Clôture du Sommet sur l'intelligence artificielle de Séoul par le Président Emmanuel Macron.
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- 1:00Emmanuel MacronFait
« l'intelligence artificielle n'est pas simplement une révolution économique et technologique. Elle porte le potentiel d'un profond changement de paradigme de nos sociétés »
- 2:00Emmanuel MacronPromesse
« nous allons nous mettre au travail dès les prochains jours et mon envoyée spéciale, Anne Bouverot, réunira ce 28 mai nos principaux partenaires en ce sens pour bâtir un agenda »
- 3:00Emmanuel MacronPromesse
« il nous faut aussi encore plus fortement inciter l'innovation en faveur du bien commun et des objectifs du développement durable, qu'il s'agisse de l'environnement ou de la santé »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« il faut éviter certains mésusages, de mauvais usages. Et puis, il y a des choses qu'on doit pouvoir intégrer et calibrer la protection de la propriété intellectuelle, la préservation des données de chacun »
- 6:00Emmanuel MacronPromesse
« il faut une nouvelle gouvernance internationale de l'intelligence artificielle »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« ce partenariat mondial pour l'intelligence artificielle, elle repose autour du triptyque sciences, solutions et standard »
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Bonjour à tous. Merci beaucoup. Je voulais d'abord remercier le président Yoon.
Merci beaucoup, cher président, et Rishi Sunak, Monsieur le Premier ministre, pour l'organisation de cette réunion et remercier tous les collègues, chefs d'État, de gouvernement et les chefs d'entreprises et experts qui ont pris le temps de cet échange essentiel. Ça vient prolonger, en effet, le sommet de Bletchley Park, en novembre dernier, et nous permet de raviver les échanges tenus lors de la fondation du partenariat mondial pour l'intelligence artificielle à l'initiative du Canada en 2018. Vous l'avez tous dit très clairement, cela ressort très largement des interventions, l'intelligence artificielle n'est pas simplement une révolution économique et technologique.
Elle porte le potentiel d'un profond changement de paradigme de nos sociétés, c'est-à-dire notre rapport au savoir, au travail, à l'information, et donc à la démocratie, notre rapport à la culture et même au langage. Et rapidement, nous devrons l'adopter au sein de nos entreprises. Si on ne veut pas perdre la bataille de la productivité, mais aussi intégrer les bons et mauvais usages dans nos démocraties.
Pour toutes ces raisons, c'est devenu clairement un enjeu politique. Et ça peut l'être pour la pire ou la meilleure des raisons, si je puis dire. Et c'est pourquoi avoir une conversation internationale intégrée qui permette de donner une place, à la fois, évidemment, aux leaders technologiques, aux usagers, mais aussi aux gouvernants de la planète, me paraît essentiel.
C'est pourquoi nous avons accepté la responsabilité de prolonger la dynamique initiée par le Royaume-Uni et la Corée en accueillant en France les 10 et 11 février 2025 un sommet pour l'action sur l'IA pour lequel je compte sur votre engagement. Nous allons nous mettre au travail dès les prochains jours et mon envoyée spéciale, Anne Bouverot, réunira ce 28 mai nos principaux partenaires en ce sens pour bâtir un agenda autour de notre double responsabilité à l'égard de l'IA. Et ça correspond à ce qui vient d'être dit, qui est à la fois de partager et de continuer à innover, d'accélérer et de protéger face au mauvais usage, d'intégrer aussi les conséquences directes et indirectes de l'IA.
En premier lieu, donc, partager, ouvrir, c'est comment faire en sorte que l'adoption massive de l'intelligence artificielle puisse réaliser la promesse initiale du numérique qui est l'émancipation individuelle et collective et qui est donc le progrès de la connaissance et derrière la croissance économique. Pour cela, il faut un agenda d'investissement pour favoriser l'innovation, éviter la concentration. Et ce faisant, nous renforçons les libertés d'entreprendre, de créer, d'apprendre.
Il nous faut aussi encore plus fortement inciter l'innovation en faveur du bien commun et des objectifs du développement durable, qu'il s'agisse de l'environnement ou de la santé, en bâtissant une architecture pleinement ouverte de l'intelligence artificielle. Je sais combien d'entre vous, Elon y a fait référence, y tiennent. Et pour travailler à une technologie accessible à tous.
Je ne veux pas être plus long, mais pour moi, le 1er volet de notre agenda d'action pour l'IA, c'est comment investir davantage, comment accélérer l'innovation, la diffusion et comment s'assurer qu'il y ait un socle d'architecture ouverte pour permettre le développement possible sur nos objectifs principaux. En deuxième lieu, notre rôle est clairement de protéger nos concitoyens des risques qui sont générés par le développement très rapide de l'IA, que les usages les plus risqués soient pleinement empêchés dont il avait beaucoup été question au Royaume-Uni l'an dernier, c'est le fil directeur du règlement européen sur l'IA adopté en mars dernier. Très clairement apparaissent des usages impossibles de l'IA, la militarisation de l'IA et autres.
Ça, je crois qu'il faut, dès le début, l'intégrer et avoir une conversation mondiale sur ce sujet pour être efficace. Dans le public international, il faut éviter certains mésusages, de mauvais usages. Et puis, il y a des choses qu'on doit pouvoir intégrer et calibrer la protection de la propriété intellectuelle, la préservation des données de chacun, l'impact environnemental des intelligences artificielles, les conditions de rémunération, la prolifération des attaques cyber, les campagnes de désinformation.
On voit bien que la protection des droits suppose aussi d'avoir une approche différente d'une approche classique, c'est-à-dire d'avoir une approche par "stress test", par scénario, mais se mettre d'accord aussi sur un agenda commun. Pour ça, et je finirai par là, il faut une nouvelle gouvernance internationale de l'intelligence artificielle. Le grand risque, c'est qu'il y ait des gouvernances régionales et qu'on ait une fragmentation de la conversation et des préférences, parce qu'elle créerait une forme de disparité qui viendrait obérer nos capacités à investir et innover ensemble et ça créerait des préférences collectives très différentes.
Alors même que si on veut être efficace, il faut bâtir un vrai socle international commun. Je crois que cette nouvelle gouvernance internationale, dont on a proposé les fondements avec ce partenariat mondial pour l'intelligence artificielle, elle repose autour du triptyque sciences, solutions et standard. Science, d'abord, très clairement, il faut chercher en permanence à bâtir ensemble un consensus scientifique robuste.
Là-dessus, je veux rendre hommage au travail confié au groupe d'experts dirigé Yoshua Bengio dont les résultats définitifs arriveront en février. Les résultats provisoires ont déjà été rendus et fondés ce qui permet d'avoir une vue panoramique des risques et des opportunités. Je crois que c'est important que ce soit scientifiquement basé, fondé, éventuellement, qu'il puisse y avoir une discussion ou des désaccords et que ce soit pas l'objet d'un débat ou de billets politiques.
Deuxième élément pour la gouvernance mondiale, c'est de pouvoir unir nos forces pour créer des solutions techniques ouvertes à tous et permettant ainsi d'auditer les modèles, de déterminer les bons standards d'évaluation de risques, d'évaluer l'impact environnemental. Je pense essentiel que nos différents instituts d'évaluation des modèles d'IA puissent partager leurs résultats, notamment avec les pays qui sont autant concernés par les enjeux, mais qui ne sont pas aujourd'hui dotés des mêmes capacités d'analyse et les entreprises doivent aussi contribuer. Mais je pense que c'est très important d'avoir ces solutions techniques ouvertes à tous, sinon il n'y aura pas de vraie gouvernance commune.
Enfin, ce sont des standards, des normes internationales de l'IA qu'il nous faut bâtir pour avoir des règles communes et compatibles qui ne créent pas de distorsion entre les espaces, de surcoût pour les entreprises. C'est aussi pour ça que je crois beaucoup à la capacité qu'on aura de tenir tous les espaces géographiques et toutes les grandes puissances technologiques et économiques de la planète. Il ne faut pas que la gouvernance mondiale se fasse en excluant tel ou tel.
Il faut vraiment éviter une fragmentation des cadres réglementaires qui ne profiterait vraiment à personne. Voilà, ces 3 objectifs, science, solution, standard, sont au cœur du projet de relance du partenariat mondial pour l'intelligence artificielle. Et on en fait tous partie aux côtés de grands partenaires comme l'Inde, le Brésil, le Sénégal, une trentaine de pays au total nous ont rejoins.
C'est une nouvelle étape qui s'ouvre. C'est autour de ces principes qu'on va bâtir et mener ce travail en vue de février prochain. J'ai épuisé le temps qui m'était imparti, je ne veux pas être plus long.
L'objectif était vraiment de remercier les collègues et dirigeants d'entreprises, contributeurs qui se sont exprimés aujourd'hui et d'essayer ainsi de donner à grands traits les principaux objectifs pour le sommet de février prochain. Merci beaucoup.