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InterviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 9 février 2021 37 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieSolidarités & familleAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

La lutte contre le gaspillage alimentaire, grande cause nationale ?

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 87 %Attaque 5 %Défensif 9 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Comment aller plus loin dans la lutte contre le gaspillage alimentaire ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Fabien, qu'enseignez-vous exactement dans la lutte anti-gaspi ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on enseigne quand on enseigne l'anti-gaspi ?

  • 5:38OuverteRéponse directe

    Lucie Bach, votre application fonctionne-t-elle grâce à la prise de conscience ou l'inverse ?

  • 7:12FerméeRéponse directe

    Combien de clients avez-vous en France ?

  • 8:30OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'on a déjà gagné depuis 2016 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32PrésentateurChiffre
    « 3% des émissions carbone. »
  • 1:06PrésentateurChiffre
    « Un tiers du gâchis, c'est nous. »
  • 2:50InvitéChiffre
    « un tiers de la nourriture produite sur l'ensemble de la planète Terre part à la poubelle. »
  • 6:22InvitéChiffre
    « 30% du gaspillage alimentaire, aujourd'hui, c'est chez le consommateur. »
  • 6:44InvitéChiffre
    « un tiers de ce qu'on produit sur la planète part à la poubelle. »
  • 8:50InvitéChiffre
    « plus de 24% de dons des grandes surfaces, en plus, vers les associations de solidarité. »
  • 9:01InvitéChiffre
    « Les banques alimentaires, on est à peu près au même chiffre, 23%. »
  • 9:54InvitéPromesse
    « l'État français a fixé un objectif de réduire de 50% ce gaspillage d'ici 2025. »
  • 10:36AuditeurFait
    « on jette deux containers tous les jours, tous les jours, tous les jours. »
  • 13:56InvitéChiffre
    « c'est 3,3 milliards de tonnes équivalent en CO2. »
  • 21:23InvitéChiffre
    « 30% des terres dans le monde sont perdues à cause du gaspillage. »
  • 21:33InvitéChiffre
    « c'est 250 000 m3 d'eau, c'est-à-dire trois fois le lac de Genève qui est perdu à cause du gaspillage. »
  • 32:15InvitéFait
    « dans les collèges, on avait ce qu'on appelle le MT à l'époque et on faisait aussi de la cuisine. »
  • 36:30InvitéFait
    « La loi de 2016, elle a marqué, elle est regardée et puis aujourd'hui elle inspire aussi d'autres pays. »
  • 36:48InvitéFait
    « Il faudra nourrir 10 milliards d'êtres humains en 2050 avec une seule et même planète. »
  • 36:42InvitéChiffre
    « c'est un tiers de notre alimentation au total qui termine à la poubelle. »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Présentateur26 %
  • Invité 217 %
  • Invité 36 %
  • Invité 45 %
  • Invité 54 %
  • Invité 62 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nous avons déjà en France une loi de 2016 qui a changé notre rapport au gaspillage. Désormais, il est interdit pour les grandes surfaces, par exemple, de détruire les invendus. Et ça a été un vrai progrès, surtout une vraie prise de conscience. Quand on parle gaspillage alimentaire, on parle social, parce que des gens n'ont pas à manger, voire jeter de la nourriture encore bonne, ça n'a aucun sens. On parle environnement, parce que ne plus jeter bêtement, c'est ne plus surconsommer, et donc surproduire le gâchis. Si vous retenez quand même ce chiffre, c'est 3% des émissions carbone. Comment aller plus loin ?

Guillaume Garraud, dans la loi de 2016, porte le nom en temps passé à la vitesse supérieure pour que les chiffres nous impressionnent réellement. Faire de l'anti-gaspillage alimentaire une vraie cause nationale, ça aide à mieux diffuser les informations, parler d'éducation à l'alimentation, créer une prime à l'assiette vide, et vous allez nous raconter dans un instant, M. Garraud, ce que ça veut dire. Faire un contrôle qualité des dons aussi. Ces propositions, dans un texte de loi présenté demain mercredi, tout ça, ce n'était pas gagné, mais retenez quand même un chiffre. Un tiers du gâchis, c'est nous. Nous, les consommateurs, pas les distributeurs, pas la chaîne d'impovisionnement.

Preuve que c'est vraiment le travail de chacun et de tous. Peut-être que paradoxalement, le Covid nous a aidés à prendre conscience de certaines choses, des initiatives locales ou nationales. Il y en a déjà beaucoup. Il y en a eu d'autres qui viennent d'associations, qui viennent de start-up ou d'ailleurs. Ce soir, on finit ce qu'on a dans notre assiette. C'est le téléphone sonnet. Soyez les bienvenus. Le téléphone sonne. 01-45-24-7000. Le premier, c'est vous, Fabien. Bonsoir et bienvenue.

1:38
Invité

Bonsoir, Fabien. Bonsoir à tous les auditeurs.

1:40
Présentateur

Merci beaucoup. Bonsoir à vous. On vous écoute.

1:43
Invité

Bonsoir. Moi, je voudrais apporter une remarque, une réflexion. Je suis professeur de cuisine pour des CAP, donc un lycée professionnel. Et en fait, moi, je vois dans mon travail, la lutte contre le gaspillage alimentaire est enseignée pour les élèves cuisiniers en France. Donc ça, c'est une très bonne chose. Mais ce qu'il y a surtout, c'est que ce qu'on inculque, cette valeur-là, cette lutte, elle rentre très facilement dans la tête des élèves et il se l'approprie. Il se l'approprie totalement.

Et derrière, il y a une vraie fierté en eux de montrer des résultats et de transmettre avec leurs façons, leurs armes, mais de transmettre cette notion-là à leurs camarades qui ne sont pas élèves cuisiniers. Et donc, pour moi, la réflexion, c'est qu'on va gagner cette bataille contre le gaspillage alimentaire d'une seule façon, facilement et rapidement, c'est par l'éducation. L'éducation à l'école. Les parents à la maison, s'ils sont sensibilisés, les enfants le seront. Mais sensibiliser les adultes, pour moi, ce n'est pas la solution. On gagnera ce combat en commençant à la maternelle, dans les cantines, à l'école.

Et si je peux me permettre de rajouter un dernier petit chiffre, encore un tiers, comme vous l'avez dit tout à l'heure, mais un tiers de la nourriture produite sur l'ensemble de la planète Terre part à la poubelle. Vraiment, vraiment.

2:57
Présentateur

Et Fabien, vous qui êtes prof de cuisine, justement, qu'est-ce que ça veut dire quand vous dites que vous l'enseignez, en fait ? Vous enseignez quoi ? Est-ce qu'on parle de proportions ? Est-ce qu'on parle de calibre ? On parle de quoi, en fait, quand on enseigne l'anti-gaspi ?

3:09
Invité

Il y a beaucoup de notions. La première, qui est la plus simple et qui est facilement comme un principe par les élèves, c'est qu'on donne à manger une portion qui soit mangeable. Ça ne sert à rien de faire des assiettes de 500 grammes. Ça, c'est extrêmement simple, c'est concret. Et puis, le voir à la cantine, que malheureusement, ils gaspillent. Dans les cantines, on gaspille beaucoup. La première chose, c'est ça. Et la deuxième chose, c'est un petit peu un combat similaire, c'est le bien manger. C'est le locavore, c'est le biologique, c'est le respect du produit, c'est connaître ses producteurs. Voilà, c'est deux combats qui sont totalement liés.

Et moi, après, c'est une cause personnelle aussi, forcément, vous l'avez compris. Mais voilà, le respect du produit, quand on connaît le producteur, quand ça pousse à 20 kilomètres, on a beaucoup moins envie de gaspiller. On a très, très mauvaise conscience. Et quand c'est bon, encore mieux, parce que c'est quand même les élèves cuisiniers aussi, c'est quand c'est bon, on a envie de finir, forcément. Évidemment qu'on finit son assiette. C'est une bonne raison de ne pas gaspiller, puis on mangera un petit peu moins le repas suivant, éventuellement.

4:05
Présentateur

C'est vrai que dans un resto, c'est mauvais signe quand les assiettes quand même repartent pleines. Merci beaucoup, Fabien. Merci vraiment pour votre témoignage. Guillaume Garot, bonsoir. Bonsoir. Vous voulez l'embaucher, visiblement, Fabien, parce qu'il a tout compris.

4:17
Invité

Je suis 100% d'accord avec ce que vient d'exposer Fabien. L'éducation, c'est au fondement de tout. Et moi, je milite depuis longtemps pour qu'il y ait à l'école, je dis bien sur le temps scolaire, une vraie éducation à l'alimentation.

4:32
Présentateur

Il y a eu l'éducation au goût, on a tous connu ça. Il y a eu les semaines du goût, ça existe encore, je crois. Oui, ça existe. Mais c'est quelques jours dans l'année.

4:40
Invité

Moi, ce que je souhaite, c'est que de façon très large, de la maternelle jusqu'au lycée, on transmette aux enfants des repères, des savoirs, des connaissances sur l'alimentation. Parce qu'il y a des enjeux, vous l'avez dit. Écologiques, sociaux, économiques, mais aussi culturelles. Parce que l'alimentation, c'est du partage, c'est partager un repas. Donc, c'est des valeurs très fortes aussi pour notre société. Et puis, on peut, vous savez, enseigner les maths à travers l'alimentation. On peut compter les grains de blé.

5:09
Présentateur

Et c'est des tonnes qu'on compter.

5:10
Invité

On peut faire de l'histoire, on peut faire de la géographie, aussi avec l'alimentation. Bref, à travers cette alimentation, je pense qu'on peut toucher beaucoup de ce qui nous fait vivre ensemble.

5:21
Présentateur

On va parler chiffres dans un instant. Je voudrais saluer Lucie Bach qui est avec nous. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes chef d'entreprise, fondatrice de l'application Too Good To Go. On vous a déjà entendu ici même, d'ailleurs, dans cette émission. Vous êtes aux Etats-Unis. Preuve que vous êtes en train de faire des émules, en fait, avec votre association. Moi, j'ai une interrogation, Lucie Bach. Est-ce que, depuis ces quelques derniers mois, est-ce qu'au fond, votre application fonctionne parce qu'il y a eu cette prise de conscience ou est-ce qu'il faut que vous soyez à l'initiative, que vous commenciez pour qu'il y ait une prise de conscience ?

Qui commence de l'œuf ou de la poule quand on crée une start-up comme la vôtre ?

5:58
Invité

Je pense que c'est bien évidemment un cercle vertueux, finalement. Plus on parle de gaspillage alimentaire, plus on entend parler du problème, plus on entend parler des solutions. Et ça, ça donne encore plus envie aux gens de s'engager. La beauté de la solution de réduction du gaspillage alimentaire, c'est que, finalement, on a tous un rôle à jouer. Et moi, je suis tout à fait d'accord que l'éducation, elle est essentielle. Mais c'est vrai que c'est un bon sujet pour s'engager puisque 30% du gaspillage alimentaire, aujourd'hui, c'est chez le consommateur. Ce qui veut dire qu'on a à réapprendre, finalement, la façon d'approcher notre nourriture et d'utiliser au mieux ces produits.

Et puis, ça remonte toute la chaîne alimentaire, finalement. Et ensemble, on peut mettre fin à cette absurdité énorme. On le mentionnait, un tiers de ce qu'on produit sur la planète part à la poubelle. Et ça, on a tous la solution pour faire changer les choses.

6:51
Présentateur

Et on va rappeler, Lucie Bache, que tout goût, tout goût, ce sont des... On va le dire comme ça, c'est des paniers en fin de journée, en fait. On peut s'inscrire, tout simplement. Et ce qui reste, ce qui n'a pas été vendu, lait a pris extrêmement réduit dans des paniers que font tout simplement des grandes surfaces, des boulangeries et autres. Vous avez combien de clients en France, par exemple ? Vous sauriez nous dire ça, Lucie Bache ?

7:12
Invité

Oui, bien sûr. Alors, aujourd'hui, il y a plus de 15 000 commerçants alimentaires qui sont engagés sur tout goût, tout go. Et on a plus de 8 millions de consommateurs aussi sur l'application. Ce qui montre vraiment que c'est un combat largement pris par beaucoup de Français aujourd'hui.

7:24
Présentateur

Je voudrais saluer, c'est la quire, je ne sais pas si elle est autour de la table, spécialiste environnement à France Inter. Guillaume Garraud, une initiative comme celle-là, ça veut dire aussi que les associations, les start-up, les petites entreprises, etc. ont compris évidemment beaucoup de choses, peut-être même avant le législateur, en quelque sorte.

7:42
Invité

Oui, c'est vrai que la loi de 2016, vous l'avez dit, elle a, d'une certaine façon, libéré des énergies. Elle a permis à des initiatives de s'épanouir partout sur le territoire. Ce sont des associations, ce sont des entreprises, ce sont des collectivités. Ça, c'est formidable. Mais je crois qu'aujourd'hui, il faut qu'on mette le pied sur l'accélérateur contre le gaspillage alimentaire. Et c'est pour ça que demain matin, je défendrai à l'Assemblée cette nouvelle proposition de loi pour une nouvelle étape contre le gaspillage alimentaire, avec d'abord l'idée qu'il faut en faire une grande cause nationale.

Parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas supporter autant de gaspillages alors qu'il y a autant de gens qui n'arrivent pas à manger correctement trois fois par jour. Donc il y a quand même un impératif à s'engager contre le gaspillage alimentaire.

8:28
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire qu'en chiffres, par exemple, là, il y a 10 millions de tonnes de denrées qui sont gâchées chaque année en France. Quand vous démarrez en 2016, le chiffre, il est où ? En fait, qu'est-ce qu'on a déjà gagné dans ces quatre dernières années ?

8:41
Invité

On a gagné des dons, des invendus, des grandes surfaces, en plus, et largement en plus, aux associations de solidarité. Les restos du cœur nous disent qu'entre l'avant-loi et l'après-loi, c'est plus de 24% de dons des grandes surfaces, en plus, vers les associations de solidarité. Et puis, les banques alimentaires, on est à peu près au même chiffre, 23%. Donc ça, c'est très bien, mais...

9:06
Présentateur

Parce que moi, j'ai l'impression que ce chiffre de 10 millions de tonnes, il ne bouge pas, en fait.

9:10
Invité

Alors, c'est un des enjeux de cette loi aussi, que je présente demain matin, c'est qu'on ait une mesure fiable de ce qu'est la réalité du gaspillage alimentaire. Et pour ça, il faut qu'il y ait une mobilisation du pays pour que chaque catégorie d'acteurs, soit les restaurateurs, restauration collective, restauration commerciale, que ce soit les consommateurs, que ce soit les producteurs, les transformateurs, on se met tous à être, comment dire, plus responsables. C'est-à-dire qu'on mesure ce que nous gaspillons, et c'est prévu dans la loi. Lucie Bosch qui veut intervenir. Mais effectivement, depuis 2016, il y a eu énormément d'actions qui ont été mises en place.

Je pense que la France prouve vraiment qu'elle est pionnière dans cette réduction du gaspillage. Mais malheureusement, on a encore du mal à mesurer l'impact de ces actions. Et c'est vrai que le 10 millions de tonnes, l'État français a fixé un objectif de réduire de 50% ce gaspillage. D'ici 2025, aujourd'hui, on n'est pas en mesure de savoir exactement où on en est. Est-ce qu'on est à 7 millions de tonnes ? Est-ce qu'on est à 12 ? Et comment est-ce qu'on arrive aux 5 qu'on s'est fixés ?

10:10
Présentateur

Et est-ce qu'à chaque fois, au fond, on fait des progrès, mais on gâche aussi par-dessus, et encore plus, ce qui devient presque un cercle vicieux ? Un exemple, peut-être, grâce à Lionel, qui est à Perfignan. Bonsoir, Lionel.

10:21
Invité

Oui, bonsoir.

10:21
Présentateur

On vous écoute.

10:22
Invité

Voilà, mon fait, je travaille dans une cantine scolaire, donc après que les gamins soient passés, voilà, et on jette, donc puisqu'en plus, ça arrive en barquette, et on jette et la nourriture, et les barquettes plastiques, comme ça, on fait carte pantin. On n'a même pas le droit de donner aux gens qui vivent dans la rue. C'est impossible à sortir. Voilà, mais ils n'ont pas d'obligation de donner. Et on jette deux containers tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours.

10:47
Présentateur

Et c'est terrible, merci beaucoup pour ce témoignage, Lionel. C'est vrai, Guillaume Garot, que la cantine, et c'est certainement pas de la faute de ceux qui y travaillent comme Lionel, c'est super mauvais élève, énormément de gâchis.

10:57
Invité

Mais on fait des progrès. On fait des progrès réellement. Par exemple, pour répondre à Lionel, il y a aujourd'hui de plus en plus d'établissements en France, scolaires, donc les cantines, qui donnent les repas qui ont été préparés, qui n'ont pas servi, bien évidemment, à des associations de solidarité du midi pour le soir. Et donc, ces repas sont redistribués à ceux qui n'ont pas de quoi manger en début de soirée. Donc, ça existe de la part de cantines scolaires, ça existe aussi de la part d'hôpitaux, restauration collective dans les hôpitaux. Ça se fait de plus en plus, mais là aussi, il faut pouvoir le généraliser, mobiliser davantage encore tous les acteurs.

11:34
Présentateur

Et alors, justement, parce qu'en 2016, la loi, c'est une obligation qui dit désormais aux grandes surfaces, c'est fini maintenant, vous ne jetez plus. Est-ce que c'est très compliqué d'appliquer cette même obligation à la sortie des cantines scolaires, des hôpitaux, de tous les endroits où il y a de la restauration collective ? Est-ce que c'est si difficile d'obliger ?

11:52
Invité

Alors, c'est difficile pour des raisons sanitaires.

11:55
Présentateur

Alors, sanitaires, et puis j'imagine qu'il faut vraiment quelqu'un pour récupérer, pour les donner derrière. Absolument, absolument.

11:59
Invité

Et puis, s'agissant des repas, ça doit être fait le jour même. Donc, il faut des bénévoles qui soient disponibles à ce moment-là. Et puis, il y a des prescriptions sanitaires qu'il faut évidemment impérativement respecter. La chaîne du froid, la liaison chaude. Donc là-dessus, il faut être extrêmement rigoureux. Mais là encore, on a avancé. On a progressé, mais il va falloir faire encore plus. Et par exemple, on va faire en sorte qu'on avance. C'est un autre sujet sur les dates de consommation.

12:30
Présentateur

Alors, il y a énormément de questions là-dessus.

12:32
Invité

Parce que là-dessus, il y a beaucoup de confusion.

12:34
Présentateur

Alors, Lucie, je voulais intervenir. On viendra aux dates de consommation juste après. Allez-y, Lucie.

12:38
Invité

Oui, effectivement, sur le sujet de la restauration collective, moi, j'avais une bonne nouvelle à partager avec l'auditeur. C'est qu'aujourd'hui...

12:44
Présentateur

Ah, il y en a beaucoup plus qu'un, Lucie.

12:46
Invité

C'est vrai. En tout cas, aujourd'hui, chez Too Good To Go, c'est vraiment un sujet qu'on attaque. La restauration collective, que ce soit dans les écoles, en entreprise, dans les hôpitaux, il y a effectivement énormément de choses à faire. Et aujourd'hui, avec l'application, on voit de plus en plus de grands acteurs de la restauration collective s'engager à nos côtés. Donc, à la fois des acteurs comme Illior, comme Sodexo, comme Compass. Aujourd'hui, la lutte contre le gaspillage alimentaire, c'est devenu une vraie priorité pour eux.

Et nous, on est en mesure de permettre aux gens du quartier de venir récupérer ces produits et donc de s'assurer qu'on ne jette ni la barquette en plastique et encore moins la nourriture à l'intérieur. Est-ce qu'il y a des choses en plastique, d'ailleurs,

13:23
Présentateur

dans vos paniers, Lucie Bâche, ou pas ? Est-ce qu'il y a des barquettes de quelque chose ?

13:26
Invité

Quand les contenants possèdent déjà la nourriture, ça ne sert à rien de le jeter. Nous, par contre, on va essayer de fournir des emballages les plus responsables possibles et aussi d'inciter les utilisateurs à venir avec leurs propres contenants. Donc, c'est encore une fois l'idée de rester cohérent, mais c'est toujours plus important de sauver la nourriture quitte à, effectivement, gâcher un contenant par la suite. Célia Quiré. Oui, je voulais juste apporter deux, trois précisions, effectivement, sur le coût environnemental du gaspillage. Si on regarde à l'échelle de la planète, c'est 3,3 milliards de tonnes équivalent en CO2.

En fait, ça veut dire que le gaspillage, c'est le troisième plus gros pollueur, après la Chine, après les Etats-Unis. Si on ramène au niveau français, c'est 100 euros de perte par habitant. Par habitant et par an. Du coup, ça m'amène à deux questions. On parlait des cantines. Est-ce que pour les cantines, l'idée ne serait pas que les repas soient produits davantage sur place, soient de meilleure qualité, en circuit court, quand les enfants mangent des choses plutôt bonnes, il n'y a pas de gaspillage. Il y a du gaspillage quand ce sont Sodexo et autres qui livrent des barquettes, ce qui, en soi, d'ailleurs, crée une distance, un parcours pour apporter ces repas.

Et aussi, vous alliez en parler sur les dates de péremption. Est-ce qu'il n'y a pas aussi quelque chose à jouer là-dessus, à allonger les dates, puisqu'il y a beaucoup de céréales, par exemple, qui sont perdues dans le monde à cause des dates de péremption ?

14:49
Présentateur

Alors, vous allez répondre à la première question, Guillaume Garraud, puis on écoutera la question de Béatrice, qui a à voir avec les dates limites. D'accord. Donc, sur le début de la question de céréales. Oui, sur le début de la question. Mais bien sûr.

14:59
Invité

Mais plus de qualité, c'est moins de gaspillage. Donc, plus vous investissez, lorsque vous êtes une collectivité locale, pour la qualité des aliments dans l'assiette des enfants, moins vous aurez de gaspillage. Ça, c'est mathématique, c'est très simple à démontrer. Donc, il faut s'engager vraiment fortement là-dedans. Et c'est la raison pour laquelle aussi, moi, je propose dans la loi, la création de bons pour bien manger. Pour qui ? Pour toutes les personnes qui, je le disais, n'arrivent pas à se nourrir correctement. Avec des produits locaux, avec des produits sains, avec des produits de qualité qui sont acquis, qui seraient acquis chez les producteurs tout près.

Et donc, si on a des produits de saison, si on a des bons produits, c'est une façon, évidemment, d'être dans la réparation d'une injustice sociale. Et puis, c'est aussi un combat et des résultats, surtout contre le gaspillage alimentaire. Donc, tout ça est très cohérent aussi.

15:53
Présentateur

Dans la restauration chez les étudiants, notamment, vous proposez une prime à l'assiette vide. Ça veut dire quoi, en fait ? C'est-à-dire, si tu finis ton assiette, il n'y aura pas de gâchis, un repas gratuit ?

16:03
Invité

C'est l'idée que ce qu'on disait sur l'éducation à l'alimentation de la maternelle au lycée soit prolongée à l'université. Dans le cadre d'un plan qu'il faut, évidemment, cohérent, parce qu'il faut aussi former les cuisiniers. Ça a été dit tout à l'heure par Fabien. Il faut aussi qu'on soit exigeant sur la qualité des produits. On vient de le dire à l'instant. Mais l'idée, c'est que lorsque l'assiette est terminée, il puisse y avoir une gratification pour l'étudiant. C'est par exemple un petit café qui serait offert. Bref, c'est une prise de conscience. Là encore, une mobilisation, là encore, des étudiants contre le gaspillage alimentaire.

Mais on sait qu'aujourd'hui, la vraie question chez les étudiants, c'est la précarité. L'incapacité de beaucoup d'entre eux à pouvoir se nourrir.

16:45
Présentateur

Et le nombre d'étudiants aujourd'hui qui ont besoin justement d'aller chercher dans les banques alimentaires ce qui boucle. Absolument. Alors il y a des initiatives qui sont prises.

16:53
Invité

Mais il y en a d'autres aussi. Moi, je milite pour un minimum jeunesse. Nous aurons aussi une proposition de loi demain à l'Assemblée sur ce sujet.

17:00
Présentateur

Et ce qui boucle effectivement notre sujet quand on pense aujourd'hui qu'on jette et que de plus en plus de gens dans cette période de pandémie ont besoin de ces paniers repas-là, c'est quand même terrible. On parlait de date limite de consommation justement. C'est le sens de votre question, Béatrice. Bonsoir.

17:13
Invité

Oui, bonsoir. On vous écoute. Effectivement, ma question par rapport aux dates limites de consommation. Et j'avais donné comme exemple la personne que j'ai eue tout à l'heure, le poivre. Le poivre en grains. Je trouve complètement absurde qu'il y ait une date limite de consommation sur du poivre en grains. Je ne savais même pas qu'il y en avait une. Je ne savais même pas qu'il y en avait une. Il y en a parce qu'en fait, c'est une obligation légale. Alors, c'est un cercle vicieux dans ce cas-là, non pas vertueux, contrairement à celui de tout à l'heure. parce que c'est une obligation légale, effectivement, de mettre une date limite de consommation. Donc, l'industrie, on a collé partout.

Et les gens, en toute bonne foi, balancent. Attendre de la part des industriels de changer ce type d'indication est complètement illusoire. Il faut qu'il y ait une communication qui soit faite via des associations, via... voilà. parce que les gens ont réellement peur de s'empoisonner avec des produits qui sont parfaitement bons.

18:10
Présentateur

Merci beaucoup, Béatrice. Réellement, il y a aussi la question de Georges sur France Inter.fr qui dit, est-ce qu'il ne faudrait pas se détacher un peu des dates limites de consommation et de réapprendre aussi à se servir de son nez, nous dit Georges Guillaume Garrault.

18:22
Invité

Il a raison, Georges, avec son nez. Mais il faut quand même qu'on ait des repères. Donc, c'est important de redire quand même que la date limite de consommation sur les produits frais, c'est une date pour des prescriptions sanitaires. À la différence, pour les produits secs, de ce qu'on appelle la DDM, la date de durabilité minimale, vous savez, c'est à consommer de préférence avant l'œuf. Et là-dessus, la confusion, elle s'opère. Parce que les gens pensent que lorsqu'on est sur une date de durabilité minimale, à consommer de préférence avant l'œuf, on est sur une date sanitaire. Et donc, dans le doute, on jette lorsqu'on a dépassé la date.

Moi, je fais la proposition qu'il y ait demain, c'est une réglementation européenne, davantage de produits qui ne soient plus soumis à cette date à consommer de préférence avant l'œuf. Regardez, quand vous avez un paquet de sucre, quand vous avez du sel, il n'y a pas de date inscrite sur l'emballage. Tant mieux. Eh bien, faisons-le demain avec les pâtes. Faisons-le avec le riz. Faisons-le avec des céréales. Parce qu'on sait que ce sont des produits avec une durée de vie très longue. Donc, point n'est besoin d'une date de durabilité qui inquiète tout le monde. Mieux vaut une date de fabrication du produit.

19:38
Présentateur

Il y a même des gens qui nous disent, Paolo sur France Inter.fr, qui nous disent, moi j'ai déjà mangé des yaourts, par exemple, qui étaient périmés depuis pas le Noël de temps, mais toujours bons au goût. Est-ce que c'est vraiment dangereux ? Moi, je me souviens, Célia, qu'on nous a tous appris qu'on pouvait dépasser, effectivement, parce que la date limite était volontairement très lointaine et que donc, 8 à 10 jours après, c'était pas dramatique et on risquait pas notre vie, en fait. Est-ce qu'on peut dire ça sur France Inter ou pas ?

20:01
Invité

Attention, attention, attention, parce que sur le yaourt, on va dire, de base, une semaine, deux semaines, vous ne prenez pas le risque, au pire, il deviendra un fromage. Oui, oui, je comprends ce que vous dites. Mais sur des steaks hachés, je ne vous conseille pas de vous amuser à faire la même chose. Mais juste, 30% des céréales aujourd'hui sont jetées, est-ce que vous n'allez pas vous heurter au poids des lobbies pour justement imposer ou tenter de mettre en place une date modifiée ou une absence de date de péremption sur des céréales ? C'est bien la question. Quand on fait de la politique, il faut apprendre à avancer.

Il faut écouter, bien sûr, ce que disent les acteurs économiques, mais il faut avancer. Vous savez, quand j'ai fait la loi en 2016, tout le monde n'était pas forcément au rendez-vous de la lutte contre le gaspillage. Mais depuis, les esprits ont avancé. On avance. Parce que certains ont intérêt au gaspillage, parfois. Mais c'est notre regard qu'il faut changer et il faut sans doute avancer vers d'autres façons de consommer et d'autres façons de produire aussi. Je pense que c'est ça qui est passionnant dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.

C'est vraiment une consommation beaucoup plus responsable et donc plus respectueuse de notre alimentation et de ceux qui produisent l'alimentation.

21:09
Présentateur

Et ce qui nous amène à la remarque d'Elisa, d'ailleurs, sur franceantin.fr et qui dit que le gaspillage alimentaire commence aussi par les champs et l'agriculture conventionnelle puisque 30 à 40% des récoltes sont jetées, sont perdues. Exactement.

21:21
Invité

Et ça consomme. En fait, 30% des terres dans le monde sont perdues à cause du gaspillage. et si on regarde la consommation d'eau qui est avec cette production, j'ai noté le chiffre, c'est 250 000 m3 d'eau, c'est-à-dire trois fois le lac de Genève qui est perdu à cause du gaspillage.

21:40
Présentateur

Eh bien, voilà une comparaison bien parlante. Lucie Bache qui voulait intervenir. Lucie.

21:44
Invité

Oui, tout à fait. La bonne nouvelle, c'est qu'il se passe quand même plein de choses sur les dates de consommation. Avec Too Good To Go, on a initié le pacte sur les dates qui a été officialisé en janvier 2020 qui justement mettait tous les acteurs de la chaîne alimentaire autour de la table donc industriels, distributeurs, les ministères de la transition écologique, de l'agriculture et de l'alimentation avec la véritable intention de réduire le gaspillage alimentaire dû aux dates.

Donc ça, il s'agit de clarifier sur l'emballage la différence entre une date limite de consommation et une date de durabilité minimale avec effectivement l'idée de se dire sur des dates à consommer de préférence avant l'oeuf, on peut se ramener à ses sens, on a un nez au milieu du visage, le produit, il faut l'observer, il faut le sentir, il faut le goûter et ensuite décider avant de jeter le produit automatiquement. Et donc nous, on a lancé une grosse campagne de sensibilisation aussi à l'occasion du 16 octobre, journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire pour essayer d'expliquer et de sensibiliser l'ensemble de la population à la différence entre ces deux dates.

Donc ça, on espère que ça va avoir un impact d'ampleur aussi parce qu'aujourd'hui, sur des produits comme la purée mousseline, vache qui rie et tout un tas d'autres produits, vous allez trouver ces nouveaux pictogrammes après cette date, observer sans t'égoutter avant de jeter. Et ça, c'est vraiment cette coalition d'acteurs engagés qui nous a permis de le mettre en place et derrière, on va pouvoir faire changer la réglementation pour permettre à toute l'industrie de s'engager dans cette initiative. Allez-y, Guillaume Garraud. Oui, il faut saluer.

Moi, vraiment, je veux saluer le travail de Togo Togo là-dessus parce qu'ils ont réussi à coaliser des partenaires qui n'étaient pas forcément au début les plus engagés contre le gaspillage alimentaire. Et il y a un vrai travail de fait justement sur ces dates de consommation. Mais ça nous amène à quoi ça ? À ce qu'on disait tout à l'heure. C'est-à-dire qu'il faut une plus forte éducation à l'alimentation que ce qu'on fait aujourd'hui à l'école. C'est évident. Il faut donner des repères à chacun. Et puis, il faut aussi une meilleure information. Et donc, c'est l'idée d'une grande cause nationale parce que si on a une grande cause nationale demain, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'à la télévision, à la radio, vous aurez des spots, vous aurez des écrans publicitaires payés par l'État qui seront ouverts à qui ? Aux associations, à tous ceux qui se battent aujourd'hui contre le gaspillage alimentaire et qui ont de l'information à diffuser. Donc vraiment, ça vaut le coup qu'on s'engage là-dedans.

24:05
Présentateur

Qu'est-ce qu'on fait, Guillaume Garot, du calibrage ? Est-ce qu'il y a un problème là-dessus ? Vous savez que maintenant la mode, c'est aussi d'aller chercher les légumes moches, etc. Faut-il renoncer en partie à certains calibrages ? Alors je sais que c'est beaucoup plus compliqué que ça en a l'air. Il y a effectivement des histoires d'emballage, des histoires de normes, etc. sur lesquelles on ne peut pas s'asseoir aussi facilement que ça. Mais est-ce qu'il y a moyen quand même d'être un peu moins rigoriste, on va dire, sur le calibrage des fruits, des légumes, etc.

24:29
Invité

Alors vous savez d'abord que le calibrage, en termes de réglementation publique, il concerne très peu de fruits et de légumes. Mais vraiment très peu. Et c'est en réglementation européenne. La plus grande partie du calibrage, ce sont des normes commerciales. C'est-à-dire qu'une grande surface dit, ben voilà, elle va avoir un producteur, moi je vous demande tant de pommes de tel calibre. Donc ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'en fait, c'est nous consommateurs qui faisons pression, sans peut-être le savoir d'ailleurs, sans en être conscients, pour avoir telle pomme bien rouge, bien rutilante, vous savez, parce qu'on considère qu'elle sera meilleure que la pomme qui aurait mauvaise mine à côté. Donc il y a là aussi le travail d'éducation et d'information à faire. C'est ça aussi qui amènera ceux qui font les achats dans les grandes surfaces à changer aussi leur approvisionnement. Mais je pense qu'il y a besoin aussi, il faut le dire, d'une mise au clair de toutes ces normes-là. Et c'est ce qui sera proposé aussi demain matin dans cette loi.

25:28
Présentateur

Simon, bonsoir.

25:31
Auditeur

Bonsoir. J'aimerais dire une chose que déjà, en tant qu'écolier, dans mon école primaire, déjà, nous mangeons des choses de mauvaise qualité et que chaque année, on vote un conseil des délégués pour avoir des choses plus proches de chez nous et en fin de compte, je n'ai jamais retenu et moi, ça a l'hier. puisque simplement, nous, on aimerait avoir de meilleures choses à manger parce que peut-être que comme ça, déjà, il y aura moins de gaspillage alimentaire.

26:00
Présentateur

Merci beaucoup, Simon. Évidemment que cette remarque de Simon l'ait frappée au coin du bon sens. Guillaume Garot, ce n'est pas toujours facile partout d'avoir des produits en circuit court dans les écoles. Là, Simon vient de Pontoise, on est dans la banlieue, on est dans les grosses agglomérations. Mais est-ce que c'est beaucoup plus facile, au fond, que ce que peut-être certaines écoles le croient ?

26:20
Invité

Alors, déjà, certaines écoles, certaines collectivités font beaucoup. Je veux rappeler que dans la loi... Oui, absolument. Les mairies, les écoles, les départements, les collèges, les régions, les lycées. C'est comme ça. D'abord, il y a une loi qui a été votée en 2018 qui impose 50% de produits bio, locaux ou sous signe de qualité dans la restauration collective des écoles et des collèges et des lycées. Donc, très bien, on part de là. Après, il faut qu'il y ait une volonté politique locale d'accompagner ces changements. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut aussi former les cuisiniers. Il faut aussi former ceux qui font les achats, vous savez, pour les collectivités, pour les cantines.

Donc, c'est vraiment une démarche cohérente et globale qu'il faut avoir contre le gaspillage alimentaire. Mais, je veux rassurer Simon, dans d'autres écoles de France, dans d'autres communes de France, ça marche très bien et ça marche de mieux en mieux. Vous savez, moi, je suis d'un département, la Mayenne, d'une région, les pays de la loi où des territoires se mobilisent pour ça. Et vraiment, j'étais encore lundi matin dans une école de Villene-Lajuel, le nord de mon département, et je discutais avec les collégiens. Ils étaient, mais ravis de la cantine. Mais je dis bien ravis. C'est presque une fête tous les midis. Vous parlez d'une police du gaspillage,

27:37
Présentateur

j'y mets des guillemets, évidemment, dans votre projet de loi. Et au fond, je me dis, bon alors, il n'y a que ça qui marche, en fait. Il faut créer une espèce de quelque chose de coercitif qui fera réellement avancer les choses. Il faut obliger pour que ça fonctionne réellement.

27:50
Invité

D'abord, il y a de l'incitatif dans la loi de 2016, mais on a demandé aux grandes surfaces de donner leurs invendus alimentaires aux associations de solidarité qu'on en a besoin. Très bien. On a même assorti, c'était ça l'incitation, d'une réduction fiscale. Donc ça a bien marché de ce point de vue-là. Sauf que certaines grandes surfaces jouent un peu avec les termes et ont tendance à donner tous leurs invendus alimentaires.

28:19
Présentateur

D'où le contrôle des qualités des dons. Absolument. Comme si les associations

28:22
Invité

étaient des centres de tri. Exactement. Alors, c'est une minorité, ce sont quelques grandes surfaces, mais franchement, c'est le cercle vicieux, ça. Donc, il faut quoi aujourd'hui ? Il faut une police du gaspillage alimentaire pour vérifier deux choses. La qualité des dons, très important, bien sûr, parce que c'est la dignité des personnes, des bénéficiaires. et puis vérifier qu'il n'y a pas de nourriture consommable détruite qu'on trouverait dans les poubelles. Donc, c'est là-dessus qu'on a besoin que l'État assume son rôle de contrôle parce que, je le répète, il y a de l'argent public qui est distribué à travers la déduction fiscale.

28:59
Présentateur

Bonsoir, Christian. Bonsoir. Vous êtes président, vous, d'une banque alimentaire en Isère. Justement, avant que vous donniez votre témoignage, moi, j'aimerais savoir est-ce que des fois, vous vous retrouvez avec des produits qui ne sont pas bons parce qu'on vous a refilé aussi...

29:13
Invité

Ce n'est pas toujours très simple. Ce n'est pas toujours très simple, effectivement, de pouvoir récupérer des produits et de qualité et en quantité. La problématique, c'est souvent, on est obligé de faire du tri. Du tri, soit effectivement dans les magasins, à l'arrière des magasins ou soit dans notre banque alimentaire. Pour autant, si je prends la région de Grenoble et la métropole, on sauve pratiquement 5 tonnes de fruits et légumes, de viande, de pain, de produits frais chaque jour. Donc, ce n'est pas neutre notre démarche.

29:49
Présentateur

Et vous dites, vous, que vous transformez des produits qui devraient être jetés, en fait.

29:56
Invité

Exactement. C'est un dispositif que nous avons mis en place depuis 5 ans maintenant. Ce sont des viandes que nous récupérons, des viandes du jour. Et le fait de les cuisiner, de les conditionner, de les refroidir, eh bien, on donne une durée de 5 jours. On redonne une vie aux produits. Et ce schéma, ce dispositif, est en lien avec le département. On a un collège qui avait mis à disposition et qui met à disposition la partie cuisine qui n'est plus utilisée parce que ce collège travaille en liaison froide. C'est-à-dire que c'est une cuisine centrale du département qui met à disposition des repas pour les collégiens.

Et nous, de fait, on utilise cette cuisine et un chef de cuisine, salariés, des bénévoles autour. On est devenu un restaurant d'application parce qu'on a des écoles aussi, l'école hôtelière de Bonhoble qui nous accompagne. Et ce dispositif, c'est pratiquement 100 000 repas chaque année. Et vous imaginez bien que les retraités, seuls, chez eux, qui ne peuvent pas cuisiner parce qu'ils sont seuls et qu'ils n'ont pas envie de cuisiner, on répond parfaitement aux demandes.

Et également, dans des lieux d'hébergement, où aujourd'hui, on a des situations, et je pense à des violences conjugales pour des femmes, où on met ces produits alimentaires de qualité qui ont été cuisinés par un chef de cuisine et puis des bénévoles qui sont très très actifs. C'est un dispositif qui marche très très bien.

31:15
Présentateur

Merci beaucoup, Christian, vraiment, et surtout, bravo. Est-ce que c'est presque une exception, en fait, la banque alimentaire qui est celle de Christian ? Ou est-ce qu'on voit de plus en plus, effectivement, d'initiatives de ce genre-là où on est dans, y compris le recyclage, je n'aime pas utiliser ce mot-là. La transformation ? Oui, la transformation, ça veut dire que deux fois, on est dans l'anti-gaspillage, en fait, à deux niveaux différents.

31:40
Invité

Exactement. Et ça aussi, ça se multiplie en France parce qu'il y a des bénévoles qui se disent qu'on ne va pas jeter des produits. On est engagé dans la lutte contre le gaspillage et ça terminera la poubelle parce qu'on arrive juste à la date limite sur les produits frais, bien sûr. Donc, il y a la transformation des produits. Mais ça montre aussi une chose, ce que nous dit Christian à l'instant, c'est qu'il faut aussi apprendre à cuisiner les produits. Et on revient à ce qu'on disait sur l'éducation, l'alimentation.

Demain, il faudrait que dans toutes les écoles de France, et ça existait dans le temps, dans les collèges, on avait ce qu'on appelle le MT à l'époque et on faisait aussi de la cuisine. C'était au siècle dernier, ça. Oui, totalement. Parce que même moi,

32:20
Présentateur

je suis plus vieux que vous, je n'ai pas connu.

32:23
Invité

Ça mériterait d'être remis au goût du jour avec toujours, moi je le redis, la cuisine, c'est du partage. La cuisine, c'est vraiment des valeurs de dialogue et d'ouverture aux autres.

32:33
Présentateur

Lucie Bâche, pour intervenir.

32:35
Invité

Oui, effectivement, et ça se joue énormément au niveau des territoires également. C'est vrai que la ville a un gros rôle à jouer dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. j'étais ravie d'entendre le témoignage de Simon. Il a raison et les enfants, ils ont vraiment l'opportunité aussi d'éduquer leurs parents derrière quand ils rentrent à la maison. Et donc, effectivement, il y a beaucoup de choses qui peuvent se jouer à l'école et dans les cantines. Nous, on a lancé une charte de la ville anti-gaspi pour justement aider les maires à insérer dans leur programme municipal des actions très concrètes pour réduire le gaspillage alimentaire.

Et donc ça, ça inclut typiquement mettre en place une cantine zéro gaspille qui peut être vraiment un pilote pour inspirer d'autres mais aussi rendre la mesure du gaspillage alimentaire obligatoire dans les cantines. Ça serait un vrai début. Et puis enfin, mettre en place des ateliers scolaires pour sensibiliser au gaspillage alimentaire et permettre d'infuser toute la société par la suite.

33:25
Présentateur

Lucie Bache, est-ce que la période actuelle qui s'éternise vraiment, on va dire que ça fait un an maintenant qu'on est là-dedans, est-ce que ça fait pencher au fond la balance du gaspillage dans quel sens ? Est-ce que la chaîne d'approvisionnement est plus difficile donc on gaspille plus mais est-ce que d'un autre côté, les nouvelles habitudes alimentaires, deux nouvelles habitudes alimentaires sont là donc on gaspille moins ? Le ratio, il est où là depuis un an à peu près ?

33:48
Invité

Exactement, vous l'avez dit, c'est un peu les deux. À la fois, il y a beaucoup plus d'instabilité dans la chaîne alimentaire ce qui produit beaucoup de gaspillage quand les restaurateurs doivent fermer quasiment du jour au lendemain. Bien évidemment, c'est très compliqué. Et en même temps, il y a 50% des Français qui pendant le confinement ont dit vraiment retourner derrière leur fourneau, réapprendre à cuisiner, redonner du temps à leur alimentation dans leur quotidien. Et ça, c'est vraiment la clé, Guillaume Garrault le disait tout à l'heure, pour réduire le gaspillage alimentaire finalement. Plus on accordera de la valeur à notre alimentation, plus on gaspillera finalement.

Est-ce que vous, dans cette période par exemple,

34:23
Présentateur

est-ce qu'on vient vous chercher beaucoup plus facilement tout goût tout goût en vous disant attendez, nous on veut participer parce que oui, on a des choses et c'est vraiment idiot. Est-ce que vous n'avez plus à convaincre désormais ou est-ce qu'au contraire en fait, en cette période-là, ça a été peut-être

34:36
Invité

un moment plus compliqué ? Alors je dirais que tout le monde a eu beaucoup de choses en tête et que ça a été une période compliquée pour tous les commerçants et donc nous, notre effort, ça a vraiment été de s'assurer que la lutte contre le gaspillage alimentaire reste une priorité même en temps de crise.

Là où on a eu énormément de demandes pendant la crise, c'est des industriels qui finalement se sont retrouvés avec énormément de produits qu'ils ne pouvaient plus vendre en bout de chaîne aux commerçants, aux restaurateurs et du coup aujourd'hui, on travaille de plus en plus avec tous ces industriels, ces grossistes qui ont besoin de solutions et en fait finalement la solution Togo Togo elle fonctionne très bien pour eux également.

35:10
Présentateur

Il y a quelque chose de vertueux, Guillaume Garot, dans cette crise-là puisqu'il faut bien essayer de trouver quelque chose qui soit moins pessimiste et terrifiant que ce qu'on vit. Bien sûr, on redécouvre la cuisine,

35:19
Invité

on le disait tout à l'heure, on redécouvre la qualité des produits et puis, on parlait des industriels qui donnent ce qu'ils aient rien trop. C'est aussi le cas de producteurs agricoles, des maraîchers, des fruits et des légumes, bien sûr, qui donnent aussi une association qui s'appelle Solal qui fait un travail formidable là-dessus aujourd'hui dans notre pays. C'est toutes ces initiatives-là qu'il faut encourager parce que c'est vraiment une façon différente de regarder notre alimentation et puis, au final, c'est se battre pour une société, un pays qu'on souhaite plus fraternel, plus solidaire et plus responsable aussi vis-à-vis de son alimentation.

35:59
Présentateur

Est-ce qu'on est comment par rapport à nos voisins ? Est-ce qu'on est exemplaire ou pas du tout ? Est-ce qu'on est à peu près équivalent ? Comment ça se passe ? On est plutôt bien placé.

36:08
Invité

Alors, il va y avoir, justement avec nos voisins, un rendez-vous l'année prochaine, en 2022, parce que l'Union européenne a demandé qu'on fasse une évaluation précise, une mesure du gaspillage alimentaire à l'échelle de chaque État et puis on consolidera les chiffres au niveau de l'Union européenne. Donc, la France, elle a un temps d'avance à l'évidence. La loi de 2016, elle a marqué, elle est regardée et puis aujourd'hui, elle inspire aussi d'autres pays. Donc, il faut s'en réjouir. Mais c'est un combat qui est planétaire parce que vous le disiez, c'est un tiers de notre alimentation au total qui termine à la poubelle alors qu'on a devant nous le défi alimentaire mondial.

Il faudra nourrir 10 milliards d'êtres humains en 2050 avec une seule et même planète. Donc, il ne faut pas l'épuiser.

36:56
Présentateur

On a la réaction de cet auditeur sur France Inter.fr qui nous servira de conclusion qu'il dit qu'il faudrait apprendre aussi à accommoder les restes. On se souvient tous des recettes de nos grand-mères qui utilisaient les restes des repas précédents. On a cette dame qui nous dit moi j'ai un problème avec le pain rassi à la campagne on pouvait le donner aux poules en ville c'est beaucoup plus difficile. Eh bien je conseille le pouding au raisin sec ce qui est extrêmement beau une vraie Madeleine de Proust en ce qui me concerne. Merci beaucoup et portez-vous bien.