Juppé renonce, Fillon s'accroche - Les questions SMS #cdanslair 06.03.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:02OuverteÉludée
Juppé ne fait-il pas le jeu de Macron en tapant sur Fillon ?
- 0:30OuverteRéponse directe
Est-il absolument certain que Sarkozy ne va pas y aller ?
- 1:17RelanceRéponse partielle
Pourquoi François Fillon ne propose-t-il pas de rembourser les salaires perçus par son épouse ?
- 2:34OuverteRéponse directe
Les dépenses d'organisation du rassemblement du trocadéro entreront-elles dans les comptes de campagne de François Fillon ?
- 4:35OuverteRéponse partielle
François Fillon va-t-il accepter un retour des déserteurs ?
- 5:20OuverteRéponse directe
Sans François Fillon, quel barrage contre le FN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10PrésentateurFait
« Tous ceux qui semblent donner à la droite des signes de découragement ou leur signaler que Fillon n'est plus digne de leur suffrage font le jeu pour une part de Marine Le Pen, pour ceux qui sont les plus en colère, mais ceux-là vont rester plus accrochés à Fillon et pour une bonne part de Macron. »
- 1:01InvitéFait
« On ne peut pas exclure qu'il y ait au fond de lui peut-être une petite envie. »
- 1:33PrésentateurPromesse
« si j'ai commis une faute sans m'en rendre compte, je rembourserai. »
- 1:49InvitéFait
« Il dit que c'était légal. »
- 2:41InvitéChiffre
« 200 000 euros. »
- 2:45PrésentateurChiffre
« Mais qui a touché 6 millions, je crois, sur les 9 qui ont été la cagnotte de la primaire »
- 5:54InvitéChiffre
« 61 pour Emmanuel Macron, 39 pour Marine Le Pen. »
- 6:42InvitéFait
« On rappelle que c'est lui qui a annoncé plus ou moins sa mise en examen. »
Temps de parole
- Présentateur30 %
- Invité28 %
- Invité 224 %
- Invité 313 %
- Invité 46 %
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Juppé ne fait-il pas le jeu de Macron en tapant sur Fillon ?
Oui, bien sûr. Tous ceux qui semblent donner à la droite des signes de découragement ou leur signaler que Fillon n'est plus digne de leur suffrage font le jeu pour une part de Marine Le Pen, pour ceux qui sont les plus en colère, mais ceux-là vont rester plus accrochés à Fillon et pour une bonne part de Macron. N'oublions pas que Bayrou avait dit « si Juppé est choisi pour la primaire, je le soutiens ». Bon, il est parti chez Macron. Il a dit en fin de semaine dernière « j'y reste ». Même si Juppé revient comme plan B, je reste avec Emmanuel Macron.
Est-il absolument certain que Sarkozy ne va pas y aller ? Ah oui, c'est certain. Ça, oui ? C'est certain. D'abord parce qu'il est mis en examen. Excusez-moi, mais je pense que maintenant c'est une bonne raison. Et deuxièmement parce qu'il a perdu la primaire et c'est la réalité. Alain Juppé avait aussi perdu la primaire et il se sentait autorisé. Oui, mais il était deuxième derrière. Et Nicolas Sarkozy, souvenez-vous de tout le parcours qu'il avait fait pour se remettre en selle. Il y a eu un rejet massif quand même de son camp contre lui. Qui puisse pas, c'est une chose qu'il n'en ait pas envie ? On ne peut pas exclure qu'il y ait au fond de lui peut-être une petite envie.
Mais si François Fillon ne s'est pas désisté pour Alain Juppé arriver en deuxième position, je le vois mal là se désister pour Nicolas Sarkozy. Il a de plus accepté un poste dans un conseil d'administration d'un très grand groupe hôtelier.
Ce n'est pas pour revenir à la politique de maître.
Pourquoi François Fillon ne propose-t-il pas de rembourser les salaires perçus par son épouse ? Pourquoi n'est-il pas poussé à le faire ?
C'est trop tard, ça lui a été suggéré dans les premiers jours, soit de rembourser, soit de mettre sous séquestre. En disant, attendez, moi j'ai respecté la loi, je n'ai rien à me reprocher, mais je ne veux pas qu'il y ait de doute. Alors on va provisionner cet argent et puis le jour où la justice tranchera, si j'ai commis une faute sans m'en rendre compte, je rembourserai. Mais ça, ce n'est pas quelque chose qu'on peut dire après deux mois de polémique comme une ultime explication.
Et puis j'ajoute que je pense qu'il n'a pas du tout envie d'en rembourser parce qu'il ne considère pas qu'il a fait une faute. Il dit que c'était légal. Alors c'est peut-être mal perçu, mais c'était légal. Oui, il a apporté la politique de maître. C'était légal et je n'ai pas remboursé. Je pense que profondément, c'est ce qu'il pense.
Il dit erreur, mais jamais faute.
Jamais faute. Et on n'a pas parlé de Pénélope Fillon qui a enfin parlé dans le journal du Nouveau. Ça a changé quelque chose.
Ah oui, bien sûr, parce qu'une partie des rumeurs, c'était « François Fillon peut renoncer parce que c'est trop dur pour sa famille, c'est difficile ». Donc en prenant la parole comme elle l'a fait, par surprise et avec fermeté, en disant « Je lui ai dit depuis le début, ne t'arrête pas, va jusqu'au bout », elle a éliminé cette explication-là. Ça a été la journée des dupes ce dimanche. François Fillon a dupé tout le monde. Ceux qui pensaient qu'il ne réussirait pas le trocadéro, ceux qui penseraient qu'il renoncerait parce que sa famille était trop meurtrie par cela, ceux qui pensaient qu'il était en train de négocier quelque chose avec Sarkozy ou Juppé, il les a roulées dans la farine.
Les dépenses d'organisation du rassemblement du trocadéro entreront-elles dans les comptes de campagne de François Fillon ?
Ah bah oui.
C'est le parti qui a payé. 200 000 euros. C'est l'association de financement de campagne.
Mais qui a touché 6 millions, je crois, sur les 9 qui ont été la cagnotte de la primaire et auxquelles le parti, les Républicains, pour l'instant, portent encore son soutien financier.
Il pourrait retirer le soutien financier ?
Ah, il peut retirer son soutien financier, il ne reprendra pas l'argent qui a déjà été dépensé, mais il peut tarir son soutien financier. Ça n'empêchera pas Fillon, s'il fait plus de 5%, d'être remboursé à la hauteur de la moitié des frais engagés. Avec la cagnotte de la primaire, dont il reste un reliquat qui lui sera versé, parce qu'on ne voit pas à qui d'autre il pourrait aller, il est quand même largement les moyens de faire campagne.
Hier, au Trocadéro, où étaient les jeunes adultes, les étudiants, les paysans, les artisans, les cadres moyens et dans le cercle ? Ce que vous disiez, ce n'était pas la France. Ils étaient vraiment moins là que les autres, que ce qu'on a vu, c'est-à-dire, encore une fois, la reproduction. Vous avez une sorte de précipité, si on veut encore utiliser, on parle de cristallisation, on va utiliser un autre terme chimique, le précipité. Qu'est-ce que le précipité ? Hier, au Trocadéro, vous avez effectivement une sorte de concentration, on va dire, ce sera plus simple, de concentration des caractéristiques de l'électorat de droite, de la primaire de la droite, de François Fillon, du Trocadéro.
Et donc, il est un peu plus âgé encore, un peu plus bourgeois encore, on utilisait ce mot-là tout à l'heure, effectivement, un peu plus dans la volonté de pouvoir aller jusqu'au bourg où c'est des idées conservatrices. Radicaliser, comme l'a dit Alain Juppé ? Alors, la radicalisation, c'est un mot qui est utilisé dans un autre registre actuellement, donc je trouve qu'il est un petit peu extrême, mais on va dire qu'il est extrémisé par rapport à un profil sociologique. Un rassemblement organisé avec le concours de sens commun, n'est-ce pas troublant ?
Mais la primaire a été organisée, si je veux dire, du côté Fillon, avec le concours de sens commun, le soutien public de sens commun vers la mi-octobre, si je me souviens bien, en même temps que le livre de François Fillon, « Vaincre le totalitarisme islamique », a donné à François Fillon un atout identitaire, ce qui n'a pas été neutre dans sa victoire.
Et ils étaient là encore, ce week-end. François Fillon va-t-il accepter un retour des déserteurs ? Elle est intéressante cette question, parce qu'il l'a dit hier aux 20h, sous-entendu, bon, ceux qui sont partis, qui veulent revenir, il faudra bien que je rassemble mon camp. Entre parenthèses, il leur a fait un petit peu la leçon, puisqu'il était en réunion au comité politique, et il a dit « Il est temps que chacun se reprenne et revienne à la raison ». Il les accepte, les déserteurs ? Alors, je pense qu'il est coupé en deux, parce qu'il y a un côté chez Fillon de dire, bon, la façon dont il a traité les élus qu'il avait trahi ou qu'il avait laissé, moi, j'ai trouvé que c'était très dur.
Et puis, en même temps, il est obligé de rassembler. Il n'y a pas le choix. S'il veut y arriver, il faut qu'il rassemble. Donc, ça va être une tension entre les deux. Soyez les bienvenus, mais excusez-vous d'abord. Allez, sans François Fillon, quel barrage contre le FN ? Sans François Fillon, un barrage contre le FN qui s'appelle Emmanuel Macron. En tout cas, aujourd'hui, dans les intentions de vote, d'abord, il est en seconde position et donc capable de se qualifier face à Marine Le Pen.
Et là, vous savez, cette fameuse expression qu'on recevra à chaque fois, mais qui est juste en politique française, en tout cas pour l'élection présidentielle, au premier tour, on choisit, au second tour, on élimine. Au premier tour, on peut choisir Emmanuel Macron. Et actuellement, il montre, effectivement, dans l'intention de vote, une capacité à être présent au second tour. On peut choisir aussi Marine Le Pen. Au second tour, on élimine. Et aujourd'hui, l'élimination de Marine Le Pen concerne un plus grand nombre de Français que celle qui serait l'élimination d'Emmanuel Macron, qui est un peu moins repoussoir.
Il y a eu un sondage IFEA publié pendant cette émission qui donne un second tour. 61 pour Emmanuel Macron, 39 pour Marine Le Pen. Qu'arrivera-t-il si François Fillon n'est pas mis en examen ?
Ah ben, il va triompher. Il va triompher parce que non seulement il va triompher auprès de tous ceux qu'on doutait en disant « Quoi ? Vous avez cru que j'allais l'être à 100% ? Vous m'allez demander de renoncer ? Regardez, vous vous étiez trompé. » Mais il va triompher aussi par rapport à l'opinion. Et puis enfin, il va triompher par rapport au juge. Parce que quand même, ne pas être mis en examen, c'est reconnaître in extremis que dans les faits, dans la procédure, il n'y a pas grand-chose. Quand on lit les PV qui ont été publiés hier par le journal du dimanche, il y a quand même vraiment matière à aller plus loin dans l'investigation, donc à appuyer une mise en examen.
En revanche, moi je le trouve, mais je ne suis pas spécialiste, que le jour où il sera devant un tribunal s'il y est renvoyé, alors là c'est un peu léger pour condamner quelqu'un.
On rappelle que c'est lui qui a annoncé plus ou moins sa mise en examen. Alors il est condamné à fin de sa convocation en vue de ce qu'il ne veut pas dire. Il n'était pas obligé de le faire. Mais il n'était pas obligé de le dramatiser à ce point-là. Et surtout, le juge peut, si les avocats sont très convaincants, le mettre sous statut de témoin assisté. On rappelle que c'est le juge tournaire ? C'est le juge tournaire. A priori, effectivement, Nicolas Sarkozy lui a expliqué que ce n'était pas le juge le plus tendre. C'est ça. Avons-nous quelques chances, nous électeurs, d'avoir avant le 23 avril de vrais débats, de vraies confrontations d'idées pour pouvoir choisir ?
C'est une vraie question. Parce que c'est vrai qu'il y a une demande aujourd'hui dans l'opinion de pouvoir retrouver quelque chose d'une forme de rationalité qu'il y a dans les campagnes électorales. Elles sont toujours assez émotionnelles. Celles-ci, ça n'est que de l'émotionnel. Ça n'est presque que de l'irrationnel. On peut se le dire. Aujourd'hui, il y a une demande. Et c'est vrai que, sans doute, même chez les électeurs de droite, la défection, en tout cas, d'Alain Juppé a peut-être tué aussi cet espoir. Parce qu'il est représenté. Il représente. C'est ce que nous disait un certain nombre d'électeurs de droite.
Le fait de revenir à quelque chose de plus vertical, de plus stable, de plus habituel. Et c'est vrai qu'il y a une vraie attente pour pouvoir retrouver ce débat. Encore une fois, les débats télévisés et le fait que l'offre électorale soit stabilisée, qu'on arrête de parler d'un plan B ou d'un plan C, permettra d'avancer un peu, sans doute. Alors, l'attitude de François Fillon, très commentée dans toute cette période-là, ne montre-t-il pas qu'il a la trempe d'un président ? On disait qu'il y a beaucoup d'aspects psychologiques dans ce qu'on est en train de dire. Là, il montre qu'il a la trempe d'un président ? Moi, je trouve qu'il montre qu'il veut.
C'est-à-dire qu'il a été Premier ministre pendant 5 ans. Il a vu l'État du pays. Il estime connaître exactement l'État du pays. Il a envie de faire ses réformes. Il n'a pas envie de laisser passer son tour. C'est surtout ça qu'on sent. C'est-à-dire une détermination farouche. Surtout que si jamais il renonce, il n'est plus rien. Il n'est plus élu, il n'est plus rien. Donc, je pense que c'est surtout ça qu'on sent. C'est qu'il est prêt à tout pour essayer d'être élu président de la République. J'ai lui posé la question à savoir s'il avait la Trump du président. Il ment parce qu'il y a un certain nombre d'éléments qui peuvent rapprocher.
Sa présidentialité est malgré tout un peu en recul aujourd'hui. Mais auprès de ce cercle réduit d'électeurs qui sont derrière lui, il a effectivement sans doute cette capacité à pouvoir encore affirmer un certain nombre de qualités qu'on attend chez un homme d'État, à savoir effectivement le fait d'être face à vent et marrer, de s'en prendre pendant la figure, etc. On disait ça aussi de François Hollande. Ça n'a pas forcément marché parce que, oui, de François Hollande qui était prêt à résister à toutes les attaques. Ah oui, c'est vrai. L'opinion était extrêmement dure. Et il tenait le fou. Les éléments et la pluie contre lui. Il a eu effectivement la pluie contre lui à un moment donné.
Allez, dernière question. Très vite, quel rôle Nicolas Sarkozy joue-t-il exactement ?
Je crois préparer la suite de la droite pour qu'elle soit sarkoziste avec ses héritiers. Je ne suis pas sûr qu'il y arrive.
Merci. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30. Dans un instant, vous retrouvez, c'est à vous. Très belle soirée sur France 5.