C dans l'air embarque à bord du porte-avions Charles de Gaulle - Reportage #cdanslair 08.05.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:54InvitéFait
« Ce n'est pas du tout de la vassalisation. »
- 5:01InvitéFait
« C'est ce qu'on appelle, nous, du contrôle opérationnel. »
- 5:06InvitéFait
« C'est le chef état-major des armées, sous l'ordre du président de la République. »
- 5:15InvitéFait
« Par exemple, on dit le Charles de Gaulle, est-ce que vous voulez bien évoluer dans cette zone-ci, là ? »
- 5:54InvitéFait
« Mais qu'est-ce que c'est que l'OTAN ? Ce sont des états-majors interarmés et ce sont des forces nationales qui concourent tous ensemble à la sécurité collective. »
- 6:40InvitéChiffre
« Il y a eu en début d'année, Stedfest Defender, le plus grand exercice jamais organisé par l'OTAN, avec 31 pays plus 1, puisque la Suède n'avait pas encore rejoint, 50 000 hommes. »
- 7:04InvitéFait
« Le trafic aérien français n'est pas sous le commandement de l'Union européenne, mais il permet à 60% des avions qui transitent en Europe et qui passent au-dessus de la France de ne pas se cracher les uns dans les autres et de permettre notre propre trafic aérien. »
- 7:51InvitéFait
« Enfin, effectivement, il y a le signal vaguement symbolique, mais qui n'est pas plus symbolique que ce titre fait ce défendeur il y a six mois. »
- 8:03InvitéFait
« Nous nous sommes préparés à une confrontation majeure contre la Russie, à 32 pays de l'OTAN, enfin 31 plus 1, comme si de rien n'était. »
Temps de parole
- Présentateur27 %
- Invité22 %
- Invité 214 %
- Présentateur 212 %
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- Invité 64 %
- Invité 74 %
- Invité 82 %
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Un bruit assourdissant et un décollage pour une mission de l'OTAN. A bord du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, les catapultages de rafales s'enchaînent. Un balai millimétré où tout le monde se parle par geste dans un silence radio total.
Quand il y a un bruit à la radio, on considère que c'est quelque chose de dangereux, donc on va suspendre de suite. En fait, il ne faut pas qu'il y ait de doute, on n'a pas le droit au doute, surtout au catapultage. Ça fait remonter l'adrénaline.
Une dizaine d'avions de chasse sont catapultés en quelques minutes.
La météo sur les terrains de dégagement, elle est bonne ?
La météo, oui.
Il y a combien d'air, ouais ?
On en a deux. On en a dix. Au milieu de la Méditerranée, le commandant Guillaume Denis envoie ses avions pour des exercices. Mais aussi pour des missions en mer Noire, en Roumanie ou encore plus loin, sur le flanc est de l'OTAN.
On profite des moyens mis à disposition, notamment en termes de ravitailleurs en vol, pour pouvoir aller loin et faire la démonstration de nos capacités de projection de puissance à très grande distance. Nous faisons également une forme de projection de défense aérienne sur le flanc de l'Est de l'Europe.
Le lieutenant de vaisseau Bob apponte. Il rentre de plusieurs heures de vol. 14 ans d'aéronaval et des centaines de missions. Ce pilote sait qu'il peut croiser d'autres avions de chasse, notamment russes. Mais rien d'insurmontable pour ce militaire entraîné.
On ne montre pas d'agressivité, on montre seulement qu'on prend en compte et qu'on affirme notre présence, puisqu'on n'a pas à avoir peur d'être là où on est. Mais ça n'ira pas plus loin. Donc voilà, c'est effectivement, on a des rencontres fortuites, néanmoins elles se passent bien et personne ne se fait peur.
La Russie n'est jamais nommée. La Marine nationale parle de compétiteurs, mais elle est dans toutes les têtes. Certains de ces navires de guerre ont pu être surveillés bien au large du porte-avions, dans cette salle d'opération. C'est un peu ce qu'on peut appeler le centre névralgique du bâtiment. Radar, renseignements classifiés, informations de satellites, tout arrive ici.
Une partie derrière, on ne s'approchera pas, qui s'appelle la guerre électronique, qui contribue aussi à nous faire recueillir un maximum d'informations.
Dans cette immensité de la mer, il faut réussir à se cacher, ruser, rester discret et même secret.
On est en Méditerranée. Je ne vais pas montrer l'endroit précis où on est, parce que tout simplement, je n'ai pas à le faire. Et ça ne servirait pas spécialement nos opérations de pouvoir le montrer, tout en sachant que notre présence sur zone se fait dans les eaux internationales.
Car le porte-avions, c'est la cible la plus sensible. Et la plus puissante de la marine nationale. Alors il faut le protéger.
L'arme est ravitaillée de munitions et ça permet de pouvoir engager en tout temps, tout lieu, à toute heure.
Ce canon de 20 mm, c'est le dernier rempart du porte-avions. Cible larguée. Ce jour-là, tire sur ses ballons rouges. Il faut s'entraîner aux nouvelles menaces qui peuvent se faufiler jusqu'au bateau.
La situation en mer Rouge ou en Ukraine montre qu'aujourd'hui, les menaces évoluent. La menace drone est très présente. C'est important de montrer aussi à tout le monde qu'on tire, que nos munitions fonctionnent, qu'on détruit les cibles.
Montrer ses muscles, un enjeu de communication et de crédibilité. Des frégates portugaises et italiennes renforcent le groupe aéronaval. C'est la première fois que le Charles de Gaulle est sous commandement de l'OTAN et c'est un message politique.
À nous, collectivement, d'être capables, s'il y a besoin, d'aller combattre. Donc c'est très important pour nos alliés. C'est très inconfortant pour nos compétiteurs, puisque évidemment, ils voient qu'on est en mesure, à plusieurs, et pas juste tout seul, de faire des opérations. Et c'est probablement aussi un message pour les indices, qui le jour où des confrontations auront encore lieu, devront peut-être prendre parti. Et ils choisiront en leur âme et conscience à ce moment-là.
La mission de l'OTAN dure une quinzaine de jours. Les rafales français continuent d'être catapultés, quelque part en Méditerranée. Alors c'est une opération qui a choqué. On a vu passer un commentaire de Jean-Luc Mélenchon, parlant de vassalisation des moyens de défense français, et à commencer par le Charles de Gaulle, notre porte-avions nucléaires. Cette question de Bernard dans le Tarn. Quel est l'intérêt de placer le Charles de Gaulle sous le commandement de l'OTAN ?
Parce qu'il ne se lit pas sous le commandement de l'OTAN. C'est là où Mélenchon se trompe complètement. Ce n'est pas du tout de la vassalisation. C'est ce qu'on appelle, nous, du contrôle opérationnel. Ça veut dire que, déjà, on ne délègue pas en France le commandement opérationnel. C'est le chef état-major des armées, sous l'ordre du président de la République. Donc, on ne délègue pas ce commandement opérationnel. Par contre, le contrôle opérationnel, on prête pour un exercice donné. Par exemple, on dit le Charles de Gaulle, est-ce que vous voulez bien évoluer dans cette zone-ci, là ? Avec, vous avez responsabilité de cette contrôle. Voilà, ça, c'est du contrôle opérationnel.
Le commandement de l'OTAN dit, lui, est-ce que les Français, vous voulez bien vous occuper de cette zone ? Vous passez ce contrôle opérationnel.
Mais vous êtes dans cette zone et vous faites ce que vous voulez, ou vous faites dans cette zone et on vous dit ce que vous voulez faire ?
C'est le type de mission, voilà. Si vous voulez bien.
D'accord, c'est juste dit avec politesse, mais ça revient à la même chose.
Non, pas du tout. Le commandement opérationnel, c'est-à-dire, ok, moi, le commandement du porte-avenue, il ne me va pas bien, je vais en mettre un autre.
D'accord.
Ça, c'est du commandement opérationnel.
Quel est l'intérêt ? Alors, du coup, quel est l'intérêt de placer le Charles de Gaulle sous commandement, même si ce n'est pas sous commandement, on a compris la nuance, de l'OTAN ? C'est la question qui est posée par Bernard.
Mais qu'est-ce que c'est que l'OTAN ? Ce sont des états-majors interarmés et ce sont des forces nationales qui concourent tous ensemble à la sécurité collective. Donc, chaque pays doit donner un certain nombre de moyens, si vous voulez, et puis est chargé de son entraînement. Et on fait, par contre, des exercices communs en permanence pour être extrêmement réactifs et ce qu'on appelle interopérables.
Alors, qu'est-ce que cela raconte, avec vous Alain Boer, du fait que pour la première fois, on a dit, on va faire cette mise en scène, pas du tout, cet exercice intégré avec l'ensemble des pays de l'OTAN et on va prêter, intérim, on a bien compris la façon dont les choses se passent, notre fleuron, notre porte-avions nucléaires. Qu'est-ce que cela raconte sur la menace dont nous parlons ?
D'abord, c'est la première fois pour le porte-avions, mais ce n'est pas la première fois pour toutes les autres.
Non, pour le porte-avions.
Il y a eu en début d'année, Stedfest Defender, le plus grand exercice jamais organisé par l'OTAN, avec 31 pays plus 1, puisque la Suède n'avait pas encore rejoint, 50 000 hommes. Et évidemment, quand vous mettez 32 forces armées, c'est comme la gestion de n'importe quoi. Si vous ne l'organisez pas, vous avez des accidents, les bateaux se rentrent les uns sur les autres, les avions se crachent, etc. Donc, vous organisez le trafic aérien.
Le trafic aérien français n'est pas sous le commandement de l'Union européenne, mais il permet à 60% des avions qui transitent en Europe et qui passent au-dessus de la France de ne pas se cracher les uns dans les autres et de permettre notre propre trafic aérien. C'est exactement la même chose. Et le jour où on veut s'arrêter, on s'arrête à la minute où le chef d'état-major des armées ou le président de la République dit « plus de coordination ». On fait ça tout le temps. On fait ça soit de manière un peu mixte en Roumanie sur les vols conjoints de protection des États baltes.
On fait ça de manière beaucoup plus structurée, dont personne n'a jamais parlé dans les opérations contre les terroristes de l'État islamique, où il y avait une coordination de l'ensemble des forces au-delà même de l'OTAN, qui nécessitait évidemment que quelqu'un gère le trafic aérien, gère les opérations, gère les missions, ce que vient de dire le général. Enfin, effectivement, il y a le signal vaguement symbolique, mais qui n'est pas plus symbolique que ce titre fait ce défendeur il y a six mois, qu'il était beaucoup plus. Nous nous sommes préparés à une confrontation majeure contre la Russie, à 32 pays de l'OTAN, enfin 31 plus 1, comme si de rien n'était.
C'est la plus grande opération qui ait jamais été menée depuis 1983, qui n'était pas si grosse que cela, et qui a failli nous amener à un conflit majeur. Donc non, rien de spécial.