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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 9 novembre 2021 15 minFond programmatiqueCulture, médias & sportInstitutions & élections

Déclaration du Président Emmanuel Macron et du Président du Bénin Patrice Talon.

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Emmanuel MacronFait
    « Nous venons avec le Président de la République du Bénin, Patrice Talon, de signer ensemble un acte historique qui était tant et tant attendu, désiré. »
  • 2:00Emmanuel MacronFait
    « La signature par les ministres de la Culture de nos deux pays d’un accord de transfert de propriété qui constitue la dernière phase du processus de restitution des 26 œuvres des trésors d’Abomey. »
  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « Il y a eu la lettre du ministre béninois des Affaires étrangères d’août 2016, qui avait d’abord été rejetée par le gouvernement français au nom du principe d’inaliénabilité des collections publiques. »
  • 4:00Emmanuel MacronPromesse
    « Il y a eu en novembre 2017 le discours de Ouagadougou, où je me suis engagé à rendre possible les restitutions temporaires ou définitives d’œuvres du patrimoine africain. »
  • 5:00Emmanuel MacronPromesse
    « Il y a eu la remise de leur rapport le 23 novembre 2018 et mon engagement, sur proposition du ministre de la Culture et du musée du quai Branly - Jacques Chirac, de restituer 26 œuvres des trésors d’Abomey. »
  • 6:00Emmanuel MacronFait
    « Les œuvres sont aujourd’hui prêtes à partir. Après leur exposition lors de la semaine culturelle béninoise qui leur était dédiée au musée du quai Branly - Jacques Chirac. »
  • 8:00Patrice TalonFait
    « La restitution des 26 œuvres que nous consacrons aujourd’hui n’est qu’une étape dans le processus ambitieux d’équité et de restitution d’un patrimoine mémoriel extorqué jadis au royaume du territoire du Bénin par la France. »
  • 9:00Patrice TalonFait
    « Comment voulez-vous, quand au départ d’ici avec les 26 œuvres, mon enthousiasme soit total pendant que le dieu Gou, œuvre emblématique représentant le dieu des métaux de la forge, la tablette du Fâ, œuvre mythique de divination du célèbre devin Guédébé, et beaucoup d’autres continuent d’être détenues ici, en France. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mesdames, Messieurs. Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui et d’accueillir à nouveau le président Patrice Talon et ses ministres et de le faire en présence de la ministre de la Culture. Très heureux parce que c’est un moment pas simplement symbolique, mais émouvant, je dois le dire, et historique.

En effet, nous venons avec le Président de la République du Bénin, Patrice Talon, de signer ensemble un acte historique qui était tant et tant attendu, désiré. La signature par les ministres de la Culture de nos deux pays d’un accord de transfert de propriété qui constitue la dernière phase du processus de restitution des 26 œuvres des trésors d’Abomey. Comme vous le savez, cette restitution qui devient aujourd’hui une réalité tangible, est le fruit d’un long travail.

Il y a eu la lettre du ministre béninois des Affaires étrangères d’août 2016, qui avait d’abord été rejetée par le gouvernement français au nom du principe d’inaliénabilité des collections publiques. Il y a eu en novembre 2017 le discours de Ouagadougou, où je me suis engagé à rendre possible les restitutions temporaires ou définitives d’œuvres du patrimoine africain. Il y a eu notre entretien avec le président Talon en mars 2018 où, en sa présence, nous avons mandaté Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, et je tiens à les remercier pas simplement de leur présence, mais de tout leur travail, et où ils ont été mandatés pour tracer le cadre intellectuel d’une doctrine en matière de restitution.

Il y a eu la remise de leur rapport le 23 novembre 2018 et mon engagement, sur proposition du ministre de la Culture et du musée du quai Branly - Jacques Chirac, de restituer 26 œuvres des trésors d’Abomey, prises de guerre du colonel, puis général Dodds. Il y a eu l’adoption à l’unanimité des parlementaires de la loi promulguée le 24 décembre 2020 autorisant cette restitution. Et il y a eu le travail, considérable, au Bénin et en France, pour accompagner cette restitution d’une coopération exemplaire en matière culturelle, scientifique, patrimoniale, que nous avons eu l’occasion de détailler lors de la cérémonie du 27 octobre au musée du quai Branly - Jacques Chirac, par des programmes ambitieux en matière de formation et d’accompagnement des projets culturels et patrimoniaux béninois, et notamment du futur musée d’Abomey, soutenu par l’Agence française de développement, par ce partenariat inédit qui s’est noué entre nos deux pays autour de cette restitution.

Et c’est bien là pour moi tout le sens de ce geste. Au-delà de cette restitution, nous allons poursuivre le travail engagé depuis 2017. Et c’est pourquoi j’ai confié à Jean-Luc Martinez, ambassadeur pour la coopération internationale dans le domaine du patrimoine, une réflexion sur les critères de restitution en vue de l’élaboration à terme d’une loi-cadre.

Les œuvres sont aujourd’hui prêtes à partir. Après leur exposition lors de la semaine culturelle béninoise qui leur était dédiée au musée du quai Branly - Jacques Chirac, qui a eu un immense succès auprès du public, elles ont été emballées par des conservateurs béninois et français dans des caisses. Elles sont désormais à l’aéroport, prêtes à repartir avec vous, Monsieur le Président, vers leur pays, vers le peuple béninois.

Et c’est une nouvelle page qui s’ouvre. Pour ses œuvres, mais aussi pour le partenariat entre le Bénin et la France, un partenariat d’État à État, de professionnels à professionnels, de société civile à société civile, de jeunesse à jeunesse. Un partenariat entre égaux.

Avec le Président Talon, nous avons évoqué bien d’autres domaines de cette coopération entre nos pays. Nous avons d’ailleurs parlé de notre jeunesse aussi, de l'éducation et de tout ce que vous voulez faire, et ce chemin sur lequel la France sera à vos côtés, Président. Mais je me réjouis aujourd’hui de cette étape que nous franchissons ensemble, par une volonté commune, parce que vous avez eu le courage de demander et redemander ce qui vous était dû, parce que plusieurs ont eu le courage d'éclairer ce chemin, et parce que des conservateurs, des scientifiques, des artistes ont eu le courage de revenir sur ce qui était jusqu’alors des tabous.

Le geste d’aujourd’hui est la possibilité pour la jeunesse béninoise, la jeunesse africaine, de retrouver des œuvres de son histoire et de son patrimoine. De pouvoir les admirer chez elle. Et je souhaite que ce mouvement se poursuive, et que l’universel soit accessible à Cotonou comme à Paris.

Et nous allons continuer ce travail ensemble. Merci, Président merci à vous. Monsieur le Président, merci.

Merci à vous personnellement. Merci au Parlement et au peuple français pour ce geste combien symbolique, inespéré et avec toute sa charge d’émotion et de polémique. Par ma voix, c’est le peuple béninois tout entier qui vous exprime sa gratitude et ses félicitations pour votre clairvoyance et votre courage qui ont permis de franchir le cap du tabou de la restitution.

Bravo ! Bravo, Monsieur le Président ! Mais, Monsieur le Président, cher Président, convenez avec moi que la restitution des 26 œuvres que nous consacrons aujourd’hui n’est qu’une étape dans le processus ambitieux d’équité et de restitution d’un patrimoine mémoriel extorqué jadis au royaume du territoire du Bénin par la France.

Monsieur le Président, il est regrettable que cet acte de restitution, pourtant si appréciable, ne soit pas de portée à nous donner entièrement satisfaction. En effet, comment voulez-vous, quand au départ d’ici avec les 26 œuvres, mon enthousiasme soit total pendant que le dieu Gou, œuvre emblématique représentant le dieu des métaux de la forge, la tablette du Fâ, œuvre mythique de divination du célèbre devin Guédébé, et beaucoup d’autres continuent d’être détenues ici, en France, au grand dam de leurs ayants droit. Mais, mais est-ce que désormais, l’espoir n’est pas permis ?

Si. Monsieur le Président, l’espoir de leur retour au pays, elles aussi, ces œuvres que je viens de citer et les autres, l’espoir de leur retour au pays est désormais permis grâce à vous. C’est extraordinaire.

Pourquoi n’allons-nous pas nous congratuler, franchement, pour ce tout premier épisode, en attendant de nous retrouver à nouveau bientôt sur ce même écran pour la suite. Je n’ai pas de doute. Et je voudrais vous dire « Take five ».

Vous savez, l’émotion qui m’étreint ce matin est dévastatrice. Elle est dévastatrice parce que je l’ai espérée. J'ai désespéré, je me suis accroché et j’ai prié tous les dieux, tous nos ancêtres, pour que vous soyez bien inspiré et ils l’ont fait.

Vous aurez, Monsieur le Président, le retour. Vous le verrez bientôt vous-même. Et la France aura toute la grâce qu’elle mérite par cet acte aussi élogieux qui permet à ces œuvres si symboliques, tout simplement, parce que les mots qui m’inspirent, vous ne les comprendriez pas.

Parce que tout à l’heure, j’ai entendu la ministre de la Culture ou le maître de cérémonie dire « les biens du royaume d’Abomey », « les biens culturels », mais c’est beaucoup plus que ça. C'est notre âme, Monsieur le Président. Je voudrais donc, par ce remerciement, vous dire combien ce qui, pour nous, relève de notre patrimoine génétique profond, combien le fait de leur permettre de retourner chez eux, parmi les leurs, pour notre bien, pour notre tranquillité ou notre sérénité désormais, combien ces patrimoines seront bientôt de toute grâce pour vous, pour la France.

Parce que j’ai l’assurance que ça ne va pas s’arrêter là. J’ai l’assurance que très bientôt, puisque vous avez instruit les travaux législatifs pour définir un cadre plus général de restitution, j’ai donc l’assurance que, par ce fait-là, le reste connaîtra le même sort que les 26 œuvres que j’emporte avec moi. À Cotonou demain, à leur arrivée, elles seront célébrées.

Mais vous aussi. La France sera célébrée aussi, parce qu’on n’aura plus de doute que la suite viendra. Merci.

Merci aux équipes. Merci à nos ambassadeurs, et merci au musée et à toutes les équipes.