Macron, les gilets jaunes et le porte-avions - Les questions SMS 15.11.2018 #cdanslair
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse partielle
Dans les soutes d'un porte-avions sur TF1, le président Macron était-il vraiment à sa place pour parler au français ?
- 0:55RelanceRéponse partielle
L'expérience peut-elle faire croire à autre chose qu'à une autocritique de circonstances et provisoires ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Est-ce une bonne méthode de dialogue avec les citoyens ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Le coup du « good cop, bad cop », ce n'est pas si mal que ça pour Emmanuel Macron ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Le mal n'est-il pas fait ? Peut-il se rendre sympathique et se montrer en empathie avec les Français ?
- 4:54OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron aura-t-il la force et la popularité requises pour maintenir le cap ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40InvitéFait
« je préfère que sur un porte-avions on parle questions internationales, défense, lutte contre le terrorisme »
- 1:05InvitéFait
« on voit bien que c'est une inflexion du discours d'Emmanuel Macron »
- 2:02PrésentateurFait
« Macron comprend les gilets jaunes, le Premier ministre les menace. »
- 2:07InvitéFait
« c'est surtout le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, quand il a expliqué qu'il ne fallait pas bloquer et que des mesures pouvaient être prises. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Le coup du « good cop, bad cop », ce n'est pas si mal que ça pour Emmanuel Macron »
- 4:08Invité politiqueFait
« Il a voulu faire la présidence jupitérienne »
- 4:13Invité politiqueFait
« il promet de gouverner, de présider d'une manière différente »
- 5:13Invité politiqueFait
« Mais il a cramé beaucoup de carburant politique, quand même, au bout de 18 mois. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Et surtout, il ne s'est pas vraiment attaqué à la dépense publique. »
- 6:34InvitéFait
« La seule chose qui sera un marqueur puissant, c'est si elle fait bouger son pays sur les questions de défense européenne. »
- 7:02Invité politiqueFait
« Non, bien sûr que non. Des crises dans un mandat, il y en a beaucoup et ça, ça fait partie du monde. »
Temps de parole
- Emmanuel Macron28 %
- Invité24 %
- Présentateur19 %
- Invité 216 %
- Invité 314 %
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Dans les soutes d'un porte-avions sur TF1, le président Macron était-il vraiment à sa place pour parler au français ?
Alors il n'était pas dans la soute, c'était pas la soute, c'était quoi d'ailleurs ?
C'était le garage ?
Non, non, c'est effectivement, là en fait vous avez des ponts qui descendent et qui remontent, qui permettent de monter les avions, les aéronefs sur la plateforme, donc c'est le hangar où se trouvent un certain nombre d'avions, on a vu d'ailleurs d'autres types d'avions que le Rafale, alors oui pour parler défense, moi je suis peut-être un peu classique et un peu vieux jeu, je préfère que sur un porte-avions on parle questions internationales, défense, lutte contre le terrorisme, utilité du porte-avions sur les différents théâtres d'opération, et gilets jaunes qui sont respectables en tant que question, le Premier ministre serait parfait pour...
Eh bien il l'avait fait, le matin au même, justement. L'expérience peut-elle faire croire à autre chose qu'à une autocritique de circonstances et provisoires ?
Moi je pense que c'est plus compliqué que ça, puisqu'on voit bien que c'est une inflexion du discours d'Emmanuel Macron, donc c'est plutôt, je le répète, l'expression d'un tâtonnement, d'une perception de ce qui est en train d'arriver, d'ailleurs très concrètement avec les gilets jaunes, et je pense que le mea culpa est réel, simplement, je le répète, il s'exprime dans un contexte qui n'est pas le bon, et puis il me semble qu'il est historiquement très très difficile de revenir sur des images aussi plombantes que celles qui pèsent sur Emmanuel Macron, surtout dans le contexte de notre société d'aujourd'hui, de cette crise démocratique.
Même s'il change de méthode, vous voulez presque nous expliquer que c'est déjà trop tard.
J'ai l'impression, en tout cas ce sera très compliqué, mais je pense qu'en même temps, puisqu'il faut toujours dire en même temps, que c'est nécessaire, c'est nécessaire. Il ne pouvait pas rester sur cette image-là, il était obligé d'aller vers cette orientation.
Macron comprend les gilets jaunes, le Premier ministre les menace. Est-ce une bonne méthode de dialogue avec les citoyens ?
C'est pas vraiment le Premier ministre qui les a menacés, c'est surtout le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, quand il a expliqué qu'il ne fallait pas bloquer et que des mesures pouvaient être prises. Mais effectivement, on voit qu'il y a une répartition des rôles, donc le Président de la République, c'est « je vous comprends, je vous entends », et puis le Premier ministre, c'est « on va voir ce qui se passe samedi, mais il faudra faire quand même attention à ce que les gens puissent se déplacer ». Alors, à la fin, qu'est-ce que ça donne comme message ? C'est ça la question, une fois qu'on additionne les deux messages, qu'est-ce qu'il reste ?
Il reste « j'ai envie de vous comprendre, mais il ne va pas trop falloir bloquer ». On est vraiment sur quelque chose d'entre nous, donc je pense que c'est assez difficile pour les gens qui ont envie de manifester samedi, de se faire vraiment une opinion de ce qu'ils ont entendu de la part de l'exécutif.
Le coup du « good cop, bad cop », ce n'est pas si mal que ça pour Emmanuel Macron, parce que depuis quelques mois, on avait l'impression que c'était toujours lui qui était dans la position du « bad cop », et Édouard Philippe dans la position du « good cop », donc là, l'inversion, et peut-être aussi à un moment, il faut que Emmanuel Macron, c'est aussi l'idée à la fois d'aller vers les Français, mais de temps en temps de se protéger. De ce point de vue-là, les mesures, j'allais dire aller au front contre les gilets jaunes, c'est aussi le boulot du Premier ministre. Donc, bon, il y a peut-être une répartition des rôles. On va voir si ça va venir.
La répartition classique de la Ve République, le Président est celui qui apaise, qui rassemble, et puis c'est le Premier ministre qui doit aller au front.
Même les ministres, l'occurrence. Même les ministres, en l'occurrence. Mais là, on a sauté cette étape-là, parce qu'il n'y a pas de ministres qui sont en première ligne sur la question des gilets jaunes.
On a surtout peu de ministres qui impriment, c'est ça le problème de ce gouvernement aussi, et que tout de suite, ça remonte toujours au Premier ministre et surtout au Président.
Le mal n'est-il pas fait ? Peut-il se rendre sympathique et se montrer en empathie avec les Français ?
C'est ce qu'on disait tout à l'heure. C'est toujours très difficile. C'est possible. Moi, je crois que c'est quand même possible. D'abord, ça fait 18 mois qu'il est au pouvoir. Bon, il y a parfois eu des ruptures dans certains mandats. C'est vrai que la tâche va être compliquée, qu'il a beaucoup imprimé une image qui, aujourd'hui, sera peut-être difficile à inverser. Moi, je pense qu'il est sur un chemin. On va voir, il emprunte un nouveau chemin. Il a voulu faire la présidence jupitérienne, puisque c'est le mot qui a été attribué pendant ses 18 premiers mois. Il tire le bilan à la fin de son itinérance qu'il a raté les choses.
Et là, il promet de gouverner, de présider d'une manière différente. Ce sont ses mots. Donc, il faut les prendre au pied de la lettre.
Oui, je crois que c'est ce qu'on peut porter à son crédit. C'est-à-dire qu'il est, tout au début, on disait qu'il était capable de se réinventer dès que quelque chose n'allait pas. Hop, il prenait vite conscience qu'il fallait changer. Là, on a l'impression qu'il n'y arrivait plus. Et là, il y a un nouveau message qui est dit, comme quoi il y a une capacité de ressort. Alors, on va être prudent et attendre de voir ce que ça... C'est un bon élève. Il avait bien intégré la présidence gaullienne. Il n'y a pas de raison qu'il n'intègre pas une présidence plus compassionnelle, qu'il apprenne un peu la démagogie. Dans tout ça, il doit y avoir un point de sincérité.
Emmanuel Macron aura-t-il la force et la popularité requises pour maintenir le cap ? Il peut encore...
Il a grâce à la Vème République. Je remercie par rapport au débat. Enfin, à mon sens. Il peut garder le cap parce qu'il est dans la Vème République. Dans une autre République, il serait maligné.
Mais il a cramé beaucoup de carburant politique, quand même, au bout de 18 mois. Et les grosses réformes, certaines, sont devant lui, notamment les retraites.
Il en a annoncé quelques-unes.
Bien sûr, mais ce sont des réformes qui nécessitent beaucoup de carburant politique, qui n'ont pas été faites pendant les 18 premiers mois. Et on sait que ce qui n'est pas fait pendant les premiers mois, quand même, après, c'est difficile.
Vous pouvez nous les détailler ? Parce qu'il les a évoquées. Il a parlé des retraites, il a parlé de la réforme de l'État.
Bien sûr. Et surtout, il ne s'est pas vraiment attaqué à la dépense publique. Donc, la réforme de l'État, la dépense publique, c'est quand même très important.
Il a parlé aussi d'organisation des religions dans l'islam. Ça fait partie des sujets qui sont à venir. Bien sûr.
Et puis, là, il est en train, on va voir, il est en train d'essayer de raccrocher les wagons avec les élus locaux.
Macron n'a-t-il pas des sujets plus importants et brûlants à traiter que la création d'une armée européenne ?
Alors ça, j'entends bien cette question, elle est souvent posée. Il faut vraiment que le téléspectateur qui pose cette question se rende compte de l'univers dans lequel... Arnaud, non. Arnaud, je ne sais pas. C'est pas lui. L'univers dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui et penser qu'il n'y aurait que les problématiques intérieures légitimes qui pèsent dans le monde d'aujourd'hui, c'est pas voir le monde dans lequel nous sommes aujourd'hui. Quand on parle du retour des nationalismes, c'est pas une pirouette ou un joli style. Et juste un dernier mot sur Angela Merkel dont on a parlé tout à l'heure. Angela Merkel va terminer sa carrière politique.
Je ne sais pas si quelqu'un ici est capable de citer une grande réforme, quelque chose qui va marquer cette longévité politique. Moi, je n'en suis pas capable. La seule chose qui sera un marqueur puissant, c'est si elle fait bouger son pays sur les questions de défense européenne. Il faut que le téléspectateur qui a posé cette question comprenne qu'aujourd'hui, les conflits à l'extérieur, les opérations à l'extérieur sont en lien avec la protection du territoire et donc notre protection.
La parole rare voulue par Emmanuel Macron au début de son quinquennat sera-t-elle bientôt de retour ? Non, c'est fini. C'est fini, c'est fini. Une petite dernière. Allez, si la manifestation de samedi est un énorme succès, Macron peut-il mettre son mandat en jeu ?
Non, bien sûr que non. Des crises dans un mandat, il y en a beaucoup et ça, ça fait partie du monde. Heureusement qu'il y a la 5ème République. Il faut être très prudent pour l'instant sur ce mouvement parce que c'est difficile de le prévoir.
Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25. Demain, vous retrouvez Axel de Tarlet pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur France 5.
Emmanuel Macron