Le déni climatique avec Aymeric Caron - C à vous - 01/02/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:40OuverteRéponse directe
Absolument, et qui développe dans l'émission, ça dure au-delà de l'extrait
- 3:48RelanceRéponse partielle
Alors ça, c'est... Pas tous les écolos dans tous les pays.
- 4:20RelanceRéponse directe
Les normes de Tchernobyl, on n'est pas dans la situation de Fukushima.
- 5:10RelanceÉludée
Vous pouvez contester les solutions, mais vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas de solution pour les déchets nucléaires.
- 5:23RelanceÉludée
Mais elles sont parfaitement étudiées.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37InvitéChiffre
« 20 milliards de tonnes par an, c'est la quantité de CO2 que l'homme rejette à la suite de ses activités. »
- 1:03InvitéFait
« réchauffement de 2 ou 3 degrés de la température de l'atmosphère, d'où fusion, montée des eaux et donc noyade de toutes les côtes basses »
- 2:21InvitéFait
« l'administration Carter, aux États-Unis, a conscience du problème et pense qu'il faut y trouver des solutions »
- 2:30InvitéFait
« Exxon même se dit, ah, il faudrait peut-être en effet qu'on envisage autre chose pour un autre développement, qu'on décarbone »
- 3:33InvitéChiffre
« nous avons créé un objet qui est capable de tuer 150 000 personnes en quelques minutes »
- 4:13InvitéFait
« aller nous raconter que Fukushima, Tchernobyl, c'est impossible en France, c'est faux »
- 4:26PrésentateurFait
« Nos normes, effectivement, sont améliorées régulièrement, mais elles n'arrivent jamais, aujourd'hui, à nous garantir le risque zéro »
- 5:15PrésentateurFait
« Il n'y en a pas. »
- 5:27PrésentateurFait
« C'est un enfouissement selon le degré de radioactivité des matières »
Temps de parole
- Invité57 %
- Présentateur13 %
- Aymeric Caron13 %
- Invité 210 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
≈ 6,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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C'est un roman d'anticipation pour ne pas avoir assez anticipé. Oui, c'est vrai. Exactement. Bien résumé. Et il y a un moment très parlant pour vous, Aymeric. C'est en 1979, une édition des dossiers de l'écran. C'est extraordinaire parce qu'il y a Haroun Taziev, qui est à peu près le seul, vous allez le voir, Diane et Sylvie, qui alertent. Autour de lui, il y a un grand journaliste, un grand sage, Joseph Pasteur, qui tempère la volonté et l'énergie de Taziev. Et puis, il y a du beau monde autour. Regardez cet extrait.
20 milliards de tonnes par an, c'est la quantité de CO2 que l'homme rejette à la suite de ses activités. Et cette quantité de gaz carbonique se propage dans l'atmosphère et risque de faire de l'atmosphère une espèce de serre. C'est un baratin. Il y a quand même des correcteurs automatiques. Il y a donc d'abord la végétation, qui est un correcteur naturel à ça. Et ensuite, il y a l'océan. Il pourrait y avoir un effet de serre général, réchauffement de 2 ou 3 degrés de la température de l'atmosphère, d'où fusion, montée des eaux et donc noyade de toutes les côtes basses, c'est-à-dire New York et le Havre et Marseille et Nice et Londres.
– Aroun Taziev, vous êtes en train de paniquer les populations. – Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce point de vue catastrophique.
– Et voilà. Donc il n'y a que Taziev qui est précis et qui décrit très bien en plus, de façon très pédagogique, et d'entendre la réflexion de Jean-Yves Cousteau.
– Qui est une référence par ailleurs.
– Absolument, et qui développe dans l'émission, ça dure au-delà de l'extrait, Cousteau est très en retrait sur l'idée d'une catastrophe.
– Tout ça, c'est du baratin, dit-il. – Arrêtez de paniquer les gens. – Oui, ça dit bien quand même de là où on vient. C'est bien que vous ayez retrouvé cet extrait, je vous remercie, parce qu'en effet, je le retranscris dans le livre, parce que mes personnages traversent des événements qui ont réellement existé, sauf bien évidemment quand on dépasse 2022, puisque là, c'est mon imagination qui travaille. – Ou alors vous avez des infos. – Ou j'ai des infos que je ne peux pas livrer. – Oui, mais effectivement, il y a beaucoup d'événements. En 79, tiens, même année, première réunion sur le climat à Genève, où on a conscience tout à coup de l'effet de serre, du réchauffement climatique.
C'est des mots qui, à l'époque, l'ont complètement inconnus. Et à l'époque, l'administration Carter, aux États-Unis, a conscience du problème et pense qu'il faut y trouver des solutions. Exxon même se dit, ah, il faudrait peut-être en effet qu'on envisage autre chose pour un autre développement, qu'on décarbone. Enfin, et puis, donc, on a un début de prise de conscience. Et puis tout ça va être détricoté dans les années qui viennent après Reagan. Reagan qui va dire, on stoppe tout ça, on s'en moque, tous les autres gouvernements. C'est pour ça que je parle également aussi de l'arrivée de Thatcher, le néolibéralisme qui va faire beaucoup de mal à la planète, évidemment.
Et donc, j'essaye de raconter. Je parle aussi de la crise des missiles de Cuba. Oui, et la façon dont elle a été réglée, ça, c'est en 62. On est en 62. Et là aussi, on est vraiment au bord de la Troisième Guerre mondiale. Et le nucléaire, c'est intéressant parce qu'on a eu ce débat il y a 20 minutes sur le plateau avec Fabien Roussel sur le nucléaire. Pourquoi les écologistes sont farouchement antinucléaires ? C'est ça que Fabien Roussel a peut-être du mal à comprendre. Ça fait partie de leur ADN. Donc c'est pour ça qu'il y a ces militants, ceux qui vivent dans ce livre, sont antinucléaires. Eh bien, parce que ce sont les dangers.
Ce sont des philosophes comme Gunther Anders qui immédiatement nous alertent. Anders, quand il voit Hiroshima, quand il voit Nagasaki, il est catastrophé. Lui, il dit, ça y est, on entre dans une autre phase de la barbarie. Nous avons créé un objet qui est capable de tuer 150 000 personnes en quelques minutes. C'est la folie pure. On ne se rend pas compte. Et le nucléaire, aujourd'hui, reste un danger. C'est pour ça que les écolos disent que ce n'est pas possible. Parce que, bien évidemment... Pas tous.
Alors ça, c'est... Pas tous les écolos dans tous les pays. En fait, historiquement... Il y a un mouvement de reflux. Historiquement, l'Allemagne et la France, le mouvement écolo, s'est développé sur la mouvance antinucléaire. Voilà, c'est ce que je voulais dire, Patrick. L'Allemagne et la France.
Et là, il y a un mouvement très surprenant, très étonnant depuis quelques années, qui fait dire à moi que c'est une nouvelle page de l'écologie qui, pour moi, n'est pas d'écologie. Car, dans l'écologie, il y a la notion du risque. Et il se trouve qu'aujourd'hui, le risque n'est pas maîtrisé. C'est-à-dire qu'aller nous raconter que Fukushima, Tchernobyl, c'est impossible en France, c'est faux. Tout le monde le sait. Et vous le savez bien, Patrick. Non. Donc, si tous les rapports disent qu'on a des incidents réguliers sur les centrales en France...
Les normes de Tchernobyl, on n'est pas dans la situation de Fukushima.
Nos normes, effectivement, sont améliorées régulièrement, mais elles n'arrivent jamais, aujourd'hui, à nous garantir le risque zéro. On n'est pas à l'abri. Une de nos centrales, d'ailleurs...
Le risque, aujourd'hui, c'est d'avoir le réchauffement climatique et c'est de trouver de l'énergie qui est décarbonée.
Sauf qu'il y a des programmes politiques, et c'est aussi pour ça que je m'engage aujourd'hui en politique. Il y a des programmes politiques qui nous proposent des solutions qui peuvent être mises en place dans les 20 années qui viennent. Et puis, il y a la question aussi des déchets nucléaires. Ça, c'est très, très important. Pendant des milliers d'années, des dizaines de milliers d'années pour certains d'entre eux, on ne va pouvoir rien en faire et on risque d'avoir des générations. Patrick, vous savez, là, vous mettez le doigt sur ce qu'est aussi l'écologie. C'est penser à ce qui va se passer après nous qui sommes là autour de cette table. Ceux qui viendront dans 50 ans, dans 100 ans.
Ne plus vivre que pour nous-mêmes. A cesser de vivre juste pour le lendemain. C'est vrai que l'huile claire est la solution.
Vous pouvez contester les solutions, mais vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas de solution pour les déchets nucléaires. Il n'y en a pas. Bien sûr qu'il y en a.
Non, il n'y en a pas. Pour l'instant, on n'a pas trouvé de solution, Patrick. Tout ce qu'on sait, c'est qu'on a des gens. Vous pouvez contester les solutions qu'il y a comme solution.
Mais elles sont parfaitement étudiées. C'est un enfouissement selon le degré de radioactivité des matières. Les matières les plus radioactives sont de très petites quantités. Et donc, on a bien d'accord.
On parle de pollution sur des milliers d'années. On parle de déchets que des générations futures pourront déterrer parce qu'on ne saura même plus qu'ils sont là. C'est le risque. C'est là une notion du risque. C'est-à-dire que j'explique aussi comment l'une des navettes... Oui, mais c'est une solution dans les médias, la meilleure, pour décarboner. C'est ce que dit Patrick. Oui, mais dans ce cas-là... Et pour assurer un appréhension. Ce n'est pas parce qu'on remplace un danger dont on a compris aujourd'hui l'ampleur, parce qu'on le subit. Ça y est, concrètement, on le voit. Qu'il faut remplacer par un autre danger dont on a déjà vu ce dont il était capable.
Le nucléaire militaire, bien évidemment. Mais le nucléaire civil, de par les accidents que je vous ai cités. Merci.
Merci.
Aymeric Caron