Qu’attendre de la réunion inédite entre Emmanuel Macron et les chefs de partis ?
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Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Qu'attendre de la réunion qui s'est tenue hier entre Emmanuel Macron et les chefs des partis politiques ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le président ne fait-il pas le choix de continuer comme l'an passé ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous le choix des thèmes régaliens ?
- 6:00OuverteRéponse directe
La réunion a-t-elle clarifié les positions des oppositions ?
- 8:00OuverteRéponse directe
À quoi s'attendre la prochaine fois : un référendum ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Vincent MartignyFait
« C'était une première sous la Cinquième République puisque le président de la République n'avait jamais réuni les chefs de parti. »
- 8:00Vincent MartignyFait
« Olivier Véran et d'autres membres du gouvernement mettent en avant l'idée d'un référendum sur 10 ou 12 points. »
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et voici la question du jour bonjour Marguerite Caton bonjour Guillaume bonjour à tous qu'attendre de la réunion qui s'est tenue hier en trémanuel Macron et les chefs des partis politiques c'est la question à laquelle Vincent Martigny a accepté de répondre bonjour monsieur bonjour vous êtes professeur de sciences politiques vous avez publié en 2019 le retour du prince chez Flammarion hier c'était au pied de la basilic royale de Saint-Denis que le président a réuni des chefs des partis politiques pour une initiative d'ampleur ce sont ces termes alors une réunion inédite Vincent Martini c'était une première ce format oui c'était une première sous la Cinquième République puisque le président de la République n'avait jamais réuni les chefs de partie mais aussi des présidents d'assemblée dans un dialogue selon les termes de l'Elysée à Baton rompu c'est à dire sans téléphone sans collaborateur totalement à huis clos dont rien n'était censé transpirer dans le fait d'ailleurs ça c'est exactement ce qui s'est passé après c'est pas totalement inédit puisque Emmanuel Macron est coutumier d'innovation démocratique ou en tout cas institutionnel on pense évidemment au grand débat l'année dernière c'était Conseil national de la refondation il y a eu évidemment les conventions citoyennes donc depuis maintenant de quinquennat face dans le deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron il y a à chaque fois des initiatives assez nouvelles qui essaye de rechercher du consensus mais pour faire consensus évidemment ils font des conditions et là il n'est pas totalement sûr c'est un euphémisme que ces conditions soient réunies l'objectif tel que le courrier d'invitation de l'Elysée la définition de bâtir ensemble des textes législatives d'ouvrir la voie le cas échéant à des référendum pourquoi le président ne fait-il pas le choix de continuer comme l'an passé dire il a réussi à imposer la réforme retraite que craint-il en réalité Bob il y a quand même la crainte dont il l'a parlé lorsqu'il a fait ce grand entretien il y a une semaine dans le journal Les hebdomadaire le point cette crainte c'est d'apparaître ce qu'on appelle aux États-Unis un lamdoc c'est à dire un canard sans tête c'est-à-dire un président isolé coupé par le fait qu'il ne peut pas être réélu dans l'élan réformateur qui aurait été le sien et aussi isolé par le fait que ses amis voulont prendre sa place ses opposants ne pensant qu'à la presse l'isole encore une fois dans le champ politique donc il veut montrer qu'ils bouge encore il a dit dans le point je veux gouverner présider jusqu'au dernier quart d'heure il veut montrer aussi qu'il est à comment dire à l'initiative d'un certain nombre de de démarches de dialogue d'autant plus après cette catastrophique pour lui réforme des retraites qui a montré une pratique du pouvoir qui est l'inverse de ce qu'il essaie de faire aujourd'hui c'est à dire le fait qu'il est tenté réussi à imposer une réforme contre une grande partie des corps intermédiaires évidemment des forces d'opposition du pays mais pas que et d'une partie de sa population donc là il essaye encore une fois une manœuvre de mise en scène du débat et de mise en scène du consensus qui essaye de montrer à quel point il est prêt à une discussion parce que c'est précisément ce qu'on lui reprochait jusqu'à présent le fait d'entendre mais d'être incapable d'échanger justement à mettre auront plus avec les oppositions je rappelle d'ailleurs que si il a reçu après les élections législatives de 2022 les chefs de parties c'est pas la première fois qu'il les reçoit en revanche à ma connaissance c'était une des le premier quinquennat par exemple n'avait pas du tout été l'occasion de recevoir le chef de partie il ne citer jamais leur nom donc là il y a un peu un changement il montre que il respecte cet ancien monde alors on parle plus aujourd'hui du nouveau monde ça fait bien longtemps d'ailleurs mais il respecte cet ancien monde qu'il avait voulu supplanter lors de son premier casquennat on est plus dans une réponse qui institutionnalise le dialogue avec les oppositions trois tables rondes étaient au programme hier une première sur les relations internationales et la place de la France dans le monde la deuxième sur l'organisation institutionnelle et la troisième consacrée à comment faire nation l'autorité de l'État ce sont des thèmes très régaliens que le président a choisi de mettre en discussion quelque part son domaine réservé comment l'expliquez-vous encore une fois je pense que c'est une manière de dire que il veut pas donner le sentiment justement de décider tout seul la solitude ça a été le la grande thématique de la présidence d'Emmanuel Macron c'est ce qu'on lui reproche quasiment depuis le premier jour à juste titre évidemment puisque sa position est très souvent de dire j'écoute et après je décide il y a beaucoup de jeux je veux je décide et d'une certaine manière dans le cas présent il me semble qu'on est principe éloigné de ce cadre-là à chaque fois ce cadre le rattrape je donne un exemple dans l'interview de donner au journal Le Point il dit je recevrai les chefs de parties et les présidents d'assemblée mais en même temps je m'interdis rien sur le plan institutionnel quand on interroge sur le 49-3 et dit mais je pourrais tout à fait le réutiliser lorsqu'on l'interroge sur la possibilité d'un référendum là il l'a mis même dans la lettre qu'il a envoyé au chef de partie c'est une possibilité qui ne s'interdit pas bien au contraire alors on en parlera tout à l'heure mais on voit aussi que le lieu qu'il a choisi c'est à dire l'année qu'on va à côté de la nécropole royale de Saint-Denis dans ce cloître de l'ancienne abbaye donc il essaye de présenter comme un symbole du mérite républicain parce devenu l'école des demoiselles Légion d'Honneur bon ben là on voit quand même qu'il y a un symbole derrière ou plutôt un inconscient assez conscient d'un signal monarchique j'ajoute un élément aussi c'est que on aurait pu imaginer que ça soit la première ministre et les abat de borne qui est le chef de la majorité qui reçoivent les chefs de parties le fait que ce soit le président de la République qui le fasse montre encore une fois un signe d'abaissement en tout cas de relégation du Premier ministre à une position secondaire puisque là encore le président de la République se place au centre du jeu et c'est là un peu le risque qu'il prend parce que en voulant éviter une polarisation trop grande qui est aussi une des démarches qu'il essaie de mettre en place en disant il faut qu'on arrête le pour ou contre Macron retrouvons-nous pour discuter les grandes thématiques et bien finalement il peut pas s'empêcher encore une fois de se mettre au centre du jeu au total l'entrevue a duré 12 heures chaque camp a visiblement fait des propositions la seule annonce qui en est sortie au-delà d'un consensus sur l'Ukraine c'est la tenue prochaine d'une conférence sociale portant sur les salaires les plus bas c'est un peu la montagne qui accouche d'une souris une réunion pour planifier des réunions est-ce que ça vous a étonné alors après c'est un peu injuste de le présenter comme ça parce que il est tout à fait normal la réunion se terminait tard dans la nuit tout à fait normale qu'elle se stade il y a pas grand chose qui débouche les soins un tout petit peu de temps pour savoir un peu ce qui peut ce qui peut arriver non ce que je trouve intéressant dans cette réunion c'est plutôt que la clarifier la position des oppositions on va plutôt elle a mis en avant des positions d'opposition c'est-à-dire que la gauche assez gêné quand même par cette démarche parce qu'elle est plutôt pour ce genre de dialogue qu'elle demande de depuis l'élection d'emman Macron en 2017 et bien a été en mesure de proposer des mesures communes 14 mesures communes qui permettait selon elle de permettre l'apaisement du pays la réponse aux urgences notamment climatiques et surtout la volonté de tourner la page là je cite évidemment le texte de la nuque de tourner la page de la Cinquième République une gauche qui a montré un front relativement uni même si on l'a vu Fabien Roussel n'essaie pas présenté à la conférence finale à la sortie de de la la réunion avec le président de la République aux côtés des autres leaders de la nuque il n'empêche que globalement ils ont réussi à montrer une forme d'unité de façade dont on verra si elle est un peu plus pérenne que cela et le RN dans ce pour sa part on l'a entendu dans votre journal à surjoué la position du bon élève de l'opposition constructive qui souhaite aller dans le bon sens qui dit que le Président de la République a eu une position de débat franc et qui montrait des désaccords etc donc ça c'est intéressant parce qu'encore une fois ça montre les positions des uns les autres j'ajoute que les républicains eux sont restés silencieux ce qui dit aussi assez long à mon avis sur leur état en tant que partie Erik Setti a prévu je crois de s'exprimer dans la journée à la télévision si on prend un peu de distance dans son Martini vous l'avez dit c'est une mise en scène du débat à quoi s'attendre la prochaine fois un référendum en tout cas c'est une possibilité ouverte par la lettre de cadrage on parle le fameux préférendum c'est-à-dire on voit bien qu'Olivier Véran et d'autres membres du gouvernement mettent en avant l'idée d'un référendum sur 10 ou 12 points c'est pour éviter la polarisation trop grande sur le pour le contre le gouvernement avec les possibilités d'exprimer des préférences on verra encore une fois il me semble que la difficulté de ce genre de situation c'est que on peut faire des petites innovations institutionnelles des petits choix d'innovation mais tant qu'on remettra pas à plein à la logique des institutions tout ça à mon avis risque d'accoucher d'une souris en effet merci Vincent Martini professeur de sciences politiques à l'Université de Nice à l'École polytechnique merci d'être venu dans ce studio merci Marguerite Caton pour ce décryptage politique
Emmanuel Macron