Nathalie Arthaud est l'invitée de la matinale de Franceinfo.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Nathalie Artau. Bonjour. Ça vous a pas échappé.
Nous sommes aujourd'hui le 1er mai. C'est la journée internationale des travailleurs. C'est aussi une journée chamée.
Que répondez-vous à ces travailleurs de plus en plus nombreux, ces boulangers, ces fleuristes qui disent "Bah nous, on veut travailler le 1er mai Euh non, je pense pas que les ouvriers boulangers disent "On veut travailler le premier mais on veut absolument et il y en a même qui ont eu des amendes parce que l'année dernière où les crois vous confondez les patrons qui ont des boulangeries et qui font travailler et qui font se lever en effet des salariés à 2h 3h du matin pour faire le pain avec les travailleurs, les ouvriers boulangers. Moi, je suis absolument opposée. C'est un une journée chamée et payée ce jour-là et je pense que les travailleurs euh travaille suffisamment en fait, se tuent d'ailleurs suffisamment à la tâche.
Je crois d'ailleurs que le métier de boulanger est un des métiers extrêmement difficiles et que la perspective c'est au contraire de travailler moins et d'augmenter les salaires parce qu'en fait c'est ça le problème. Natalio, s'ils sont enfin s'ils sont proactifs, c'estàd s'ils le veulent, s'ils veulent augmenter leur pouvoir d'achat, pourquoi les empêcher de travailler ? Parce qu'en réalité euh oui, tous les salariés revendiquent aujourd'hui des augmentations de salaires.
Les salaires sont beaucoup trop bas. Et des ouvriers boulangers, je n'en doute pas euh non plus. Vous savez quand même qu'il y a 2,7 millions de salariés qui sont au SMIC aujourd'hui, hein, et sans doute autour de 3 millions qui qui dont les salaires vont sont autour de 1400 € nets.
Donc, il y a un vrai problème sur les salaires et sur le pouvoir d'achat, mais on ne s'en sortira pas en accumulant les heures supplémentaires et le travail de nuit. On ne s'en sortira qu'en revendiquant, en se battant pour des hausses de salaires et pour que les profits servent à augmenter les salaires. Moi quand j'entends que c'est la liberté, c'est le volontariat et cetera, mais attendez, ceux qui nous expliquent ça vivent dans un autre monde.
Vous croyez que la caissière de de Carrefour va discuter sur un pied d'égalité avec avec le le le directeur de Carrefour ou que un tenez un apprenti boulanger va dire "Ah bah non, moi je ne suis pas volontaire pour venir venir travailler jeudi." Par exemple, vous Nathalie, vous êtes porte-parole de lutte ouvrière. Euh vous aussi en quelque sorte vous travaillez uner mai puisque nous sommes ensemble sur ce plateau.
Non, je ne travaille pas. Je suis en train de défendre mes convictions et de défendre l'idée que justement les travailleurs doivent défendre leurs droit, leurs intérêts. Et le progrès, c'est pas de travailler plus, c'est effectivement de répartir le travail entre tous, de travailler moins et d'être mieux payé parce qu'en réalité aujourd'hui, il y a des richesses dans la société et il faut qu'on se batte pour récupérer les fruits de notre travail.
Alors aujourd'hui, il y a bien d'autres choses aussi à dire hein sur cette journée, mais c'est un combat un combat incessant qu'il faut. C'est un combat, vous le dites, sauf qu'il y a de moins en moins de salariés syndiqués dans les entreprises. Il y en avait 30 % en 1949, il y en a que 10 % aujourd'hui.
Comment est-ce que vous l'expliquez ? Alors moi je je pense que il y a beaucoup de désillusions et puis voilà. Quelque part, beaucoup de travailleurs ont cru que finalement les choses pouvaient changer au travers des élections et que il fallait attendre le bon président ou la bonne présidente qui allait faire à notre place.
Mais non, la réalité c'est que le sort des travailleurs ne change qu'en se battant collectivement, en s'organisant. Et c'est ça que montre le 1er mai. Et c'est pour ça qu'il faut être nombreux dans la rue aujourd'hui et euh demain, j'ai envie de dire parce que les combats à mener mais ils sont vous vous rendez compte quand même qu'il y a 360 plans de licenciement aujourd'hui, c'est-à-dire 200 300000 salariés qui vont perdre leur gagne pas, que les salaires effectivement sont trop bas, que on nous dit qu'on va nous on va nous attaquer sur 40 milliards.
Et puis la société, elle évolue aujourd'hui dans un sens de plus en plus réactionnaire. Le capitalisme est de plus en plus autoritaire, de plus en plus raciste, de plus en plus guerrier. Donc il faut absolument s'élever contre tout ce système et ne pas attendre des des dirigeants qui nous emmènent sur cette voie-là des changements.
Un mot encore sur le 1er mai, c'est aujourd'hui euh devenu le rendez-vous phare du rassemblement national. He Marine Le Pen participe aujourd'hui à un grand rassemblement à Narbon. Elle est devenue en quelque sorte le porte-parole de d'un centre de français, notamment ceux qui travaillent, notamment des ouvriers.
Ce n'est plus vous. Non, mais euh c'est comment dire c'est une mascarade. J'ai entendu dernièrement euh Bardella euh expliquer qu'il comprenait parfaitement Bernard Arnaud.
Bernard Arnaud qui touche quand même, je le rappelle, un SMIC toutes les 15 secondes, hein. Voilà. C'est le PDG de LVMH.
C'est donc le le l'empereur du luxe Bernard Arnaud quelques 200 milliards de fortune, enfin pas loin de 200 milliards, il fait donc il ense toutes les 15 secondes. Et bien qu'a dit Bardella par rapport aux réactions de Bernard Arnaud sur le fait qu'il était il il payait trop d'impôts que il le comprenait qu'il le comprenait et que en effet Bernard Arnaud était victime d'un enfer fiscal. Vouszez vous ni une réalité les ouvriers aujourd'hui beaucoup votent à Tremblement national qu'il se trompe.
Je leur dis que le RN c'est le parti de la bourgeoisie, c'est le parti justement du grand patronat. Le quand est-ce que le RN a un mot pour dénoncer l'exploitation, l'exploitation au travail qui est dur aujourd'hui il y a des millions de sal de femmes et d'hommes qui se tuent au boulot, qui laissent leur santé pour des salaires encore une fois de misère. pour des salaires de misère.
Donc c'est et le RN n'a jamais un mot là-dessus et sa politique et pourquoi ça marche et sa politique pourquoi ? Pourquoi est-ce queil y a des ouvriers à ces idées société qui recule où il y a de plus en plus de misère, les gens ont peur de manquer et que du coup le repli sur soi, le rejet de l'autre et ben ça marche et le RN précisément flatte flatte tous ces préjugés, les préjugés racistes, les préjugés xénophobes, les préjugés contre les musulmans dont on voit d'ailleurs où ça mène avec le meurtre d'Abouakar Sissé, hein. hein.
Euh voilà, il flattent ces préjugés là et ce faisant, je tiens à le dire, il divisent aussi les travailleurs et les empêchent de se battre collectivement. Et le 1er mai, c'est précisément aussi une journée pour dire que tous les travailleurs du monde entier, ils ont les mêmes intérêts et leur intérêt, c'est de combattre ces multinationales qui font un argent de fou, j'ai envie de dire, sur leur dos et qui sont en train de mener toute la société dans vous entend. Je voudrais qu'on garde un tout petit temps pour pour évoquer les retraites.
François Baïot a lancé des concertations sur ces retraites qui sont censées aboutir en juin. Euh déjà un mot sur la méthode. La réforme des retraites, on sait elle a été adoptée dans la douleur mais elle a été adoptée en 2023.
Rien n'obligeait donc finalement François Baou à rouvrir ce dossier brûlant. Est-ce que vous lui savez gré quand même de le faire aujourd'hui ? Non, mais c'est il rouvre le dossier pour nous expliquer que de toute façon, il va falloir euh encore reculer l'âge de la retraite et il va falloir baisser le niveau des retraites.
Donc c'est Non, mais vous savez qu'il peut y avoir quand même des améliorations sur les carrières de femmes, les carrières longues, les seiors, on fait que recul, c'est pas rien. C'est pas rien s'il y a si si ça peut aboutir sur ces sujetsl on ne fait que reculer. Vous savez, moi j'ai quand j'ai voilà, je me suis intéressé à la politique, la retraite, elle était à 60 ans et la durée de cotisation à 37 annuité et demi.
Est-ce que le pays est devenu plus pauvre ? Est-ce qu'il y a moins de richesse dans ce pays ? Est-ce que la productivité a a régressé ?
Non. Non. Alors, où est allé cet argent ?
Où est allé cet argent ? Moi, je suis révolté d'entendre qu'il y a plus d'argent, qu'il y a des déficits et cetera, qu'il y a une dette incroyable et cetera parce que dans le pays, il y a énormément de richesse. Vous savez quand même que depuis 2000 de 2017 à aujourd'hui, la fortune des milliardaires a été multipliée par de que il y a 13 milliardaires de plus 13 milliardaires que les caisses du grand patronat sont pleines.
Sur cette concertation, est-ce que par exemple les syndicats ont tort ? Est-ce que la SFDT a tort de s'asseoir à la table pour aller effectivement sur cette pénibilité, cette carrière longue, ce travail commenter les uns ou les autres. Moi ce que je sais c'est qu'il y a de l'argent dans la cette société, il faut aller le chercher et ça se fera au travers effectivement d'un rapport de force.
Ce que la situation, elle l'exige, c'est euh que euh on contraigne aujourd'hui le grand patronat, qu'on le force, qu'on qu'on lui interdise de licencier par exemple, lui interdise de lien, faut quitter ce concl des retraites. Mais la CFDT ne le fera pas, je le sais pertinemment. En revanche, les travailleurs en colère, conscient de leurs intérêts, ils peuvent le faire au travers des des mobilisations générales.
Aujourd'hui, victoire possible euh par petit pas pour vous, c'est la révolution ou rien. C'est une mobilisation d'ampleur au travers de laquelle les travailleurs doivent prendre conscience de leur force. Ils font tout dans la société.
Et moi ma conviction c'est qu'il va falloir tôt ou tard qu'il dirige cette société parce que ceux qui sont à la tête aujourd'hui hein de de entreprises de et de la politique où nous mènent-ils ? Vous vous avez vu qu'ils sont en train de nous préparer une nouvelle guerre quand même. Vous avez vu que le gouvernement nous dit il faut qu'on trouve 40 milliards mais il y a quand même 50 milliards qui sont prévus pour les engins de mort.
Où on va dans cette sociétélà ? Donc, il faut que les travailleurs pour défendre leurs intérêts et pour offrir un avenir à l'humanité se disent "C'est à nous de prendre les manettes." Le message est passé.
Merci Nathalie Arta.
Nathalie Arthaud