La France est gangrenée par l'ultra violence ! - Jean-Philippe Tanguy (RTL)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 50 %Défensif 17 %
Questions et réponses
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- 1:30RelanceRéponse partielle
Le constat de la mexicanisation, je ne sais pas.
- 2:39OuverteRéponse directe
Votre première cible, en quelque sorte, en tout cas, votre première explication, c'est la justice.
- 2:39RelanceRéponse directe
Mais là, Jean-François Tanguy, on parle de narcotrafic, vous faites directement un lien avec l'immigration ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Que lui demandez-vous aujourd'hui concrètement ?
- 4:48RelanceRéponse directe
Vous diriez que le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, et le ministre de la Justice, Didier Nigo, ne sont pas en phase dans cette lutte contre le narcotrafic ?
- 5:34OuverteRéponse directe
Et quand les maires écologistes de Poitiers et de Grenoble demandent plus de moyens, plus de policiers, est-ce que vous dites que c'est la voie dans laquelle il faut s'engager également ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueFait
« l'ultra-violence, les meurtres sur fond de narcotrafic se multiplient »
- 1:24Invité politiqueFait
« Quand Bruno Rotaillot parle de la mexicanisation de la France, vous partagez le constat du ministre de l'Intérieur, Jean-Philippe Tanguy. »
- 2:15PrésentateurFait
« Bien sûr, le laxisme judiciaire pose un énorme problème. »
- 2:43PrésentateurFait
« Mais là, Jean-François Tanguy, on parle de narcotrafic, vous faites directement un lien avec l'immigration ? »
- 6:06PrésentateurFait
« Ces gens sont des pompiers pyromanes. »
- 8:24PrésentateurPromesse
« Absolument, il faut faire de cette lutte une grande cause nationale. »
- 13:56PrésentateurFait
« En France, nous avons un grand tabou, c'est la gestion de l'eau. »
- 16:51PrésentateurChiffre
« Plus de 50% de l'empreinte carbone de la France, c'est les importations. »
- 20:54Invité politiqueChiffre
« 40 milliards d'économies, 20 milliards de ressources en plus. »
- 21:05PrésentateurFait
« Il avait dit qu'il y aurait un déficit égal ou inférieur à 5% du PIB. »
- 21:19PrésentateurChiffre
« La principale taxe de ce budget, c'est la taxe sur l'électricité, plus 6 milliards. »
- 35:34PrésentateurFait
« Le bouclier tarifaire, on a toujours été contre. »
- 36:40PrésentateurChiffre
« L'impôt sur le revenu, ce n'est même pas 100 milliards. »
- 37:51PrésentateurChiffre
« On paie à hauteur de 1,4 milliard le rabais des autres. »
- 39:26PrésentateurFait
« La gauche a laissé les macronistes supprimer le rétablissement de la retraite sur 62 ans et l'abaissement de la durée de cotisation de 43 ans à 42 ans. »
- 41:19PrésentateurChiffre
« Aux États-Unis, sans les Jeux Olympiques, le même trimestre, c'est 2,4%. »
- 43:12PrésentateurFait
« Les agents pénitentiaires ont des dizaines d'heures supplémentaires pas payées. »
Temps de parole
- Présentateur79 %
- Jean-Philippe Tanguy7 %
- Locuteur 14 %
- Locuteur 33 %
- Locuteur 23 %
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy, vous êtes le président délégué des députés Rassemblement National à l'Assemblée et député de la Somme.
Marine Le Pen est au tribunal, Jordan Bardella prépare sa tournée pour son livre et pendant ce temps-là, on en parlait à l'instant, l'ultra-violence, les meurtres sur fond de narcotrafic se multiplient et pendant ce temps-là également, à l'Assemblée, le Rassemblement National peine à obtenir quelques victoires sur le budget. Vous défendez, vous vous retrouvez à défendre les plus riches et vous voulez aussi imposer vos solutions pour les classes populaires, une forme de nouvelle en même temps que nous allons tenter de comprendre. Bienvenue dans ce Grand Jury, Jean-Philippe Tanguy.
A mes côtés ce dimanche pour vous interroger, Périne Tarnot de Public Sénat, Loris Boachaud du Figaro et nous serons rejoints par Pauline Buisson de M6. Dans ce Grand Jury, Jean-Philippe Tanguy, nous aurons une séquence dédiée au Parlement pour parler du budget notamment. Vous répondrez également à nos questions express, par oui, par non. Et puis il y aura un moment 2027 et un moment inattendu en fin d'émission.
Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
Et voici justement le bilan de la semaine. Un jeune homme de crépole est mort après une fusillade devant une discothèque. Un adolescent est mort après avoir reçu une balle dans la tête à Poitiers. Le suspect est recherché, il était sous contrôle judiciaire à Rennes. C'est un enfant qui a été grièvement blessé par balle. Tout ça, à chaque fois, sur fond de trafic de drogue. Quand Bruno Rotaillot parle de la mexicanisation de la France, vous partagez le constat du ministre de l'Intérieur, Jean-Philippe Tanguy.
Le constat de la mexicanisation, je ne sais pas. Le constat de Marine Le Pen fait depuis longtemps que la France est gangrénée par l'ultra-violence, que notre système judiciaire est incapable de la juguler par idéologie, par laxisme, par manque de moyens aussi. Évidemment. Je ne sais pas si on a besoin d'aller chercher un exemple à l'étranger. Je pense que les racines du mal en France sont propres à la France, sont propres à l'Europe, à son absence de frontières, à l'absence de contrôle de la Méditerranée, de l'absence de politique pénale qui permet, dès la première faute, dès la première peine, de remettre dans le droit chemin, ce qui ensuite sera envoyé à un engrenage d'ultra-violence.
Votre première cible, en quelque sorte, en tout cas, votre première explication, c'est la justice. Bien sûr, le laxisme judiciaire pose un énorme problème. Mais l'absence de contrôle de nos frontières est le problème fondamental, qui est d'ailleurs le pilier de mon engagement et de l'engagement de beaucoup au Rassemblement National. On ne peut pas non plus demander à nos forces de l'ordre, à la police, à la gendarmerie, à nos douaniers, qu'il ne faut pas oublier, à la justice, de pouvoir contrôler des pays sans frontières. Sans frontières, vous n'avez pas votre premier moyen de protection.
Mais là, Jean-François Tanguy, on parle de narcotrafic, vous faites directement un lien avec l'immigration ? Non, on pourrait faire un lien, parce que malheureusement, l'immigration peut être le vecteur, pas l'immigration en général, un certain nombre de flux et de systèmes peuvent être le vecteur, évidemment, de la drogue, puisqu'on sait par exemple que le Maghreb est un haut lieu de production d'un certain nombre de drogues, malheureusement, mais ce n'est pas le seul lien. Les frontières, le contrôle des frontières, le contrôle des frontières, ce n'est pas seulement l'immigration, ceci le contrôle des marchandises, des flux en général.
On sait par exemple que ce qui provient, comment dire, l'Europe, malheureusement, est aujourd'hui la cible de la surproduction, entre guillemets, de la drogue sud-américaine, des États-Unis, qui n'arrêtent plus, malgré leur propre mal, à absorber cette production. Et donc, nous recevons aussi ces flux qui viennent d'Amérique du Sud, notamment, il faut bien le dire, via les Pays-Bas, qui ne sont pas en mesure, ou qui ne veulent pas assurer le contrôle. On aurait dû faire attention à un certain nombre de signales. La Belgique et les Pays-Bas sont complètement gangrénés par l'argent de la drogue, avec un niveau parfois élevé.
Faut-il rappeler qu'un membre de la famille royale des Pays-Bas a été menacé, enlevé par les cartels de la drogue, et qu'aujourd'hui, les services d'État d'un certain nombre de pays sont gangrénés par la corruption. Mais en France et en Europe, on ne veut pas appeler un chat à chat. Aujourd'hui, la corruption de l'argent de la drogue est en train de saper un certain nombre de fondements de la démocratie. C'est justement l'alarme que donne Bruno Retailleau. Que lui demandez-vous aujourd'hui concrètement ? Lui, il appelle ce matin, dans sa réaction sur les réseaux sociaux, à un réarmement législatif. Oui, il a raison, M. Retailleau. Nous, nous ne sommes pas pour la politique du pire.
Donc, dès qu'on propose des bonnes mesures au Rassemblement National, que ce soit ce gouvernement, il ne l'a pas encore fait, ou le gouvernement d'avant, par exemple, avec la loi sur l'immigration, nous avons toujours voté les mesures qui allaient dans le bon sens. On a rétabli, au budget, on en reparlera, les moyens de la justice, puisque Michel Barnier n'a rien trouvé de mieux à faire en arrivant que de faire perdre de l'argent au budget de la justice. Et qu'est-ce qui a été touché quand M. Barnier a voulu couper l'argent de la programmation pour la justice ? C'était les prisons. C'est-à-dire que la première idée qui est venue à Michel Barnier et à son gouvernement...
Vous diriez que le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, et le ministre de la Justice, Didier Nigo, ne sont pas en phase dans cette lutte contre le narcotrafic ?
De toute évidence, non, mais ça, c'est de l'anecdote. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les racines. Qu'est-ce qui se passe dans l'appareil d'État ? Et si j'ai choisi cet exemple du fait qu'ils ont coupé dans les moyens des prisons, c'est qu'on voit bien l'état d'esprit qu'il y a au ministère de la Justice, l'état d'esprit qu'il y a à Bercy. Ils ne considèrent pas que construire des prisons, les entretenir, soit une priorité. Il y a toujours ce germe du laxisme au fin fond de l'État.
Et c'est le problème principal qu'il y a Michel Barnier, qui est baladé, visiblement, comme d'autres premiers ministres, par les services de l'État, qui font ce qu'ils veulent et qui sont capables, alors que nous avons un problème fondamental de laxisme judiciaire, de couper plusieurs centaines de millions d'euros.
Et quand les maires écologistes de Poitiers et de Grenoble demandent plus de moyens, plus de policiers, est-ce que vous dites que c'est la voie dans laquelle il faut s'engager également ?
Oui, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que ces gens, les verts, qui ont agité l'idéologie du laxisme sur la drogue, qui ont encouragé depuis 50 ans la consommation en marge des lois, contre les lois, pleurent, parce que les conséquences sont dramatiques, sur les conséquences de leur idéologie.
Certains, notamment à gauche, disent qu'il faut assouplir la politique de répression et proposent de légaliser le cannabis. C'est un vieux débat. Est-ce que ça permettrait, selon vous, comme ils le disent, de tarir les trafics ? Pas du tout.
Ces gens sont des pompiers pyromanes. Ils ont une grande responsabilité dans ce qui arrive à notre pays. Parce qu'en banalisant l'usage de la drogue, en présentant cela comme une récréation, en disant que même si les lois existent, on peut les enfreindre, et que d'ailleurs si on les enfreint, ce n'est pas la faute des voyous et des criminels, c'est la faute de la loi qui serait mal faite.
Et donc, puisque des hommes politiques, des dirigeants, des législateurs, des maires appellent à transgresser la loi, reconnaissent eux-mêmes d'ailleurs avoir consommé de la drogue, et peut-être le faire encore, comment voulez-vous que les jeunes ou les moins jeunes soient dans une attitude hostile à la drogue ? Il faut aller dans une répression systématique de la consommation de drogue, avec des peines courtes, quand les enfants de la grande bourgeoisie parisienne... Avec des amendes profiteres délictuelles pour sanctionner la consommation...
Oui, mais vous voyez, quand les enfants de la grande bourgeoisie parisienne, des hauts fonctionnaires, des dirigeants d'entreprises qui ont pignon sur rue, iront en prison quelques jours parce qu'ils ont consommé de la drogue, ils voient ça très rigolo, et qu'ils assumeront enfin le sang qu'ils ont sur leurs lèvres ou sur leurs doigts, peut-être que la consommation de drogue diminuera dans notre pays. Vous êtes pour des peines de prison pour de la consommation de drogue ? Absolument, des courtes peines. Pour cela, il faudra avoir les prisons adaptées. Il faut cesser de faire croire que... Ce ne sont pas des prisons adaptées, c'est beaucoup plus de places en prison dans ces cas-là.
Absolument, mais c'est une permanence que nous avons en Rassemblement National. Nous voulons pouvoir appliquer des courtes peines comme dans d'autres pays. La consommation de drogue, ce n'est pas une récréation. Moi, je n'ai pas pu rentrer dans ma circonscription ce week-end à cause du budget que nous avons terminé très tard. Je me baladais dans Paris. Et bien, il y a en continu un nuage de cannabis dans les rues. C'est-à-dire que quand j'étais petit, je l'ai grandi à côté des Ulysse. Ce n'était pas non plus... Le trafic de drogue était déjà malheureusement en place dès ma jeunesse dans un certain nombre de quartiers, de banlieues.
Mais là, maintenant à Paris, il y a un fumé de cannabis qu'on se balade. Dans mon propre immeuble, on ne peut pas rentrer un soir sur deux sans avoir des efflux. Donc c'est consommateur-là ? C'est une consommation d'une banalité aujourd'hui extrêmement grave. Et après la banalisation du cannabis, nous avons la banalisation de la consommation de cocaïne malheureusement à une échelle importante. Et maintenant, nous avons aussi ce qu'on appelle... Parce qu'il faut mettre des mots sur les choses. Le chemsex qui débarque dans nos rues, qui est extrêmement dangereux pour la jeunesse des centres urbanisés, mais pas seulement. Et aussi la banalisation des médicaments.
Moi, on le voit dans la ruralité. Mais il faut dire les choses. On n'ose pas dire les choses. Donc vous êtes d'accord avec Bruno Retailleau quand il dit qu'il veut faire de la lutte contre le narcotrafic une grande cause nationale ? Absolument, il faut faire de cette lutte une grande cause nationale. Moi, je ne veux pas qu'on attende d'être les Etats-Unis. Où vous avez des zombies dans la rue et où la consommation d'une certaine drogue s'est tellement banalisée que l'espérance de vie des Américains s'est effondrée. C'est ça, j'ai envie de dire, la perspective finale de la banalisation de la drogue et de gens qui présentent la consommation de ces substances comme quelque chose de rigolo.
Juste pour bien comprendre, vous voteriez une nouvelle loi contre le narcotrafic
s'il y a votre idée de mettre en prison les consommateurs de drogue ? Oui, mais on pourra voter d'autres dispositions. Ce n'est pas un préalable. Moi, je pense qu'aujourd'hui, il faut des courtes peines et un rappel très sévère à l'autorité pour les gens qui consomment de la drogue. Le fait d'avoir transformé, c'était le cas avant, mais on a transformé ça en contravention. Donc on a présenté à la population française et notamment à la jeunesse le fait que consommer de la drogue, c'était comme mal se garer. Dans les faits, personne n'allait en prison pour de la consommation de drogue.
Oui, par l'afisme, c'est vrai, mais le symbole des peines, l'ordonnancement des peines, à quoi ça renvoie symboliquement, est très important. Si vous représentez à la jeunesse que le fait de consommer de la drogue est aussi grave, entre guillemets, que de mal garer son scooter, vous envoyez un signal désastreux. C'était dans le programme du Rassemblement national, cette idée, jusque-là, ou pas ? Des courtes peines, oui, c'était le programme du Rassemblement national pour la consommation de drogue. Mais est-ce que Jean-Philippe Tanguy, en s'attaquant surtout aux consommateurs, on ne s'attaque pas par le petit bout de la leurlignette, finalement, au problème ?
Est-ce qu'à l'identique de la lutte contre le terrorisme, il ne faudrait pas déclarer, par exemple, l'état d'urgence contre les narcotrafiques ? Bien sûr. Pour cibler, plus précisément. On ne peut pas mener le combat par les deux bouts. On ne peut pas mener un combat que par, comment dire, soit sa conséquence, soit sa cause. Il faut taper sur les deux pendants de ce système. Mais est-ce que vous appelez un état d'urgence contre le narcotrafique ? Comme on a pu faire, par exemple, en 2015, après les attentats terroristes en France ? L'autre problème, si vous voulez, l'état d'urgence voudrait dire que la situation, c'est un peu la faute de tout le monde.
Vous déclarez l'état d'urgence qu'une situation est tellement hors de contrôle qu'il faut contraindre toute la population ou toutes les institutions. Ce n'est pas... C'est un peu ce que vous venez de nous dire en disant concentrer le cannabis un peu partout dans les rues. Tout le monde, en France, heureusement, ne consomme pas de la drogue et toutes les institutions ne sont pas corrompues. Mais on laisse les choses, le poison, s'installer, se répandre dans le pays. Donc il faut maintenant utiliser des moyens très durs pour mettre fin à ce système. Il faut aussi mettre en place des moyens contre la corruption. J'avais été président de la commission d'enquête sur les ingérences étrangères.
J'avais auditionné le directeur de l'agence de lutte contre la corruption. Il avait eu des paroles extrêmement fortes sur la corruption d'un certain nombre d'élus locaux par le narcotrafique. Et M. Hollande, qui avait voulu faire de l'esbrouf en concentrant tous les moyens de lutte contre la corruption au sein du parquet national financier, a déshabillé la lutte locale et la lutte de terrain contre la corruption avec des conséquences très graves sur l'État de droit.
Est-ce que vous diriez que Bruno Retailleau est à la hauteur de la fonction ? On l'a vu, il utilise des mots forts, des propositions fortes en allant sur votre terrain, celui de l'insécurité, de l'immigration, de thèmes chers à vos électeurs. Est-ce que vous diriez que c'est l'homme de la situation ?
On verra. Je n'ai pas de préjugés sur M. Retailleau. Je ne suis pas non plus impressionné par l'usage de mots forts. On a eu beaucoup de dirigeants politiques qui employaient des mots forts. Encore un exemple, lors de la niche du Rassemble national, M. D'Aragon, sous-ministre de M. Retailleau, a commencé son discours avec les mots du Rassemble national, disant que les étrangers violeurs, tueurs, criminels, dehors, dehors, dehors. Et puis à la fin, nous expliquant qu'après avoir eu ces mots extrêmement forts, qu'on était applaudis, finalement, c'était un filet d'eau tiède et il était urgent de ne rien faire.
Vous craignez que les ministres LR siphonnent votre électorat ? Non, pas du tout, non.
Mais vous savez, les Français ont déjà été malheureusement trompés. Et c'est triste parce que les gens étaient sincères dans leur approbation des paroles de Nicolas Sarkozy ou d'autres. Souvenons-nous d'Emmanuel Valls, qui était présenté comme le Terminator du Parti Socialiste. Bon, écoutez, il est dans les poubelles de l'histoire, avec ses mensonges.
Pour l'instant, Bruno Retailleau, ça reste des mots. Par exemple, quand il parle de narco-racaille, pour vous, aujourd'hui, ce sont des mots ?
Aujourd'hui, ce sont des mots, mais il faut verbaliser les choses avant d'agir. Mais va-t-il agir ? Je vous l'ai dit, moi, quand je regarde le budget, je suis très inquiet. La loi de programmation des dépenses sur le ministère de l'Intérieur, contrairement à ses promesses, avait été rabotée. On a dû les rétablir, on va les rétablir. J'espère que ce sera maintenu. Sur la justice, ça avait été gravement raboté. J'espère qu'on va les maintenir. Mais vous savez, il y a d'autres choses qui passent un peu à l'as. Par exemple, quand je vois l'état des douanes françaises, les douaniers, une administration très courageuse, qui fait beaucoup, avec très peu de moyens, aussi bien humains que matériels.
On leur demande de vider l'océan à la petite cuillère. Les douanes ne sont plus dans le débat public. Il faudrait considérablement renforcer les douanes. Il n'y a que Marine Le Pen et Jordan Bardella qui avaient des mesures fortes sur le renforcement des douanes. En plus, renforcer les douanes, ça ne coûte rien aux contribuables, puisque les douanes sont une des seules administrations qui rapportent, entre guillemets, plus qu'elles ne coûtent, grâce à la lutte contre la contrefaçon, grâce à du protectionnisme, si on le met en place. Les douaniers sont administrations rentables.
Et en plus, pour une fois, c'est une administration qui prend de l'argent à l'extérieur et pas de l'argent dans la poche des Français.
Alors, l'autre actualité tragique de la semaine, c'est l'Espagne. Plus de 200 morts, des dizaines de disparus. C'est le bilan très, très lourd des inondations. Cette catastrophe intervient après plusieurs inondations en France. Que propose le Rassemblement national pour nous adapter à l'accélération très forte du dérèglement climatique ? Jean-Philippe Tanguay.
Il y a deux questions que je voudrais séparer. D'abord, il y a l'adaptation au changement climatique qui, malheureusement, est réel. Il est là. Après 50 ans d'inaction, pas forcément en France d'ailleurs, mais dans les grands pays occidentaux, en Chine et dans le monde émergent, le climat s'est réchauffé. Et malheureusement, même si on réussit à le jubuler, le réchauffement sera là. Il faut donc s'adapter. En France, nous avons un grand tabou, c'est la gestion de l'eau. Nous avons des politiques appelées écologistes qui font de grandes erreurs. On l'a vu dans le Pas-de-Calais, un peu dans la Somme. On ne veut plus entretenir les cours d'eau. On ne veut plus draguer les cours d'eau.
On ne veut plus draguer les canaux. Il y a une espèce de mythologie autour d'une nature idéalisée qui est très dangereuse. Lors des épisodes d'inondations dans le Pas-de-Calais, il y a eu un premier épisode d'inondation. On avait dénoncé et M. Macron avait reconnu que le manque d'entretien de ces canaux pour des motifs pseudo-écologiques avait aggravé la situation. L'administration n'a pas obéi. C'est aussi parfois le manque d'agents sur place. Ça peut être le cas, mais c'était pas le cas. Ils n'avaient pas obéi. L'administration avait refusé d'obéir aux injonctions du gouvernement pour draguer les canaux. Il y a eu un deuxième épisode d'inondation sur les mêmes causes.
On voit bien la responsabilité de certains dirigeants de ce pays qui n'obéissent jamais aux instructions qu'on leur donne et qui font de l'idéologie. Il faut que notre pays s'adapte, malheureusement, au rachèvement climatique. Et la gestion de l'eau, il faut faire plus de rétention d'eau, remettre sur la table la jugulation de ces phénomènes. On voit bien qu'en Espagne, un certain nombre d'anciennes rivières ont été débordées, que d'anciennes infrastructures ne sont plus adaptées à la situation. Un barrage qui avait été mis dans les années 80 a protégé un centre-ville.
On voit bien que d'autres centres-villes, parfois des quartiers populaires, d'ailleurs, il faut bien le dire, parce que c'est souvent les plus pauvres qui paient le manque d'entretien des infrastructures, ont été dévastés. Donc il faut mettre sur la table la jugulation de l'eau, cesser de croire qu'il faut laisser cela dans un état naturel. Mais quand on regarde le budget que propose le Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, cela montre que l'environnement est quand même la grande sacrifiée chez vous d'un point de vue budgétaire.
Vous êtes plutôt pour le soutien aux énergies fossiles, vous voulez supprimer toutes les énergies renouvelables, vous voulez supprimer les agences de l'eau, les parcs nationaux, l'ADEME, l'Office français de la biodiversité, etc. Ce sont quand même des agents qui travaillent aussi sur le terrain et qui cherchent à trouver des solutions pour s'adapter justement au changement climatique. Je ne sais pas, dans la liste que vous avez donnée, il y a des choses très différentes. Par ailleurs, vous dites qu'on ne veut supprimer les énergies renouvelables, pas du tout. L'énergie principale que l'on veut développer avec le nucléaire dans le Rassemblement National, c'est les barrages hydroélectriques.
D'ailleurs, c'était dans notre niche jeudi, on n'avait pas eu le temps d'y arriver. Ça fait 30 ans, madame, que les barrages hydroélectriques ne sont pas entretenus comme il se doit, ou en tout cas ne sont pas renforcés, parce qu'il y a un conflit entre l'Union Européenne, la Commission et le gouvernement, et que tous les gouvernements qui se sont succédés ont laissé ce chantier à l'abandon. Et que c'est exactement ce que je disais précédemment, le grand chantier de l'eau, de la gestion de l'eau, n'est pas traité dans notre pays.
Est-ce que ça ne dépasse pas la question de l'eau plus largement ? Certains appellent à une transition écologique plus large, à un tournant. Vous évoquez là pour le moment les barrages hydroélectriques, la gestion des cours d'eau. Est-ce que le combat pour la lutte contre le réchauffement climatique ne va pas au-delà ?
Absolument, et le Rassemblement National est le seul qui s'attaque au premier gisement du réchauffement climatique en France, c'est les importations. Plus de 50% de l'empreinte carbone de la France, c'est les importations. C'est la désindustrialisation de la France, c'est l'affaiblissement de l'agriculture, l'affaiblissement de notre pêche, l'affaiblissement de la France qui entraîne une pollution. Qu'a-t-il fait depuis 50 ans ? Rien du tout. Et la bétonisation du pays ? Ce sont deux choses différentes. On parle toute la journée, je reviens à ce que vous dites, sur les politiques environnementales. La France est obsédée à cause des écologistes par le nucléaire depuis 50 ans.
Le nucléaire, ça ne contribue pas au réchauffement climatique, ça évite des dizaines de millions de tonnes de CO2 mis dedans. Ça fait 50 ans en France qu'à chaque élection, on ne parle que du nucléaire à cause de la gauche. On a parlé des voitures. Les voitures individuelles, c'est 3% de l'empreinte carbone de la France.
Et la bétonisation du pays qui est pointée du doigt aussi pour être une cause des inondations, il y a le plan zéro artificialisation nette. Est-ce que vous proposez, comme l'a fait Jordan Bardella, d'abandonner ce plan gouvernemental pour lutter contre la bétonisation du pays ?
Ce plan, il naît à peine. Donc, ce n'est pas la remise en cause de 50 ans de mauvaise politique. Ça, je leur laisse. Ce qui est paradoxal, c'est qu'on a l'impression que le Rassemblement national est le bouc émissaire des erreurs faites par d'autres. Donc, nous, on n'était pas au gouvernement. Quelle est votre position sur l'artificialisation des sols ? Le problème de cette loi, ce n'est pas l'objectif. Est-ce qu'il faut fixer un objectif pour arrêter l'artificialisation des sols qui rend les sols de plus en plus imperméables, finalement ? Et donc, en cas d'inondation, c'est problématique. Est-ce que vous êtes pour, donc, arrêter cette bétonisation du pays ?
C'est toujours pareil avec les lois. Est-ce qu'il faut fixer des objectifs, prendre des mesures ? Absolument. C'est le programme de Marine Le Pen depuis 2012. L'enfer n'est pas de bonne intention. Avec les écologistes, on est toujours d'accord sur l'objectif. Ne pas bétoniser, ne pas faire perdre un territoire aussi grand qu'un département tous les dix ans en espace agricole. Mais les modalités qui ont été choisies sont mauvaises. Je vous donne un exemple. Dans la Somme, on interdit aux petits villages de construire des maisons. Par contre, il y a des centaines d'éoliennes qui vont être construites.
Une éolienne, c'est beaucoup plus de bétonisation et d'artificialisation d'un sol qu'une maison individuelle. Eh bien, les éoliennes, elles ne sont pas comptées dans cette loi. De la même façon, si on couvre un sol de panneau solaire, ce n'est pas compté dans cette loi. Il y a dans la Somme et dans les Hauts-de-France en général des friches industrielles, malheureusement, à cause de la désindustrialisation en nombre très important. Eh bien, ces friches ne sont pas dépolluées en priorité et on ne fait pas contribuer à un certain nombre de très grandes entreprises, de multinationales qui ont pollué les sols et qui s'en vont, qui laissent les fiches polluées.
Et c'est à la collectivité de les dépolluer. Elles ne le font pas parce qu'elles n'ont pas beaucoup d'argent. Je peux vous citer dans mes communes des dizaines de sites industriels qui sont au centre des villes, qui sont laissées à l'abandon et c'est aux villes, avec le peu de moyens qu'elles ont, de les reconfigurer. Donc, on peut lutter contre l'artificialisation, mais avec des bonnes mesures. Donc, arrêtons de planter des éoliennes partout qui bétonnent le sol pour rien. Réévaluons, redynamisons des friches industrielles qui sont laissées à l'abandon. Et après, on verra si nos villages doivent se sacrifier. Mais là, c'est toujours l'inverse. On punit les petits villages.
C'est sûr que c'est plus facile d'empêcher les maires ruraux de construire des maisons que d'aller faire payer Total et d'autres multinationales les friches qu'elles ont abandonnées dans notre pays.
Au Parlement, jusqu'à Noël,
c'est l'examen du budget pour l'année prochaine. Vous agitez, Jean-Philippe Tanguy, de nouveau la menace d'une censure contre Michel Barnier, de faire tomber le gouvernement parce que vous êtes insatisfait du budget. Qu'est-ce qu'il vaut le retour de cette menace ? Très sérieuse, puisque rien ne va dans le budget présenté par Michel Barnier. Ça veut dire quoi, rien ne va ? On prétendait que c'était Michel Barnier. Il a complètement disparu. C'est un beau rétablissement par rapport à l'opération qu'il a subi, mais il avait disparu avant. Nous n'avons aucune nouvelle du Premier ministre sur l'horizon qu'il veut donner à ce budget. Les dépenses...
Vous l'approchez quoi ? De ne pas être à l'Assemblée ?
De rien dire à personne. D'accord. La dernière interview de Michel Barnier dans le JDD, les réponses étaient parfois plus courtes que les questions. Il est interpellé au Parlement aux questions d'actualité au gouvernement quand même. Il est très peu présent à ces questions d'actualité. Il est là pendant toute la séance. Et on a très peu... Oui, il est là. Il ne parle pas. Vous considérez qu'il laisse le budget dans le flou là ? Mais complètement. Mais est-ce que quelqu'un peut me dire où veut nous emmener Michel Barnier ?
Il a affiché des objectifs clairs. Oui, il les a tous contredits. 40 milliards d'économies, 20 milliards de ressources en plus.
Vous avez parfaitement raison. Il les a tous contredits. Il nous a dit que j'avais contrôlé les dépenses. Les dépenses continuent à augmenter plus vite que l'inflation. Il avait dit qu'il y aurait un déficit égal ou inférieur à 5% du PIB. Le FCE a dit que ce serait 5,3. Et aujourd'hui, le propre budget présenté par le gouvernement est à 5,2. Il demande au Parlement de trouver 0,2 point de PIB à couper sans nous donner le début d'une solution. Il avait promis la justice fiscale. La principale taxe de ce budget, c'est la taxe sur l'électricité, plus 6 milliards. Ça touche les classes populaires et les classes moyennes.
La taxe sur les ménages les plus aisées, ce que nous avons sauvé, parce qu'avec l'absence des députés soutenant ce gouvernement, elle aurait pu passer à l'AS. C'est 2 milliards. Donc 2 milliards pour les plus aisés, 6 milliards pour les classes moyennes. Ça, c'est la justice fiscale de M. Barnier. Je laisse à nos auditeurs le soin de l'interpréter. Mais Michel Barnier a choisi de laisser le Parlement débattre. Est-ce que vous auriez préféré qu'il soit plus autoritaire ? Ou au contraire, aujourd'hui, vous l'accuser de laisser les débats s'enliser au Parlement ? Non, pas du tout.
Mais vous savez, déjà, c'est intéressant comme présentation, parce que Michel Barnier laisserait le Parlement débattre. Non, mais le Parlement débat sans l'avis de Michel Barnier, en fait. Le Parlement est souverain, il est libre. Il a présenté un gouvernement après le Parlement débat. Le fait que, dans notre pays, on considère que le Parlement obéit, comme s'il était à la laisse de Michel Barnier, c'est déjà un problème démocratique grave. M. Barnier fait preuve, en tout cas son gouvernement, de beaucoup de cynisme. Certains collègues à vous ont révélé les chiffres de participation des députés de la majorité de M. Barnier au débat parlementaire.
Par exemple, le groupe Horizon, 8% de présence pour les votes. Donc, c'est 12 fois moins que le Rassemblement National et les insoumis. Donc, en fait, M. Barnier prétend que l'on peut débattre au Parlement, mais dit, ou en tout cas ne demande pas à ces parlementaires d'être présents. Et donc, le Rassemblement National est tout seul face au NFP. Nous sommes tout seuls surmobilisés face au Nouveau Front Populaire, face à la gauche. C'est pour ça que vous voulez le censurer. Pour le fait que le budget aille dans le décor. Le comportement peut-être aussi de ces ministres lors de la niche expliquant que tout était très bien au Rassemblement National mais qu'il n'allait rien voter.
Les députés LFI et des députés RN, puisque c'est vous les plus présents, ce que vous venez de nous dire. Oui, mais malheureusement, du fait des magouilles de l'entre-deux-tours, du fait du parti unique, si vous voulez, moi je ne peux pas modifier les chiffres. Au Rassemblement National, avec nos amis d'Éric Ciotti, on est 140, le NFP, ils sont 190. Donc, la surmobilisation des députés RN, malheureusement, ne peut pas lutter contre 50 députés de plus du NFP si les amis de M. Wauquiez et de M. Barnier ne sont pas là. Ils ne sont volontairement pas là. Et moi, je vois leur petit sourire en coin, leur petit rictus. Ils font exprès de ne pas être là pour que le NFP vote plein de taxes.
Et après, les 30 milliards de taxes de M. Barnier seront bien faibles par rapport aux 60 milliards du NFP. C'est d'un cynisme qu'il faut condamner avec la plus grande énergie parce que c'est le Parlement qui est abîmé, c'est la République qui est abîmée par cette manipulation, ce machiavélisme.
A quelles conditions vous ne voterez pas la censure du gouvernement ? Expliquez-nous très concrètement à quelles conditions vous ne voterez pas la censure.
Mais c'est très simple. Il reste encore presque deux mois à ce gouvernement pour présenter un budget qui remette les finances publiques dans le droit chemin, avec une vraie baisse des dépenses qui permettent de ne pas étrangler les Français par la charge de la dette et par la hausse des impôts. En coupant vraiment les dépenses, on n'est pas obligé d'augmenter les impôts d'une manière aussi démesurée que veut M. Barnier, et je ne parle même pas de la gauche. Et même, on peut rendre de l'argent aux Français.
On a présenté au nom de Jordan Bardella de Marine Le Pen un contre-budget où on a démontré qu'avec des vraies coupes dans les dépenses, notamment les opérateurs de l'État, on peut réussir à baisser la TVA.
Une dernière question sur cette menace de censure. Si le gouvernement tombe, il ne peut pas y avoir d'élections législatives avant juin prochain. Ça veut dire qu'on tomberait finalement dans une crise politique ou une crise de régime.
Vous pourriez et vous seriez responsable de cette crise ? Vous savez, déjà, il ne faut pas exagérer la situation. En France, nous ne sommes pas aux États-Unis. La Ve République est extrêmement bien écrite par le général de Gaulle. Le budget peut être prorogé. Le fait que le gouvernement Barnier puisse un jour tomber ne provoquera pas de crise politique démentielle puisque le président peut renommer un gouvernement. Il peut même renommer Michel Barnier lui-même.
Mais on ne peut pas être en permanence dans ce chantage où en fait le gouvernement serait autorisé à faire n'importe quoi parce que Macron a fait lui-même n'importe quoi en dissolvant dans des conditions extrêmement difficiles, en s'alliant au deuxième tour avec les insoumis, le pire de la gauche, avec le triste spectacle. Et ce serait soit...
On vous allie avec la gauche, d'ailleurs.
Pardon ? Pour renverser Michel Barnier, vous devez vous allier avec la gauche. Ah non, on ne s'allie avec personne. Une motion de censure, l'opposition manifeste une position. Il n'y a pas d'alliance. Ça, c'est les éléments de langage de Mme Borne, puis de M. Attal et peut-être demain de M. Barnier pour faire croire qu'il y a une alliance. Ne votons pas un texte. Ce sont des voix qui se mettent. On vote contre le gouvernement. Oui, d'accord. C'est très factuel. C'est quand même des voix qui se mettent. Dans ce cas-là, vous dites que des Français, par exemple, qui ont voté pour M. Macron pour faire plus de 50% ont fait alliance entre eux. Non. Vous avez une position.
Il n'y a pas une alliance. Une alliance, c'est sur un programme, c'est sur un projet. Ça, c'est ce qu'ils ont fait au second tour pour barrer la route de Jordan Bardella, pour barrer la route de Matignon à Jordan Bardella. Ça, c'est une alliance. Nous, on prend des positions. Je ne veux pas d'un 51e budget de déficit pour la France. Ça fait 50 ans que la gauche, la droite, le centre met notre pays en déficit structurel. 3 000 milliards de dettes se sont accumulées. Les intérêts, la charge de la dette, c'est plus de 60 milliards d'euros. Ce sera le premier budget de l'État. Ça, c'est la conséquence. Céder à ce chantage entre le renversement de M.
Barnier et accepter encore un déficit pour la France, c'est inacceptable. Je ne vois pas en quoi ce serait raisonnable de ruiner un an de plus la France.
On va marquer une pause dans ce grand jury. On se retrouve dans un instant. On continuera à parler notamment de la question du budget avec Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National. A tout de suite.
Le grand jury RTL Le Figaro, Public Sénat, M6.
Primetime. Alors que des millions de téléspectateurs regardent le 20h sur la chaîne nationale, un homme masqué et armé, la voix déformée, prend en otage le présentateur vedette. Primetime. Sa revendication est simple. Si le direct est coupé, il le tue. Primetime. Primetime. Le nouveau Maxime Chatham. Le 20h a commencé. La course contre la mort aussi. Un suspense, Albin Michel.
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TEL, il est 12h30. Les infos qui comptent, c'est avec vous, Charles Ducrot.
Nous avons un problème fondamental de laxisme judiciaire. Le constat de Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme, invité du Grand Jury, qui approuve également le message du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, sur X. Il faut un réarmement législatif. Réaction suite au décès d'un jeune homme de 22 ans, tué par balle en Ardèche à la sortie d'une discothèque discothèque d'un adolescent de 15 ans à Poitiers, dans des secteurs concernés par le trafic de stupéfiants. En Espagne, le roi Felipe VI vient d'arriver sur les zones sinistrées par les inondations.
Accompagné du ministre Pedro Sanchez, sur place l'émotion et les interrogations de la population sur la réactivité des autorités. 7500 militaires et 5000 policiers sont à pied d'œuvre pour tenter de retrouver des dizaines de disparus. Le dernier bilan fait état de 213 morts. La taxe d'habitation ne sera pas de retour, assure Catherine Vautrin, ce matin dans le journal Le Parisien. Toutefois, il faut trouver de l'argent. Une forme de participation locale, estime la ministre du Partenariat avec les territoires et la décentralisation. Elle lancera une consultation en début d'année prochaine avec les élus. Vous êtes de plus en plus nombreux à prendre la route.
La journée est classée rouge par bison futé dans le sens des retours en Ile-de-France, le plus gros des difficultés attendues après 16 heures. Un mot de tennis et un français en finale du Masters 1000 de Paris. C'est une première depuis 2011. Hugo Imbert affronte l'allemand Alexander Zverev cet après-midi à 15h. Le numéro 1 français a créé l'exploit hier en éliminant le russe Kachanov en 3-7. La rencontre à suivre en fil rouge tout au long de l'après-midi sur RTL. RTL, 12h03, Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme et l'invité du Grand Jury d'Olivier Bost, RTL, Le Figaro, Public Sénat, M6.
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RTL, du Grand Jury, présenté par Olivier Bost.
Jean-Philippe Tanguil, le président délégué du Rassemblement national à l'Assemblée et député de la Somme est notre invité.
À mes côtés, pour vous interroger, Pauline Buisson de M6 et Loris Boichot du FIDIARO.
Le Grand Jury, ça se passe au Parlement.
On revient sur le débat budgétaire qui a souligné beaucoup de contradictions sur les positions du Rassemblement national. Vous avez voté contre des impôts sur les super-riches et en même temps, vous défendez des dépenses comme le bouclier tarifaire sur le prix de l'électricité.
Est-ce qu'il y a au Rassemblement national, finalement, le nouveau en même temps ? Non, pas du tout. Mais je ne veux pas m'excuser de ne pas être membre de la France insoumise et de ne pas croire à leur mensonge. L'impôt dont vous parlez, l'impôt Zuckmann sur les patrimoines, qui prétend lever 13 milliards d'euros sur quelques centaines de familles en France, c'est tout simplement non constitutionnel. Donc, si vous voulez, on peut voter. Ça, c'est un peu la spécialité.
Et c'est aussi le non-relèvement de la taxe, qui fait qu'aujourd'hui, les revenus du capital sont moins taxés que ceux du travail.
Ça, vous avez voté contre. Pourquoi ? Oui, vous avez parfaitement raison. Mais juste pour finir là, moi, de se faire plaisir comme la gauche, voter 60 milliards d'impôts, qui n'existent pas, pour ensuite faire de la propagande et faire croire à des gens honnêtes, qui aspirent à plus de justice fiscale que c'est possible, tout en faisant peur à ceux qui investissent dans notre pays, c'est complètement suicidaire. Donc, je laisse ça au NFP.
La flat tax, nous avons toujours été contre la flat tax, parce que, comme vous l'avez dit, ça impose de la même manière des classes moyennes qui auraient épargné, des retraités qui auraient un plan d'action, un PEA, par exemple, et des milliardaires qui ont plusieurs millions de dividendes d'action. Donc, c'est une mesure injuste. Marine Le Pen et Jordan Bardella, à la présidentielle, avaient proposé de séparer les deux, en mettant une limite à 60 000 euros pour protéger le revenu des chefs d'entreprise, des professions libérales, des petits épargnants, et rétablir une fiscalité plus juste sur les milliardaires. Là, c'est pas ce qui a été proposé.
C'est mettre plus trois points de taxe sur tout le monde. Donc, on va pas renforcer une injustice. C'est pour ça qu'on a voté contre, par contre... Jean-Luc Mélenchon dit que vous êtes le nouveau parti bourgeois. Oui, mais écoutez, de toute façon, à M. Mélenchon, pour lui, François Hollande, c'était déjà un oligarque de droite. Donc, effectivement, quand M. Hollande, qui pensait qu'on était riche après 4 000 euros, pour M. Mélenchon, c'est déjà l'ultralibéralisme, on voit le niveau de soviétisation de l'esprit de M. Mélenchon. Mais quel est votre boussole budgétaire ? Vous défendez les plus riches ? Vous défendez les classes populaires ? On est un peu perdus.
Mais on défend l'intérêt national. Vous avez parlé du bouclier tarifaire. On défend pas le bouclier tarifaire. On est contre des taxes sur l'électricité. Le bouclier tarifaire, on a toujours été contre. La façon de protéger les Français de la crise de l'électricité, c'était sortir des règles européennes de fixation des prix. Vous défendez toujours le baisse de la TVA sur les énergies. Absolument. C'est une forme de bouclier tarifaire. Non, parce que l'énergie, c'est un bien de première nécessité. Dans notre pays, les biens de première nécessité ont une TVA de 5,5% et pas de 20%.
Le système, le parti unique, l'a mis à 20%, comme l'était la gabelle autrefois, pour tondre les classes populaires. Parce que contrairement aux milliardaires ou un certain nombre de gens qui peuvent aller dans le monde entier et ne jamais payer leur juste part de la France, les classes moyennes en France et les classes populaires doivent payer, payer, payer. Donc cette TVA, c'est injuste.
Vous dites le parti unique maintenant quasiment à chacune de vos phrases. Qu'est-ce que ça veut dire ? Parce que là, on voit quand même des positions très différentes au sein de l'Assemblée.
Non, par exemple, pour ne pas baisser la TVA, y compris sur les produits de première nécessité comme le propose Marine Le Pen, l'alimentation par exemple, les produits d'hygiène basique, là, la gauche et les macronistes sont main dans la main. Parce qu'ils ont besoin de tondre les Français sur la TVA. La TVA, c'est le principal impôt en France. C'est presque 200 milliards d'impôts. L'impôt sur le revenu, ce n'est même pas 100 milliards. Donc vous voyez, il faut aussi dire les ordres de grandeur aux gens.
La TVA, c'est l'impôt le plus injuste qui a été déployé avec la commission de Bruxelles parce que ça permet de tondre tout le monde et de faire le maximum de rentrée fiscale dans ce fichuant de l'injustice.
Vous avez obtenu une victoire dans la semaine, la baisse de la contribution de la France au budget de l'Union Européenne, moins 5 milliards d'euros. Est-ce que ce n'est pas une forme de Frexit ?
Non, pas du tout. On revient ainsi au budget de la contribution de l'Union Européenne d'il y a 3 ans. Bon, donc il ne faut quand même pas exagérer. En fait, on ne peut pas débattre dans notre pays de la contribution de la France à l'Union Européenne sans être taxé d'extrémisme. Oui, mais ça revient sur des engagements qu'a pris la France. Mais qui a validé ces engagements ? De manière unilatérale. Est-ce que ce débat a eu lieu en France ? Oui, aux élections européennes. Qu'est-ce qu'ont dit les Français ? Ils ont mis le jardin de Bardella deux fois plus de voix que M. Macron. Donc les Français ont clairement dit à leurs élus qu'on ne veut plus payer pour les autres.
La France n'a par exemple pas de rabais financier. On se souvient du rabais de Mme Thatcher. Mais le rabais de Mme Thatcher pour le Royaume-Uni a un peu caché le rabais des autres. Aujourd'hui, les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède, l'Allemagne ont un rabais. Les Pays-Bas ont 2,6 milliards de rabais. Nous, on a zéro. Et non seulement on n'a jamais de rabais, mais en plus, on paie à hauteur de 1,4 milliard le rabais des autres. Donc les Français sont des pigeons à cause de gouvernements qui sacrifient l'intérêt national pour leur idéologie.
Et le Sénat ou le gouvernement pourront revenir sur cette presse ? Oui, ils reviendront. Moi, je ne me fais pas d'illusion.
Vous aviez le vote. Mais on a voulu prouver que c'était possible. Au passage, on a mis un sacré bordel au sein du NFP puisque les Verts, puisque Mme Rousseau d'ailleurs a fait un bras d'honneur tellement elle était furibarde qu'on ne fasse pas faire cette mesure. Mais c'est vrai qu'une partie de la gauche s'est abstenue sur notre amendement. C'est une des premières fois.
Ça a permis à notre amendement de passer, montrant en fait que cette espèce d'alliance de bric-à-de-broc du NFP ne pourrait pas tenir au gouvernement parce qu'on ne pouvait pas à la fois l'avoir les fédéralistes comme les Verts ou les socialistes qui ont tout abandonné à l'Union européenne et les insoumis et les communistes qui ont toujours été eurocritiques. Ça ne va pas ensemble. Il y a un moment, on ne peut pas mélanger l'huile et l'eau en permanence. On ne peut pas vouloir donner 25 milliards à l'Union européenne comme Mme Rousseau, voire plus. Et M. Coquerel, des insoumis, qui veut donner que 20. Ça ne tient pas. Nous, au moins, on est cohérents.
Là où vous n'avez eu aucune victoire cette semaine, c'était dans votre niche parlementaire. Une journée à l'Assemblée où vous pouvez proposer vos lois. Que ce soit sur l'abrogation des retraites, la double peine pour les étrangers délinquants ou pour repousser à plus tard la lutte contre les passoires thermiques,
aucune n'a été adoptée. Qu'est-ce que vous en tirez comme conclusion ? Que les Français ne peuvent faire confiance qu'au Rassemblement National sur le social et le régalien. Le social, nous n'avons pas pu voter l'abrogation de l'injuste réforme Macron-Borne parce que la gauche a totalement vidé de sa substance en commission. C'est un peu technique pour celles et ceux qui nous écoutent. Mais en commission, la gauche a laissé les macronistes supprimer le rétablissement de la retraite sur 62 ans et l'abaissement de la durée de cotisation de 43 ans à 42 ans. Ils ont saboté la loi. Après, la loi est arrivée sabotée. Le reproche qui est fait à votre proposition de loi,
c'est qu'elle n'était pas viable sur le plan budgétaire.
Mais ça, c'est l'analyse de Mme Brun-Pivet. Ce n'était pas l'analyse de la gauche puisqu'ils ont fait exactement la même chose, y compris avec les centristes de Liottes, un petit groupe centriste avec M. Charles de Courson qui est rapporteur général du budget, donc il connaît quand même bien ces dispositions-là. Et à l'époque, la gauche avait autorisé cette loi. C'est toujours infréquentable à l'Assemblée Nationale. Vous ne parvenez pas à... Mais non, ça n'a rien à voir avec ça parce que pour avoir nos voix, pour avoir des postes, là, on est très courtisés.
Moi, on me parle tous les jours, toutes les heures quand je suis à l'Assemblée Nationale pour me demander des votes pour avoir tel avantage, etc. Derrière les rideaux, vous n'en êtes pas du tout infréquentable. Mais en tout cas, sur la réforme des retraites, vous êtes obligés de voter avec les insoumis. Mais ça, ce n'est pas grave. Moi, je m'en fiche de voter. Mais oui, mais nous, on vote, ce qui est bon pour les Français, la France et la justice sociale. On pense que cette réforme des retraites était injuste et qu'elle ne rétablit pas, par ailleurs, les comptes de la nation.
Le problème, c'est qu'à cause de la gauche, on va perdre un bon mois, voire deux mois et que pendant ce temps-là, il y a des gens qui ne peuvent pas prendre leur retraite. Vous avez des gens qui sont en souffrance au travail. Vous avez des gens qui ont le corps abîmé et qui vont quand même travailler et qui s'abîment encore plus le corps créant de l'injustice, du malheur parce qu'on est quand même là aussi pour créer un peu de bonheur pour les gens. Parce que ce que révèle aussi ce débat, c'est quoi ? C'est qu'on a une Macronie et les amis de M. Wauquiez qui ont tout abandonné.
En fait, ils ne croient plus au progrès humain, ils ne croient plus à la croissance économique, ils ne croient plus à la productivité, ils pensent qu'on doit gérer la pénurie, qu'on ne peut plus garantir de droits sociaux aux gens et que la France est vouée au déclin. D'ailleurs, cette réforme des retraites qu'on présente toujours comme quelque chose de démagogique, c'est en fait la faillite des partis du système. Comme ils n'arrivent pas à créer de la richesse, ils font payer la facture aux Français. Moi, j'ai vu le gouvernement très content d'avoir fait 0,4% de croissance grâce aux Jeux Olympiques.
Aux États-Unis, sans les Jeux Olympiques, le même trimestre, c'est 2,4%, donc c'est 5 fois plus. Donc nous avons en fait une Union européenne qui est coincée en sénescence, qui est dans le déclin et qui fait payer leur incapacité à créer de la richesse et leur idéologie, par exemple sur la fausse écologie, au peuple français et au peuple européen. Ils n'ont plus le droit à rien à part payer et perdre leurs droits sociaux. Je ne suis pas d'accord.
Jean-Philippe Tanguil, ministre de la fonction publique, pour s'attaquer à l'absentéisme, défend trois jours de carence pour les fonctionnaires, c'est-à-dire que les trois premiers jours d'absence lors d'une maladie ne sont pas payés. C'est la règle dans le privé, mais beaucoup d'entreprises prennent en charge ces trois jours. Soutenez-vous le ministre de la fonction publique pour cette mesure ?
Nous, on soutient l'égalité entre les régimes publics et privés. Nos compatriotes ne supportent plus cette inégalité. Mais là, vous avez raison, c'est qu'il faut dialoguer avec les syndicats, les organisations représentatives, pour avoir une vraie égalité. Parce qu'effectivement, on ne peut pas sacrifier un avantage si en face, vous avez des inégalités au sein du privé. Mais d'ailleurs, il y a même des inégalités au sein du privé que vous énoncez, qui ne sont pas traitées depuis des années. Vous avez un peu des salariés de multinationales qui ont beaucoup d'avantages, tant mieux pour eux.
Et quand vous êtes, par exemple, dans le bâtiment de Total, vous êtes salarié de Total, vous avez un 13e mois, un 14e mois, vous avez tous les avantages du monde. Vous êtes une femme de ménage de Total qui est engagée par un sous-traitant, vous n'avez le droit à rien, même pas au titre de la store. Ça veut dire un jour de carence pour tout le monde, dans le privé, dans le public, qui serait respecté ? Non, mais on peut... Marine Le Pen avait proposé deux jours partout. Mais je ne veux pas créer de confusion. On soutient cette mesure parce que nous sommes en crise budgétaire, il n'y a plus d'argent, et on ne peut pas raser gratis. Donc nous, on aspire aussi à gouverner.
Donc on ne peut pas toujours, parce qu'on est dans l'opposition, dire aux Françaises et aux Français... Donc vous soutenez notre opposition du gouvernement sur les fonctionnaires ? Ce que Jordan Bardella a demandé au ministre Casbarian, c'est d'utiliser une partie de ses économies pour payer, améliorer le pouvoir d'achat des fonctionnaires, et notamment le paiement des heures supplémentaires. L'État est un très mauvais employeur. Par exemple, les agents pénitentiaires ont des dizaines d'heures supplémentaires pas payées parce qu'il y a un déficit de personnel au sein de l'administration, donc ils sont obligés de faire des heures supplémentaires. Elles ne sont jamais payées.
C'est pareil pour les soignants, c'est pareil pour les enseignants, dont les salaires sont insuffisants pour garantir la qualité du service public et la justice sociale. Donc il faut utiliser cet argent, non pas pour faire les fonds de tiroir, mais pour rétablir un certain nombre d'injustices dans le paiement juste d'un certain nombre de fonctionnaires. Avec des réponses par oui ou par non, ou d'abord, êtes-vous plutôt Donald Trump ou Kamala Harris ? Ni, ni. Moi, je pense que la France ne peut compter que sur elle-même pour se défendre.
Mais est-ce que l'élection de Donald Trump serait pour vous une bonne nouvelle ou pas ?
Moi, vous savez, je ne crois pas forcément aux personnalités comme ça qui tombent du ciel. Les États-Unis ont une stratégie, ils ont une vision. C'est une république parlementaire fédérale avec une administration qui sait où elle va, avec un congrès qui met en défaut souvent les présidents qui sont élus. Donc il ne faut pas tomber dans une espèce de caricature où on fait croire que parce qu'il y a un président, une présidente qui est élue, tout va changer.
Mais ça n'aura pas de conséquences, notamment sur la politique internationale des États-Unis, pour l'Europe, pour par exemple le soutien à l'Ukraine ?
Le retour à une forme d'isolationniste des États-Unis, il a été fait effectivement à la fin d'Obama. Et en fait, Trump n'a fait que confirmer une orientation qui était déjà prise, que Biden a confirmée en sortant, en partant d'Afghanistan, sans se soucier d'ailleurs des conséquences. Donc Trump, ça ne changerait rien. Mais je crois qu'on surestime tout cela. Oui, je pense que tout cela est surestimé, qu'on essaie de faire peur. Moi, je le vois bien dans les médias, c'est de faire peur aux Français en présentant Trump comme une espèce de nouveau fasciste, en présentant Kamala Harris comme le Messie. Tout ça est complètement caricatural.
Les États-Unis, c'est une nation qui a une stratégie, qui a un programme. C'est vrai que ça change des nations européennes qui sont complètement écrasées par l'Union Européenne. On a le sentiment que vous avez pris un peu de distance par rapport à Donald Trump au Rassemblement National. Ça n'a pas toujours été le cas ? Non, je ne sais pas. C'est-à-dire qu'en fait, le commentaire médiatique, c'est toujours de tirer les verres du nez et de tirer les phrases de leur contexte pour nous forcer à faire prendre une position. Et en fait, on a le droit de ne pas vouloir faire semblant de voter pour des gens pour quelqu'un ne vote pas. Si j'étais américaine, je voterais Trump.
C'est ce qu'avait dit Marine Le Pen en 2016.
Visiblement, après l'exercice du pouvoir par Donald Trump, le Rassemblement National est plus prudent sur un soutien,
ou en tout cas, son expression sur Donald Trump. Oui, mais si vous voulez, ce sont toujours des phrases qu'on tire, on pose 50 fois d'ailleurs, comme aujourd'hui, mais c'est votre liberté, la même question, alors que la position de base était on n'est pas américain, on ne prend pas part au vote. Voilà. Sur l'Ukraine, faire croire aujourd'hui que M. Biden et Mme Harris sont un soutien fort du régime ukrainien qui lutte pour sa liberté et l'intégrité de son territoire. C'est faux. Pour le moment, les États-Unis ont malheureusement fait beaucoup de cynisme sur ce conflit épouvantable. Ils ont versé plusieurs milliards de dollars.
Ce qui n'avait jamais été peu dit sur le programme du Rassemblement National, c'est que pour sortir du gaz russe, nous, on voulait que les États-Unis nous garantissent des contrats à prix coûtant. Parce qu'il faut être solidaires. Les États-Unis se font de l'argent sur le dos des Européens qui assument de lutter contre le régime de Vladimir Poutine en essayant de limiter mal, il faut le dire, les revenus énergétiques de la Russie. Mais c'est les Européens qui payent et c'est les Américains qui s'enrichissent. Ils font des programmes d'aide à l'Ukraine et c'est leurs programmes d'armement qui sont largement honorés. Donc faisons attention aussi collectivement.
Les États-Unis ont toujours de grands discours très généreux. C'est la démocratie principale de l'Occident. Mais les Européens et les Français en particulier doivent renouer avec l'esprit du général de Gaulle. La France ne sera défendue que par des Français et les pays européens, s'ils se respectent entre eux, ne seront défendus que par la solidarité européenne. Le reste, attente de Washington qu'elle vienne nous protéger ou nous partager une richesse que nous n'avons plus, il faut arrêter de se leurrer.
Le Grand Jury, tout est politique.
Avec à mes côtés toujours Pauline Buisson de M6 et Périne Tarnot de Public Sénat. Alors pendant que les députés débattent du budget,
Jean-Philippe Tanguy et Marine Le Pen, votre présidente de groupe, se partagent entre l'Assemblée et le tribunal pour le procès des assistants parlementaires du RN.
Diriez-vous que cette double actualité fragilise votre combat politique ? Non, je ne pense pas. Marine Le Pen est présente pour les votes majeurs. Elle était présente par exemple pour le vote baissant la subvention et la contribution de la France à l'Union européenne. Elle était présente toute la journée de notre niche. Elle ne pourra pas être là par exemple pour le vote solennel ? Oui, parce qu'elle a l'indication au tribunal, mais c'est un procès extrêmement politique et très injuste. Moi je suis très admiratif du courage de Marine Le Pen face à cette épreuve.
Ça me rappelle aussi ce qu'a subi Marie-Hélène de Sarnay des personnalités du Modem, qui ne sont pas de ma famille politique, mais qui ont subi des injustices qui ont été salies par un système de mascarade.
Est-ce que les comptes rendus de ce procès vous inquiètent pas un petit peu ? Parce que visiblement, beaucoup d'assistants et d'élus ont du mal à justifier le travail de leurs assistants pour le Parlement européen. Et Marine Le Pen semble avoir été bel et bien au courant de ce système
qui avait été mis en place au Rassemblement national. Non, je ne suis pas du tout inquiet. Marine Le Pen, c'est un bloc de granit. Elle va démontrer cette mascarade. Elle a déjà démontré que le Parlement européen avait fait des faux documents pour organiser cette mascarade. Donc j'ai envie de dire que le bongrang va revenir dans la tête de ceux qui ont organisé cette indignité. On rappelle quand même qu'elle risque jusqu'à 10 ans de prison, 1 million d'euros d'amende et 10 ans d'inligibilité. C'est quand même pas anodin. Oui, c'est beaucoup d'injustice quand on est innocent. Les gens du Modem ont été innocentés. Marie-Hélène de Sarnez n'est plus là pour avoir été innocentée.
Donc ce système qui salit en permanence des hommes et des femmes politiques de toute obédience. Parce que là, le Modem est sali, le Rassemblement national est malheureusement sali et même les insoumis. M. Mélenchon va être sali dans le procès d'après. Comme par hasard, ce sont les trois partis qui se sont toujours opposés à la corruption et à la bureaucratie de l'Union européenne. Et M. Schulz, président des sociodémocrates, si on peut les appeler comme ça, au Parlement européen, ses amis, ils ont été pris avec des valises du billet du Qatar. Et ça, c'est pas une accusation fantaisiste. C'est un flagrant délit.
Donc ces gens qui organisent la salissure de leurs opposants politiques avec la complicité d'une certaine justice qui, de toute façon, est obsédée par le Rassemblement national, moi, je dois dire que je suis révolté par cette attitude. Tout n'est pas permis contre ces adversaires politiques en République. Et c'est une honte. Et Mme la juge, qui de toute évidence a perdu le sens commun dans la façon dont elle mène un certain nombre de débats, je rappelle que son modèle revendiqué, c'est Eva Jolie, pour s'engager en politique.
Je pense que si, là où le juge qui avait été choisi pour ce procès avait dit que son modèle était Jean-Marie Le Pen, je ne suis pas sûr qu'elle aurait été retenue pour diriger ce procès. Mais en France, on peut admirer Eva Jolie, une espèce de militante écologiste qui s'est trompée sur tout, va raconter n'importe quoi et a sali la France pendant 30 ans. On peut diriger un procès politique. Moi, je laisse les auditeurs libres de leur jugement face à cet engagement. Il y a une responsabilité de la juge dans la façon dont elle mène le procès.
Moi, je ne comprends pas comment on peut confier un tel procès à une magistrate qui dit qu'elle s'est engagée en justice par fascination pour Eva Jolie, qui a commencé juge rouge et qui a fini redéputée verte.
Le Grand Jury 2027, c'est demain.
Alors justement, Marine Le Pen sera-t-elle la candidate du RN en 2027 ? Je le souhaite ardemment. C'est la candidate naturelle de notre famille politique et c'est une femme d'État qui est la seule aujourd'hui à pouvoir rétablir le pays. Et elle a un lien unique avec les Françaises et les Français qu'elle a patiemment construit, déjouant les machinations, les mensonges. C'est un long chemin qu'a pris Marine Le Pen de courage face à l'adversité. Oui, un long chemin, vous dites. Et à chaque fois, pour l'instant, Marine Le Pen sertait un espèce de plafond de verre au second tour de l'élection présidentielle. Comment contourner ce plafond de verre ? Quelle est votre stratégie ? Convaincre.
C'est long. C'est difficile. Moi, je ne crois pas cette théorie du plafond de verre. Je pense que nous avons un travail de conviction. C'est un vote de rupture de choisir. Vous avez un problème de second tour, quand même. Marine Le Pen, c'est encore répété en rétablissement. C'est surtout que nos adversaires n'ont pas vraiment de problème de conscience. Nos adversaires savent s'unir, savent magouiller. Ce sont les Français qui votent. Oui, c'est vrai, mais vous savez, ils peuvent être détrompés. Évidemment, c'est les Françaises et les Français qui votent. Et on est souverains. Et nous, on s'est toujours reconnu le vote des Français. On n'a jamais remis en cause.
Contrairement à la gauche qui prétend rejouer une élection qu'elle a censé se perdue. Nous, on n'a jamais remis en cause le vote des Français. Mais ça ne m'empêche pas de dénoncer les mensonges. Oui, vous avez raison. Mais enfin, le Front républicain. Je ne sais pas ce que ça a de républicain, en tout cas, le Front des Magouilles, le Front pour garder les postes. Ils savent bien que l'avènement du Rassemblement National sera un vote de rupture et de changement et que leur triste bilan sera inspecté. On le voit aujourd'hui sur la dette de l'État. Il va y avoir une commission d'enquête.
Je serai très actif avec mes amis députés du Rassemblement National parce qu'il ne faut pas compter sur les partisans du système pour faire leur propre bilan. Heureusement qu'Éric Ciotti est rapporteur de ce moment-là. Et du coup, en cas de législative anticipée, où en est votre plan pour Matignon ? On évoquait un plan Matignon-BIS. On avait vu que lors des dernières législatives, toutes les investitures n'étaient pas prêtes. Il y a eu ce qu'on a pu appeler quelques brebis galeuses dans les personnes investies. Est-ce que là, vous y travaillez ? Oui, bien sûr. Nous avons une part de responsabilité collective, d'ailleurs.
Dans les échecs qu'on a pu connaître lors des dernières élections législatives, nous n'aurions pas dû présenter ces candidats. Ils auraient dû être identifiés. Et c'est une responsabilité que tous les dirigeants du Rassemblement National, dont moi, partagent. Et donc, il faut tirer les conclusions. Après, nous avons fait face aussi, une fois que cela a été dit, à beaucoup de mensonges, à des gens qui n'ont lutté contre aucune manipulation pour s'unir. Quand je vois M. Attal, qui à l'Assemblée, crie contre les insoumis, condamne leur antisémitisme au nom d'un antisionisme de façade, est révolté contre l'usage de la violence de l'extrême gauche, et il a raison, mais il s'est allié avec eux.
Il s'est allié avec eux. Quand je vois qu'ils dénoncent les 60 milliards d'impôts votés par les insoumis, vous avez les insoumis, un bon tiers des députés insoumis, ils ne sont là que parce que les macronistes les ont fait élire de la même manière que quand je vois M. Coquerel, président de la Commission des Finances, qui dénonce la collusion entre le RN et les macronistes. Il y a 60 députés, et c'est le Figaro qui l'a montré, 60 députés macronistes qui ont été élus uniquement grâce au nouveau Front Populaire. Donc tout ce petit monde sait se trouver, et c'est vrai que c'est difficile de lutter à un contre tous.
Jean-Philippe Tanguy, le 6 novembre 2022, Jordan Bardella a été élu à la tête du Rassemblement National. Deux ans après, que mettez-vous dans son bilan ? Il a mené le Rassemblement National à un échec à 11 millions de voix. Alors si vous voulez, je souhaite à tous nos adversaires d'avoir des échecs qu'il a connu Jordan Bardella. Oui, mais vous savez, c'est la première fois que dans notre pays, en ayant fait autant de suffrages, aussi bien en valeur relative qu'en valeur absolue, on n'est pas majoritaire. Donc Jordan Bardella a réussi à atteindre un record de suffrages de confiance en deux élections. C'est ce que vous mettez dans son bilan ? C'est un bilan remarquable.
Est-ce qu'il a tiré les leçons de cet échec ? Est-ce qu'il a réorganisé le parti ? Je pense qu'il le fait actuellement. Il a mis immédiatement au travail. Je le pense parce que moi je n'ai pas un goitre d'orgueil, si vous voulez, je ne suis pas là à vous savoir pourquoi. Mais bien sûr, je le fais absolument confiant. Je vois qu'il a mis en place tout de suite une équipe, Julien Oudoul, que je connais depuis longtemps, et Thomas Ménager, avec qui je travaille depuis plus de dix ans, tout de suite au travail pour préparer une campagne législative. Donc il n'y a plus de présidence solitaire ? C'était un reproche qui était fait à Jordan Bardella ?
Mais on est un parti bonapartiste, un parti gaullien. Donc oui, nous on a un chef. On a un chef, on lui obéit. On a la chef de la famille politique Marine Le Pen, on a Jordan Bardella, il travaille de concert. Nous on obéit. C'est vrai qu'au Parlement, il y a un groupe qui obéit, qui vote comme d'un bloc. A l'Union Européenne, au Parlement Européen, on est d'un bloc. C'est sûr qu'on n'est pas comme tous les autres, où il y a autant de positions que de députés, et parfois plus de positions politiques que de députés, et toujours encore plus d'égo qui étouffe le débat politique. Nous on obéit, effectivement. On a une cohérence idéologique.
On a, comment dire, une autorité naturelle de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. Donc oui, quand ils prennent des décisions difficiles, il y a la solitude du pouvoir. C'est une charge qui n'est pas facile, ni pour l'un, ni pour l'autre. Mais en tout cas, il ne faut pas compter sur moi pour critiquer le gaullisme. Ce n'est pas ici que vous aurez une remise en cause, et pour une espèce de poli synodis, de faire croire qu'on peut diriger à plusieurs. Quand on est plusieurs à diriger, c'est le déclin et personne ne dirige rien du tout.
Dernière petite séquence,
puisque nous parlions justement de Jordan Bardella. Avez-vous reçu son livre qui sort la semaine prochaine ? Non, pas encore. Je pense que je l'aurai en même temps que les Françaises et les Français. Il y a peu de privilèges au Rassemblement National. Mais c'est normal. Marine Le Pen l'a lu ? Je ne sais pas. Vous êtes impressionnant de le lire ou pas ? Oui, je suis impressionnant de le lire, parce que déjà, je suis impressionnant de voir quel angle a choisi Jordan Bardella pour créer ce nouveau lien avec les Français. C'est difficile d'écrire un ouvrage. Moi-même, je n'ai jamais réussi à en finir un. Donc, vous savez ce que c'est que l'épreuve de la feuille blanche et du stylo.
Il faut être face à soi-même. Comment vous interprétez le titre du livre « Ce que je cherche » ? Je pense que c'est sortir, si vous voulez, du cadre purement programmatique pour expliquer aussi la vocation politique. Je ne peux pas parler à sa place. Je n'ai pas lu le livre. Et Jordan Bardella ne m'a pas fait part parce qu'il tient, il a raison, sa communication d'une main de fer. Et dans un monde, effectivement, où tout fuit, où tout part et plus rien n'est contrôlé, moi, je suis assez admiratif de sa capacité à tenir une ligne politique et une ligne de communication et de se tenir à cette ligne. Mais je pense qu'il va expliquer la vocation politique parce que c'est important.
La politique est très dévoyée, évidemment. Je comprends les critiques qui nous sont faites. Mais il y a aussi une vocation. C'est un engagement. Et quand on s'engage aussi jeune que Jordan Bardella, je pense que beaucoup de Françaises et de Français sont curieux de savoir pourquoi. Merci beaucoup, Jean-Philippe Sanguay, pour ce grand jury. Bon dimanche à tous. Merci à tous.
Jean-Philippe Tanguy