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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 20 septembre 2024 9 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiNumérique

Commerce : "On constate, depuis un certain nombre de mois, une baisse du chiffre d'affaires", alerte la Fédération nationale de l’Habillement

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Vous êtes déléguée générale de la Fédération Nationale de l'Habillement. Bonjour Florence Bonnetouré.

  • 0:21OuverteRéponse directe

    On parle donc de ce qu'on appelle des petits commerçants et c'est chronique. Tous les ans, ils disent qu'ils vont mal, pas d'exception cette année.

  • 0:59OuverteRéponse directe

    Mais précisément, expliquez-nous, quels commerces de mode sont à la peine et où exactement ?

  • 1:18RelanceRéponse directe

    Donc, expliquez cette disparité.

  • 2:23FerméeRéponse directe

    Donc, les Jeux Olympiques et leur flot de visiteurs n'y ont rien fait, pas de consommation supplémentaire ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Et du coup, vous maintenez votre demande d'ailleurs d'aide pour les commerces que vous estimez pénalisés par les Jeux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32InvitéFait
    « on constate depuis déjà un certain nombre de mois une baisse du chiffre d'affaires. »
  • 0:40InvitéChiffre
    « sur le premier semestre 2024, on a observé une baisse du chiffre d'affaires d'en moyenne 6% par rapport au premier semestre 2023. »
  • 1:25InvitéChiffre
    « les commerces indépendants de mode se trouvent essentiellement à 70% d'entre eux en centre-ville. »
  • 1:53InvitéFait
    « outre l'effet Jeux Olympiques sur la région Paris, le mois d'août a été compliqué. »
  • 2:49InvitéFait
    « on s'est rendu compte qu'outre le fait qu'un certain nombre de commerces, notamment dans la mode et l'habillement, ont fermé plus longtemps que d'habitude le mois d'août »
  • 3:47InvitéFait
    « l'échange physique, le conseil en boutique est primordial et ça on ne le perdra jamais. »
  • 4:30InvitéFait
    « la seconde main est plutôt très complémentaire de ce que l'on vend dans nos boutiques »
  • 6:10InvitéFait
    « pas de soldes du tout. »
  • 6:13InvitéFait
    « Les soldes doivent retrouver leur sens, c'est-à-dire le déstockage de fin de saison. »
  • 7:26InvitéPromesse
    « On leur demande de pouvoir réenclencher ce dispositif qui, pour nous, était vraiment très intéressant »
  • 8:11InvitéFait
    « Les produits à moins de 150 euros ne sont pas taxés en douane et on demande cette taxation. »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Présentateur28 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Et l'invité éco sur France Info est à la tête d'une fédération de commerçants, des femmes à 80% dans plus de 30 000 magasins, quasiment tous avec moins de 11 salariés. Vous êtes déléguée générale de la Fédération Nationale de l'Habillement. Bonjour Florence Bonnetouré. Bonjour. On parle donc de ce qu'on appelle des petits commerçants et c'est chronique. Tous les ans, ils disent qu'ils vont mal, pas d'exception cette année. Vraiment, les boutiques de mode ne vont pas bien.

0:32
Invité

Oui, effectivement, on constate depuis déjà un certain nombre de mois une baisse du chiffre d'affaires. À titre d'exemple, sur le premier semestre 2024, on a observé une baisse du chiffre d'affaires d'en moyenne 6% par rapport au premier semestre 2023. Sauf que là, au mois d'août, on observe que cette baisse de chiffre d'affaires s'atténue, mais elle continue à baisser malgré tout.

0:59
Présentateur

Mais précisément, expliquez-nous, quels commerces de mode sont à la peine et où exactement ? Parce que, par exemple, la mode homme s'est plutôt bien vendue pendant l'été. Idem pour l'habillement dans certaines régions, Normandie, centre Val-de-Loire. Et même à Paris, les chiffres étaient bons, certes jusqu'à fin mai. Donc, expliquez cette disparité.

1:21
Invité

Alors, il y a plusieurs causes pour cette disparité. Tout d'abord, je tiens juste à rappeler que les commerces indépendants de mode se trouvent essentiellement à 70% d'entre eux en centre-ville. Et donc, quand vous avez des villes qui commencent à se désertifier, des centres-villes qui commencent à mourir, où on observe des fermetures de boutiques, l'effet boule de neige s'aggrave et on observe une baisse significative des ventes dans le commerce de la mode. Alors, il y a deux choses sur les régions. C'est qu'effectivement, alors, outre l'effet Jeux Olympiques sur la région Paris, le mois d'août a été compliqué.

Mais parce que, d'une part, tout ce qui était un peu fermeture et alerte pour la mobilité a été compliqué. Et puis, les touristes n'étaient pas les mêmes que les années précédentes. On avait plutôt des touristes attirés par l'effet Jeux Olympiques qui n'ont pas les mêmes modes de consommation que les touristes habituels qui sont sur Paris au mois de juillet-août.

2:23
Présentateur

Donc, les Jeux Olympiques et leur flot de visiteurs n'y ont rien fait, pas de consommation supplémentaire ?

2:31
Invité

Alors, pas dans ce qui concerne la mode et l'habillement, c'est-à-dire que les touristes des Jeux Olympiques sont plutôt consommateurs peut-être de souvenirs, mais moins de vêtements.

2:42
Présentateur

Et du coup, vous maintenez votre demande d'ailleurs d'aide pour les commerces que vous estimez pénalisés par les Jeux ?

2:49
Invité

Oui, tout à fait. C'est-à-dire qu'on s'est rendu compte qu'outre le fait qu'un certain nombre de commerces, notamment dans la mode et l'habillement, ont fermé plus longtemps que d'habitude le mois d'août, certains ont pris l'initiative de fermer totalement le mois d'août pour ne pas être confrontés à ces difficultés de circulation dans Paris et donc un chiffre d'affaires moindre. Bon nombre ont vu leur chiffre d'affaires diminuer, surtout dans les zones touristiques et on a demandé de manière répétitive et on est en discussion pour obtenir effectivement des dédommagements pour un certain type de commerce qui a vu son chiffre d'affaires baisser.

3:24
Présentateur

Alors faites-vous tout de même une sorte d'introspection sur les éventuelles failles de ces commerces indépendants de mode, sachant que désormais plus de 20% des vêtements se vendent sur Internet ? Est-ce que vos clients peuvent eux aussi acheter facilement en ligne chez vous, commander une taille, une couleur qui manquerait ?

3:42
Invité

Alors oui, les commerces de l'habillement se transforment, se transforment à plusieurs titres. C'est-à-dire que pour nous, l'échange physique, le conseil en boutique est primordial et ça on ne le perdra jamais. On considère que la relation avec le client, la relation de conseil, de service, elle est très importante et qu'elle doit se dérouler de manière physique en boutique. Toutefois, il est vrai que de plus en plus des commerçants détaillants investissent et déploient sur le digital pour pouvoir offrir et élargir leur service à une clientèle plus large, celle qui souhaite d'abord identifier à l'avance ou pouvoir commander plus aisément et voir la disponibilité des vêtements en boutique.

Donc on considère que c'est très complémentaire.

4:24
Présentateur

Et d'ailleurs, la seconde main et toutes les grandes chaînes s'y sont mises, est-ce que vous avez incité vos commerçants à se lancer ?

4:30
Invité

Oui, alors la seconde main est plutôt très complémentaire de ce que l'on vend dans nos boutiques puisqu'on est plutôt sur du moyen haut de gamme dans les petites boutiques multimarques de mode. Et donc souvent, les personnes qui achètent en seconde main reviennent en boutique pour acheter un vêtement neuf complémentaire, soit dans la même marque ou dans une marque différente. Et donc on considère que la seconde main devient un élément de service complémentaire par rapport à la vente du vêtement neuf.

4:57
Présentateur

Vous parlez des moyennes haute gamme. Est-ce que finalement vos articles sont au bon prix pour vraiment déclencher l'achat ?

5:05
Invité

Alors tout dépend de ce qu'on entend par déclencher l'achat. Si vous voulez un vêtement en moyenne à 8 euros sur l'entrée de gamme, il est clair que les boutiques de mode ne sont pas la cible prioritaire. Là, effectivement, on n'est pas du tout dans une consommation où on va multiplier les collections avec des prix très bas. Ce n'est pas du tout l'objectif des commerçants indépendants. Nous, on est plutôt à conseiller aux consommateurs d'acheter de la qualité. Et la qualité a un coût.

Il vaut mieux acheter moins, mais mieux, avec des vêtements qui vont durer et s'inscrire dans l'histoire du consommateur avec une qualité plus importante et donc effectivement avec un tarif un peu plus important. On considère qu'il vaut mieux acheter un vêtement à 50 euros que trois vêtements à 20 euros.

5:50
Présentateur

Justement, à propos de prix, vous bataillez depuis probablement plus d'une quinzaine d'années pour modifier les dates des soldes, leur durée. Vous êtes d'ailleurs en opposition sur ce sujet avec la fast fashion, mais aussi avec les grands magasins. Et finalement, vous semblez dire que vous ne voulez plus de soldes du tout. Vous confirmez ?

6:10
Invité

Alors, pas de soldes du tout. On considère qu'il faut… Les soldes doivent retrouver leur sens, c'est-à-dire le déstockage de fin de saison. Aujourd'hui, les soldes arrivent en début de saison. Les soldes d'été arrivent au début de l'été. Les soldes d'hiver, au début de l'hiver. Ça n'a aucun sens. Aujourd'hui, on considère que pour avoir une consommation responsable, il faut faire des soldes en fin de saison qui permettent un vrai déstockage avec une durée peut-être plus courte, avec moins de promotion, mais permettre effectivement une visibilité plus importante en fin de saison. Et là, la date des prochains soldes, puisqu'on en parle ?

Alors, pour l'instant, les prochains soldes ne sont pas changés parce que c'est un arrêté ministériel qui fixe au niveau, l'ensemble du territoire, la date des soldes. Et les discussions sont actuellement assez ténues, enfin, plutôt fortes avec le gouvernement parce que c'est le ministère du Commerce qui doit faire ces modifications. Et donc, on est nombreux autour de la table pour avoir des discussions sur cette fameuse date des soldes.

7:09
Présentateur

A priori, le 8 janvier, c'est ça ? Pour l'instant, c'est toujours cette date qui est fixée, oui. Alors, vous avez quelques secondes encore pour répondre à cette dernière question. Le gouvernement démissionnaire a commencé à échafauder un plan pour la mode au gouvernement qui va être nommé dans les heures qui viennent. Qu'est-ce que vous demandez ?

7:26
Invité

On leur demande de pouvoir réenclencher ce dispositif qui, pour nous, était vraiment très intéressant dans le sens où il repositionne la mode comme étant un vrai acteur au cœur de l'activité économique de la France et de favoriser et d'encourager toute la chaîne de valeur depuis les producteurs, l'industrie de textiles jusqu'au consommateur final. Pour nous, c'était déterminant de pouvoir réenclencher ce dispositif pour la mode. Favoriser, c'est injecter de l'argent ? Pas toujours. C'est favoriser, c'est donner un cadre favorable. Ça peut être de faciliter ou de réduire un certain nombre de charges. C'est promouvoir la proximité entre la production et la vente.

C'est favoriser le Made in France ou le Made in Europe. Et c'est aussi taxer plus les importations aujourd'hui. Les produits à moins de 150 euros ne sont pas taxés en douane et on demande cette taxation.

8:23
Présentateur

Merci Florence Bonnet-Touré, déléguée générale de la Fédération nationale de l'habillement et invitée éco sur France Info aujourd'hui.