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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 29 novembre 2011 9 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Jean-luc Mélenchon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Qu'en pensez-vous ?

  • 1:00RelanceRéponse directe

    C'est le cas du gouvernement et de l'UMP ?

  • 1:38OuverteRéponse partielle

    Faut-il régulariser les sans-papiers ?

  • 2:49RelanceRéponse partielle

    Et on n'encouragera pas de nouvelles vagues d'immigration ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Les sénateurs du Front de Gauche voteront la semaine prochaine la proposition socialiste qui vise à accorder aux étrangers le droit de vote aux élections locales ?

  • 4:56RelanceRéponse directe

    Sur les hommes, maintenant, quand François Hollande explique... Est-ce qu'il y a matière à hurler, comme vous l'avez fait hier par voie de communiqué ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueChiffre
    « Ah bah ce sont les chiffres officiels. »
  • 0:47Invité politiqueChiffre
    « Nous avons, si je fais bien les comptes, le double d'entrées de ce qui se faisait il y a 10 ans de cela. »
  • 1:35Invité politiqueChiffre
    « Le 60% de l'immigration se fait dans les pays du Sud. »
  • 2:06Invité politiqueChiffre
    « Dans les débats auxquels j'ai participé au Sénat, j'ai vu les chiffres oscillés entre 200 000 et 800 000 dans le passé. »
  • 2:23Invité politiqueChiffre
    « Sachant qu'on en expulse 25 000 par an, il y en a pour 10 ans. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « Il est impossible d'expulser 250 000 à 300 000 personnes de ce pays. »
  • 6:49Invité politiqueFait
    « J'ai dit que François Fillon était un économiste de cimetière, parce qu'avec lui, avec les morts, qui étaient bien, vu qu'ils n'ont besoin de rien. »
  • 7:38Invité politiquePromesse
    « Nous n'irons pas le front de gauche dans quelque gouvernement que ce soit, où il y aura des centristes. »

Temps de parole

  • Jean-Luc Mélenchon79 %
  • Présentateur21 %

5,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, 7-9 de Patrick Cohen. Bonjour Jean-Luc Mélenchon, candidat du front de gauche à la présidentielle. On va reparler un peu plus tard de l'Europe parce que la chronique de Bernard Guetta vous a fait réagir. C'est un dossier intéressant. Quelques questions, disons plus intérieures. Claude Guéant d'abord trouve que 200 000 immigrés accueillis chaque année en France, c'est trop. Il voudrait réduire de 10% les titres de séjour accordés par notre pays. Qu'en pensez-vous ?

0:31
Jean-Luc Mélenchon

C'est une politique de gribouille, ça n'a pas de sens, pas davantage que ce qu'il a pu dire auparavant. 200 000, d'où tirent-ils ce chiffre ? Ah bah ce sont les chiffres officiels. Oui, c'est un aveu d'échec puisque dans sa propre logique, il prétendait contrôler les flux. Nous avons, si je fais bien les comptes, le double d'entrées de ce qui se faisait il y a 10 ans de cela. Alors il faut essayer d'y réfléchir. Soit on a l'attitude xénophobe qu'on docane et on se dit comme ce sont des étrangers, quelle horreur.

1:00
Présentateur

C'est le cas du gouvernement et de l'UMP ?

1:02
Jean-Luc Mélenchon

Je crois, oui, ils essayent de donner à manger à un sentiment qui ne mène nulle part, qui est la peur permanente. Ou bien on essaye de réfléchir, pourquoi est-ce qu'on en est là ? Est-ce qu'on se figure que les gens quittent leur pays, leur petit village, leur ville par goût, par plaisir ? Non, ils en sont chassés du fait des politiques absurdes que mène notamment l'Europe en matière de coopération, puisqu'elle impose à tous ces pays d'abattre leurs frontières, de laisser les produits européens entrer, notamment les produits agricoles, ce qui chasse les paysans de leurs terres, les amène en ville où il y a surplus et ceux-ci émigrent. Le 60% de l'immigration se fait dans les pays du Sud.

Ce que nous voyons arriver jusqu'à nous, c'est la petite quantité qui a survécu à cette immense migration. Ce monde est devenu fou et il faut prendre les problèmes à la racine, c'est-à-dire au point de départ des politiques qui poussent à l'immigration. Voilà l'attitude sensée, l'attitude absurde, c'est celle qui consiste à dire, eh bien on prend les gens, on le jette à la mer. Faut-il régulariser les sans-papiers ? Eh bien, quand on me pose cette question, souvent je demande que peut-on faire d'autre ? Car combien y en a-t-il ? Personne n'en sait rien. Dans les débats auxquels j'ai participé au Sénat, j'ai vu les chiffres oscillés entre 200 000 et 800 000 dans le passé.

Alors, combien y en a-t-il ? Supposer qu'il y en ait 200 000, c'est-à-dire que je prends le chiffre le plus bas, ou 250 000 pour complaire à ceux qui me trouvent exagérément faible. Eh bien, sachant qu'on en expulse 25 000 par an, il y en a pour 10 ans, en faisant la traque aux enfants à la sortie des écoles, en pourchassant les gens un peu partout. Cette politique est intenable et elle n'a pas le premier mot de réalisme pour commencer.

Par conséquent, si l'on donne des papiers aux gens qui se découvriraient être sans-papiers, on constatera alors que certains le sont depuis plus de 10 ans, que certains sont devenus sans-papiers parce qu'on a créé une réglementation telle qu'ils ne pouvaient plus avoir des papiers.

2:49
Présentateur

Et on n'encouragera pas de nouvelles vagues d'immigration ?

2:51
Jean-Luc Mélenchon

Mais ça, j'entends bien cet argument, mais c'est une vue de l'esprit. Les gens ne partent pas de leur village en se disant, en faisant une étude de droit comparée, entre les possibilités d'entrer en France, en Allemagne ou en Italie. Non, mais s'ils ont bon accueil dans tel ou tel pays, ça peut se savoir quand même. Mais d'abord, disons une chose, ceux qui arrivent sur notre sol doivent être correctement accueillis parce que personne ne gagne à mal les accueillir. Mais deuxièmement, il n'est pas vrai qu'ils soient bien accueillis, c'est tout le contraire. Et l'on pousse à une surenchère, là, pardon que je m'exprime en français si vous voulez, c'est une surenchère entre travailleurs.

Car celui qui n'a pas de papier ne peut pas se défendre, ne peut pas se syndiquer, ne peut pas demander que lui soient appliqués les mêmes droits qu'aux travailleurs français. Et par conséquent, vous avez des poches de patronat qui exploitent ces différences pour pouvoir exploiter les travailleurs. Par conséquent, si on veut mettre fin à la concurrence entre les travailleurs devant leurs patrons, il faut qu'ils aient une égalité de situation juridique. J'en appelle au bon sens de ceux qui m'écoutent et qui ne doivent pas s'en remettre à ceux qui passent leur temps leur faire peur et qui, en réalité, ne leur proposent aucune solution.

Il est impossible d'expulser 250 000 à 300 000 personnes de ce pays. Réfléchissez-y, demandez-vous combien de trains et de bateaux cela représente à supposer que les gens aillent tous dans la même direction.

4:04
Présentateur

Les sénateurs du Front de Gauche voteront la semaine prochaine la proposition socialiste qui vise à accorder aux étrangers le droit de vote aux élections locales ?

4:11
Jean-Luc Mélenchon

En effet, car je vous demande de réfléchir au point suivant. Bien sûr, c'est une question qui soulève toutes sortes de difficultés. Il est normal qu'il y ait débat sur un sujet comme celui-ci. Mais réfléchissez-y. Comment pouvons-nous, alors que nous sommes si nombreux Français de la deuxième ou de la troisième génération ? Dans mon cas, la troisième. Accorder aux uns ce que l'on refuse aux autres. C'est-à-dire, on va donner aux enfants ce que l'on refuse aux parents. Mais notre contribution à l'évolution mondiale vers la démocratie, c'est précisément de l'étendre par chez nous. Aux élections locales, où est la difficulté ?

Puisque les gens cotisent, payent leurs impôts locaux, et ainsi de suite. Où est la difficulté à ce qu'ils soient associés à la prise de décision en désignant leurs représentants dans les conseils municipaux ?

4:53
Présentateur

Bon, donc la gauche peut se rassembler sur des éléments de programme. Sur les hommes, maintenant, quand François Hollande explique, comme il l'a fait hier matin, que si François Bayrou se rallie à lui entre les deux tours, il sera de facto dans la majorité présidentielle, en cas de victoire de la gauche. Est-ce qu'il y a matière à hurler, comme vous l'avez fait hier par voie de communiqué ? Non, je n'hurle pas, je m'exprime.

5:14
Jean-Luc Mélenchon

Vous voudrez bien me le reconnaître. C'était une image. Oui, mais elle ne me convient pas. Je m'exprime. Donc, je vais commencer d'abord par votre phrase précédente, qui, elle, était plus posée. Vous dites, la gauche peut se rassembler sur des éléments de programme. Eh bien, vous avez raison. Elle ne peut se rassembler que sur des éléments de programme, et non pas sur des apparences. Par conséquent, il faut discuter de ces éléments de programme. Vous avez deux méthodes qui sont en place.

L'une mauvaise, qui a consisté à faire un accord sur un coin de table, on en a mêlé les éléments de programme et les éléments d'intérêt partidaire, tels que les circonscriptions, et qui donne lieu à un chaos idéologique et programmatique total, avec un candidat qui dit le contraire de ce qu'il y a dans l'accord, qui a été signé. En l'occurrence, ce que fait François Hollande avec les écologistes. Heureusement, d'ailleurs, parce que sur cet interne point, c'est de la folie. Je pense en particulier à la question du droit de veto. Et puis, l'autre méthode qui consiste à dire, ayons un débat public. Bon, c'est la proposition que fait le Front de Gauche. Je la renouvelle. Offre de débat public.

Il n'est pas bon que les socialistes s'enferment dans, nous, on a déjà tout discuté, donc on ne discute plus de rien. Et deuxièmement, les insultes à qui ose faire un bon mot, une pique, comme j'ai pu en faire, en distribuant d'ailleurs mes piques aussi bien à droite qu'à gauche. Et eux, ils se sautent sur l'affaire maintenant. Elles sont plus marquées à gauche qu'à droite. J'ai remarqué ça, mais les socialistes ont eux-mêmes aggravé leur cas, en notant dans une interview d'une page entière, l'unique phrase qui les concernait, sans dire un mot, de celle qui concernait la droite. Et je vous la ressors.

6:38
Présentateur

C'était moins marquante, oui.

6:39
Jean-Luc Mélenchon

Mais c'est vous qui l'estimez. Moi, je suis très malheureux du fait qu'on l'ait oublié.

6:43
Présentateur

Oui, oui, à chaque interview, répétez, c'était sur François Fillon, c'est ça ?

6:45
Jean-Luc Mélenchon

Mais bien sûr, je vais la répéter, car j'en ai un grand goût, voyez-vous. J'ai dit que François Fillon était un économiste de cimetière, parce qu'avec lui, avec les morts, qui étaient bien, vu qu'ils n'ont besoin de rien. Je viens à Bayrou, puisque c'était ça le point de départ de votre question. Lorsque François Hollande dit qu'il tend la main à Bayrou, c'est enrobé de quelques phrases qui sont comme des rubans sur un paquet cadeau. Il tranche d'une manière incroyable, ce qui a été un débat constant du mouvement socialiste au cours des 15 dernières années.

7:11
Présentateur

Non, pardon, il invite François Bayrou à trancher, ce qui n'est pas pareil.

7:14
Jean-Luc Mélenchon

Mais ça, c'est votre point de vue, M. Cohen, souffrez que moi qui ne suis pas socialiste comme vous, je puisse aborder la chose autrement. Donc, nous allons regarder la chose comme elle est. M. François Hollande, en disant qu'il est prêt à introduire dans la majorité présidentielle M. Bayrou, tranche un débat politique qui a duré plus de 15 ans parmi les socialistes, qui consistait à dire, pas d'alliance avec le centre, alliance à gauche. J'ai dit depuis le début au nom du front de gauche. Nous n'irons pas le front de gauche dans quelque gouvernement que ce soit, où il y aura des centristes. Non pas parce que M.

Bayrou n'aurait pas les qualités humaines ou politiques qu'il a à l'évidence, mais parce que son programme n'a strictement rien à voir avec un programme de gauche.

7:51
Présentateur

Ce que dit aussi François Bayrou, il dit le projet socialiste est une folie, ses mesures seraient insoutenables. Donc, pour l'instant, il n'y a pas de compatibilité, Jean-Luc Mélenchon.

7:59
Jean-Luc Mélenchon

Peut-être, mais ce n'est pas ce que propose de faire François Hollande. Il propose de faire un trait d'union entre le centre et le parti socialiste, dont il sait qu'il aboutit à un divorce avec la gauche. Et je préfère vous dire que vous verrez que bientôt vont s'exprimer des socialistes qui vont dire qu'ils ne sont pas d'accord avec ce sujet. Ce n'est pas seulement moi, mais si je le fais, je le redis. C'est parce que cette orientation politique nous conduit tout droit à des papas Andréou et des apatéraux. C'est-à-dire à une politique d'austérité de gauche qui finit au même résultat que l'austérité de droite. Contraction de l'activité, chômage en masse, déficit qui augmente.

Ce n'est pas avec le partisan de la TVA sociale qu'est M. Bayrou et des autres mesures qu'on peut faire une majorité de gauche. Car si les gens se mettent à voter à gauche, c'est pour que ça change, pas pour que ce soit pareil.

8:46
Présentateur

D'autres sujets avec vous dans quelques minutes, Jean-Luc Mélenchon, et avec les auditeurs d'Inter qui nous appellent déjà très nombreux dans 30 secondes, la revue de presse. Sous-titrage ST' 501

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