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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 2 février 2026 27 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleImmigration & asileInstitutions & électionsNumérique

Najat Vallaud-Belkacem est l'invitée de "Tout est politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse partielle

    Le salaire des fonctionnaires a-t-il baissé de 25 % en 20 ans ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Le budget de l'État est adopté grâce aux socialistes. Comment l'avez-vous justifié ?

  • 6:00RelanceRéponse partielle

    La France insoumise vous accuse d'être la béquille du macronisme. Réponse ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Faut-il un récit commun à la gauche malgré les fractures ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    L'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans est-elle une bonne mesure ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Les méthodes de l'ICE aux États-Unis pourraient-elles s'importer en France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Sophie Binet (CGT)Chiffre
    « En 20 ans, le salaire des fonctionnaires a baissé de 25 %. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir Naj Valalcassem, ancien ministre de l'éducation nationale, aujourd'hui présidente de France Terre d'asile. Vous publiez un ouvrage intitulé sevrage numérique qui devrait nous faire du bien à tous. Enquête sur nos rapports aux écrans et comment nous en libérer.

On va en parler dans un instant. On va parler évidemment également de l'actualité politique en général. Mais d'abord notre rendez-vous quotidien du soir avec l'équipe de vrai ou faux de France info représentée ce soir dignement par Victoria Rell.

Bonsoir Victoria. Alors que le budget de l'État est en voie d'adoption après des mois et des mois de crise politique, on attend là le le vote de la 2è motion de censure des voix s'élèves pour dénoncer un budget injuste notamment pour la fonction publique. C'est le cas de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet qui annonce même une année noire pour les fonctionnaires.

Elle rappelle régulièrement ce chiffre. En 20 ans, le salaire des fonctionnaires a baissé de 25 %. C'est une catastrophe.

Le salaire des fonctionnaires qui aurait baissé de 25 % en 20 ans. C'est vrai ou c'est faux ? Alors, on va tenter de décortiquer tout ça pour Sophie Binet et la CGT.

Parler de cette baisse de salaire, c'est avant tout un moyen de dénoncer le casigel depuis une vingtaine d'années du point d'indice. Et pourquoi il est important ce point d'indice ? Bien parce qu'il permet de calculer le salaire des fonctionnaires.

On appelle ça le traitement. Et donc voici la démonstration opérée par la CGT. Si on regarde cette courbe bleue qui représente l'évolution du point d'indice, on remarque qu'effectivement sa valeur progresse peu depuis 2003, la même stagnée de 2010 à 2022 pour s'établir à 59 € l'année suivante.

Et selon la SGT, et ben cette évolution du point d'indice, elle est bien trop insuffisante pour compenser l'inflation car voici en rouge la valeur du point d'indice. Il avait suivi l'inflation, presque 74 € et donc l'écart entre ces deux courbes, il est d'environ 25 % et c'est comme ça que Sophie Binet justifie cette baisse de salaire des fonctionnaires sur 20 ans. Ouais.

Sauf qu'en réalité, c'est pas aussi simple que ça. Et non, évidemment, on a contacté des spécialistes qui nous ont dit que c'était un petit peu trop réducteur comme lecture parce que la rémunération d'un fonctionnaire, elle est pas uniquement déterminée par la valeur du point d'indice, elle est aussi complétée par le versement de primes et d'indemnité, hein, qui ne sont pas indé ce point d'indice et qui constituent en moyenne 20 à 30 % du salaire total des fonctionnaires. Donc, s'il n'a pas baissé de de 25 %, est-ce qu'on connaît le bon chiffre de combien ce salaire des fonctionnaires a baissé ?

Alors, on allit voir du côté de l'INC la moyenne du salaire net des agents de la fonction publique. Alors, les données disponibles, elles nous permettent pas hein de remonter exactement à 20 ans, mais on peut quand même analyser les chiffres de 2008 à 2023, donc sur 15 ans. Et ce qu'on constate et ben que c'est que le salaire moyen des fonctionnaires, il est stable.

Donc, il a certes pas énormément progressé, mais il s'est pas effondré. Et comme c'est un salaire en euroconstant, c'est-à-dire qu'il tient compte de l'inflation, et ben ça veut dire que le pouvoir d'achat aussi est resté stable. Et pour terminer un peu notre tour d'horizon, on est allé voir du côté du secteur privé, voir comment ça avait évolué.

Et voici ce que dit Linz. Et bien le pouvoir d'achat du salaire net moyen, il a progressé de 3,2 % dans le secteur privé et de 1,2 % dans la fonction publique entre 2013 et 2023. Ouais.

Donc un peu plus de moitié moins. Merci beaucoup Victoria Relles. Je rappelle le rendez-vous hebdomadaire avec vrai ou faux toute l'équipe réunie l'émission le samedi midi à midi et le dimanche à 20h.

Merci beaucoup Victoria, j'ai pas perdu toutes les bonnes habitudes. Najobalcassem merci d'avoir accepté notre invitation. plaisir.

Je rappelle que vous avez été ministre de l'éducation nationale sous France Hollande. Vous êtes aujourd'hui présidente de France terre d'asile et vous publiez donc sevrage numérique enquête sur notre rapport aux écrans et comment nous en libérer chez Talandier. Question d'actualité évidemment, on va en parler mais d'abord l'actualité ce soir c'est cette deuxème motion de censure qu'on attend là qui va être examinée dans quelques minutes qui devrait très très vraisemblablement être rejeté et donc la France aura officiellement un budget ce soir grâce à vous pas à vous Najastem grâce aux socialistes auquels vous appartenez toujours vous l'assumez ça tranquillement de dire ce soir bah oui grâce à nous la France a un budget et grâce à nous Sébastien Lecnu C'est toujours à Matignon ce soir.

À ce que j'assume, c'est en effet le choix qui a été fait par les parlementaires socialistes dont je ne suis pas en effet mais enfin je peux en effet avoir un avis dessus qui a été le choix du débat parlementaire et du rapport de force tout de même parce que il faut pas l'oublier hein, [rires] on passe par pertes et profit les gains qui ont été ceux des socialistes dans cette discussion là. Bruno Rotaillot dit c'est un budget socialiste. Voilà certains iraient jusqu'à dire que je n'irai pas jusque là.

Non non, je n'irai pas jusque là. C'est pas du tout le budget idéal des socialistes. Mais c'est un budget dans lequel la réforme des retraites a été suspendue.

C'est un budget dans lequel la prime d'activité a été augmentée et beaucoup d'autres choses comme ça qui sont quand même des petites victoires obtenues par les socialistes et avec à la fin une copie qui ne ressemble en rien à la copie initiale. Est-ce que vous redoutez que ça crée un divorce ? Alors je veux pas reparler de la DD de gauche irréconciliable mais on a entendu Mathilde Panot tout à l'heure qui considère qu'une fois de plus vous avez été la béquille.

Alors, elle utilise plein de mots hein, béquille, sauveteur de du macronisme. Est-ce que vous considère que cette ce travail que vous avez, cette collaboration vous avez faite avec le gouvernement euh est quelque chose qui a rendu vos rapports enfin inaméliorable pour l'avenir et notamment pour les municipals, je crois qu'on va en parler. Je pense que une question s'est vraiment posée au sein de la gauche pluriel qui a été comment est-ce qu'on est le plus utile aux français ?

Certains considéraent et c'est l'objet des motions de censure déposé que être utile c'était vraiment tout arrêter maintenant replonger la France dans une espèce de chaos démocratique parce qu'on voit bien à quoi ressemblait la précédente dissolution. Je ne suis pas sûre qu'il soit dans le vrai. Je pense vraiment que l'utilité c'était plutôt de répondre aux enjeux de pouvoir d'achat en particulier de ceux qui avaient le plus besoin de la puissance publique et ça a été encore une fois le choix fait par les socialistes.

C'est intéressant me semble-t-il que cette clarification entre les différentes gauches se fasse maintenant pour mieux préparer la suite aussi. plus qu'une clarification c'estàd que quand on voit y compris pour les municipales des gens des personnes comme Sophia Shikirou disant il faut appeler il faut faire battre le le maire de gauche c'est qu'il a il y a clairement on a l'impression que c'est même pas une clarification c'est une fracture définitive qu'il y a avec la France assouise. Est-ce que c'est envisageable de rester dans cet état d'esprit avec eux ou que c'est un c'est ils ont vocation à être des alliés ?

Alors, vous êtes une observatrice aguérie de de tout ce qui se passe aujourd'hui dans le paysage politique. Moi, ce que j'en constate, c'est qu'en effet, la fracture est là et que elle est assez claire. Enfin, je je ne la mets pas en doute.

Alors euh il y a pas euh complètement euh euh représentatif de l'ensemble du du Parti socialiste sur cette ligne. En tout cas, si on en croit euh les déclarations euh tenues la semaine dernière par Pierre Jouvé, secrétaire général du du PS, euh à la question qu'il se qu'il s'autopposait devant la presse, est-ce qu'il y aura des accords avec Lfi ? il a répondu peut-être dans certains endroits, il a il dit aussi dans la plupart des endroits, non hein, mais il dit peut-être dans certains endroits. secrétaire général du PS, bras droit d'Olivier Fort.

Ça veut dire que tout ce qu'on nous raconte depuis des mois, pas question de faire des alliances avec Lfi, les les les désaccords sont trop profonds. On va voir dans les prochaines semaines que finalement entre les deux tours socialistes et LFistes pourraient finalement s'accorder. Non, mais moi je ne enfin je ne suis pas la porte-parole du Parti socialiste ni même de Pierre Jouvé.

Donc il faudra l'interroger sur ses propos. Mais ce que je vois dans cette phrase, c'est plutôt le rappel qu'à la fin des fins, de toute façon, on aura sans doute besoin d'un front républicain à un moment ou un autre. Et j'allais dire au-delà de la gauche parce que ce qui s'annonce tout de même dans les élections, que ce soit celle de cette année ou celle de dans 2 ans, c'est une extrême droite extrêmement importante.

Et donc oui, euh par définition, le Front Républicain, ça voudra dire aller au-delà de ceux avec qui on s'entend sur absolument tout. Mais il me semble tout de même que les derniers mois ont donné à voir que entre les différentes gauches, s'il faut les qualifier comme ça, il y a des désaccords très importants et que ça ne fait pas une famille politique unie malheureusement. Ce qui ne veut pas dire d'ailleurs que en terme d'électorat, il ne faille pas parce que il y a chez l'électorat de gauche une demande d'unité euh indéiablement.

Donc il ne faille pas construire quand même un récit commun à la gauche. Mais je crois que les stratégies politiques qui consistent à taire et à mettre sous le tapis les désaccords parfois violents entre ces différentes familles de gauche sont des stratégies perdantes en fait. Donc dans la plupart des communes aujourd'hui pour les municipales, vous avez plutôt la France insoumise qui part d'un côté et les socialistes écologistes de l'autre au premier tour.

Voilà et s'agissant du second tour encore une fois c'est le Front républicain tout ensemble qui se posera. C'est pas seulement avec quelles autres familles de gauche. Quand vous dites le fond républicain, c'est que vous considérez que la stratégie qui a été lancée pour les législatives, c'est de faire en gros obstacle au Rassemblement national et quelque chose qui peut refonctionner.

C'està-dire que vous n'êtes pas comme ce certains qui considèrent que et Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national sont finalement épestes ou choléra. Les deux ne doivent pas être choisis. Vous pouvez considérer qu'il y a toujours une distinction et que le fond républicain peut remarcher.

Alors euh je n'ai jamais fait partie de ceux qui mettaient dans le même sac. Non mais je vous le dis hein, l'extrême droite et euh et la famille politique de Jean-Luc Mélenchon. Non, ça je m'y refuse.

Je trouve que ça n'a rien à voir. On a vraiment des désaccords avec la France insoumise mais pas de la même nature. Et donc c'est vrai que il est annoncé que beaucoup d'électeurs auront du mal à refaire Front républicain.

Mais pourquoi ? parce que quand ils l'ont fait au moment de la dernière dissolution, ils ont eu l'impression de n'avoir pas été entendus. Et donc la question, elle se pose plutôt à ceux qui aujourd'hui ont responsabilité, non pas forcément tiré les conclusions qu'ils auraient dû tirer de ce front républicain, mais notamment pour faire reculer le plus possible le Rassemblement national.

Vous parlez de de des accords, il y a des des désaccords y compris graves puisqueil y a notamment des questions d'accusation d'antisémitisme euh à l'encontre de de membres de votre de votre de votre parti. Euh vous parlez tout à l'heure d'un récit commun, il y a encore un récit de membres de parti [rires] hein. Euh je crois qu'il y a eu des des PR contre les socialistes non ?

Oui. Contre certains euh socialistes. Certains socialistes euh estiment avoir été euh victimes d'attaque à connotation antisémite.

Je pense qu'en gros il considère que Jérôme Gch quand il est viré de la manifestation comme au moment de suite au 7 octobre a été injurié dans la manifestation par un certain nombre de personnes de LFIX. C'est ça laquelle mais on plus récemment le maire de Paris Centre Ariel Vale qui qui estime avoir été victime de telles attaques. Vous pouvez encore faire un récit commun avec LFI ?

On en revient à ce que je disais c'est que moi mon sentiment c'est qu'il y a une fracture désormais profonde entre les socialistes et les insoumis. Euh c'est un sujet qui se règle de fait parce que ce faisant on fait notre vie politique sans sans la France insoumise hein. Euh par exemple quand vous regardez l'idée de la primaire qui est en ce moment lancée pour préparer la présidentielle, elle se fait bien sans la France insoumise et euh cette clarification me semble plutôt bienvenue.

Alors cette primaire, elle est bienvenue aussi. Euh vous m'emmenez sur beaucoup de questions de stratégie politique. Il y a une inquiétude chez les gens qui est de se dire ça se rapproche en gros ça commencera le lendemain des municipales.

Alors ça commencera la campagne tout ça. Et donc ça serait bien ça ça rassurerait c'est pas que un truc de journaliste politique excité ça rassurerait les gens de savoir quel est le mode de partage ou de départage des gens et s'il y aura eu le temps de faire un programme et par définition un programme on le fait avec qui ? Je je vous rejoins sur le fait que même si la présidentielle paraît loin, même si entre-temps il y a les municipales et que d'ailleurs les électeurs sont même pas encore tout à fait forcément dans les municipales, n'est-ce pas, euh reste que la plupart des électeurs aimeraient bien y voir clair sur les offres politiques et ça vaut pour la gauche comme pour la droite he parce que la question aussi se pose à droite de savoir est-ce que primaire il y a qui seront les candidats et tout ça.

Mais on pose la même question aux gens de droite quand ils viennent sur ce sur ce plateau. sens de de mécanisme bien clair et bien accepté, bien consensuel pour tout le monde à droite comme à gauche. C'est vrai qu'on a cette sensation d'une multiplication de candidatures et du coup d'une course de petits chevaux qui n'est absolument pas à la hauteur du moment historique hein parce que moi je maintiens que on vit un moment grave et on en a quelques illustrations dans l'actualité, on en parlera peut-être tout à l'heure.

Et donc oui, moi je suis favorable à tout ce qui permet de clarifier relativement rapidement sans doute au lendemain des municipal qui sera instants. Majorité requise pour l'adoption de la motion de censure sur la majorité absolue des membres composant l'assemblée 289 pour l'adoption 135. La majorité requise n'étant pas atteinte, la motion de censure n'est pas adoptée.

Aucune des deux motions de censure n'ayant été adoptée, le projet de loi de finance pour 2026 est considéré comme adopté. La séance est suspense. Voà.

La France a donc officiellement un budget. Nous sommes lundi 2 février, 19h45. On peut le dire désormais, la France a officiellement un budget grâce à l'abstention du Parti socialiste.

On en parlait au début de cette interview, je vais pas revenir là-dessus. Juste peut-être une une petite question. Il lui reste 14 mois à Sébastien Lecnu.

Encore un mois avant que les travaux du parlement soient suspendus pour les municipales. Après, on va basculer dans la campagne présidentielle. Finalement, c'est fini. il va gérer les affaires courantes Sébastien Lecnu où il y a encore des choses qui sont possibles d'être faites pour les Français dans les 14 mois qui viennent.

Mais d'une certaine façon, gérer les affaires courantes, c'est déjà pas mal parce que moi ce que je vois, c'est une société totalement tendue avec des fractures profondes et ma recommandation ce serait plutôt d'éviter de créer de nouvelles fractures en créant en lançant de nouveaux débats sur des sujets qui à nouveau vont tendre davantage cette société. Donc il a en effet peu de temps. Ce qu'on lui demande principalement, c'est de faire en sorte que l'élection présidentielle à venir se passe dans des bonnes conditions et qu'enfin un projet de société puisse être tranché puisque clairement celui de l'actuel président de la République n'emporte pas l'adhésion, qu'il est sur une fin de règne et qu'on a hâte de passer à autre chose.

Et pour que ce débat ait lieu dans de bonnes conditions, ça veut dire encore une fois ne pas perdre son temps avec des polémiques sans fin, laisser les parties travailler. C'est pour ça que j'étais pas favorable à une nouvelle dissolution. Là, en toute hâte, on a besoin que les partis arrivent à l'élection présidentielle avec un programme, un projet de société qui soit très compréhensible pour les Français et qu'ils fassent leurs choix dans de bonnes conditions plutôt que de se réfugier dans les extrêmes.

Et c'est le cas, c'est ça a commencé à travailler au Parti socialiste où il y a ça pose encore un problème de l'incarnation parce qu' on a beau toujours dire que faut d'abord le pourquoi avant le le quoi avant le qui, mais finalement on a l'impression que les choses se disent nous toujours à peu près en même temps. Est-ce que vous pensez que quand on entend parler d'un retour de François Hollande, de touses ces choses-là, il y a une ligne claire qui semble quand même émerger ? Alors moi, mon sentiment, c'est que en tout cas l'exclusive réponse à qui sera candidat ne résout en rien le problème.

En fait, le problème c'est d'arriver d'ici le début de la campagne présidentielle 202 avec un projet encore une fois sur des sujets qui tiennent terriblement à cœur au français. On a parlé de pouvoir d'achat tout à l'heure à travers les propos de Sophie Binet. Euh on pourrait parler même de sujets qui peuvent sembler plus anecdotiques, mais j'ai fait en venir tout de même à mon livre sur la façon dont les gens aujourd'hui se sentent totalement démuni et dépassé par des phénomènes qui euh les ont rendu finalement captifs et et je parle notamment de la question des écrans qui est à la fois une question personnelle de la façon dont cette surexposition numérique dans nos vies bah nous la gâche pour dire les choses simplement et pas simplement la vie des jeunes mais aussi celle des adultes mais qui est aussi une question de démocratie puisque le débat en ligne géré tel qu'il est aujourd'hui par des plateformes des géants duch qui ont tout sauf l'intérêt général et le bien commun en tête et bien ça nuit aussi à notre capacité à être citoyen à faire démocratie.

L'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, ça va dans le bon sens ? Vous vous formulez un certain nombre de de de préconisations dans ce dans ce dans ce livre, notamment la possibilité d'instaurer des sanctuaires pour les jeunes, l'école évidemment, mais pas que pour les euh le rationnement de certaines applications les plus dangereuses, TikTok, on en parle beaucoup, pas que pour les jeunes. Non, mais j'insiste vraiment sur ce sujet parce que en fait ce que dit le livre par rapport au débat ambiant, c'est absolument ça touche absolument tout le monde et vous et moi, on le sait parfaitement.

Nous sommes tout aussi captives et et victimes de ce surnumérique que le sont nos enfants et qui plus nous leur servons de modèle. Donc plus nous sommes captif et plus à leur tour ils trouvent ça normal. Et en fait tout cela n'a rien de normal.

Et les effets pervers du numérique, des réseaux sociaux et cetera, il n'y a rien de normal dans tout cela. C'est le résultat d'une mécanique d'un écosystème qui fait gagner beaucoup beaucoup d'argent au géants de la tech et que on a laissé s'installer par manque de régulation collective. Ce que j'appelle des régulations collectives, c'est des lois bien pensées au niveau européen, au niveau national.

On peut pas laisser simplement les individus gérer ça en disant bah c'est de la faiblesse individuelle si toi-même tu arrives pas à te déconnecter et tu arrives pas à gérer tes enfants. C'est un burnout parental qu'on a fini par installer sur les épaules des uns et des autres qui est absolument insupportable. Et au lieu de cela, ce que le livre propose, c'est de reprendre à zéro.

D'abord, de se rendre compte que le numérique dont on parle aujourd'hui n'est pas celui qu'on a connu il y a 10 15 ans en fait. Parce que le problème c'est que nous on a quand on a vu apparaître le numérique bien avant, c'était une zone de liberté où on allait repousser les frontières, se rencontrer les uns les autres et cetera. En fait, c'est plus du tout ça aujourd'hui et notamment par le mécanisme, ça le reste en partie quand même parce qu'il y a un côté un peu répressif dans ce que vous proposez par rapport à ce que dire le discours que peuvent tenir soit les adultes en disant ben j'ai bien le droit de faire ce que je veux malage et celui que tiennent les jeunes aussi qui est de quel droit vous m'empêcheriez de faire ça ?

Tout à fait. C'est pour ça que c'est important de dire que euh on ne parle pas de tout internet. En fait, les problèmes les problèmes, ils sont bien sérié.

En tout cas, j'ai essayé de le faire dans le livre, c'est-à-dire qu'il y en a au moins trois. Le premier, c'est euh le fait que cet objet soit en permanence dans notre poche comme une espèce de de de troisème bras en quelque sorte et que on n'arrive plus à s'en passer parce que tout est dedans. Et vous savez l'équipement en smartphone, par exemple, si vous prenez les adolescents, il y a 10 ans, il y avait moins de 50 % des adolescents qui avaient un smartphone.

Aujourd'hui, ils sont 90 %. euh le temps d'écran des enfants des moins de 6 ans. Il y a 10 ans, il était de 2h par semaine, aujourd'hui, il est de 6h par semaine.

Il a tripler. Donc c'est le fait que cet outil soit omniprésent dans nos vies sans aucune friction. Le deuxième sujet, c'est les réseaux sociaux.

On en a beaucoup parlé dans le débat public et vraiment tous les billets qu'ils exploitent de nos cerveaux pour nous retenir le plus longtemps possible en ligne parce que finalement c'est ça qu'il monétise ensuite auprès des grandes marques hein. C'est comme ça qu'ils font leur argent hein ces grands réseaux sociaux et ils nous retiennent en ligne à notre détriment indéiablement. Et puis le troisième sujet c'est évidemment le contenu qu'on trouve sur internet.

Quand je dis c'est pas tout internet. dans Internet, il y a l'accès encore une fois sans aucun filtre à du contenu terroriste, à du contenu pornographique. Un gamin sur de l'âge de 12 ans consulte au moins une fois par mois un site pornographique.

Il faut qu'on s'interroge sur ça, ces trois éléments-l qui ont installé dans nos vies quelque chose d'extrêmement pernicieux. Un conseil simple, pratique, rapide. Je dirais qu'on garde quelques minutes pour parler de la police de l'immigration aux États-Unis. et conseil simple, d'abord il faut en tant que citoyen réclamer de nos pouvoirs publics qu'il légifèrent.

Vous avez évoqué l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 16 ans ? Oui, j'en suis je suis plutôt favorable à cela parce que je trouve que à cet âge-là, on n' pas la maturité nécessaire pour signer un contrat aussi engageant qu'une inscription sur un réseau social. on pourra y revenir.

Euh mais au-delà, c'est pas que les jeunes, encore une fois, ça va pas régler grand-chose. Il faut désormais des législations qui agissent sur le design réseaux sociaux. Toutes ces mécaniques que les plateformes ont utiliser pour nous retenir captif et on sait très bien de quoi je parle le scrolling infini, l'autoplay. des choses très techniques sur lesquelles on peut tout à fait imposer aux plateformes qu'elles y renoncent, qu'elles introduisent par exemple une part de hasard dans leur algorithme alors qu'aujourd'hui l'algorithme vous retient sans fin à partir de vos soi-disants goûts.

Il va vous servir toujours plus et puis 3h plus tard vous dites "Mais qu'est-ce que je faisais à scroller là ? J'ai perdu mon temps." En fait, il faut que régulièrement quelque chose, un contenu qui n'est rien à voir avec vos soi-disant goût arrivent dans la boucle pour vous sortir et ouvrir la porte du cachot.

Et donc je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire mais qu'il faut s'y pencher sérieusement. Vous êtes aussi présidente de France terre d'asile, spécialiste de l'immigration. On a envie de vous entendre évidemment sur la situation aux États-Unis.

La mort de deux citoyens américains exécutés par ICE, la police de l'immigration fédérale mise en place par Donald Trump. J'aurais qu'on écoute d'abord Fabrice Leggery qui est eurodéputé RN, ancien patron de Frontex, la la police des frontières européennes sur les sur les méthodes de ICE. qu'il était invité à votre place hier soir.

Nous avons en France la police aux frontières qui est professionnelle et nous n'aurions pas besoin d'importer non, nous n'aurions pas besoin d'importer ces méthodes parce que nous avons une police qui est professionnelle, qui est formée et pour peu qu'on lui donne les moyens de travailler en France, nous n'aurions pas ce genre de de drame. Il y a eu à Minapolis deux exécutions, deux bavures en en l'espace de quelques jours dans la même ville. manifestement, il y a quelque chose qui n'est pas normal.

Est-ce qu'on peut être sûr, comme le dit Fabrice Liric, nous n'aurons jamais ce genre de drame en France ? Ben non, on peut absolument pas en être sûr. C'est la raison pour laquelle il faut se doter aujourd'hui de garde fou juridique et politique pour éviter qu'un jour la fenêtre d'Overton soit tellement élargie justement qu'on en arrive à trouver ça normal.

C'està-dire, on n pas les gardes de fou aujourd'hui en France. Ben la vérité c'est que en fait quand vous prenez ne serait-ce que notre débat public, la façon dont il déshumanise, désinforme au sujet des questions au sujet des OQUTF par exemple, on se rend compte qu'en fait ça peut aller très très loin et que quelque chose se banalise dans l'idée que créer des zones de non droit pour une certaine catégorie de la population à savoir en l'occurrence les les migrants et bien c'est normal, c'est rationnel, ça fait partie du système en fait. Vous savez, moi j'ai j'ai publié la tribune à laquelle vous faites allusion suite aux propos qui ont été tenus par Arnaud Clarsfeld suggérant qu'on procède à des des rafles, pardon, pour aller choper les OQTF.

Ces propos ont provoqué beaucoup de de d'indignation morale. OK, très bien. Mais moi, je pense qu'il faut aller plus loin que l'indignation morale.

Il faut se demander dans quel contexte ces propos ont été permis. En fait, ils ont été permis par la nature d'un débat que je constate depuis des années qui est extrêmement problématique et on est en train de s'habituer finalement à repousser toujours plus loin l'indicible, l'innommable et ce mot rafle qui est quand même avec toute cette charge traumatique, symbolique, historique, voilà, surtout venant d'Arno Clarfeld, qu'on en soit arrivé là, qui il se soit senti légitime à l'utiliser, c'est invraisemblable et ça dit à quel point en fait on est dans quelque chose qui n'est pas de l'ordre du dérapage mais de systémique qu'il faut absolument qu'on arrête en temps utile. Faut regarder ce qui se passe aux États-Unis avec Ice qui en effet n'a pas été créé par Trump, a été créé au lendemain du 11 septembre mais doté de nouveaux moyens par Trump.

Mais c'est intéressant de se dire que ça a été créé au lendemain du 11 septembre parce que ça veut dire dans un moment de sidération collective, vous voyez, de tétan et de peur. Alors, on a renforcé les pouvoirs répressifs d'une certaine façon de l'État. à ce moment-là, on a mis en suspend des garanties de l'état de droit et cetera et puis en fait ça reste et puis le jour où un Trump arrive au pouvoir et bien il les utilise comme il le fait aujourd'hui.

Est-ce que vous croyez pas que la meilleure façon pour se prémunir ce genre de choses, c'est de trouver des solutions ? C'est quand les Français découvrent qu'il y a jamais eu autant d'immigrés et de venus sur le sol français, est-ce que ça les rend pas pour certains fou en disant mais on nous raconte n'importe quoi depuis 20 ans ? chiffre dévoilé par le ministère de l'intérieur la semaine dernière indiquant que 384000 premiers titres de séjour avaient été délivrés l'an dernier une hausse de 11 % par rapport à 2024 mais en fait le sujet je vais vous dire c'est même pas tant le nombre de titres de de premier séjour pardon qui ont été délivrés parce que on pourrait reparler du besoin d'immigration et cetera.

Non, le sujet c'est plutôt, je crois derrière votre question, l'espèce de sentiment d'impuissance qu'on a face aux OQTF non exécuté les OQUTF à l'attitude de l'Algérie face au fait que alors vous parlez des premiers séjours, il y a aussi les renouvellements, il y a beaucoup de renouvellement. Alors il y a il y a un certain nombre de cas qu'on peut expliquer avec l'Ukraine et tout ça, mais est-ce qu'il faudrait pas par exemple à la présidentielle mettre ça sur la table ? Absolument.

Alors vraiment éviter les débordements ah ne vous trompez pas. Moi, je ne suis pas pour qu'on mette le sujet migratoire sous le tapis et qu'on en parle surtout pas pour ne pas gêner. Pas du tout.

Je pense que en fait euh on peut pas dire qu'on en parle pas et il en est quand même très souvent question mais il en est le plus souvent mal question. il en est mal question par de la désinformation, par de la peur installée pour des raisons d'opportunisme politique. La vérité, c'est que cette espèce de dramaturgie de l'autorité, oui, je vais mettre encore plus d'UTF, vous allez voir ce que vous allez voir.

Puis à la fin, on se rend compte qu'en fait bah, il y en a encore moins d'exécutés par définition parce que si on donne pas les moyens aux préfectures d'exécuter, si on n'a pas les accords en effet avec les pays d'origine et cetera, donc si on fait pas le travail sérieux, de toute façon, ce sera pas exécuté. C'est terrible parce que du coup ça installe chez les gens l'idée qu'on serait dépassé par la question migratoire. Non, notre pays pourrait ne pas être dépassé.

Il pourrait en effet se donner les moyens d'exécuter véritablement les OQTF. Mais peut-être que ça euh nécessite de ne pas en délivrer à tort et à travers aussi et de bien les délivrer pour ceux qui justifient d'être accompagnés. Merci beaucoup Naj d'OBelkassem.

Sevrage numérique, c'est donc le titre de cette le moins sans écran qui a commencé bah hier. Oui, le 1 fé. Merci.

Oui. Allez, vous gardez l'écran de France info quand même. [musique] France info continue la météo.

Logit de les informer.