Stéphane Peu, député PCF est l'invité politique de la matinale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Stéphane Peu. Merci d'être sur ce plateau ce matin. Alors bah la première question est simple.
Est-ce que la bataille du 1er mai est terminé ou pas ? Le premier ministre, on le voyait dans le journal, va recevoir ce cet après-midi des représentants des boulangers mais aussi des fleuristes. Est-ce qu'il est en train d'essayer de déroger à cette règle d'un jour ferrier, chamé payé ?
Bon, d'abord euh nous avons réussi à à l'Assemblée nationale à balayer euh la loi portée par Gabriel d'Atal et soutenu euh par Marine Le Pen main dans la main. Cette loi euh qui était euh prétendue pour essayer pour aider les boulangers et les artisans boulangers et floristes à ouvrir en fait était un grand mensonge puisque dans la réalité la loi portée par Gabriel Atal permettait aux grandes surfaces d'ouvrir aux grandes surfaces alimentaires, aux grandes surfaces de jardinage et en fait mettait au grand permettait aux salariés aux patrons de faire travailler leur salariés et il élargissait effectivement le champ des je dirais des métiers concernés Les artisans boulangers représentaient euh Pinots. L'essentiel c'était les grandes surfaces.
Il y avit 1 million et demi de salariés qui étaient concernés euh par cette propre position de loi. Donc nous alors ils sont rappelé qu'il y avait une proposition de loi. Il y a eu un motion de rejet motion de rejet préable par ceux qui défendaient le texte et le premier ministre a suspendu la tenue de la commission mix paritaire entre députés et sénateurs.
Ce qui fait que cette loi est pour l'instant remisée mais que lui travaille peut-être à des négociations entre les parties prenantes. Oui mais ça c'est c'est normal si vous voulez. Nous nous quand quand on a vu la façon dont Gabriel Atal voulait à tout prix imposer en en cette loi sans que le Parlement puisse débattre, nous avons proposé une motion de censure aux autres groupes de gauche de groupe communiste.
Et par ailleurs, l'intersyndical s'est reconstitué tel qu'elle avait été constituée il y a 3 ans au moment de la du débat sur les retraites pour dire attention Altela. Et donc nous avons pris entre guillemets en étoaires de gauche à notre initiative avec une motion de censure et les syndicats. Et le premier ministre a été a pris une décision qui me semble être une décision sage.
Il a retiré cette proposition de loi et il a dit on ne passera pas sur une loi qui concerne le travail en en écrasant et le parlement et le dialogue social. Alors que je comprenne bien, donc décision sage du Premier ministre, victoire d'une gauche elle aussi reconstituée comme le front syndical. Pour autant, ces négociations ou ces discussions qui ont lieu aujourd'hui pour vous est-ce que ça veut dire que vous seriez prêt à regarder quelques concessions faites au boulanger et au fleuristes ?
Sophie Binéet donc la secrétaire générale de la CGT dit qu'elle n'est pas contre l'ouverture des boulangers mais elle a un regard un peu bizarre pour du côté des fleuristes parce que le vous vendez beaucoup de muget au 1er mai au Parti communiste. Non non euh non, c'est ce qui se passe, c'est sans rentrer trop dans le détail, c'est que s'agissant des artisans boulangers, il existe une convention collective et donc à l'intérieur de cette convention collective de branche signée par tous les syndicats dont la CGT, il y a la possibilité de trouver un aménagement. Voilà pour le 1er ma sur le secteur des floristes euh il y a pas l'équivalent d'une accord collectif et il est sur un périmètre qui est beaucoup plus large que les seuls artisans fleuristes.
Donc il faudrait arriver pour les fleuristes à revenir comme pour les boulangers c'est-à-dire les artisans. Mais vous avez peur que ça s'ouvre parce que dans le de textes de Gabriel Atal, il y avait un l'un des alinéas qui parlait du commerce de détails. Vous avez peur que ce soit en fait pour les grandes surfaces et pas pour les petits commerces.
Voilà. Et il faudrait que la convention collective sur les fleuristes se réduisent comme c'est le cas sur les boulangeries au secteur des de l'artisanat auquel cas je pense qu'il y a un chemin pour essayer de trouver un compromis qui passerait par une négociation avec les syndicats. Comment vous voyez les choses ?
Un accord de branche. D'accord. Alors autre actualité parlementaire c'était hier on l'a appris le retrait de la loi de Yad celle qui l'apporte Caroline Yad du groupe Renaissance.
Alors, c'est un départ. Elle elle souhaite lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme. Les opposants dont vous faites partie euh considèrent que c'est un texte liberticide euh et qui souhaiterait interdire toute critique d'Israël.
Le Premier ministre a tranché hier en disant qu'il y aurait un projet de loi peut-être en juin 2026. La date, c'est Renaissance qui l'a fixé, ce qui ne plaît pas à Maton. C'est une victoire ce retrait de la loi.
Il était impossible déjà d'en discuter, mais sur le fond, vous avez signé à la pétition, plus de 700000 personnes étaient contre. C'est une victoire pour vous même si le texte reviendra plus tard. Alors le texte reviendra plus tard.
On verra. En tout cas le le prem pourrait revenir plus tard. Je pré il pourrait revenir plus tard.
En tout cas, le Premier ministre a dit là aussi qu'il souhaitait euh un dialogue transpartidant et essayer de trouver un consensus parce que bien évidemment euh nous sommes inquiets comme beaucoup de la montée de l'antisémitisme. Nous sommes inquiets de voir qu'il y a beaucoup euh une recrudescence des actes, des propos antisémites et tout ça est forcément très inquiétant pour n'importe quel républicain, n'importe quel démocrate. Je rappelle quand même que nous communistes, la seule loi aujourd'hui, enfin une des seules [raclement de gorge] lois ou en tout cas la dernière loi qui permet de sanctionner et l'antisémitisme et le négationnisme et le racisme, c'est la loi d'IT Gesso qui est av une loi portée par portée par un un un député communiste qui s'appelait Jean-Claude Jean-Claude Guessu.
Donc nous sommes sur ce sujet extrêmement vigilant mais la loi Yad c'était autre chose. La Loyadan, elle saisit l'actualité internationale et notamment ce qui passe ce qui se passe au Moyen-Orient pour essayer de criminaliser toute critique de l'État d'Israël. Ça c'est absolument insupportable et je dirais même plus c'est c'est contre-productif parce que quel est le meilleur agent de de la progression de l'antisémitisme dans le monde aujourd'hui si ce n'est le gouvernement d'extrême droite de Nathaniaou aujourd'hui qui piétine le droit international qui texte faisait l'amalgame entre les antisionistes les antisémites et que c'est pas là que doit se passer le débat ?
Bien sûr, parce que bien sûr il y a des gens qui utilisent, on le connaît les les Soral et autres qui utilisent le le le sionisme comme une équivalence antisémite. On sait qu'il existe ces ces ces amalgames, mais essayer d'avoir une loi qui incrimine euh l'apologie implicite du terrorisme, ça enfin vous savez implicite qui choquait beaucoup les opposants beaucoup et notamment les magistrats comme le juge antiterroriste trvidique qui a dit toute son opposition à cette loi parce que elle n'était pas un chemin de droit correct pour un pays comme comme la France. Moi je fais partie de cette génération.
Je je je suis arrivé en politique quand j'étais jeune. On se battait pour la libération de Nelson Mandela quand on se battait en Afrique du Sud. Mais tous les gens euh et tous les les les grands médias, les gouvernements occidentaux disaient que demander la libération de Nelson Mandalat, c'était demander la libération d'un terroriste.
Et donc c'était faire une apologie implicite de terrorisme que de lutter contre la parteille et demander la libération de Nelson Mandela. Donc faut avoir un peu de mémoire et il faut être intransigent dans la lutte contre l'antisémitisme mais intransigent aussi pour préserver la liberté d'expression. Et la loi Gesso, ainsi que la loi soit la presse qui est plus ancienne, elle donne euh toutes toutes les armes.
Moi ce qui m'inquiète, c'est par exemple euh dans les à l'école ou même euh dans les tribunaux de voir des magistrats ne pas retenir la qualification d'antiséminisme pour d'antisémitisme pour des actes qui le sont réellement. Donc, on voit bien qu'il y a un problème non pas de l'arsenal juridique, mais il y a un un problème d'appréhension et de compréhension de ce qu'est le racisme et l'antisémitisme aujourd'hui. Alors, euh, on parlait de l'Assemblée nationale cette nuit, enfin en tout cas hier soir, euh il y a eu le rejet du texte, je sais pas si les gens s'en souviennent, mais autour des ruptures conventionnelles he qui réduisent la durée de d'indemnisation de l'assurance chômage dans ce cas-là, c'était pourtant le fruit d'une négociation.
C'est rare que l'assemblée ne suive pas les les je dirais les négociations des partenaires sociaux. Le Matignon laisse entendre qu'il y aurait sans doute un nouveau vote. Mais pour vous, c'est quand même une victoire d'avoir rejeté ce test.
Ouais, c'est c'est une victoire parce qu'en fait c'était c'est c'est le le gouvernement qui a imposé aux syndicats et aux partenaires sociaux, au patronat de de renégocier autour de ces ruptures conventionnelles. Alors, il y a des syndicats qui n'ont pas signé la la CGT mais aussi la la CFE CGC. euh d'autres syndicats qui ont signé en considérant que c'était un moindre mal.
Il y a toujours Oui, il y avait quand même un texte commun. Oui. Mais qui qui n'était qui n'était approuvé et demandé par aucun des partenaires sociaux.
Le problème, si vous voulez, c'est que le gouvernement, sans trop rentrer dans les détails, il utilise l'UNEDC un peu comme une variable d'ajustement budgétaire. Or, si l'UNEDC était géré par les partenaires ce soit et qu'on les laissait gérer l'assurance chômage telle qu'ils l'entendent, aujourd'hui, elle serait excédentaire de 2 milliards d'euros. Mais c'est les ponctions euh de l'État pour ajuster son propre budget, pour financer des choses qui rien à voir avec l'assurance chômage qui fait que aujourd'hui il y a des difficultés financières lunques.
Donc si vous voulez, c'est une un peu une utilisation du dialogue social, un détournement du dialogue social. Et donc c'est la raison pour laquelle nous avons considéré que ce texte n'était pas bon. Et par ailleurs, il il était extrêmement dur pour ceux qui sont victimes ou qui bénéficient de rupture conventionnelle qui ont plus de 55 ans, c'est-à-dire les seniors.
Donc on verra ce que compte faire le le gouvernement avec peut-être un un un nouveau vote sans doute début mai. Est-ce qu'il y avait un vote solennel prévu ? Nous nous verrons à ce moment-là.
Alors, il paraît qu'il y a une présidentielle euh dans un an, hein, c'est ce que j'ai entendu dire. Euh, il y aura-t-il une candidature communiste ? Est-ce que vous y êtes favorable à titre personnel et éventuellement celle de Fabien Roussell puisque on ne parle que de lui.
Bon moi à ce stade ce que je constate c'est que l'immense majorité des électeurs de gauche que je rencontre dans ma circonscription ou quand je lis les enquêtes d'opinion, ils aspirent surtout à ce que la gauche retrouve le chemin de l'unité, celle l'unité qu'on a connu au moment du Nouveau Front Populaire quand il y a eu la dissolution en 2024 ou de la NUPES quand il y a eu les élections législatives en 2022. Ça c'est l'aspiration immensément majoritaire des électeurs de gauche parce qu'ils sont conscients d'une chose et et et tant mieux, c'est que de que de cette conscience, c'est que la le risque qui pèse sur notre pays, c'est l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir et que dans l'histoire euh ça n'empêche pas qu'il y ait énormément de candidats à la candidature. Oui, mais il y a des candidats à la candidature.
Vous savez, moi quand euh l'extrême droite menace, quand euh dans un pays comme la France qui n'a jamais porté l'extrême droite au pouvoir par les urnes, contrairement à d'autres pays européens, à chaque fois que l'extrême droite a été au pouvoir dans notre pays, c'est arrivé une fois, elle est arrivée dans les valises de l'armée allemande. Donc, ce serait un un traumatisme énorme. Et je pense que la gauche doit se les dirigeants de gauche, les formations de gauche doit doivent se ressaisir et considérer qu'on est à un moment de l'histoire de notre pays, de l'histoire politique de notre pays où les les querelles doivent être mises de côté et essayer de de de tracer le chemin de l'unité, je le dis pour toutes les formations de gauche, y compris la mienne mon le parti communiste.
Je vais surinterpréter peut-être ce que vous venez de dire. Est-ce que vous seriez vous alors à titre personnel, vous allez pas engager le parti communiste, prêt à vous ranger derrière celui qui devrait se déclarer dans peu de temps, c'est-à-dire Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que c'est la candidature unique qu'il y aura ?
Alors que il y a une primaire de la gauche et des écologistes ? François Hollande pointe le bout de son nez, il dit qu'il se prépare. Raphaël Luxman aussi.
Est-ce que le paysage n'est pas éclaté et que votre demande n'est pas déjà l'être morte ? Mais le paysage est éclaté. Mais en même temps, faut essayer de comprendre pourquoi la gauche elle en est arrivée là.
Elle est elle en est arrivée là pour toute une série de raisons, mais aussi parce que la gauche d'accommodement, la gauche d'accompagnement, voir parfois la gauche de renoncement qui a un peu incarné François Hollande quand il a été au pouvoir de 2012 à 2017 a tellement déçu et a tellement copié la droite dans ses orientations politiques que à un moment donné les gens ont sanctionné la gauche parce qu'ils attendent autre chose d'une politique de gauche comme ils l'ont pu le connaître ou du temps de Lionel Jose ou à d'autres moments de de notre histoire. Donc moi je ce que je euh considère c'est que de toute façon il faut que la gauche soit unie et en même temps qu'elle entende aussi l'aspiration à des changements radicaux et à une politique de gauche radicale. Radicale au sens on prend les problèmes à la racine et on ne fait pas du petit accommodement avec les politiques libérales comme malheureusement la gauche l'a trop souvent fait ces 20 dernières années.
On verra ces prochains mois s'il y a un ou deux candidats ou plusieurs comme ça en prend le chemin en ce moment. Merci d'être venu ce matin st fan plus sur le plateau de Francein info.
Stéphane Peu