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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 26 novembre 2024 20 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsRetraitesÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Michel Barnier doit montrer qu'il rompt avec les macronistes ! - Sébastien Chenu (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 59 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRéponse directe

    Bonsoir Sébastien Chenu.

  • 0:18OuverteRéponse partielle

    Pourquoi faire vivre le suspense ? C'est quoi ? C'est une sorte de supplice pour Michel Barnier.

  • 0:57RelanceÉludée

    Pardon Sébastien Chenu, mais moi j'ai le souvenir des membres du Rassemblement National qu'on recevait au moment de la nomination de Michel Barnier qui disait ne pas vouloir être facteur d'instabilité.

  • 1:17RelanceRéponse partielle

    Donc il y a bien eu un changement de tonalité du côté du Rassemblement National.

  • 2:04RelanceRéponse partielle

    On va décortiquer tout cela Sébastien Chenu, mais je repose ma question. Marine Le Pen voit Michel Barnier. Elle sort du rendez-vous en disant Michel Barnier, il campe sur ses positions.

  • 2:18FerméeRéponse directe

    Pourquoi continuer à dire, en l'état, vous allez voter la censure ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen et le groupe Rassemblement National sont constants et finalement assez loyaux dans la vie politique. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « Nous, on est contre la hausse des taxes sur l'électricité. On est contre la hausse des baisses des remboursements des médicaments. On est contre la désindexation des retraites. »
  • 4:06Invité politiqueChiffre
    « nous faisons 1,6 milliard d'économie de plus »
  • 5:02Invité politiqueFait
    « Les Français ont voté trois fois, une fois aux Européennes pour Bardella, deux fois aux législatives pour les candidats du RN, pour avoir une autre politique dans ce pays. »
  • 6:38Invité politiqueFait
    « Là-dedans, vous avez, je l'ai dit, la désindexation des retraites, vous avez la baisse du remboursement des médicaments. »
  • 10:14PrésentateurFait
    « chaque année, le barème peut être indexé ou pas. S'il n'est pas indexé, ça veut dire que des gens paieront davantage d'impôt sur le revenu, voire rentreront dans l'impôt sur le revenu alors même qu'ils n'y étaient pas assujettis l'année d'avant. »
  • 15:36Invité politiqueFait
    « l'abrogation de la réforme des retraites, c'était dans notre programme. Y compris, d'ailleurs, dans notre texte de niche aussi, il y avait celle de la loi Touraine, c'est-à-dire l'âge et le nombre d'annuités. »
  • 16:32Invité politiqueFait
    « Cette réforme, elle a bafoué la démocratie parlementaire. Il n'y a jamais eu de débat et de vote à l'Assemblée nationale. Elle a bafoué la démocratie sociale. »
  • 16:54Invité politiqueFait
    « Elle doit être abolie. »
  • 19:29Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen sera notre candidate en 2027 parce qu'évidemment justice va lui être rendue parce que cette semaine, plaidoirie de ses avocats et on va voir la réalité de ce qui lui est reproché et totalement éloigné des faits réels. »
  • 19:46Invité politiquePromesse
    « Jordan Bardella, j'espère, sera à Matignon et j'espère que les Français nous donneront une majorité pour redresser le pays. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu63 %
  • Présentateur37 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'info du jour politique avec un invité ce soir. Bonsoir Sébastien Chenu. Bonsoir. Merci d'être avec nous, porte-parole du Rassemblement National, députée du Nord, alors que Marine Le Pen a été ce matin à Matignon pour parler du budget. Un Premier ministre qui, je cite, campe sur ses positions, dit Marine Le Pen, prête à voter la censure en l'État. Pourquoi faire vivre le suspense ? C'est quoi ? C'est une sorte de supplice pour Michel Barnier. Pourquoi ne pas dire simplement les choses, Sébastien Chenu ? Bah oui, on va voter la censure et on va renverser le gouvernement.

0:26
Sébastien Chenu

Non mais Marine Le Pen et le groupe Rassemblement National sont constants. et finalement assez loyaux dans la vie politique. C'est-à-dire que Marine Le Pen l'avait dit dans son discours, suite au discours de politique général du Premier ministre, nous avons des lignes rouges, nous avons des priorités. Il y a des choses sur lesquelles nous souhaitons voir le gouvernement avancer et d'autres sur lesquelles nous souhaitons pouvoir le stopper. Ça n'a pas changé, ça n'a pas varié. C'est-à-dire qu'entre l'arrivée au pouvoir de Michel Barnier, nos lignes rouges, c'est-à-dire ne pas toucher au pouvoir d'Agellat des Français...

0:57
Présentateur

Pardon Sébastien Chenu, mais moi j'ai le souvenir des membres... du Rassemblement National qu'on recevait au moment de la nomination de Michel Barnier qui disait ne pas vouloir être facteur d'instabilité, qui reconnaissait que Michel Barnier était quelqu'un de respectable et qui n'avait pas voté la censure après la déclaration de politique générale de Michel Barnier. Donc il y a bien eu un changement de tonalité du côté du Rassemblement National.

1:17
Sébastien Chenu

Vous mélangez un peu les choses Benjamin Gabel. Si, d'abord que Michel Barnier soit quelqu'un de respectable, ce n'est pas le procès d'un homme, donc pas de problème. Et on l'a toujours dit, je crois là aussi, on est constant. Nous on attendait le budget, nous l'avons toujours dit, Marine Le Pen l'a dit après la déclaration de politique générale qui était bien abstraite finalement de Michel Barnier, il y a eu très peu de déclarations sur des mesures, etc. On a dit, il est sous surveillance. Et nous l'avons mis sous surveillance, lui et son gouvernement, et nous attendons le budget. Et puis le budget s'est construit.

S'est construit d'ailleurs dans un contexte, il faut bien le dire, assez inédit, dans lequel la France apparaît aux yeux tous comme étant ruinée par les gouvernements Atal, Borne, par Bruno Le Maire et par leurs prédécesseurs. Michel Barnier a construit un budget. Et Marine Le Pen lui a dit, dès le début, dans ce budget, il y aura des lignes rouges. Si vous touchez au pouvoir d'achat des Français suffisamment impactés,

2:02
Présentateur

vous vous aurez face à vous. On va décortiquer tout cela Sébastien Chenu, mais je repose ma question. Marine Le Pen voit Michel Barnier. Elle sort du rendez-vous en disant, Michel Barnier, il campe sur ses positions. Vous comprenez, les lignes rouges qu'on vient d'évoquer, visiblement, il ne compte pas spécialement les prendre en compte. Pourquoi continuer à dire, en l'état, vous allez voter la censure ?

2:21
Sébastien Chenu

Mais Michel Barnier, j'espère, va réagir après ce rendez-vous avec Marine Le Pen. Parce que si l'idée, c'était simplement d'enregistrer... Et vous y croyez, ça ? Si l'idée, je peux l'espérer. Moi, j'aimerais bien que Michel Barnier fasse un virage à 180 degrés ou à 360 degrés suite au rendez-vous avec Marine Le Pen. Mais il les connaît, les lignes rouges, Michel Barnier. Il connaît les lignes rouges du Rassemblement National. Et visiblement, il n'a pas envie de les prendre en compte. Ah ben, s'il n'a pas envie de les prendre en compte, alors il est en train de créer un contexte dans lequel il sera censuré. C'est exactement ce qu'il est en train de construire.

Mais si l'idée, c'était de recevoir Marine Le Pen, pour que Marine Le Pen lui dise... Voilà nos lignes rouges. D'ailleurs, elle lui a répété. Nous, on est contre la hausse des taxes sur l'électricité. On est contre la hausse des baisses des remboursements des médicaments. On est contre la désindexation des retraites. Marine Le Pen lui a expliqué tout ça. Il le savait probablement.

3:13
Présentateur

Et donc, quand elle lui dit tout cela, Sébastien Chenu, qu'est-ce qu'il répond, le Premier ministre ? Il dit, j'entends, mais il ne donne aucune assurance.

3:19
Sébastien Chenu

Oui, visiblement, vous savez, le Premier ministre qu'on nous a présenté comme étant un homme à l'écoute, son idée, c'était de ne pas apparaître comme étant à nouveau Elisabeth Borne, etc., est en train de nous démontrer qu'il est un manœuvrier plutôt sectaire. C'est-à-dire qu'on l'a vu au moment du débat budgétaire. Ses députés ne sont même pas venus, laissant le Rassemblement national face à l'extrême gauche pour empêcher la folie des taxes. Et puis, aujourd'hui, il reçoit Marine Le Pen comme si c'était un exercice de style un peu obligatoire pour enregistrer finalement...

3:47
Présentateur

Donc c'était juste un exercice de style ?

3:49
Sébastien Chenu

C'était quoi ? Visiblement, Michel Barnier n'a pas envie de prendre au sérieux ce que nous lui proposons. Parce que si nous lui disons quelles sont nos lignes rouges, nous lui faisons aussi des propositions sur la contribution à l'Union européenne, sur l'AME. Nous lui faisons des propositions. Il se trouve que, j'y viens, attendez, que dans les propositions que nous lui faisons, nous rentrons non seulement dans le cadre budgétaire, mais nous sommes finalement des mieux-disants puisque nous faisons 1,6 milliard d'économie de plus.

4:14
Présentateur

Sur ces propositions, Sébastien Chenu, là encore, pour que les choses soient très claires sur la façon dont ça peut se passer dans les semaines à venir, vous avez plusieurs éléments qui constituent des lignes rouges. Augmentation de la taxe sur l'électricité, budget de l'aide médicale d'État, la question de la proportionnelle. Pour être très clair... La proportionnelle, ce n'est pas dans le budget. Ce n'est pas dans le budget, mais ça fait partie des éléments qui sont cités par Marine Le Pen.

Pour être très clair, pour que vous ne votiez pas la censure, il faudrait que tous ces éléments-là soient mis en œuvre ou est-ce qu'il suffirait d'un geste, par exemple sur l'électricité, pour que vous puissiez revoir votre position quant au fait de voter la censure ou pas ? Est-ce que c'est un package ou est-ce que c'est seulement une mesure ?

4:48
Sébastien Chenu

Il faudrait que Michel Barnier nous démontre qu'il rompt, à travers des mesures, qu'il rompt avec le macronisme, qu'il rompt avec la politique. Oui, mais c'est quand même sur le brûle.

4:57
Présentateur

Quand on a un ministre de l'économie qui est macroniste, un ministre du budget qui est macroniste, c'est difficile de rompre avec le macronisme.

5:00
Sébastien Chenu

Ce n'est pas ce qu'ont voulu les Français. Je vous rappelle que les Français ont voté trois fois, une fois aux Européennes pour Bardella, deux fois aux législatives pour les candidats du RN, pour avoir une autre politique dans ce pays. Donc si Michel Barnier ne comprend pas que ce que nous lui demandons, c'est de rompre avec le macronisme, alors évidemment, il est en train de créer le contexte qui l'amènerait à une possible censure par les députés du Rassemblement national. Parfois des périphrases quand ils écoutent sur la censure. Il crée le contexte d'une censure.

5:26
Présentateur

Pour que les choses soient claires, si le vote avait lieu, il est 18h57 dans une heure, à l'Assemblée nationale, vous voteriez la censure ?

5:32
Sébastien Chenu

Aujourd'hui, il y a peu de chances qu'on se retienne de voter la censure. Mais Michel Barnier n'a pas terminé ses consultations. En tous les cas, il ne s'est pas exprimé après ses consultations. Il y a ce qu'on appelle une commission mixte paritaire, une CMP sur le budget du PLFSS, c'est-à-dire de loi de la sécurité sociale, mercredi, et on verra. Peut-être qu'il va y avoir de très bonnes surprises. Peut-être que sur la désindexation des retraites, peut-être sur le remboursement des médicaments, peut-être qu'ils vont totalement changer le cours des choses. Et donc vous attendez plus qu'un geste. Un geste sur, par exemple, la taxation de l'électricité, ne suffirait pas.

6:03
Présentateur

Non, nous attendons un changement de logique. Pas du bricolage, un changement de logique politique. Toujours sur des questions très précises. Il va y avoir tout au long du mois de décembre plusieurs votes. Le premier 49-3 pourrait être dégainé début décembre sur le budget de la sécurité sociale. Qui dit 49-3 dit motion de censure immédiatement déposée par la gauche. Est-ce que vous pourriez renverser le gouvernement dès ce 49-3 et dès cette première motion de censure dès début décembre ?

6:31
Sébastien Chenu

Ce budget de la sécurité sociale, le fameux PLFSS, budget de la sécurité sociale, ne nous convient pas. Là-dedans, vous avez, je l'ai dit, la désindexation des retraites, vous avez la baisse du remboursement des médicaments. Évidemment, on ne va pas souscrire à cela. Donc on peut nous-mêmes déposer une motion de censure, et on est tout à fait capable de le faire. Et on peut nous-mêmes voter la motion de censure d'un autre groupe. Et nous sommes aussi tout à fait capables de le faire. Nous l'avons déjà fait dans le passé.

Parce que si on considère que c'est un objectif de censurer le gouvernement, parce que ça ne correspond pas aux attentes des Français et aux besoins des Français, eh bien nous nous saisissons des instruments qui sont à notre portée. Mais donc c'est important,

7:07
Présentateur

le gouvernement pourrait tomber, parce qu'au fond, Jean-Luc Mélenchon, il disait que ça sera entre le 18 et le 21, en tout cas entre le 15 et le 21 décembre, le gouvernement pourrait donc tomber dès début décembre à la suite de ce vote sur le projet de loi de finances

7:19
Sébastien Chenu

de la sécurité sociale. Ça fait partie des possibilités offertes par nos textes et par l'organisation de la vie parlementaire. Michel Barnier a vraiment entre ses mains à la fois son sort et le sort du budget de la France. Il ne tient qu'à lui de le faire évoluer. Il ne tient qu'à lui de faire bouger les choses. Nous ne l'avons pas pris en traite. Tout ce qui explique que ce sera le shutdown, pour reprendre ce mot américain, qui veut dire qu'en fait on va éteindre la lumière, plus personne ne sera payé, on ne remboursera plus rien, tout ça c'est fait pour faire peur aux gens.

7:46
Présentateur

On va y venir dans un instant sur cet argument, mais juste avant ça veut donc dire que vous vous déciderez début décembre au moment de ce qu'on appelle la commission mixte paritaire. Vous verrez le texte sorti de cette commission mixte paritaire et là vous déciderez de voter ou non une motion de censure. J'ouvre une parenthèse qui n'en est pas vraiment une. Conspuer matin, midi et soir la France insoumise, mais voter sa motion de censure,

8:04
Sébastien Chenu

il n'y a pas de contradiction là-dedans ? Je vous le redis, la motion de censure c'est un instrument que la Constitution prévoit. Il peut être utilisé par tout le monde. Ça ne nous lie pas à la France insoumise, on n'a rien de commun avec eux. Et d'ailleurs, s'il y avait un gouvernement qui devait succéder à Michel Barnier et qu'il était de la couleur de la France insoumise ou du NFP, nous le censurions immédiatement. On ne laisserait jamais nommer un gouvernement d'extrême gauche. Mais je le redis, il ne faut pas faire peur aux gens. Il y a dans notre pays les outils nécessaires pour que la vie économique et sociale se poursuive dans la loi, que les fonctionnaires soient payés.

8:37
Présentateur

Mais c'est intéressant, et on va rentrer dans le détail de cet argument puisque Marine Le Pen dit effectivement, non, non, ça ne sera pas du tout le chaos, on peut faire une loi spéciale qui permet de reconduire le budget 2024 sur 2025. Mais vous voyez bien que dans un contexte de tensions économiques, de menaces sur l'emploi industriel, le sujet n'est pas que légal, réglementaire, c'est aussi le message envoyé. Si vous avez un gouvernement qui tombe, un budget qui est rejeté, le message envoyé aux investisseurs, aux marchés financiers sur lesquels la France se refinance et met de la dette, ça, ça n'a pas aucune conséquence.

Non, mais Benjamin Dumais, il ne faut pas prendre les Français pour des imbéciles.

9:08
Sébastien Chenu

Il ne faut pas les prendre pour des imbéciles en posant cette question. Le message, je n'ai pas dit que vous les prenez pour des imbéciles, j'ai dit, il ne faut pas prendre les Français pour des imbéciles. Le message de l'instabilité envoyée à l'extérieur, c'est celui de la ruine de la France organisée par Bruno Le Maire, Elisabeth Brandt, Gabriel Attal et tous les autres. Il est bien supérieur à changer éventuellement de Premier ministre. Ce message-là qui montre que la France...

9:30
Présentateur

Et donc vous prenez le risque en votant une motion de censure qu'il y ait un décrochage sur les marchés financiers, que les investisseurs se disent, on ne va pas investir en France parce qu'il y a tellement d'instabilité que ce n'est pas le bon endroit.

9:39
Sébastien Chenu

Ce budget ne règle rien. On nous dirait que ce budget règle les problèmes du déficit, nous permet de rentrer dans le cadre du déficit voulu par l'Union Européenne. Ce budget règle les problématiques du commerce extérieur, le déficit du commerce extérieur de la France. Mais pas du tout. En fait, ce budget en plus ne règle rien. Donc si vous voulez, non seulement il ne règle rien, en plus il est injuste. Écoutez, ce n'est pas notre éventuelle censure qui agiterait les marchés, c'est plutôt l'État dans lequel ce budget met la France.

10:09
Présentateur

Un point précis, Sébastien Chenu, est-ce que vous êtes favorable à l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu qui est prévu dans le budget actuel ? Écoutez, moi je pense que ce n'est pas le nœud gordien. Non, mais est-ce que, considérez, il faut expliquer que chaque année, le barème peut être indexé ou pas. S'il n'est pas indexé, ça veut dire que des gens paieront davantage d'impôt sur le revenu, voire rentreront dans l'impôt sur le revenu alors même qu'ils n'y étaient pas assujettis l'année d'avant. Eh bien moi, je ne crois pas qu'il faille aller faire les poches des Français. Donc vous êtes favorable à cette indexation ? Bon, je ne crois pas qu'il faille faire les poches des Français.

Si le budget tombe, s'il n'y a pas de budget, si une loi spéciale est votée, loi spéciale que vous appelez vos vœux, ça veut dire que le budget 2024 est reconduit sur l'année 2025 et qu'il n'y a pas d'indexation du barème de l'impôt sur le revenu. Ça veut dire qu'en votant la loi spéciale, vous avez toute une série de Français qui vont soit payer davantage d'impôt sur le revenu puisqu'ils vont passer dans une tranche supérieure, soit rentrer dans l'impôt sur le revenu. Ça, c'est une conséquence concrète si le budget est rejeté et qu'on vote une loi spéciale.

10:58
Sébastien Chenu

En réalité, il y aura un autre budget. Bien sûr qu'il y aura un autre budget, un autre Premier ministre et un autre budget qui sera bien obligé parce que les textes vous obligent à présenter un budget. Mais avant la fin de l'année ? La France ne restera pas indéfiniment sans budget. Donc nous serons pendant un mois sur le budget qui a été calculé à celui de l'année dernière et ensuite un autre budget viendra. Il ne faut pas essayer d'affoler les gens. Vous savez cette situation ?

11:21
Présentateur

Quand on reconduit un budget 2024 sur 2025, ça veut dire que par exemple quand le ministère des Armées qui prévoit une augmentation de, je crois, 3 milliards d'euros, ça veut dire que... Le budget s'est fait sur une année,

11:30
Sébastien Chenu

ce n'est pas fait sur un mois. Vous savez, cette situation, on l'a eue en 1980.

11:33
Présentateur

Et donc ça veut dire que vous laisserez passer le budget qui sera éventuellement présenté et soumis au parlementaire dans les semaines qui suivront ? On verra.

11:40
Sébastien Chenu

Parce que si vous censurez celui-là, pourquoi ne pas censurer celui d'après ? Ce sera un autre budget. On imagine qu'évidemment, ce sera un autre budget. Mais on a déjà eu ça en 1980 et la France n'a pas été en cessation de paiement. Donc je veux dire, ces arguments-là qui visent tout simplement à affoler pour dire, attention, Marine Le Pen risque de semer le chaos, ce sont des arguments qui ne sont pas honnêtes intellectuellement.

12:01
Présentateur

Il y a l'après, un sous dans l'inconnu politique. Vous avez égréné hier les scénarios possibles, le gouvernement technique, renomination de Michel Barnier. Quel scénario a votre préférence si le gouvernement de Michel Barnier tombait ? Ce n'est pas ma préférence,

12:15
Sébastien Chenu

c'est le président de la République.

12:16
Présentateur

Vous pourriez dire, renommer Michel Barnier, ce serait une forme de déni de ce qui est arrivé à l'Assemblée. C'est changer de cap politique.

12:24
Sébastien Chenu

Et donc changer de cap politique, ça veut dire nommer qui ? Mais c'est au président de la République de trouver... Vous avez peut-être une idée, non ? Attendez, nous, on était partant pour mener une autre politique. Oui, et vous avez perdu les élections. Nous n'avons pas gagné. Et vous avez perdu les élections. Donc le président de la République a fait élire, avec ses amis, avec M. Atalentette, on fait élire des gens de la France insoumise. Ils ont créé ces trois blocs. À eux de gérer le pays. Et si le président de la République ne sait pas gérer le pays, il en tirera toutes les conséquences. C'est-à-dire au revoir.

Donc ça veut dire que le scénario que vous privilégiez, c'est le départ du président ? Si la situation est bloquée, il y a plusieurs scénarios possibles. Vous avez dit, vous, vous avez parlé de la nomination, la renomination de Michel Barnier. Il peut y avoir un autre Premier ministre. Il peut y avoir un gouvernement dit technique. Le président peut déclencher un référendum sur une question qui est chère aux Français, par exemple. Il faut un Premier ministre, même s'il y a un référendum, il faut un Premier ministre. D'accord, mais s'il cherche à se relégitimer et à débloquer les choses. Vous voyez, il y a plusieurs, il y a tout un éventail de possibilités. Si toutefois, ça s'imposera à lui.

Ça veut dire qu'il n'aura pas trouvé d'autres solutions pour faire tourner la Maison France. Question très précise.

13:26
Présentateur

Il décide de nommer Bernard Cazeneuve. Est-ce que Bernard Cazeneuve fait l'objet d'une censure du Rassemblement national ?

13:31
Sébastien Chenu

Oui, nous l'avons déjà dit. Nous ne changeons pas de cap. Bernard Cazeneuve, c'est le NFP. Bernard Cazeneuve, c'est le PS et ses alliances. NFP, Bernard Cazeneuve, il n'est pas exactement le NFP. C'est vrai qu'on ne sait plus où habitent les uns et les autres, mais c'est un gouvernement de gauche. Nous l'avions dit. Nous, on ne change pas de cap. On continue. On n'a dit pas de Premier ministre issu de la gauche et pas de Premier ministre qui ne rompt pas avec la politique d'Emmanuel Macron.

13:55
Présentateur

François Bayrou, nommé à Mathieu. Je ne vais pas tous les faire. Non, mais vous dites Bernard Cazeneuve, on censure. Est-ce que François Bayrou,

13:59
Sébastien Chenu

vous censurez ? Mais écoutez, je ne sais pas quelle est la ligne de conduite ou la ligne sur laquelle un éventuel François Bayrou, je l'ai entendu chez vous hier, visiblement, il serait disposé et disponible à prendre la relève.

14:10
Présentateur

Et il a pris la défense

14:11
Sébastien Chenu

du Rassemblement national et de Marine Le Pen dans le cadre du procès de l'Assemblée parlementaire. Ça peut aider. Non, mais c'est autre chose. Parce que François Bayrou, pour le coup, n'a pas un double langage. Mais quelle est la ligne sur quoi François Bayrou constituerait-il une ligne politique et avec quelle majorité ? Donc c'est ça qui est intéressant. Ce n'est pas une question d'hommes. C'était une question d'hommes. On n'a pas favorisé Michel Barrier. Mais donc, Sébastien Chenu,

14:33
Présentateur

mis à part la démission du président, je ne vois toujours pas quelle solution institutionnelle pourrait faire avancer le pays jusqu'à une éventuelle nouvelle dissolution et des élections législatives.

14:42
Sébastien Chenu

Non, mais vous n'avez pas tort. Le président est l'artisan du chaos dans notre pays. Un chaos économique, un chaos social, un chaos fiscal, un chaos sécuritaire. Et évidemment, aujourd'hui, il arrive au bout du chemin. C'est-à-dire qu'à force de ne pas vouloir entendre ce que les Français lui demandent et organiser le pouvoir autour du souhait des Français à force de vouloir contourner le souhait des Français, car c'est bien cela dont il s'agit. Il a toujours voulu contourner le souhait des Français. Le voilà dans une situation difficile. Et nous avec. Et les Français avec. Nous, ce qui nous intéresse, c'est l'intérêt des Français.

15:14
Présentateur

Quelques sujets d'actualité à voir avec vous, Sébastien Chenu. D'abord, ce qui va se jouer jeudi à l'Assemblée nationale, la France insoumise qui va proposer à l'occasion de sa niche parlementaire l'abrogation de la réforme des retraites, celle d'Elisabeth Borne, mais aussi celle de Marisol Touraine qui allongeait la durée de cotisation. C'était sous le quinquennat de François Hollande. Vous allez voter le texte de la France insoumise. Ça veut dire qu'au fond, ceux qui expliquent que vous avez la même politique économique que la gauche radicale, ils n'ont pas tort en fait. Non, pas du tout

15:36
Sébastien Chenu

parce que l'abrogation de la réforme des retraites, c'était dans notre programme. Y compris, d'ailleurs, dans notre texte de niche aussi, il y avait celle de la loi Touraine, c'est-à-dire l'âge et le nombre d'annuités. Donc vous êtes aligné là-dessus avec la France insoumise. Mais on ne cherche pas à être aligné ou pas. C'était dans notre programme. À partir du moment où c'est dans notre programme, on cherche, nous, à appliquer les propositions qu'on fait aux Français pour lesquelles ils nous font confiance. La France insoumise a refusé de voter l'abrogation de la réforme des retraites que nous avons, nous, présenté. C'est raisonnable

16:00
Présentateur

en 24 heures comme ça d'abroger cette réforme. Au fond, est-ce que c'est là encore un jeu de dupe ou est-ce que c'est un vote qui a vocation à faire en sorte que cette réforme

16:09
Sébastien Chenu

véritablement soit abrogée ? Est-ce que c'est raisonnable une telle réforme ? Une réforme qui coûte, une réforme qui coûte, j'allais dire, en argent sonnant et trébuchant. Cette réforme, elle coûte de l'argent et c'est une réforme qui coûte aussi en effort aux Français. Est-ce que c'est raisonnable d'obliger les Français à aller travailler deux ans de plus ? Non, vous le savez bien. Donc il n'y a plus l'idée de faire un... Parce que j'en avais là pendant la campagne et je sais qu'il avait dit qu'il faut d'abord faire un audit pour voir si on a la capacité de faire cette réforme. Cette réforme, elle a bafoué la démocratie parlementaire.

Il n'y a jamais eu de débat et de vote à l'Assemblée nationale. Elle a bafoué la démocratie sociale. C'est-à-dire que dans notre pays, les organisations syndicales, etc., ils sont hostiles. Elle a bafoué la démocratie tout court par réforme des retraites. Elle doit être abolie.

16:55
Présentateur

Et s'il y a de l'obstruction du côté de ce qu'on appelle le bloc central, visiblement, hier soir, François Bayrou, à votre place, disait que c'était assez légitime d'empêcher qu'il y ait un vote en déposant des amendements.

17:06
Sébastien Chenu

Mais en tout cas, ils feront ce qu'ils voudront, nos adversaires politiques. Mais je pense que c'est une erreur de ne pas entendre le souhait des Français. Il y a une majorité immense dans ce pays pour qu'on revienne et pour qu'on abroche sur cette réforme des retraites.

17:19
Présentateur

Un tout dernier mot avec vous, Sébastien Chenu. Nos confrères du journal du dimanche se sont fait l'écho d'un recadrage vous concernant. Je l'attendais. Parce que je vous connais. Je suis très prévisible. Je connais votre mauvais esprit. Signé Jordan Bardella, président du RN, qui serait, je vais citer les mots du JDD, qui serait là de vos médisances distillées dans la presse. Ouvrez les guillemets. Cela fait deux fois que je te préviens. À la troisième, tu prends la porte et tu dégages. C'est sympa l'ambiance au Rassemblement National

17:44
Sébastien Chenu

dans les réunions. Écoutez, dans la vie politique, un peu comme d'ailleurs dans les rédactions, on s'engueule. On ne se parle pas comme ça dans les rédactions. Ah bon ? À BFM, c'est vrai que je préfère ne rien dire. Je te préviens. À la troisième, tu prends la porte et tu dégages. Vous imaginez bien que je ne vais pas passer par BFM pour échanger avec Jordan Bardella. Mais pourquoi il vous dit ça ? Mais quand on a un différent, on l'exprime. Quand on n'est pas d'accord, on s'engueule. Ça fait partie des situations de la vie. Et quand on s'est dit les choses, en général, ça va mieux après. Mais pourquoi il vous dit ça ? Mais ça ne vous regarde pas. Vous aimeriez bien savoir,

18:18
Présentateur

ou soit d'une forme de tension qui existe dans l'état-major du Rassemblement national ?

18:21
Sébastien Chenu

Benjamin Duhamel, rassurez-vous, vous seriez au courant s'il y avait quelque chose de dramatique. Rien de dramatique. On continue à bosser. Il y a suffisamment de boulot pour défendre les Français, pour s'arrêter à cela. Mais encore une fois, oui, dans la vie politique, on a le droit de se disputer.

18:34
Présentateur

Vous distillez des médisances ? Moins de vous, je pense. Moins de vous. Moi, je distille des médisances ? Moi, je ne crois pas. La preuve ! Des responsables politiques qui peuvent avoir ce type de propos. Non mais est-ce que derrière ce qui se joue, c'est au fond que vous êtes plus proche de Marine Le Pen que de Jordan Bardella ?

18:52
Sébastien Chenu

Bon, historiquement, moi, je me suis engagé pour Marine Le Pen, mais ce n'est pas pour ça. Moi, je n'ai pas envie ni d'être Premier ministre ni d'être président du Rassemblement national. Jordan est tout à fait là et fait pour assumer ces fonctions-là. Il le fait avec talent et je pense qu'il faut du coup l'aider et être derrière lui pour ça. Aucun souci.

19:08
Présentateur

Pourquoi ne pas répondre à ces dernières questions ? Je rajoute encore une question. Pourquoi ne jamais répondre à la question qui suit, qui est posée par les journalistes ? Jordan Bardella sera candidat à l'élection présidentielle si Marine Le Pen est empêchée. On a le sentiment qu'il y a une forme de tétanie des membres du Rassemblement national à l'idée de répondre à cette question

19:22
Sébastien Chenu

même si c'était un signe de déloyauté. Mais non, mais vous voyez votre mauvais esprit. En fait, vous cherchez à enfoncer des coins entre les uns et les autres. Marine Le Pen sera notre candidate en 2027 parce qu'évidemment, justice va lui être rendue parce que cette semaine, plaidoirie de ses avocats et on va voir la réalité de ce qui lui est reproché et totalement éloigné des faits réels. Marine Le Pen sera notre candidate en 2027. Jordan Bardella, j'espère, sera à Matignon et j'espère que les Français nous donneront une majorité pour redresser le pays.

19:51
Présentateur

Il y en a besoin. Merci Sébastien Chenu d'avoir été l'invité de Tout le monde veut savoir et de répondre ou pas à ces questions sans aucun mauvais esprit. Tout de suite, l'autre invité du jour. Sous-titrage Société Radio-Canada

Michel Barnier doit montrer qu'il rompt avec les macronistes ! - Sébastien Chenu (BFMTV) — Sébastien Chenu · Pourquijevote