La porte-parole du Parti socialiste est l'invitée de la matinale de Franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Cléridel, on va bien sûr parler des finances publiques et du congrès du Parti socialiste. Mais d'abord plusieurs établissement pénitentiaires ont fait l'objet d'attaques, des attaques préparées, coordonnées, des tirs à l'armes automatiques, des véhicules incendiés. Le chef de l'État a promis que les responsables seraient retrouvés, jugés et punis.
Est-ce que ce climat vous inquiète ? Oui, c'est un climat inquiétant et on va il faut attendre les conclusions de l'enquête, mais on peut y voir la main du trafic de drogue qui euh étend son emprise sur notre pays avec euh de la violence, avec des gens qui se croient euh tout permis sans plus aucune limite. Et donc, il faut que l'État euh montre son autorité face à ses agissements, protège tout le personnel de l'administration pénitiaire que je salue et à qui j'exprime ma solidarité.
Justement, il y en a qui sont des agents pénitentiaires qui ont été pris pour cible. Il y a un risque de voir se propager cette violence, un embrasement voire même à l'intérieur des prison. Écoutez, je je ne l'espère pas.
Je pense qu'on a une police et une justice qui qui fonctionne encore et qui vont faire en sorte que les les coupables soient retrouvés et justement punis de façon exemplaire pour pour avancer vers une dissuasion efficace. On l'a vu ces derniers jours, la France et l'Algérie sont au bord de la rupture après l'expulsion mutuelle de 24 agents diplomatiques. La France a rappelé son ambassadeur.
Est-ce que cette riposte de l'Élysée a été judicieuse selon vous ? Ben, je pense qu'elle était nécessaire mais moi je constate en fait l'échec de la méthode retaillo sur l'Algérie. On est dans une situation assez préoccupante où les relations entre la France et l'Algérie sont à un plus bas depuis l'indépendance.
C'est dire donc dans ces conditions en fait à force de coup de boutoir on finit par ne plus rien obtenir même par empirer la situation et c'est pas comme si la situation était légère on a Boem sans sal qui est enfermé et on a de façon récurrente et répétée un refus de l'Algérie de reprendre les ressortissants que nous nous expulsons en vertu de nos lois. Donc cette situation, elle est préoccupante et on voit bien qu'elle ne peut pas être réglée à la méthode retaillo, c'est-à-dire en avant le responsable pour vous responsable de cette crise diplom responsable de la crise diplomatique, c'est le gouvernement en place. Donc il y a d'un côté monsieur Retaillot puisqu'il a il a fait de cette affaire avec l'Algérie une affaire personnelle.
Ça résume quasiment tout son mandat aujourd'hui et c'est un échec. C'est un échec. Donc moi, je rappelle à de la raison et à ce que les relations diplomatiques reprennent, je pense queil faut laisser la diplomatie aux diplomates et et que monsieur Retaillot retrouve la place qui est la sienne fasse un peu profil bas.
Venons-en maintenant aux 40 voos d'économie que le gouvernement prévoit sans augmenter les impôts. Est-ce qu'on se dirige tout droit vers une cure d'austérité qui ne dit pas son nom ? Moi, je trouve que cette annonce de 40 milliards d'économies supplémentaires a été faite de façon totalement impréparée.
Déjà, il y a 50 milliards d'euros qui ont été faites dans le cadre du budget 2025, euh sans changer de politique puisque ces 50 milliards d'euros en 2025 n'ont pas à bout enfin n'ont pas été fait avec une contribution sur les plus riches ou sur les grandes entreprises. Et donc là, on nous annonce 40 milliards en plus pour l'année 2026 sans préparation aucune. Monsieur Baou, je crois, a été au commissaire au plan.
Qu'est-ce qu'il a fait pendant toutes ces années ? Est-ce qu'il n'a pas la moindre idée de la façon dont il faudrait pouvoir assaignir nos finances publiques tout en ne touchant pas aux services publics d'éducation, de justice, de police essentielle pour notre pays. Donc il y a une impréparation totale et moi je suis inquiète, on est dans une situation budgétaire qui est préoccupante mais cet héritage c'est celui d'Emmanuel Macron et de ses gouvernements successifs.
Donc ils en assument la responsabilité mais je constate qu'ils s'entêtent pour l'instant à ne pas changer de politique. Ils nous disent que ils vont réduire le déficit, très bien mais en ne changeant rien, en n'augmentant pas les impôts après avoir fait 80 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises et en prélevant en fait sur les classes moyennes populaires, en prélevant sur les services publics de santé, d'éducation, de police de justice. Donc où va-t-on ?
Moi, je trouve ça extrêmement préoccupant. Et justement, il y a plusieurs pistes entre autres travailler plus, mettre à contribution les seniors, les retraités, réduire les niches fiscales. Qui doit supporter le coût de ces coupes budgétaires ?
Finalement, travailler plus pour que les actionnaires en pochent toujours plus. Je rappelle que cette année, il y a eu un record de dividendes distribué aux actionnaires. Si on ne rétablisse pas d'abord une forme de justice fiscale et dans le travail, personne, aucun français n'acceptera de travailler plus sans par ailleurs gagner plus.
Donc enfin, excusez-moi, mais encore une fois, ce sont les mêmes vieilles recettes, une forme d'entêtement dans la même politique. Et moi, je m'interroge, où est-ce qu'on va en fait à la fin ? Est-ce qu'on veut détruire les services publics ?
Est-ce qu'on a une approche complètement dogmatique de la dépense publique ? En fait, moi je sais ce que ça donne à la fin les États-Unis où il n'y a pas par exemple de sécurité sociale et où du coup la santé coûte beaucoup plus cher. C'est 20 % de la richesse aux États-Unis contre seulement 8 % de la richesse chez nous et où les gens sont moins bien soignés et vivent moins longtemps.
Donc c'est ça, c'est vers ce modèle de de de hache anti antidépense publique vers lequel on veut aller. Je pense qu'il faut aujourd'hui sonner la la tirer la sonnette d'alarme pour qu'on préserve la richesse de la France, c'est-à-dire nos services publics. Des économies à faire, mais il faut mettre les choses à plat pour que ce soit juste.
Est-ce que ces annonces ça sera un motif de censure pour le Parti socialiste ? Mais en fonction de là où sont coupées les défenses, les dépenses bien sûr. Et nous nous pensons en l'occurrence qu'il faut aller chercher de la recette.
Je pense par exemple à la taxe Zucman. sur le patrimoine des très grands milliardaires, de ceux qui ont plus d'un milliard de patrimoine qui va passer au Sénat qui a été adopté à l'Assemblée nationale et qui va passer au Sénat dans la niche écologiste, je crois en juin, le 13 juin. Cette taxe, ces recettes sont estimées à 13 milliards d'euros par an et elle rétablit un une justice fiscale élémentaire.
Pourquoi est-ce que on nirait pas vers cela ? C'est déjà considérable. Ça fait près de la moitié déjà de l'effort demandé.
On pourrait aussi penser à supprimer certaines des niches fiscales pour les grandes entreprises et les grandes fortunes qui ont été octroyées par Emmanuel Macron et ses gouvernements depuis le 2017. Il y a des pistes lutées contre la fraude sociale et fiscale et ces pistes nous les défendrons mais si nous ne sommes pas entendus, ce sera notre devoir de pour être pour être très clair et pour bien comprendre la position du Parti socialiste, si dans les prochaines semaines la France insoumise dépose une motion de censure, est-ce que vous êtes prêt à la voter ? Mais c'est en fonction de ce que de ce que présentera le gouvernement comme piste d'économie.
Je vous ai répondu très clairement. Nous verrons en fonction de ce qui est sur la table dans 2 mois, ce sera le congrès du Parti socialiste. Vous soutenez vous l'actuel secrétaire Olivier Fort ?
Il a enregistrer plusieurs soutiens d'ailleurs ces derniers jours. Est-ce qu'il est toujours la bonne personne pour représenter la gauche ? Ben écoutez, moi je le pense euh moi je suis euh une militante de gauche qui pense que dans ce contexte assez inquiétant pour notre pays, on voit une forme d'oligarchie prendre le pouvoir euh euh dans le secteur médiatique, dans le secteur politique, dans le secteur économique, une concentration des richesses.
Je pense que la gauche doit incarner cette promesse de démocratie retrouvée, d'égalité, de justice. Et j'ai toujours pensé que pour euh que les idées progressistes l'emportent dans notre pays, il fallait un Parti socialiste puissant tourner vers le reste de la gauche. Et je crois que ce que c'est ce qu'a fait Olivier Fort depuis 2018 depuis 2018, depuis qu'il est à la tête du Parti socialiste, un parti dont tant prédisé d'ailleurs la disparition, il a réussi à refaire des socialistes une force politique majeure.
Mais aujourd'hui, il y a un front. Il y a un front anti Olivier Fort qui est en train de se dessiner la ligne qu'il porte à la fois sur le fond. Euh nous sommes socialistes, nous devons être une gauche combative euh qui pense une transformation radicale de la société qui n'a rien à voir avec un social libéralisme ou un accommodement de l'existant.
Et nous devons penser une stratégie aussi pour les futures échéances électorales, les municipales, les présidentielles et chercher à rassembler très largement tous ceux qui partagent nos valeurs. Et donc c'est la raison pour laquelle il propose une plateforme commune de la gauche de Ruffin à Raphaël Luxman et je crois que c'est la bonne ligne donc il a tout le monde soutien dans le cadre de ce congrès. Donc aujourd'hui, est-ce que vous demandez à Boris Vallot de rejoindre Olivier Fort ?
Est-ce que vous lui tendez la main ? Absolument, on a besoin de Boris Vallot. Boris Vallot a fait partie de la majorité d'Olivier Fort depuis des années déjà.
On a besoin de son talent, on a besoin de sa vision. Donc j'espère qu'à la fin tout ça pourra se rejoindre après les débats qui sont d'ailleurs très légitimes en ce moment sur les contributions générales. Juste une dernière question, vous avez été élu député européenne sur la liste justement de Raphael Luxman aux européennes.
Est-ce qu'il serait un ban un bon candidat à l'avenir si on se projette vers la présidentielle ? Est-ce qu'il peut représenter la gauche pour la France ? Mais c'est un candidat légitime et c'est très bien que tous les talents que comptent notre camp se préparent à exercer euh les plus hautes responsabilités.
Je trouve que c'est très bien. Merci beaucoup. Merci à vous.
Merci. Merci CLidel d'avoir été notre invité ce matin sur France info.
Chloé Ridel