Macron prêt à une cohabitation... avec Lucie Castets ? #cdanslair 23.08.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 1:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des visuels qui parlent?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez été surprise de l'optimisme affiché à la sortie de cette rencontre avec E.Macron?
- 5:00FerméeRéponse directe
Les LFI sont des empêcheurs de gouverner?
- 7:00OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas leur donner leur chance?
- 9:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on ne peut pas se dire: 'Pourquoi ne pas leur donner leur chance?'
- 11:00FerméeRéponse directe
On pourrait avoir ça mardi.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00J.GarriguesFait
« On voit une équipe qui reste soudée, en dépit de tout ce qu'on a pu entendre ces derniers jours. »
- 4:00J.GarriguesFait
« Ils ont été légitimement les premiers... C'est la coalition qui est arrivée en tête lors des élections législatives. »
- 6:00L.FritelFait
« Ce qui est frappant, c'est que le Nouveau Front populaire se réjouit d'être invité les premiers à cette rencontre avec E.Macron. »
- 8:00G.SlimanChiffre
« L'hypothèse du gouvernement NFP... Une très large majorité de Français ne le souhaitent pas. »
- 10:00G.SlimanPromesse
« Il y aura une motion de censure inévitable. »
- 12:00L.FritelFait
« L.Wauquiez, depuis 2022, avec E.Ciotti, était dans une position intransigeante vis-à-vis de la Macronie. »
- 14:00G.SlimanFait
« Je crois que tout est possible, avec E.Macron. »
- 16:00G.SlimanFait
« On parle de B.Cazeneuve, aussi. »
- 18:00J.GarriguesFait
« Un certain nombre de noms sont brandis. Je pense que la condition sine qua non pour un éventuel Premier ministre, c'est qu'il n'apparaisse pas comme le choix d'E.Macron. »
- 20:00J.GarriguesFait
« C'est devenu le principal problème de nos sociétés, pas simplement française, mais beaucoup de sociétés européennes. »
- 22:00M.SiraudFait
« Ces marges de manoeuvre financières et budgétaires sont très réduites. »
- 26:00J.GarriguesFait
« Ils peuvent s'appuyer sur l'idée qu'ils sont une coalition qui nous apparaît relativement unie. »
- 28:00G.SlimanPromesse
« Le Nouveau Front populaire, très bien... Levons cette hypothèque-là. On nomme L.Castets et il y a échec. »
- 30:00M.SiraudPromesse
« Ce qu'on peut regretter dans ce blocage actuel, c'est qu'au tout début d'E.Macron, sa promesse était de changer le mode de scrutin et de revenir à un mode de scrutin proportionnel. »
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... - A.de Tarlé: Bonsoir.
Un président lucide et qui accepte l'idée d'une cohabitation...
Le Nouveau Front populaire est ressorti "satisfait" ce matin de sa rencontre avec E.Macron. "Le président de la République commence à comprendre qu'il a perdu les élections", s'est réjoui M.Bompard pour LFI.
Faut-il y voir le signe d'une nomination prochaine à Matignon, dès mardi prochain, de L.Castets, qui conduisait ce matin la coalition du Nouveau Front populaire à l'Elysée? "Il n'y a pas de plan B", a martelé M.Tondelier, la patronne des Ecologistes.
Reste qu'E.Macron aime surprendre. Plusieurs noms circulent à droite, au centre, au PS et dans la société civile pour conduire le futur gouvernement de la France.
C'est le sujet de notre émission. Pour répondre à nos questions, J.Garrigues, historien, président de la Commission internationale d'Histoire des assemblées.
M.Siraud, vous êtes rédactrice en chef du service politique du magazine "Le Point". Voici votre article.
L.Fritel, vous êtes journaliste politique à "Paris Match". Voici votre article.
G.Sliman, vous êtes président et cofondateur de l'institut de sondage Odoxa. Merci de participer à cette émission en direct.
J.Garrigues, on va regarder ensemble ces images. Il s'agit de l'équipe du Nouveau Front populaire qui sortait ensemble, en costume...
Ils ressemblaient presque à une équipe gouvernementale. Ils sortaient de leur échange avec E.Macron, dont chacun s'est dit...
L.Castets s'est dite satisfaite de cet échange. Est-ce qu'il y a des visuels qui parlent? - J.Garrigues: Oui.
On peut dire que c'est un visuel assez évocateur. On voit une équipe qui reste soudée, en dépit de tout ce qu'on a pu entendre ces derniers jours. On s'est aperçus que ce que proposait LFI n'était pas très bien reçu par ses partenaires, mais là, ils reviennent comme un pack assez soudé, avec L.Castets un peu en avant, comme futur Première ministre.
On a l'impression que ce qui a été dit par le président de la République les a renforcés dans leur conviction qu'ils pourraient être les heureux élus du choix présidentiel. Il y a des arguments pour ça. Ils ont été légitimement les premiers...
C'est la coalition qui est arrivée en tête lors des élections législatives. La tradition républicaine, c'est de choisir le Premier ministre de cohabitation. - A.de Tarlé: Le mot "cohabitation" a été lâché.
G.Attal a dit: "Le Premier ministre ne doit pas être issu de la majorité présidentielle." - J.Garrigues: C'est très clair.
Un des messages de ces élections, c'était qu'on ne voulait plus d'une gouvernance qui soit subordonnée au président de la République. C'est quelque chose d'intéressant pour l'histoire de la Ve République. Il y aura une cohabitation et, dans cette perspective de cohabitation, ils se présentent avec un programme relativement flou sur un certain nombre de points et dont L.Castets nous dit que l'application sera différée sur un certain nombre de points, mais c'est un programme.
Ils se présentent comme une équipe. Même si chacun d'entre eux fait entendre une musique différente, chacun est intervenu de manière autonome dans le dialogue avec le président de la République. Mais ce qu'il s'est passé les conforte dans cette idée que l'hypothèque Castets pourrait peut-être être mise en place. - A.de Tarlé: Est-ce que vous avez été surprise de l'optimisme affiché à la sortie de cette rencontre avec E.Macron?
Contrairement aux autres participants à ces rencontres, on avait là une équipe, un projet et une tête d'affiche, L.Castets. - L.Fritel: Je n'ai pas été surprise dans la mesure où, s'il n'y avait pas eu d'optimisme affiché, c'était un très mauvais message envoyé aux électeurs.
Ce qui est frappant, c'est que le Nouveau Front populaire se réjouit d'être invité les premiers à cette rencontre avec E.Macron, dans la mesure où c'est un signe que ce serait eux qui ont gagné ces élections. A l'Elysée, on se cantonne à dire que personne n'a gagné, pas le bloc central.
Oui, d'une certaine façon, c'est assumer que la Macronie a perdu, mais ça ne veut pas dire que la gauche a gagné. Toutefois, lorsqu'on observe la situation, c'est vrai qu'on a une équipe soudée, un programme, mais il n'y a même pas d'amorce de négociations en vue de potentielles alliances. Tout ça aurait pu se nouer au fur et à mesure des mois à l'Assemblée nationale, au moins depuis 2022, mais il y a un problème majeur: les députés de LFI n'ont jamais vraiment créé de lien avec les députés d'outre-bord, que ce soit les macronistes, la droite, et je ne parle même pas du RN. - A.de Tarlé: Les LFI sont des empêcheurs de gouverner?
C'est ce que vous nous dites? - L.Fritel: G.Attal vient d'expliquer qu'il serait hors de question...
Qu'il censurerait un gouvernement où on trouverait des insoumis. Pareil pour la droite. - A.de Tarlé: Est-ce qu'on ne peut pas se dire: "Pourquoi ne pas leur donner leur chance?" - G.Sliman: C'est une des hypothèses de lever l'hypothèque Castets.
On est dans une solution inextricable. Il n'y a aucune solution crédible politiquement qui susciterait l'adhésion d'une majorité de Français. Tout a été testé dans les sondages.
L'hypothèse du gouvernement NFP...
Une très large majorité de Français ne le souhaitent pas. En même temps, ils trouveraient ça plutôt normal dans l'esprit des institutions telles qu'ils se les représentent qu'on fasse appel à ce parti. L'autre possibilité serait de se dire...
On a entendu E.Macron dire: "Je vous mets comme condition que vous me donniez les garanties que votre majorité sera stable et que vous n'allez pas exploser à la 1re motion de censure venue." Mais on peut se demander au nom de quoi le président de la République, qui a perdu les élections, peut-il mettre ce type de borne.
Il n'a qu'à essayer L.Castets, son équipe, son gouvernement, avec une majorité qui sera interne et déjà complexe à tenir entre les insoumis, les écologistes et les socialistes. Il y aura une motion de censure inévitable.
On perdra du temps. Mais une fois qu'il y aura eu motion de censure et une fois qu'il faudra remettre...
Il y aura une démonstration par la preuve. La difficulté pour E.Macron d'anticiper cela en disant "puisque je pense que vous aurez une motion de censure, je m'interdis de vous nommer", ça risque de mal passer.
Ca risque de donner une excuse à J.-L.Mélenchon et aux autres pour dire: "Nous sommes dans un déni de démocratie.
C'est un président autocrate. Il a perdu les élections mais ne le reconnaît pas." Il n'y a aucune solution valable, possible, durable, crédible.
Je crains que la meilleure solution ne soit une solution temporaire. La nomination d'un gouvernement NFP qui n'a aucune chance de tenir... - A.de Tarlé: On pourrait avoir ça mardi. - G.Sliman: Oui, mais ce n'est pas ce vers quoi on se dirige, semble-t-il. - A.de Tarlé: Ce matin, du côté du Nouveau Front populaire, on se réjouissait d'une cohabitation sur la table.
Je voudrais citer D.de Villepin... ... - M.Siraud: L'Elysée a utilisé cet été le terme de "cohabitation" pour signifier que le président avait entendu le message des urnes, qu'il avait entendu qu'il avait perdu.
Il l'a répété ce matin. Ce qui s'est passé ce matin sur les consultations vise à montrer, pour le président, que son choix de Premier ministre ne sera pas le choix du prince. On est toujours dans cet état d'esprit de changement de manière de gouverner et de changement potentiel de ligne politique, au final, en termes de programme appliqué.
Il semble en avoir conscience. Jusqu'où ça peut aller? Pour l'instant, ce n'est pas du tout abouti.
En revanche, le paradoxe de cette matinée de consultations, c'est qu'on a vu un Nouveau Front populaire sortir de l'Elysée plutôt optimiste, positif. Le président n'avait d'ailleurs aucun intérêt à les braquer ou à leur dire: "En aucun cas je ne souhaite que le Nouveau Front populaire gouverne." En revanche, ce qui semble se dessiner à la suite de ces consultations, c'est que le chef de l'Etat prenne acte que la solution NFP au gouvernement n'est pas viable institutionnellement, puisque ça aboutirait à une motion de censure.
Il est conscient du danger de cette motion de censure. Il ne souhaite pas en apporter la preuve pour une raison politique et personnelle pour lui. Si on entre dans un cycle de motions de censure répétées, le Nouveau Front populaire, puis un autre gouvernement X, Y, à la fin, la question qui va se poser, c'est la question de sa propre place et de s'il peut rester président de la République.
Et comme il souhaite garder le contrôle et qu'il souhaite au maximum de ce qui est possible garder le pouvoir...
C'est la raison pour laquelle il souhaite évacuer cette solution NFP. Il en a discuté avec son camp à la mi-journée. Les LR ont répété qu'ils censuraient un gouvernement NFP.
Ce qu'il semble vouloir montrer aux Français, avec ces consultations, c'est qu'un gouvernement NFP n'est pas tenable. - A.de Tarlé: Vous nous dites que plusieurs motions de censure et plusieurs Premiers ministres qui tomberaient les uns après les autres...
A la fin se poserait la question de savoir si le problème n'est pas E.Macron, et donc la question de sa démission se poserait. - M.Siraud: Il en a tout à fait conscience. - J.Garrigues: Une question qui me semble fantaisiste...
La démission d'E.Macron ne changerait rien à la situation. C'est une situation où on a des institutions construites pour avoir une majorité absolue qui suit le président de la République avec un paysage politique divisé en 3 forces égales, voire 4, si on compte les LR qui sont très puissants au Sénat.
Le problème fondamental, c'est qu'on a un paysage politique qui ressemble à celui de la IIIe ou de la IVe République avec les institutions de la Ve. Si vous changez de président de la République, vous aurez le même problème. Le désaveu qui touche E.Macron a déjà touché ses prédécesseurs, comme N.Sarkozy, F.Hollande ou même J.Chirac, en fin de mandat. - A.de Tarlé: Nos institutions ne sont donc plus adaptées au rejet de la classe politique ambiant? - J.Garrigues: J'estime que ces institutions restent viables.
Elles nous ont montré en 2022 qu'on pouvait, au fond, susciter cette situation de cohabitation, que les Français souhaitaient avoir un contre-pouvoir face au président de la République et que, pour ça, dans le cadre des institutions de la Ve République, avec des élections législatives, même sans scrutin proportionnel, ils avaient pu le faire. Ces institutions sont donc suffisamment souples. Il faut s'adapter et réfléchir à cette culture du compromis qui existe dans toutes les autres démocraties européennes.
C'est contre-intuitif par rapport à ce qu'a mis en place la Ve République, notamment pour une gouvernance du Nouveau Front populaire de L.Castets. Elle a bien dit qu'elle voulait essayer de trouver des consensus, du compromis.
C'est une vraie révolution culturelle. - A.de Tarlé: C'est donc bien la dernière ligne droite avant la nomination du prochain Premier ministre.
E.Macron a commencé les consultations des chefs de parti et de groupes parlementaires, et ce sont les représentants du Nouveau Front populaire qui ont ouvert le bal ce matin avec, à leur tête, L.Castets. - Une arrivée soignée devant la presse comme pour un grand jour.
Dans les jardins de l'Elysée, la gauche, emmenée par sa candidate pour Matignon, vient rencontrer le président. 1 heure 30 plus tard, les voilà plutôt souriants. - L.Castets: Nous sommes satisfaits d'avoir été reçus par E.Macron.
Nous avons eu une discussion très riche. Nous nous satisfaisons du fait que le président de la république a reconnu un message envoyé par les Français. - F.Roussel: Est-ce que vous êtes prêt, monsieur le président de la République, à accepter que votre politique change? - La gauche compte sur son score aux élections législatives de juin pour imposer sa voie. - O.Faure: Il a lui-même reconnu que l'ensemble des forces représentées étaient parfaitement légitimes à la fois à gouverner et à incarner ce changement. - Un été de campagne à gauche qui touche à sa fin.
Hier encore, L.Castets, dans une lettre aux Français, déplorait l'attente. Elle répétait inlassablement: "Nous sommes prêts." Pendant ce temps, dans le sud de la France, J.-L.Mélenchon est arrivé aux universités d'été de LFI, donnant ici et là sa vision et ses conseils aux militants. - J.-L.Mélenchon: Vous avez 4 bons députés.
Je ne vais pas y aller par 50 chemins. Il faut que vous rameniez... - Celui qui menaçait quelques jours plus tôt d'engager une procédure de destitution du président assume face à la presse. - J.-L.Mélenchon: On prend des décisions et on se donne des objectifs qui correspondent à ce qu'on analyse.
Ca s'appelle la démocratie. C'est avoir une idée et la défendre. - De quoi crisper un peu plus encore les alliés du président. - A.Bergé: J'appelle les sociaux-démocrates à passer des tweets aux actes.
Tant qu'ils ne rompent pas avec LFI, ils s'exposent à une part de déshonneur mais, au-delà de ça, à une censure... - Retour à l'Elysée.
La coalition présidentielle est arrivée en ordre dispersé ce midi pour un déjeuner de travail. Tous sont d'accord sur un point: pas d'insoumis au gouvernement. Mais encore... - S.Séjourné: Ca s'est très bien passé. - Les consultations continuent cet après-midi, avec les représentants de la droite qui préviennent, à la sortie... - L.Wauquiez: Nous n'avons pas l'intention d'être des opposants systématiques, parce que le pays a besoin d'avancer.
S'il y a des idées positives, évidemment qu'on les soutiendra. En revanche, nous ne participerons à aucune coalition gouvernementale parce que nous ne croyons pas à ce système de coalition gouvernementale où on met ensemble des gens qui ne pensent pas la même chose, ce qui aboutit à l'impasse dans laquelle on est. - A droite aussi, on refuse de voir LFI intégrer le prochain gouvernement.
Lundi matin, le président reçoit à l'Elysée les représentants du RN. - A.de Tarlé: L.Wauquiez...
Est-ce que tous les Républicains pensent ce que vient de dire L.Wauquiez au sujet de la coalition avec d'autres partis? - L.Fritel: Absolument pas.
C'est ce qui explique aussi cette position qu'on peine à comprendre. L.Wauquiez, depuis 2022, avec E.Ciotti, était dans une position intransigeante vis-à-vis de la Macronie.
Il était hors de question d'avoir une cohabitation, alors que ça aurait pu se faire. Ils avaient un groupe qui aurait pu peser à l'Assemblée nationale. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
La Macronie, avec eux, pouvait avoir une majorité absolue. Quand il est élu et quand il prend la direction de Droite républicaine, une quinzaine de députés menacent de partir en vue de constituer une cohabitation avec la Macronie, avec A.Pradié notamment. "Cohabitation", le mot était très spécifique.
A.Pradié était l'une des personnes les plus véhémentes et les plus opposées au bloc central. Au lendemain du 7 juillet, il appelle tous ceux qui sont plus ou moins macroncompatibles en disant qu'il s'agit de faire une cohabitation.
On reste dans son rôle d'opposant à la Chirac-Mitterrand, par exemple. L.Wauquiez a ensuite mis de l'eau dans son vin, quand il a vu que plusieurs personnes pouvaient quitter son groupe.
Il a envoyé des lieutenants, tels que O.Marleix et B.Retailleau, face à la presse, pour dire qu'il fallait un Premier ministre de droite ou, en tout cas, qu'il ne fallait pas de Premier ministre de gauche.
Aujourd'hui, ce pacte législatif qui permet de soutenir sans participer et qu'on n'arrive pas très bien à comprendre...
En off, les députés qui étaient prêts à partir chez Horizons disent: "Tant qu'à faire, participons." - A.de Tarlé: Si E.Macron désignait V.Pécresse ou X.Bertrand, que feraient les députés LR? - L.Fritel: Ils ne voteraient pas une censure et voteraient les projets qui seraient mis en avant, surtout si le pacte législatif et ses 13 textes sont repris par le futur gouvernement.
Il y a 3 lignes rouges: pas de baisse des pensions de retraite, pas d'augmentation d'impôts et pas de gouvernement avec un insoumis. - A.de Tarlé: Vous y croyez, à l'hypothèse X.Bertrand? - G.Sliman: Je crois que tout est possible, avec E.Macron.
Est-ce ce qui sortira du chapeau mardi? J'avoue mon impuissance à ce sujet. Est-ce que je crois que ça pourrait fonctionner et passer dans l'opinion?
Non. Ni X.Bertrand ni qui que ce soit.
On parle de B.Cazeneuve, aussi. Il y a peut-être une ambiguïté que les gens saisissent et qu'on ne rappelle pas suffisamment: ce qui compte, c'est le pacte législatif, le deal de gouvernement, quelle politique on va mener.
C'est ce qui est important aux yeux des gens. Sommes-nous dans une cohabitation où le président n'a plus le pouvoir et où c'est une autre politique qui est menée...
Il y aura peut-être une coalition un jour avec des Renaissance et des LR ou des PS...
Peu importe le Premier ministre qui porte cette politique...
Et il y a une autre vision des choses, qui était celle de F.Mitterrand quand il avait fait l'ouverture, celle de N.Sarkozy qui l'a répété...
C'est celle des débauchages. On prend une personnalité politique d'un bord politique, parfois très identifiée, comme B.Kouchner...
On prend une personnalité marquante du camp adverse et on lui demande de mener sa propre politique. Peu importe que cette personnalité politique soit connue, appréciée, sympathique, ça ne passerait ni auprès des députés...
Dans le cas où X.Bertrand serait débauché, on n'hésiterait pas à le sacquer. Et je pense que du point du vue des Français, il y aurait une vraie incompréhension.
Ce n'est pas le message à passer. On parlait tout à l'heure de l'idée du NFP. Je pense qu'il est trop tôt, même si les Français ont hâte que ça bouge, pour qu'une décision censée et durable soit prise.
Il y a un nom qui va sortir du chapeau dans quelques jours, c'est certain. Mais je ne suis pas sûr que ça puisse être durable. Il faut d'abord qu'il y ait un échec pour que la solution qui est celle que souhaitent tous les Français, celle de la coalition, d'union nationale, puisse s'imposer.
Il faut d'abord qu'il y ait eu un échec sur une solution alternative. - A.de Tarlé: En début de semaine, on a fait une émission et nos téléspectateurs avaient beaucoup d'idées de noms de Premiers ministrables à proposer.
Les voici. T.Breton, le commissaire européen venu de la droite.
L.Berger, l'ancien patron de la CFDT. C.Lagarde, même T.Piketty...
C'est typiquement l'ADN d'E.Macron que d'avoir de l'imagination et de nous sortir un nom qui va nous surprendre? - J.Garrigues: Oui, mais il faut d'abord penser à la réaction de l'opinion publique.
Si on choisit quelqu'un comme X.Bertrand, comment les Français vont-ils admettre que le nouveau Premier ministre soit issu d'une formation qui est quand même très minoritaire à l'Assemblée nationale? Ce serait un déni de démocratie par rapport aux électeurs du RN, du Nouveau Front populaire et même du MoDem ou d'autres formations de la majorité.
Il y a, dans les noms que vous citez, un certain nombre de personnalités dont les sondages ont montré qu'elles pourraient avoir cette crédibilité, cette popularité aux yeux de l'opinion, comme L.Berger. Mais L.Berger n'a, d'abord, aucune expérience politique.
C'est un leader syndical. Et on n'a pas l'impression qu'il ait envie de se jeter dans ce grand bain, à l'image de J.Delors à l'époque, qui avait reculé au moment de devenir président de la République ou, en tout cas, de se présenter à l'élection présidentielle.
Un certain nombre de noms sont brandis. Je pense que la condition sine qua non pour un éventuel Premier ministre, c'est qu'il n'apparaisse pas comme le choix d'E.Macron.
C'est la 1re condition. C'est le paradoxe de nos institutions. De facto, le choix va être celui d'E.Macron.
Mais il faut absolument que ce choix apparaisse comme véritablement un choix de cohabitation de quelqu'un qui ne fera pas la politique d'E.Macron, qui ne sera pas soumis à E.Macron, qui soit capable, politiquement, de se distinguer d'E.Macron.
Ca restreint le choix des possibles. Je ferais malgré tout une différence entre un X.Bertrand et un B.Cazeneuve.
X.Bertrand, c'est quelqu'un qui vient des Républicains. Il a pris ses distances avec E.Macron, mais il représenterait cette droite républicaine très minoritaire.
B.Cazeneuve aurait l'avantage, même s'il a été rejeté par les frondeurs, d'avoir l'image d'un ancien Premier ministre socialiste, de F.Hollande.
Et par ailleurs, d'un chef d'Etat. Dans la mesure où il apparaîtrait comme quelqu'un de Macroncompatible, il aurait aussitôt forcément des critiques qui lui tomberaient dessus. - A.de Tarlé: Est-ce que la clé n'est pas de détacher les socialistes de ce Nouveau Front populaire, où ils sont mariés de force avec ce repoussoir qu'est J.-L.Mélenchon? - L.Fritel: Le pari d'E.Macron, au moment de la dissolution, c'est que la gauche ne va pas s'unir en 4 jours, ce qu'elle fait.
Le 2d pari, c'est de croire que la gauche va se fracturer sur la nomination d'un Premier ministre. Elle ne s'est pas fracturée, malgré les insultes que les uns et les autres ont pu s'envoyer. Nommer B.Cazeneuve, ce serait un moyen de faire en sorte de désarrimer le PS du LFI.
Mais il y aurait aussi un risque pour le PS: se retrouver sans les écologistes et sans les communistes. Il faudrait continuer à faire bloc jusqu'à ce qu'il y ait un échec, comme le disait G.Sliman.
Mais il y a un écueil dans l'hypothèse que quelqu'un soit nommé mardi, notamment L.Castets. Pour que le gouvernement tombe, il faut que l'Assemblée se réunisse.
C'est en octobre. Vous imaginez E.Macron, pendant un mois et demi... - A.de Tarlé: L'Assemblée ne peut pas se réunir avant le 1er octobre? - L.Fritel: Il peut y avoir une session extraordinaire qui soit convoquée.
N'est-ce pas trop tard? - A.de Tarlé: L.Castets est là pour au moins un mois? - G.Sliman: "Serait". - L.Fritel: Si elle est nommée mardi.
Ce qui paraît peu probable. - A.de Tarlé: Quand on demande aux Français "quel serait, selon vous, le meilleur Premier ministre?", G.Attal arrive en tête. - G.Sliman: Ce n'est pas la question posée dans le sondage. "Pour chacun, serait-il un bon Premier ministre?" C'est un sondage Harris Interactive.
G.Attal est apprécié, mais quand on pose d'autres questions aux Français, ils ont beau l'apprécier, ils ne trouveraient pas normal qu'on le reconduise. - A.de Tarlé: Comment G.Attal ressort-il de cette séquence?
On a eu quelques confidences qu'il a faites dans le magazine "Gala". Il a dit qu'il avait gagné des cheveux blancs à Matignon. On veut bien le croire.
Il a dit autre chose: "Au lendemain du soir de l'annonce de la dissolution, je me suis isolé pendant 24 heures et me suis posé énormément de questions." ...
G.Attal nous dit qu'il aurait songé, au soir de la dissolution, à jeter l'éponge. - M.Siraud: Plus les Français ont conscience qu'il est en désaccord, voire en rupture, avec le président, plus il a gagné.
Aujourd'hui, le président est très abîmé. C'est quelque part le grand gagnant, même s'il va perdre son poste et ses fonctions à Matignon. C'est le grand gagnant de cette dissolution, de cette campagne législative.
Il a beaucoup mouillé la chemise, etc. Il a donc réussi à conserver un capital de sympathie et de popularité, ce qui est un acquis pour lui, pour la suite, assez important. - A.de Tarlé: La suite, c'est quoi? - M.Siraud: Il ne s'interdit rien.
Il a pris la tête du groupe des députés Ensemble pour la République, qui est le nouveau nom du camp présidentiel de Renaissance. Ensuite, il y a une autre bataille qui s'annonce, celle pour la présidence du parti Renaissance. E.Borne lui a coupé l'herbe sous le pied en présentant sa candidature, mais lui-même... - A.de Tarlé: Il commence à se faire des ennemis dans son camp?
C'est plutôt bon signe, en politique. Des rivaux... - M.Siraud: L'enjeu de diriger un parti, c'est aussi l'enjeu de la prochaine présidentielle.
Il n'est évidemment pas le seul à y penser. Un certain G.Darmanin...
Si lui-même ne va pas se présenter, il est très allié désormais avec E.Borne, avec qui, pourtant, les relations étaient extrêmement dégradées, notamment pendant la loi immigration. Il y a aussi E.Philippe, voire B.Le Maire, même s'il n'a pas de parti, de troupes ou de mandat.
Mais on voit bien que là, il y a des divisions. Les hostilités commencent. Chacun va commencer à envisager la suite.
Cette suite se fera évidemment sans E.Macron. - J.Garrigues: C'est très intéressant.
On voit bien 2 philosophies politiques, au-delà de la rivalité des personnes et des désaccords entre E.Macron et G.Attal...
G.Attal a compris que, désormais, l'axe, le pivot de la vie politique, de la décision politique se déportait au moins légèrement du côté de l'Assemblée nationale. C'est là que se fera la décision.
Au-delà de ça, il y a toute une réflexion à mener sur le rééquilibrage des pouvoirs entre le président de la République et le Premier ministre. Ce qui est important, c'est, alors qu'on pouvait avoir l'impression que pour E.Macron, la décision était celui du président de la République...
G.Attal lui dit: "Non, le choix doit venir de l'équilibre des forces, de la capacité de compromis au sein de l'Assemblée nationale." Ce sont des choix, des axes différents.
C'est assez malin, de la part de G.Attal, de l'avoir compris. - A.de Tarlé: Tout ça nous montre un E.Macron très isolé, lâché par les siens, qui revendiquent même d'être en opposition.
Ce matin, le Nouveau Front populaire se réjouissait qu'il ait accepté l'idée d'une cohabitation. - L.Fritel: On avait déjà plus ou moins compris dans sa lettre aux Français qu'il actait le fait que personne n'avait gagné et donc que son camp avait perdu.
E.Macron, en 2017, fait une promesse de dépassement et de discussion généralisée entre les membres du personnel politique. Il y a une pratique assez autocentrée du pouvoir, en dépit de tentatives de grands débats, de conseils nationaux de la refondation et de conseils pour le climat...
Pardon, d'assemblées citoyennes. Merci beaucoup. De conventions citoyennes.
Les rencontres de Saint-Denis, etc. C'est plutôt dans le vent. E.Macron se place dans une tradition centriste, énormément porté par F.Bayrou, qui est très parlementariste.
F.Bayrou milite depuis des années pour une dose de proportionnelle. Finalement, G.Attal tire des leçons des erreurs de son mentor et semble continuer ce projet macroniste, qui pourrait devenir de l'attalisme en se tournant vers le Parlement.
Il faut parler avec les autres oppositions, au moins en apparence. Je pense au groupe Liot, qui est un groupe d'une vingtaine de députés. Ce n'est pas négligeable, vu la situation dans laquelle se trouve l'ex-majorité.
Ils ont été très peu considérés au moment de l'attribution des postes. LR qui a le double des députés, a pu...
G.Attal a tendu la main à LR, mais on n'a pas fait beaucoup de cas de Liot. Surtout, on a essayé de mettre de côté toute la frange droite de la Macronie au profit de l'aile gauche. - A.de Tarlé: Depuis hier, les écologistes sont réunis à Tours.
Les Verts croient en leurs chances de gouverner avec le Nouveau Front populaire. L.Castets y a tenu son 1er meeting sous de chaleureux applaudissements. - C'était la vedette de la rentrée des Ecologistes. - CASTETS EST A MATIGNON! - L.Castets, candidate du NFP au poste de Première ministre, symbole d'un consensus et d'un espoir à gauche. - L.Castets: On va montrer au président de la République qu'on est près à gouverner.
On va montrer qu'on est près à travailler et à faire des compromis, mais sur la ligne du Nouveau Front populaire. - Qu'est-ce qui va se passer si vous n'êtes pas choisie? - M.Tondelier: Ca n'arrivera pas! - Ca n'arrivera pas, dit M.Tondelier, qui en a assez d'attendre le président de la République. - M.Tondelier: Il nous trompe.
Il reste assis sur sa chaise comme E.Ciotti dans son local en disant qu'il a le temps. Nous, on n'a pas le temps.
Le budget doit être déposé sur le bureau des Assemblées le 1er octobre. Quand on dit que le budget, c'est beaucoup de travail, nous, on a travaillé tout l'été. On sait comment on va faire.
On n'a pas tous les moyens de Bercy. Chaque jour qui passe rend la tâche un peu plus ardue. Je ne suis pas naïve sur les raisons qui font qu'E.Macron traîne des pieds. - Mais l'hypothèse de peser au gouvernement suffit à enthousiasmer les Ecologistes, d'autant qu'à l'Assemblée, le groupe a presque doublé.
Dans ses rangs, A.Corbière, dissident insoumis et encore en colère contre son ancien parti. - A.Corbière: Pour démocratiser le pays, il faut des mouvements politiques démocratiques.
Il n'y a pas la verticalité et la non-démocratie dans l'outil politique est, une fois qu'on a pris le pouvoir, soi-disant la démocratie. Ca ne marche pas. Je n'y crois pas.
Il faut du contrôle, du contrôle citoyen. Il faut que la stratégie puisse être débattue. - LFI sera-t-il un allié durable?
Sympathisants et militants veulent y croire. Seule ombre au tableau: l'influence de J.-L.Mélenchon. - C'est le but de J.-L.Mélenchon quand il dit qu'on va destituer le président de la République.
Il n'y a pas de majorité pour. On ne peut pas le destituer. C'est une incantation vouée à l'échec.
Je ne sais pas s'il n'y a pas une arrière-pensée destructrice pour que le NFP ne débatte pas... - Il y a des gens de LFI qui, dans la forme, sont peut-être un peu repoussoirs.
Sur les idées...
Dans un Parlement, il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas avancer ensemble. - Des écologistes confiants même si certains n'oublient pas l'échec aux européennes, 5,5 %. Pour celui qui avait fait bien plus en tant que tête de liste en 2019, l'heure est à l'autocritique. - Y.Jadot: Il faut qu'on arrive à mieux expliciter cette articulation entre le social.
Les plus vulnérables seront les grands vainqueurs et non pas les victimes de la transition écologique. Peut-être qu'on n'a pas su faire dans la campagne des européennes. Sinon, on aurait fait un meilleur score.
Mais c'est bien l'enjeu des semaines qui viennent. - Le parti espère rebondir. Il vient de comptabiliser 15 000 adhérents, son plus haut niveau depuis 14 ans. - A.de Tarlé: On a entendu des sympathisants très remontés contre J.-L.Mélenchon qui disent qu'il cherche à déstabiliser L.Castets. - G.Sliman: C'est ce qu'on a souvent dit en analyse politique depuis juillet.
L'accession de la gauche au pouvoir n'est probablement pas le projet politique de J.-L.Mélenchon.
Dans les sondages, si vous regardez l'image de J.-L.Mélenchon, elle est déplorable auprès de l'ensemble des Français.
Avec E.Zemmour, il est la personnalité politique qui suscite le plus de rejet. Les 2/3 des Français disent rejeter J.-L.Mélenchon.
Parmi eux, il y a bon nombre de sympathisants de gauche, socialistes ou écologistes. Dans les hypothèses de coalition révélées par E.Macron et d'autres...
S'il faut d'abord échouer pour qu'une solution comme celle-ci puisse sembler crédible ou possible, c'est que les Français disent aussi qu'ils aimeraient à terme avoir ce gouvernement de coalition et les sympathisants socialistes et écologistes sont nombreux à dire que s'ils pouvaient à terme se débarrasser sinon des insoumis, au moins de J.-L.Mélenchon, ce serait pas mal.
C'est un sujet, cette dimension "rejet de J.-L.Mélenchon", d'une partie des insoumis.
Même chez les insoumis, on a le sentiment que beaucoup d'entre eux, comme F.Ruffin, peuvent prendre leurs distances avec le chef et se dire que sa stratégie ne réussit pas à son propre camp. - A.de Tarlé: Qu'est-ce que veut J.-L.Mélenchon?
Il veut le pouvoir en 2027. - G.Sliman: On a le sentiment qu'il préférerait que les choses échouent aujourd'hui pour qu'il y ait une crise et que de cette crise naîtrait un grand espoir ou de nouvelles élections présidentielles, pour peut-être refaire un baroud d'honneur dans cette élection.
En tout cas, exercer un pouvoir dans le compromis, le dialogue, on n'a pas l'impression que ce soit son projet. - M.Siraud: La chance que pourrait avoir E.Macron, ou un départ de solution, ce serait de différencier les appareils politiques qui ne bougent pas.
Le Nouveau Front populaire est une alliance électorale. Tous ces partis ont intérêt à rester ensemble pour des raisons électorales. S'il y a de nouvelles législatives...
Il y a aussi les municipales en préparation. Mettre à bas les appareils politiques qui ne bougent pas...
Vous avez cité F.Ruffin. Il y a d'autres dirigeants au PC, au PS.
Ces personnalités pourraient très bien accepter, contre peut-être leur appareil, de participer à une coalition. C'est tout ce qu'il essaye de déclencher depuis le 7 juillet, mais ça prend beaucoup de temps. L'unité est de façade.
Beaucoup de macronistes discutent avec des personnalités du PS. et qui pourrait sortir mardi du chapeau: le maire de Saint-Denis, socialiste. Il dit: "J'ai été soutenu par le Nouveau Front populaire, donc je soutiens L.Castets." On sait qu'E.Macron pourrait jouer la carte de ce maire de Saint-Denis, K.Bouamrane.
On ne le connaît pas tellement mais il paraît qu'il est pro-business et pro-sécurité. Ce serait dans l'ADN d'E.Macron. - J.Garrigues: E.Macron doit être une sorte de tabou pour le futur gouvernement, mais avec d'autres composantes venues du centre ou du centre droit.
C'est une des figures qui a été évoquées. Lui dit qu'il reste fidèle au Nouveau Front populaire. La vérité de demain ne sera peut-être pas celle d'aujourd'hui.
En tout cas, il fait partie de ceux qui sont un peu dans la dissidence au sein du PS. On voit des H.Geoffroy, mais aussi C.Delga, qui était pourtant dans la coalition du Nouveau Front populaire. - A.de Tarlé: Ca doit être dur pour les socialistes de s'y opposer.
C'est un des leurs. - J.Garrigues: Y compris au sein du groupe parlementaire, il semblerait qu'il y en ait un certain nombre qui seraient prêts à accepter une solution de ce type, quelqu'un venant de la famille socialiste en étant un peu dissident de cette famille mais qui pourrait coaliser sinon des élus, en tout cas des soutiens et des abstentions sur certains textes... - A.de Tarlé: Sans ministres LFI. - J.Garrigues: C'est la condition sine qua non.
Il y a ce repoussoir de J.-L.Mélenchon.
C'est quand même le repoussoir ultime. C'est au nom de la participation de LFI que les centristes, le RN et G.Attal sont vent debout pour une motion de censure.
On voit bien à quel point il est clivant. Sa stratégie, c'est 2027. Il est hors du jeu de cette reconstruction parlementaire qui est la nécessité d'aujourd'hui.
C'est quelqu'un qui vient d'une culture de la République parlementaire, J.-L.Mélenchon.
Il a été sénateur socialiste. Il sait ce qu'est le Parlement, son importance. Dans le projet constitutionnel, le projet de IVe République de J.-L.Mélenchon... - G.Sliman: VIe. - J.Garrigues: C'est le modèle IVe.
C'est le Parlement qui décide. Sa conception du Parlement est tributaire du parti dont il est celui qui décide de tout. - A.de Tarlé: Un dernier mot sur les universités d'été des Ecologistes.
On a l'impression que M.Tondelier est très en avant. Il y a un moment Tondelier.
Je me trompe? - L.Fritel: Depuis les négociations sur le Nouveau Front populaire surtout, elle a particulièrement tiré son épingle du jeu.
Elle a demandé à ce que les insoumis fassent partie de cette coalition. Ensuite, elle s'est montrée très dure dans les médias quand il y a eu ce semblant de purge à la fin des négociations, alors que le récit politique était idéal. - A.de Tarlé: A.Corbière a été démis. - L.Fritel: R.Garrido.
C'est à elle qu'on impute le fait d'avoir réussi à faire se retirer A.Quatennens. Elle a exhorté B.Le Maire et d'autres à ne pas faire de "ni LFI ni RN".
On se souvient d'elle en larmes dans les médias. Elle s'est montrée Casque bleu pendant toute la séquence. C'est presque un objecteur de conscience.
Elle reconnaît, sur les plateaux, en privé, que LFI peut être radical et donne du grain à moudre à leurs opposants. En même temps, elle demande à ce que ce soit ramené à quelque chose de secondaire. Toutefois, elle a aussi un petit problème.
En ce moment, ça se passe bien pour elle parce qu'il y a eu ces législatives. Ils ont eu 38 députés. Ils étaient à 22 au départ.
La campagne des européennes a été une catastrophe. - A.de Tarlé: C'était M.Toussaint. - M.Siraud: Mais c'était elle qui était à la tête d'EELV.
Manifestement, leur campagne électorale s'est très mal passée. C'est ce que reprochent certains militants et certains cadres à M.Tondelier, de vouloir mettre sous le tapis un bilan qui sera nécessaire.
Elle dit qu'il sera fait à l'automne, mais on ne sait pas tout à fait quand. Pour l'instant, c'est un instant de grâce, mais on verra à la rentrée. - J.Garrigues: Je pense à celui qui est un peu le grand cocu de ce qui vient de se passer à gauche: R.Glucksmann.
Il a gagné les élections européennes. Il avait fait la remontée, en tout cas à gauche. Il avait rééquilibré la gauche.
Il avait fait en sorte que Place publique et les socialistes soient loin devant LFI et loin devant les Ecologistes. C'est un nom qui a pu circuler. Je pense que pour beaucoup de militants de gauche, c'est quelqu'un qui incarne certaines valeurs.
On voit comment il a été complètement mis de côté du fait de cette logique électoralist qui fait que l'entente doit se faire sur la base de LFI et qu'il n'y a pas de place pour lui. - A.de Tarlé: M.Tondelier ou R.Glucksmann, dans l'opinion? - G.Sliman: J'allais faire J.Martin dans "L'Ecole des fans"...
M.Tondelier a émergé dans les sondages. Les 2 personnalités qui ont le plus progressé avant l'été étaient R.Glucksmann et M.Tondelier.
On a testé l'image des partis. Tout ce qui se passe en ce moment n'est pas très bon pour E.Macron.
Ce n'est pas bon non plus pour l'ensemble des partis politiques. Les Français disent ne pas comprendre et s'agacer que les politiques ne soient pas capables de monter une coalition. Quand on a testé les différents partis politiques, celui qui a la moins mauvaise image, c'est EELV, avec 40 % de bonnes opinions.
C'est tellement mieux que tous les autres. C'est le double du score d'image des autres partis et c'est en nette progression. C'est dû à M.Tondelier.
R.Glucksmann fait partie des personnalités politiques qui marchent bien en termes d'opinion. Il s'est mis un peu en retrait car il n'est pas très à l'aise avec le NFP et les insoumis dedans.
Attal, Glucksmann, Tondelier...
On a toute une jeune génération de politiques qui sont dans les starting-blocks pour les mois à venir et peut-être la présidentielle. - A.de Tarlé: La préoccupation du prochain Premier ministre sera certainement de privilégier le pouvoir d'achat.
De plus en plus de Français sont dépendants des oeuvres caritatives pour s'alimenter correctement, même quand ils travaillent. Nous avons rencontré un collectif à Grenoble, qui récupère les invendus des supermarchés pour les redistribuer aux gens dans le besoin. - Quand les supermarchés ont baissé leur rideau, que les derniers clients sont partis eux viennent faire leurs courses à l'arrière, à l'abri des regards, dans les poubelles. - Qu'est-ce que tu as trouvé?
Trop bien! - Ce sont des pizzas qui ne sont pas vendues. - Il y a des choses qu'on ne pourrait jamais s'acheter, à 10 euros pièce, qu'on n'achète pas en alimentaire.
On les trouve dans les bennes. Des bouteilles de champagne, des crevettes. - Du magret de canard. - Du foie gras.
C'est le luxe. - Tous les 3 font partie de La Fratrie des glaneurs, un collectif à Grenoble. Ils arpentent les parkings des supermarchés à la recherche de bennes garnies d'invendus, d'aliments jetés.
Samuel était étudiant quand il a commencé à faire les poubelles il y a 3 ans. Aujourd'hui, il continue pour des raisons écologiques et économiques. - Ca me permet de mettre 300 euros de côté.
Je travaille à temps partiel et, à côté, je suis graphiste indépendant. Ca me permet de mieux vivre. - Ca fait 15 ans que Sandrine ne fait presque plus de courses.
Elle travaille dans un entrepôt à la préparation de commandes pour 1600 euros par mois. Le budget est serré pour cette mère célibataire de 3 enfants. - Quand mon fils était en pleine adolescence, ça l'irritait un peu, quand il a su que j'allais faire les poubelles.
Je lui ai dit qu'il était bien content de trouver ça. Il n'était pas malade. Il m'a dit qu'il n'y avait pas de problème. - Vous devriez renoncer à quoi? - Aux sorties en famille, aux voyages, aux petits séjours à côté. - Vous vous seriez imaginée un jour de devoir faire les poubelles pour manger? - Pas avant.
Quand on était enfant, nos parents n'avaient pas besoin de ça. Maintenant, de plus en plus. On voit même des personnes très âgées qui nous rejoignent en récupération alimentaire.
Avant, j'étais dans la classe moyenne. Je m'approche de plus en plus de la classe pauvre. - Ce soir-là, en moins de 2 heures, les glaneurs ont récupéré plus de 100 kg de nourriture. - On va pouvoir commencer la distribution.
Allez-y! - Un buffet sur lequel compte Anne pour remplir son cabas. Dans la vie, elle a été nounou, secrétaire, agent de circulation, femme de ménage.
Des emplois souvent accompagnés de maigres revenus. A 61 ans, la retraitée est bénéficiaire des Restos du Coeur, mais ça ne suffit pas pour remplir son frigo. - J'ai du fromage, des frites, du poulet.
Je vais récupérer cette jolie tarte. - Ca représente combien? - Au moins 25 euros, même plus. - Ca vous permet de manger 3 repas par jour? - Tout à fait. - C'est équilibré? - Oui. - Sans ça, vous ne pourriez pas le faire? - Difficilement. - Désormais, dans le collectif, ils sont une quarantaine, de 20 à 70 ans. - On a des personnes dans le paysagisme, des coiffeurs, des informaticiens...
On a eu quelques personnes qui travaillaient dans les mairies. On se sent oubliés, méprisés et abandonnés par la République, trop riches pour être aidés et trop pauvres pour vivre dignement. C'est révoltant. - Illustration d'une précarité qui s'installe.
Selon une étude du Secours populaire, 1 Français sur 3 ne mange pas à sa faim. - A.de Tarlé: Question. - J.Garrigues: Si.
C'est devenu le principal problème de nos sociétés, pas simplement française, mais beaucoup de sociétés européennes. La classe moyenne était le socle des politiques publiques pendant 50 ans, depuis le général de Gaulle jusqu'à F.Mitterrand, en passant par Giscard, qui parlait des 2 Français sur 3 avec une homogénéité de la classe moyenne.
Depuis une vingtaine d'années, il y a un déclassement de toute une partie de cette classe moyenne. Bien qu'elle soit impliquée dans le travail...
Ils ne font pas partie de cette France assistée dont on disait que c'était celle des chômeurs. Ca aussi, ça peut se discuter. C'est une France nouvelle qui plonge vers le déclassement, qui le ressent de manière très compliquée.
De la part de la gauche, elle ne sera peut-être pas celle sur qui portera l'attention des politiques, comme le Smic à 1600 euros. Au contraire, le Smic à 1600 euros va rapprocher mécaniquement ces couches moyennes de ceux qui étaient en dessous alors qu'eux se sentiront oubliés. - A.de Tarlé: C'est la smicardisation de la société. - J.Garrigues: Ce sentiment de déclassement qu'on a déjà vu se manifester au moment de la crise des "gilets jaunes"...
Beaucoup étaient au travail et se sentaient oubliés par la République. Ce sentiment de déclassement est profond. Il change le paradigme des politiques publiques.
Pendant 50 ans, on a vécu sur un projet pour les couches moyennes. Aujourd'hui, un tiers de ces couches moyennes sont totalement déclassées et sont devenues des couches déshéritées. Quelle politique sociale?
Quelles solutions? Est-ce que c'est la solution, c'est la relance par la consommation type gauche? Est-ce que c'est, au contraire, moins d'impôts?
Il y a un enjeu majeur, qui est un facteur de tensions sociales. Eux regardent vers le haut et vers le bas, à la fois. - A.de Tarlé: Vers le haut, où il y a les riches, et en dessous, où il y a des gens qui ne travaillent pas et qui vivent mieux qu'eux. - J.Garrigues: Historiquement, ça a toujours alimenté au mieux l'abstentionnisme et au pire des mouvements de protestation violente. - A.de Tarlé: On souhaite bon courage au prochain gouvernement.
Il y a d'énormes attentes sociales et, en même temps, les caisses sont vides. La France s'engage à réduire les disparités. - M.Siraud: Ces marges de manoeuvre financières et budgétaires sont très réduites.
Beaucoup de mécanismes ont été mis en place depuis la crise du covid pour aider les ménages, pour soulager cette inflation et aider les Français les plus modestes. Ca ne suffit pas. Le poison, pour les dirigeants, c'est ce sentiment des Français que leur vie ne s'améliore pas, voire se dégrade.
C'est le fait d'avoir un niveau de vie qui n'est plus celui qu'il était et un travail qui ne suffit pas à assurer ce train de vie. C'est aussi le moteur du RN. Le fait de n'avoir jamais à exercer des responsabilités les met à l'abri de ce procès en inaction.
En fait, les promesses ne sont pas suivies d'effet. En tout cas, il y a une inefficacité de l'action publique qui ne se traduit pas dans la vie quotidienne des Français. C'est un sujet qui n'est pas nouveau mais qui est un moteur très puissant de vote pour M.Le Pen. - A.de Tarlé: On revient à vos questions.
Question. On trouve que ça a trop duré? - G.Sliman: Il y a une impatience.
La justification de prendre son temps est l'idée qu'il faut qu'on trouve un gouvernement, qu'on propose un Premier ministre qui sera capable de durer et qui ne sera pas exposé à la première motion de censure venue. Or, un récent sondage a montré qu'on avait une majorité assez nette, 54 contre 38, de Français qui disent: "Qu'il prenne le risque de choisir un gouvernement parce qu'on en a assez. Ca a trop traîné." Il y a eu l'excuse légitime des JO et des vacances d'été.
On a vu votre reportage sur les urgences sociales, les attentes fortes des vraies gens au quotidien. On ne peut plus tergiverser. E.Macron va devoir avancer quelque chose mardi prochain. - A.de Tarlé: Question.
Il estime que le pouvoir doit lui revenir de droit. - J.Garrigues: C'est le jeu.
Ils sont là pour dire que leur solution est la seule viable. Ils peuvent s'appuyer sur l'idée qu'ils sont une coalition qui nous apparaît relativement unie, même si on peut soupçonner que des fissures peuvent se créer rapidement. Ils peuvent dire qu'ils ont un programme.
Là aussi, on peut en contester certains aspects. La cohérence du programme est là, en tout cas. Et puis, ils ont une candidate.
Ils peuvent s'appuyer là-dessus pour donner le visage optimiste de ceux qui peuvent aller au pouvoir. A priori, on va choisir le futur Premier ministre dans la coalition arrivée en tête. Sauf qu'en réalité, on a 3 coalitions de force égale.
C'est inédit sous la Ve République. Il faut peut-être tenir compte de cette majorité très relative. - L.Fritel: Donner le change, donner une impression de préparation pour mieux dire que s'il y a échec, c'est la faute des opposants.
Toujours cliver de façon à monter. Le clivage, c'est le nerf de la guerre. - A.de Tarlé: Question. - G.Sliman: C'est ce que j'ai déjà dit.
Mon sentiment est celui-ci. Le Nouveau Front populaire, très bien...
Levons cette hypothèque-là. On nomme L.Castets et il y a échec. - A.de Tarlé: Motion de censure. - G.Sliman: Une fois que ce sera fait, les partis politiques et l'opinion seront davantage prêts à une forme d'union nationale.
Je crois de plus en plus à cette folie qui serait le gouvernement provisoire de la République française. Entre 44 et 46, pendant 2 ans, le pays a été gouverné par tout le monde, y compris des communistes qui prenaient leurs ordres directement de Staline. C'était les adversaires du bloc occidental auquel appartenait la France.
Il y avait aussi des gaullistes. Tout ça a gouverné car la promesse faite aux différents électeurs, c'était de faire ça dans l'intérêt supérieur du pays, que les politiques menées pendant 2 ans ne seraient pas menées au nom de leurs idées mais dans l'intérêt supérieur du pays. Ceux qui refuseraient d'entrer dans une telle coalition, qui irait du PC jusqu'au RN, ceux qui diraient qu'ils ne rentrent pas dans ce système, ils auraient la responsabilité d'avoir refusé le pari.
En octobre au plus tard, peut-être qu'on peut être dans une solution comme celle-ci, temporaire, présentée comme telle, qui pourrait permettre au pays de prendre les mesures nécessaires. Le GPRF a pris des mesures provisoires. Il a créé l'Etat-providence.
Le vote des femmes et la Constitution de la IVe. Tout ça a été mis en place par un gouvernement provisoire qui semblait de bric et de broc. - J.Garrigues: Qui tenait par la magie et le prestige d'un homme, le général de Gaulle. - M.Siraud: Ce qu'on peut regretter dans ce blocage actuel, c'est qu'au tout début d'E.Macron, sa promesse était de changer le mode de scrutin et de revenir à un mode de scrutin proportionnel.
Ca nous aurait peut-être évité de nombreux problèmes, notamment la constitution de cartels électoraux. Ca aurait pu favoriser le dialogue entre les forces politiques, ce qui semble être le souhait des Français. On a cette impression peut-être d'occasions manquées, de gâchis, de ne pas être allés au bout de cette intuition qui était forte et juste au départ. - A.de Tarlé: D'aller vers la proportionnelle. - M.Siraud: De rénover les institutions. - L.Fritel: Concernant le gouvernement d'union nationale, on a un exemple récent en Italie, sous M.Draghi, avec une union nationale qui a profité à la seule formation qui a refusé d'en faire partie, celle de G.Meloni. - A.de Tarlé: Question.
C'est dans son tempérament? - J.Garrigues: Ce n'est évidemment pas dans son tempérament ni dans la tradition de la Ve République, Mais la situation d'aujourd'hui ne ressemble pas à la tradition de la Ve République et doit faire adaptation.
Je pense que les Français, en ce moment, veulent une vraie cohabitation avec le président de la République sans aller jusqu'à
Emmanuel Macron