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interviewBFM TV (sur YouTube)· 28 août 2025 23 min

Clermont-Ferrand: une spirale de violences sur fond de trafic de drogue

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On va parler de ce qui se passe à Clerferrand. Marseille, Rennes, Dijon, Cavaillon, Morlet, Camp, Besançon et maintenant Clair Monferrand. Trafic, règlement de compte, la ville qui est plongée dans l'insécurité.

J'avais un policier ce matin qui m'a parlé d'actes barbares, d'actes de torture. J'ai entendu des témoignages aussi d'habitants de Clairmontferrand qui désormais envisage même de de déménager Clair Monferrand cette cette ville où jusqu'à présent il faisait particulièrement bon vivre. réunion en ce moment en haut lieu au ministère de l'intérieur pour répondre à l'insécurité qui augmente à Clairmand je dirais qu'on commence par savoir ce qu'il s'y dit avec vous Lola Baï bonjour Lol place devant le ministère de l'intérieur et donc après Renn ou Marseille réunion ce matin au ministère de l'intérieur sur la situation à Clermontferant que compte faire Bruno Retaillot pour tenter de rétablir la sécurité ?

Alors l'objectif he ça va être de fluidifier, de renforcer la coopération entre les forces et l'autorité judiciaire, montrer que l'État ne se laisse pas faire y compris dans les villes moyennes parce qu'en fait Clermferrand, c'est devenu récemment le théâtre d'affrontement d'une guerre de gang liée au narcotrafic. Euh selon la préfecture, depuis le début de l'année, il y a eu quatre homicides et un blessé grave en lien avec le narcotrafic. À cette réunion à Bova qui devrait se finir hein d'ici quelques minutes entre le préfet du PDOM et le ministre de l'intérieur.

Il y a plusieurs acteurs autour de la table à savoir le directeur général de la police, le directeur national du renseignement territorial adjoint ou encore le commandant de groupe de la gentarmerie du puit de dô entre autres Bruno Rota le ministre de l'intérieur on le rappelle lui il a fait de la lutte contre le trafic de drogue. sa priorité depuis sa prise de poste en septembre 2024, il l'avait dit, le narcotrafic à 6 milliards d'euros. C'est énorme.

C'est en train de d'engrainer. Il y a des territoires perdus de la République. L'objectif donc c'est de faire régner l'ordre.

Des moyens supplémentaires en terme de sécurité ont déjà été déployés clairement férent puisque ça fait partie du dispositif de ville de sécurité renforcé depuis août à l'image de Nî ou encore d'Avignon. Si Lola Lolaba donc en direct l'intérieur, on va tout de suite partir sur place à Clair Monferrand où vous êtes avec nous en ligne. Xavier Gibolt, bonjour.

Vous êtes vous-même président du comité de quartier de la gare de Cler Monferrand. Qu'est-ce qui se passe sur place ? Vous êtes vous êtes pharmacien, vous êtes au première loge.

Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui s'est passé ces derniers mois ? Ah bah c'est une montée en en puissance des dealers qui sont incaparés notre quartier et qui font maintenant la loi.

On n plus chez nous, on est chez eux. Ça ça se manifeste comment concrètement ? Ah bah ils ont pris possession d'un coin de rue et le soir pour diler, ils sont une trentaine.

Donc vous avez 30 dealers qui attendent les clients. Le quartier est quadrillé par tous les guetteteurs et vous vous pouvez plus passer ou vivre chez vous en paix. C'est pas possible.

Ils sont tous là et ils bossent. jour et nuit. Donc vous vous savez très bien, vous Xavier, vous savez où ils sont.

D'ailleurs, on a les images he les images que l'on voit à l'instant sur BFM TV. On voit qu'ils sont installés notamment devant une boulangerie, un coin de rue, enfin vous savez où ils sont et pour autant ils ne sont pas délogés. Non non mais ils traficotent même sous les caméras de surveillance de la municipalité mais ça les inquiète pas parce que ils sont jamais poursuivis.

Donc eux ils bossent sans aucun souci. Assez le découvert tout le monde le voit. Ils sont combien ?

Il y a combien vous vous estimeriez qu'ils sont combien ? Ah le soir quand ça bas sont plein, ils sont une trentaine. Une trentaine.

Est-ce qu'il est-ce que la population euh locale en est inquiétée ou est-ce que ça se vit en parallèle ? Ah non, ça ça déborde partout parce que ils y passent la sur le point de deal. Donc forcément vous avez des nuisances parce que bah ils boivent donc ils finissent relativement éméchés le soir.

Donc ça crie ça hurle, ça se bagarre. coup de couteau régulièrement. Après, il y a des guerres de gang donc qui se tirent dessus régulièrement et après vous avez les nuisances quotidiennes de bah faut bien qu'ils aillent pisser quelque part.

Donc ils pissent sur votre pâte porte, ils prennent vos poubelles pour s'en servir comme barricade. Ils utilisent votre voiture pour cacher la drogue dans le pot d'échappement ou sur les pneus. Donc non, vous pouvez pas vous vivez pas en paix hein.

Votre vie a changé. Ah clairement, c'est la merde. Oui, c'est sûr.

Ouais. Ouais. Non, mais il y a pas d'autres mots en effet.

Je je je vous entends, je suis quand même assez sidérée. En terme de commerce aussi, euh les commerçants ont été obligés de s'adapter. Ah bah il y en a qui ont fermé et il y en a qui vont fermer une autoécole juste devant le point deal.

Plus personne veut aller prendre des cours d'auto-école chez elle parce que ben il tout le monde a peur hein parce que si vous passez au moment où ils sont en train de faire une transaction et qu'ils sont ils ont un peu bu, on n'est pas à l'abri de prendre un coup de couteau vu qu'ils se tirent déjà dessus entre eux. Si vous prenez une balle perdue, c'est trop risqué, hein. Donc petit à petit, tous les commerces ferment et les gens de toute façon viennent plus dans le quartier, hein.

Donc c'est la mort petit à petit du quartier. Mais c'est ce qu'ils veulent hein, de toute façon. Ils veulent être tranquilles et ils chassent tout le monde.

Ils veulent être tranquilles, ils chassent tout le monde. Ils ont littéralement gangrainé ce quartier. Votre quartier, c'est le quartier de la gare.

Mais ça se passe aussi ailleurs dans dans le reste de Clermont désormais. Alors avant, il y avait plusieurs points deal dans Clermont mais ce point de de là en fait a pris de une ampleur telle qu' il a même manger les autres points de c'est devenu la place de Clermont. Tout le monde vient là mais mais tout le monde vient là.

Enfin pardon, moi je suis sidérée. D'ailleurs, je vais même vous dire en fait Xavier Gibolt, je suis super contente que vous soyez avec nous en direct pour témoigner parce que là on vous entend, on entend vos mots et la réalité quotidienne de votre vie qui a changé mais je me dis en fait c'est vous qui devriez être au ministère de l'intérieur là en même temps que la cellule de crise parce que effectivement qu'on qu'on comprenne à quel point pour des gens comme vous euh pharmaciens, vous parliez de de l'auto-école, vous parlez des habitants dont la vie euh est devenue au quotidien euh aussi douloureuse et et difficile. assez saisissant.

Vous vous avez au début appelé la police, vous avez comment ça s'est c'est moi je voudrais comprendre comment ça s'est fait. Ça s'est fait au début, ils étaient 1 2 3, ils étaient dans une rue. Comment ça s'installe ?

Et ben, ils sont petit à petit, c'est ça. Ils sont installés en étant de plus en plus nombreux. Faut savoir que là où ils sont mis, pour eux, c'est super parce que c'est une euh c'est une zone centrale où les guetteteurs peuvent voir la police arriver à plus de 300 m et donc forcément dès qu'il les voit, les autres ont le temps de tout cacher et de partir.

Et pour les clients qui viennent acheter la drogue, c'est un énorme point d'intérêt puisque vous pouvez arriver de tout clairmont et repartir dans la direction que vous voulez. Donc ils ont créé un un Uber de la drogue qui est super efficace et du coup il petit à petit ça a grossit grossit grossi et tous les dealer viennent vendre à cet endroit-là parce que c'est pour eux c'est super. Ils sont pas inquiétés.

Donc ils sont pas inquiétés c'estd qu'il y a pas de descente de police. Ah ce qu'il y a c'est si mais comme il les voit arriver de tellement loin que les gars ils ont jamais rien sur eux ou une dose mais c'est pas répréhensible ou 20 € c'est pas répréhensible. Donc les gars ils attendent la police assis tranquillou sur deux parce qu'ils ont rien sur eux.

La police passe, les contrôles et puis repart et les gars limite c'est tiens à la police c'est la pause café, on s'en va 5 minutes et puis on revient après quoi. Vous en attendez quelque chose de cette réunion à Bovo ? Bah nous on attend des moyens supplémentaires parce que depuis le début nous ce qu'on demande c'est qu'il viennent leur mettre la pression mais en restant physiquement devant eux toute la journée.

Bah pour ça faut des moyens mais pour nous c'est la seule solution. Ça fait un an et demi qu'on nous dit il y a d'autres solutions, bah elle marche pas. Donc nous, on en reste à notre idée de départ de pour que ça cesse, il faut se mettre devant eux et empêcher les clients de venir tout simplement.

Alors ça c'est sûr qu'on en est toujours là hein. Effectivement, on se souvient de la fameuse phrase, je crois que c'était l'ancien ministre de la la justice qui disait que le le le goût de la cigarette trafiquée ou ou du pétard ont le le goût du sang de de ces trafics. Lorsque vous vous me dites qu'il y a cette auto-école par exemple qui est en train de mourir parce que les parents n'ont plus envie que leurs jeunes aille apprendre à prendre dans cette auto-école.

Il y a une école maternelle je crois aussi qui est dans le secteur. Ouais, tout à fait. Juste derrière, il y a l'école maternelle.

Il y a tout bah t tous les gens qui habitent autour. De toute façon, on a les infirmiers. Moi je les connais bien, il le soir et le matin, ils viennent plus hein.

Ils veulent pas se retrouver confrontés aux tr dealers qui sont làin. Donc de toute façon, petit à petit, tout meurt hein. Et vous êtes parent, vous allez pas mettre votre enfant à la crèche qui est juste devant les dealers, quoi.

Ah donc en fait il ils détournent leur chemin. C'estd que ça veut dire que y compris les parents, tant pis, n'envoient plus leurs enfants à l'école ou à la crèche. Bah en tout cas pas à la crèche.

Après à l'école, ils sont obligés de les envoyer mais on est juste à côté des deux plus gros lycées publics de Clermont et des deux principaux lycées privés. Ils sont juste à côté. Donc c'est des clients potentiels, on tue notre jeunesse en les laissant faire aussi hein.

De toute façon là l'école va reprendre le soir à 17h, vous aurez tous les jeunes qui vont faire la queue. C'est c'est saisissant votre récit. Un grand merci.

J'ai quand même une dernière question. Vous vous nous parlez ce matin, vous prenez la parole, vous y allez. Est-ce qu'il y a des moments où vous avez peur ?

Il faut bien que quelqu'un parle parce que enfin les autres habitants ont peur eux effectivement mais si personne ne parle, ils ont gagné. Donc non, faut se plaindre, faut y aller, faut réclamer des actions quoi. Faut faut se plaindre, faut y aller, faut témoigner.

Merci en tout cas d'avoir pris ce temps avec nous ce matin. Bon courage. Tenez-nous au courant.

Xavier Gibold, je me permettrai de vous appeler régulièrement parce que précisément je pense qu'il ne faut pas en parler que quand il y a ces moments ces moments politiques mais aussi s'intéresser à ce qui vous arrive au quotidien. Merci d'avoir pris le temps. Je voudrais qu'on revienne justement sur les faits et notamment sur la multiplication des faits de violence ces dernières semaines.

Paul Con, bonjour. Vous êtes journaliste police justice de BFM TV. Euh cet été et depuis 6 mois à Clair Monferrand en particulier mais aussi ailleurs, il y a eu des morts, il y a eu des actes de barbarie, il y a eu des voitures brûlées.

Ouais, absolument. Il y a eu vraiment des un phénomène d'affrontement entre plusieurs clans rivaux à Clermontferrand et au mois d'août, on a effectivement vu vraiment une montée de cette violence. Ce qui a particulièrement marqué les esprits, c'est le 13 août lorsqu'un un corps a été retrouvé calciné sur la banquette arrière d'une voiture dans une zone pavillonnaire de la ville relativement euh tranquille.

Le même soir, un homme avait été blessé dans le cadre d'une d'une fusiade. On sait donc ces liens ces phénomènes ont un lien avec le trafic de de stupéfiant. Quelques jours plus tard, c'est un homme de 20 ans qui est agressé par deux personnes en cagoulé en pleine rue qui prend plusieurs coups de couteau.

Et donc le parquet de Claronferrand qui est donc en charge des enquêtes on s'est retrouvé à ouvrir des enquêtes pour homicides, tentative d'homicide là où avant et bien il n'en ouvrait pas. Depuis le début de l'année, Clair Monferrand enregistre quatre homicides, quatre narcoomicides, pourrait-on dire, donc liés au narcotrafic et un blessé grave dans le cadre de cette de ces rivalités entre entre clans. On est vraiment sur une violence du narcotrafic qui déferle sur les les villes moyennes.

Sur les villes moyennes. On va y revenir justement avec Frédéric Plquin. Merci Paul Cong d'avoir fait le fait le point.

Bonjour Frédéric Plin. Bonjour. Vous êtes journaliste, on vous connaît bien dans Apoline de 9 à 10.

Je vous ai souvent reçu et notamment vous étiez un des premiers à avoir alerté, vous parliez de la drogue est dans le prê, c'est d'ailleurs le nom d'un de vos d'un de vos documentaire là, elle est partout dans tous les territoires. Ce qui se passe à Clermontferrand euh pour vous ça n'est pas surprenant. Bah ce qui se passe tel que vous l'avez décrit, c'est euh c'est assez symptomatique de ce qui se passe à peu près dans toutes les les villes moyennes.

Euh la peur la peur des rivrins, moi je l'ai vécu dans plusieurs endroits. Donc au départ effectivement personne ne parle. Moi-même comme journaliste enquêteur quand je vais sur place, je me souviens très bien d'avoir d'avoir été obligé d'organiser des réunions avec des habitants dans ces quartiers au-dessus des points d'î avec les volets fermés, tirés, pas de lumière et cetera.

Euh donc ça crée ça c'est la la première chose qu'on voit quand on arrive sur ce genre d'endroit, c'est-à-dire en général tranquille comme vous le disiez tout à l'heure où il fait bon vivre. C'est toujours comme ça et et tout d'un coup ça bascule mais ça bascule toujours à bas bruit. C'estàd que le jour où on en arrive à ses règlements de compte à avoir des gamins torturés dans les caves, avoir des morts et cetera, j'allais dire c'est presque trop tard.

Ça veut dire que les choses se sont bien installées. Mais au départ quand les citoyens des riverins vont se plaindre, proteste auprès de la police locale, de la mairie, c'est à peu près toujours le même système en leur répondant "Mais attendez, c'est rien, c'est pas grand-chose." Et c'est vrai qu'au départ quand vous avez comme ça une dalle, un quartier commerçant qui peu à peu squatter, au départ ça se voit pas trop, c'est de trois jeunes et puis 4 c et puis ça fait un peu de bruit mais on dit "Mais vous allez vous y habituer, c'est pas très grave.

Et à chaque fois, c'est le même modèle que je vois se reproduire, c'est que au bout de 2 3 ans, c'est trop tard. C'est-à-dire que tout d'un coup euh l'alerte euh disons que la à la réaction des politiques de la police ne vient qu'au moment finalement où il y a un premier mort, un deuxième mort, des tirs en fait, des tirs des tirs d'armes à feu en ple en pleine ville. Mais à ce moment-là, euh on va dire que ces groupes criminels c'est qui sont qui sont formés de de très jeunes en général euh individus ont vraiment pris possession du territoire, sont installés comme le disait un de vos témoins euh sont chez eux.

Euh il y a eu il y a eu une bascule qui s'est faite et et les et les et les citoyens ont perdu ont perdu la bataille et donc je trouve ça bien qu'effectivement des commerçants prennent la parole mais c'est voilà ils sont en première ligne et et ceux qui viennent effectivement les personnes âgées qui viennent acheter leurs pain comme les jeunes qui viennent passer le permis de conduire c'est un endroit où il y a un point deal à la limite ce serait ce serait tellement bien si ces points deal étaient organisés dans des terrains vagues à 5 de la ville terrain vague non éclairé. Bon, ce serait on en parlerait on en parlera d'ailleurs mais le problème c'est qu' c'est qu'ils sont malins. C'est qu'ils sont malins.

C'est qu' justement ils s'abritent à l'intérieur du tissur pardon pardon Frédéric Plin. Vous allez nous l'expliquer dans un instant mais moi ce qui m'a frappé et je vous ai entendu Manu à l'instant pendant que le le témoin nous racontait vous disiez mais elle est où la police ? C'estàd c'est vrai que ça paraît quand même assez assez dingue que on sache précisément où ils sont. qu'il y soient tous les jours, tous les soirs et et et qu'on sache où ils sont et que ça ne soit pas mais que l'on voit arriver la cavalerie, c'est une chose, les policiers en uniforme, mais qu'il n'y ait pas des policiers qui ne puissent pas euh intervenir sans être pour autant en uniforme et de choper les déleurs quand ils font leur boulot.

C'est cette impunité qui est absolument intolérable. Manu, moi je me mets à la place des habitants sur place. C'est vrai que c'était enfin je comprends pas.

Bah euh enfin c'était saisissant parce que moi j'avais jamais entendu un témoignage où euh concrètement on comprenait euh effectivement comment ça se passe comment ça se passe comme ça. Mais enfin moi je quand vous entendez ça encore une fois c'est de la machine à fabriquer du vote pour des partis qui réclament et parfois on a juste t plus de plus de sécurité ça va devenir quand même cette non mais quand on on a on a multiplié les exemples qu'on ministres qui arrivent dis non c'est un sentiment d'insécurité ce que dit Frédéric Frédéric quand vous dites quand vous dites au début on leur dit bah non vous allez vous y habituer Mais quand on a parlé beaucoup ici d'impuissance publique et on en a parlé pour la santé, pour l'éducation, pour tout ça là sur des cas comme ça là encore je veux dire vous avez ce sentiment de frustration que l'État ne fait rien que l'État rimett le narcotrafic occupe 80 % du temps utile de la police. Donc laisser entendre que la police fait rien, c'est pas vrai.

Deuxièmement, tout pas du tout. C'est pas ça ce qu'on dit. quand attends quand vous habitez au-dessus quand vous habitez a-dessus que vous les voyez qu'ils sont bien installés que vous les avez dans votre viseur et qu'ils sont tous les soirs, vous pouvez vous dire mais c'est c'est pas possible.

Deuxièmement, vous savez qu'il y a 200000 policiers dans ce pays. Il y a 2500 personnes qui travaillent pour le narcotrafic dans ce pays. Donc donc le phénomène est phénoménal.

C'est énorme. C'est colossal. C'est colossal.

Il y a il y a deux fois et demi plus de points d'î que de restaurant McDonald. peut rien faire de restaurant mais vous rendez compte et il s'installe où il s'installe au cœur de la vie des gens. Frédéric Plin, vous les connaissez bien aussi ces ces policiers.

C'est d'ailleurs une des forces que vous avez Frédéric Plin, c'est que vous vous arrivez à recueillir le témoignage, j'allais dire des des deux côtés. Qu'est-ce que vous pouvez dire de cela ? qui dit que cette extension du trafic de stupéfiant dans les villes moyennes profite amplement de sous dimensionnement des forces de l'ordre dans ces villes.

C'est-à-dire que quand vous voyez que dans des villes comme Marseille, Paris, la police est déjà un petit peu débordée, en fait les trafiquants de stupéfiant depuis 10 ans, ce qu'ils ont fait c'est qu'ils sont sortis de ces grandes villes où il y avait une pression policière trop importante et ils ont ils ont ciblé précisément les zones blanches entre guillemets en terme police. C'est-à-dire là où il y a moins de densité de présence policière. Vous allez à Clermontferrand à Dijon.

Toutes les villes dont vous avez parlé tout à l'heure, depuis tout à l'heure, sont des villes où le le taux de d' le taux de le nombre de policiers par habitant est beaucoup moins élevé parce que bon ben on arrivait à gérer bonhommant. Maintenant que il y a l'éruption de ces phénomènes de ces gangs, de ces phénomènes criminels, tout d'un coup on s'aperçoit que la police est pas équipée. Il y a pas une brigade criminelle suffisamment importante.

Déjà à Marseille, elle a été sous-dimensionnée. Là, vous avez quatre règlements de compte comme ça en un été. Vous vous voyez bien que les forces sont par là pour les traiter, que la brigade la brigade des mineurs côté justice comme côté police, elle est sous-dimensionnée, elle est pas prête non plus.

Et donc partout dans ces villes, il va falloir que l'État qui en ce moment est à cour de moyens trouve des moyens colossaux pour renforcer ses forces, pour renforcer cette présence. Mais les dealers, c'est ça leur c'est ça leur leur fonctionnement, c'est d'aller ils font tâche d'huile là où ils sentent que il y a pas encore de caméras de surveillance. Il y a même pas de débat sur l'installation de ces caméras.

Il y a peu de présence policière et cette présence policière telle qu'elle est dans une ville comme Clermontferrand, elle les déstabilise pas vraiment comme vous comme le disait votre commerçant. Bon bah la police elle passe, on fait on baisse les bras le temps le temps qu'elle est là puis après on reprend. Vous savez très bien que pour faire tomber, pour neutraliser un gang installé, un groupe criminel installé sur un territoire, mais il faut des enquêtes longues, il faut beaucoup de temps, il faut il faut beaucoup de moyens, il faut des magistrats spécialisés.

Tout ça dans ces zones blanches, on va dire de du territoire français, il n'y a pas encore et c'est de cela qui on parle de clairement là mais Frédéric Plquin, vous m'aviez alerté, je me souviens, il me semble que c'était déjà il y a un an et demi ou deux sur des villes comme Besançon. Désormais, on parle aussi de camp. On avait parlé de Limog est-ce que est-ce que ces villesl ça s'est calmé c'est est-ce que est-ce que ça tourne ?

Ma question c'est est-ce on parle de Clermonferrand est-ce que ça veut dire que les autres ça s'est calmé ou est-ce qu'au contraire ça s'est tellement banalisé qu'en fait on en parle même plus ? Non, c'est c'est ça le problème d'ailleurs. C'est c'est effectivement euh Clair Ferrant Clermont Ferrand dans 5 ans.

Si euh je je je vous paris là, s'il y a un 2 3 4 5 règlements de compte à Clairon Ferrant par an pendant 5 ans, dans 5 ans, on fera plus euh un quart d'heure d'émission sur BFM TV pour en parler. Effectivement, il y a ce risque de la de la banalisation du fait qu'à un moment donné on s'est tellement habitué mais mais si vous regardez bien à Dijon hier ou avanthier, il y a encore eu des tirs. Peu de gens pour l'instant en ont en parlé parce qu'on est focalisé sur sur Clamont.

Donc il y a une extension du modèle du gang euh qui attire une jeunesse y compris maintenant dans ces villes moyennes et qui fascine et qui parce que si on en arrive à des règlements de compte, enfin faut quand même le rappeler aux téléspectateurs, il y a trois problèmes. Un il y a beaucoup de clients parce que on se on ne se tue pas s'il y a pas beaucoup de clients, on ne se tue pas s'il y a pas s'il y a pas beaucoup de demandes et beaucoup d'argent en jeu. Donc ça signifie ça déjà premièrement. de ça signifie que dans ces villes-là, il y a une génération euh de jeunes de jeunes, on va dire, qui sont en train de basculer du système scolaire vers le le monde criminel, qui sont fascinés et attirés par ce modèle qui a une puissance, on va dire, d'attraction euh tellement forte qu'en fait, ils abandonnent tout projet, on va dire, de développement scolaire pour basculer vers l'argent facile.

Donc ça c'est la deuxième chose. Ce modèle là s'impose y compris dans des petites villes. Et puis troisièmement, effectivement, ça me rappelle que l'État euh comme je le disais n'est pas euh en mesure sur ces territoires pour l'instant, on va dire de riposter correctement, notamment parce qu'il agit en ordre de disperser l'État. dire vous avez les les gens frédéric quand même un point parce que Frédéric on a beaucoup parlé de de répression mais globalement quand on regarde un peu comment on fait les pays qui s'en sortent un peu mieux que nous face au trafic euh de drogue, il y a quand même eu une assez forte action dans ces pays sur la consommation euh sur que ce soit les pays dans les pays scandinaves, Pays-Bas, Suisse, Portugal et cetera.

Il y a quand même eu une action très forte aussi qui a été faite pour diminuer la consommation parce que comme le disait tout à l'heure, on est la police est submergée par quand on voit mais quand on voit et ce sera ma dernière question Frédéric mais je voudrais justement comprendre là-dessus sur la consommation l'une des dernières informations qui nous parvient c'est aussi le prix de la cocaïne qui est en très forte baisse. Ça veut dire que ça va aussi inonder et vous je me souviens d'ailleurs que vous me l'aviez aussi dit parce que notamment après le après le Covid là finalement ils avaient beaucoup de stock donc ils ont baissé les prix et depuis ça les prix n'ont pas remonté, c'est devenu quasiment à la portée de tout le monde. Bah si vous voulez c'est vrai que c'est un signe très fort quoi le fait que l'inflation ne frappe absolument pas le prix du gramme de cocaïne de chit ou d'herbe.

Absolument pas. Au contraire, ça baisse. Ça nous dit quand même très clairement deux choses, c'est que il y a de plus en plus de points de commerce de de on peut se fournir en produit mais surtout que les pays producteurs eux qui sont totalement inatteignables, puisque on parle là de de l'Amérique latine, on parle de l'accord guerre des endes, de ces pays de la guerre des que ces pays-là sont en train de mettre sur le marché des sommes des quantités de plus en de plus en plus importantes de produits et que donc tout ce qu'on saisit finalement ça si j'ose dire ça les dérange pas vraiment. euh dérange pas vraiment.

Et donc il y a il y a plus de produits, il est moins cher, ça attire encore plus de clients, euh ça suscite encore plus de vocation chez les jeunes d'aller vendre ce produit puisquil se ils le trouvent facilement. Il y a 30 ans, on trouvait pas 100 100 kg de cocaïne comme ça facilement pour pour implanter un point de vie. Aujourd'hui, malheureusement, c'est aussi facile que de se procurer une arme nuire finalement.

Donc, il y a une banalisation de ce produit. On est inondé par ce produit. Donc faut pas s'étonner qu'il y a des vocations de chez les clients comme chez les vendeurs un peu partout sur le territoire.

Merci beaucoup Frédéric Plquin pour la la précision de votre enquête. Vous êtes journaliste spécialiste du grand banditisme. Tous vos livres sont passionnants, je les recommande tous mais en particulier sur le sujet qui nous intéresse.

L'un de vos derniers livres, c'est les narcofrançais bris l'omerta et c'est aux éditions Albin Michel. Merci à vous. La politique, ça se passe à Bovau, mais on ne sait pas pour combien de temps est-ce que les ministres vont encore l'être.

Euh les ministres en surc