Service militaire : les Français prêts au sacrifice ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le président Macron a-t-il décidé de remonter le temps ? Trayir Rangers et garde à vous, il devrait annoncer demain l'instauration d'une nouvelle forme de service militaire sur la base du volontariat. Le service dans sa version obligatoire avait été abandonné en 1997.
Jacques Chirac l'avait supprimé car trop cher et dépassé. Le service militaire a été créé en 1905 à une époque où il fallait des poitrines à opposer à d'autres poitrine si j'ose dire face à un danger extérieur. Cette époque est complètement révolue.
Sauf qu'aujourd'hui la France veut bomber le torse face à la Russie de Vladimir Poutine. On est face à un monde géopolitique complètement bouleversé. On a un vrai risque aux portes de l'Europe avec la Russie qui envahit l'Ukraine.
Il faut qu'on soit fort, fort, dissuasif, mais aussi près à une possible guerre selon les mots la semaine dernière du chef d'état-major des armées. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut il faut dire les choses. Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque.
Cette déclaration a ouvert une vaste polémique. Eren et les filles ou encore le communiste Fabien Roussell ont dénoncé le discours va en guerre d'un pouvoir prêt à sacrifier ses enfants. Nous voulons perdre aucun de nos enfants, ni ici ni à l'étranger.
Emmanuel Macron a pris la parole pour essayer d'apaiser la controverse. Je pense qu'il faut vraiment supprimer toute idée confuse qui consisterait à dire qu'on va envoyer nos jeunes en Ukraine. C'est pas du tout le sens de de cette affaire.
Alors, au moment où Donald Trump tente d'accélérer les difficiles négociations de paix entre l'Ukraine et la Russie sur la base d'un accord dicté par Moscou, la France comptaelle utiliser le retour du service militaire comme une arme de dissuasion face au risque de conflit. À quel sacrifice les Français sont-ils prêts ? Nos trois invités pour ce débat.
Nicolas Offenstad, bonsoir. Vous êtes historien et professeur à l'université Paren. Je signale votre dernier essai.
Le pays disparu sur les traces de la RDA. Et à propos du sujet qui nous concerne, le service militaire peut fonctionner selon vous comme une forme de mobilisation patriotique. La question est de savoir quelle serait son utilité à l'heure des armées ultra modernes alors que le rapport au sacrifice a profondément changé en un siècle, en peine un siècle.
À côté de vous, général Dominique Trincan, bonsoir. Ancien chef de la mission militaire française auprès de le NU. Votre dernier ouvrage d'un monde à l'autre.
Selon vous, il ne s'agit pas d'appeler au sacrifice, il s'agit d'un engagement au sens fort du terme. Les français, ils sont prêts selon vous. Ce qu'il faut réveiller désormais, c'est ce que l'on appelle les forces morales.
Et à côté de vous, Alexandra Saviana. Bonsoir. Vous êtes reporter, grand reporter à l'Express.
Votre dernier ouvrage, les scénarios noirs de l'armée française chez Robert Lafond. Selon vous, recruter de nouveaux soldats avec de nombreux réservistes permet de montrer à un adversaire éventuel et bien que l'on est capable de riposter en cas d'attaque. C'est un élément de dissuasion.
Et on va démarrer avec le site du jour. Oui, le site internet du jour hein, regardez, c'est celui du gouvernement sur le service militaire volontaire, le smv.gouff.fr. faire 7 centres 10000 jeunes formés dont un/art de femmes.
Alors quand on a vu ça Alexandra Savien, on s'est dit ben en fait ça existe déjà le service militaire volontaire que le président s'apprête à annoncer. Ben d'ailleurs certains médias commencent à parler de nouveaux services militaires volontaires. En fait ceci dont vous parlez, ça a été créé en 2015, lancé sous François Hollande.
C'est quelque chose qui a une vocation plus d'insertion sociale. C'est les militaires qui encadrent, qui aident des jeunes à s'insérer et à avoir ensuite une vocation professionnalisante. Et ça existe aussi sous une autre forme depuis 1961, donc bien plus longtemps en outreem avec là aussi la vocation sociale et les armée qui accompagne la jeunesse.
H alors je trqu sur les effectifs, on a vraiment pas assez de militaires aujourd'hui actifs de réservistes. Alors aujourd'hui les armées françaises arrivent à recruter le nombre de soldats dont ils ont besoin. 200000 militaires aujourd'hui.
Euh demain, après-demain, si je prends 2035, la démographie démographie française fait qu'on a pu le se le socle sur lequel recruter. Donc on doit préampter préparer cette baisse des effectifs prévisibles pour arriver à avoir un meilleur recrutement beaucoup plus fluide. Le deuxième sujet bien sûr, c'est que on avait un essai qui était le SNU depuis 10 ans à peu près.
Service national universel, un service national universel dont l'objet n'était pas de faire des soldats mais plus des citoyens. H que ça a été donné un à cheval entre l'éducation nationale et la défense. L'interministériel ça marche pas.
Et donc quand on sait pas comment faire, on le donne à l'armée et ça marche. Et donc ça va être un projet qui a été travaillé avec les militaires, avec l'étatmajor des armées, hein. Et donc qui va prendre ça en main et euh faire en sorte que ça fonctionne et et faire en sorte de compenser cette suppression du service militaire par Jacques Chirac il y a 28 ans, Nicolas Offenstad, Jacques Chirac pensait que plus jamais de guerre, plus jamais de conflit, c'était la fin de l'histoire.
Euh on était dans cette disposition d'esprit. Ça a été une erreur, une énorme bourde selon vous. Non, parce que vous savez, l'histoire n'est jamais donnée d'avance.
Donc on tous les les tous les acteurs politiques agissent et décident en fonction des données du moment. Comment imaginer la configuration qu'on a aujourd'hui euh il y a 20 ou 30 ans ? Donc il y a pas de raison hein de projeter aujourd'hui sur hier.
Vous savez l'histoire, on le sait toujours, elle est jamais donnée d'avance. Il faut toujours voir ce qu'on appelle l'appel des possibles. Ce qui est possible à un moment donné ne sera pas forcément ce qui arrive.
Donc il y a pas de raison hein de de de juger ça rétrospectivement comme ça. Mais c'est vrai que c'est fascinant comme le la conjoncture a changé. Elle avait déjà changé un petit peu avec le retour de la guerre dans l'ex-yuggoslavie.
Oui, on avait déjà eu à ce momentl l'idée de se demander dans le fond la guerre était aux portes de l'Europe occidentale, c'était des pays évidemment avec lesquels il y avait beaucoup de liens. Donc cette idée du retour de la guerre, elle est épanneuse. Ceci dit, je ferai juste une courte remarque sur cette question, c'est qu' il y a quand même un élément qui est encore plus changé que à l'époque de Jacques Chirac, c'est quand même la dimension européenne.
Donc, il faudrait pas faire attention à faire démarrer le débat uniquement dans une arène euh française parce que ça n'a pas de sens aujourd'hui de penser uniquement l'armée, la mobilisation en dehors de l'Europe. Ah ouais. Sauf que euh les armées européennes sont nationales et sont extrêmement différentes les unes des autres.
Je vous donnerai simplement un exemple. On parle de ce service là en France. L'Allemagne, elle n'arrive pas à recruter ses soldats et comme elle n'arrive pas à recruter ses soldats, elle voulait mettre en œuvre, le Chance Soleill Merk voulait mettre en œuvre un service militaire obligatoire et la coalition ne l'accepte pas.
Et donc, ils sont obligés de recruter très cher hein 2600 € par mois. Oui, pour inciter les gens à rejoindre. Sa coalition politique, hein.
Celle de MERS n'en veut pas. Ouais, bien sûr. Non, la coalition politique n'en veut pas.
Donc, si vous voulez, chaque pays réagit différemment. Vous avez les pays scandinaves, eux il y en a qui ont carrément remis le service militaire sur la table. Donc chaque pays a des des des fils euh historiques qui ne sont pas similaires.
Oui, mais il faut faire attention. Les les militaires dans les démocraties sont soumis à la décision politique. Or, la question de de la guerre ou de la violence, elle sera politique par rapport On voit bien que c'est un enjeu politique.
Donc en ce sens, on est bien obligé de penser Europe si on pense défense par rapport aux menaces. Alors, on va évoquer avec vous trois et avec Anna le les jeunes les jeunes français. Donc, qu'est-ce qu'ils en pensent ?
Il y a eu un sondage. Visiblement, ils sont prêts à faire la guerre. Sep hommes sur 10 de 18 à 25 ans se disent, on va le voir ici, prêt à s'engager dans l'armée en cas de guerre en France.
Et chez les filles, c'est un peu moins d'une sur deux. Ça, ce sont les chiffres de l'étude sur les jeunes et la guerre du Sévip. Mais attention, je précise quand même que ces chiffres datent de 2024.
Mais on apprend aussi, plus surprenant que 60 % des 16 ans sont même prêts à sacrifier leur vie pour leur fait pour leur pays. Pardon. Alexandra Vienna, comment vous expliquez cet élan patriotique chez les jeunes alors que paradoxalement le reste de la société semble plutôt avoir peur d'envoyer ses enfants au front ?
Alors, je pense qu'il y a une une accumulturation de la société. On cit des chiffres. Je vais quand même citer le dernier sondage qui est sorti euh qui disait que plus de 80 % 86 % des Français étaient pour un service militaire.
Et chez les jeunes, les le chiffre était à plus de 70 % aussi. Donc il y a un vrai appétit manifestement pour ça. D'après ce sondage en tout cas euh pour ce qui est l'évolution justement des jeunes, je pense que ça c'est le fruit d'une acculturation tout simplement de la société au fait militaires, au risque de la guerre.
On voit que l'exécutif, notamment les médias, mais surtout l'exécutif fait un effort assez conséquent depuis ces dernières années pour communiquer sur le risque qui était à nos portes. On pense notamment à la conférence de presse du général Burcat cet été qui désignait la France comme l'une des principales cibles de la Russie, si ce n'est la principale cible en Europe. Et on pense encore à la dernière sortie que vous avez évoqué, polémique donc du général Mandon devant le congrès des maires la semaine dernière.
H général TR. Oui, moi j'étais hier dans un lycée avec des jeunes de première et de terminale et je suis frappé de leur engagement. Qu'est-ce que vous disait ?
Comment qu'est-ce qu'il vous disait ? Ah, il me disait d'abord très très intéressé par tous ces sujets géopolitiques, vraiment très connecté hein au sujet géopolitiqu et quand vous discutez un petit peu l'engagement, ça reflète exactement les les sondages qu'il y a eu là. C'est-à-dire, ah bah oui euh si c'est notre tour, c'est notre tour.
On doit défendre on doit défendre notre pays et et ce qu'il représente au sein de l'Europe. Et donc euh vraiment pas de retrait par rapport à ça. J'ai l'impression que c'est un peu le fait d'une génération plus âgée, vous savez, qui a peur pour ses enfants, mais eux les enfants n'ont pas peur pour eux.
Voyez, c'est comme ça que je vois les choses. Nicolas stat. Ouai, je serais un peu réservé sur ce type de songage parce que qu'est-ce que qu'est-ce qu'on se représente quand on dit qu'on veut bien faire la guerre, qu'on accepte la guerre ?
Qu'est-ce quelle image on a derrière ? Vous savez, en 1914, il y a beaucoup de soldats qui disaient "On va y aller, on sera à Berlin très rapidement." Et il y en a un qui a un soldat dans les tranchées qui a dit "l'Alsace Laoren au début, ça me motivait beaucoup mais après quelques mois dans les tranchées, j'avoue que c'est un but qui est devenu très lointain." Donc entre la guerre réelle, ce à quoi peuvent être confrontés les jeunes et ce qui se représentent, il y a quand même une marge les sondages de il voit ce qui se passe en Ukraine, j'allais vous dire, il voit que cette guerre sur le terrain, c'est une guerre.
Exact. Mais ils peuvent aussi se représenter. D'ailleurs, faudrait se demander ce que serait que guerre aujourd'hui parce que d'abord est-ce qu'elle est pas déjà sous une forme ou sous une autre engagée cette guerre avec tout un ensemble de technologies d'invasion différentes sous différentes formes hybride vous faites une guerre hybride on y reviendra donc la question c'est à quoi à quoi on répond quand on s'imagine la guerre je crois qu'il faut faire attention un sondage peut-être quand même non oui ou peut-être une guerre technologique.
Je pense que ce qui est important aussi, il faut pas prendre les sondages au pied de la lettre surtout quand ils sont aussi simples parce que dans le fond ce qu'il faudrait c'est discuter qu'est-ce que ces jeunes se représentent de la guerre, quelle guerre ils ont ils auraient envie de mener. C'est pas si simple que ça. En fait, je pense qu'il y a deux éléments.
Il y a le côté vraiment les médias ont permis de parler de la guerre, de parler de la menace et ont sensibilisé au même titre que le pouvoir sur le danger qui qui est proche et qui est tangible. Et il y a aussi la question de l'imaginaire. Effectivement, là où je vous rejoins, c'est que l'armée n'a jamais euh été autant a eu n'a jamais autant eu la côte, pardon, que depuis que la conscription a été supprimée.
C'est vrai, je le reconnais. Et on voit effectivement que l'armée a retrouvé de sa superbe depuis la fin de l'antimilitarisme et depuis les désastres de la guerre d'Algérie notamment qui avait vraiment écorné son image. Donc on peut penser aussi que ce retour en grâce du militaire c'est lié à une amélioration de la communication l'image des armées et des armées qui ont évolué tout simplement. parce que justement on est dans les années on est en pile dans tous ces moment peace and love pacifisme protestation contre la guerre du Vietnam l'heure n'était pas du tout à l'engagement militaire et regardez cet échange sur le plateau d'apostrophe de Bernard Pivot entre le dessinateur Cabu et l'écrivain Jean du Tour.
Mais vous croyez pas que les hommes aiment la guerre ? Non. Euh les imbéciles aiment la guerre.
Oh les hommes, les ça veut dire ben écoutez euh qu'est-ce que c'est la la guerre parce que vous voyez la guerre comme au technicolore au cinéma américain mais la guerre c'est vraiment la boule les tripalaires et tout ça. On peut pas aimer. On peut pas même quand on est pun simplement ça.
Vous croyez pas que les hommes aiment la guerre ? Non non non vous croyez pas. Non non parce que vous vous pensez qu'ils sont assez bêtes parce qu'ils s'emmerdent dans leur vie quotidienne pour aimer la guerre.
La guerre c'est la fuite des grandes vacances. Mais je non je crois pas. Il y a quelque chose de mieux à faire. feu qu'abu général trincant quand vous entendez cela, vous dites voilà c'est la fin de l'antimitarisme de l'idéalisme même vous dire non je dis c'est n'importe quoi, pardonnez-moi.
J'étais lieutenant à cette époque-là j'avais des soldats sous mes ordres qui m'écrivent encore aujourd'hui et qui à l'époque déjà disaient "Nous, on est là pour défendre notre pays." Pourquoi je dis c'est n'importe quoi ? Est-ce que vous croyez que les militaires aiment la guerre ?
Mais les militaires sont les premiers à détester la guerre. On sait ce que c'est. H on sait on a vu des soldats blessés à côté de soi.
Tu as tu es devant soi. Mon père a été tué en Algérie. Je suis pupile de la nation.
Vous croyez que j'aime la guerre ? Non, la question n'est pas là. La question est-ce qu'on doit s'engager pour défendre son pays ?
Et moi, quand je vois ces sondages, pardonnez-moi, on peut dire "Ouais, pas bien et cetera et cetera." Ben, ils sont là et moi les jeunes que je rencontre, je les sens engagé. Alors 57 % ça fait pas 100 % c'est sûr mais c'est déjà énorme.
Plus de h s'engager jusqu'au sacrifice le contraire du pacifisme en oui c'est vrai que les choses ont beaucoup évolué je pense que vous avez raison de dire que l'image et la fonction de l'armée ont changé. Euh il y a plusieurs éléments la fin de la conscription parce que l'armée quand il y avait une armée de conscription c'était aussi des choses qui gênaient le parcours de jeunes hommes. C'était une des officiers qu'on jugeait parfois régressifs.
Il y avait donc tout tout un rapport très différent. Donc effectivement la fin de la conscription c'est un élément important. Il y a je crois un autre élément aussi important, c'est évidemment la lutte contre le terrorisme parce que évidemment l'armée a là une fonction, on pourrait dire civique, sociale qui est beaucoup plus qui paraît manifeste à tous.
Et donc évidemment, il y a un changement aussi dans ce qu'elle elle représente plus euh évidemment euh une armée répressive, une armée défend. Elle est dans nos rues, elle est dans les rues de Paris, elle est dans les rues, elle est elle est beaucoup plus protectrice. Donc c'est vrai que le sens de l'engagement dans ce est très différent de ce que ça pouvait être à l'époque à l'époque de de l'antimilitarisme le plus le plus actif.
On pourrait dire effectivement dans les années 70 ou encore 80 le plus visible mais en même temps Alexandre pardon pendant des années on nous a dit que c'était une affaire de professionnel et aujourd'hui tout d'un coup on nous dit bah voilà les jeunes peuvent s'engager ils peuvent être utiles il y a de quoi être déboussolés mais en même temps c'est parce que le les conditions ont changé tout simplement quand Jacques Chirac met fin à la conscription en 1996 il a deux idées en tête il y en a une qui est interne qui est que la conscription n'est plus le creusé républicain queon avait jusque là dans la mesure mesure où elle est assez inégalitaire. Il y a beaucoup une partie de l'élite qui échappe en allant non pas faire son service militaire dans la boue mais plutôt à l'arrière côté civil. Et ensuite il y a le il y a la vision de l'extérieur c'estàd ce qui se passe.
Il Jacques Chirac voit l'armée comme une armée projetée, une armée qui va faire des opérations sur des théâtres lointains et qui donc du coup ne nécessite pas d'avoir une masse aussi importante que celle qu'elle avait jusqu'à présent. Sauf que aujourd'hui, encore une fois, le théâtre a changé, le l'adversaire aussi a changé et si jamais on se retrouve dans une confrontation possible éventuelle avec la Russie, ce qui compter c'est la masse. L'effet masse pour dissuader.
Mais en même temps, à ce moment-là, Général Trinquan, il faut qu'il soit obligatoire si on veut faire masse. Non, mais attendez, de quel chiffre on parle ? Le service de que le président va présenter demain, ça va permettre d'avoir pendant 10 mois à peu près de 5000 à 50000.
L'armée française aujourd'hui c'est 210000 la une classe d'âge c'est 700000 à 800000 hommes sont des aller plus loin très général est-ce qu'il faudrait aller plus loin est-ce que vous pensez qu'il faut aller au-delà et aller vers l'obligatoire certains disent bah alors puisque Benjamin tout à l'heure vous a parlé du budget hein Benjamin Benjamin Morel le constitutionniste vous a parlé du budget parlons-en équipéensé équipé entraîner équiper entraîner nourrir loger 700 100000 jeunes trois fois l'effectif de l'armée de terre de des armées aujourd'hui. Vous croyez qu'on est capable de faire ça ? On sait pas le faire.
Vous voulez réagir ? Oui. Ce que je pense aussi c'est que cet engagement c'est pour quoi faire ?
C'estàd que si c'est juste de la mobilisation patriotique pour faire quelques entraînements de gymnastique, c'est très bien mais ça mène pas très loin. La question c'est qu'aujourd'hui on sait qu'il y a une très grande technicité, vous en parleriez mieux que moi, des armées, on le voit bien, y compris en Ukraine. Ça se joue aussi beaucoup sur des questions technologiques.
On le voit le drone, l'informatique, l'internet. Donc toutes ces questions-là sont très différentes d'une mobilisation de masse patriotique. Donc il faut faire attention.
Est-ce que c'est véritablement un discours politique ou est-ce que ça aura une fonctionnalité militaire ? Et par ailleurs, pour ce qui est de de l'affrontement avec la Russie, d'une certaine manière, il est déjà là. Donc en ce sens, on n'est pas en train de se projeter.
Le un collègue allemand, un collègue historien allemand disait "La guerre, elle est déjà on est déjà en guerre la Russie et donc du coup ça se pose quand même très ça pose donc double doublement différemment. D'une part, comment ça se joue, je me répète, mais c'est important au niveau européen, c'est-à-dire faire des mobilisations citoyennes à l'échelle nationale, c'est quand même à mon avis relativement dérisoire tant qu'il y a pas une politique commune forte en Europe et d'autre part pour faire quel type d'affrontement ? Alors, on va évoquer une autre façon de s'engager avec vous, Anna, qui permet de ne pas éventuellement passer par la case armée, comme on dit Oui.
En plaçant son épargne dans la défense, le fond la Banque publique d'investissement BPI France a lancé donc un fond spécial défense, c'était à la mi-octobre et sa particularité et bien c'est qu'il est accessible au particuliers comme vous et moi sur les modalités maintenant. 500 € d'apport minimum, 500000 € maximum. Les sommes investis sont obligatoirement bloquées pendant 5 ans et BPI assure un rendement net par an de 5 % avant impôt.
L'objectif, c'est de récolter au total 450 millions d'euros qui serviront à financer des petites et moyennes entreprises, mais aussi des start-ups françaises qui sont spécialisées dans la cybersécurité, l'armement ou l'aérospatial. et et début novembre, le fond avait déjà collecté 100 millions. Nicolas Offenchat, l'investissement dans la défense est une autre forme de patriotisme peut-être plus rassurante sans mettre sa vie en dangout surtout je dirais elle est très classique historiquement puisque dans toutes les grands grands affrontements évidemment l'appel à l'épargne des citoyens était très important et on a tous en tête ces affiches de la mobilisation en 1418 hein pour faire ramener des fonds.
Il y avait des collectes, il y avait des journées qui étaient faites soit qui avaient pour but de soit pour aider les combattants qui avaient été blessés, soit pour soutenir la la défense nationale. C'est je dirais euh une action classique de la mobilisation qui d'ailleurs rappelle effectivement qu'on est déjà dans une forme d'affrontement hein puisque c'est au moment où évidemment les où les guerres étaient les les plus coûteuses financièrement où l'économie était les plus sollicitées qu'on lançait ces fameux bons de la défense nationale ou ses formes de financement mais il y avait sans celle des appels à la à la citoyenneté pour justement que l'épargne des citoyens en France en Allemagne aux États-Unis bien sûr pendant les deux guerres mondiales soutiennent la défense nationale. Donc c'est finalement très classique aujourd'hui.
Ça prend évidemment des formes contemporaines. Alexandre Savinal disait il y a pas assez d'argent enfin quand même 57 milliards d'euros pour 2026. Donc on met les moyens tout de même ou pas suffisamment par rapport à nos voisins par exemple européens.
Mais par exemple pour vous parler du service militaire obligatoire, il y avait eu une note en mars du haut commissariat au plan qui essayait un peu de chiffrer justement cette cette demande. Pour un service militaire obligatoire, on serait sur 15 milliards. 15 milliards. 15.
Donc l'investissement paraît assez conséquent. On comprend pourquoi l'exécutif veut démarrer petit avec le service militaire volontaire. Et euh alors on est dans une dans une trajectoire où effectivement le budget des armées est en hausse.
Elle est depuis 2017 de on commence peu à peu à rattraper un retard qu'on a atteint depuis 1990 et les dividendes de la paix. Mais manifestement, il faut toujours euh continuer. D'autant plus que il y a toute une industrie de défense derrière, des commandes qui attendent, un écosystème qui doit être nourri et monté en puissance si jamais là encore l'armée veut avoir de la masse, pas seulement en terme d'effectif mais aussi d'équipement.
Ouais. Mais général Trinquant en même temps pendant des années là aussi, on nous a dit que la dissuasion nucléaire était un peu l'alpha et l'oméga de notre armée, qu'on avait pas forcément besoin d'une défense civile en quelque sorte, c'est-à-dire des citoyens qui s'engagent. Et là, on nous dit plus cela.
Alors non euh la défense la dissuasion nucléaire est le soc sur lequel la France est défendue. Vous parliez de l'Europe tout à l'heure, ça veut dire bah on s'intéresse pas aux gens qui seraient attaqués en Europe. Non, l'armée française, elle est présente en Roumanie, elle est présente en Estonie.
On défend l'Europe aussi et on la défend en étant présent. Pour suivre simplement, la France a commencé plutôt à augmenter ses budgets à 2017 mais moins fort. Ouais.
Et et s'il faut augmenter encore plus les budgets puisque il faudrait une augmentation de 13 % ça va induire une forme de rigueur d'autres secteurs risquent d'être sacrifier. Les français sont prêts à ça et ben c'est la question qu'on peut poser parlementaire et cetera. Non, si vous me posez la question à moi, je dis oui, on a peut-être un modèle social sur lequel on doit réfléchir parce que notre sécurité c'est aussi la défense.
Vous en pensez ? Alors, j'irai sur un autre point. Je pense que le modèle social au contraire, c'est une des forces du pays qu'il faut défendre.
Mais ça c'est une un débat politique. Hm hm. Par contre, là où je pense que vous parliez tout à l'heure du lien éducation nationale armée qui est un débat classique he de savoir où doit être formé le citoyens, il y a quand même un élément moi qui me frappe dans cette question. on parle de l'armée et de la défense, mais on voit bien que la Russie a des sympathisants en France, que Poutine a des gens qui trouvent finalement pas si désagrébles que ça.
Donc je pense qu'un des éléments euh importants, c'est aussi une formation critique, hein. Donc c'est-à-dire que les grands discours sur la mobilisation militaire, s'ils sont pas accompagnés d'une éducation nationale qui a les moyens de former des citoyens critiques qui sont capables de se faire un avis sur la situation, qui sont pas soumis aux fake news, qui ont le temps avec leur professeurs d'histoire géographie, d'éducation civique d'être bien formé. Ça ça me paraît un enjeu fondamental.
On voit bien le trouble qu'il peut y avoir chez certains français autour de la Russie de Poutine vous souscrivez à ça Alexandre toute la question autour de la bataille contre la désinformation des fake news. Vous l'avez dit c'est pour ça que on a aujourd'hui des organismes comme Virginum. Encore une fois, j'en parle souvent quand on évoque ces sujets là parce que je trouve que c'est quand même une agence assez remarquable qui justement de l'État qui cible toutes les campagnes de désinformation étrangères qui essaie de comprendre d'où ça vient et le but c'est un peu sur le modèle finlandais parce que nos voisins finlandais sont très avancés là-dessus fournir l'antidote à la désinformation donc non pas dire la vérité au français mais lutter contre la guerre désinformationnelle quoi.
Excusez-moi mais ça ça peut être fait que si vous formez des citoyens critiques qui sont capables même c'est à l'école. Merci à tous les trois. Non non mais c'est le mot de la fin et vous êtes tous d'accord sur cette chose donc c'est remarquable.
Merci infiniment.
Emmanuel Macron