Nous sommes dans l'opposition mais nous avons une volonté constructive ! - Thomas Ménagé (BFMTV)
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Questions et réponses
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Merci d'être avec nous.
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Il y a eu une tension en marge du conseil municipal sous la présidence du nouveau Premier ministre, maire de Pau.
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Le nouveau Premier ministre est toujours maire de Pau, qui a l'intention de rester maire malgré Matignon.
- 1:07RelanceRéponse partielle
Certains choisissent bien leur moment au milieu de la crise à Mayotte.
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Il aurait dû aller à Mayotte ?
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Cette séquence où François Bayrou, Premier ministre, est à côté du ministre de l'Intérieur et s'en va.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je pense profondément qu'on s'est trompé. »
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« Tout le monde, on a tous participé à ça, en faisant que deviennent incompatibles les responsabilités locales et les responsabilités nationales. »
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« Je pense qu'il faut que nous réfléchissions à une nouvelle organisation. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Pour les membres du gouvernement, c'est autorisé. Pour les parlementaires, pas. »
- 8:21Invité politiqueFait
« Je n'ai pas envie de polémiquer ce soir quand on voit les images qu'on a eues à Mayotte. »
- 8:30Invité politiqueFait
« Juridiquement, il a le droit. »
- 8:43Invité politiqueFait
« Moi, ce que j'appelle pour le Premier ministre, c'est de se poser lui-même la question. »
- 9:15Invité politiqueFait
« S'il y arrive, mais je l'appelle quand même à dire que la priorité, ça sera les sujets nationaux, et la priorité, ça sera quand même la nation. »
- 9:33Invité politiqueFait
« Un Premier ministre ne pourra pas être Premier ministre à mi-temps. »
- 10:01Locuteur 6Fait
« Il doit par ailleurs essayer de former un gouvernement pour essayer de trouver une solution politique pour le pays. »
- 10:39Locuteur 6Fait
« On ne peut pas gérer correctement une ville si on est Premier ministre en même temps. »
- 17:58Invité politiqueFait
« Oui, je vous le confirme. »
- 23:07Locuteur 1Fait
« J'ai été écouté. »
- 23:23Locuteur 1Fait
« Moi, je suis rassurée par des actes. »
Temps de parole
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- Locuteur 517 %
- Locuteur 316 %
- Locuteur 914 %
- Locuteur 47 %
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Nous sommes avec Thomas Ménager, député du Loiret et porte-parole du Rassemblement National. Merci d'être avec nous. Bien évidemment, il y a eu une certaine tension qui vient de vous être racontée il y a un instant par Anne-Sora Dubois en marge de ce conseil municipal qui s'est tenu sous la présidence du nouveau Premier ministre, mais toujours maire de Pau. Le nouveau Premier ministre est toujours maire de Pau, qui a bien l'intention de rester, malgré Matignon, maire de Pau. Écoutez ce qu'il disait.
Je pense profondément qu'on s'est trompé. Tout le monde, on a tous participé à ça, en faisant que deviennent incompatibles les responsabilités locales et les responsabilités nationales. Je pense que c'est une erreur. Je pense qu'il faut que nous réfléchissions à une nouvelle organisation. Comme vous savez, pour les membres du gouvernement, c'est autorisé. Pour les parlementaires, pas. Mais je pense qu'il faut que ce débat soit repris. Je pense qu'il faut que sereinement, nous nous posions la question.
Maurice Safran, Maurice Safran. Très intéressant. Je ne sais pas, certains qui choisissent bien son moment au milieu de cette crise à Mayotte. Mais en tout cas, il dit depuis Pau, je resterai maire de Pau.
– D'abord, il faut rappeler qu'il était parmi ceux qui étaient opposés au cumul des mandats. Donc ce soir, il dit qu'il s'est trompé. C'est la première chose. Maintenant, effectivement, c'est un peu compliqué. C'est le jour du drame de Mayotte. C'est au même instant que le Conseil de sécurité avec le président de la République. il est à Pau, le ministre de l'Intérieur.
– Il aurait dû aller à Mayotte, Maurice ?
– Moi, je pense que non, mais je sais qu'Yves n'est pas du tout sur la ligne, donc on aura le temps de se disputer.
– Sa place n'était certainement pas à Pau. Sa place, elle était à Mayotte ou au Conseil de sécurité, mais à Mayotte certainement. Après, sur le cumul des mandats, je suis d'accord avec François Bayrou, mais il faut dire une chose aussi, c'est que si l'ensemble du personnel politique quasiment était contre le cumul des mandats, c'est sous la pression de l'opinion publique. Parce que l'opinion publique a dit « oui, mais c'est des cumulards ! » Comme ça, il cumule aussi les indemnités, tout ça. Autant de bêtises, ça, le fait que le président de la République ne fasse que deux mandats.
Il y a un tas de trucs comme ça qui, au nom de la démagogie, de la démagogie populiste, ont été décidés ces 20 dernières années qui sont ridicules. Et évidemment qu'il faut qu'un député, on l'a vu, on le constate tout le temps. – Il donne l'exemple là, il donne l'exemple de Pierre Moroy, qui lorsqu'il était Premier ministre mettait les lilois en valeur, Jacques Chabon-Delmas à Bordeaux, Gaston Deferre à Marseille. – Il prend des figures très très connues, mais je peux vous citer un tas de députés maires ou sénateurs-mères, quelles que soient leurs étiquettes, qui ont les deux pieds dans la glaise et qui savent de quoi ils sont.
– Il faut qu'il a raison de rester droit dans ses bottes, c'est ce que vous dites.
– Non, mais il devrait… Il a raison, effectivement, le cumul des mandats est une bonne chose. – Non, mais sur Mayotte, Yves fait de la démagogie,
parce que Bruno Rotaillot fait extrêmement bien son travail depuis hier, il n'a absolument pas besoin d'une autre personnalité. On est tous bien placés pour savoir que la visio, ça fonctionne, et qu'il a participé ce soir à la réunion du Conseil de Défense. Donc c'est un très mauvais procès qui lui est fait, notamment par Yves, en disant qu'il aurait dû partir sur le champ.
– Cela dit, le président de la République va y aller.
– Vous avez vu cette séquence assez incroyable, où François Bayrou, le nouveau Premier ministre, est à côté du ministre de l'Intérieur des missionnaires, Bruno Rotaillot. On pose des questions à Bruno Rotaillot et il s'en va. – Oui, j'ai trouvé ça assez sec.
– J'ai eu, et je pense le Premier ministre aussi, à plusieurs reprises, le président de la République qui se tient, heure par heure, aussi informé de la situation.
– Est-ce que vous avez un problème ?
– Je vais laisser le ministre de l'Intérieur répondre à vos questions, si vous voulez bien. – Je dois.
– Ce n'est pas sec, il applique ce qui sera la réunion, que s'il réussit son gouvernement, il y a de fortes personnalités à chaque poste, et il les laisse faire leur job, et je trouve ça plutôt pas mal.
– Maurice, vous ne lisez rien, là, sur les visages ? Il n'y a rien de plus, franchement. Il n'y a aucun malaise, tout est normal.
– Je pense que Rotaillot est très content, je pense que Rotaillot est très content que François Bayrou le laisse seul.
– Oui, mais il le fait pas très bien, quoi.
– Deux choses dont il faut qu'on parle, c'est aurait-il dû être à Mayotte, et surtout, est-ce que ce plaidoyer pour le cumul des mandats, pour le cumul des mandats, est un truc un peu opportuniste ? Voilà, je viens d'entrer à Martignon, j'ai vu que la durée de vie à Martignon est assez courte, trois mois pour le précédent locataire, donc je n'ai pas tellement envie de laisser filer ma ville de Pau, donc opportunément, au conseil municipal ce lundi soir, je viens dire qu'il est formidable d'être à la fois Premier ministre et maire d'une belle ville comme Pau. Voilà, c'est un peu opportuniste.
– Alors c'est une posture, mais moi je la vois ailleurs, c'est-à-dire qu'à mon sens, c'est une posture de différence avec le chef de l'État, c'est-à-dire qu'il incarne complètement Martignon, il se dit je suis le Premier ministre, j'ai un style qui est le mien, et ça on est bien d'accord que quand on connaît François Bayrou, l'idée de Pau, c'est vraiment quelque chose qu'il a chevillé au corps, pour lui c'est son identité, donc c'est tout simplement une marque de fabrique, c'est-à-dire je décide d'être ce Premier ministre des territoires, un peu à la Gérard Larcher dont on nous a vanté, pourtant les mérites ces derniers mois, donc on se dit c'est une nouvelle manière de faire de la politique, et la preuve on en parle, donc il réussit son pari.
À mon sens, l'idée de braquer les projecteurs sur lui, sur son style, c'est vraiment l'idée qu'il a de Martignon. Je rappelle quand même qu'il est dans la situation parlementaire peut-être la plus difficile de toute la Vème République, donc si le Premier ministre ne reprend pas un peu d'incarnation, on va vraiment directement dans un mur, et je crois que c'est vraiment ça qu'il a dans l'idée.
Sauf qu'il le disait à l'instant, Yves Tréa, c'est pas très populaire de dire aux Français, regardez je vous prends un témoin, je suis Premier ministre, et en plus je reste maire de ma ville, voilà.
C'est populaire, c'est pas dans l'esprit des... Moi je suis pas sûre que ce soit si impopulaire que ça, d'avouer au moins qu'on s'est trompé, parce que ça c'est quelque chose qu'on a très très peu fait dans la Vème République, et surtout dans ces dernières années, dans ces derniers mois. Donc cette idée de se dire je reviens à une posture d'humilité, je propose finalement qu'on revienne sur quelque chose que j'ai moi-même fait voter, je pense que ça peut aussi un peu adoucir la pilule qui passe mal,
c'est vrai, autour du Mayotte. Vous pensez sociétalement que ce non-cumul des mandats, cette obsession des Français, des Françaises et des politiques, souvenez-vous, c'est une expression qu'on a utilisée des milliers de fois, le non-cumul des mandats, vous êtes des cumulards, etc. Vous pensez qu'on va revenir en arrière ? Oui. Que la société française va dire à un moment donné nous avons tous fait une erreur, et finalement cumuler les mandats, un mandat national par exemple, un mandat local, c'est bien, c'est formidable. Vous croyez qu'il va y avoir ce revirement ?
Moi je pense que la vérité est dans la nuance, c'est-à-dire qu'au fond, le combat du constitutionnaliste Guy Carcassonne, qui était celui du non-cumul des mandats, avait un objectif, l'absentéisme, lutté contre l'absentéisme des parlementaires. On a vu que sur le budget, on avait voté certains amendements à six députés, donc on n'a pas réussi à travailler sur la cause du mal qu'est cet absentéisme. Si on prend vraiment le problème à la source et qu'on trouve comment lutter et comment essayer de faire des vrais députés, peut-être qu'on pourra en revenir au cumul des mandats, mais il y a différents cumuls des mandats.
Un cumul des mandats avec un exécutif local pas particulièrement gros, avec pourquoi pas une mairie d'arrondissement. Moi je pense qu'il faut arriver à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Il y a des acquis aussi de ce non-cumul des mandats, plus de temps parlementaire pour le contrôle, etc. Mais il faut trouver un juste milieu pour mettre fin à ce qu'on a pu appeler les députés un peu techno, qui finalement n'ont pas de connaissances de leur terrain. Et je pense précisément que François Bayrou veut mettre la balle dans ce camp-là, en se disant qu'on a peut-être quelque chose à se reprocher sur l'incarnation locale de nos politiques.
Et là, clairement, je pense qu'il y a quelque chose à travailler.
Thomas Ménager, vous allez me dire que ce n'est pas exactement la même chose, mais après tout, vous êtes député et porte-parole du Rassemblement National. Ça vous choque qu'il garde ces deux mandats, ces deux fonctions, le nouveau Premier ministre ?
Alors déjà, moi, je trouve ça... Je n'ai pas envie de polémiquer ce soir quand on voit les images qu'on a eues à Mayotte. Je trouve que ceux qui cherchent à polémiquer en cette période, ce n'est pas forcément à propos. Après, juridiquement, il a le droit. Juridiquement, il a le droit. La vraie question, c'est est-ce que... C'est à lui de se la poser, ce n'est pas à moi d'y répondre. Est-ce qu'il aura le temps d'être maire de Pau, président, je crois, de l'agglomération, et en même temps Premier ministre ? Moi, ce que j'appelle pour le Premier ministre, c'est de se poser lui-même la question.
Et si jamais il se rend compte dans les semaines à venir qu'il n'y arrive pas, il aura, je pense, je l'espère, l'intelligence de se dire qu'il se met en retrait, qu'il laisse ses équipes d'adjoints, ses services, faire le travail, et il reviendra à sa place si éventuellement, très rapidement ou peu, ça on ne sait pas encore, il doit y revenir. Mais aujourd'hui, je pense que s'il en a la capacité, c'est à lui de se poser la question.
En tout cas, a priori, pas question de polémiquer du côté du Rassemblement National. On lui laisse le bénéfice du doute.
Moi, je lui laisse le bénéfice du doute. S'il y arrive, mais je l'appelle quand même à dire que la priorité, ça sera les sujets nationaux, et la priorité, ça sera quand même la nation. Ça a été très bien dit par notre politologue. Aujourd'hui, on est dans une période qui est une des pires, je pense, de la Ve République, une des plus complexes, et je pense qu'un Premier ministre ne pourra pas être Premier ministre à mi-temps. Donc là, aujourd'hui, il a peut-être la capacité d'étendre son emploi du temps, et il a peut-être des capacités de travail que d'autres n'ont pas, mais à lui de se poser des questions s'il n'y arrive pas dans quelques semaines.
Justement, nous n'allons pas revenir sur la tragédie de Mayotte. En revanche, nous allons revenir sur la façon dont les oppositions considèrent que le Premier ministre utilise son temps. Regardez ce que dit Arthur Delaporte, justement, à propos de François Bayrou. Il a fait un tweet, ce député socialiste, et on va l'écouter tout de suite. Il reproche tout simplement au maire de Pau, locataire de Matignon, de s'occuper davantage de Pau que de Mayotte.
On est face à une crise à Mayotte qui est d'une gravité sans précédent. Il doit par ailleurs essayer de former un gouvernement pour essayer de trouver une solution politique pour le pays. Et ce qu'il trouve de mieux à faire autour de tout ça, c'est de prendre l'avion pour aller faire un conseil municipal à Pau et passer 35 délibérations. S'il n'est pas capable de déléguer pour gérer le conseil municipal de Pau, comment est-ce qu'il pourra déléguer à des ministres, par exemple, la gestion des affaires françaises ? On ne peut pas gérer correctement une ville si on est Premier ministre en même temps.
Et je crois qu'on est moins bien Premier ministre si on doit gérer en plus une ville et une agglomération de plus de 100 000 habitants. Donc voilà, il ne faut pas non plus être demain pour voir à la fois l'intensité que demandent ces mandats et aussi la concentration pleine et entière en particulier quand il s'agit de prédiviser au destin de la France.
Une fois n'est pas coutume, vous dites à peu près la même chose que ce socialiste que l'on vient d'entendre. Non. C'est sur l'organisation du temps.
Ce socialiste, il dit que c'est indigne et irrespectueux. Je ne pense pas avoir dit ça du tout. Un député socialiste a le droit de tenir sa plume aussi. C'est ni indigne ni irrespectueux. Ça peut poser problème, c'est tout à fait discutable. Mais ce sont des mots super fêtatoires et de beaucoup, je trouve.
Oui, mais ce que je veux dire, c'est que votre préoccupation porte sur le même sujet, c'est-à-dire sa capacité à pouvoir se consacrer pleinement à sa fonction s'il reste maire de peau.
Là, je crois qu'il faut aller au-delà. Sur Mayotte, je pense que... Est-ce que c'est une erreur politique de ne pas y être allé ? Voilà. C'est l'erreur politique parce que je pense que, symboliquement, Mayotte, je ne sais pas avec combien de morts on va se réveiller, je ne sais pas si vous avez vu, et vous les avez vus, le drame, les images que c'est, c'est la France, Mayotte. Les Mahorais, ils ont choisi en 1974 de rester français. Ils ont voté dans un référendum à une très forte majorité.
et depuis, tous les pouvoirs, qu'ils soient de gauche, de droite et tout, ils ont pataugé, je dirais, dans les mesures qu'ils voulaient mettre en forme, y compris sur le droit du solde, d'ailleurs, qui jamais n'a été remis en question, finalement, ou si peu. Alors que c'est un des problèmes majeurs de Mayotte, c'est que, justement, éviter que les Comoréens viennent sur cet archipel pour après filer en Europe et en France, c'était ça qu'il fallait faire comme politique. Personne n'a jamais rien fait. Et on continue à subventionner cet archipel.
On en était à l'erreur ou pas, le Premier ministre.
Politiquement, vous avez eu le mot juste, la formule juste. À mon avis, alors qu'il vient d'arriver à Matignon, c'était, même pour 48 heures, un signe politique fort, d'union, justement, de la France. Vous savez, on dit souvent que cette nation, parfois, elle est un peu fracturée et tout. C'est une façon de dire... Bon, ben voilà.
Sauf qu'on a appris, Éric, que le président de la République, il va dans les prochains jours. Est-ce qu'il peut y aller avant lui ?
Oui, mais attendez, le président de la République, non. Mais maintenant que le Premier ministre n'y est pas allé, le président de la République peut y aller. Si le Premier ministre n'était pas allé, il était allé, le président de la République ne serait pas allé, bien évidemment. Mais là, bon, maintenant que le président de la République y va, l'incident est clos, je dirais. Mais je pense que ça aurait été un bon signe politique que le Premier ministre...
Vous êtes en train de dire que si François Bayrou avait dit au Président de la République, moi, je veux y aller, Emmanuel Macron aurait dit, OK, tu y vas, je n'y vais pas.
Ça aurait été ridicule, sinon.
Ah oui. C'est marrant.
Non, mais en réalité, on est dans une situation... Vous disiez parfaitement, le système institutionnel est extrêmement bloqué. Ça se passe mal. Depuis samedi, chacun montre à sa place que la France est capable de réagir. C'est ça le point le plus important, quand même, depuis samedi. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, quand même, faisons un peu de politique, les Français attendent de François Bayrou. Aussi, qu'il forme très vite le gouvernement. Donc il faut qu'il s'en charge de la façon la plus rapide. la plus rapide, ça devient vraiment dérangeant de ne pas avoir de gouvernement.
Moralité est à peau.
Moralité est à peau, c'est un autre problème. Pour une soirée.
Il y a dans ce contexte politique, qui s'est un peu décanté, cette journée, ce lundi, il y a eu un autre élément. C'est que, finalement, en laissant le champ libre à son ministre de l'Intérieur des missionnaires, Bruno Retailleau, en quelque sorte, François Bayrou le laisse prospérer et vraiment déployer son image d'homme, je ne dirais pas providentiel, mais en tout cas de super-ministre de ce gouvernement. Il est, aujourd'hui, le super-ministre de ce gouvernement, Bruno Retailleau.
Et on l'a vu ce soir, assez à l'aise, dans un exercice assez difficile, cette conférence de presse sur Mayotte, depuis la Réunion, on a vu qu'il était, aujourd'hui, ce soir, celui qui incarnait l'État, qui protège, l'État qui est là, qui répond présent, dans les circonstances difficiles. Vous êtes d'accord avec cette idée ?
Déjà, on va revenir un petit peu au principe. C'est ses attributions. C'est-à-dire que, là, je rappelle qu'on a un Premier ministre, mais on n'a pas de gouvernement. Donc, en même temps, comment aurait-on fait sans un ministre de l'Intérieur en affaire courant ?
Justement, dans ce moment difficile, il est là, il est présent, le ministre de l'Intérieur, qui est des missionnaires, qui devrait être entre deux eaux. Là, il n'est pas entre deux eaux.
Alors, cette question de l'incarnation, c'est vrai qu'elle est particulière à Bruno Retailleau. On se rappelle tous d'un seul nom, des membres du ministère Barnier, des missionnaires. C'est précisément Bruno Retailleau qui a imprimé sa marque. C'est vrai. Peut-être même que ce qui a pu précipiter la censure, c'est qu'on avait l'impression que c'était le seul nom qui était incarnant. La question de savoir si ça lui laisse prendre la lumière, il faut se poser la bonne question. C'est-à-dire que, tout à l'heure, on dit, finalement, le Premier ministre est incapable de déléguer parce qu'il n'est pas en région. Est-ce que c'est bien qu'il délègue à son ministre ?
Moi, je crois que c'est, en effet, une bonne chose. L'idée qu'il y ait plusieurs figures, c'est vraiment ça qui nous sauvera aussi de cette situation qu'on vit. Il faut que les ministres aient complètement leur portefeuille. Il faut qu'ils aient une incarnation. Donc, si Bruno Retailleau reste à l'intérieur, pourquoi pas ?
Il vous dérange, au Rassemblement national, ce super-ministre qui prend beaucoup de place, finalement, qui est très présent, qui est très identifié ?
Mais, vous savez, moi, je ne vais pas critiquer un ministre qui est en train de faire son travail. Démissionnaire, mais ministre quand même, il doit expédier les affaires courantes. Et là, on est dans une situation de crise. C'est, logiquement, la Constitution prévoit ainsi, c'est son boulot, jusqu'au moment où il ne sera peut-être plus ministre ou qu'il sera confirmé. Donc, moi, tant mieux que le ministre de l'Intérieur fasse son travail, qu'il soit au travail, alors même que nos compatriotes maorais attendent des actions. Et c'est là où je suis en désaccord avec M. Tréhard.
C'est que je pense que je comprends l'idée du symbole que s'aurait pu envoyer d'avoir le Premier ministre qui aille directement au chevet des maorais. Mais je pense qu'ils en avaient peut-être aussi un peu marre d'avoir de la communication, du symbole. Et tant que derrière, il y a un Premier ministre et des ministres et une cellule de crise qui fait son travail et apporte le soutien matériel, humain à nos compatriotes maorais, moi, je vous le dis, en tant que député, et on pense en tant que de la nation, moi, ça me va.
Il est souhaitable qu'on le confirme à son poste ?
Moi, je n'ai pas envie de faire le casting. La vraie question, c'est qu'ils portent un certain nombre des mesures que l'on défend depuis des années au Rassemblement national. Donc, ça a été dit par certains de mes collègues. On l'avait même dit que c'était un porte-parole du Rassemblement national.
Si vous aviez votre mot à dire sur le casting, ce qui parfois, visiblement, vous arrive, vous diriez oui, gardez-le.
Je préfère Bruno Retailleau à un ministre du NFP, notamment sur les sujets régaliers et notamment au ministère de l'Intérieur. Après, il y a aujourd'hui quand même un bilan de M. Retailleau. Bon, il n'a pas eu beaucoup de temps. Non. Il n'a pas eu beaucoup de temps. Mais il n'a pas non plus fait des miracles. Il y a aussi la vraie question, c'est la cohérence gouvernementale globale. C'est-à-dire, quelle sera la ligne ? Et ça, ça sera le Premier ministre qui va le donner.
Parce que si vous pouvez avoir des ministres qui ont peut-être parfois des idées que l'on porte, si derrière, vous avez un gouvernement et un Premier ministre qui n'impulsent pas la bonne direction, voire qui freinent, voire une majorité qui freinent, ça n'apportera rien au français.
Au passage, d'ailleurs, puisqu'on parle de politique, Mayotte et le département français, ou Marine Le Pen, votre chef, réalisent le score le plus élevé. Oui, je vous le confirme.
Et on a même une de nos députées qui s'est exprimée et qui est auprès des mauriers en ce moment.
On va essayer de dire les choses directement. Dites-les directement. Ça arrangerait énormément le Rassemblement national. Il n'aura sans doute pas cette chance que Bruno Retailleau ne soit plus ministre de l'Intérieur. Il y a deux responsables politiques, deux responsables politiques qui ont un problème Retailleau considérable depuis le gouvernement Barnier. C'est M. Wauquiez, c'est Mme Le Pen. Car effectivement, pour le moment, le seul vrai coup politique, droite-gauche confondu, depuis des mois et des mois, on peut être en vrai désaccord avec Bruno Retailleau sur toute une série de sujets, c'est mon cas.
Celui qui a réussi sur le plan politique, celui qui a réussi son coup politique depuis quelques mois, c'est Bruno Retailleau. C'est indiscutable. Et un des objectifs de François Bayrou, c'est de garder Bruno Retailleau, mais de trouver d'autres ministres de la trempe de Bruno Retailleau. Et ça ne va pas être facile.
J'ai une question que je me suis posée en préparant cette émission avec Alice. Il y a un historique entre François Bayrou et Bruno Retailleau « Ce sont deux hommes qui s'entendent ? »
« Non, il n'y a aucun historique. »
Non, non, mais il s'aime bien ?
Oui, oui, mais il n'y a pas d'historique. Il y a tellement d'inimitiés en politique, vous auriez pu dire « Non, il se déteste ». Je vous dis, il n'y a aucune relation entre ces deux hommes. La seule chose qui est sûre, c'est que Bayrou a intérêt à ce que Retailleau reste dans son gouvernement. D'abord parce que ça ennuie Laurent Wauquiez, ça, c'est clair. Et puis deuxièmement, parce que, effectivement, ça donne un gage au Rassemblement national qui peut difficilement s'opposer à un homme qui incarne aujourd'hui, on va voir après, la fermeté. Mais ce qui est vrai...
Vous êtes en train de dire que, d'une certaine façon, Bruno Retailleau est en train de tuer politiquement Laurent Wauquiez en tout cas.
Il devient un concurrent sérieux. C'est-à-dire que Bruno Retailleau va avoir, si ça continue comme ça, toutes les cartes en main pour se présenter à la présidentielle en 2027. Il devient d'ailleurs aussi gênant pour d'autres, pour Édouard Philippe, pour Gabriel Attal, pour tous ceux qui voudront se présenter... Mais pour Marine Le Pen aussi. Les derniers sondages,
ils sont à 5%, Marine Le Pen est à 38%. Pour le moment, on ne se parle pas de la même catégorie, M. Saffron.
Je parle actuellement. Donc, Bruno Retailleau, évidemment qu'il a... Et puis, Bruno Retailleau, vous l'avez constaté dans les sondages, devient populaire, peu à peu, même si c'est encore à des étiages qui ne sont pas énormes. Et il est évident que c'est utile pour François Bayrou. Il va falloir, François Bayrou, si j'ai bien compris son objectif,
c'est de réunir... C'est utile, mais ça ne rend pas l'équation plus compliquée au moment de composer son gouvernement s'il veut respecter, en tant soit peu, des équilibres politiques ?
– Parce qu'il faut qu'il ait l'équivalent à gauche. – Ben voilà. – Alors, qui c'est l'équivalent à gauche ? – Non, mais l'équivalent à gauche, ce n'est pas nécessairement quelqu'un qui vient du Parti Socialiste, mais François Rebsamen, par exemple. François Rebsamen, qui est considéré comme un homme...
– Oui, mais quel autre ministère est aussi important que celui de l'intérieur ?
– Non, mais il peut y avoir un super ministère des Affaires Sociales, un super ministère de la Justice.
– Ça ne sera pas facile, juste une seconde, pour quel homme de gauche important d'être dans le même ministère que Bruno Rotaillot ? Bruno Rotaillot, c'est une vraie charge idéologique, pas seulement politique, c'est l'identité. Donc c'est vraiment un truc très important. Et pour répondre, pour répondre une seconde, ils viennent de deux branches du catholicisme qui idéologiquement s'opposent. Il ne faut jamais oublier ça. Ce sont deux catholiques, deux catholiques qui ne viennent pas de la même branche. – Un catholique social et un catholique... – Et un catholique beaucoup plus identitaire. – Et ça, c'est fondamental dans leur histoire.
– Il y a quand même un lien entre les deux hommes pour apporter une petite nuance à Yves Ria. C'est le Sénat. C'est-à-dire que Bruno Rotaillot est quand même un de ceux qui a fait l'alliance au Sénat avec le groupe centriste qui est très fort au Sénat. Ça peut donner des pistes. On a vu que malheureusement sur le budget, il y avait eu trop peu de temps pour le faire. Mais la question de la Chambre sénatoriale, François Bayrou y est très attaché. Et cette manière d'avoir pu faire parfois des alliances même très contre nature, ça c'est quelque chose que les deux hommes ont réussi à porter.
L'idée qu'on puisse être dans un ministère en même temps que Bruno Rotaillot, moi je crois qu'en fait, il faut quand même arrêter de se poser la question à l'envers. Évidemment que même quand on a une incarnation, il faut composer un gouvernement et qui plus est, des plus consensuels lorsqu'on a l'Assemblée nationale que l'on a. Donc l'idée de la stratégie du dépassement, il ne faut pas oublier qu'elle est quand même profondément dans l'ADN de notre Premier ministre. C'est quelqu'un qui a défendu ça. Donc je pense qu'on doit pouvoir y arriver. Même avec Bruno Rotaillot à l'intérieur.
Alors, le Premier ministre, à partir de ce matin, à Matignon, a commencé à accueillir les forces de l'opposition, les forces politiques, c'est-à-dire leurs représentants au sein des assemblées et les patrons des mouvements politiques. C'était assez ouvert d'ailleurs. Et ça a commencé par un accueil de Marine Le Pen. Alors là, on se disait, le thermomètre est intéressant. Dans quel état d'esprit sera la patronne du Rassemblement national en sortant de Matignon ? C'était plutôt positif.
J'ai été écouté. Il est peut-être un peu tôt pour dire si nous avons été entendus, mais nous avons été écoutés, oui. Je suis trop expérimentée, j'allais presque vous dire trop vieille en politique pour être rassurée par une conversation. Moi, je suis rassurée par des actes. Mais encore une fois, je pense que la méthode est plus positive que ce que j'ai pu voir jusqu'à présent. Maintenant, j'espère qu'elle sera utile.
Elle est quand même extrêmement détendue, Marine Le Pen. Pourquoi ça s'est si bien passé ?
Parce qu'on a eu le sentiment, du moins d'après ce que je comprends, les échanges que j'ai pu avoir, que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont été écoutés. Elle le dit clairement. Après, on attendra de voir directement au moment des actes, c'est-à-dire au moment de l'heure de vérité qui est toujours le budget.
J'imagine qu'entre cette réaction à la sortie de l'entretien avec le président de la République et votre venue sur ce plateau, il y a eu deux, trois échanges au sein de votre parti. Vous savez,
ça va peut-être vous étonner, mais entre ce qui est dit publiquement et les échanges qu'on a pu avoir, c'est la même chose.
Mais de quoi ont-ils parlé ?
Ils ont parlé de ce qu'on attendait de ce budget, quelles étaient nos attentes vis-à-vis des classes populaires, des classes moyennes, vis-à-vis des retraités, vis-à-vis de l'absence d'augmentation, notamment du coût du travail pour nos entreprises, de faire des vraies économies structurelles, d'axer sur les trois priorités qui sont les nôtres, le pouvoir d'achat, la sécurité, la lutte contre l'immigration. Enfin, vous savez, ce qu'on dit aux Français, comme les Français nous font confiance et nous élisent pour Marine Le Pen, Jordan Barria, ils vont donner avec leur mandat et porter cette parole auprès du Premier ministre.
Et aujourd'hui, les relations avec ce nouveau Premier ministre, même s'il nous semble dans l'opposition, même s'il n'est pas de notre famille politique, nous avons une volonté constructive d'aboutir à un budget et de réussir dans l'intérêt du pays.
Thomas Ménagé