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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 5 septembre 2025 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôts

L'incertitude politique "pèse sur la consommation, sur les chiffres d'affaires de nos rayons", affirme le directeur général du groupe Casino

Source d'origine 2 locuteurs

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Alors, on est à quelques jours d'une semaine qui s'annonce pleine de turbulences, turbulences sociales, politiques.

  • 2:50OuverteRéponse directe

    Alors, la semaine prochaine, il y a aussi un autre mouvement qui peut-être les inquiète. C'est le moment du mercredi 10 septembre.

  • 3:33OuverteRéponse directe

    Vous allez baisser certains rideaux dans certains endroits, calfeutrer des boutiques, vous craignez des débordements ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Alors, vous êtes un dirigeant à la tête, je le disais, de Casino, du groupe Casino.

  • 5:40OuverteRéponse directe

    Il a racheté le groupe à un moment où ça allait très très mal. Et il a fait appel à vous pour mettre le groupe sur pied.

  • 6:21OuverteRéponse directe

    Alors, vous avez sauvé la marque, mais je vous disais, au prix d'un certain nombre de pertes d'emploi, vous avez licencié combien de personnes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:50InvitéFait
    « Alors, on a observé lors du moment de la dissolution de l'Assemblée nationale il y a un an, un ralentissement de la consommation. »
  • 1:01InvitéFait
    « En ce début d'été, dès le mois de juin, la consommation a repris. »
  • 1:10InvitéFait
    « Une rentrée un peu difficile au niveau de la consommation. »
  • 1:22InvitéFait
    « Ça pèse sur la consommation, ça pèse sur le chiffre d'affaires de nos rayons. »
  • 2:10InvitéFait
    « Il faut savoir que le groupe Casino, 75% de nos magasins sont tenus par des indépendants, par des franchisés, par des petits entrepreneurs qui sont très inquiets. »
  • 2:25InvitéFait
    « Ils ont leur argent personnel dans leurs boutiques, dans leurs magasins et ils sont inquiets sur des taxes, sur des hausses de taxes et également sur la consommation. »
  • 2:48InvitéPromesse
    « Ce qu'ils aimeraient avoir, c'est de la stabilité et une vision pour la France à moyen-long terme, une stabilité. »
  • 3:51PrésentateurFait
    « Vous allez baisser certains rideaux dans certains endroits, calfeutrer des boutiques, vous craignez des débordements ? »
  • 4:00InvitéPromesse
    « Nous avons anticipé les livraisons. Nous avons achalandé et nous allons achalander nos magasins, continuer à servir nos franchisés pour qu'ils puissent continuer à servir les clients. »
  • 5:53InvitéPromesse
    « Pour favoriser et sauver l'emploi, nous avons vendu 400 hypermarchés et supermarchés. Donc, on a réussi à sauver plus de 16 000 emplois en faisant ces ventes. »
  • 6:27InvitéPromesse
    « Nous avions dans le plan initialement 3 000 postes à risque. Nous avons réussi à reclasser, à aider beaucoup de salariés pour réduire nos effectifs d'un peu plus de 2 000 personnes. »
  • 8:17InvitéChiffre
    « C'est un métier, la distribution et la petite distribution encore plus, avec des faibles marges. C'est 1-2% de marge seulement. »
  • 8:57InvitéPromesse
    « Nous faisons attention à l'amont agricole, nous faisons attention dans les quartiers où nous sommes implantés aux petits commerces et aux autres petits commerçants. »
  • 9:38InvitéFait
    « On cuisine de moins en moins, on a de moins en moins de place dans son appartement et on veut des plats préparés. »

Temps de parole

  • Invité53 %
  • Présentateur47 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Ravie de vous retrouver dans l'Invité Éco, désormais tous les vendredis sur France Info pour décrypter l'actualité économique avec une personnalité. Ce soir, j'accueille Philippe Palazzi. Bonsoir.

0:17
Invité

Bonsoir Fanny Guinochet.

0:18
Présentateur

Vous êtes le patron d'un grand groupe de la distribution que tout le monde connaît, Casino, avec dans ce groupe de nombreuses marques qui vont parler à tous nos auditeurs. J'en suis sûre, Monoprix, dont vous êtes le président, mais aussi Franprix, Cédine Cout, Naturalia, Vie Vival. Merci d'être sur France Info avec nous. Alors, on est à quelques jours d'une semaine qui s'annonce pleine de turbulences, turbulences sociales, politiques. Lundi, on a un premier vote de confiance avec un Premier ministre qui a de grands risques de tomber, de chuter. Vous attendez à quoi, une chute des ventes ?

0:50
Invité

Alors, on a observé lors du moment de la dissolution de l'Assemblée nationale il y a un an, un ralentissement de la consommation. En ce début d'été, dès le mois de juin, la consommation a reprise. Donc, on était assez confortable par rapport à ça. On a revu une belle dynamique et qui commence à s'essouffler ces derniers jours. Une rentrée un peu difficile au niveau de la consommation. Donc, un gros changement pour nous avec cette incertitude qui continue d'être le quotidien de tous les Français.

1:17
Présentateur

Ça veut dire que c'est corrélé, en fait. L'instabilité politique, elle se mesure tout de suite dans vos rayons.

1:22
Invité

Alors, ça pèse sur la consommation, ça pèse sur le chiffre d'affaires de nos rayons. Pourtant, nous avons mis en place beaucoup de promotions pour cette rentrée des classes. Chez Monoprix, c'est 30% de remises qui ont été mises en place pour les clients qui achetaient leur fourniture scolaire et qui sont titulaires de la carte Monoprix. Donc, même avec ces activités promotionnelles, ces offres, on voit en fait une dynamique qui se réduit de jour en jour, fin août et là, début septembre.

1:50
Présentateur

Alors, on voit que du côté des patrons, il y a une grande inquiétude aussi qui se mesure avec des appels. Les patrons implorent le gouvernement, les politiques de se mettre d'accord, d'avoir la stabilité du pays. Vous en faites partie, vous, de ces patrons qui demandent aux politiques absolument de trouver des compromis pour ne serait-ce avoir un budget ?

2:10
Invité

Alors, moi, je vais me faire le porte-parole de nos franchisés. Il faut savoir que le groupe Casino, 75% de nos magasins sont tenus par des indépendants, par des franchisés, par des petits entrepreneurs qui sont très inquiets. Moi, je les ai au téléphone régulièrement. Tous les jours, je leur parle et ils sont très inquiets. Et qu'est-ce qu'ils vous disent alors ? Ils ont leur argent personnel dans leurs boutiques, dans leurs magasins et ils sont inquiets sur des taxes, sur des hausses de taxes et également sur la consommation.

2:35
Présentateur

Et donc, ça veut dire qu'il faut absolument avoir un budget ? Si on n'a pas de budget, c'est la catastrophe, la consommation plonge ?

2:42
Invité

Alors, ce qu'ils aimeraient avoir, c'est de la stabilité et une vision pour la France à moyen-long terme, une stabilité. C'est ce qu'ils aimeraient avoir, c'est ce qu'ils demandent.

2:50
Présentateur

Alors, la semaine prochaine, il y a aussi un autre mouvement qui peut-être les inquiète. C'est le moment du mercredi 10 septembre. Bloquons-tout, un appel à paralyser la France. Ça vous fait peur ?

3:01
Invité

Alors, on reste vigilant, bien évidemment. Moi, je pense qu'il faut faire, c'est écouter, c'est entendre quelles sont les attentes liées à ce mouvement. Et moi, ce que j'ai pu observer ou ce que j'ai pu comprendre, c'est qu'une partie des Français, une partie des consommateurs, eux, sont contre ou veulent diminuer l'hyper-consommation. Et puis, ils aimeraient aussi que l'on puisse recréer du lien. Et c'est ce qu'ils attendent. Donc, une partie des Français veulent recréer du lien. Et je crois que nos commerçants de proximité sont là pour apporter ce lien aux Français qui ont tendance à disparaître.

3:33
Présentateur

En attendant, mercredi prochain, l'appel, c'est soit vous restez chez vous, soit vous allez manifester, soit vous bloquer et notamment sont visés vos supermarchés, puisque souvent, on accuse les grandes enseignes d'avoir des marges. Vous allez baisser certains rideaux dans certains endroits, calfeutrer des boutiques, vous craignez des débordements ?

3:58
Invité

Non, comme je vous l'ai dit, nous restons vigilants. Nous avons anticipé les livraisons. Nous avons achalandé et nous allons achalander nos magasins, continuer à servir nos franchisés pour qu'ils puissent continuer à servir les clients. Et nous restons attentifs, bien évidemment, à tous ces mouvements.

4:15
Présentateur

Donc, vous ne renforcez pas la sécurité ?

4:17
Invité

Non.

4:18
Présentateur

Non. Vous êtes un dirigeant à la tête, je le disais, de Casino, du groupe Casino. 25 000 collaborateurs, 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Et alors, en parcourant votre portrait, j'ai vu que vous aviez gravi les échelons petit à petit, puisqu'au départ, vous avez commencé comme chef de rayon chez Métro. Alors, Métro, c'est le grossiste des restaurateurs. Vous étiez à Villeneuve-la-Garenne, près de Saint-Denis. Et vous y êtes resté plus de 20 ans jusqu'à devenir, dans ce groupe Métro, jusqu'à devenir directeur général délégué du groupe. Dites, pour réussir, ça veut dire qu'il faut commencer en bas de l'échelle ?

4:51
Invité

Je crois que quand on est dans le service, quand on est dans le service aux clients, il faut deux choses. Un, c'est l'expérience. Et la deuxième chose, c'est être passionné par ce que l'on fait. Et c'est ce que je retrouve tous les jours au quotidien avec les salariés du groupe Casino.

5:05
Présentateur

C'est mieux que de faire des grandes écoles ?

5:07
Invité

Écoutez, quand on fait une grande école, ça ne garantit pas contre l'échec. Mais je crois que l'expérience terrain, c'est un beau métier dans la grande distribution. On est, quand on est sur le terrain, au contact, à la croisée des chemins entre le consommateur et les produits. Et c'est ce qui rend ce métier fantastique et passionnant.

5:26
Présentateur

Alors, vous avez fait votre carrière en Europe, en Allemagne notamment. Et c'est là, en 2019, que vous avez croisé Daniel Kretinsky, qui est aujourd'hui l'actionnaire du groupe Casino, qui a repris le groupe. Il a racheté le groupe à un moment où ça allait très très mal. Et il a fait appel à vous pour mettre le groupe sur pied. Ce qui voulait dire tailler dans les coups. Vous êtes donc le cost killer, j'ai envie de dire, de Daniel Kretinsky ?

5:49
Invité

Alors, à la reprise, le groupe Casino était en grande difficulté. Donc, pour favoriser et sauver l'emploi, nous avons vendu 400 hypermarchés et supermarchés. Donc, on a réussi à sauver plus de 16 000 emplois en faisant ces ventes.

6:01
Présentateur

Et vous en avez licencié combien ?

6:02
Invité

Et nous avons, au-delà de ces 16 000 emplois sauvés, nous nous sommes recentrés sur le commerce de proximité avec nos marques. Vous les avez cités, Franprix, Monoprix, Naturalia. Et nous continuons aujourd'hui à nous développer en France et même en franchise à l'étranger. Nous avons signé récemment un contrat au Maroc, par exemple.

6:21
Présentateur

Alors, vous avez sauvé la marque, mais je vous disais, au prix d'un certain nombre de pertes d'emploi, vous avez licencié combien de personnes ?

6:27
Invité

Alors, nous avions dans le plan initialement 3 000 postes à risque. Nous avons réussi à reclasser, à aider beaucoup de salariés pour réduire nos effectifs d'un peu plus de 2 000 personnes.

6:42
Présentateur

Oui, donc ça fait quand même quelques pertes au passage. Ça n'a pas été trop difficile ? C'est la partie la plus difficile du job ?

6:49
Invité

Évidemment, dès qu'on touche aux personnes, ça reste bien évidemment très difficile. Mais c'était nécessaire pour sauver le groupe, pour nous relancer. Et nous sommes sur le chemin du redressement. Et aujourd'hui, ce sont 25 000 salariés qui contribuent au développement tous les jours de notre groupe avec passion.

7:11
Présentateur

Alors justement, la préservation de l'emploi, c'est aussi une des revendications de la prochaine journée de mobilisation. Parce qu'après le 10, il y a une journée qui est prévue le 18 septembre à l'appel de l'intersyndicale, donc la plus classique avec des grèves. Vous comprenez ces mouvements sociaux qui se multiplient avec ces mots d'ordre sur maintien de l'emploi, pouvoir d'achat ?

7:33
Invité

Alors, le pouvoir d'achat, c'est un sujet qui prédomine quand on est en contact avec les clients comme je le suis. C'est vraiment un sujet. C'est pourquoi nous proposons et nous offrons des produits, des petits prix dans nos magasins. Nous relançons ou nous lançons une marque qui s'appelle Tous les Jours avec des produits essentiels, avec des petits prix pour nos consommateurs.

7:54
Présentateur

Où on trouve ça ? Alors vous avez trouvé ça dans toutes les marques ?

7:56
Invité

Dans nos magasins, Casino, Franprix, Vival et Monoprix comme vous les avez cités.

8:01
Présentateur

Alors, en tant que patron, quand même, on se pose la question, est-ce que vous ne devriez pas, vous les patrons, participer plus à l'effort national ? On parle de milliards d'euros à trouver pour rembourser une dette. Est-ce qu'il faut augmenter les salaires ? Est-ce qu'il faut renier sur vos marges ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?

8:17
Invité

Alors, moi, je me mets à la place, je vous ai parlé, je vous ai dit que nos commerçants étaient des petits commerçants, souvent c'était leur argent qui était dans ces magasins-là. C'est un métier, la distribution et la petite distribution encore plus, avec des faibles marges. C'est 1-2% de marge seulement. Toute augmentation de taxes, toute augmentation de coûts va se transcrire et se retranscrire sur les prix et donc sur le pouvoir d'achat des Français.

8:41
Présentateur

Comment on fait face à la concurrence de chaînes comme Lidl, Action qui propose des baguettes à 29 centimes, des bouteilles de Bordeaux à 1,99€ ? Comment vous faites ?

8:52
Invité

Alors, déjà, dans notre groupe, nous n'irons pas sur le petit prix à n'importe quel prix. Donc, nous faisons attention à l'amont agricole, nous faisons attention dans les quartiers où nous sommes implantés aux petits commerces et aux autres petits commerçants. Et notre concurrence, au-delà des noms que vous avez cités, elle est tout autre puisque nous avons aussi une partie de notre chiffre d'affaires, de nos services et nos clients qui se fait au travers de la restauration à emporter. Donc, nous offrons des salades, des sandwiches et ce, dans toutes les marques de notre groupe.

9:20
Présentateur

C'est-à-dire que vous, la différence, c'est que vous ne vendez pas que des produits, vous vendez des services ?

9:24
Invité

Voilà. On vend des services, on vend des produits pour remplir le frigidaire, pour remplir le placard du voisinage de nos magasins. Et ça, c'est ce qu'attendent les consommateurs. Et nos consommateurs aussi, ce qu'ils demandent, c'est de la restauration à emporter qui correspond pleinement aux habitudes de consommation. On cuisine de moins en moins, on a de moins en moins de place dans son appartement et on veut des plats préparés.

9:43
Présentateur

Donc, aujourd'hui, on ne va plus faire les courses, ça veut dire que l'hypermarché, à vous entendre, est complètement mort. C'est-à-dire qu'on va aller chez vous comme si on allait chez le restaurateur ou le traiteur.

9:50
Invité

Alors, exactement, le commerce d'éloignement a tendance à baisser. On le voit, donc les hypermarchés qui poussaient l'hyperconsommation. C'est la fin. Maintenant, ce marché se déplace vers le commerce de proximité où nous sommes exactement positionnés.

10:06
Présentateur

Donc, multiplier les commerces de proximité, c'est ce qui vous permettra, en tout cas, vous l'espérez, de redresser et de prendre des parts de marché. Un tout petit mot quand même, une petite dernière question. Est-ce que vous avez lu la lettre que Jordan Bardella, je reviens à l'actualité, que Jordan Bardella a adressée au patron où il leur propose de faire un pacte de consommation, vous en pensez quoi ?

10:29
Invité

Alors, écoutez, moi, je ne commande pas ce qui a été fait par différents partis politiques. Moi, mon rôle, c'est de répondre aux attentes et aux besoins des consommateurs en leur offrant ce qu'ils attendent. Et je vous l'ai dit, les cours du quotidien, les services et la restauration.

10:44
Présentateur

On voit que vous n'avez pas trop envie de parler de politique ce soir, que c'est plutôt, même si on entend quand même que l'ERN attire plus que LFI, et en tout cas, vous, vous n'avez pas envie de vous mêler de ça.

10:56
Invité

Exactement, moi, je suis là pour servir mes franchisés.

11:00
Présentateur

Mais en même temps, demain, ça ne sera peut-être, ça ne sera certainement pas François Bayrou qui fera le prochain budget. Donc, qu'est-ce que vous avez envie de dire au prochain Premier ministre ?

11:08
Invité

Alors, moi, j'ai envie de dire, nous avons besoin en France de stabilité et de vision à moyen et long terme pour la France.

11:15
Présentateur

Merci, Philippe Palazzi. Vous êtes directeur général du groupe Casino. Vous étiez l'invité de France Info, donc tous les vendredis soirs désormais. Merci, Philippe Palazzi.