initiatives qui font bouger l'Europe. Et il aura une opportunité de le faire particulièrement. Et à travers lui, la France, puisque vous le savez, la France va présider le Conseil de l'Union européenne à partir du premier semestre 2022.
Et ça sera un moment clé pour l'avenir de l'Europe. Franck Riester, il y a une question qui intéresse tous les consommateurs français. Après la crise économique, la reprise, c'est aussi le symbole d'une inflation du prix des matières premières, électricité, gaz, essence, mais également les produits alimentaires. Vous êtes une tour de vigie, en quelque sorte, de la mondialisation, de l'international. Est-ce que cette crise va durer ?
Oui, ça va durer vraisemblablement encore plusieurs mois pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il y a une croissance économique. Il faut s'en réjouir partout dans le monde, et notamment en Europe, et particulièrement en France, grâce notamment aux mesures qui ont été prises pendant la crise pour protéger notre outil économique, protéger les salaires, protéger les employés qui travaillent dans les entreprises. Et donc, on reprend, on repart vite et fort avec des prévisions de croissance de plus de 6% en France en 2021. Mais c'est vrai dans un certain nombre de régions du monde.
Et donc, ça crée des tensions d'approvisionnement sur les matières premières, sur l'hydrocarbure, qui n'ont pas forcément anticipé cette reprise aussi rapide.
Donc, la croissance fait grimper les prix, en l'occurrence.
Exactement, c'est le mécanisme très classique de l'offre et de la demande. Il y a une demande très forte, et l'offre ne s'est pas réadaptée aussi vite qu'imaginée. Et puis, deuxièmement, c'est la perturbation des chaînes logistiques. Alors, c'est moins vrai sur l'hydrocarbure que pour un certain nombre de matières premières, alimentaires ou des intrants pour l'industrie, qui, cette chaîne logistique, a été perturbée très fortement par la crise Covid, avec des contraintes sanitaires dans les ports, par exemple.
Et je me permets, est-ce qu'il y a un troisièmement avec la Russie sur le prix du gaz ? Est-ce qu'il faut que la Russie ouvre plus largement les vannes ?
L'Europe s'alimente, si je puis dire, s'approvisionne en gaz russe, mais en gaz aussi américain et d'autres régions du monde, à une propre production de gaz. Et c'est une discussion à avoir avec nos partenaires pour veiller à ce que, effectivement, le prix des matières premières d'hydrocarbure soit à un niveau raisonnable parce que ça risque d'impacter la crise. Mais, vous savez, il y a ce qu'on peut souhaiter, il y a la diplomatie et puis il y a les décisions de nos partenaires. Et on ne décide pas à leur place.
Et alors, justement, vous avez une double casquette. Vous êtes, effectivement, un ministre, mais vous êtes aussi patron d'un parti politique. Et à ce titre, est-ce que vous craignez une nouvelle flambée sociale en France, les consommateurs qui ont du mal à payer leurs factures ?
Non, écoutez, d'abord, il faut se réjouir du fait que, après une crise historique, sanitaire, une crise économique, avec un PIB qui est descendu de plus de 8 points en 2020. C'est absolument record en période de paix. Et donc, nous devons, d'abord, nous réjouir de la façon dont nous sortons de cette crise sanitaire. Donc, il faut rester très prudent, puisque, vous savez, en matière de crise sanitaire...
J'allais vous le dire, parce que vous êtes bien sûr qu'on en sort réellement.
Non, non, mais attendez, il faut être très prudent en matière de crise sanitaire. On est très vigilants. Mais l'effort qu'ont fait nos compatriotes en termes de vaccination, doit nous permettre d'être un peu plus optimistes. Mais il faut être très vigilants. Il y a ces questions de variants. Et on ne sait jamais si on peut, demain, avoir une nouvelle vague ou pas. Pour autant, nous pouvons nous réjouir de la façon dont nous sortons de cette crise sanitaire économique. Bien évidemment, il y a des tensions sur les matières premières et sur l'hydrocarbure, comme vous l'avez rappelé.
Enfin, quand on voit ce qui se passe dans un certain nombre de pays avec la flambée du chômage, avec des difficultés absolument considérables, le fait que, par exemple, on soit revenu... C'était le point de départ du mouvement des Gilets jaunes. Oui, qu'on soit revenu au niveau de chômage avant crise démontre que les mesures qui ont été prises pendant la crise ont été utiles et efficaces pour nos compatriotes.
On marque une pause dans cette discussion. Franck Riester, pour le Filinfo 9h moins 20, Diane Ferschit.
En Allemagne, plus de 60 millions d'électeurs rappelés aux urnes ce dimanche pour les législatives. Ils vont désigner la nouvelle coalition qui gouvernera le pays ainsi que le successeur d'Angela Merkel. Elle va quitter la chancellerie après 16 ans passées à la tête de l'Allemagne. Paris va doubler ses dons de vaccins anti-Covid pour les pays les plus pauvres, annonce d'Emmanuel Macron hier soir dans une vidéo diffusée lors du grand concert caritatif Global Citizen Live. 120 millions de doses donc. Au total, on doit aller plus vite et plus fort, insistait le chef de l'État, rappelant qu'en Afrique, seul 3% de la population est vaccinée.
La réaction du maire de Nice, Christian Estrosi, après que des manifestants anti-pass sanitaires ont tenté de s'approcher de son domicile sans prendre à mon foyer familial, est inqualifiable, écrit l'élu sur Twitter. Une personne a été interpellée hier. C'était une nouvelle journée de mobilisation des opposants au pass sanitaire. 60 000 personnes mobilisées au total dans tout le pays. Jusqu'à 150 mm de précipitation dans le Gard, cette nuit, deux maisons ont été frappées par la foudre. Un épisode de Sévenol qui touche aussi la Drôme et l'Ardèche. Les trois départements sont en vigilance orange. Ce n'est plus le cas ce matin de l'Hérault.
La huitième journée de Ligue 1 de football, six matchs à suivre aujourd'hui, dont Bordeaux-Rennes, c'est à 13h. Clermont-Monaco à 17h et puis Marseille-Lens à 20h45. L'OM qui vit un bon début de saison malgré les débordements autour de l'équipe depuis plusieurs matchs. Et hier soir, victoire du PSG sur Montpellier 2 à 0. De bonne augure avant le choc de mardi en Ligue des Champions, les Parisiens affronteront Manchester City.
C'est Franck Riester, ministre délégué au commerce extérieur en charge de l'attractivité de la France, qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Geraud Bertolus.
Conséquence de ce que l'on appelle le contrat du chèque, sa rupture entre les pays anglo-saxons et la France, vous refusez de rencontrer dans les prochains jours, il sera à Paris, votre homologue australien. Est-ce que le rétablissement de la confiance va prendre du temps ? Et je parle spécifiquement de l'Australie.
Oui, c'est un coup dans le dos, comme l'a dit Jean-Yves Le Drian, très fort. C'est une forme de trahison de ce contrat et de cette relation spécifique que nous étions en train de construire avec l'Australie. Et oui, ça va prendre du temps parce qu'il va falloir des preuves très fortes de reconstitution de cette confiance. D'abord, il va falloir qu'on règle la question des contrats, parce que ces questions-là ne sont pas réglées. Il doit y avoir des discussions, ces discussions amenant à une résolution de ces contrats pour que la France puisse faire jouer aussi les clauses de ces contrats avec l'Australie. Donc des indemnisations ? C'est ça qu'il faut regarder.
C'est Florence Parly, bien évidemment, et Jean-Yves Le Drian qui y travaillent.
Les chiffres qui circulent sont très faibles par rapport aux contrats eux-mêmes. C'est un peu symbolique.
Oui, enfin, c'est symbolique quand il s'agit de peut-être plusieurs centaines de millions d'euros.
Oui, par rapport à 55 milliards d'euros.
Certes, mais vous savez que ces 50 milliards d'euros, c'est un chiffre global sur 50 ans et avec beaucoup de transferts aussi de compétences et de création de richesses en Australie. C'est pour ça que c'est un bon contrat, parce que c'était vraiment construire un partenariat stratégique sur le temps long. Mais il va falloir qu'on puisse réétablir les conditions de la confiance. On ne peut pas faire comme si de rien n'était. On ne peut pas faire business as usual. Et donc, on va prendre un peu de temps avant de reparler d'autres sujets avec l'Australie. Le temps que se règlent ces questions avec le contrat. Et ensuite, qu'on ait des signaux très clairs de rétablissement de la confiance.
Il faudra des actes et pas que des mots, parce que ce qui s'est passé est très grave.
En tout cas, on n'a pas de mesure de rétorsion évidente sous la main, manifestement.
Non, mais attendez, nous, on n'est pas dans une logique de rétorsion. On est dans une logique d'avoir des explications, qu'on règle la question de ces contrats pour qu'on puisse sortir de cette période d'incertitude. Et les choses ne sont pas finies, parce que, Jean-Yves Le Drian l'a très bien dit, c'est compliqué, c'est complexe. On n'a pas toutes les réponses aux questions qu'on se pose. Par exemple, avoir un moteur nucléaire pour les sous-marins change radicalement la donne par rapport à un moteur conventionnel. Comment ils vont gérer cette question de l'entretien, par exemple, des sous-marins ? Et de la dissémination.
Quelle est la question de l'escalade de la nucléarisation de l'armement dans la zone ? Et tout ça, ce sont des questions qu'il va falloir aborder avec l'Australie et, bien sûr, avec les États-Unis. Parce qu'on voit bien que la France ne va pas mettre dans sa poche sa stratégie indo-pacifique. Nous avons presque 2 millions de nos compatriotes qui sont dans la zone. Nous avons 7 000 militaires. Et nous comptons bien assurer nos intérêts dans cette zone avec nos amis européens. Et donc, il va falloir qu'avec nos alliés, avec les États-Unis, avec les Britanniques, avec les Australiens, on trouve les voies et moyens de travailler en bonne intelligence.
Parce que nous, nous refuserons toujours, Jérôme Bertolus. C'est une logique de confrontation avec la Chine. Parce que ce qui est sous-jacent dans tout ça, c'est le risque d'escalade militaire dans la région. Nous voulons engager, si je puis dire, la Chine d'une façon exigeante, dans une compétition exigeante. Et on le sait bien, en matière commerciale, la concurrence parfois déloyale que met en place les Chinois vis-à-vis des Européens est inacceptable. Et pour autant, on pense que la logique de bloc, la logique de quasi-guerre froide, est une mauvaise logique dans laquelle nous, Européens et Français, on ne veut pas se joindre.
Très vite, parce qu'on va aborder notamment les questions politiques. Mais est-ce qu'il ne faut pas, à l'occasion de la présidence française de l'Union Européenne, en janvier prochain, arrêter d'être naïf en matière commerciale par rapport aux Américains qui utilisent le droit, qui utilisent des sanctions, on l'a vu récemment, sur l'acier et l'aluminium, etc. Est-ce qu'il ne faut pas grandir un petit peu ?
Bien sûr, c'est tout l'objectif que nous avons. C'est dans le discours du Président de la République à la Sorbonne, comme vous le savez, et c'est au cœur de ce que nous voulons initier et accélérer lors de la présidence française de l'Union Européenne. Et c'est déjà au cœur de notre action. Nous sommes en pleine révision de la politique commerciale européenne, pour justement qu'elle soit moins naïve, qu'elle protège mieux nos compatriotes. Je vais vous donner un exemple, la réciprocité dans les marchés publics.
Aujourd'hui, nous ouvrons nos marchés publics européens aux produits de pays extérieurs à l'Union Européenne, sans nous assurer que ces mêmes pays ouvrent leur propre marché public à nos produits, à nos entreprises. Et bien ça, c'est fini. Et on a, on l'espère pendant la présidence française, un instrument juridique qui va nous permettre de bloquer les produits qui viendront de pays qui n'ouvriront pas leur propre marché public à nos entreprises. Vous voyez que c'est du concret et ça changera radicalement la donne dans cette relation que nous avons avec nos partenaires extérieurs à l'Union Européenne, à commencer par la Chine.
Franck Riester, on passe à la politique. Je vais vous demander dans un tout petit instant si vous avez regardé le débat Zemmour-Mélenchon. Mais d'abord, la question c'est, est-ce qu'il faut débattre avec le polémiste d'ultra-droite ? Écoutez ce que disait Martine Aubry hier sur ce plateau. La députée de la France Insoumise était l'invité d'Ercine Lebovitch.
Pour la première fois, on a eu un contraducteur face à Éric Zemmour. Depuis des mois, on déroule, certains médias déroulent le tapis rouge à quelqu'un qui est considéré comme un polémiste, mais en réalité dont la candidature à la présidentielle ne fait de secret pour plus personne. Et moi je suis soulagée que face au discours de haine, de racisme, de xénophonie, de misogynie, on a pu opposer un autre projet politique.
Ça s'entend ou pas ? Il faut débattre avec Éric Zemmour ? Oui bien sûr, je n'ai pas regardé... Oui bien sûr, il faut débattre avec Éric Zemmour.
Oui je n'ai pas regardé... Vous pourriez débattre avec Éric Zemmour ? Bien sûr, il faut, il va probablement, c'est un peu un secret de polichinelle être candidat à l'élection présidentielle, il faut débattre et dénoncer avec force les propositions qu'il a régulièrement sur différents sujets et puis contester aussi la façon dont il hystérise le débat public, la façon dont il stigmatise toutes les catégories de personnes d'une façon répétée et scandaleuse. Mais je n'ai pas pu regarder le débat parce que j'étais avec un ministre étranger qui voulait rencontrer des entreprises françaises et donc j'étais en train d'essayer de faciliter les exportations françaises vers ce pays.
Vous l'avez regardé en replay peut-être ensuite ? Et j'ai regardé quelques moments effectivement croustillants. Bon, je vais vous dire, il faut débattre avec Éric Zemmour. Je ne suis pas sûr que Jean-Luc Mélenchon soit celui qui apporte les réponses les plus précises et les plus efficaces à ce que dit Éric Zemmour. Mais enfin, il y a eu plus de 4 millions je crois de personnes qui ont regardé ce débat.
Si c'est pour faire en sorte de mieux comprendre les propositions des uns et des autres et si c'est pour que dès maintenant les français s'intéressent et comprennent les enjeux et essayent d'éclaircir les propositions des uns et des autres pour les élections présidentielles, on ne peut que s'en réjouir. Après, si la campagne présidentielle se résume à un combat... C'est un phénomène durable, Éric Zemmour ?
Ou finalement, c'est un phénomène qui va, dès qu'il sera candidat, on va dire, ça va faire chic ?
Effectivement, passer du statut de polémiste au statut de candidat à l'élection présidentielle change beaucoup de choses. Mais il a l'air de s'y préparer. Et donc, il faut que celles et ceux qui seront engagés dans ce débat de la présidentielle soient déterminés à lutter pied à pied à toutes les propositions qu'il fait, à la façon dont il fait de la politique qui vise à historiser le débat, à créer des divisions dans notre pays, ce qui est absolument, pour moi, inacceptable.
Franck Riester, invité du 8.30 France Info. On reprend cette discussion après le fil info, 9h10, Diane Ferchit.
L'intensité des précipitations va affaiblir d'ici la mi-journée, mais il est tombé jusqu'à 150 mm de pluie dans le Gard, dans le secteur d'Alès. Cette nuit, c'est l'épicentre des orages sur le sud-est. Le Gard, tout comme la Drôme et l'Ardèche, est en vigilance orange. La direction des Républicains espère rallier Xavier Bertrand au processus de désignation d'un candidat à la présidentielle à droite. Il n'y aura pas de primaire, mais un congrès où seuls les adhérents LR pourront voter. Ce sont eux qui se sont prononcés hier en faveur de cette option. La promesse d'Emmanuel Macron en faveur des pays les plus pauvres lors du Global Citizen Live à Paris.
Le chef de l'État annonce que la France va doubler ses dons de vaccins contre le Covid, 120 millions de doses au lieu de 60 millions précédemment. Qui pourrait succéder à Angela Merkel ? Journée de vote en Allemagne pour les élections législatives. Le match s'annonce serré. Les candidats ont tenu à faire campagne jusqu'au dernier moment. Hier, la chancelière sortante est allée soutenir le candidat de la CDU, Armin Lachette, lors d'un dernier meeting. Au Royaume-Uni, le gouvernement britannique obligé de rouvrir les vannes de l'immigration professionnelle malgré le Brexit. Il va délivrer 10 500 visas en urgence à des travailleurs étrangers.
Des visas de travail pour trois mois afin de pallier le manque de main-d'oeuvre, notamment dans les élevages de volailles et le transport routier. France Info.
Franck Riester, invité du 8.30 France Info ce matin. Franck Riester, c'est le temps des primaires chez les écologistes. Le parti LR a choisi finalement un congrès pour déterminer son candidat. La République En Marche défend le bilan d'Emmanuel Macron en ce moment. Le parti est en campagne là aussi ou pas ?
Oui, on est dans un moment de préparation des échéances de 2022 et c'est important que la majorité dise à quel point nous sommes fiers du bilan du président de la République qui a transformé le pays. Il y a encore des choses à faire, à approfondir, à aller encore plus loin. Mais les engagements qu'il avait pris pendant la campagne, pour la plupart, ont été tenus malgré les crises, malgré la crise des gilets jaunes dont vous parliez tout à l'heure, malgré la crise de la Covid.
Et donc pour être très fiers effectivement de ce qui a été fait, moi je vois sur la partie économique et commerciale, la France par exemple en termes d'attractivité pour la deuxième année consécutive est le pays le plus attractif d'Europe en matière d'investissement étranger sur son sol. Et ce n'est pas le fruit du hasard, c'est parce qu'il y a eu une politique d'amélioration de la compétitivité du pays qui a été menée avec beaucoup de courage et de détermination.
Nous avons aussi avec la croissance en 2021 la démonstration que les mesures qui ont été prises pendant la crise, ces mesures d'urgence, le plan de relance et demain le plan d'investissement pour 2030, on a pris les décisions qui permettaient de préparer notre, protéger nos compatriotes et préparer le pays aux défis économiques de demain. Et donc on peut être fiers de ce bilan. Il y a beaucoup d'autres sujets sur lesquels on pourrait évoquer le bilan.
Il y a d'ailleurs un tract d'un million d'exemplaires qui circulent. Pour l'avenir, Franck Riester, vous présidez aujourd'hui le deuxième congrès du parti politique qui s'appelle Agir, qui est un petit peu à la droite de la majorité présidentielle. Très jeune parti. Et à peine né, il va être absorbé par un grand parti démocrate, un grand parti présidentiel.
Écoutez, d'abord on est très fiers. On a notre deuxième congrès effectivement aujourd'hui, avec tous les militants, les cadres, les élus qui ont pris la décision de venir à Paris pour pouvoir se réunir et faire le bilan de ces trois ans.
Et on peut être fiers au bout de trois ans d'avoir créé effectivement un parti politique de droite, de droite et de centre droit, dans la lignée de ce qu'est tel UMP à l'époque, c'est-à-dire une droite libérale, humaniste, pro-européenne et réformatrice, et qui est très claire sur son positionnement vis-à-vis du Front National et des extrêmes de droite en général, c'est niet, contrairement, vous le voyez, un certain nombre de responsables des LR qui sont toujours tournés vers les extrêmes, à commencer par Éric Ciotti qui annonce qu'il votera plutôt pour Éric Zemmour. Comment vous voyez ce grand parti démocrate ? Le temps passe.
Attendez, parce que c'est important pour Éric Zemmour, s'il y a un deuxième tour entre Éric Zemmour et Emmanuel Macron, et qui est aussi constructif, c'est-à-dire qu'il travaille avec la majorité au service de la mise en œuvre d'un projet qui porte, celui d'Emmanuel Macron, des réformes que la droite a toujours revendiquées sans pour autant les mettre en œuvre.
Et donc nous pensons depuis longtemps qu'il faut mieux travailler avec nos partenaires de la majorité, La République En Marche et le Modem, et donc nous sommes favorables effectivement à une meilleure coordination et à la création d'une maison commune dont il faut regarder avec précision les modalités bien sûr, avec une ligne rouge qui est la fusion d'illusion, c'est-à-dire la création d'un tout, d'un grand machin dans lequel personne retrouverait sa sensibilité, mais pour autant il faut que nous puissions bâtir cette maison commune ou cette coopérative, comme d'autres utilisent, comme certains d'autres personnes utilisent le mot coopérative, pour pouvoir préparer à la fois l'élection présidentielle et ensuite avoir la majorité qui nous permet de gouverner, c'est-à-dire de mettre en œuvre le projet politique que portera le président de la République, que nous soutiendrons pour cette élection 2022, s'il est candidat, ce que j'appelle de mes voeux.
Donc on n'entend pas de fusion et en même temps, pourquoi ne pas fusionner avec le mouvement qu'Edouard Philippe va porter sur les fonds baptismaux, ce sera le 8 et 9 octobre au Havre ?
D'abord c'est une bonne nouvelle qu'Edouard Philippe s'engage comme il s'engage dans la Constitution. C'est votre ami Edouard Philippe ? Bien sûr, c'est quelqu'un avec qui j'ai siégé à l'Assemblée Nationale pendant 5 ans, de 2012 à 2017, dont j'ai été un des ministres pendant 2 ans, lorsqu'il était à Matignon, et nous partageons des idées, des valeurs en commun. Et donc il souhaite s'engager dans la structuration politique de ses idées, c'est une bonne nouvelle, et nous souhaitons avec mes amis d'Agir travailler avec lui.
Parce que vous chassez sur les mêmes terres, vous chassez sur les mêmes terres de droite, vous avez la même mission.
Et vous savez, vu les enjeux de notre pays, on a parlé d'un certain nombre d'enjeux. Il faut savoir se rassembler au service de nos idées, au service de l'action et de l'intérêt du pays. Nous sommes constructifs, nous chez Agir, on est Agir la droite constructive, donc par construction si je puis dire, on a envie de rassembler plutôt que de rester chacun chez soi, chacun pour soi.
Il y a une initiative que prend Edouard Philippe, et nous voulons travailler avec lui à constituer ce pôle de cette droite fidèle à ses idées, celle de la droite républicaine, cette droite et ce centre qui ont envie de travailler pour la réélection d'Emmanuel Macron et ensuite mettre en œuvre, dans la majorité d'Emmanuel Macron, le projet qu'il portera devant les Français en 2022. C'est clair. Et donc oui, nous allons, je vais serrer, je l'espère, mobiliser avec tous mes amis pour faire en sorte... Vous serez au Havre ?
Je serai au Havre si Edouard Philippe m'invite, mais peu de secret de vous dire qu'a priori cet après-midi, au Congrès, il fera une vidéo dans laquelle il m'invitera pour venir au Havre. Et je serai avec mes amis au Havre parce que nous avons besoin de construire ce pôle-là au service de la réaction d'Emmanuel Macron et au service, encore une fois, de nos idées qui sont, il nous semble, les meilleurs pour faire en sorte de relever les défis de notre pays.
En deux mots, vous avez un nom pour diriger le futur parti présidentiel. Qui va le diriger ? C'est trop tôt ?
C'est trop tôt. Mais en tout état de cause, nous voulons travailler avec nos partenaires de la majorité à ce dépassement politique qui est utile pour le pays. Merci Franck Riester, ministre délégué au commerce extérieur en charge de l'attractivité
de la France et président du mouvement Agir, invité du 830 France Info ce matin.
Franck Riester