Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 3 juillet 2023 27 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleInstitutions & électionsÉducation & recherche

Violences urbaines : "C’est de notre responsabilité à nous tous de porter ce retour au calme", lance Olivier Klein

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 57 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction ce matin après le décès d'un pompier ?

  • 1:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous constatez une décrue des violences ?

  • 2:48OuverteRéponse partielle

    Avez-vous pu échanger avec le maire de Leïlerose ?

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Avec cette voiture bélier lancée dans la maison du maire, estimez-vous qu'on a passé un nouveau cap dans la violence ?

  • 4:16OuverteÉludée

    Concrètement, comment le maire est-il protégé aujourd'hui ?

  • 5:03RelanceRéponse partielle

    Comment allez-vous faire pour protéger ces élus ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Quand on est élu local, nos relations avec les sapeurs-pompiers, en particulier les sapeurs-pompiers de Paris, sont des relations quasi quotidiennes. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « Le retour au calme, c'est vraiment l'urgence absolue portée par le gouvernement, portée par les élus locaux et portée par les citoyens. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « Oui, on voit que les nuits qui se succèdent, fort heureusement, sont plus calmes. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Il faut continuer à porter cet appel, appeler à cette responsabilité de tous, y compris celle des parents. »
  • 3:33Invité politiqueFait
    « Chaque cap est insupportable. Mais s'attaquer à un élu, à un maire, c'est s'attaquer à la République. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « J'ai été maire moi-même, j'ai été premier adjoint au maire. Je sais à quel point les élus s'investissent pour leur ville et sont aux côtés de leurs habitants. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « Moi, je crois vraiment que le gouvernement, depuis le début, a eu la bonne réponse. »
  • 5:37Invité politiqueFait
    « Nous avons mis en place graduellement des protections, des protections des équipements publics au regard de la montée de cette colère et de ces actes inqualifiables. »
  • 6:20Invité politiqueFait
    « Brûler une bibliothèque, brûler une école, brûler tout ce qu'on a fait dans le cadre du renouvellement urbain et de la politique de la ville, c'est de l'automutilation et cette automutilation, elle n'est pas acceptable. »
  • 10:02Invité politiqueFait
    « Non, ce n'est pas de la faute des parents. Mais oui, quand on est parent, on a des responsabilités. »
  • 10:16Invité politiqueFait
    « Quand on voit ces enfants ou des jeunes de 14, 15 ans ne pas être rentrés à 22, 23 heures dans la période actuelle, eh bien oui, quand on est parent, on se doit de vérifier pourquoi ils sont dehors. »
  • 13:23Invité politiqueFait
    « La politique de la ville, c'est tout sauf un échec. »
  • 14:42Invité politiqueChiffre
    « Quand j'ai pris la présidence de cette agence, il y avait 5 milliards, fruit du quinquennat précédent de François Allen. Quand j'ai fini ce quinquennat, il y avait 12 milliards. »
  • 16:02Invité politiqueFait
    « Beaucoup a été fait depuis 2017. Les CP, le dédoublement des classes préparatoires en CP, en CE1, en moyenne section, c'est une révolution. »
  • 16:40Invité politiqueFait
    « Il y a les adultes relais. Et moi, je le dis, ça fait partie des choses que je veux faire évoluer. »

Temps de parole

  • Olivier Klein70 %
  • Invité10 %
  • Invité 29 %
  • Présentateur7 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivier Klein, cette nuit un pompier est décédé en luttant contre un feu de plusieurs véhicules dans un parking souterrain de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. C'est le premier décès depuis le début des violences, mardi. Quelle est votre réaction ce matin ?

0:14
Olivier Klein

Comme vous, je viens d'apprendre ce drame. Évidemment, j'adresse toutes mes condoléances à sa famille, à l'ensemble des sapeurs-pompiers qui font un travail remarquable en général et encore plus depuis quelques jours, comme l'ensemble des forces de sécurité, les policiers. J'ai évidemment beaucoup d'émotions. Vous savez, quand on est élu local, nos relations avec les sapeurs-pompiers, en particulier les sapeurs-pompiers de Paris, sont des relations quasi quotidiennes. Donc voilà, une réaction d'émotion.

Et évidemment, ça renforce encore plus l'appel au calme que l'on porte depuis le début de ces événements, de ces violences, le retour au calme en mémoire de Naël, le retour au calme maintenant en mémoire de ce pompier pour vraiment éviter de nouveaux drames, comme on vient de le connaître cette nuit avec le décès de ce pompier. Le retour au calme, c'est vraiment l'urgence absolue portée par le gouvernement, portée par les élus locaux et portée par les citoyens. Moi, je me déplace beaucoup depuis plusieurs jours. Les habitants de nos quartiers n'en peuvent plus de ces violences, ces violences qui se retournent contre eux.

Et donc maintenant, il est vraiment temps de trouver, même si on voit que ça s'améliore, trouver les voies d'apaisement définitives.

1:31
Invité

Justement, la mort de ce pompier, c'est un drame. Mais cette sixième nuit, sinon, a été plus calme. Vous allez nous dire ce que vous en pensez, alors que les violences marquaient déjà le pas hier soir. Alors, il est trop tôt pour parler de décrus, disait hier le préfet de police de Paris. Mais aujourd'hui, est-ce que vous constatez, vous, une décrue ?

1:49
Olivier Klein

Oui, on voit que les nuits qui se succèdent, fort heureusement, sont plus calmes. Mais la mobilisation du gouvernement, des forces de police, des élus, des polices municipales, des polices nationales sont très fortes et restent à un très haut niveau. Il faut que cette décrue continue. Il ne faut jamais crier victoire. Il faut continuer à porter cet appel, appeler à cette responsabilité de tous, y compris celle des parents. Il y a ces rassemblements devant toutes les mairies ce midi qui va porter aussi cet appel au calme.

Parce que c'est de notre responsabilité à nous tous, hommes et femmes politiques, acteurs de terrain, parents, de porter ce retour au calme, faire que cette colère cesse de se diriger contre son propre quartier, contre ses propres voisins, contre ses propres équipements publics. Et contre nos élus. Parce que la violence contre nos élus, c'est s'attaquer à la République. Et là encore, ces violences sont inqualifiables.

2:48
Présentateur

Est-ce que vous avez pu échanger avec le maire de Leïlerose depuis ce qui s'est produit hier ?

2:52
Olivier Klein

Alors juste un SMS, un ou deux SMS de soutien, un remerciement de sa part. Une fois que la première ministre et le ministre de l'Intérieur se sont rendus sur place, vous imaginez bien qu'il était très pris et je n'ai pas voulu l'embêter. Mais j'ai échangé avec des dizaines et des dizaines d'élus locaux. J'étais à Persan samedi matin. Où la mairie a aussi été incendiée. Où la mairie a été incendiée. Le poste de police municipale et le conservatoire a été très abîmé. Et je me suis rendu sur place à la demande de la première ministre. Et j'ai beaucoup échangé avec le maire de Persan et les parlementaires qui étaient sur place.

3:25
Présentateur

Avec cette voiture bélier lancée dans la maison du maire de Leïlerose, vous estimez vous aussi qu'on a passé un nouveau cap dans la violence ?

3:33
Olivier Klein

Chaque cap est insupportable. Mais s'attaquer à un élu, à un maire, c'est s'attaquer à la République. Les élus locaux et les maires en particulier font un travail remarquable. C'est des élus de terrain, de proximité. J'ai été maire moi-même, j'ai été premier adjoint au maire. Je sais à quel point les élus s'investissent pour leur ville et sont aux côtés de leurs habitants. Et évidemment, c'est un acte inqualifiable, injustifiable et impardonnable de s'attaquer à un élu, de s'attaquer à sa mairie, de s'attaquer à sa famille. Et bien évidemment, Vincent Jambrun, comme tous les élus qui ont été attaqués ces derniers jours, ont tout mon soutien.

Mais bien évidemment, il a, je crois, le soutien de l'ensemble de nos concitoyens.

4:12
Invité

Il va bénéficier d'une protection renforcée, disait hier le préfet de police de Paris. Concrètement, comment est-il protégé aujourd'hui ce maire ? Est-ce que vous savez s'il a pu retourner dans sa maison avec sa famille ?

4:22
Olivier Klein

Écoutez, je ne sais pas. Je crois que son épouse a été hospitalisée. Je ne sais pas si elle est sortie hier de l'hôpital. Je n'ai pas ce niveau de détail, vous vous en doutez bien. Mais je peux vous dire que ce que je sais des élus locaux, nous avons tous le numéro du préfet, le numéro de notre commissaire. Mais vous savez, le plus important, c'est l'ensemble de notre société qui doit être protégée dans cette période. C'est l'ensemble de nos équipements publics, les élus locaux aussi, bien évidemment, parce qu'on est garant de cet apaisement, on est garant de ce lien fort entre la République et nos concitoyens. Mais toute la République doit être protégée dans un moment aussi grave.

5:03
Invité

Et comment on fait concrètement, Olivier Klein et Emmanuel Macron ? Vous étiez hier soir à l'Elysée pour une nouvelle réunion de crise, qui a annoncé qu'il allait recevoir les 220 maires des communes qui ont subi des violences. Mais le maire de l'Elysée-Rose disait vendredi, on a été laissé seul. Aujourd'hui, comment allez-vous faire pour protéger ces élus ?

5:18
Olivier Klein

Je ne veux pas commenter les propos de Vincent Jambrun dans ce moment extrêmement douloureux. Moi, je crois vraiment que le gouvernement, depuis le début, a eu la bonne réponse. D'abord, une réponse d'apaisement, de recueillement en direction de la famille de Naël pour faire part de notre émotion. Ensuite, une réponse sur la justice doit faire son chemin et elle fait son chemin. Et puis, nous avons mis en place graduellement des protections, des protections des équipements publics au regard de la montée de cette colère et de ces actes inqualifiables qui se sont produits un peu partout dans le pays.

D'abord vers des équipements publics, en direction des violences, en direction des forces de l'ordre, des violences en direction des commerces. Il n'y a rien qui peut justifier une telle violence. Et vraiment, l'action du gouvernement, aujourd'hui, se concentre sur ce retour au calme parce que nos quartiers ont besoin de ce retour au calme. Les victimes de ces violences sont les habitants de ces quartiers. Ils souhaitent cet apaisement, ils souhaitent ce retour au calme. Ils souhaitent que l'image de ces quartiers ne soit pas durablement dégradée par ces violences qui n'ont aucun sens.

Brûler une bibliothèque, brûler une école, brûler tout ce qu'on a fait dans le cadre du renouvellement urbain et de la politique de la ville, c'est de l'automutilation et cette automutilation, elle n'est pas acceptable.

6:29
Présentateur

Vous avez dit que l'état d'urgence, pour l'instant, n'est pas une solution à envisager. C'est ce que le gouvernement a dit. Il était réclamé, pourtant, par le maire de la Île-et-Rose. Il n'est toujours pas question de l'instaurer, aujourd'hui ?

6:42
Olivier Klein

Écoutez, toutes les options qui permettent le retour au calme sont sur la table, bien évidemment, parce que c'est la première des priorités. Mais il faut avoir une réponse utile, graduée. Aujourd'hui, on constate une forme de décru. Il va falloir vérifier que ça se mesure. C'est une décision du président de la République, suivie d'un conseil des ministres, si on devait aller vers ça. Voilà, ça reste une possibilité. On voit que dans cette période où, j'oserais dire, même si ce n'est pas suffisant, les choses s'améliorent un peu.

7:17
Invité

Ça a été évoqué hier soir en réunion à l'Élysée, l'état d'urgence ?

7:21
Olivier Klein

Ce qui a été évoqué hier soir en permanence, c'est la nécessité du retour au calme, l'absolue nécessité du retour au calme pour protéger nos policiers, nos concitoyens. Et on le voit cette nuit avec ce drame et la mort d'un sapeur-pompier de Paris. On voit que cet appel au retour au calme est nécessaire.

7:38
Présentateur

Olivier Clermin, ministre délégué chargé de la ville et du logement et l'invité du 830 France Info. On vous retrouve dans quelques instants, juste après le fil info, à 8h40 avec Diane Ferschit.

7:47
Invité

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, annonce la mort d'un pompier de 24 ans cette nuit en Seine-Saint-Denis. Il luttait contre les flammes dans un parking souterrain. Les violences urbaines de cette nuit qui ont aussi fait trois blessés parmi les forces de l'ordre. Des violences qui sont néanmoins en net baisse. Près de 160 personnes interpellées cette nuit contre 700 la nuit précédente. Des rassemblements sont prévus à midi partout en France à l'appel de l'Association des maires de France après l'attaque contre le domicile du maire de la Île-et-Rose dans le Val-de-Marne. Ce week-end, une enquête pour tentative d'assassinat est ouverte.

Il ne faut pas faire d'amalgame entre la révolte et les exactions, affirme ce matin la présidente de l'Assemblée nationale, Yann Lebron-Pivet. La durée d'attente aux urgences va encore s'allonger aujourd'hui. Opération zéro brancard. Les médecins sont en grève. Les hospitaliers dénoncent une situation catastrophique. Sur France Info, le syndicat SAMU Urgences de France demande une enveloppe conséquente pour redonner la qualité de soins que chacun de nous mérite. Le Tour de France rejoint la France ce lundi avec une arrivée à Bayonne pour la troisième étape, un peu plus de 193 km à parcourir au lendemain d'une première victoire d'étape française.

Celle de Victor l'a fait, c'est le britannique Adam Yetz qui partira en jaune. Toujours avec Olivier Klein, ministre délégué chargé de la ville et du logement, on parlait des maires qu'il faut protéger. Vous-même Olivier Klein, vous avez quitté votre maison quelques jours pour éviter aux policiers déjà surchargés d'avoir à la protéger aussi ?

9:20
Olivier Klein

C'est plus compliqué que ça. J'ai un logement à Paris parce que vous connaissez les conditions de transport dans Paris et donc j'ai un logement de fonction. Mais c'est vrai que comme élu local, j'ai eu parfois la tentation d'être à Clichy-sous-Bois aux côtés des élus surtout de Clichy pour les accompagner. Mais voilà, un ministre n'est plus tout à fait une personne normale et la priorité des forces de l'ordre à Clichy comme partout ailleurs, c'est de protéger les équipements publics et ils n'avaient pas besoin de m'avoir dans leurs pattes.

9:52
Invité

Vendredi, Emmanuel Macron en a appelé à la responsabilité des parents. Vous êtes, vous le dites, un élu local. Vous connaissez bien la situation dans les quartiers. C'est de la faute des parents ?

10:00
Olivier Klein

Non, ce n'est pas de la faute des parents. Mais oui, quand on est parent, on a des responsabilités. Il m'est arrivé de faire quelques mariages. Je me rappelle de ce qu'on dit aux futurs époux quand ils se marient. On rappelle la responsabilité des parents et c'est une responsabilité qui est juste. Quand on voit ces enfants ou des jeunes de 14, 15 ans ne pas être rentrés à 22, 23 heures dans la période actuelle, eh bien oui, quand on est parent, on se doit de vérifier pourquoi ils sont dehors et leur dire en ce moment, vous ne sortez pas, ce n'est pas pour vous embêter, c'est pour vous protéger et c'est pour protéger votre quartier et votre ville.

10:33
Présentateur

Mais Olivier Clerc, on parle du rôle des parents, on parle des associations de quartier aussi. On leur demande de faire de la médiation. Ces associations, elles ont le sentiment parfois de ne pas être entendues, pas être écoutées. Ça fait bientôt une semaine qu'il y a ces violences. Pourquoi ne pas les avoir encore reçues ?

10:47
Olivier Klein

Alors d'abord, vous vous doutez bien que le ministre de la Ville et du Logement que je suis échangent en permanence avec tout le monde et y compris les associations. Je vous rappelle qu'il y a eu un conseil interministériel de la Ville qui s'est réuni vendredi matin dans lequel il y avait des associations présentes.

11:02
Invité

Mais pas d'annonce très forte pour les quartiers.

11:05
Olivier Klein

Mais parce que ce conseil interministériel de la Ville s'est réuni dans des conditions extrêmement particulières. Dans cette situation, le président de la République a fait des premières annonces sur quartier 2030 à Marseille qui devaient être détaillées vendredi matin dans le cadre du CIV. Mais les conditions de ce CIV ne permettaient pas. Les élus locaux, les associations présentes avaient besoin de s'exprimer, de parler de cette violence, de cette situation.

Bien évidemment, les annonces qui étaient prévues dans le cadre du quartier 2030, l'action plus forte dans le domaine de l'école, comme le président a commencé à le dire, l'action plus forte dans le domaine de l'entreprenariat, l'accompagnement de la création d'entreprises. Toutes ces actions seront détaillées. La volonté qu'on aide plus les petites associations qui est au cœur de mes préoccupations pour bien les connaître comme ancien militant associatif, comme élu local. Mais quand même, depuis une semaine, Olivier Cléard, on parle plus de sécurité que de discours, que de dialogue, que de prévention. Mais la priorité aujourd'hui, c'est le retour au calme.

Et ce n'est pas simplement la priorité du gouvernement, c'est la priorité de tous les Français et la priorité des habitants de ces quartiers. Moi, j'ai été à Persan, je vous le disais vendredi matin, quand j'ai parlé aux habitants devant ce conservatoire qui avait été abîmé, les habitants étaient très tristes. Quand j'ai parlé aux habitants de Lichy-sous-Bois qui ont vu la moitié de la bibliothèque abîmée et qui ne pourra pas être utilisée, les jeunes qui viennent dans cette bibliothèque travailler depuis plusieurs semaines maintenant parce qu'on l'ouvre tous les dimanches, parce que c'est plus mieux de travailler dans une bibliothèque tranquille, ils sont très en colère.

Donc c'est normal, c'est une priorité indispensable.

12:29
Présentateur

Donc maintenant, vous allez pouvoir les recevoir ?

12:31
Olivier Klein

Cet après-midi, j'ai une réunion avec... Alors vous savez, les associations des quartiers populaires, elles sont très nombreuses et c'est normal. J'ai des réunions cet après-midi avec des associations, avec le Conseil national des villes, avec des membres de la commission de Mohamed Mechmach que j'ai nommés avec un panel associatif et un panel d'habitants. Et puis à chaque fois que je me rendrai dans les quartiers dans les mois qui viennent, je continuerai à échanger avec les associations. Vous savez, en ce moment, on est en train d'écrire le nouveau contrat de ville, celui qui commencera au 1er janvier 2024. Et je le dis, la politique de la ville, c'est du sur-mesure.

Ça se travaille quartier par quartier avec les habitants, avec les associations. Mais oui, aujourd'hui, la priorité, c'est le retour au calme dans lequel les associations, les habitants, tout le monde doit concourir.

13:10
Invité

Justement, Emmanuel Macron, en 2017, avait promis la fin de l'assignation à résidence. C'était une promesse de sortir de ces quartiers pour ces jeunes, une promesse d'égalité des chances. Est-ce que ces émeutes, aujourd'hui, ne signent pas l'échec de cette promesse ?

13:23
Olivier Klein

La politique de la ville, c'est tout sauf un échec. C'est une action au long cours. D'abord, dans ces quartiers que je connais bien, souvent, quand on va mieux, on les quitte. Un des enjeux de la politique de la ville, c'est de faire que... Évidemment, l'émancipation, c'est le refus de l'assignation à résidence. Mais aujourd'hui, ce qui compte et ce qui nous permettra de mesurer la réussite de ces quartiers, c'est... Oui, la politique de la ville a marché. Et parce qu'elle a marché, j'ai envie de rester dans mon quartier. Aujourd'hui, dans ces quartiers, en permanence, on traite de nouvelles populations, souvent plus fragiles.

Et donc, il faut continuer à mener cette action, bien évidemment, toujours avec la même énergie. Vous savez, dans les villes où il y a eu des exactions, ce n'est pas des villes dans lesquelles il ne s'est rien passé. C'est des villes dans lesquelles la politique de la ville joue son rôle, dans lesquelles les élus locaux jouent un rôle formidable. Donc, c'est ce travail commun qu'il faut continuer. Il faut aller plus vite. La politique de la ville, une de ses difficultés, c'est sa capacité à gérer le temps. Parce qu'on parle à des générations qui n'ont pas vu ce qui s'est passé avant, d'où on part, et puis à des générations qui, légitimement, aspirent à aller mieux plus vite.

14:21
Invité

Oui, mais ça fait des décennies qu'on en parle, et il y a eu beaucoup de signal d'alarme. Vous aviez notamment signé l'appel de Grigny en 2017, qui était un appel à relancer la politique de la ville.

14:31
Olivier Klein

Et ensuite... Je me rappelle de ce... Je l'ai signé. Il y avait, par exemple, tout un chapitre sur l'ANRU qui demandait qu'on nomme un président. Il se trouve que celui qui a été nommé ces mois... Vous avez été président de l'Agence Nationale de Rénovation. Quand j'ai pris la présidence de cette agence, il y avait 5 milliards, fruit du quinquennat précédent de François Allen. Quand j'ai fini ce quinquennat, il y avait 12 milliards. Donc on a multiplié par plus de 2 le budget qui va permettre de changer ces quartiers. Mais oui, c'est trop long. Parce que dire qu'il y a 12 milliards, ça veut dire qu'on va dépenser 50 milliards. Mais ces 50 milliards, on va les dépenser en 10 ans.

Donc il faut intervenir sur le dur, le logement, les transports, la tranquillité, les associations. Et ce qu'il faut, c'est agir sur tout en même temps. Mais aucun des acteurs de la politique de la ville, sérieux, honnêtes, ne vous diront que la politique de la ville ne marche pas. Parce que où on en serait si cette politique de la ville n'existait pas depuis 40 ans ?

15:17
Invité

Les élus disent qu'il n'y a pas assez pour le social. C'est bien de raser des tours, mais il ne faut pas oublier l'éducation, le social, le taux de chômage qui explose dans les quartiers. Relisez-moi dans le texte.

15:25
Olivier Klein

Je dis depuis toujours, c'est l'urbain et c'est l'humain. Et c'est les deux que je veux mener, que mes prédécesseurs ont mené. Mais oui, il faut mettre l'accent sur la présence d'adultes dans ces quartiers. Mettre l'accent sur l'acte éducatif. Normalement, le président a commencé à le dire, on va multiplier les cités éducatives dans tous ces quartiers. Ces cités éducatives qui permettent de sortir du silo, faire que l'école travaille avec les animateurs, avec les éducateurs sportifs, avec l'éducation nationale, tout ça fait partie de notre projet qu'on va continuer à mener et surtout à aider les petites associations parce qu'elles jouent un rôle formidable dans nos quartiers.

Ce rôle est nécessaire.

16:00
Présentateur

Mais il est temps, Olivier Clunan, depuis 2017.

16:02
Olivier Klein

Mais beaucoup a été fait depuis 2017. Les CP, le dédoublement des classes préparatoires en CP, en CE1, en moyenne section, c'est une révolution. Vous savez, je suis prof. Je vois à quel point l'apprentissage de la lecture a été accéléré. Les vacances apprenantes qui ont été mises en place, c'est des centaines de milliers d'euros qui ont permis, dans une ville comme la mienne et dans beaucoup de villes, les mères vous le diront, on a multiplié par deux le nombre d'enfants qu'on peut envoyer en vacances pour deux fois moins cher.

16:28
Présentateur

Mais si je vous écoute, vous dites aussi faire revenir des médiateurs dans les quartiers sauf que les associations aujourd'hui nous disent on a moins de moyens, on n'a plus d'emplois aidés, on peut moins faire appel à ces emplois aidés. C'est compliqué du coup ?

16:38
Olivier Klein

Il y a les adultes relais. Et moi, je le dis, ça fait partie des choses que je veux faire évoluer. On ne peut pas mener une action dans un quartier sans en avoir les moyens pour l'action et les moyens pour recruter. Et ça fait partie des annonces de Marseille, du président de la République, simplifier les recrutements des adultes relais, sortir d'un certain nombre de carcans administratifs qui disaient oui, vous, vous pouvez être adultes relais, vous, vous ne le pouvez pas. Il y a les bataillons de la prévention qui ont été mis en place par ma prédécesseure, Nadia Hay, sur lequel il va falloir probablement continuer à travailler.

Mais je le redis, il n'y aurait rien de pire que cette période fasse le procès de la politique de la ville. Cette période, aujourd'hui, elle nous appelle à la responsabilité et d'abord le retour au calme et ensuite continuons à travailler main dans la main avec les élus locaux, avec les associations et avec les habitants de ces quartiers.

17:24
Présentateur

Et pour suivre le dialogue, c'est ce que vous nous dites Olivier Klein, ministre délégué chargé de la ville et du logement. Vous êtes l'invité du 830 France Info pour l'heure à 8h50. On retrouve Diane Ferschit pour le Filinfo.

17:34
Invité

Et cette bonne nouvelle sur le front de l'inflation, les prix du panier France Info n'ont presque pas augmenté en juin 15 centimes de plus seulement par rapport au mois de mai alors que notre ticket de caisse prenait 1 euro en moyenne depuis 8 mois. Panier France Info en partenariat avec le cabinet Nielsen IQ sur 37 produits du quotidien. Les détails sont à retrouver sur franceinfo.fr. Un jeune pompier tué en éteignant un incendie cette nuit à Saint-Denis des feux de véhicules dans un parking souterrain. Cette nuit, près de 160 personnes ont été interpellées dans le cadre des émeutes urbaines, bien moins que les nuits précédentes.

Et à Marseille, le maire Benoît Payan annonce une aide exceptionnelle de 2 millions d'euros pour les commerçants victimes de dégradation. Le gouvernement a demandé aux assureurs d'accélérer les procédures d'indemnisation des pillages de magasins fermement sanctionnés avec parfois de la prison ferme jusqu'à 4 mois de prison ferme prononcés ainsi contre un émeutier par le tribunal de Grenoble. Au moins 73 000 foyers privés d'électricité ce matin dans l'ouest parisien. Panne survenue à 7h07. Précisément, son origine n'est pas encore identifiée. La contre-offensive ukrainienne est situation difficile pour les forces de Kiev dans l'est du pays.

Elles reconnaissent une avancée des ruses dans 4 zones de la ligne de front Moscou qui exclut ce matin toute nouvelle mobilisation dans le pays après le départ d'Ukraine des hommes du groupe paramilitaire Wagner.

18:53
Locuteur non identifié

France Info

18:54
Présentateur

Le 8.30 France Info Agathe Lambré

18:58
Invité

Benjamin Fontaine Olivier Klein, toujours ministre délégué chargé de la ville et du logement. Nous devons d'abord qualifier les événements avant d'en tirer les conclusions à insister le président hier soir dans une réunion à l'Elysée. Ça veut dire quoi ? Que vous ne comprenez pas ce que veulent les jeunes et que vous attendez d'en savoir plus avant d'ajuster la réponse politique ?

19:16
Olivier Klein

C'est important de comprendre ce qui s'est passé. Vous savez, moi ce que j'ai vu depuis le décès dramatique de Naël, c'est d'abord la parole du président de la République et celle de la première ministre qui a rendu hommage à ce jeune homme et qui a demandé la justice. J'ai vu que la justice avançait.

Et donc j'ai vu une parole qui était juste et malgré cette parole juste, on n'a pas empêché la colère de ces jeunes s'exprimer, mais aussi des actes de pillage, des actes contre les équipements publics, contre nos élus et donc bien évidemment la réponse elle doit aussi être d'une certaine manière en qualifiant ce qui s'est passé, en comprenant parce que moi je crois que la politique de la ville agit dans ces quartiers, j'en suis même certain mais néanmoins elle n'a pas empêché cette colère de s'exprimer et donc il m'arrive d'être un peu un scientifique donc on a besoin je crois, oui, d'analyser les raisons de cette colère et de cette expression et surtout de ne pas l'excuser parce qu'elle est inexcusable en tout cas dans son expression la colère elle est compréhensible mais ce qui n'est pas acceptable c'est cette violence dirigée cette espèce d'auto-mutilation et ça il faut le comprendre bien évidemment pour agir mieux

20:30
Invité

en 2005 vous étiez premier adjoint au maire de Clichy-sous-Bois c'est de là qu'étaient partis les émeutes de 2005 après la mort de deux adolescents poursuivis par la police il y avait eu énormément de violences trois semaines de violences à l'époque mais aujourd'hui les observateurs les spécialistes s'accordent pour dire qu'on a encore franchi un cap dans la violence est-ce que vous le constatez aussi qu'est-ce qui est différent ?

20:51
Olivier Klein

moi je ne veux pas être dans des comparaisons morbides d'abord je veux rappeler que la mort pour Clichy-sous-Bois la mort de Zied et Bounah reste un événement extrêmement tragique et dans le coeur de cette ville la mort de Naël restera toujours un événement tragique et je le redis ce qui est différent et c'est là où c'est difficile c'est que la parole du président de la république et de la première ministre est à la hauteur de la gravité de la mort de ce jeune homme la justice passe et passe vite et elle continuera son travail mais malgré tout cette violence est présente et donc aujourd'hui on n'a qu'une priorité c'est le retour au calme et ensuite on essaiera de comprendre comment cette étincelle parce que la mort d'un enfant c'est plus qu'une étincelle a à nouveau eu cet effet de violence mais je ne veux pas comparer parce que je pense qu'il n'y a pas de comparaison à voir on est presque 20 ans après la situation dans les quartiers a profondément changé nos villes ont changé mais néanmoins ça reste des terrains de fragilité extrême d'extrême pauvreté et je pense que ça nous oblige ça nous oblige à aller plus vite ça nous oblige à réfléchir à nos pratiques nous les élus locaux les hommes politiques et les femmes politiques on doit regarder ce qui s'est passé avec lucidité mais sans aucune bienveillance dans la violence gratuite et inacceptable

22:13
Invité

et réfléchir aussi aux relations entre la police et la population parce que ça c'est une constante depuis des années cette relation extrêmement conflictuelle le politologue Jérôme Fourquet dans Le Parisien l'autre jour parlait d'un cercle vicieux et vicié des humiliations d'un côté des tutoiements des contrôles d'identité à répétition et donc en retour une jeunesse qui se sent humiliée et qui répond aussi parfois par la violence

22:33
Olivier Klein

La relation entre la police et la population dans une démocratie elle est évidente et elle doit être apaisée et je peux vous assurer que l'énorme majorité des policiers le souhaitent moi j'ai des relations quand j'étais élu local quasi quotidiennes avec le commissaire de police quand on lui demande d'intervenir dans une réunion publique il vient il y a un délégué police population qui joue un rôle déterminant dans les relations avec la police on a un centre de loisirs jeunesse dans la ville d'à côté de Montfermeil qui est mis en place par des policiers il y a Raid Aventure qui vient mais oui il faut continuer à travailler à cette relation à l'apaiser pour que chacun se sente d'abord les policiers comme des poissons dans l'eau dans nos quartiers et que les jeunes perçoivent le rôle de la police comme un rôle normal dans une démocratie parce qu'on a besoin des forces de sécurité on a besoin des gardiens de la paix c'est extrêmement important pour vivre normalement dans nos quartiers

23:32
Présentateur

et Olivier Klein quand les syndicats Allianz et UNSA parlent dans un communiqué de nuisible de sauvage pour désigner des émeutiers est-ce que ça c'est de nature à apaiser ?

23:40
Olivier Klein

bien sûr que non dans cette période chacun doit faire preuve de responsabilité oui le mot nuisible est insupportable mais je crois que dans cette période l'appel au calme il est permanent et chacun les hommes politiques l'ensemble des français doivent participer à cet appel au calme personne ne doit mettre de l'huile sur le feu ni les hommes politiques qui disent qu'on a le droit de casser ceci ou cela ou des choses comme ça qui sont tout aussi insupportables et inqualifiables l'objectif du gouvernement l'objectif de tous les français c'est le retour au calme et cet objectif il est normal il est maintenant plus qu'urgent on voit que ça s'améliore mais il ne faut surtout pas lever le pied parce que cette amélioration doit être totale

24:21
Présentateur

rapidement Olivier Klein depuis ce week-end une cagnotte circule sur internet pour le policier mis en examen à l'origine du tir qui a tué Naël elle a récolté plus de 800 000 euros est-ce qu'il faut la fermer comme le demande Olivier Faure ?

24:33
Olivier Klein

Ce n'est pas le sujet du gouvernement je ne regarde pas et le gouvernement ne regarde pas ces sujets de cagnotte l'objectif du gouvernement c'est le retour au calme et c'est vraiment notre priorité

24:43
Invité

Mais est-ce que ça vous choque cette cagnotte ?

24:45
Olivier Klein

Je n'ai pas à commenter cette cagnotte je ne sais pas qui l'a mise en ligne Jean Messia qui est une figure de l'extrême droite Je crois que quand l'extrême droite fait des choses elle ne le fait pas sans arrière-pensée mais aujourd'hui ma priorité c'est bien le retour au calme et à l'appelement Ça vous dérange

25:02
Présentateur

de vous exprimer sur cette cagnotte ?

25:05
Olivier Klein

Je ne sais pas Jean-Luc Mélenchon

25:10
Invité

hier sur LCI disait que le pouvoir avait peur des policiers

25:12
Olivier Klein

Mais non le pouvoir travaille avec les policiers heureusement nous sommes dans une démocratie que Jean-Luc Mélenchon fasse attention à ce qu'il dit pour au contraire dire oui il faut maintenant que ça s'arrête qu'ils ne disent pas qu'on a le droit de casser une école et pas le droit de casser ceci ou cela vous savez j'ai parlé à des dizaines de maires ces derniers jours y compris des maires issus de la NUPES ils n'ont qu'un objectif parce qu'ils travaillent c'est le retour au calme et je peux vous assurer que les maires de tous bords y compris ceux de la NUPES n'apprécient pas ces propos va-t'en-guerre qui n'ont aucun sens dans la période l'objectif du gouvernement le mien du président de la République la première ministre du ministre de l'Intérieur c'est le retour au calme et c'est l'objectif de tous les français et des élus locaux que j'irai rencontrer à midi avec d'autres ministres parce que notre présence sur les frontons des mairies sur les parvis des mairies est important

26:00
Présentateur

Merci Olivier Klein ministre délégué en charge de la ville et du logement d'avoir été l'invité du 8-30 France Info ce matin

26:05
Locuteur non identifié

le péridmi d'un dossier criminel c'est le temps surtout si pendant ce laps de temps rien n'est fait

26:14
Invité

les avancées techniques et scientifiques sont devenues incontournables pour résoudre les dossiers non élucidés

26:20
Locuteur non identifié

avec le service

26:22
Invité

police-justice de France Info nous vous racontons les grandes affaires criminelles résolues grâce à la science

26:27
Locuteur non identifié

moi j'ai craqué c'est pas possible moi je sais que la vérité viendra par l'ADN Cold Case la science face au crime un podcast original France Info 8 épisodes à découvrir sur l'application Radio France les plateformes de podcast et France Info.fr