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interviewLCP (sur YouTube)· 23 novembre 2025 14 min

Bruno Clavet, député "Rassemblement National" du Pas-de-Calais | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il a été chanteur, danseur, mannequin, il se verrait bien maire de Lens, mais en attendant, mon invité est député, membre du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Générique --- Bonjour Bruno Clavet. -Bonjour. -Les députés ont tous eu une vie avant la politique et l'Assemblée nationale, mais la vôtre est assez hors-norme.

On en trouve d'ailleurs des traces encore sur Internet. *Musique *-They will not force us *They will stop degrading us -Les amateurs ont reconnu une reprise de Muse. Vous avez un sacré brin de voix, on peut dire.

Vous vouliez faire carrière dans la chanson ? -Ce n'est pas que j'ai voulu faire de la chanson, mais j'ai eu cette passion pour la musique très tôt, parce que très jeune, j'ai été enfant de choeur. Et j'appartenais à la chorale des petits chanteurs du Mistral, qui appartenait aux petits chanteurs à la Croix de Bois. -Du haut niveau ! -Exactement, et c'est dans ce cadre-là que j'ai appris la musique, à faire du piano.

Et là, la vidéo, c'était lors de cours de chant, parce que je prenais aussi des cours avec une prof de conservatoire, je voulais y entrer à l'époque. -C'est à peu près à la même époque que vous avez participé à la première saison de X-Factor avec le groupe dont vous faisiez partie, le groupe à l'époque. Qu'est-ce qui vous a attiré dans cet univers ? -Je ne voulais pas faire cette émission, ce sont mes amis de l'école de chant qui m'ont tiré du lit ce matin-là pour venir chanter avec eux en groupe.

Donc c'était pour l'aventure et pour tenter notre chance. Nous étions une bande d'amis passionnés par la musique et on s'est dit pourquoi pas, allons tenter cette émission qui était la première du genre à proposer à des groupes aussi de pouvoir se présenter à des castings. -Alors, il n'y a pas eu que la musique et la chanson.

Vous avez aussi été mannequin, notamment pour de la lingerie masculine. Je crois que c'est quand vous étiez étudiant à New York, c'est ça ? Et ça aussi, le mannequinat, ça vous faisait rêver ?

Qu'est-ce que vous êtes allé chercher vers ça ? -Non, mais si vous voulez, j'ai toujours eu des propositions, dans la musique et le mannequinat, qui m'ont été faites et que j'ai accepté, ça correspondait à une époque de ma vie. Et là, en l'occurrence, j'étais à New York et ces photos-là m'ont permis de financer la vie à New York qui coûte très cher surtout étudiant.

Donc c'est pourquoi j'ai accepté. Une fois rentré en France, je n'ai pas continué. -Vous êtes toujours aussi musclé ? -Le fait d'être député m'a fait perdre quelques abdos.

Mais on essaie de s'entretenir encore. -Sur certaines de ces photos, vous êtes assez légèrement vêtus, disons-le. Et vos adversaires politiques s'en moquent encore aujourd'hui.

Alors qu'entre-temps, vous avez été élu député. Avant cela, vous avez obtenu un diplôme, un master en communication. Un journaliste a parlé récemment d'un procès en illégitimité vous concernant.

Vous le vivez comme ça ? -Je l'ai vécu comme ça, mais c'était une sorte de mépris social que j'ai ressenti de la part de mes adversaires de gauche, disons-le, et parfois de journalistes qui préféraient faire la lumière simplement sur ce passé-là, quelques photos ou mon passé à la télé qui a duré en fait 9 minutes, plutôt que s'attarder sur mes compétences, sur mes diplômes, mon master. J'ai eu la chance de vivre sur trois continents différents, j'ai fait des études.

Je suis aujourd'hui, en plus d'être député, agent de la fonction publique territoriale. Donc j'ai aujourd'hui une expérience et une expertise, dans le monde de la fonction publique. -Ca vous fait regretter d'avoir fait tout ça avant ? -Absolument pas.

J'ai aucune honte à avoir fait tout ça, et d'autant plus qu'il n'y a pas de métier interdit pour faire de la politique. -A l'époque des photos, vous avez déclaré : "Je vais diriger le monde, je plaisante, mais j'ai vraiment envie de m'impliquer en politique et d'avoir des responsabilités." Vous vouliez diriger le monde !

L'ambition de pouvoir. -La fougue de la jeunesse, sûrement. Peut-être le fait d'être à New York qui m'a fait pousser des ailes. -Mais déjà à l'époque, vous aviez en tête... -Oui, j'ai toujours voulu faire de la politique depuis que je suis adolescent.

J'ai toujours eu cette volonté-là, de m'impliquer pour mon pays. Et cette phrase, en fait, était une plaisanterie. Mais je pense qu'elle reflète, finalement, le symbole de l'engagement que je voulais avoir. -Et qui s'est traduit aussi par une carte postale que vous avez envoyée à vos parents.

C'était à la même époque, à l'occasion d'une visite de l'Assemblée nationale. Et on peut lire dessus : "Je vous écris de mes nouveaux bureaux à l'Assemblée nationale, j'ai déjà repéré les sièges du Front National." Vous vous imaginiez déjà député et du Front National à l'époque, devenu Rassemblement National. -Comme quoi je suis assez cohérent et assez loyal à mon mouvement.

C'était en 2012 lors des visites du patrimoine et j'ai eu l'occasion d'envoyer cette carte postale à mes parents et c'est vrai qu'elle reflète là aussi l'engagement que j'ai toujours voulu avoir. On voit que c'est signé député maire parce qu'à l'époque il y avait le cumul donc on pouvait encore. Mais pour moi être député c'était quasiment la plus haute fonction à laquelle je pouvais prétendre et que je voulais prétendre pour servir mon pays et l'intérêt des Français. -Vous avez expliqué en 2013 : "J'assume mon homosexualité sans la revendiquer, je ne suis pas un militant de la cause LGBT, l'homosexualité n'est pas mon combat." Pourquoi ?

Pourquoi pas "votre" combat ? Ca peut en être un. -Mon combat, c'est la France.

J'estime que ma citoyenneté, mon droit de vote, les valeurs que je veux défendre sont issus du fait d'être Français et pas d'être simplement homosexuel. Moi, là, je m'inquiète pour mon pays en tant que Français sur les questions de sécurité, de pouvoir d'achat, de justice, de valeur, d'identité. Ce n'est pas en tant qu'homosexuel.

Je ne veux pas faire un combat. Je l'assume, mais ce n'est pas mon combat premier. -Pas votre combat premier, mais vous avez quand même évolué sur ce sujet puisque vous avez posé une question au gouvernement, portant sur certains joueurs de foot qui refusent de participer à la journée de lutte contre l'homophobie.

On va revoir un extrait de cette question. -*Un joueur de l'Olympique Lyonnais, a sciemment dissimulé le logo arc-en-ciel, a poser sur son maillot en signe de refus. Un geste revendiqué qui fait tristement écho à celui de Mohamed Kamara, joueur de l'AS Monaco l'année dernière. *Ce n'est pas seulement l'homophobie qui s'exprime ici, c'est la voix insidieuse du fondamentalisme islamiste.

Une voix qui oppose la charia à la République et la haine à l'égalité. -Là, c'est un extrait. Vous citez d'autres joueurs de confession musulmane dans votre question.

Quand on vous écoute, on a l'impression que l'homophobie ne concerne que certains musulmans. C'est votre conviction ? -Non, non, absolument pas.

Mais par contre, il y a un sujet aujourd'hui sur l'origine de cette homophobie. Et aussi de l'origine de l'antisémitisme en France. Et si vous voulez, le dénominateur est quasiment commun.

C'est le fondamentalisme islamiste qui gangrène ces milieux il y a une forme d'entrisme aussi dans le sport. -Vous ne dites rien sur l'homophobie chez certains catholiques intégristes, par exemple. -Vous pourrez m'entendre sans problème à ce sujet-là.

Je suis tout à fait disposé à le dire. Mais comme il y a de l'homophobie dans des mouvements de gauche, d'extrême-gauche, mais aussi dans les quartiers... -Et d'extrême-droite aussi ? -Disons-le clairement.

Je préfère tenir la main de mon copain à Hénin-Beaumont, plutôt qu'à Roubaix ou à Aubervilliers. -On va se pencher plus en détail sur votre parcours politique. Vous n'avez pas toujours voté RN, en 2007, vous aviez à peine 18 ans, c'est ça ?

Donc, présidentielles, 2007, et là, vous vous tournez vers Nicolas Sarkozy ? Vous votez M. Sarkozy ?

Vous prenez votre carte à l'UMP. -Oui, tout à fait. -Qu'est-ce qui vous a attiré ? -La toute première démarche que j'ai faite dans mon engagement politique, mes parents, eux, votaient Jean-Marie Le Pen.

Mais de mon côté, j'ai préféré soutenir Nicolas Sarkozy. Et c'est d'ailleurs la candidature de Nicolas Sarkozy, cette campagne-là, qui m'ont donné le goût de la politique et l'envie de m'engager et d'aller plus loin. Je me retrouvais à l'époque dans les valeurs qu'il défendait, mais j'ai très vite été déçu.

C'est pourquoi j'ai pris ma carte au Front National dès que Marine Le Pen est arrivée présidente du mouvement. -Vous expliquez qu'à l'époque, vous avez tenté de dissuader vos proches de voter FN. -Oui, tout à fait.

J'estimais que la victoire allait se faire dans un mouchoir de poche entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Donc j'ai dit qu'il valait mieux voter Nicolas Sarkozy que Jean-Marie Le Pen pour assurer la victoire à Sarkozy. Mais il y avait un sujet autour de M.

Le Pen, vous expliquez que vous avez attendu que Marine Le Pen prenne la tête du parti pour le rejoindre. "J'aimais sa personnalité et sa volonté de rompre avec son père." Donc c'est la rupture avec le père, quand même, qui vous a convaincu de rejoindre le Front National à l'époque.

Et après, on vous a vu poser avec Jean-Marie Le Pen sur les réseaux sociaux, saluer une personnalité et des idées qui transcendent les générations. Donc j'ai du mal à comprendre. -Oui, parce que j'ai découvert une personne autre que ce qu'on pouvait voir dans les médias.

Néanmoins, je veux dire, ça ne change pas ma loyauté vis-à-vis de Marine. Et cela explique évidemment aussi beaucoup de choses dans mon engagement. Je viens d'une famille qui a toujours voté Jean-Marie Le Pen.

Il n'a jamais été loin de nos idées. Mais évidemment, c'est une histoire de génération. Mais l'avenir, c'est avec Marine et Jordan. -Vous rejoignez le Front National en 2011, vous vous êtes ensuite présenté aux municipales à Paris, en 2014, puis vous avez déménagé dans le Pas-de-Calais, vous vous présentez aux municipales à Lens en 2020, et vos adversaires ont critiqué un parachutage politique, vous aviez des attaches localement ? -La simple et bonne raison pour laquelle je suis venu à Lens, c'est parce que je travaillais à la mairie d'Hénin-Beaumont.

J'ai été engagé à la mairie, j'ai répondu à un poste vacant. -Donc vous avez déplacé votre engagement politique. Voilà, j'ai répondu à un poste dans le cadre du service communication.

C'était en 2018 et les choses ont fait que deux ans après, tout naturellement, j'étais domicilié à Lens et je me suis engagé évidemment à Lens. -Et vous vous êtes présenté aux législatives de 2022. Vous avez échoué, mais alors à quelques voix près.

Deux ans plus tard, dissolution, vous vous représentez. Et là, vous êtes élu dès le premier tour. Sauf que vous semblez, j'ai l'impression, davantage attiré par la mairie de Lens que par le mandat de député.

Le mandat de maire, ça vous séduit plus ? -Je pense que le mandat... -Je dis ça car vous avez annoncé votre candidature aux municipales très tôt.

On voit même les affiches : "En 2026, un vrai maire pour Lens". -J'ai toujours été persuadé que le mandat de député au niveau national et le mandat de maire au niveau local étaient les deux plus beaux mandats. -Vous avez signé "député-maire" en 2012. -Exactement.

Néanmoins, la situation aujourd'hui est telle dans notre pays que parfois, et on le voit clairement avec le débat sur le PLFSS... -Projet de loi de finances, pour les gens...

Budget de la Sécurité sociale. -Exactement. Parfois, nous faisons ça un peu pour rien, parce qu'on se dit que le Gouvernement, soit va passer par 49.3, soit va gouverner par ordonnance.

Et si vous voulez, on n'a pas forcément le goût, nous, de l'effort inutile. -Donc, vous voulez une fonction exécutive ? -Exactement.

Et surtout me sentir utile pour mes concitoyens et voir concrètement les décisions que je peux prendre et le bénéfice des décisions que je peux prendre au quotidien. Et je sais que Lens était une très belle ville, je l'ai connue j'y venais avec mon père pour le foot notamment. Je ne peux pas aujourd'hui me résoudre à laisser Lens disparaître comme ça et mourir et laisser les Lensois être totalement déclassés, isolés et méprisés comme ils le sont aujourd'hui. -On va conclure notre émission avec notre quiz.

Je vais commencer des phrases et vous allez devoir les compléter. Il y avait à la mairie le jour de la kermesse... -Un buste de Jean Jaurès. -Bravo.

C'est une photo de Jean Jaurès. -Une photo, oui. -On explique peut-être à nos téléspectateurs. -Les Corons, qui est aussi, évidemment, l'hymne du bassin minier, mais surtout du RC Lens. -A chaque match, on entend la chanson.

Quand on a eu un père arbitre de Ligue 1, décidément, tout est lié. -Oui. On aime le foot, mais on aime son père par-dessus tout. -Plus le père que le foot.

Vous n'avez pas la passion, il ne vous a pas transmis cette passion ? Il est où ? -Il est à gauche, à côté de celui qui est en gris. -D'accord.

Ca ne s'est pas transmis non plus ? -Si, en tout cas, ce qu'il m'a transmis, c'est la passion du soutien pour une équipe, la ferveur supporter. Mais je ne suis pas un fervent supporter de l'équipe de France ou d'autres clubs. -Enfin, mon chien et moi... -C'est ma plus belle histoire d'amour. -C'est vrai ? -Oui, bien sûr. -Je me suis promené un peu sur vos comptes de réseaux sociaux.

Et on le voit beaucoup, votre chien. -Oui, c'est la prunelle de mes yeux. J'ai pris un chien il y a maintenant quatre ans.

Et c'est vrai que c'est tellement d'amour. On reçoit tellement d'amour avec ces bêtes-là. Et c'est notre repère, c'est un peu notre forteresse.

Pour rien au monde, je changerais ça. -Merci d'être venu dans La politique et Moi. Générique de fin