Canicule : comment travailler par 40°C ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] C'est la question qu'on se pose alors que la France travaille traverse une vague de chaleur donc inédite température record jusqu'à mercredi au moins. Bonjour Astrid de Panotian Bouvetour, vous êtes la ministre du travail et de l'emploi à partir de demain matin mardi 1er juillet c'est un décret qui rentre en vigueur et qui renforce les obligations des entreprises en cas de fortes chaleur. Pourquoi ce décret ?
Mais pourquoi ce décret ? parce qu'on voit bien qu'avec le dérèglement climatique, les canicules qui pouvaient être beaucoup plus rares, beaucoup plus courts, beaucoup moins intense, c'est le monde d'avant et queon arrive maintenant à quelque chose où les canicules arrivent beaucoup plus tôt, beaucoup plus longues, beaucoup plus intenses et beaucoup plus fréquentes. Et donc il faut adapter effectivement le monde du travail.
Et en fait, on est en train de passer d'une logique d'incitation à une logique d'obligation euh patronale pour pouvoir être dans la prévention du risque chaleur. D'autres choses, c'est qu'on est en train d'introduire la chaleur comme un risque professionnel. Et donc ça veut dire quoi concrètement ? veut dire que en fonction de la gradation hein, on vous parlait beaucoup des alertes jaunes, orange, rouge de météo météoance, les obligations sont renforcées sur les aménagements horaires par exemple avec des aménagements horaires où quand on travaille dans le bâtiment ou sur les chantiers, on peut commencer plus tôt où il y a des pauses au moment où les périodes sont les plus chaudes.
Il y a également l'hydratation parce qu'on sait que les coups de chaleur viennent avec le manque d'hydratation. Donc s'il y a pas de poste d'eau courante, c'est 3 L d'eau par jour par salarié. Donc c'est des obligations aussi sur les vêtements qui doivent être respirants, sur les équipements.
Donc des choses qui sont extrêmement très concrètes et qui sont des réponses graduées au fur et à mesure que les alertes par département se renforcent. C'est adapté à chaque secteur de travail. Mais d'abord un mot, vous dites on passe de l'incitation à l'obligation.
Est-ce que ça veut dire aussi que euh en cas de non respect, il y aura des sanctions ? Tout à fait. Tout à fait.
Ça veut dire que l'inspection du travail dont on va encore accentuer les contrôles pendant la période estival, il y en avait 1500 l'année dernière, on va augmenter, peut tout à fait mettre euh le l'employeur en demeure. Et vous avez tout à fait raison de dire que ça concerne tous les salar tous les employeurs publics comme privés et tous les salariés agricoles, intérim, CDD indépendants. Tous les travailleurs de notre pays sont concernés par la possibilité et la nécessité de se protéger contre la chaleur. question très pratique.
Comment avoir cette liste d'obligations ? Est-ce que elle existe sur le site ? Oui, tout à fait.
Elle existe. Il y a un décret hein, tout simplement. Il y a un décret.
Il y a des on a beaucoup travaillé aussi avec les fédérations professionnelles, qu'ils aillent sur le site du ministère du travail où ils auront toutes toutes ces toutes ces toutes ces ces précisions qui concernent effectivement les employeurs. Qui va contrôler ? Bah l'inspection du travail.
L'inspection du travail, je vous disais, elle a fait 1500 contrôles pendant la période estivale l'année dernière et on va renforcer les contrôles. Donc, elle peut tout à fait mettre en demeure euh les employeurs s'ils ne mettent pas en place les mesures de prévention nécessaires en cas de risque chaleur. Je voudrais qu'on écoute aussi Savinien qui va nous rafraîchir en quelque sorte puisque Sabinien, vous êtes maître nageur dans dans la main.
Bonjour Sabinien. Bonjour Apoline. Vous vouliez témoigner parce que vous effectivement votre boulot il va changer beaucoup avec la la chaleur parce que vous allez voir un monde fou débarquer.
Vous êtes maître nageur en piscine municipale. Oui, c'est ça. Ouais.
Maître nageur en piscine municipale à Épern. Et qu'est-ce que vous constatez là depuis depuis quelques jours ? Oh ben même depuis ouais depuis une bonne semaine, on constate une augmentation des fréquentations, plus de public, les gens viennent se cherchent des coins de fraîcheur, donc ils viennent à la piscine pour se pour se rafraîchir.
Est-ce que vous avez quelques conseils à donner à ceux qui nous écoutent ? bah de pas hésiter à aller à la piscine. En plus, je sais que nous sur Épern on va aménager les horaires justement pour pouvoir accueillir encore plus grandement les le public.
Donc ça veut dire plus tôt le matin, plus tard le soir. Euh d'habitude, on ouvre à partir de 4h les après-midis. Là, on va on va essayer d'ouvrir un peu plus tôt et effectivement, on va essayer de pousser un peu plus tard le soir pour pouvoir accueillir beaucoup plus de de personnes et que les personnes puissent se rafraîchir plus longtemps.
Comment vous faites vous Savinien ? Parce que vous êtes souvent au bord de la piscine, il fait très chaud. Ouais, il est fait extrêmement chaud et du coup on a notre petite gourde qu'on remplit très régulièrement et on s'hydrate, on s'hydrate, on s'hydrate.
Voilà, c'est c'est ça le le conseil. Déjà, rien que de vous parler Savinien, j'avais un petit terre de fraîcheur. J'ai eu presque l'impression d'aller à la piscine avec vous.
Exactement. Et la crème solaire comme le dit comme le dit la ministre. Bonne journée Savinien.
Mais vous savez quoi cette histoire de crème solaire ? Moi j'y pense souvent. Je me dis c'est ça coûte très cher la la crème solaire.
Alors, il y a des premiers prix mais qui sont parfois moins efficaces. Est-ce que c'est pas un problème que ce ne soit en aucun cas remboursé par la sécurité sociale ? Alors ça je de la prévention sur la médecine.
Vous avez raison, vous avez raison. C'est c'est en tout cas c'est une question que vous pourriez soumettre à mon à mon collègue de la santé mais et je compte sur vous pour le faire. Euh non, non, mais clairement euh l'obligation de la protection solaire, elle incombe effectivement euh à l'employeur hein, si euh comme on le voit sur les photos derrière vous, euh des personnes doivent travailler euh dehors euh en forte chaleur.
C'est-à-dire qu'il y a une obligation de protection en plein soleil, ça va de l'hydratation euh aux euh tenues un peu plus respirantes et protectrices comme la protection jusqu'à l'aménagement effectivement des horaires. Jusqu'à l'aménagement des horaires. Et donc c'est aussi un message peut-être à faire passer, c'est que si on veut que les personnes travaillent plus tôt, ça risque peut-être de perturber la tranquillité publique, mais c'est d'abord la santé publique au détriment et après la tranquillité publique si les travaux doivent sur les chantiers doivent commencer un petit peu plus tôt que d'habitude.
Est-ce que ça se fait en en accord avec le salarié ? C'estàd est-ce que un un patron peut dire voilà moi j'ai décidé de changer vos horaires. Est-ce que ça peut se faire de manière arbitraire ou est-ce qu'il faut que ça se passe ?
ça se fait en bonne intelligence parce que si on avance si on avance les horaires, c'est précisément pour éviter de travailler dans au moment des fortes chaleurs. Donc je pense que c'est même souhaité par les par les salariés. Un point important, c'est que ce décret, on l'a pas fait là comme ça sur un coin de table juste en prévision des canicules.
C'est fait un moment qu'on y travaille. On a consulté aussi les partenaires sociaux. On est passé devant devant devant les les instances notamment spécialement dédié aux conditions de travail.
Donc ça a été fait en bonne intelligence avec le patronat, les fédérations professionnelles principalement concernées, le BTP, la restauration, les secteurs agricoles et puis les syndicats de salariés. Astrid Panotian Bouvet, une question aussi sur la question du budget de la sécurité sociale, c'est aussi votre domaine. Le président de la République avait avait promis une grande conférence sociale sur le sujet.
On en est où ? Alors, on en est qu'avec Catherine Vautrin. Euh on on y travaille, on est en train de préparer euh cette cette conférence sociale souhaitée par le président.
Pourquoi ? Parce que euh on a euh près de euh 50 enfin 65 % de la protection sociale aujourd'hui qui est financée par le travail, c'est-à-dire les cotisations patronales, les cotisations salariales, la CSG. C'est ce qui fait que vous avez ce ce super écart là entre le brut de l'employeur et le net du salarié.
Je pense qu'il faut que on est tous d'accord aujourd'hui pour réfléchir à comment financer la protection sociale autrement pour que ça ne repose pas autant parce que ça c'est vraiment une spécificité française par rapport à d'autres pays autant sur le travail. Il y a deux questions. Il y a la question du financement avec évidemment la piste de la TVA sociale.
Vous y êtes favorable ou opposé ? Le premier ministre doit s'exprimer après le 14 juillet et donc mais ça fait partie des choses où on doit réfléchir à une protection sociale. Pas de problème pour que la protection sociale liée au travail, les accidents du travail, on en a quelque part parlé là avec ce risque chaleur, le chômage, la retraite soit assise quand on la finance sur les revenus du travail.
Par contre, pour des pour des assurances universelles comme la santé, la famille, la perte d'autonomie, ce n'est pas normal que ces risques soient à ce point financé par le travail. Le patron de la la sécurité sociale était mon invité la semaine dernière. Il évoquait 60 pistes pour tenter de de remplir le trou de la sécradie de très longue durée.
Il disait il faudrait repasser à des arrêts maladies non pas de 1 an de 6 mois mais des arrêts de maladies plus court renouvelables évidemment autant qu'il le faudra mais qui permettent aussi de repasser devant un médecin tous les 3 mois. Est-ce que ça aussi vous yes Je pense que ça fait partie des des des pistes qu'on est en train sérieusement de regarder parce que les arrêts de travail, ils ont ils ont vraiment été multiplié par deux après le Covid et on voit bien que la il y a à la fois les arrêts courts qui se qui deviennent presque des habitudes et qui gênent d'ailleurs beaucoup de beaucoup des gens qui travaillent dans les équipes et puis les arrêts longs et donc il faut absolument juguler cette cette augmentation. Et une dernière question, la l'année blanche, Gabriel Atalin euh si dit favorable.
Est-ce que vous estimez que c'est une bonne chose ? Moi je laisse le premier ministre regarder ce sujet. Je pense que il y a un effort absolument impératif de redressement de nos comptes publics et pour que cet effort soit accepté, il faut qu'il soit réparti et porté partout.
L'année blanche dans un sens, c'est le cas puisque ça réparti sur tout le monde. Tout le monde en tout premier ministre s'exprimera sur cette question. Merci en tout cas d'être venu ce matin Astrid de Panotian Bouvet donc ministre du travail et de l'emploi avec tout ce décret que vous pouvez donc trouver sur le le site du ministère et qui détaille les nouvelles les nouvelles habitudes et les nouvelles obligations désormais pour l'employ en cas de très forte chaleur. 1751 [Musique]
Astrid Panosyan-Bouvet