Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 10 mars 2026 9 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Michel Picon, président de l'union des entreprises de proximité : "Le gouvernement a les moyens de vérifier ceux qui prennent les Français pour des dindons"

Au micro : Thomas SotoSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Quel est ce matin votre degré d'inquiétude, vous qui représentez les petites entreprises ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Il y a déjà des conséquences ? On entendait les routiers tout à l'heure qui disaient « Non, on met des pleins, je mets 1000 euros de pleins, j'avance les frais ».

  • 1:57FerméeRéponse directe

    C'est abusif ou pas ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Vous pensez que le name and shame, comme on dit, il y a les nommer, montrer du doigt, ça peut avoir un effet ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous avez demandé au gouvernement la semaine dernière ?

  • 2:57FerméeRéponse directe

    Aujourd'hui, vendre le litre d'essence ou de gazole à plus de 2 euros le litre, c'est prendre les Français et les consommateurs pour des dindons ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:54InvitéFait
    « j'ai interpellé le gouvernement. On était à trois jours, c'était mercredi dernier, à trois jours déjà, le coût du carburant augmentait. »
  • 2:04InvitéChiffre
    « Moi, je suis satisfait que le gouvernement ait engagé 500 contrôles, même si... »
  • 2:34InvitéFait
    « ceux, et le gouvernement a les moyens de le vérifier, ceux qui prennent les Français pour des dindons, pardon de le dire. »
  • 3:43InvitéChiffre
    « on sort d'un épisode budgétaire où tous les Français le savent, savent qu'il n'y a plus d'argent dans la caisse, on a rajouté 125 milliards de dettes. »
  • 6:38InvitéChiffre
    « Les 70 000 entreprises qui ont disparu près de 70 000 l'année dernière »
  • 6:53InvitéChiffre
    « On était à 19% d'épargne. On est passé à un peu moins de 18%. »
  • 8:17InvitéFait
    « Oui, ça arrive. »
  • 8:18InvitéChiffre
    « Il y a 12%, entre 12 et 15% selon les secteurs, d'entreprises défaillantes qui sont défaillantes. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur22 %

5,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Thomas Soto, RTL Matin. Il est 7h43, il est le président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité, qui représente plus de 3,5 millions d'entreprises et 400 000 métiers différents. Michel Picon est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Michel Picon. Bonjour. Ça fait donc 11 jours que la guerre a commencé en Iran et dans la région. Les cours du pétrole font l'yo-yo, partent dans tous les sens. Quel est ce matin votre degré d'inquiétude, vous qui représentez les petites entreprises ?

0:26
Invité

Nous sommes inquiets, bien évidemment, comme tous les Français, par rapport à cette situation. Inquiets, mais moi ce que je voudrais vous dire, c'est que nous ne devons pas paniquer face à cette situation. D'abord parce que le pire n'est jamais certain. On voit bien cette nuit encore combien les choses peuvent bouger. Le président des Etats-Unis, qui est le chef d'orchestre, j'allais dire, de toute cette pagaille, est tellement inconséquent, je ne sais pas si le mot est bon, en tout cas imprévisible, qu'on peut se retrouver avec de bonnes nouvelles sur la durée. Sauf que l'incertitude, ce n'est pas bon pour le business. Je parle sur le contrôle de François Languet.

Oui, l'incertitude n'est pas bonne pour le business, surtout si tout le monde se met à paniquer. Moi, ce que je voudrais dire aujourd'hui, oui, il faudra probablement regarder si les choses s'éternisent. Un certain nombre de secteurs d'activité, parmi les autres, je pense aux travaux publics, par exemple, qui traversent une période extrêmement compliquée, à la suite des intempéries, et puis cette augmentation de fioul sur des engins qui consomment énormément...

1:30
Présentateur

Il y a déjà des conséquences ? On entendait les routiers tout à l'heure qui disaient « Non, on met des pleins, je mets 1000 euros de pleins, j'avance les frais ».

1:36
Invité

Oui, oui, on a déjà des entreprises qui payent une facture de livraison. Là aussi, la semaine dernière, nous avions conseillé des entreprises avec le gouvernement, et j'ai interpellé le gouvernement. On était à trois jours, c'était mercredi dernier, à trois jours déjà, le coût du carburant augmentait. Alors bon, j'espère que quand ça va rebaisser...

1:57
Présentateur

C'est abusif ou pas ?

1:58
Invité

Oui, oui, il y a des effets d'aubaine, bien évidemment, alors chez les distributeurs ou chez d'autres intervenants. Moi, je suis satisfait que le gouvernement ait engagé 500 contrôles, même si...

2:09
Présentateur

Les contrôles, ça ne fait pas baisser les prix, Michel Picon ?

2:11
Invité

Non, mais ça va peut-être un peu freiner ceux qui avaient l'intention ou ceux qui abusent. Je pense que personne n'a trop envie d'avoir un éclairage dans tous les médias, mettant à jour des comportements qui ne sont pas...

2:25
Présentateur

Vous pensez que le name and shame, comme on dit, il y a les nommer, montrer du doigt, ça peut avoir un effet ? Je pense. C'est ça que vous avez... Qu'est-ce que vous avez demandé au gouvernement la semaine dernière ?

2:31
Invité

Nous, nous avons demandé au gouvernement de rappeler à l'ordre, ceux, et le gouvernement a les moyens de le vérifier, ceux qui prennent les Français pour des dindons, pardon de le dire. De dire à ces gens-là, nous prendrons, avec le dispositif législatif ou juridique qui existe, mais nous prendrons des mesures pour éviter qu'on rajoute de la difficulté à une difficulté que tout le monde a.

2:57
Présentateur

Aujourd'hui, pardon, mais vendre le litre d'essence ou de gazole à plus de 2 euros le litre, c'est prendre les Français et les consommateurs pour des dindons ?

3:02
Invité

À cette heure-là, oui. Oui. Parce qu'on ne peut pas nous dire, bon, pas de panique, il y a trois mois de stock, on a des réserves, et en même temps, avoir une réactivité aussi forte, trois jours la semaine dernière, c'était vraiment impossible. Il n'y a personne qui était contraint d'augmenter, si ce n'est de se dire, dans un mois, peut-être, je ferai moins de chiffre d'affaires, et donc je vais engranger tout de suite, histoire de ne pas... Mais tout ça, c'est... Vous ne demandez pas de bouclier, vous demandez de la responsabilité. On demande de la responsabilité. Pas de bouclier, pas de chèque, pas d'aide ?

Il y aura un certain nombre de secteurs, en tout cas, le chéquier tout azimut, on pourrait le demander, mais chacun connaît la situation des finances de notre pays, on sort d'un épisode budgétaire où tous les Français le savent, savent qu'il n'y a plus d'argent dans la caisse, on a rajouté 125 milliards de dettes. Le quoi qu'il en coûte, non, c'est clair. Le quoi qu'il en coûte, il faudrait être irresponsable pour le redemander. Et quels secteurs il va leur aider, alors ? Je pense des secteurs qui sont des gros consommateurs d'énergie, et puis ensuite, après, sur tous ceux, bien sûr, qui vont voir une facture... Un boulanger, c'est un gros consommateur d'énergie ?

Oui, un boulanger, c'est un gros consommateur d'énergie, d'abord électrique, puisque de plus en plus, nos boulangers, on les encourage à passer à l'électrique, et ceux qui sont au gaz, parce qu'il y a le fuel, mais il y a aussi le gaz, avec des inquiétudes sur les approvisionnements et sur le prix, sur tous ces commerces aussi, ce qu'on leur dit, il faudra ajuster un petit peu vos prix. Et moi, ce que j'appelle, j'appelle tous les Français à aussi jouer ce jeu-là. Il faudra accepter si le croissant doit prendre 10 centimes de plus, ou 15 centimes de plus, pour aider le boulanger à passer cette période. Je pense que ce que nous avons besoin...

4:41
Présentateur

On est un peu provisoire, encore une fois.

4:42
Invité

Oui, mais bien évidemment, à condition que, lorsque cette crise va s'apaiser, alors il y en aura peut-être une autre après, mais qu'on revienne à des prix normaux. Moi, je pense qu'on a besoin...

4:51
Présentateur

Vous dites, aux pompistes, à la grande distribution, soyez raisonnables, aux Français, oui, il y a un petit effort à faire, mais il ne faut pas paniquer.

4:59
Invité

Absolument, absolument, parce que l'État providence, tel qu'on l'a connu, on sait tous les uns et les autres que ça ne sera pas possible. Et si on veut que l'État ait encore les moyens d'aller au secours de ceux pour qui c'est vital, eh bien, il faut qu'il soit sobre sur sa « générosité », parce qu'il n'y a pas de générosité.

5:19
Présentateur

Michel Picon, j'entendais un responsable d'une entreprise de mobilier, Fairmob en l'occurrence, expliquer qu'en quelques jours, un conteneur qui était livré jusque-là pour 2 000 dollars était passé à 4 000 dollars. Alors oui, on pointe la responsabilité des stations d'essence, des pétriers, tout ce qu'on veut. Est-ce que les transporteurs maritimes n'ont-ils pas, eux aussi, une part de responsabilité ? Est-ce qu'ils ne font pas partie, peut-être comme pendant le Covid, des profiteurs de guerre ?

5:39
Invité

Non, mais complètement. C'est pour ça que moi, dans le pétrole et dans le carburant, je dis, oui, il faut aller vérifier les distributeurs, mais pas ceux. Il faut aller regarder toute la filière. Le raffinage du brut, c'est pas parce que le prix du brut augmente, que le raffinage est impacté par cela. Donc, oui, je pense qu'il y a toujours, malheureusement, des profiteurs. Donc, solidarité entre nous. Moi, je voudrais dire à tous les Français qui avaient envie de refaire la salle de bain, de ne pas reporter ce chantier au motif qu'ils ont peur. Faites-le. Privilégiez vos commerçants de proximité, privilégiez vos artisans. On a besoin d'activités.

Il ne faut surtout pas que tout s'arrête, parce que là, on rajouterait de la crise à la crise, et ça deviendrait extrêmement compliqué.

6:24
Présentateur

Elles sont solides, nos petites entreprises, aujourd'hui ? On sait qu'elles ont encaissé le Covid, elles ont encaissé la guerre en Ukraine. Là, il y a encore une nouvelle crise et beaucoup d'incertitudes. Dans l'ensemble, elles tiennent. Comment se portent-elles en ce début d'année ?

6:36
Invité

Elles sont en difficulté. Les 70 000 entreprises qui ont disparu près de 70 000 l'année dernière, ça témoigne d'une trésorerie qui est basse.

6:45
Présentateur

Et on est sur quelle tendance, là, en ce début d'année ? Il y a un thermomètre, les défaillants d'entreprises.

6:49
Invité

Ça repartait un petit peu. On le voit bien quand l'épargne diminue. On était à 19% d'épargne. On est passé à un peu moins de 18%. On a gagné un point. Cette différence entre 18 et 19% d'épargne, elle est dans la consommation. Le début d'année, on voit bien les vacances à la montagne ont été bonnes. Alors, il y avait une bonne neige, il y avait un bon climat. Mais tous les retours que l'on a de nos commerçants étaient plutôt satisfaits. Mais il va falloir qu'on s'habitue, je pense, à vivre des crises. Elles seront climatiques, elles seront géopolitiques.

7:21
Présentateur

Vous sentez un risque d'explosion du chômage ou pas ?

7:24
Invité

Oui, mais à la fois, on est aussi très réactifs. Nos entreprises, elles sont résilientes. Il faut qu'on leur permette d'alléger leurs effectifs lorsque c'est nécessaire. Il faut aussi qu'on les aide à recruter, à former pendant ces périodes leurs salariés.

7:40
Présentateur

Vous appelez tout le monde à la responsabilité ce matin, et on l'entend bien, chacun à sa place. J'ai une dernière question. Il paraît que l'État cumule 8 milliards d'euros de retard de paiement qui doit au PME engagé dans le business de la défense, ô combien sensible évidemment par les temps qui courent. Est-ce que c'est vrai déjà ? Est-ce que l'État est un mauvais payeur ?

7:56
Invité

Je n'ai pas le chiffre exact, mais oui, l'État ne paye pas suffisamment. C'est un sujet que l'on a évoqué la semaine dernière aussi. Bon, toutes les entreprises qui bossent pour le milieu hospitalier, ça veut bien que quand vous travaillez pour l'hôpital, vous n'êtes pas payé.

8:15
Présentateur

Mais l'État fait couler des boîtes en ne payant pas dans les délais ?

8:17
Invité

Oui, ça arrive. Ça arrive ? Oui, oui, il y a 12%, entre 12 et 15% selon les secteurs, d'entreprises défaillantes qui sont défaillantes. Il y a l'État, mais il n'y a pas que l'État. Il y a les grands donneurs d'ordre aussi, la grande promotion immobilière qui assassine la petite entreprise de plaquistes ou à la sous-traitée parfois en deuxième, troisième rang avec des marges extrêmement contraintes. Et un retard de paiement de 15 jours, ça met la boîte par terre parce que le banquier ne suit plus.

8:44
Présentateur

Que chacun prenne sa part et on devrait s'en sortir. C'est le message de Michel Picon. Merci d'être venu nous voir ce matin sur RQ.