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interview28 minutes - ARTE· 24 décembre 2025 46 min

IA : une révolution dans nos vies ? | 28 Minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Bonsoir et bienvenue à tous. Salut les amis. Salut Renault.

Nous sommes très heureux de vous accueillir dans ce hors série de 20 minutes IA. Ces deux lettres résument une révolution technologique dont la puissance semble illimitée. Jour après jour, l'intelligence artificielle s'impose comme un acteur majeur de l'évolution de nos sociétés. un formidable champ d'investissement de découverte de progrès scientifique ou médical mais aussi un enjeu qui peut bousculer nos démocraties.

C'est surtout un outil qui chamboule déjà notre quotidien à la maison ou au travail comme pour nos loisirs des tâches les plus simples jusqu'au plus sophistiqué. Alors l'intelligence artificielle est-elle en train de révolutionner nos vies ? Pour en parler ce soir, nous recevons Anne Bouvreot, ingénieur et vice-présidente du Conseil du numérique et de l'IA, un organisme qui a pour mission d'éclairer le débat public et de conseiller le gouvernement notamment pour définir la stratégie numérique de la France.

Elle échangera également avec Johanna Manolesco, directrice de recherche à l'Institut national de recherche en informatique, spécialiste de ces algorithmes qui scandent nos vies numériques. Et en fin d'émission, nous vous retrouverons Victor de Kiver et Natacha Triou. Bonsoir Renault.

Bonsoir Natacha. Ce soir, je vous emmène explorer les finfonds de notre planète, les abys où on va découvrir le plus profond écosystème vivant. Et vous Victor ?

Moi je m'inquiète pour les plus de 55 ans ce soir. Sex, drogue, alcool, les chiffres sont déplorables et les infections sexuellement transmissibles explosent. Réveillons à tous.

Merci. Merci Victor. À tout à l'heure les amis.

C'est donc parti pour le hors série de 28 minutes. Bonsoir Anne Bouvre et bienvenue. Laissez-moi vous présenter Valérie Brechard et Jean-Mthieu Pernin.

Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir.

Anne Bouvre. Vous êtes donc ingénieur euh coprésident du conseil de l'IA de l'intelligence artificielle et du numérique dont vous avez d'ailleurs organisé le sommet en 2025 en février à Paris sous la tutelle d'Emmanuel Macron qui avait accueilli tous les géants de la tech. Je signale d'ailleurs que le prochain sommet de l'IA aura lieu à Daily en Inde en février prochain en février 2026 avant d'explorer tous les enjeux liés à cette révolution de l'intelligence artificielle.

Une première petite question plus personnelle pour commencer vous-même Lia dans votre vie quotidienne très concrètement dans votre vie de tous les jours. Vous vous en servez à quel moment ? Je m'en sers beaucoup pour le travail, pour répondre à des messages, pour structurer des idées, pour préparer des entretiens.

Enfin, je utiliser ça vraiment comme des outils d'aide dans mon travail. Mais uniquement sur le plan professionnel ou aussi sur le plan privé, familial pour vos loisirs ? Ben en fait, je discutais justement avec des gens hier, les vacances de Noël.

Non, j'ai jamais organiser mes vacances avec Lia. Il y a plein de gens qui font ça mais ça non, j'ai pas fait. Après, oui, je m'en sers aussi dans ma vie personnelle pour un certain nombre, voilà, de questions, d'idées et de plus en plus, on est dans est-ce qu'on va chercher ces choses-là sur internet avec un outil de recherche à la Google ou est-ce qu'on va chercher avec un outil d'intelligence artificielle ? fait partie des des changements qu'on voit et nous sommes de plus en plus nombreux effectivement à la pratiquer cette IA.

Alors, jusqu'où l'intelligence artificielle change-elle déjà nos vies ? Jusqu'où bousculent-elle les relations humaines ? Retour sur une année au cours de laquelle LIA a déployé encore un peu plus sa puissance avec la mise au point d'Amira Souem.

Un anniversaire ça se fête. GBT des réponses à tout et déjà 800 millions d'utilisateurs par mois dans le monde. C'est comme un partenaire qui ne charge pas à être ton égal, qui n'annule jamais de réunion et qui ne se moque jamais de tes idées.

Chat GPT est là pour rester. Gémini, MTA aï, Grock, Alexa plus, Dipsy, cou le chat, Lia est devenu incontournable et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Vous avez dit à Trump que vous allez investir 600 milliards de dollars ?

Oui, d'ici 2028. C'est beaucoup d'argent. Oui, effectivement, si on perd quelques centaines de milliards de dollars, ce sera effectivement dommage, mais je pense que le risque est encore plus grand si on ne le fait pas.

Les géants de la silicone vallée parient sur une technologie qui a déjà révolutionné nos vies, parfois pour le meilleur comme avec ce dispositif qui permet la détection précoce des cancers du sein. L'intelligence artificielle, elle s'appuie sur une banque de données de milliers voire de millions de mammographies qui ont été emmagasinées, des mammographies normales et des mammographies anormales. Elle analyse toutes les zones de la mammographie et elle la compare avec sa banque de données.

Mais l'usage de l'IA s'étend très vite partout. conquérrant même des territoires que l'on croyait réservé à la créativité humaine. Dans la littérature comme dans les arts, l'IA est en train de s'imposer.

Déjà un/ers des morceaux mis en ligne par la plateforme musicale 10h sont composés sans intervention humaine. Écoutez, [musique] parmi ces trois titres, selon vous, lequel n'a pas été généré par Unia ? [musique] Ils ont tous été composés via une app en quelques minutes.

Alors, comment Lia va changer nos vies ? Du bureau à l'hôpital, de la conduite automobile à la création artistique ? L'intelligence artificielle va-t-elle bientôt savoir faire ?

Tout comme nous, mais en mieux. Alors bouvre li a l'intelligence artificielle sait faire beaucoup de choses énormément énormément mais pas tout bien. C'est-à-dire qu'on quand on y recourt d'ailleurs y compris dans notre vie quotidienne pour telle ou telle aide, on s'aperçoit que l'IA elle fait souvent des erreurs aussi.

Comment ça se fait ? Pourquoi elle se trompe ? En fait, c'est un une technologie statistique.

Donc ça nous donne des choses qui sont statistiquement très probables. C'est pour ça que les exemple sur la santé sont des très bons exemples. Ça dit statistiquement, il y a beaucoup de chance qu'il y a un cancer ou une application que j'ai vu en Inde et on tousse face à un téléphone portable et et le son est analysé pour dire est-ce que c'est plutôt une grippe ou plutôt la tuberculose ?

Donc c'est statistiquement c'est ça mais mais peut-être à 95 % et à 5 % c'est peut-être n'importe quoi. Donc n'est pas infaillible donc il faut aussi savoir s'en méfier complètement. Alors il y a une expérience qui a été réalisée auprès d'utilisateur régulier d'intelligence artificielle et qui révèle ce qu'on appelle un endormissement cognitif.

C'estàd qu'en qu' quand qu'en délégant à des machines, on devient très vite paresseux pour chercher des des informations pour les traiter. Si la machine devient chaque jour de plus en plus intelligente, ça veut dire que nous on devient de plus en plus bête. Non, mais par contre le risque d'endormissement est un vrai risque et c'est pour ça que du côté éducatif effectivement il faut pour les jeunes mais pour nous tous, il faut qu'on maintienne notre compréhension du fait que effectivement ce n'est pas infaillible et qu'il faut qu'on ait cette vigilance, cet esprit critique, ce côté est-ce que je suis vraiment sûre, comment je vérifie ?

Ça c'est vraiment très important parce que même si ça va s'améliorer donc peut-être ce sera pas 95 % mais peut-être 98 % mais il va toujours y avoir des erreurs et et de toute façon il faut jamais complètement déléguer justement comprendre comment ça marche l' ça peut donc être une aide extrêmement bénéfique mais ça peut aussi être produire du du faux en quelque sorte du du mensonge et à ce titre avec Lia Jean-Mathieu Pernin les manipulations d'images peuvent être aussi fascinantes que dangereuses d'ailleurs, notamment les fameux deep fake et oui Attends, mais c'est vrai ou pas ? Voilà une phrase que l'on prononce maintenant d'une manière très régulière quand on regarde une vidéo sur les réseaux sociaux. Le phénomène des deepfake qui sont des vidéos donc falsifié grâce à l'intelligence artificielle est devenu si courant qu'il nous devient désormais difficile et bien de distinguer le vrai du faux.

He selon une enquêteop en 2024 un/ers des Français et bien étaient capable de repérer un contenu photos ou vidéos généré par une intelligence artificielle. On va faire un petit test. Voilà.

Alors si je vous montre cette vidéo, voilà celle-ci vous allez voir. Alors celle-là on voit clairement ça c'est vrai ça vous y étz vous êtes derrière là-bas d'ailleurs. Exactement.

Alors Rena on peut voir que vous êtes très permet à voilà à ce genre de vidéo. Bon en fait c'est faux. Je suis désolé de vous le dire mais par contre imaginons, c'est une vidéo parodique mais moi en dessous je rajoute un petit commentaire et si je dis ah ben j'imagine qu'ils font ça avec nos impôts et là on entretient voilà là le doute dans ce climat délétaire.

Lady fake visent le plus souvent à ridiculiser mais parfois aussi à semer le doute et ça ce qu' l'ont bien compris ce sont les hackurs russes he qui n'hésitent pas à inondernet de fausses vidéos mettant en scène Vodimir Zelinski pour le discréditer. Certaines vidéos ont même très rapidement fait le tour du monde hein comme celle-ci quelques heures après l'altercation entre le président américain et le président ukrainien à la maison blanche le 28 février 2025. cette vidéo imaginez comment la scène aurait pu dégénérer.

Alors c'est faux mais cette séquence générée par EA entretient la tension dans ce type d'attaque virale. On peut donc parler d'ingérence étrangère. C'est d'ailleurs le terme utilisé par Emmanuel Macron il y a 8 jours pour dénoncer cette vidéo qui mettait en scène un PCH à l'Élysée.

À l'heure actuelle, les informations non officielles évoquent bien un coup d'état en France dirigé par un colonel dont l'identité n'a pas été révélée et la possible chute du président Emmanuel Macron. Alors cette vidéo avait été envoyée à Emmanuel Macron par un président africain et vous allez voir que Emmanuel Macron bah lui est toujours pas revenu. 12 millions de vues. 12 millions de vues 12 millions moi, président de la République comme auraient dit certains, et je demande à mon équipe quand même ce trucl c'est pas possible en plus dans cette période demander tout de suite à la plateforme de le retirer.

Et oui, Emmanuel Macron, président de la République française, n'a pas réussi à faire enlever la vidéo par Facebook et on a appris d'ailleurs que cette fausse vidéo était l'œuvre d'un adolescent au Burkina Faso. Mais on le voit, il y a une multiplication he des outils qui sont disponibles désormais pour modifier des vidéos. Alors Anne Bouvreot Maintenant, est-ce que vous avez vous-même une solution ?

Comment on va faire désormais pour distinguer le vrai du faux ? Alors, je pense qu'il y a bien sûr d'abord vous avez raison, c'est quelque chose qui arrive de plus en plus au moment de la guerre en Ukraine, au début de la guerre, il y a eu une vidéo de Zelenski appelant son peuple à se rendre qui était une fausse vidéo, donc un deep fake très clairement en plus par piratage des chaînes de télévision nationale. Donc on est sur des choses extrêmement graves dans des dans des contextes comme celui-là.

Euh on peut pas empêcher ce genre de chos. Il y a toujours eu des falsifications de photos, des faux textes qui circulaient. Là, on est sur quelque chose qui est un peu nouveau.

Donc, il y a un aspect nouveauté, comment est-ce qu'on s'y prépare. Mais il y a aussi un côté bon sens. Il y a un côté est-ce que c'est réaliste ?

Les vidéos que vous avez montré en fait en gros sont pas réalistes. Non, mais parfois ça peut être extrêmement très très bien fait. Ça peut être très bien fait mais je pense qu'il faut aussi on a tous un un tous tous vos auditeurs tout on a un sens de ce qui réalise tout pas.

On peut avoir envie de les circuler parce qu'on trouve ça drôle. On peut avoir envie de dire "Oh, tu as vu, est-ce que c'est vrai ?" et cetera.

Mais je pense qu'il y a quand même un certain discernement. Alors là, on a vu des vidéos à but en effet de propagande, mais ce qui est terrible avec les fait, c'est le véritable phénomène et la dramatique de la chose, c'est que tout le monde désormais peut en faire. He, c'est pas très compliqué d'en faire.

Et là, on voit énormément de drames, notamment dans les collèges, avec des vidéos pornographiques où l'on met des visages et bien tout simplement de jeunes femmes à la place d'actrices pornographiques. Et on connaît les ravages que ça peut faire ensuite au sein de l'établissement. Absolument.

Et là, il y a des domaines dans lesquels je pense qu'il faut regarder pour légiférer. Ça ça fait partie des choses qui sont absolument inacceptables dans tous les pays. La première dame aux États-Unis, Mélagia Trump s'est emparé de ce sujet par exemple. sont des sujets vraiment transptisans et extrêmement important encore plus quand ça touche nos enfants.

Autre autre autre problème aussi c'est que les modèles d'IA sont de plus en plus gourmands en énergie. Est-ce que l'intelligence artificielle est compatible avec la transition écologique ? Alors là il y a deux parties de de l'intelligence artificielle qu'il faut séparer.

Il y a la partie entraînement d'un nouveau modèle extrêmement puissant qui consomme énormément d'énergie. Tout ça est vrai. D'eau aussi pour refroidir les machines.

Oui, surtout d'énergie et et d'électricité, un peu d'eau. Euh et après il y a l'utilisation des outils d'IA. Et quand on utilise UNIA pour poser des questions sur ses vacances, pour s'aider au travail et cetera, on n pas besoin de quelque chose de monstrueux qui répond à toutes les questions dans toutes les langues du monde, qui sait faire du développement informatique, des mathématiques, de la poésie et cetera.

Et là, il faut au maximum travailler avec des petits modèles spécifiques beaucoup moins consommateurs d'énergie. Ça c'est vraiment important ce point-là. Alors, plus l'intelligence artificielle améliore he donc ses ses performances, et capacités, plus aussi elle peut menacer un grand nombre de métiers.

Chauffeurs de taxi, enseignant, artistes, médecins et même journalistes. Pourrions-nous finir par être tous remplacés ? Lia va-t-elle nous piquer nos boulots ?

Cette question, nous en avons beaucoup débattu cette année sur le plateau de 21 minutes. Regardez. Vincent Ravalec, vous expliquez utiliser l'IA de façon totalement décomplexé.

On parle de I création. Moi je c'est vrai que j'utilise énormément l'IA pour créer des images, pour brainstormer. Par exemple, pour l'écriture littéraire, ça m'est même jamais traversé l'esprit d'utiliser l'IA.

Pour moi, le c'est mon rapport au monde, il est artistique et je pense qu'il y a il y a vraiment une nuance entre se servir de l'IA comme un outil et demander à l'outil de cré à Lia de créer, ce qui pour moi est totalement différent. Je je vois pas du tout Lia comme un une source de création, je le je le vois comme un comme un pinceau supplémentaire en fait. Moi j'ai je l'ai vu comme un nouveau joujou mais je me suis jamais dit je vais demander à Lia d'écrire un livre pour les mangakas.

On n'a jamais eu l'idée de demander à Lia de imaginer une histoire pour nous parce que les mangaka ont envie d'abord de devenir une personne capable de raconter une histoire avec sa propre main. Et si on demandait à Lia de le faire à sa place, ça voudrait dire délaisser la partie la plus amusante de notre métier Alia. Donc je ne serai jamais amis avec Lia.

Pour moi, le Lia, c'est le serpent de la tentation. C'està-dire que dans la Bible, la Genèse, le serpent, il a pris Adam et Ève et puis a croqué la pomme et ensuite ils sont passés dans un monde où il fallait travailler. Et oui.

Et ben là, le serpent de la tentation, c'est tout le contraire. Ils nous ont dit ne travaillez plus. Vous n'avez juste qu'à appuyer sur un bouton et vous revenez dans ce jardin d'Eden où toute la création va vous être donnée.

Ça va vous déginer du ciel. Non, très sincèrement, moi je travaille avec des dessinateurs. C'est des gens, ils ont besoin d'exister, ils ont besoin d'avoir du travail et c'est des gens talentueux.

Si tout d'un coup vous dites A bah vous allez placer ce dessinateur, il va coûter moins cher et hop, c'est comme ça. Dans 5 ans, il y a les dessinateurs, mais il va pas y en avoir beaucoup. Ce qu'il faut voir, c'est qu'avec l'IA, comme d'ailleurs avec d'autres évolutions industrielles, on a en fait deux effets.

On a un premier effet qui est la substitution. vous avez certaines tâches qui vont être substituées par la machine et ça peut faire disparaître des emplois. Et par ailleurs, vous avez aussi des tâches qui vont être complétées par la machine et ça va permettre de développer d'autres tâches et donc d'avoir des emplois qui se développent.

Je pense qu'à ce stade en fait, il faut être très prudent parce que c'est vrai que je suis pas non plus une techno optimiste. Je pense qu'on ne sait pas du tout encore si on va voir plus d'emplois créés ou détruits. Une grande majorité des des emplois au fur et à mesure du temps vont être touchés.

Aujourd'hui, l'école blanc, les gens qui travaillent au bureau avec un ordinateur, maintenant est-ce qu'il faut en avoir peur ? toutes les évolutions et les innovations technologiques à la fin crée de la valeur en réalité. Un exemple très concret qu'on a, on a notre responsable administratif et financier qui est parti.

Au début, on pensait le remplacer, finalement, on l'a pas remplacé. Et pour autant, aujourd'hui, on est plus nombreux que l'année dernière en terme de nombre de collaborateurs. Donc, en fait, il y a une transformation ici.

Nos propres collaborateurs, même les plus jeunes aujourd'hui, arrivent à faire des tâches à plus forte valeur ajoutée. Ça accélère leur carrière aussi. Ça révolutionne tout.

La question c'est euh en effet les dangers que ça représente par rapport au aux travailleurs qui vont rester au sein de l'entreprise parce que si c'est pour faire des métiers de d'assistance par rapport à l'IA, ça réduit considérablement le sens du travail. L'autre problème, c'est par rapport au RH, c'est-à-dire que il y a ressources humaines. Si on se retrouve avec des entreprises dont les ressources humaines, mot d'ailleurs absolument horribles, sont gérés par une IA.

Alors là aussi, on est dans une déshumanisation totale. Est-ce qu'on décide de mettre de l'humain dans l'IA ou est-ce que on en fait un pur outil de productivité et de profit ? On va prendre un exemple très concret. dans de nombreuses villes aujourd'hui aux États-Unis comme en Chine, on peut monter dans un robot taxi, c'est-à-dire une voiture autonome qui conduit donc sans sans chauffeurs.

Est-ceà dire qu'aujourd'hui il faut que les 1200 chauffeurs de taxi en France ou de VTC doivent se préparer à se reconvertir ? C'est inéluctable. Alors d'abord ça c'est pas vraiment de de l'IA mais et on en est encore pas du tout à ça mais vous voyez on a de la conduite automatique sur certains métro on a de la conduite automatique potentiellement sur certains trains où on a un conducteur et de l'automatique.

Je pense qu'on va plutôt arriver sur une coexistence de différents modes de fonctionnement. le côté le côté travail parce que c'est plutôt effectivement le le les aspects comment on utilise l'IA dans son travail dans des métiers comme les nôtres. Euh euh là c'est plutôt de la reconfiguration de de tâches.

Donc il y a une partie plutôt d'ailleurs d'automatisation de choses un peu administrative euh où là on peut être content justement de se dire "J'ai plus besoin de faire ces trucs qui me prenaient vraiment beaucoup de temps. Je peux me consacrer à faire des choses que je trouve plus intéressantes mais ça change ma manière de travailler avec les autres." Sauf qu'à nouveau que c'est pas simplement les tâches les plus austères, les plus répétitives ou les plus administratives comme vous dites qui peuvent être concernés justement par l'IA et que l'IA peut nous permettre de en quelque sorte de mettre de côté.

On va prendre un autre exemple, le métier de traducteur qui qui est quand même directement menacé aussi par les applications de l'intelligence artificielle. Euh vous parliez de coexistence entre euh le fonctionnement de l'IA d'une part et puis des métiers qui vont demeurer, mais c'est parfait une coexistence un peu difficile. Si on regarde cet exemple euh par exemple euh des des séries sous-titrées grâce à l'intelligence artificielle, bah ça donne des erreurs comme celles qu'on peut voir là.

Euh voilà, au lieu de "Salut chérie, tu veux déjeuner ? Euh, salut le miel." Euh, ça veut dire quoi ça ?

Ça veut dire que ça peut rassurer en même temps d'ailleurs cette corporation, les traducteurs, ce métier menacé. On en aura toujours besoin quand on voit ce genre d'erreur. Mais clairement c'est une erreur.

On en revient au 95 % de voilà ça c'est un système de traduction humain ou pas qui a pas compris que René ça voulait dire chéri et pas le miel effectivement. Mais mais est-ce que le métier de sous-titrage de d'une série télévisier c'est la partie la plus intéressante du métier de traducteur ? En tout cas, c'est mieux que les sousiles soient bons.

Ah, par contre, c'est donc là, on a besoin de dire, il vaut mieux qu'il soit juste. Sûr, bien sûr. Le le en fait les compétences qui sont parce qu'après il faut réfléchir à quelles sont les compétences qu'on veut que nos enfants développent et que nous on continue à développer.

Je pense qu'il y en a il y en a plusieurs. Il y en a une qui est qui sont des capacités d'apprentissage et d'adaptation parce qu'indépendamment de l'IA, nos métier changent régulièrement et vont continuer à changer. On peut pas se dire à 25 ans, je connais mon métier et je vais le faire euh pendant 30 ans ou plus. et puis les composantes, les compétences comportementales parce que il y a ce côté effectivement les tâches qui sont remplacées sont une partie de ce qu'on fait aujourd'hui mais le côté comportemental n'est pas du tout pris en compte et au contraire le côté libération d'une partie du temps, ça permet dans la santé par exemple au aux infirmières, aux médecins d'avoir plus de temps en relation avec les patients et aujourd'hui il y en a pas assez.

Euh donc ce sera ce que nous en ferons, l'introduction de l'intelligence artificielle dans les métiers, mais il y a une opportunité d'en faire quelque chose qui en fait est bénéfique. En tout cas, le les conséquences de de l'intelligence artificielle sur le marché de l'emploi, c'est une un enjeu qui préoccupe d'ailleurs certains patrons du secteur de l'IA. Oui, comme le patron de l'entreprise anthropique, géant américain de l'intelligence artificielle, il connaît bien la puissance de la technologie qu'il développe.

Dario Amodayi alertait le 17 novembre dernier sur ses effets potentiellement dévastateurs sur l'emploi. Écoutez 20% to entry levels. Well, if we look at entry level consultants, lawyers, uh financial professionals, you know, many of kind of the white collar service industries, a lot of what they do, you know, AI models are already quite good at and without intervention.

Est-ce qu'on est pas là en pleine job apocalypse comme annoncé dans le Financial Times en septembre dernier qui s'appuyait d'ailleurs sur un sur un rapport qui prédit que 300 millions d'emplois dans le monde pourraient être automatisés notamment vous le disiez dans les activités de bureau administrative ou juridique mais enfin c'est quand même 300 millions d'emplois qui vont disparaître être alors ce genre de prédiction, il faut toujours les prendre avec beaucoup de prudence et et le passé n'est pas une prévision du futur, mais il y a en 2013, il y avait eu un rapport d'Oxford disant que 30 % des métiers allaient disparaître. On est 15 ans en est 12 ans après, ça n'a pas été le cas. Euh il y a 2 ans euh euh lors du sommet I qui avait été organisé en Angleterre, euh Elon Musk avait dit "Dans 2 ans, la moitié des emplois auront disparu.

On est 2 ans après, la moitié des emplois n'ont pas disparu." Euh donc, je pense que ces prévisions d'apocalypse sont apocalyptiques et sont un peu là pour faire réfléchir et pour faire peur. Et c'est bien de réfléchir.

Ça veut pas dire qu'il y a pas de métiers qui vont disparaître, mais je pense qu'il faut faire attention à ne pas se focaliser. Si on se dit qu'il y a plein de métiers qui vont disparaître, il faut penser revenu universel, il faut penser que font tous ces gens au chômage. La réalité telle qu'on la voit et c'est un travail que j'avais fait avec Philippe Agon en 2024 prix Nobel d'économie depuis c'est que c'est plutôt 70 % des métiers qui vont changer transformés en fait transformés.

Et donc là, si on se dit c'est plutôt 70 % qui vont être transformés, donc la réponse formation, adaptation, euh compréhension du changement, réorganisation du travail. Et c'est ça, je pense beaucoup plus la priorité de ce qu'il faut qu'on fasse. Ouais.

Mais il faut vous comprenez aussi que c'est vrai que quand on n'est pas du tout dedans, quand on regarde ça, il peut y avoir véritablement cette crainte parce que ceux qui l'ont démontré d'ailleurs, ce sont ceux qui créent li par exemple Amazon, ça veut dire IBM, Microsoft et ben ils ont fait des licenciements massifs pour remplacer ces licenciements des travailleurs par des intelligences artificielles. Donc c'està dire qu' aussi on a l'impression que c'est presque un argument de vente pour eux en fait de l'intelligence artificielle. Oui mais en fait le parce qu'ils ont remplacé par des gens qui font de l'IA, c'est la partie qui est pas vraiment vraie.

En fait, il y a beaucoup d'entreprises aujourd'hui comme L est à la mode, hein, si elles ont des problèmes et qu'elles arrivent pas à obtenir les résultats qu'elles voulaient et qu'elles doivent faire des plans de licenciement, elles disent "Mais c'est parce que je fais de l'IA, s'en sortent comme prétex." Oui. Et là, et là, est-ce que c'est vraiment vrai ?

C'est très important de regarder ça parce que souvent c'est plutôt ça me permet de donner un twist, c'est très triste mais vis-à-vis des analyses financiers qu'ils trouveront plus positif. H mais peut-être que c'est juste une excuse. C'est pour ça qu'il faut regarder plus précisément ce qui se ce qui se passe vraiment.

Mais mais après je comprends tout à fait les crainte et je pense que c'est important de les entendre et c'est aussi pour ça que c'est important de de concrètement comprendre ce que Lia peut donner dans son domaine de compétence et son métier. Quand on regarde dans son domaine de compétence et son métier, on voit plus facilement les cas d'erreur. Moi dans le domaine juridique qui n'est pas le mien, je dis tout ce que sortent les IA, c'est merveilleux. les I qui parlent de l'IA qui est un domaine que je connais un peu plus ou du domaine des entreprises, je me dis bon là c'est très général et qu'est-ce que j'ai vraiment appris ?

Et c'est pour ça qu'il faut que chacun et chacune regarde et comprennent les limites et et les capacités de ces systèmes. Je pense la la puissance de l'intelligence artificielle commence en tout cas aussi à alarmer hein les les gouvernements et les États pour leur peine à à réguler cette révolution technologique. Alors quels sont les outils efficaces pour l'encadrer ?

Faut-il renforcer l'arsenal législatif ? sur quel point autant d'enjeux discuter sur le plateau de 28 minutes. Regardez beaucoup se félicite des régulations européennes sur l'intelligence artificielle.

Pas vous Luc Julia, on s'en étonne. Alors c'est pas tout à fait vrai. C'estàd que moi, je pense que la régulation est importante.

On parle d'outil qu'on peut utiliser à bon à mauvais essiant. Euh le marteau, je peux utiliser pour planter le clou, ça marche très bien. Je peux l'utiliser pour taper sur la tête, c'est pas bien.

Collectivement, on va décider, une fois qu'on a compris, on va décider qu'il faut réguler. Le problème que j'ai avec la régulation et ce qui se passe en Europe en général, c'est pour ça qu'on se moque d'ailleurs des Européens dans la Silicon Vallée, là où j'habite, d'accord ? On dit les États-Unis invent, la Chine copie, les Européens régulent.

On se moque de ça parce que on régule à priori et je pense que ça c'est une grosse bêtise parce que on invente des régulations qui n'auront aucun sens parce que on fera pas les choses qui qui vont être dans cette régulation. Donc il vaut mieux réguler à postérieur. Oui, il y aura des problèmes, mais je pense que c'est beaucoup mieux de réguler une fois qu'on a compris plutôt que d'essayer de réguler quand on n pas encore compris.

Je pense que l'Europe ne doit pas tomber dans le panneau de ce narratif de la tech américaine qui consiste à opposer innovation et régulation parce qu'en fait c'est important ce qu'on entend quand même sur les européenne est plus sur la réglementation et quand on regarde l'AI act c'est un texte qui est équilibré qui prend en compte effectivement en fonction des niveaux de risque mais qui ne met pas de contraintte pour mettre des contraintes et et d'ailleurs tout ce qui n'est pas considéré comme risqué ne fait pas l'objet de régulation particulière Il y a énormément d'applications de l'intelligence artificielle qui sont bénéfiques, pacifiques. Donc celles-ci n'ont pas de contrainte de ce point de vue-là. Et en réalité quand on y réfléchit, le fait d'avoir une régulation unifiée, le fait de pouvoir harmoniser les différentes réglementations nationales dans le marché européen qui est immense, le fait de pouvoir développer sereinement des technologies, c'est plutôt propice à l'innovation.

Il faut que l'IA reste un outil et c'est à nous aussi d'instaurer les réglementations et tout ce qui va avec pour ne pas par exemple est-ce qu'on a envie d'être licencié par une ? Je veux dire par exemple est-ce que on n pas envie qu'il y a un humain qui intervienne ? Est-ce qu'on a envie d'être jugé par une d'être soigné par une ?

Donc tout ça c'est nous en tant que citoyens aussi qui devons le décider et moi je suis en faveur du fait que l'IA doit rester notre outil et qu'on doit rester maître de cet outil. Bonsoir Johanna Manolescou. Bonsoir.

Merci de nous avoir rejoint. Vous êtes chercheuse à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique et vous vous avez un regard assez critique sur l'intelligence artificielle. Vous avez notamment cette formule, je vous cite hein, créer du contenu IA, c'est mentir, dites-vous.

Pourquoi est-ce que vous Je me souviens pas d'avoir dit exactement cela mais ce qui est certain comme déjà été dit aujourd'hui le l'intelligence artificielle générative qui est celle que le grand public utilise quand vous utilisez chat GPT et cetera marche effectivement sur une base statistique. Ça veut dire que la génération que vous obtenez c'est quelque chose qui semble probable qui colle le plus à une sorte de moyenne de nombreux exemples sur lequels le modèle a été entraîné. Et une moyenne est toujours fausse.

C'est-à-dire si vous on vous prenez la moyenne de salaire des personnes qui sont ici, on va obtenir un nombre qui va très probablement nêtre le salaire d'aucun entre nous. Donc toute génération statistique va vous donner quelque chose de plausible et de en général faux au sens où on accepte le vrai ou le faux pour la justice ou pour le journalisme d'ailleurs, on l'espère. Est-ce qu'il y a aussi une source qui dit exactement cela ou pas ?

Hm hm. Donc euh c'est c'est le le souci avec toutes les tous les résultats générés par l'intelligence artificielle. Et je voudrais juste enfoncer le clou.

Euh la l'IA générative est juste un des aspects de l'IA. L peut aussi prendre des décisions. Lia peut aussi euh chercher des solutions qui sont une autre type de génération mais dans lequel on cherche dans un espace de possibilités qui est beaucoup trop grand pour qu'on puisse l'explorer complètement même avec les moyens de la technologie moderne.

Et on a apprend par où est-ce que ça serait bien de chercher. H dans le cas le pire on trouve pas mais dans le cas le meilleur on trouve en faisant beaucoup moins d'efforts. Il y a il y a une autre dimension qui est liée à ce secteur évidemment en pleine expansion qui une dimension peut-être plus économique y compris à l'échelle internationale.

Vous pointez un autre travers, une autre conséquence que vous appelez le colonialisme numérique. Ça veut dire que les pays du nord utilisent des gens des pays du sud en tout cas des pays plus pauvres pour nourrir le l'industrie d'A. Oui, ça c'est tout à fait vrai et c'est assez malheureux.

Donc l'entraînement des I qui arrive à détecter les mignons chats dans les images voir qui arrive à générer des chats à nécessité beaucoup d'annotation où un humain a dit cette image est une image de chat et euh au-delà des chats, il y a des personnes qui sont employées pour indiquer où sont les images, où sont les voitures, pardon dans une vidéo, ce qui sert à entraîner les Wo, il y a des personnes qui doivent tout simplement étiqueter chaque objet qu'on voit dans une scène domestique à l'intérieur de votre maison pour qu'il n'y a appren où sont les pommes et où est la télécommande et qu'éventuellement une domotique vous aide, un robot domestique vous aide avec cette tâche-là. Et comme c'est un travail qui ne demande pas d'expertise particulière, c'est très peu rémunéré et du coup effectivement ce travail se retrouve dans des pays très faible salair euh et avec des travailleurs qui sont souvent embauchés dans des conditions très précéires. Est-ce que si on vous écoute bien, est-ce que c'est-à-dire Anne Bouvre qu'il y a des super géants et on pense évidemment aux États-Unis, la Chine aussi en fait partie qui vont finalement imposer leurs modèles à d'autres des modèles qui seront donc universels pour tout le monde pareil.

Je pense que c'est vraiment un risque de l'intelligence artificielle. Aujourd'hui, les modèles qu'on appelle à la pointe, les derniers développements de l'IA générative, ce sont des choses qui se passent très essentiellement aux États-Unis et en Chine. Il y a quelques acteurs sur 100, on peut dire qu'il y en a 1 2 3 qui sont qui sont peut-être ailleurs.

Et je pense que c'est un risque à la fois économique et aussi démocratique. C'est un risque démocratique, on le sait très bien parce que quand on regarde un modèle chinois, on peut pas lui poser de questions sur la politique en Chine par exemple. C'est bien quand on pose des questions à des modèles américains comme GR, on voit bien le type de réponse qu'on peut avoir sur GR en effet c'est sur X donc d'Elon Musk absolument sur IS d'Elon Musk donc il y a il y a récemment eu des questions sur le fait que les chambres à gaz c'étaient en fait des endroits pour désinfecter des gens qui étaient à risque de maladie ou que Hitler était quelqu'un de très bien.

Donc on voit le type de message qui peuvent circuler un billet illogique très fort. Quand on voit aussi que lors d'élection les gens ont assez naturellement à poser la question tendance à poser la question aux IA que pensez du programme 2 pour qui est-ce qu'il faudrait que je vote et que naturellement UNIA va proposer des programmes un peu saillants en disant il y a ça il y a ça et ce sera assez naturellement des programmes un peu extrêmes. Donc on a on a des vraies questions de de d'ouverture.

On parlait des deep fakes tout à l'heure mais mais les risques d'ingérence démocratique sont multipliés. dans des systèmes comme l'A, il faut qu'on puisse reprendre nous en Europe plus largement la capacité à développer nos propres services. Alors, c'est une question que je pose à vous deux d'ailleurs aussi.

Il y a beaucoup de professionnels en ce moment qui disent que voilà, on va arriver à ce moment où la machine fait mieux que l'homme, plus rapide, moins cher. Vous savez, ça fait comme la science-fiction, on parle de points de basculement et d'un coup, on rentre à ce moment-là dans un monde. Est-ce qu'à votre avis on y est ?

Ça ça rend les scientifiques très très irrités parce qu'en fait ça fait des bien une dizaine d'années ou plus qu'on assiste à des promesses qui sont sans commun avec la réalité et d'abord sur euh euh ce qu'on appelle l'intelligence artificielle générale où il y aura euh des ordinateurs qui auront une intelligence artificielle si évoluée qui vont vous remplacer vous et moi dans absolument tout ce que l'on fait. On en est loin et pour vous dire à quel point on en est loin, il on en a même pas une définition. Et donc tous les scientifiques qui se retrouvent à essayer d'éclairer le grand public sur des affirmations de ce style sont très énervés puisqu'on nous demande c'est comme les extraterrestres, est-ce que ça existe ?

Peut-être, je ne sais pas, j'en ai pas vu. Amenez-moi un, on va discuter, on va couper le le caoutchou et on va voir. Un bouvre, c'est pour quand le point de bascule ?

Alors non, alors moi je suis assez d'accord avec ce qu'a veut dire pour essayer de creuser un peu plus le sujet. Euh j'ai lu récemment un livre de Daniel Andler qui est un mathématicien et philosophe euh euh dans le domaine des sciences cognitives. Les sciences cognitives, c'est euh l'étude de qu'est-ce que c'est que l'intelligence humaine ?

Donc il a écrit un livre de 600 pages, 300 pages sur c'est quoi l'intelligence artificielle à la fin des 300 pages, je vous le fais en résumé, on ne sait pas vraiment. Euh 300 pages sur c'est quoi l'intelligence humaine, je vous le résume à la fin, on ne sait pas vraiment non plus. Donc comparé on ne sait pas vraiment avec on ne sait pas vraiment, on on entre du coup du coup on entre dans le domaine de euh de tous les fantasmes qu'on a toujours eu de Frankenstein, des Turques mécaniques de peut-être que ça existe et ça nous fait très peur mais on l'a pas encore vu.

Une question un petit peu plus matérialiste, un petit peu plus prosaïque. Est-ce qu'il y a vraiment un marché de l'IA ? C'est-à-dire que c'est un secteur avec des centaines de milliards d'investissements de valorisation boursière mais il y a pas d'entreprise bénéficiaire.

Il y a relativement peu de bénéfices réalisés avec l'IA et euh vous avez sûrement vu que parmi les valorisation boursières monstrueuses des États-Unis, au moins Nvidia, Oania et euh Entropique, je pense et quelques grands autres joueurs sont dans des schémas circulaires où ils se prêtent l'argent les uns aux autres, ce qui permet à ce que l'évaluation boursière de tout ce monde monte sans qu'il y ait vraiment des bénéficiaires euh à la fin. Et c'est intéressant puison a dit pendant très longtemps euh toutes les entreprises qui l'a elles achètent toutes des processeurs Nvidia. Donc Nvidia vont faire de l'argent tout comme dans les années où on cherchait l'or en Californie, l'entreprise qui faisait sûrement de l'argent, c'est celle qui vendait le Pel.

Donc ça celui-là toujours de l'argent. Et plus récemment, quand on voit que même l'argent de Nvidia est en partie du à des investissements dont la réalité semble douteuse, j'ai vu aussi quelqu'un qui a calculer qui a pris le nombre de possesseurs que Nvidia prétend avoir vendu et installer dans le monde et a démontré qu'il n'y a pas assez de puissance électrique aux États-Unis pour les processeurs qui sont censés être en service aux États-Unis, mais maintenant compte de quelques années dans le futur de construction de nouvelles centrales. Donc c'est exclu que tous ces processeurs que Nvidia a dit avoir vendu peut-être sont vendus. soit installé et fonctionne et il y a des études qui sont sorties récemment qui montrent des gains de productivité vraiment modestes avec l'IA générative dans les entreprises.

Vous parliez Anne Bouvre de de l'Europe et de notre place dans cela entre les États-Unis et et la Chine. Est-ce qu'il y a vraiment une place ? Est-ce que la quête de souveraineté numérique n'est pas une chimère finalement ?

Est-ce qu'on n'a pas déjà Est-ce qu'il est pas déjà trop tard ? Moi je pense qu'il est pas déjà trop tard et je suis contente de voir que dit aussi que c'est pas déjà trop tard mais par contre euh il faut vraiment qu'on se retrousse les manches et qu'on fasse un certain suffisant. C'est Miscal, c'est très bien mais ce n'est pas suffisant.

Il y a il y a tout un stack technologique comme on l'appelle qui commence au pu au GPU comme Nvidia. Euh il y a tous les acteurs du cloud, euh il y a tout ce qui est bien sûr, il y a les modèles d'IA, mais donc il y a il y a toute une couche de services dans lesquels il faut pas bien sûr rechercher l'autarsie et se dire queon va tout faire tout seul en Europe, mais il faut qu'on puisse avoir le choix lors de tous ces étages de la chaîne de valeur. Donc il faut que collectivement, c'est une question de quoi ? volonté politique, d'investissement, de moyens, de tout ça en même temps, de tout ça en même temps.

Donc il faut qu'on ait des acteurs qui existent dans chacun de ces éléments. Certains vont être des start-ups, certains vont être des entreprises existantes qu'il faut aider. Il faut qu'il y ait une volonté des entreprises en Europe de travailler avec ces acteurs européens aussi avec les acteurs américains bien sûr, mais mais aussi de d'essayer de favoriser un peu ce côté préférence européenne avec peut-être un bail d'European Act.

Euh et puis il faut qu'on à chaque fois qu'on on passe des contrats, on se dise "Je ne mets pas tous mes œufs dans le même panier, je ne passe pas tout mon contrat à la société X parce qu'ensuite la société X surtout si elle est aux États-Unis va dire et bien cette année c'est plus 50 % ou alors peut-être que je vais vous couper le service." Donc il faut avoir le choix. Un mot de conclusion, Johanna Manolescou, je vois que vous approuvez.

Vous êtes d'accord avec le Oui. Ce qui est important de se souvenir, c'est vous avez probablement vu un juge français de la Cour européenne de droits de l'homme, je crois s'est vu couper le l'utilisation de sa carte Visa puisque euh les États-Unis ne sont pas d'accord avec la condamnation du premier ministre israélien. Je crois il faut qu'on se demande accé Microsoft.

Voilà, il faut qu'on se demande ce que nous sommes capables d'utiliser en Europe si nos législations européenne comence ça de plaire au pouvoir américain. Donc c'est une question à se poser. Tout cette question de souveraineté que vous évoquiez.

Merci à toutes les deux en tout cas d'être venu débattre sur ce plateau sur tous les les enjeux et les conséquences de la révolution de l'IA. Quelque chose me dit que vous aurez l'occasion de revenir évidemment en débattre et vous serez les bienvenus. Et puis si nous sommes plus là, bah vous le ferez avec nos propres IA qui nous ont remplacé le moment venu.

De vous revoir en personne [rires] en tout cas. Merci à toutes les deux. Dans un instant, nous toucherons le fond avec Natacha qui nous entraînera voir au plus profond des abiss.

Victor nous démontrera à lui qu'il n'y a pas d'âge pour s'amuser puisque même les baby boomers sont restés de grands ados. Mais avant cela, retrouvons l'indispensable David Cassé Lopez. Cet esprit curieux mais différent.

Elle m'a posé des questions très intéressantes ce soir encore. Mais d'où viennent les ourses en peluche ? [musique] D'où viennent les ourses en peluche ?

L'ours est l'un des animaux les plus puissants de la nature. Les plus gros peuvent mesurer jusqu'à 3 m de haut, peser une demi tonne et leur mâchoire est suffisamment puissante pour écraser une boule de bowling. Pourtant, c'est l'ours que l'homme a choisi pour créer l'un des jouets phares du monde occidental, l'ours en peluche.

Une version mignonnisée à l'extrême, sans défense, à laquelle on a envie de faire des bisous et des câlins. Mais alors, d'où est venue cette idée ? intéressant.

Et bien, elle est lié à ce monsieur Théodore Roosevelt, président des États-Unis. En 1902, Théodore est en train de chasser l'ours dans le Mississippi, mais il ne trouve pas d'ours à chasser et donc au bout d'un moment, ces acolytes qui veulent lui faire plaisir finissent par dénicher un pauvre ours chétif qu'ils attachent à un arbre pour que le président l'abatte. Mais Théodore Magnanim refuse de le tuer.

Le lendemain, le Washington Post raconte l'histoire et publie sep caricatures. Ici, le petit ours chétif, ici, le président miséricordieux. Le dessin devient en quelque sorte viral et quelques temps plus tard, un couple de commerçants de Brooklyn, Maurice et Rose Mom, s'emparent de l'histoire.

Ils confectionnent un ourson empaillé qu'ils exposent dans la deventure de leur magasin. Et le diminutif de Théodore étant Teddy, ils baptisent leur ourson Teddyber, l'ours de Teddy et leur jouet connaît un succès immédiat. Parallèlement et par pure coïncidence, la famille Steif qui fabriquait des animaux en peluche en Allemagne a eu la même idée et leur ours a connu un succès équivalent.

Mais alors, pourquoi transformer une bête sauvage capable de tuer en animal mignon ? Et bien partie parce que c'est à cette époque, au début du 20e siècle, que l'on a commencé à comprendre que les animaux sauvages ne constituaient plus un danger pour l'homme mais que l'homme en revanche constituait un danger pour les animaux sauvages. D'une certaine manière, face à la domination des êtres humains, un ours de 500 kg est une créature sans défense comme un ours en peluche.

Intéressant, très intéressant comme toujours. Merci David Casso Lopez, Victor de Kiver, Natacha Triou. Bienvenue à tous les deux.

Salut Renault. Quand je vous regarde, quelque chose me dit qu'on serait peut-être bien le soir de Noël. Non, le des huîres sous la table.

Vous avez surtout le pull. [rires] Vous avez surtout le pull de Noël. Et puis vous, vous êtes déjà sur le dance floor, n'est-ce pas ?

Vous êtes déjà votre soirée. Natacha, on va commencer avec vous. Pour ces hors série, vous revenez sur des avancées scientifiques de 2025 et cette année, on a découvert de la vie là où on ne l'attendait pas.

Et oui, au fin fond des abyiss. Une équipe chinoise a découvert le plus profond écosystème vivant jamais observé. Il se trouve dans les fausses Oaniques du nord du Japon dans le Pacifique.

Et tenez-vous bien, Renault. Ouais. C'est à 9000 m sous la surface de l'eau. 9 km pour bien se rendre compte, c'est plus profond que le plus haut sommet de notre planète, le mont Éver qui cumine à 8848 m.

Le point le plus profond des océans, c'est la fosse des Marianes. Dans le Pacifique, c'est presque 11000 m. Alors, ce sous-marin chinois baptisé F 12, combattant en mandarin, représente un exploit technologique.

En comparaison, on a le Nautile français, petit joueur qui plonge à 6000 m maximum. l'Alvin américain qui a exploré le Titanic 6005 Max. Et à ce niveau-là, la pression est écrasante.

Imaginez un peu le poids d'une colonne d'eau de 9 km sur vos épaules Renault, bah ça pique. Voilà pourquoi il est plus facile d'aller sur la Lune qu'à cette profondeur aquatique et pourquoi les habits restent la zone la moins explorée de notre planète. C'est notre dernière terra incognite.

Mais dites-moi Natacha, Jacques Picard était déjà descendu dans la fausse des Marianes dans les années 60. Bien vu. Alors, l'extraordinaire de cette mission, c'est pas tant le record de profondeur que la mission scientifique.

C'estàd qu'ici, on a tout filmé avec des lampes, bien sûr et puis on a emporté grâce à un bras robotisé des échantillons d'organismes vivants. Mais qu'est-ce qui peut bien vivre une telle profondeur ? Alors, à 6000 m, c'est ce qu'on appelle la zone Adal qui tire son nom du dieu grec du des enfers.

Ades, il y a rien à manger. [rires] Adal, Adè, on est dans un environnement tent qu'il faut bien se rendre compte une pression 1000 fois supérieure à la surface. pas de lumière, on n'est pas dans le grand bleu mais dans le grand noir et pourtant la vie existe.

Cette chef de mission qui s'appelle Men Grandu et qui est classé dans le top 10 des personnalités scientifiques de l'année selon la prestigieuse revue Neiture, a vu depuis son hublot des bivalves sorte de pas lourde, des verres aquatiques et des tapis de bactéries microscopiques. Alors c'est sûr, on n'est pas dans le film de James Cameron Abis. Comment ces créatures peuvent-elles survivre dans des conditions aussi extrêmes ?

Oui, la vie qui règne ici repose sur quelques nutriments qui reviennent du haut, ce qu'on appelle la neige à bissal et puis surtout sur du méthane. L'équipe chinoise a découvert des infiltrations de ce gaz dans ces zones où une plaque tectonique s'enfonce sous une autre. Et ce méthane est source de vie pour ces organismes qui n'ont pas accès à la lumière et donc pas accès à la photosynthèse.

Vous en doutez, on parle ici de chimiosynthèse, la chimie synthétique. Alors ce qui a vécu finalement même Grandu, c'est pas loin en fait de la rencontre du troisème type. Et ben dites donc, merci Natacha, j'en suis soufflé, j'en suis bouchebé.

C'est à vous Victor. Victor en cette fin d'année, vous vous faites du souci pour les baby boomers. H oui, vous savez cette fameuse génération née entre 1945 et 1975 selon l'Institut national des études démographiques.

Nos parents seraient-ils les nouveaux adoss trash ? Ouais. Sexe, drogue, alcool ?

Les autorités sanitaires tirent la sonnette d'alarme. Et ça n'a rien de drôle. Non, ça peut même être parfois très douloureux pour certains.

Écoutez plutôt, les cas des infections sexuellement transmissibles explosent partout chez les plus de 55 ans. Les gonoré ont été multipliées par 6 aux États-Unis en 15 ans. Elles ont augmenté de 80 % en 4 ans en France.

Quant au syphilis, ce n'est pas mieux. 30 % d'augmentation en seulement 6 ans en Angleterre et en France sur cette catégorie d'âge. Et ben oui, pas facile la maturité en en 2025.

Tout est fait pour que nous repoussions les limites de nos vies sexuelles. Les risques de grossesse s'éloignent he fatalement. Les applications de rencontre facilitent la drague.

Les médicaments contre les troubles érectiles et contre la sécheresse vaginale se sont imposés. C'est très bien tout ça. Oui, mais gare à la chetouille car personne ne parle de prévention à ces nouvelles populations à risque.

La plupart des campagnes ciblent seulement les plus jeunes. Et sur un autre sujet, Victor, c'est pas pour moi, c'est pour un ami, concernant l'alcool. Ou ben c'est la catastrophe.

J'ai regardé les chiffres. En France, 26 % des plus de 65 ans boivent de l'alcool tous les jours contre seulement 2 % des 18 24 ans. Et dans les autres pays développés, c'est pareil.

Et c'est pas tout. Les baby boomers se remettent aussi à la drogue. En Espagne, la proportion des plus de 55 ans qui ont pris de la cocaïne dans l'année a été multipliée par 8 en 15 ans.

Selon une universitaire de Liverpool, les quinkaas et sexa se remettent même à consommer, je cite, comme avant lors de festival. Les baby boomers sont vraiment incorrigibles. B en tout cas, ils sont nés comme ça, hein.

Les baby boomers, ce sont eux qui ont inventé le Yé, les hipis, le rock and roll, le punk. Ils ont inauguré la pilule, le divorce et l'IVG légal. Bref, la liberté.

Ils sont nés pendant les 30 glorieuses. Ils ont aujourd'hui entre 55 et 85 ans. Ils sont bien plus en forme que leurs parents à leur âge.

Bravo d'ailleurs, ils ont plus de temps. Ils ont fini pour la plupart de rembourser leurs crédits. Ils ont plus souvent d'enfants à charge.

Alors, ils font quoi ? Bah, ils reprennent là où il s'était arrêté. Et ben voilà, c'est logique.

Merci Victor et joyeux et joyeux Noël à eux aussi. Alors [rires] le garageouille. Merci Victor.

Le beau message pour le 25 décembre. Voilà. Merci à tous les amis.

Ce sera le mot de la fin. En tout cas pour ce soir, on se retrouve bah vendredi à 20h05 pour le club de 20 minutes. Et en attendant que vous déballiez vos cadeaux de Noël, on a déjà un petit cadeau pour vous, un clin d'œil musical à votre chronique Natacha.

Vous qui exploriez il y a un instant le fond des abyis. Vous savez bien qu'il s'en passe de de Belle là-bas tout au fond et c'est pas Véronique Jano qui va vous démentir puisque figurez-vous qu'elle a fait l'amour avec la mère. Joyeux Noël.

J'ai fait l'amour avec la mère. J'ai fait l'amour avec la mère. [musique] J'ai endormi ma peau dans le creux de ces bras.