Paris, Nice, Marseille : Campagne électrique
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:10OuverteRéponse directe
Est-ce que les alliances des socialistes avec la France insoumise porteront leurs fruits à Nantes ou Toulouse ?
- 8:21OuverteRéponse directe
Est-ce que le retrait de Sébastien Delogu favorise mécaniquement Benoît Payan à Marseille ?
- 9:30OuverteRéponse directe
Benoît Payan a refusé toute alliance avec LFI. Est-ce un rapport de force gagnant ?
- 26:13OuverteRéponse directe
Les alliances à gauche entre LFI et PS fonctionnent-elles à Strasbourg et Toulouse ?
- 29:02OuverteRéponse directe
À Paris, Emmanuel Grégoire refuse l'alliance avec Sofia Chikirou. Pourquoi cette stratégie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46PrésentateurFait
« Aurélie Fille, Emmanuel Grégoire, accusait Emmanuel Macron de s'être émissé dans la campagne parisienne. »
- 1:06Emmanuel MacronFait
« Écoutez, ces propos n'ont aucun sens. Ils déshonorent un peu la personne qui l'a dit comme ça à l'emporte-pièce, parce que c'est... Bon, c'est pas sérieux. »
- 1:13Emmanuel MacronFait
« Je ne connais pas Mme Knafow à titre personnel et je n'interviens pas du tout dans ces municipales. »
- 1:31Rachida DatiFait
« Tout n'est pas permis. Cette campagne de la part d'Emmanuel Grégoire, elle était outrancière, insultante, caricaturale. »
- 4:38InvitéFait
« Franck Alizio, le candidat RN, a particulièrement insisté sur les questions de sécurité. »
- 5:43Benoît PayanFait
« Notre stratégie, elle a toujours été identique, c'est-à-dire de rassembler, de ne pas diviser. »
- 5:57Benoît PayanFait
« Marseille n'est pas une ville où on trie les gens en fonction de leur couleur de peau, en fonction de leur histoire, de leur religion, de leur quartier. »
- 6:47InvitéChiffre
« Franck Alizio revendique ses 35% de voix au premier tour. »
- 7:22Martine VassalChiffre
« On a fait plus de 35 000 électeurs qui ont voté pour nous. »
- 7:45PrésentateurChiffre
« Lors du premier tour, seuls 52% des Marseillais étaient allés aux urnes. »
- 14:09InvitéFait
« On a une affiche exceptionnelle avec Christian Estrosi et Éric Ciotti dans les premiers rôles. »
- 14:56InvitéFait
« Le 27 février dernier, Christian Estrosi a découvert une tête de cochon et des inscriptions antisémites sur la grille de son domicile à Nice. »
- 34:14Jordan BardellaFait
« Le changement, il ne commence pas en 2027. Il va commencer dès dimanche dans les communes françaises. »
- 34:26Jordan BardellaFait
« Nous sommes qualifiés dans des dizaines de communes, dans beaucoup de départements partout en France. »
Temps de parole
- Invité25 %
- Invité 222 %
- Présentateur21 %
- Présentateur 29 %
- Invité 38 %
- Invité 46 %
- Invité 56 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Pour l'instant, on va faire notre dernier tour de la campagne dans plusieurs villes. On sera à Strasbourg, on sera à Nice, on sera à Marseille. Mais d'abord, dernier marché, dernier meeting, dernier débat. Ces ultimes heures de campagne sont tendues, notamment dans les grandes villes à plus forts enjeux politiques. On voit ça avec Lémon Guillaume. Dernier jour de campagne pour les candidats avant le second tour des élections municipales. À Paris, hier, le candidat de la gauche unie, Aurélie Fille, Emmanuel Grégoire, accusait Emmanuel Macron de s'être émissé dans la campagne parisienne.
Emmanuel Macron est intervenu, c'est beaucoup de vos confrères qui nous l'ont relayé, pour faire en sorte que l'extrême droite se retire au profit de sa candidate. Une accusation aussitôt démentie par le chef de l'État. Écoutez, ces propos n'ont aucun sens. Ils déshonorent un peu la personne qui l'a dit comme ça à l'emporte-pièce, parce que c'est... Bon, c'est pas sérieux. Donc non, je ne connais pas Mme Knafow à titre personnel et je n'interviens pas du tout dans ces municipales. Après le retrait de Sarah Knafow et le ralliement du candidat de centre-droit, Pierre-Yves Bournazel, Rachida Dati a vu ses chances relancer face à Emmanuel Grégoire et Sofia Chikirou.
Elle non plus n'a pas tardé à réagir aux propos de son principal adversaire. Tout n'est pas permis. Cette campagne de la part d'Emmanuel Grégoire, elle était outrancière, insultante, caricaturale. Quand vous perdez pied, vous dites n'importe quoi. Si à Paris, le résultat du second tour est très incertain, la deuxième ville de France n'est pas en reste. À Marseille, l'issue du duel entre la gauche de Benoît Payan et le Rassemblement National, mené par Franck Alizio, arbitré par la candidate LR Martine Vassal, est tout aussi incertain.
Ce qui se joue dimanche, ça n'est ni plus ni moins que le destin de cette ville, c'est de savoir si cette ville reste ce qu'elle est, reste la ville qu'elle a toujours été, une ville qui rassemble des gens différents. Au coude à coude avec le maire sortant au premier tour, le RN n'a jamais été aussi proche de l'emporter dans la cité phocéenne. Ça va se jouer à quelques centaines de voix. Nous avons la possibilité, nous avons entre nos mains, le pouvoir de changer les choses dans notre ville, d'avoir à nouveau un Marseille en ordre. D'autres villes seront scrutées de très près dimanche.
Les alliances des socialistes avec la France insoumise comme à Nantes ou à Toulouse porteront-elles leurs fruits ? Le RN parviendra-t-il à s'installer à Toulon ou ailleurs ? Bordeaux sera-t-elle une des seules victoires du camp macroniste ? Réponse dans deux jours. Et nos quotidiens régionaux ce matin qui justement font leur une sur ces derniers débats, sur ces dernières heures de campagne. On va faire un petit tour avec vous Rémi. Hier avaient lieu les derniers débats de cet entre-deux-tours.
Oui, on commence à Troyes où le maire sortant les Républicains, François Barouin, faisait face hier à la candidate de l'Union de la gauche, Charline Briot et Pierre Brochet du Rassemblement national. L'ex-ministre de l'économie n'a pas été élu au premier tour directement pour la première fois avec 40,5% des voix. Ses deux concurrents ayant réuni 16,5% pour le RN et 11,2% pour la gauche. Un score historiquement bas pour celle-ci, notamment dans les quartiers dits populaires où François Barouin s'est tissé en tête. Du côté de Grenoble, Alain Carignon, candidat Les Républicains et Laurence Ruffin de l'Union de la gauche ont débattu afin de succéder au maire sortant Éric Piolle.
Durant le débat, trois points principaux ont été abordés. La vulnérabilité de la ville face au réchauffement climatique, la salubrité et la sécurité.
Et des derniers jours de campagne qui peuvent se révéler cruciaux. C'est le cas au Havre par exemple.
Oui, Paris-Normandie a suivi les derniers jours de campagne de Jean-Paul Lecoq, le candidat communiste opposé à Édouard Philippe au Havre. Lecoq doit refaire un retard de 10 points par rapport à Philippe au premier tour, mais pourrait compter sur les voix des quatre listes de gauche éliminées. Un scrutin qui pourrait se révéler encore plus serré que prévu et qui pousse les deux listes à être particulièrement actifs pour assurer la victoire. Et puis une autre ville où ce sera peut-être encore plus serré, c'est à Toulouse.
Un sondage IFOP commandé par la Dépêche révèle un score final potentiel ultra serré qui donnerait le candidat Jean-Luc Moudinck, vainqueur avec 51% des voix face au candidat insoumis François Picmal. Alors ça reste un sondage, tout peut encore se jouer, mais cela témoigne de l'incertitude qui règne à Toulouse.
Et puis on revient sur un débat, c'était hier soir débat très tendu du côté de Marseille.
Oui, la Provence y a consacré sa une puisque le journal a suivi le débat dans les deux camps et a recueilli les sentiments des militants des deux côtés. Franck Alizio, le candidat RN, a particulièrement insisté sur les questions de sécurité. Benoît Payan a quant à lui répondu que le RN était le parti de l'anti-Marseille tout en élargissant le débat pour aborder différentes thématiques. A souligner quand même l'absence hier de Martine Vassal, candidate d'hiver droite, qui a maintenu sa liste pour ce second tour.
Merci beaucoup Rémi. Et justement, puisqu'on parle de Marseille, on va y rester. C'est notre dernière tournée de la campagne. La ville de Marseille, la cité fosséenne, basculera-t-elle au Rassemblement national ? Son candidat, Franck Alizio, est au coude à coude avec le maire sortant de gauche, Benoît Payan, après le premier tour. Mais la candidate de droite, Martine Vassal, s'est maintenue alors que l'insoumis Sébastien Delobu, lui, s'est retiré, plongé dans les derniers jours d'une campagne sous tension avec Clément Guillaumeau et Stéphane Duguay. Benoît Payan occupe le terrain à Marseille.
Arrivé d'une très courte tête devant le candidat du Rassemblement national au premier tour, le maire sortant d'hiver gauche et de retour en campagne cette semaine, ici, dans le quartier de la Cayolle, qui vote plutôt à l'extrême droite. Notre stratégie, elle a toujours été identique, c'est-à-dire de rassembler, de ne pas diviser. Marseille n'est pas une ville où on trie les gens en fonction de leur couleur de peau, en fonction de leur histoire, de leur religion, de leur quartier. C'est pas ça, Marseille. Marseille, c'est le contraire. Marseille, notre force, notre histoire, c'est notre diversité, c'est notre capacité à vivre ensemble.
Et certains veulent briser ça, et moi, ça, je ne l'accepte pas. Pour affronter le RN, Benoît Payan a fait le choix de rester seul dans la course à la mairie. Pas de fusion ou d'alliance avec la France Insoumise, qualifiée pour le second tour. Le candidat Sébastien Delogu a fait durer le suspense jusqu'au dernier moment, mais a finalement décidé de se retirer. Une décision difficile, prise en concertation avec ses colistiers.
C'est un retrait qui est responsable. On voit le risque de l'extrême droite qui arrive dans la ville, et on est conscient qu'on ne peut pas faire courir ce risque-là pour Marseille. On a pu aussi énormément s'ancrer pendant cette campagne, avec les collectifs, les habitants, les associations. Et donc voilà, le combat ne s'arrête pas là.
En face, le Rassemblement national est confiant. Franck Alizio revendique ses 35% de voix au premier tour.
Allez, un petit sourire.
Et se voit déjà remplacer Benoît Payan.
Et voilà. Merci à vous, monsieur. Je serai un maire libre, on est une équipe libre, on sera le Marseille libre, et qui se battra et qui mettra cette extrême gauche à l'écart de la politique marseillaise, comme les Marseillais le souhaitent.
Jusqu'au bout, le candidat RN a poussé pour nouer une alliance avec Martine Vassal, elle aussi qualifiée au second tour avec seulement 12% des voix. La candidate LR, également présidente de la métropole marseillaise, a préféré se maintenir. On a fait plus de 35 000 électeurs qui ont voté pour nous. Ce serait un affront de leur dire, écoutez, aujourd'hui, vous savez quoi, débrouillez-vous. Je représente un courant de la droite et du centre. Eh bien écoutez, quand on mène une bataille, on y va pour la gagner, mais surtout on va jusqu'au bout.
Malgré la présence de Martine Vassal, le scrutin de dimanche s'apparentera plutôt à un duel entre Benoît Payan et Franck Alizio, une inconnue à qui profitera l'abstention. Lors du premier tour, seuls 52% des Marseillais étaient allés aux urnes. Allez, on va revenir sur ces enjeux à Marseille et ailleurs, ces dernières heures de campagne, avec Arnaud Benéviti. Bonjour Arnaud. Bonjour. Merci d'être là, directeur de la Nouvelle Revue Politique. Émilie Zappas qui est également avec nous. Bonjour Arnaud. Bonjour Arnaud. Communicante, fondatrice de l'agence Émilie Conseil. On le voit à Marseille. Alors évidemment, ça fera partie des villes sur lesquelles nos regards vont se braquer dimanche soir.
Marseille, configuration avec Benoît Payan, Franck Alizio, gauche, RN qui étaient au coude à coude au premier tour. Sauf que la France Insoumise s'est retirée, Martine Vassal s'est maintenue. Est-ce que du coup, vous y voyez un avantage à Benoît Payan pour ce second tour, Arnaud ?
Clairement, il y a un avantage arithmétique qui est pour Benoît Payan. Il est évident que si M. Delogu s'était maintenu, les cartes auraient été rebattues d'une autre manière. Là, on voit bien que, si vous voulez, le retrait de Delogu va mécaniquement favoriser quand même M. Payan qui avait viré d'une très courte tête, il faut le signaler, au soir du premier tour. Après, vous savez, une élection reste très incertaine parce qu'on va voir ce qui va se passer du côté de l'électorat de Mme Vassal aussi. Il peut y avoir une déperdition du côté de l'électorat de Mme Vassal. Il peut y avoir aussi, d'une certaine façon, une partie de l'électorat de M.
Delogu qui considère que parce qu'il n'y a pas eu d'alliance avec M. Payan, il est hors de question d'aller porter secours à M. Payan, ce qui permettra d'ailleurs de dire à LFI, éventuellement, si M. Payan était défait, regardez, sans nous, on ne peut pas gagner. Mais quand même, malgré tout, quand on regarde factuellement, l'avantage est plutôt pour M. Payan, même si les jeux ne sont pas totalement faits.
Avec Émilie, des enseignements attirés aussi bien à gauche qu'à droite. On va commencer par la gauche. Benoît Payan qui a tout de suite dit qu'il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise. Est-ce que, quelque part, il a joué un rapport de force avec LFI qui s'est révélé Payan ?
Oui, je pense qu'il y a eu un rapport de force. Il a déposé très, très vite sa liste sans laisser la moindre déclaration ou la moindre marge d'action de Delogu qui, finalement, a plié. Moi, je trouve ça intéressant quand même ce qui s'est passé à gauche parce qu'il y a eu ces positionnements, ces postures très dignes, justement, de Benoît Payan. On a la même chose à Paris. Emmanuel Grégoire qui a dit, ben non, voilà, ça sera sans LFI. Et quitte à avoir une candidate, Shikiru, qui va l'embarrasser. Mais donc, il y avait ces postures au niveau un peu de villes très visibles. Donc, cette posture-là.
Et puis, en dessous, on a vu plein d'alliances, au contraire, entre le PS et LFI ou d'autres configurations. Et je trouve que c'est assez malin parce que si les choses vont dans le bon sens pour la gauche et quand même, on voit qu'il y a pas mal de prises qui sont envisageables, ben, je pense qu'on leur pardonnera ces alliances qu'on leur reprochait initialement. À Marseille et à Paris, s'ils s'en sortent comme ça sans LFI, voilà, c'est un signe quand même assez fort de ces grandes villes. Et le reste, si ça permet de continuer à décrocher des villes un peu plus petites, ben voilà, c'est comme une espèce de vague. S'il y a cette vague, on va leur pardonner. Et moi, je trouve ça intéressant.
Je pense aussi, comme Arnaud, qu'à Marseille, bon, sauf grande surprise, Benoît Payan. Par contre, ce qu'on voit, c'est en effet un électorat du Rassemblement National. Mais bon, c'est pas une surprise. Le pourtour méditerranéen est quand même très sur cet angle-là. Mais on sent que le RN a du mal à confirmer ça. Depuis le premier tour, on dit, bon, le RN progresse. Mais en fait, on va voir dimanche ce qui va se passer réellement. Ils progressent, oui, en termes d'électorat. Mais ils n'arrivent pas à confirmer l'essai, à transformer l'essai. Pour l'instant, ils sont un petit peu dans quelque chose qui n'est pas terminé.
On va aller à Nice dans quelques secondes, qui pourrait être une exception. Mais enseignement à droite à Marseille, il y a un écart énorme. 20 points entre Franck Alizio pour le RN, Martine Vassal pour la droite. Est-ce qu'il faut y voir une spécificité marseillaise liée au candidat ? Il y a une campagne qui a peut-être échoué pour Martine Vassal ? Ou est-ce que c'est le signe plus profond d'un RN qui grignote la droite, le bloc central, les Républicains ?
Non, mais ils inspirent clairement l'électorat LR un peu partout. Pas seulement dans le sud de la France. Il faut regarder les résultats un peu partout. Mais ce n'est pas un phénomène nouveau. C'est un phénomène qui s'amplifie. C'est un phénomène qui s'amplifie sur le plan municipal. Bon, d'abord, leurs maires sont réélus. La plupart de leurs maires sont réélus assez confortablement. Ils gagnent des villes. Ils vont vraisemblablement... Vous voyez, à Cannes-sur-Mer, ils ont gagné dès le premier tour. Alors, c'était un candidat UDR, je crois.
C'est vrai que sur le littoral méditerranéen, en plus, la spécificité de l'UDR et des siotistes permet d'une certaine manière aussi de desserrer l'étau pour le Rassemblement national. Mais ils sont en mesure, par exemple, de gagner Agde. Ils sont en mesure de gagner Carcassonne. Donc, si vous voulez, il y a quand même des... Ou d'ailleurs, il y a très peu de focales médiatiques sur un certain nombre de villes. Nîmes, ce sera peut-être un peu plus compliqué. Toulon, ce n'est pas gagné à ce stade, même si la candidate du Rassemblement national a fait un score tout à fait important au soir du premier tour. 40% alors, la valette.
Il y a des percées aussi dans le sud-ouest, on le voit du côté de la Gironde. Donc, il y a clairement quand même, je dirais, une difficulté pour le LR à se positionner par rapport au RN, même si LR va, du fait de la personnalité d'un certain nombre de ses sortants, conserver et voir gagner parfois un certain nombre de petites villes et de villes moyennes. Mais qu'est-ce que nous disent ces élections municipales fondamentalement ? C'est que vous avez une percée... Il y a deux seules forces qui sont en dynamique. Alors, après, il faut regarder de près, mais il y a deux seules forces qui sont en dynamique.
Vous avez d'un côté LFI, clairement dans les grandes métropoles, dans les grandes villes, et puis de l'autre côté, le Rassemblement national. Les autres sont quand même, qu'on le veuille ou non, toutes en difficulté. Elles sont sous la pression. De la même manière que LR est sous la pression du RN, le Parti socialiste est sous la pression de LFI.
On va quitter Marseille, on va aller non loin de là, à Nice. Bonjour Baptiste Bise, merci beaucoup d'être avec nous Baptiste, directeur des rédactions de Nice Matin, Var Matin, Monaco Matin. Baptiste, on a évidemment suivi avec vous durant ces semaines cette campagne à Nice. On est dans une campagne qui a été un peu dingue.
C'est vrai, on peut complètement le dire. Déjà, on a une affiche exceptionnelle avec Christian Estrosi et Éric Ciotti dans les premiers rôles. Ce sont deux professionnels de la politique, deux personnalités d'envergure nationale. Et puis, il y a une incroyable dimension dramaturgique dans cette élection parce que ce sont deux anciens amis qui sont devenus de redoutables ennemis. Deux anciens des Républicains aussi. L'un qui a choisi une alliance avec les macronistes et l'autre une alliance avec le RN. D'où sans doute aussi l'intérêt national pour cette élection. Durant cette campagne, les deux hommes ne se sont fait aucun cadeau. Les affaires sont sorties.
Les attaques n'ont pas cessé sur les réseaux sociaux, très frontales. Et puis, les débats organisés, notamment celui organisé par Nice ce matin, ont tourné à la foire d'Empoigne et n'ont pas vraiment permis d'explications sur le fond. Surtout, la campagne restera marquée par l'affaire dite de la tête de cochon. Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi, je rappelle les faits. Le 27 février dernier, Christian Estrosi a découvert une tête de cochon et des inscriptions antisémites sur la grille de son domicile à Nice. Le maire est connu pour ses prises de position en faveur d'Israël et puis son épouse est de confession juive. Il a immédiatement déposé plainte.
Là où l'enquête a pris une toute autre dimension, c'est quand elle a permis d'identifier les auteurs et que les policiers ont découvert que ces personnes, un ancien de la DST, des cybercriminels tunisiens aussi, avaient été en contact avec l'équipe du candidat Estrosi, en particulier avec sa principale collaboratrice qui est en charge de la communication au sein du cabinet. Ils sont aussi remontés jusqu'à un associé de l'épouse même de Christian Estrosi. Le maire de Nice, lui, dénonce une opération de barbouzerie, une tentative d'infiltration de sa campagne. Il dit même que ce terrain est derrière l'affaire.
Éric Ciotti, de son côté, accuse Christian Estrosi d'avoir lui-même orchestré cette opération alors qu'il était en difficulté dans les sondages. Il faisait même référence à François Mitterrand à l'affaire de l'Observatoire. Les révélations ont fait la une de l'actualité toute la semaine avant le premier tour. On ne peut pas dire que les échanges aient été faits dans la sérénité à ce moment-là. Et le résultat a quand même confirmé les sondages qui donnaient Éric Ciotti largement en tête avant cette histoire de tête de cochon. Depuis lundi, une autre élection a commencé. Christian Estrosi se démène pour inverser la tendance.
Il en appelle au barrage au Front Républicain à faire barrage à l'extrême droite. Il dénonce Éric Ciotti comme un candidat d'extrême droite. Il se tourne vers les électeurs de gauche. Mais la candidate écologiste, Juliette Chenel-Leroux, elle, a choisi de se maintenir. Et elle attaque aussi bien Christian Estrosi qu'Éric Ciotti. L'équation semble donc impossible pour le maire sortant à deux jours du second tour. En preuve qu'il semble lui-même se préparer à l'idée d'une défaite, dans notre édition de ce vendredi de Nice Matin, nous révélons que les broyeuses tournent à plein régime depuis lundi dans les services de la mairie et de la métropole.
Des employés municipaux témoignent de containers de plusieurs centaines de litres qui débordent de sacs remplis de documents broyés. Une emploi-ciée municipale interrogée par notre reporter Stéphanie Gazziglias en amuse. et parle de grand nettoyage de printemps. Sauf énorme surprise dimanche, Christian Estrosi devra se préparer à faire ses cartons à l'hôtel de ville de Nice.
On adore cette adéquation sur les broyeuses. Merci Baptiste, merci beaucoup d'avoir été avec nous pour nous résumer cette folle campagne niçoise. La une de Nice Matin, un sprint final des municipales. C'est la une de votre journal ce matin Baptiste. On a beaucoup rigolé sur les broyeuses. Évidemment de Nice, on va regarder parce que est-ce que ça sera, c'est particulier à Nice parce que c'est Estrosi, parce que c'est Ciotti ou est-ce qu'il faudra voir au-delà une validation de la stratégie d'Éric Ciotti en début de l'union des droites ?
Je ne sais pas, je pense que c'est un cas quand même très très particulier localement. Ça va être un test aussi de voir si justement ce front républicain dont on parle, est-ce qu'il peut fonctionner vis-à-vis d'Éric Ciotti en imaginant qu'on rejette quand même l'extrême droite ? Nice, c'est particulier, c'est en effet un électorat quand même très remonté. Et puis avec ce passé de Estrosi. Moi, je ne suis pas sûre qu'on puisse en tirer des conclusions par rapport à ce que fait Éric Ciotti. Ce qui est sûr, c'est qu'entre Éric Ciotti, cette union des droites est un peu plus envisageable.
Si c'est Jordan Bardella qui est à la tête du RN et qui serait la candidature future, on est beaucoup plus proche de cette approche-là parce qu'on a un Jordan Bardella qui est plus libéral, qui est plus LR compatible au niveau économie, au niveau de la pensée. Donc on serait dans quelque chose qui serait assez cohérent. Mais moi, j'ai du mal à croire que cet axe-là prenne forme réellement parce que d'abord, ça serait la fin des LR puisqu'on sait qu'ils sont très divisés là-dessus et ils disparaîtraient. C'est un peu ce qui est en train de se passer au municipal. Ils se font pomper leur électorat et quelque part, ça ferait complètement disparaître la raison d'être des Républicains.
Donc j'ai du mal à voir cette ligne-là comme quelque chose de véritablement construit et qui puisse donner quelque chose. Et moi, je vais vous dire, j'ai même du mal à me dire que Ciotti va être élu. Je ne le ressens pas comme ça parce que j'ai l'impression qu'il y a quand même un dernier ressort, un dernier réflexe anti-extrême droite en France. et on voit bien qu'à l'inverse, les LR et le RN a essayé de jouer le anti-LFI. Ça n'a pas fonctionné. On a dit que c'était à peu près équivalent, les deux fronts. On voit que non, finalement. Il y a quelque chose qui se passe beaucoup plus du côté du... – Alors si on vous écoute,
il a sorti la broyeuse un peu trop vite. – On va voir.
En tout cas, peut-être la prudence est toujours meilleure dans ces cas-là. – Il faut être toujours prudent sur un résultat électoral. Il n'y a pas de fonds républicain à Nice, de toute façon, puisque la candidate de gauche a décidé de se maintenir. – Un front républicain, ce n'est pas forcément... – Oui, mais enfin, le front républicain... – C'est contre l'extrême droite, je l'ai dit. – Oui, mais il n'y a pas de désistement, donc il n'y a pas de fusion, encore moins. Donc si vous voulez, à partir du moment où elle se maintient, elle se maintient, donc on peut considérer qu'il n'y a pas de front républicain à ce stade à Nice, au moins organisé au niveau des appareils politiques.
– Oui, c'est ça. – Ensuite, il ne faut jamais rappeler que c'est vrai, il y a une sociologie très spécifique à Nice, et que Nice, de toute façon, a déjà élu un maire qui était un ancien Front National, il y a une culture politique à Nice qui favorise indéniablement la dynamique d'Éric Ciotti. Je le mettrais, autant je mettais plutôt Payet en favori à Marseille, autant je mets quand même favori Éric Ciotti à Nice. Ça me paraît assez, je veux dire, son élection me paraît en tout cas une hypothèse assez forte ce vendredi.
– On va terminer notre Tour de France, ça y est, c'est déjà fini. Tour de France de la campagne des municipales. C'est chez vous, Frédéric Vézard, qu'on termine à Strasbourg. Bonjour, merci beaucoup d'être là, Frédéric, rédacteur en chef des dernières nouvelles d'Alsace et de l'Alsace. Alors, à Strasbourg, il y a un entre-deux-tours qui a été très riche en rebondissements politiques. Vous allez tout nous expliquer. Et est-ce que les jeux sont faits, Frédéric ?
– Alors non, non, les jeux ne sont pas faits du tout, et on s'attend même dimanche soir à une soirée, je pense, assez longue et pleine de suspense. Oui, oui, pas mal de rebondissements avec des alliances. Alors, on est sur une situation très atypique à Strasbourg. La candidate Rassemblement ancienne a été éliminée sèchement dès le premier tour. Donc, il n'y a plus d'extrême droite au second tour. On a deux candidats de gauche qui se sécharpent d'une manière assez forte. Donc, la première qui s'est alliée avec le candidat LFI, la maire sortante, Jeanne Barséguian, qui n'a pas eu le choix, parce qu'elle a fait un mauvais score au premier tour.
Et donc, elle a fait rentrer les candidats LFI dans sa liste. Florian Cobrin, le candidat LFI, même deuxième de sa liste. Et de l'autre côté, Catherine Trottmann, ancienne maire de Strasbourg, éléphante, si je puis parler comme ça, du Parti Socialiste, qui s'est alliée au candidat Renaissance, qui l'a fait également rentrer sur sa liste. Ce dernier a été exclu. Olivier Faure a menacé d'exclure Catherine Trottmann du PS. Et puis, bizarrement, ça ne s'est pas fait. Voilà. Arithmétiquement, on se retrouve avec deux candidats qui ont un potentiel de voix entre 30 et 35 %, peut-être jusqu'à 40.
Et puis, il y a le candidat de droite, qui lui est dans une tête de fauteuil, parce que lui, il ne s'est allié à personne. Il a fait un deuxième tour extrêmement sur le terrain, très, très présent, déroulant un discours assez simple, assez basique. C'est quelqu'un qui est peu connu hors de Strasbourg, qui s'appelle Jean-Philippe Véther, assez populaire, voilà, et qui pourrait créer une surprise, en fait. Il n'est pas si loin, il a fait 25 % au premier tour.
Voilà, donc je pense qu'on va se retrouver avec trois candidats qui ont un potentiel entre 30 et 35 % et qu'à l'arrivée, Strasbourg, qui a voté plutôt majoritairement, très majoritairement à gauche au premier tour, pourrait, pourquoi pas, se retrouver même avec un maire et l'air dimanche soir, ce qui serait une énorme surprise.
Merci beaucoup, merci Frédéric Vézard pour le récit de cet entre-deux-tours passionnant du côté de Strasbourg. C'est à la une des dernières nouvelles d'Alsace, les municipales, les points chauds du second tour des municipales en Alsace. Il y a un peu de foot aussi. Elle a une des DNA, puisqu'on salue la victoire du Racing, qui retrouve les quarts de finale d'une Coupe d'Europe 46 ans après. Merci beaucoup Frédéric d'avoir été avec nous. Alors Strasbourg, c'est peut-être l'illustration, un, de l'incertitude de ce second tour, et deux, d'une décorrélation entre ce qui se passe au niveau national entre les partis et ce qui se passe au niveau local.
Frédéric l'a bien dit, une alliance LFI écologiste contre la candidate socialiste arrivée en tête, qui elle-même s'est alliée avec Horizon.
Oui, en effet, alors après, si vous voulez, les élections municipales, elles ont une singularité, c'est qu'elles sont municipales et donc elles sont locales. Vous avez des jeux d'alliances qui sont propres au terrain.
En effet, alors ceci dit, quand même, c'est intéressant de voir, c'est que le Parti Socialiste a décidé, je crois, enfin en tout cas, ne valide pas l'alliance de Mme Trottmann avec Horizon, ce qui est un peu, d'ailleurs, ce qu'il peut considérer être un peu surprenant, parce qu'à partir du moment où il valide des alliances avec LFI, je veux dire, il pourrait valider des alliances avec Horizon, qui me paraît être un parti qui, je veux dire, pour le coup, même s'il est dans le bloc central, n'est pas forcément, je veux dire, sur les principes républicains qu'entend défendre l'EPS, totalement orthogonal du Parti Socialiste. Mais enfin, c'est une autre question.
Mme Trottmann, elle a deux ou trois atouts. Premier atout, elle a une cohérence par rapport à la ligne républicaine de la social-démocratie. Donc, de ce point de vue-là, je crois que c'est une force incontestable. Alors, est-ce qu'elle sera entendue à Strasbourg ? Je n'en sais rien, on verra. Deuxième atout, c'est qu'elle a été maire de Strasbourg et que c'est une personnalité politique qui dispose d'un capital, j'allais dire, local, qui est extrêmement important. Troisième atout, c'est... J'allais dire, troisième atout, on va le tester, si c'est un atout ou pas, d'ailleurs.
C'est finalement ces alliances entre la gauche dite de gouvernement, là pour le coulée vert, ou le Parti Socialiste dans d'autres villes, avec LFI. Quel va être le coût ? Est-ce qu'il y aura un bénéfice ? Ou est-ce qu'il y aura un coût électoral ? C'est la vraie question, je pense, de ce second tour des élections municipales dans un certain nombre de villes. C'est vrai à Strasbourg. C'est également vrai à Toulouse, encore plus d'ailleurs, au demeurant. Donc, c'est ce qu'on va mesurer. C'est un des enjeux de ces municipales. Est-ce que, finalement, la dynamique d'union de la gauche, je veux dire, va continuer à, j'allais dire, persister ? Ou va-t-elle connaître un coup d'arrêt ?
Parce qu'une partie de l'électorat de gauche, centre-gauche, n'accepte pas ce type d'alliance. En tout cas, c'est le pari que fait Mme Trottmann à Strasbourg, manifestement, puisqu'elle est sur une ligne qui est une ligne d'indépendance par rapport à cette stratégie-là. Est-ce qu'elle sera entendue ? Et puis, alors, il faudra quand même suivre, en effet, ce que fait le candidat LR, qui, je veux dire, est placé en embuscade, qui peut bénéficier du reliquat des voix du RN qui n'a pas pu se maintenir, et qui peut, dans un trou de souris, au dernier moment, rafler la mise. Ça aussi, c'est une donnée qui est importante.
– Émilie, on va parler de l'un des enseignements de cet entre-deux-tours, ce sont les alliances qui se sont venues à gauche. On a vu à Strasbourg une alliance entre la France insoumise et les écolos, et dans plusieurs autres villes, des alliances entre la France insoumise et le PS. C'est le cas à Nantes, c'est le cas à Toulouse, notamment Toulouse qui va être scrutée dimanche. On le voit, ce sondage IFOP qui est paru hier soir. Toulouse, on le rappelle, on a François Picmal, qui est le candidat LFI, qui s'est allié au candidat socialiste François Briançon. À eux deux, si on additionne les voix, ils devraient franchir les 50%.
Sauf qu'on le voit, face au maire centre-droit Jean-Luc Moudinck, l'affaire ne semble pas pliée.
– Non, non, mais ce qu'on peut dire, c'est que LFI a réussi son pari. Il a semé complètement le bazar dans ses élections municipales, avec très peu de prises finalement. Donc c'est fou l'impact qu'ils ont par rapport à ce qu'ils représentent en termes d'élus potentiels maires. C'est incroyable, je trouve qu'ils ont réussi quelque chose de fou. Et on le voit à Strasbourg, on le voit là. Et globalement, ils ont été suivis par l'EPS, quand même. Même si, comme je disais, au niveau national, il y a cette posture de dire pas d'accord, ils ont laissé faire. Et probablement, si cette union est payante dans pas mal de villes, on va leur pardonner.
C'est ça, moi je pense que cette union de la gauche, qui était inacceptable avant les élections municipales, bon il y a eu aussi tout ce travail de Mélenchon, qui est resté quand même en retrait, qui s'est beaucoup adoucie, qui a donné un autre visage à LFI, qui a laissé ses équipes faire. Même Mathilde Panot, on n'a pas trop entendu. En fait, toutes les voix un peu fortes qui durcissaient cette vision de LFI, on ne les a pas vues. Donc ça rend un peu ces unions possibles, avec des limites. Moi ce que je trouve très intéressant, mais je ne suis pas d'accord avec vous Arnaud, c'est la limite de l'alliance avec Horizon.
Alors c'est vrai que c'est étonnant, parce que le PS laisse faire avec LFI, et on pourrait se dire, il peut laisser tout faire. Ben non, parce que là, on part sur le centre droit, on est sur un autre récit complet de la gauche. Alors que si le PS reste avec LFI, on est toujours sur cette union de la gauche, et globalement, l'électorat de gauche aime l'union, surtout quand c'est pour gagner. Mais si LFI remporte Toulouse, si d'autres villes comme Strasbourg restent à la main de l'écologiste Jeanne Barseguian, on dira, ok, c'est une alliance qui finalement nous a permis de faire ça. Donc je trouve que la lecture est un peu différente de ça. Et par contre, c'est la suite, c'est pour 2027.
Ça aura permis Mélenchon de se positionner encore, et de dire, vous avez vu, voilà, moi je suis encore le gagneur. Et c'est vrai, quelque part, il fait la démonstration que LFI est une force de frappe considérable, même pour des élections où ils ne sont pas très représentés. C'est ça qui est incroyable.
On va parler de 2027, mais d'abord pour terminer sur ces alliances. La France Insoumise-PS, Toulouse, l'alliance s'est faite, comme à Nantes, comme à Brest, comme à Clermont, comme à Limoges. À Paris, il n'y a pas eu d'alliance. Emmanuel Grégoire a refusé de s'allier avec Sofia Chikirou, qui du coup s'est maintenue au second tour. Et la campagne, elle est très tendue à Paris, notamment entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire. On va les écouter, tous les deux. Que veulent les électeurs de Mme Knafou ? On les rencontre. Il y en avait sur ce marché. Ils veulent que ça change, qu'il y ait plus de sécurité, plus de propriété, que la ville soit bien tenue, que les dépenses, la dette soit réduite.
Nous sommes avec une dette de 12 milliards d'euros. Ils souhaitent une réduction des dépenses. Et donc, c'est ce à quoi nous répondons. Ce sont les premières préoccupations des Parisiens. D'ailleurs, quel que soit le bord politique. Rachida Dati est devenue la candidate de l'extrême droite. L'extrême droite a trouvé sa candidate à Paris. L'alternance soutenue par le RN, ce n'est pas l'alternance. C'est une capitulation. C'est une capitulation morale. Et donc, va se jouer un enjeu démocratique absolument majeur. Il faut répondre à une question simple.
Est-ce que vous souhaitez que ce soit Rachida Dati, soutenue par l'extrême droite, qui soit élu maire, ou est-ce que ce soit Emmanuel Grégoire avec l'Union de la gauche et les écologistes ? Voilà, Emmanuel Grégoire qui, depuis 48 heures, attaque Rachida Dati, candidate de l'extrême droite. Il a dit hier qu'Emmanuel Macron serait intervenu pour favoriser le retraite de Saraknafo. Ce matin, Saraknafo dément. C'est un mensonge, dit-elle. Il n'y a pas eu de magouille. Il n'y a pas eu d'intervention. Est-ce que vous comprenez, vous y voyez clair sur la stratégie d'Emmanuel Grégoire d'affilier Rachida Dati à l'extrême droite ?
Oui, parce qu'il veut mobiliser. Parce que le problème de Grégoire, finalement, il n'a pas tellement de réserve de voix dans ce second tour. Enfin, quand vous regardez sur le papier, les réserves de voix, elles sont du côté de Mme Dati, puisqu'elle a, en principe, une partie de l'électorat de Bournazel, une partie de l'électorat de Knafo. Donc, elle peut, en effet, bénéficier de reports. Alors, une addition ne fait pas une dynamique électorale, mais elle aura des reports, de toute façon, clairement. Elle aura une grande partie de l'électorat de Sarah Knafo, qui veut mettre fin à l'expérience de gauche à la mairie de Paris.
Elle aura quand même une partie de l'électorat de Pierre-Yves Bournazel. Oui, pour lui, il s'agit finalement d'essayer d'aller chercher une partie de l'électorat de Mme Chikirou, c'est-à-dire faire baisser Mme Chikirou, en jouant, quelque part, le barrage contre l'extrême droite. Alors, est-ce que c'est véritablement audible ? C'est difficile, parce que vous avez quand même plein de candidats macronistes dans cette liste de Mme Dati. Est-ce que c'est, en effet, une stratégie qui est susceptible de porter sur une partie de l'électorat de gauche qui ne voudrait pas, finalement, se dessaisir de son vote en faveur de Mme Chikirou ?
C'est un hors-jeu, mais le scrutin reste incertain quand même à 48 heures.
Incertain, on va voir un sondage IFOP, là aussi, qui est sorti hier. Emmanuel Grégoire donnait en tête de cette triangulaire 46% des voix, Rachida Dati à 44%, Sophia Chikirou à 10%. Ça veut dire qu'elle perdrait même un peu, Sophia Chikirou, par rapport à son score qui follait les 12%. Il peut y avoir un vote utile ?
Voilà, plusieurs choses, moi, je pense, pour Sophia Chikirou. Moi, je trouvais que, et notamment lors du débat, c'était comme une révélation, c'est-à-dire que c'est une femme, quand même, qui a véritablement avancé, progressé. Elle s'est un petit peu révélée avec des mesures très nettes, un positionnement vis-à-vis des deux combattants, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, qui était assez malin. Maintenant, oui, au PS, il y a cette idée, enfin à gauche, il y a cette idée, quand même, de vote utile, d'union. Je vous le dis, ce n'est pas la même chose à droite. Et là, ça fonctionne encore. Et je pense qu'Emmanuel Grégoire, en effet, il essaie de solliciter ça.
Il n'a pas beaucoup de moyens, autres, à un jour des élections, enfin, à deux jours des élections, de solliciter cet électorat. Ce n'est pas sa personnalité. Il se bat, là. Il est très offensif, agressif. Ce n'est pas sa personnalité. Mais on voit qu'il essaie de faire ça. En face, il faut le dire, quand même, on a une Rachida Dati, qui est très gênée, qui a été très gênée par Sarah Knafo. Finalement, ça lui a bousillé un petit peu toute sa campagne. Elle n'a pas été bonne au cours du débat. Elle a été très imprécise, très agressive. Il y a quelque chose de l'ordre de pas très respectueux. Et je pense que ça n'a pas donné beaucoup d'atouts pour Dimanche. Donc, on va voir.
Mais chacun a un peu son caillou qui lui abîme un petit peu sa chaussure. Moi, je pense que c'est quand même du côté du PS que ça peut payer. Parce que ce vote utile, il sera beaucoup plus présent. Je ne suis pas aussi sûre que les électeurs de Knafo et les électeurs de Bournazel, le report soit si automatique que ça. Je pense qu'il va y avoir beaucoup, beaucoup de perditions. Beaucoup de gens qui, peut-être même, n'iront pas voter embêtés, notamment chez Bournazel, par tout ce qui se passe. Ça a été quand même des micmacs à n'en pas finir, avec Bournazel qui ne participe même pas, avec des têtes d'affiches qui n'en sont pas. Donc, ça risque d'être très compliqué, je pense, pour Dati.
Et avec, vous nous l'avez un peu dit tous les deux, une campagne qui va aussi donner le ton de la présidentielle de 2027. On va écouter ce matin sur CNews, le président du RN, Jordan Bardella.
Le changement, il ne commence pas en 2027. Il va commencer dès dimanche dans les communes françaises. Le Rassemblement national a réalisé une percée très importante lors du premier tour des élections municipales. Nous sommes qualifiés dans des dizaines de communes, dans beaucoup de départements partout en France. Nous avons des chances de victoire. Nous avons, dès le premier tour, fait lire près de 1300 conseillers municipaux sur toute la France qui seront le fer de lance du changement dans les communes de l'Alger-Branche.
Voilà, 2027 commence dimanche, comme le dit Jordan Bardella.
Clairement, on est déjà en pré-campagne présidentielle à partir du soir, du second tour de cette élection municipale. Les enjeux sont assez clairs, finalement. Je veux dire, si LFI réussit son pari, c'est le risque d'absorption d'une partie de la gauche sociale-démocrate par Jean-Luc Mélenchon qui aura, quelque part, posé un jalon absolument essentiel dans la crédibilisation de sa candidature à gauche. C'est ce qu'il est en train d'imposer. Alors, ça pose un problème, après, je veux dire, d'histoire politique, un problème même éthique, je veux dire, à une partie des sociodémocrates.
Et du côté du RN, alors, le RN, c'est à double détente parce que le RN a un objectif aussi, on est ici sur Public Sénat, un objectif sénatorial. Ne l'oubliez pas puisque le RN peut imaginer, cette fois-ci, compte tenu de ses gains lors de cette élection municipale, disposer d'un groupe parlementaire au Sénat. Il faut 10 sénateurs, ils en ont trois. Ils en ont trois, mais compte tenu quand même de la progression qui est la leur, on peut imaginer qu'ils pourront avoir un groupe. Mais pour le RN, il y a un autre sujet quand même.
C'est le 7 juillet, c'est-à-dire, je rappelle, le procès de Marine Le Pen, savoir si elle est inéligible ou pas, si elle n'était pas inéligible, en effet, ça changerait la donne pour le RN.
Un mot peut-être, Émilie, on va finir sur la présidentielle. Il y a une ville, forcément, qui sera scrutée dimanche soir dans cette optique, c'est la ville du Havre. Édouard Philippe est candidat s'il gagne dimanche, il devient le candidat naturel.
Oui, je pense qu'il va quand même s'avancer vers ça. En tout cas, on sent beaucoup de désir de son côté. Donc oui, ça va lui donner un petit peu les coudées plus franches que, évidemment, s'il avait perdu ou il se retirait complètement. Je voulais revenir sur le RN. Ils annoncent un peu le début de la gloire. Il va falloir voir quelle ville il gagne. Ils ont véritablement un plafond de verre. Ils n'arrivent pas à rafler des villes moyennes, des grandes villes. Pour l'instant, c'est complètement... Alors, on va voir avec Nice, parce que c'est le seul gros enjeu, finalement, sur une grosse ville. Ils ont des petites communes souvent sans étiquette.
C'est quand même une grande ville.
Oui, ils ont quand même... Ils gagnent des communes mais sans étiquette parce que s'ils annoncent un RN, ce n'est pas possible. Donc, regardez-leur la valette. Donc, il faut raison garder sur cet aspect triomphant.
Et on suivra tout ça dimanche. Émission spéciale à suivre dès 19h30 sur notre antenne. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.