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Discours / meetingCNEWS (sur YouTube)· 28 avril 2026 10 minAutoproduitPortrait personnelDéfense

La ministre des Armées Catherine Vautrin rend hommage au sergent Anicet Girardin

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Mesdames et messieurs les maires, mesdames et messieurs les élus, monsieur le chef d'état-major de l'armée de terre, mesdames et messieurs les officiers généraux, officiers, sous-officiers, militaires du rang d'active et de réserve, personnel civil du ministère, chère Vitalite étinger marine du régiment, mesdames et messieurs, chères familles, aujourd'hui la nation s'incline devant le sergent Anissé Girardin du 132e régiment d'infanterie cinotechnique de Suip, mort pour la France au Liban dans le cadre de l'opération d'Amon au sein de la force intérimaire des Nations- Unies. Le 145e mort pour la France au Liban depuis 1978. Au Liban, nos soldats portent le beret bleu toujours pour protéger et pour maintenir ouvert ceux qui sans eux se refermeraient sous le poids de la guerre.

Ils y servent la paix au milieu des tensions. Ils y portent la parole de la France dans le fracas des armes. Ils y rappellent qu'entre les peuples, même lorsque tout vacille, il doit rester une voix.

C'est cette voix qu'Anissé Girardin a servi jusqu'au sacrifice ultime. Il y a quelques jours à Montaub, nous rendions hommage à son camarade de combat, l'adjudant Floriant Montorio, du 17e régiment du génie parachutiste. Aujourd'hui, c'est devant le sergent Anissé Girardin que la nation se recueille.

Tous deux étaient engagés dans la même mission. Tous deux avaient reçu la même tâche. Ouvrir un itinéraire, reconnaître un axe, faire face pour permettre à d'autres d'avancer.

Tous deux étaient là où les soldats français sont attendus lorsque la mission devient difficile à l'avant. Aniss Gérardin est né à Reince. Reince.

Ville des sacres, ville martyre, ville d'espoir dont la cathédrale jaillit fièrement sur l'écusson du 132. Aniss Girardin est un enfant de la Marne, un enfant de la Champagne à Juniville, au sud des Ardennes. C'est tout un village qui l'a vu grandir.

On l'a vu enfant sur les bancs de l'école. On l'a vu après la classe rejoindre son père Philippe dans la boulangerie familiale. Dans ces lieux du quotidien où se transmettent le goût de l'effort et la fierté du travail bienfait.

Anisset Girardin a appris tôt qu'il existe des vies tournées vers les autres. En 2016, à l'âge de 21 ans, Anissé Gérardin s'engage dans l'armée de terre. Il rejoint le 132e régiment d'infanterie cinotechnique de Suip.

Un régiment à part, un régiment de soldats qui savent que le courage se mesure à la confiance silencieuse que l'on inspire à ceux qui avancent avec eux. Le 132. Héritier d'une histoire née sous la révolution avec la 132e demi-brigade porte une devise qui dit tout d'elle et de ses hommes un contre H.

Cette histoire trouve ses racines à Ronais le 2 février 1814 lorsque quelques centaines de fantassins du 132e de ligne teintrent en respect l'ennemi huit fois supérieur en nombre permettant à l'armée française d'échapper à une poursuite décisive. cette devise, ce morceau d'histoire, dit l'audace. Elle dit cette manière de tenir, même lorsque le rapport de force paraît défavorable, même lorsque le danger se resserre, même lorsque tout commande de reculer.

Cette devise, le sergent Anissé Girardin l'a porté jusqu'à son dernier souffle. Et aujourd'hui, le 132e ricé dans sa chair. Depuis sa recréation en 1977, jamais le régiment n'avait perdu un soldat mort pour la France en opération.

Ce premier deuil est une terrible épreuve qui marque l'entrée du 132 dans la mémoire combattante des armées françaises. Au 132, Anice Girardin trouve sa voix. Il se forme au dressage.

Il apprend cette spécialité rare, exigeante et singulière qui unit le soldat et le chien dans un même engagement. Il se spécialise dans l'aide à la recherche et à la détection d'explosifs. Cette spécialité demande de la patience, de la rigueur, une immense maîtrise technique et une intelligence du vivant qui ne s'apprend pas dans les manuels.

Car le maître de chien ne commande pas seulement. Il observe, il sent et il reçoit en retour cette confiance absolue de ce compagnon qui avance avec son maître vers le danger. Il y a quelque chose de très ancien, de très noble dans cette relation homme chien.

Deux êtres qui veillent l'un sur l'autre pour veiller sur tous les autres. C'est ce qu'Anissé Girardin avait compris. lui qui avait la passion du chien chevillé au corps.

Avec Ross, ils avaient accompli plusieurs missions exigeantes. Avec lui, il avait servi au Mali dans le cadre de Barcane. Avec lui, il avait contribué à la sécurité de la Coupe du monde de rugby en 2023.

Avec lui encore, il avait été engagé dans l'opération Sentinelle lors des Jeux Olympiques et Paraolympiques de Paris en 2024. Et au Liban avec Ross, Anissa Gérardin poursuivait cette même mission. Détecter la menace, ouvrir le passage avant que le danger ne fauche des vies.

Voilà la grandeur silencieuse des soldats sinotechniciens. Il voi l'invisible. Ils avancent là où le danger est encore caché.

Ils s'exposent pour que les autres ne soient pas surpris par la violence. école d'exigence, de maîtrise, de courage, Anissé Girardin était l'un des visages. Consciencieux, discret, d'une fiabilité absolue.

Il était apprécié de tous. Ses chefs reconnaissaient son sérieux, ses pères estimaient sa compétence et ses subordonnés suivaient son exemple. Il suscitait l'adhésion avec cette autorité naturelle des soldats qui savent faire, qui savent tenir, qui savent entraîner.

Depuis le 23 janvier, le sergent Gérardin était de nouveau déployé au Liban dans le cadre de l'opération d'Amond. Il y servait comme adjoint au chef de groupe sinotechnique. Il avait fêté son 31e anniversaire quelques jours plus tôt, loin des siens auprès de ses frères d'âmes.

Ce matin-là, sous le soleil du sud Liban, dans cette région où chaque route peut devenir menace, sa patrouille est engagée dans une mission de reconnaissance et d'ouverture d'itinéraire. Il fallait ouvrir une route piégée par un engin explosif improvisé. Il fallait ravitailler un poste isolé.

Il fallait permettre à la mission de continuer. Le sergent Girardin intervient alors au côté de l'addurant Montorio. Le sapeur et le sinotechnicien, le génie et le chien.

Deux spécialités différentes, mais une même logique, être devant, là où le danger se cache pour que les autres puissent passer. Là réside la grandeur de leur mission. Là réside aussi toute sa difficulté car ceux qui ouvrent la voie affrontent souvent deux ennemis à la fois.

L'obstacle et les combattants qui le protègent, le piège et le feu. Ce jour-là, la mission bascule. La patrouille est prise à partie.

Les tirs éclatent à très courte distance. Nos soldats ripostent et protègent les leurs. Ils font face.

L'adjud Montorio est d'abord touché à l'avant. C'est alors qu'Anissé Girardin accomplit le geste qui résume peut-être toute une vie de soldat. Il ne recule pas, il ne se dérobe pas sous les feux ennemis.

Il porte secours à son chef. Il relève celui qui vient de tomber parce qu'un soldat français n'abandonne jamais un frère d'arme. C'est là en secourant l'adudent Montorio qu'Anissé Gérardin est grièvement blessé.

Il y a dans cet acte, cette vérité simple qui traverse l'histoire de nos armées. On sert la France en servant celui qui combat à vos côtés. Malgré l'intervention de ses camarades, malgré la prise en charge médicale, malgré le combat livré pour le sauver, le sergent Anissé Gérardin a succombé à ses blessures.

Il est mort des suites de ce geste de courage. Il est mort comme il avait servi avec bravoure et fidélité.