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InterviewC à vous (sur YouTube)· 1 février 2023 52 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesLogementImmigration & asileSolidarités & famille

Gérald Darmanin et Christophe Robert - C à Vous - 01/02/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 39 %Attaque 37 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 6:40OuverteRéponse directe

    Quelle est votre position sur la réforme des retraites présentée aujourd'hui en Conseil des ministres ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Comment justifiez-vous le report de l'âge légal de départ à la retraite ?

  • 9:40RelanceRéponse partielle

    Les Français soutiennent massivement les manifestants contre la réforme. Comment expliquez-vous cette opposition ?

  • 18:35OuverteRéponse directe

    Quelles sont les principales mesures de la loi immigration présentée aujourd'hui ?

  • 20:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce texte ne plaît ni à la droite ni à la gauche ?

  • 25:55RelanceRéponse partielle

    Les chiffres de la délinquance en hausse en 2022 sont-ils un échec de votre politique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:50Invité politiqueFait
    « Il faut leur dire que c'est une réforme difficile. »
  • 36:16Invité politiqueChiffre
    « Le chiffre a un peu plus que doublé depuis 2012. »
  • 36:26Invité politiqueFait
    « À 19 ans, on sort et puis on n'a pas de solution. »
  • 36:30Invité politiqueFait
    « On ne prévient pas assez les expulsions locatives, le marché locatif qui est trop tendu. »
  • 37:18Invité politiqueFait
    « Non, non, ce n'est pas marginal. »
  • 37:29Invité politiqueFait
    « Quand à partir de ce moment-là, on a certaines villes où on appelle et c'est des milliers de personnes qui ne trouvent pas pour le soir venu une solution. »
  • 38:26Invité politiqueChiffre
    « C'est 22% d'écart encore à temps égal de travail. »
  • 38:43Invité politiqueChiffre
    « Les femmes seules avec enfants sont deux fois plus en difficulté de logement que l'ensemble de la population. »
  • 39:07Invité politiqueChiffre
    « Dans les séparations, on a constaté dans nos travaux que les femmes, quand elles se séparaient, elles perdaient 14% de ressources par rapport à leur situation en couple. »
  • 40:27Invité politiqueChiffre
    « Il y a quand même eu 40 000 places qui ont été créées pendant la crise Covid et qui ont été maintenues dans la durée. »
  • 40:50Invité politiqueFait
    « On n'a jamais aussi peu produit de logements qu'en ce moment. »
  • 40:53Invité politiqueChiffre
    « On a ponctionné à peu près 1,3 milliard d'euros par an sur les bailleurs sociaux. »
  • 41:36Invité politiqueChiffre
    « C'est presque 15 milliards de moins chaque année qui sont mis sur le logement. »
  • 42:15Invité politiqueFait
    « Le logement est devenu le premier poste de dépense des ménages. »
  • 42:20Invité politiqueChiffre
    « 28% en moyenne. En 1990, c'était 20%. »
  • 46:52Invité politiqueFait
    « C'est que l'essence c'est d'abord du pétrole et depuis le début janvier, le baril de pétrole a repris à peu près une petite dizaine de dollars sur les marchés mondiaux. »
  • 47:07Invité politiqueFait
    « À cause des grèves qui ont eu lieu à l'automne et qui ont perturbé complètement la distribution, les prix ont beaucoup augmenté. »
  • 47:21Invité politiqueFait
    « L'embargo interdit d'acheter des produits russes. »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Gérald Darmanin18 %
  • Invité3 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir, bienvenue dans C'est à vous, on est ensemble en direct jusqu'à 20h55 avec toute l'équipe. Salut à tous les cinq. Bonsoir, Benette. Émilie, votre choix de l'actu ce soir ? Les femmes sont les premières victimes du mal-logement, résultat du rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre. Près de la moitié des mères célibataires sont mal-logées et plus en plus d'entre elles se retrouvent à la rue avec leurs enfants en bas âge. On en parle avec Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, qui sera dans un instant sur notre plateau. Patrick, votre édito ce soir ?

0:25
Invité

Que fait un pouvoir impopulaire face à la rue ? Parfois il cède, parfois pas. Je vais vous parler de deux précédents mouvements sociaux qui dessinent les deux issues possibles de ce conflit.

0:35
Présentateur

Voilà, et quelles leçons ont tirées pour 2023 ? On pose la question à Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer. Bonsoir. Bonsoir. Merci de votre présence ce soir, alors que par ailleurs, aujourd'hui en Conseil des ministres, vous avez présenté votre loi immigration. Mohamed, votre story ce soir ? Eh bien Gérald Darmanin a présenté ses voeux aux agents du ministère de l'Intérieur. Je peux vous dire que ça vaut le détour. Je peux vous le dire. Ok, ça laisse un peu de suspense. Mathieu dans le 5 sur 5.

1:00
Invité

Les péages, l'électricité en hausse avec les carburants, ça continue de grimper également. La douloureuse du 1er février dans le 5 sur 5.

1:08
Présentateur

Faire votre œil.

1:08
Invité

Il s'appelait Barrette Strong, son nom ne dit rien à personne, ou en tout cas au moins à 98% d'entre vous. C'est normal, mais il a écrit une quarantaine des plus grands tubes des années 60 et 70. Il vient de partir, je vous le présente tout à l'heure.

1:22
Présentateur

Nos invités après 20h, Denis Podalides, sociétaire de la Comédie française, qui est à l'affiche d'un film signé Noemi Vizowski. La grande magie, c'est en salle mercredi prochain. Et puis on parlera avec Nicole Bacharan de sa mère, grande héroïne un peu malgré elle. D'abord par amour, pendant la seconde guerre mondiale, la plus résistante de tous. C'est le titre de ce roman. Voilà nos invités du dîner préparés ce soir. Comme vous n'y arrièrez avant-hier par Loïc Fourmière, le chef du bel ami à être tard, aux côtés de Bertrand Chameroy. Salut à tous les deux.

1:51
Gérald Darmanin

Bonsoir Babette, bonsoir à tous. Ce soir au menu chef, du bœuf, mais pas de carottes. Mais pas de carottes. Parce qu'on reçoit Gérald Darmanin, ça aurait fait du bœuf carotte ou du poulet. Enfin, je ne sais pas, faites un effort. Non ? Un bœuf, mais comment ? De quelle manière ? Bœuf façon vite et l'autonato. C'est beaucoup mieux. Et que ma vanne, et que un bœuf carotte. Donc, bonne émission, bon appétit et bonne année.

2:16
Présentateur

Alors, figurez-vous que Bertrand, à partir du 1er février dans le Nord, dont est originaire Gérald Darmanin, on ne dit pas bonne année, on dit... Bon reste. Bon reste.

2:24
Invité

Eh bien, bon reste à vous.

2:26
Présentateur

Bon reste, bon reste, évidemment. Tout de suite, c'est l'édito de Patrick Cohen. Malgré une mobilisation record contre la réforme des retraites, le gouvernement garde son cap. Patrick, que nous apprennent les précédents mouvements sociaux ?

2:44
Invité

Qu'un pouvoir élu cède rarement aux manifestations. C'est quand même arrivé deux fois dans l'histoire récente.

2:49
Présentateur

95, l'alignement des retraites du public sur celle du privé, que Jacques Chirac et Alain Juppé ont remballé après trois semaines de grève et de blocage. Et en 2006, quand le Premier ministre Dominique de Villepin voulait créer pour les jeunes un contrat première embauche, le 7 février, alors que 400 000 personnes défilaient dans toute la France, le chef du gouvernement avait prononcé devant l'Assemblée cette phrase, que vous pourriez reprendre aujourd'hui, M. Darmanin ? Enfin, vous pourriez, mais je crois qu'il ne vaudrait pas mieux.

3:15
Invité

Évidemment, j'écoute. J'écoute ceux qui manifestent. Mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas.

3:31
Présentateur

J'écoute ceux qui ne manifestent pas. Un mois plus tard, il y avait deux fois plus de monde dans les rues, 40 universités en grève, avec des violences allant crescendo. La loi est votée sur un 49.3, mais le mouvement continue jusqu'à son retrait, début avril. En 2006, donc. Voilà. En 2010, en revanche, Nicolas Sarkozy et François Fillon n'ont pas cédé. C'était la même réforme. Le recul de deux ans de l'âge légal pour une retraite à taux plein, de 60 à 62 ans, face aux mêmes fronts unis des syndicats, avec dans la rue les mêmes foules d'opposants, jusqu'à 1,2 millions de manifestants, le 12 octobre, comme hier. Et ne croyez pas que l'Assemblée nationale d'alors était plus paisible.

Pas du tout. Regardez. 15 septembre, c'est une surréaliste à l'Assemblée. L'opposition réclame jusque dans les couloirs la démission du président de l'Assemblée, écrit à la censure quand le gouvernement dénonce, lui, l'obstruction de la gauche.

4:23
Invité

Finalement, le texte est voté, dans les temps, mais dans la douleur. Mardi 12 octobre, malgré la querelle de chiffres, mobilisation record,

4:31
Présentateur

ils sont 3,5 millions dans les rues, selon les syndicats, 1,2 millions selon la police. Les premiers blocages interviennent dans les lycées. Mais à Montreuil, deux jours plus tard, premier incident grave, un lycéen est touché par un tir de flashball. Je vous pose la question, en vous montrant la balle reçue par ce jeune de 16 ans, que vaut donc un pouvoir politique ? Deux mois de manifestation, quelques violences face à un exécutif inflexible, avec un Premier ministre qui répète alors ce qu'Elisabeth Borne dit aujourd'hui, que la mesure d'âge n'est pas négociable.

5:07
Invité

La vérité, c'est que le blocage est lié au fait que les partenaires sociaux, en tout cas les organisations syndicales, depuis le mois d'avril, depuis que nous discutons avec elles de cette réforme des retraites, refusent de discuter d'un sujet qui est celui du report de l'âge légal de 60 à 62 ans. Or, cette question, c'est la clé du financement des retraites demain. Si nous ne pratiquons pas cet allongement de l'âge légal de départ à la retraite,

5:34
Présentateur

alors nous ne pourrons plus financer les retraites. Pas question de transiger sur l'âge légal, mais comme aujourd'hui le gouvernement mettait en avant des compensations pour la pénibilité et les carrières longues, et comme aujourd'hui des débats à l'époque sur le travail considéré comme une servitude ou comme une émancipation. L'opposition à la réforme était-elle aussi forte qu'aujourd'hui ? À peu près avec une mobilisation anti-réforme approuvée par 70% de Français et un président de plus en plus impopulaire. C'est le moment où la côte de Nicolas Sarkozy tombe en dessous de 30%, mais avec une différence de taille, le soutien massif de l'électorat de droite à la réforme.

D'alors, les députés UMP racontent que dans leur circonscription, on leur dit « tenez bon, il n'y a alors presque pas de voix discordante dans la majorité sarkoziste » et pas de menace ou de recours au 49.3. C'est loin d'être le cas aujourd'hui dans l'électorat et le groupe parlementaire macroniste. L'histoire de cette réforme n'est pas encore écrite. Quel scénario vous choisissez ? Le scénario Villepin 2006 ou le scénario Juppé 95 ou celui Fillon 2010, quitte à tenir plus de deux mois de manifestations, voire de blocages ou plus ? La question m'est posée. Bonsoir à vous, merci de votre invitation.

Je pense que lorsqu'on propose une réforme des retraites courageuse et difficile, comme le fait le président de la République, après l'avoir présenté aux Français pendant la campagne présidentielle, on s'attend évidemment à beaucoup de remous, beaucoup de difficultés, difficultés sociales, difficultés politiques, évidemment, nous le savons tous. Et nous préparons cette réforme des retraites, on le sait, depuis plus de six mois. Moi, je souhaite évidemment ardemment que nous fassions cette réforme des retraites en expliquant aux Français que c'est difficile. Ce n'est pas une réforme simple, ce n'est pas une lettre à la poste. Ce n'est pas facile de demander aux Français de travailler plus.

Mais c'est absolument indispensable pour financer notre système des retraites. Et je pense qu'il ne faut pas chercher à être populaire. Il y a des moments dans la vie politique, il vaut mieux écrire pour le livre que pour le journal. Le journal, c'est le journal du lendemain, il est évidemment respectable, mais il n'est que l'écume des choses. Le livre, c'est que si nous ne faisons pas cette réforme des retraites en début de quinquennat, alors il manquera quelque chose d'important dans le quinquennat du président de la République, c'est-à-dire une réforme courageuse qui pérennise un système des retraites depuis 1945.

Il aurait fallu le dire ça avant, à Elisabeth Borne, il y a un mois, parce qu'à ce moment-là, il n'était pas question d'efforts pour tout le monde, il était question de justice et de progrès social. C'est comme ça que ça a été présenté au début. Alors moi, j'ai bien écouté la conférence de presse de la Première Ministre, et si vous reprenez les dix premières minutes de la conférence de presse de la Première Ministre avec Olivier Dussopt, avec les ministres en charge des comptes publics à Bercy, c'était quoi ? C'était justement l'effort, et c'était deux ans de plus. Alors je pense qu'il ne faut pas, aujourd'hui, mentir aux Français. Il faut leur dire que c'est une réforme difficile.

On ne doit pas faire que des réformes faciles quand on est aux responsabilités gouvernementales, sinon la politique serait trop simple, bien évidemment. Je constate d'ailleurs qu'elle est tellement importante, cette réforme, que toutes les réformes précédentes qui ont été adoptées, on aurait pu évoquer la réforme touraine également, qui a fait naître peut-être pas autant de manifestations, mais des efforts aux Français, faits par le gouvernement M. Hollande, n'ont jamais été détricotées par les autres gouvernements. C'est bien la preuve que nous avons besoin de ce financement de notre système social. Et je pense, encore une fois, qu'il faut redire une chose simple aux Français.

J'ai essayé de le dire dimanche dans Le Parisien. Il faut travailler davantage. Il y a travail et travail. Je connais les ouvriers textiles de ma circonscription à Tourcoing. Évidemment, pour eux, la pénibilité est entendable. Et peut-être qu'ils ne peuvent pas travailler jusqu'à 63, 64, 65 ans. C'est tout à fait certain. Et puis, il y a un travail. Je vais caricaturer ça, évidemment, en employé de bureau. Évidemment, chacun le comprendra. On peut demander aux gens de travailler davantage. Et je pense qu'il faut dire aux Français qu'on doit travailler davantage.

Après le Covid, dans la concurrence des nations que nous connaissons, pour payer notre système social, qui est le plus généreux du monde démocratique, nous devons travailler davantage. Et je crois que cette valeur travail, dire aux Français travailler davantage, n'a pas été dans l'air du temps de ces dernières années. C'est difficile à dire, c'est difficile à entendre. Mais je crois que c'est nécessaire. – Tenir sans écouter ce qui se passe dans la rue, sans écouter ce que vous disent les manifestants. Les Français qui souhaitent que cette mobilisation se poursuive, ils sont deux sur trois. 60% des Français comprendraient que les grévistes bloquent le pays.

Le seul moyen pour que le gouvernement retire ou modifie sa réforme, on était à 55% il y a deux semaines. Plus ça va, plus les Français soutiennent les manifestants, soutiennent d'éventuels blocages pour le retrait de cette réforme. – Alors, je pense qu'il y a deux choses. D'abord, les sondages ne sont pas tout à fait des élections. Il n'y a pas si longtemps que ça, le président de la République a été élu. J'étais même avec lui à Denain lorsqu'il a évoqué 65 ou 64 ans. J'entends des arguments qui disent qu'il n'a pas été élu pour la réforme des retraites, voire malgré la réforme des retraites. Un mois après, il y a eu des élections législatives.

Je m'y suis présenté dans une circonscription dite de gauche, ouvrière. J'ai clairement dit que je voterais si j'étais député la réforme des retraites. J'ai pourtant été élu à quasiment 60% des voix. – Oui, mais la majorité présidentielle n'a pas la majorité absolue. – Mais c'est la seule à avoir une vraie majorité dans le pays. Elle n'est pas absolue, c'est tout à fait vrai. Mais il n'y a pas de majorité alternative. Et aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, la majorité du président de la République et au Sénat, la majorité des LR et des centristes sont pour une réforme des retraites. La démocratie, ça compte un peu. Alors, on va dire sans écouter.

Non, je pense qu'il faut distinguer, là encore j'ai essayé de l'évoquer moi-même, ceux qui veulent améliorer les conditions de travail. Et je pense que le Parlement est là pour améliorer le texte. La question des femmes, la question des carrières longues, la question des vies pénibles. Évidemment qu'on doit amender un projet de loi. Ça s'appelle un projet de loi. Pour ça, il faut en discuter. Et ce n'est pas ce que fait malheureusement LFI, la NUPES, en empêchant la discussion parlementaire. Donc oui, il y a des améliorations à apporter, il faut écouter.

Et puis il y a ceux qui construisent une autre société que je distinguerai de la gauche ouvrière ou la gauche employée, que moi j'ai qualifiée de gauchiste. Quand j'entends M. Rousseau évoquer que pour elle, la société idéale, c'est une société de la paresse, c'est une société sans travail, c'est du miel peut-être à entendre pour beaucoup d'entre nous. Mais il est évident que la France ne peut plus être cette grande puissance si elle rentre dans la société de la paresse. Et donc là, oui, à mon avis, on a une différence fondamentale dans la conception de ce qu'est notre société.

Donc si c'est pour améliorer le texte, pour écouter ce que nous pouvons faire davantage pour les femmes, ce que nous pouvons faire davantage pour les métiers pénibles, je pense que le débat parlementaire peut amender, écouter et amender, trouver un compromis. Et puis si c'est pour simplement dire, ben non, embrassons-nous, Folleville, ne travaillons plus et on trouvera tous les matins des stocks d'or devant notre porte, je pense qu'il faut dire que ces gens-là mentent aux Français. Ces propos-là, critiqués, ceux qui défendent le droit à la paresse, M.

Mélenchon et ses amis qui défendent une idée gauchiste et bobo et la nupesse que vous accusez de vouloir bordéliser le pays, ce sont des mots qui ont choqué. Hier, au micro, Louis Amar et Audrey Payas, Philippe Martinez et Eric Coquerel vous ont en partie répondu.

12:13
Invité

Quand il y a autant de monde de la rue et que le gouvernement n'écoute pas, je pense que par-dessus le marché, il est un peu agressif, voire méprisant.

12:27
Présentateur

Quand on entend M. Darmanin dire qu'on serait des feignants, je pense que ça ne peut pas calmer le jeu. J'ai vu que ce week-end, M. Darmanin était monté au front. Alors d'expérience, quand un ministre de l'Intérieur monte aussi vite au front sur un projet social, c'est que c'est mauvais signe pour la majorité. C'est signe de quoi ? C'est signe que vous êtes fébrile, c'est signe que vous n'êtes pas sûr de vos arguments et c'est signe surtout que vous savez pertinemment que vous avez une écrasante majorité de Français contre vous. Donc vous essayez de passer en force, mais au bout d'un moment, ça ne marche pas. C'est un signe de fébrilité de votre part, Gérald Darmanin ?

Non, moi je fais de la politique, je donne mon avis lorsqu'on m'interroge sur les grands sujets de société. En utilisant ces mots-là, François Bayrou, il n'aurait pas utilisé ce langage. Il a déploré des confrontations blessantes. Je ne suis pas de François Bayrou, moi je parle français, je parle le français de la circonscription populaire. Je n'ai pas de leçons de recevoir. Mon père est mort avec 900 euros de retraite, il était commerçant. Et ma mère est femme de ménage, j'ai travaillé jusqu'à plus de 67 ans, je l'ai évoqué. Mais en revanche, je pense que la politique se meurt de gens bien élevés qui se disent des choses complexes que les Français ne comprennent pas.

Ça c'est tout à fait sûr. Je pense qu'on n'est pas tous élus des mêmes circonscriptions populaires, on n'a pas tous un même électorat ouvrier, on n'a pas tous les mêmes difficultés, je crois, sociales dans nos mairies. C'est le cas chez moi à Tourcoing. Moi, je m'enorgueille de dire ce que je pense sans circonvolution. Mais s'interroger sur le sens du travail, c'est forcément être un bobo paresseux ou pas, Gérald Darmé ? Je pense que quand on se dit qu'on peut à vie télétravailler et travailler 32h, 29h, 28h, 27h, ou la semaine des 4 jours, des 3 jours, c'est une question de gens qui ont un patrimoine immobilier déjà, oui.

Je pense que la personne que je connais ou les personnes que je connais chez moi... Vous pensez que c'est le cas des manifestants dans la rue, là ? Non, justement, j'ai distingué les choses. J'ai distingué la gauche des gauchistes. Je pense que c'est une distinction qu'on connaît depuis un certain temps et je regrette que le Parti Socialiste ou la CGT ne distingue plus. Il me semblait que la CGT, c'était la gauche et qu'il y avait par ailleurs des gauchistes. Et qu'en général, la CGT, je suis très capable de travailler avec lorsqu'on sauve une usine dans ma circonscription, il n'y a pas plus tard qu'il y a plusieurs semaines, parce qu'ils veulent sauver leur outil de travail.

Ça ne veut pas dire qu'ils ne veulent pas améliorer leurs conditions de travail. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas augmenter les salaires. J'étais le premier à dire dans la majorité qu'il fallait mieux répartir le capital et le travail. Mais ça veut dire que le travail, c'est une belle valeur. Qui peut dire aujourd'hui à ses enfants, mon chéri, ma chérie, travaille moins, tu verras, tout tombera à pic ? Personne ne le fera. Pourquoi ? Ce n'est possible que lorsque vous avez un gros patrimoine à transmettre à vos enfants. Donc oui, c'est plutôt bobo, c'est plutôt parisien. Chez moi, on travaille pour se payer sa maison, pour payer des études et pour pouvoir vivre dignement.

Ce n'est pas un gros mot le travail. Plus personne n'ose dire dans notre pays. Je pense que c'est très grave, parce que qu'est-ce qu'on croise quand on voit un restaurateur, quand on voit un chef d'entreprise ? On nous dit des gens, mais vous savez monsieur, monsieur le maire, il m'appelle encore monsieur le maire à Tourcoing, je ferme mon restaurant le soir, non pas parce qu'il n'y a pas de clients, mais parce que je n'ai pas de serveur. Et à Tourcoing, vous dites, tenez bon sur la réforme des retraites ? Tenez bon sur le recul de l'âge à 64 ans ?

Alors, il y a des gens qui me le disent, il y en a qui me disent évidemment qu'ils sont contre la réforme des retraites, mais heureusement qu'il n'y a pas de mandat impératif. Et heureusement qu'à Tourcoing, une ville qui n'a jamais voté pour les présidents de la République que j'ai soutenue, je n'ai pas écouté simplement la rue pour prendre mes décisions. Et je pense que mes électeurs reconnaissent en moi, me semble-t-il, de la franchise et de la sincérité. Et je ne le dis pas blanc quand je pense noir. Dès la fin des manifestations hier, vous avez remercié les policiers et les gendarmes qui ont permis au rassemblement de se dérouler dans de bonnes conditions, peu d'incidents.

Il n'y avait pas de black box hier dans les manifestations, dans les cortèges ? Il y avait des gens violents, il y en a eu lors de la première manifestation, dans les deuxièmes, ils sont évidemment extrêmement minoritaires. Mais moi je pense que par ailleurs, le ministre de l'Intérieur que je suis, à la tête des policiers et des gendarmes, il est très heureux de pouvoir organiser, si j'ose dire, avec les responsables syndicaux, des manifestations. Il peut y avoir plusieurs centaines de milliers de personnes sans qu'il n'y ait de drame, ni pour les biens publics, ni pour les policiers, ni pour les manifestants eux-mêmes.

C'est une belle valeur démocratique que de permettre aux policiers et aux gendarmes de faire manifester des personnes qui sont contre le gouvernement.

16:06
Invité

– S'il y avait des black blocs dans la manifestation d'hier,

16:10
Présentateur

la réussite ou les incidents, disons, contenus qui se sont produits soulignent d'une certaine façon l'échec des manifestations où il y a eu des violences, des commerces dégradés et des affrontements très sérieux auparavant. – D'abord je vous remercie d'évoquer ce sujet, parce que je suis ministre d'un ministère où on ne parle que lorsque ça va mal. Donc je suis heureux de dire que quand ça va bien, c'est grâce aux policiers et aux gendarmes. Ce n'est pas grâce aux ministres, c'est grâce aux policiers et aux gendarmes. – Ça a mal dans le passé aussi.

– Non mais le journal des bonnes nouvelles se vend assez peu au ministère de l'Intérieur, donc je suis assez heureux de le souligner, on le doit professionnaliser des policiers et des gendarmes. Je pense qu'on ne peut pas totalement comparer les temps. D'abord il y avait moins de policiers et de gendarmes lorsque les manifestations existaient en 2018, 2019, 2020, 2021. On a réarmé grâce à Emmanuel Macron un nombre de policiers, il faut bien le comprendre, spécialistes dans l'ordre public. S'occuper des manifestations, ce n'est pas s'occuper le soir des dealers de drogue et l'après-midi, la plainte déposée par monsieur.

C'est un métier et pour ça il fallait former, il fallait recruter, c'est ce que nous avons fait, c'est ce que nous continuons à faire, notamment pour les Jeux Olympiques qui arrivent. Et deuxièmement, les gilets jaunes ou les manifestations spontanées, sociales mais spontanées, ne sont pas les mêmes que des manifestations, certes beaucoup plus nombreux en manifestant, par rapport aux gilets jaunes, mais un peu plus organisées. – Donc merci aussi aux organisations syndicales ? – Nous on a, je crois, avec le préfet de police, avec les préfets et moi-même, des discussions franches avec les organisations syndicales.

On peut discuter avec monsieur Martinez en off de la manifestation et puis manifestement s'échanger un certain nombre d'arguments forts en politique, mais c'est ça la démocratie. – Ce n'est pas dû au changement du préfet de police de Paris ? – Laurent Nunez qui remplace Philippe Lallement ? – Didier. – Didier Lallement ? – Laurent Nunez est un excellent préfet de police, Didier Lallement est un excellent préfet de police, j'ai eu la chance, vous savez, quand on est préfet de police, on a un certain niveau, c'est le plus grand poste ou un des plus grands postes de l'État quand on est au fonctionnaire.

Didier Lallement a fait face à des manifestations très difficiles, répétées et non organisées, et moi je voudrais lui rendre hommage. Je constate d'ailleurs que les violences n'étaient pas qu'à Paris, étaient partout sur le territoire national, dans le temps des gilets jaunes et des manifestations sociales, donc ce n'était pas que la question de Paris. Je constate que les 272 manifestations qui ont eu lieu mardi dernier se sont bien déroulées partout. Et donc je crois que c'est à la fois notre doctrine, les policiers et gendarmes en nombre, mais aussi sans doute la façon dont la loi nous a aidés désormais à gérer ces manifestations.

J'ai fait voter un texte, j'étais venu d'ailleurs sur le plateau en parler il y a un an et demi, qui permettait, la loi sécurité globale notamment, de faire des contrôles en amont des manifestations. Et beaucoup ont été faits hier. 7800 contrôles en amont de la manifestation. Vous avez présenté aujourd'hui en Conseil des ministres, avec Olivier Dussopt, le ministre du Travail, un nouveau projet de loi sur l'immigration, avec une série de mesures pour faciliter les expulsions, surtout des étrangers délinquants, et un volet intégration avec la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers en tension. Un texte qui ne fait plaisir, Émilie, ni à droite, ni à gauche.

18:57
Invité

Oui, pour la gauche, la crainte, c'est que cette loi, elle facilite un trop grand nombre d'expulsions. Et pour la droite, c'est tout à fait l'inverse. La crainte, c'est qu'il y ait au contraire trop de régularisation, avec le titre de séjour métier en tension, notamment, qui est destiné à régulariser des clandestins, qui exercent un emploi qui ne trouve pas preneur. Écoutez les arguments à droite et à gauche. C'est un appel d'air, parce que finalement, il va donner l'espoir à des personnes d'arriver de manière clandestine sur le territoire national, en leur disant qu'elles pourront être régularisées. Voici qu'ils reviennent avec une loi immigration.

Tous ceux qui n'ont pas le bon profil ne seront pas en immigrés. Quand bien même vous êtes nés là, quand bien même les vôtres y sont enterrés, quand bien même, pratiquant cette forme élémentaire de la fraternité humaine, aucun d'entre vous n'a idée de rejeter à la mer celui qui aura réussi à s'en échapper. La grande peur, en fait, qu'a eu la majorité, c'est de faire un texte, effectivement, qui risquait de trouver une majorité à droite, voire d'être votée par le Rassemblement national. Et donc, ils ont fait un texte mi-chèvre, mi-chou, un texte vraiment en marche, en même temps. Enfin, il n'y a pas de en même temps on veut plus d'immigrés ou moins d'immigrés.

Nous, on veut moins d'immigrés, donc on ne veut pas de ce texte. Alors, vous avez tendu la main cet après-midi aux Républicains en disant que vous étiez prêt à un compromis sans dénaturer le texte. Mais si on écoute Olivier Marlex, le chef des députés LR, c'est justement la nature de ce texte qui semble ne pas convenir à la droite, texte qui, pour eux, ne permettrait pas de reprendre le contrôle et de maîtriser l'immigration.

20:31
Présentateur

Bien, d'abord, tout le monde commente un texte que personne n'a vu. J'entends d'ailleurs beaucoup de contre-vérités. Le texte a été adopté ce matin au Conseil des ministres. Il sera présenté au Sénat à la mi-mars, à l'Assemblée au mois de juin. Ce qui serait bien, peut-être, c'est qu'on parle du texte tel qu'il a été déposé par le gouvernement, parce que là, on est parti, je crois, assez loin des dispositions présentées par le gouvernement. Ce texte, il prévoit finalement deux grands piliers. Il prévoit d'intégrer beaucoup plus vite les étrangers qui ont le droit de venir sur notre sol.

Aujourd'hui, un étranger, il a jusqu'à 12 recours, c'est-à-dire parfois deux ans, deux ans et demi, avant qu'on puisse avoir une décision définitive pour savoir si on peut ou pas l'accueillir sur notre sol. On met un an et demi avant une réponse pour l'asile. Et par ailleurs, on ne peut pas lui exiger un parler français correct, puisqu'on est un des seuls pays à ne pas exiger le langage dans notre pays pour pouvoir s'intégrer. 25% des étrangers, pourtant légaux sur le territoire, parlent très mal français et donc peuvent très mal s'intégrer. Donc ils visent d'abord des moyens très très forts sur l'intégration, mais aussi très coercitifs.

On demandera désormais aux étrangers de signer un engagement pour respecter les valeurs de la République, la liberté sexuelle, la liberté de croyance, l'égalité entre les femmes et les hommes, et passer un examen de français. Ça, c'est le premier point. Un volet très fort d'intégration, ça devrait plaire à tous les républicains, me semble-t-il. Et puis un volet très fort dans la fermeté, et là notamment, je le dis à la partie droite, des hémicycles, nous réparons parfois des erreurs passées.

Le ministre de l'Intérieur ne peut pas expulser des étrangers délinquants criminels parce que des gouvernements précédents et parfois ceux de la droite auxquels j'ai appartenu au sens politique du terme ont mis un certain nombre de réserves. Rappelez-vous, c'était la fin de la double peine, par exemple. Un criminel, par exemple, un tueur récidiviste qui s'est marié avec une Française ou un Français ou qui a eu un enfant en France, le ministre de l'Intérieur ne peut pas l'expulser. Vous n'en revenez pas là-dessus ? Si, si, je reviens totalement là-dessus. Nous faisons lever toutes les protections. Et donc, il n'y a plus de protection pour les étrangers délinquants.

Si vous commettez, en tant qu'étranger, même légal, sur le territoire national, un acte qui est passible de 10 ans de prison, le viol, le meurtre, l'attaque des policiers, la violence conjugale aggravée, nous pourrons vous expulser du territoire national. Et là, je pense qu'il faut que les LR connectent les deux parties de leurs interventions. Ils ne peuvent pas à la fois dire qu'on est trop laxiste et qu'on ne les expulse pas et m'empêcher d'avoir un texte qui permet de les expulser. Alors, vous dites, je propose un compromis avec les LR, mais parce que la NUPES et la gauche m'a claqué la porte tout de suite, y compris le Parti socialiste avec lequel nous avons des discussions.

On dit, on ne peut pas, par principe, voter un texte. Pour faire voter un texte, il faut une majorité. Donc, c'est assez concret. Moi, je veux dire, puisqu'on présentera le texte au Sénat que nous sommes ouverts à un texte, effectivement, qui permet un gros pilier intégration. Être contre l'intégration de l'immigration, c'est idiot. Voilà. En revanche, savoir quelle immigration on veut, quelle exigence on veut des étrangers, je pense que tout le monde peut regarder. Par exemple, en instaurant des quotas pour limiter les régularisations sur la question des métiers en tension ? Ce n'est pas notre proposition. Ça peut être celle, effectivement, des LR.

Et je constate d'ailleurs qu'ils sont très divisés sur cette question de quotas. M. Ciotti, pour une campagne présidentielle, a proposé des permis à point. Donc, eux-mêmes, il y a plusieurs nuances.

23:25
Invité

Vous avez dit que vous étiez ouvert à l'idée des quotas.

23:27
Présentateur

Je suis ouvert à la discussion. Voilà. Donc, après, nous verrons bien. Mais la question est de savoir comment on les mettrait en place. C'est assez compliqué à mettre en place. Et les pays qui mettent en place des quotas, ils sont assez, beaucoup plus généreux que nous dans l'immigration importée. Par exemple, le Canada, il a mis en place des quotas. C'est 500 000 immigrés qui arrivent chaque année. Donc, est-ce que c'est ce que veut la droite ? Je ne suis pas tout à fait certain. Sur le titre des métiers, le titre de séjour, métier en tension.

Il y a beaucoup de choses qui sont dites et je voudrais dire quelques mots parce que derrière, il y a plein de gens qui sont concernés personnellement. D'abord, nous réparons des erreurs faites par d'autres gouvernements. Nous ne disons pas quelqu'un qui arrive irrégulièrement sur le territoire national peut avoir ce titre de séjour. Ce n'est pas le texte de loi que je présente avec Olivier Dussopt. Nous disons quelqu'un qui est là depuis de très nombreuses années sur le territoire national, il y a 10 ans, il y a 5 ans, peut être régularisé s'il travaille depuis plus de 3 ans sur le territoire national. On le sait tous dans les restaurants, dans le BTP. Ça ne va pas être un appel d'air ?

Non, parce qu'il fallait déjà être là depuis de plusieurs années sur le territoire national. Il pourrait être régularisé s'il fait partie d'un métier en tension, par exemple la restauration. La restauration ne peut pas fonctionner en France, malheureusement, sans le travail des immigrés. C'est un fait premier. Les médecins, 20% de nos médecins sont étrangers. Et pardon de cette provocation, mais je l'ai dit à la représentante du Front National, si je devais virer tous les étrangers qui travaillent en France, il n'y aurait pas beaucoup, ou en tout cas moins de curés dans les paroisses en France. Il y a des étrangers...

Les médecins qui sont en France, aujourd'hui, 20% d'entre eux sont des étrangers. Ils sont en situation régulière. Le comité de cuisine n'est sans doute. La personne qui vous livre votre repas d'une plateforme l'est très certainement. Parce que vous parliez des médecins en l'occurrence. L'immigration de travail est quelque chose d'acceptable, évidemment, dans un pays raisonnable comme le nôtre. La question est de savoir quel métier on veut ouvrir aux étrangers et dans quelles conditions on régularise les personnes. Nous, on dit qu'il faut attendre au moins trois ans. Il faut que ces personnes, ils aient au moins trois ans sur le territoire national.

Peut-être que la droite dira c'est cinq ans, c'est sept ans. On discutera avec eux de cela. Peut-être que nous ne dirons pas plus de 5 000, 10 000, 15 000 par an. C'est ce que vous appelez des quotas. On peut discuter de cela. En tout cas, il faut que nous discutions de cette situation. On ne peut pas laisser en France des gens qui payent des impôts, qui payent des cotisations sociales, qui sont embauchés, qui ont des fiches de salaire et qui ne sont protégés par aucun droit social. Quand ils ont un problème dans le restaurant, quand ils se coupent, ils ne sont pas couverts par l'assurance maladie.

Et faire comme si notre repas était fait par des gens qui sont étrangers en situation illégale et que c'était tout à fait normal. Donc nous mettons fin à cette hypocrisie. Je suis certain que, dans la grande tradition et de la gauche et de la droite humaniste, on trouvera un compromis.

25:54
Invité

J'ai une page du journal des mauvaises nouvelles. C'est le service statistique de votre ministère qui a publié hier les chiffres des crimes et délits en France pour 2022. La quasi-totalité des indicateurs sont en hausse. Quelques exemples. Les violences intrafamiliales plus 17%. Les coups et blessures hors du cadre familial plus 14%. Les cambriolages de logements plus 11%. Les homicides sont en hausse. 948, soit 69 victimes de plus qu'en 2021. Le Figaro, ce matin, parle d'un ensauvagement de la société. C'est un mot que vous pourriez reprendre à votre compte ?

26:29
Présentateur

Moi, j'ai toujours dit que la société était très violente, trop violente, et qu'il fallait des mesures de justice et de police pour, évidemment, combler cette augmentation de violence que nous constatons depuis 15 ans. Évidemment, chaque année, on a l'impression que les statistiques sont encore supérieures. La comparaison 2022-2021 est quand même très sujette à caution. Je rappelle qu'en 2021, une grande partie encore était dans le moment Covid. Ce qui fait que les comparaisons par rapport au moment où la société fonctionne et au moment où la société n'est pas, évidemment, est différente.

Il y a plus de cambriolage quand les gens ne sont pas chez eux, et il y a plus de violence, malheureusement, lorsque la rue redevient la rue. Il y a un phénomène qui, pour nous, est extrêmement inquiétant, c'est la violence intrafamiliale, et c'est régulièrement la violence faite aux femmes et aux enfants, qui continuent inexorablement de monter, sans que l'on sache si la société est plus violente ou si la libération de la parole est plus évidente. C'est sans doute un peu les deux. Et donc ça, c'est un point extrêmement important.

Et puis, je pense que l'on peut aussi souligner que ce qui ne fonctionne pas très bien dans notre système, c'est à la fois le travail de la police et le travail de la justice, par manque de moyens des uns et puis par manque de moyens des autres. Et je pense que ce que nous faisons avec Éric Dupond-Moretti, c'est des moyens considérables pour la police et pour la justice, qui, je crois, en 2023, nous permettront de baisser enfin les statistiques, même si ce ne sont que des statistiques de la violence. Je voudrais juste m'arrêter sur un point, ce qui n'a pas été évoqué dans les chiffres que vous avez montrés, c'est aussi notre grande action contre la drogue.

Moi, j'ai toujours dit que pour moi, la drogue était une grande raison de l'ensauvagement de la société parce qu'elle faisait naître les cambriolages, les atteintes aux personnes, les vols, le proxénétisme, parfois le financement du terrorisme. La drogue pourrit notre société. Nous avons plus de 30% de trafiquants interpellés en plus. Et quand le Conseil économique et social préconise la dépénalisation du cannabis, ça vous fait bondir ? Je trouve que c'est une défaite morale.

D'abord parce que c'est une drogue, que nous luttons contre la consommation de tabac, ça me paraît très bizarre de légaliser le cannabis en ce moment-là, que tous les pays qui l'ont organisé, je suis prêt à faire un débat... L'Allemagne songe à le faire en 2024. Oui, mais ceux qui l'ont fait, ils reculent. La Suède a reculé, les Pays-Bas deviennent un narcopéi, le Canada se pose des questions extrêmement importantes. Il y a dans vos services des policiers, des flics qui plaident pour des mesures parce que ça mobilise... Il y a aussi des poissons volants, mais ce n'est pas la majorité des poissons.

Oui, non, non, ça mobilise des moyens considérables au détriment de la lutte contre le reste de la délinquance et des violences. Je vais vous dire, ça, la sécurité, c'est un sujet... Lorsque j'étais maire, il arrive que parfois, quand vous êtes un citoyen, vous dites, monsieur le maire, la rue est sale. Et le maire, qu'est-ce qu'il fait ? Il fait nettoyer la rue. Et puis il se trouve qu'une semaine après, la rue peut être encore sale. Et il fait nettoyer la rue. Si l'argument, c'est que la rue est sale, c'est-à-dire, est-ce qu'il y aura toujours des trafiquants ?

Et qu'il y aura, il y en aura, donc ne nettoyons plus la rue, arrêtons d'arrêter les trafiquants, puisque par nature, les choses recommencent, oui, le travail des policiers et des armes, c'est de recommencer sans cesse, parfois. C'est le tonneau des Danaïdes, on ne pourra jamais assécher le trafic, en gros, c'est ce que vous dites. Alors, on peut limiter le trafic. Mais pas l'assécher. On peut faire disparaître de l'espace public et trafiquant. C'est une chose de consommer de la drogue, c'est une autre d'emmerder tout le monde dans le quartier quand on consomme de la drogue, quand on tient un point de lille, quand on contrôle la vieille dame, quand on pourrit l'école à côté de chez soi.

La drogue, malheureusement, est vieille comme la société, mais comme l'alcoolisme, pardon, comme la vitesse excessive, comme beaucoup de faits de délinquance. Notre travail, c'est de limiter cela au maximum. Et les discours défaitistes, ce ne sont pas les miens. Encore un sujet à vous soumettre dans la story de Mohamed Bouhabsi. Mohamed, vous nous parlez des défis à venir pour le ministre de l'Intérieur. Oui, c'est vous-même à l'occasion de vos voeux aux agents du ministère de l'Intérieur qui avaient énuméré les événements qui vont les solliciter en première ligne dans les prochains mois.

Le tout avec une pointe d'humour entre un inventaire à l'après-verre et les 12 travaux d'Hercule sur le mode bon courage à tout le monde et surtout bonne chance. Ça commence par la Coupe du monde de rugby. En septembre, 500 000 spectateurs attendent. Je veux dire que nous aurons une année particulièrement riche qui commencera en septembre par la Coupe du monde de rugby. C'est malgré tout le cinquième événement mondial et le troisième événement sportif mondial. Et si nous n'avions que la Coupe du monde à organiser, comme je l'ai dit au sénateur hier, nous serions déjà tous extrêmement focalisés sur ce point.

Rendez-vous donc à l'automne 2023 qui sera bien chargé avec une visite du pape annoncée à Marseille. Et quand on voit la ferveur... 15 jours après. 15 jours après. Et quand on voit aujourd'hui la ferveur à Kinshasa, en République démocratique du Congo, où un million de fidèles ont accueilli le souverain pontife, on peut comprendre votre pointe d'inquiétude. Puis comme on s'est dit que l'année n'était pas... Ce serait trop simple. Sa Sainteté, le pape, a annoncé sa venue à Marseille. Ville accueillante. Où je me rendrai d'ailleurs ce week-end pour commencer à évoquer ce sujet avec la préfète de police, le préfet, monsieur le maire et les élus marseillais.

Mais évidemment, la venue du pape François à Marseille, dont j'ai compris qu'il souhaitait par ailleurs ne pas rester simplement dans une réunion entre évêques, va demander un petit peu de moyens pour les forces de l'ordre et peut-être pour le ministre de l'Intérieur. Les Marseillais apprécieront la petite pointe d'ironie. En tout cas, ça c'est pour 2023.

31:35
Invité

On passe à 2024 et le président Macron voit les choses en grand pour les commémorations des 80 ans du débarquement de Normandie.

31:43
Présentateur

Puis nous allons commémorer, puisque c'est 2024, un anniversaire très important, un anniversaire touron, qui est celui du débarquement de Normandie. Je crois que le président de la République a prévu d'inviter une grande partie de la scène mondiale à venir en Normandie. Je lui ai proposé Tourcoing, mais il m'a fait remarquer que le débarquement a eu lieu en Normandie. J'ai entendu l'argument. 30 chefs d'État sur les plages du débarquement de Normandie le 6 juin 2024, puis le 26 juillet, la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, un événement dont rêve tout ministre de l'Intérieur depuis 3500 ans. Évidemment. Les Jeux Olympiques à Paris, c'est une fois par siècle.

Il faut que ça tombe sur nous. Et les Jeux Olympiques, M. le Préfet de police, je vous remercie du travail très important à Paris, comme pour l'organisation de ces Jeux Olympiques. Et je voudrais saluer tous ceux qui y travaillent, bien évidemment, M. le Préfet de la région Île-de-France, Michel Cadeau, Ziad Koury et tous ceux qui y contribuent. Une cérémonie d'ouverture en dehors d'un stade, ça n'arrive une fois que tous les 3500 ans, puisque ça n'est jamais arrivé. On sent vraiment que ça vous emballe l'idée des 600 000 spectateurs, les longs des berges de scène dans les prochains mois à Paris.

Après la gestion ratée, Gérald Darmanin, de la finale de la Champions League en mai dernier, vous n'aurez pas le droit à l'erreur. À l'été 2024, 30 000 policiers mobilisés par jour, c'est suffisant ? Alors, c'est 45 000 même policiers, gendarmes mobilisés pour la salle d'ouverture. Il faut voir qu'effectivement, ça n'a pas d'équivalent. Moi, mon travail de mise en dehors, c'est de l'organiser. Et je suis très heureux que les Français soient heureux, que Paris démontre sa grandeur et que nous puissions montrer notre efficacité en organisation d'événements sportifs. Chacun sait que les Jeux olympiques, c'est l'été, c'est le plus grand événement regardé par 4 milliards de personnes.

Donc, si on veut faire un attentat terroriste, c'est le bon moment. On a 4 millions de cyberattaques aux Jeux de Tokyo, alors qu'il n'y a pas de spectateurs, ce qui vous donne le sujet pour les Jeux olympiques de Paris. On aura sans doute, en tout cas, c'est notre menace principale aujourd'hui, des attaques possibles par drone comme il en existe sur les tas d'opérations extérieures. Donc, il y a une couverture du ciel très importante à avoir. Vous avez oublié le débarquement de Provence en même moment cet été-là. Le Tour de France qui se tiendra, les événements culturels, on n'aura jamais une telle concentration de grands événements en France.

Et donc, le travail du ministre de l'Intérieur, c'est de l'organiser. Ça prend un tiers de mon temps désormais depuis un an, ces grands événements. Moi, j'espère avoir une sorte de contrat moral avec le président de la République. C'est comme ça que j'ai compris ma mission, qui était d'aller jusqu'aux Jeux olympiques. Et après, vous quittez le ministère de l'Intérieur ? Je suis à la disposition du président de la République et de la République. Mais ce qui est sûr, c'est que je suis à 2 ans et demi du ministre de l'Intérieur. C'est un temps assez long. En moyenne, ils font un an, les ministères de l'Intérieur. Et si je vais jusqu'en 2024, ça fera 4 ans. Et j'espère réussir.

Cette transformation est importante d'être capable d'organiser 5 événements d'hyper-intensité qui vont prendre beaucoup d'énergie des policiers et des gendarmes en évitant les attentats, les mouvements de foule, comme c'était le cas à Séoul, vous l'avez sans doute vu. Les sujets de délinquance, évidemment très importants. Et les sujets cyber. On ne dit pas assez à quel point le sujet cyber est sans doute la délinquance d'aujourd'hui et de demain. Merci beaucoup Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et des Outre-Ber, d'être venu sur ça sur le plateau de Cetavou. On doit vous libérer. Obligation d'agenda. Merci beaucoup.

Habitat insalubre, immeuble vide, passoire thermique, manque de logements sociaux depuis 28 ans. La Fondation Abbé Pierre dresse chaque année l'état du mal-logement en France pour mieux le dénoncer avec une inquiétude particulière. En 2023, le mal-logement touche près de la moitié des femmes célibataires avec enfants et le nombre de femmes avec des enfants en bas âge à la rue est désormais croissant.

35:11
Invité

Ça va ? Tu as froid ? La nuit, on passe le temps à se promener, on reste un peu au chaud, on rentre dans les magasins et à l'hôpital aussi.

35:21
Présentateur

La famille se réfugie la nuit dans la salle d'attente des urgences d'un hôpital quand elle le peut.

35:26
Invité

On nous laisse rester même pas tous les jours. Si j'ai fait deux jours, trois jours, on me remarque. Là, on me dit madame, non, ici, c'est pas un toit pour dormir. On me chasse. Le petit Robin déscolarisé sent bien que sa vie a basculé. Il a quatre ans, il commence à sentir les choses. Souvent, les matins, il me dit « Maman, je vais aller à l'école ». Je dis « Attends un peu, tu vas aller à l'école ». Là, la maîtresse, elle est allée en vacances, il me dit « Ok ».

35:50
Présentateur

Bonsoir, Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierre. Un nombre croissant de femmes enceintes ou avec des enfants en bas âge dans la rue, une augmentation des bébés sans-abri en Seine-Saint-Denis, constat du 115, qui est cité d'ailleurs dans le 28e rapport de la fondation. C'est la conséquence immédiate de quoi, Christophe Robert ?

36:07
Gérald Darmanin

On a déjà un phénomène où on a vu progressivement augmenter le nombre de personnes sans domicile, dont une partie de personnes sans-abri. Le chiffre a un peu plus que doublé depuis 2012. Donc, c'est compliqué à expliquer, mais c'est les défaillances d'autres politiques. L'aide sociale à l'enfance, à 19 ans, on sort et puis on n'a pas de solution. On ne prévient pas assez les expulsions locatives, le marché locatif qui est trop tendu, qui fait qu'il y a des personnes qui ne trouvent pas chaussures à leurs pieds. Donc, on se retrouve avec un secteur de l'hébergement qui grossit, qui grossit, qui coûte de plus en plus cher et qui n'offre pas forcément des réponses satisfaisantes.

Et c'est vrai que le constat, on l'avait déjà vu entre 2001 et 2012 avec les deux enquêtes de l'INSEE, il faut quand même le dire, mais on voit augmenter ce chiffre, y compris de femmes seules avec enfants dans la rue. Donc, le ministre a dit il faut qu'on se mobilise, il y a une mobilisation qui se fait, on ne dit pas que rien ne se fait. Mais enfin, il y a des gens qui appellent 215 et qui n'ont pas de solution tous les soirs dans notre pays, dans pas mal de villes.

37:06
Présentateur

Saturation des hébergements d'urgence, du coup, des maternités qui prolongent l'hospitalisation médicale pour éviter la rue à des nouveaux-nés.

37:14
Gérald Darmanin

Imaginez, quelqu'un vient accoucher.

37:16
Présentateur

C'est un phénomène marginal ?

37:18
Gérald Darmanin

Non, non, ce n'est pas marginal. C'est-à-dire que le problème, c'est que vous savez, on a un numéro d'urgence qui s'appelle le 115. Normalement, c'est fait justement pour quelqu'un qui le soir même ne sait pas où se loger, avoir un toit sur la tête. Quand à partir de ce moment-là, on a certaines villes où on appelle et c'est des milliers de personnes qui ne trouvent pas pour le soir venu une solution, eh bien, il y a aussi des femmes. Il y a aussi des femmes avec enfants. Et souvent, dans les maternités, ce qui se passe, c'est que vous vous retrouvez avec une femme qui est sans domicile. Et puis, qu'est-ce que font les équipes ?

Ils disent, on ne va quand même pas remettre à la rue, cette dame. Donc, on rallonge quelques nuités à l'hôpital, à la maternité. Parfois, on paye quelques nuités d'hôtel. Et en fait, toute la chaîne est un peu anxieuse, mais ce n'est pas trop comment faire parce que quand il n'y a pas de solution, il n'y a pas de solution.

37:58
Présentateur

D'une façon générale, le mal-logement touche plus les femmes que les hommes. Évidemment, il y a en cause l'inégalité au travail, l'inégalité salariale, mais aussi des femmes qui sont systématiquement plus fragilisées que les hommes après un divorce, après un deuil.

38:11
Gérald Darmanin

Oui, oui. En fait, ça faisait longtemps qu'on voyait, nous, dans les personnes que l'on aide ou dans les travaux qu'on menait, le fait que beaucoup de femmes étaient quand même concernées par le mal-logement. Donc, on a voulu creuser le sujet. C'est l'objet d'une partie du rapport d'aujourd'hui. En fait, les femmes, on sait, par exemple, sont moins payées. C'est 22% d'écart encore à temps égal de travail. Donc, ça diminue. Tant mieux. Mais ça reste encore 22%. Ça veut dire qu'elles sont plus en difficulté dans un marché qui est difficile du logement où c'est difficile de trouver chaussures à son pied. Après, il y a la question des femmes seules avec enfants.

Alors là, les femmes seules avec enfants sont deux fois plus en difficulté de logement que l'ensemble de la population. Et plus vous avez d'enfants, plus ça augmente. C'est pour ça. Tout à l'heure, on disait que c'était 40% en difficulté. Mais si c'est deux enfants, c'est 50%. Après, c'est 60%. Donc, ça fait beaucoup de difficulté. Puis après, ce qu'on constate dans ce rapport, c'est que les femmes, c'est au moment où il y a des ruptures, des changements dans la vie. Par exemple, les séparations. Dans les séparations, on a constaté dans nos travaux que les femmes, quand elles se séparaient, elles perdaient 14% de ressources par rapport à leur situation en couple.

Alors que les hommes gagnent plus. Plus 3%, plus 4%. Pareil, quand cette période difficile du veuvage, qu'est-ce qu'on voit ? On voit des femmes qui ont des retraites beaucoup plus basses, 40% ou 22% si elles ont une pension de reversion. En fait, à chaque fois, à chaque étape de la vie, on s'aperçoit que les femmes sont moins bien loties, y compris dans le partage du patrimoine, qui a tendance d'ailleurs à se creuser entre les hommes et les femmes, pour des raisons un peu compliquées, mais elles sont plus fragilisées, si vous voulez.

Et puis après, il y a celles qui sont dans le mal-logement et qui passent beaucoup de temps dans un logement de mauvaise qualité, qui vont plus s'occuper des enfants, qui vont plus subir les effets d'un logement où on a froid, qui est insalubre, dangereux pour la santé parce que c'est du mal-logement à plein temps, en quelque sorte. Donc, quand on met bout à bout tout ce qu'on a creusé dans ce rapport, on se dit qu'il faut vraiment, vraiment qu'on change quelque chose.

40:01
Invité

Au-delà des femmes, vous l'avez dit, le nombre de sans-abri a augmenté, donc il a plus que doublé en 10 ans, 30 000 de plus que l'année dernière là. Et face à cette situation, vous êtes très critique vis-à-vis du gouvernement et notamment d'Emmanuel Macron. Vous dites que c'est page blanche, qu'il a oublié le logement.

40:18
Gérald Darmanin

Oh, vous y allez un peu fort. Ce n'est pas 330 000 sans-abri, c'est sans domicile. Donc, c'est des personnes qui peuvent être hébergées dans des hébergements d'urgence. Alors, sur le volet sans domicile, il y a quand même eu 40 000 places qui ont été créées pendant la crise Covid et qui ont été maintenues dans la durée. Donc, des soutiens ont été faits ? Oui, oui. On ne peut pas dire que rien n'a été fait. Manifestement, ça ne suffit pas. C'est le constat qu'on fait. Mais il y a eu un investissement. Là où on est assez sévère, effectivement, c'est sur la place considérée dans l'action de ce gouvernement sur la question du logement. Premier poste de dépense des ménages.

Et pourtant, on n'a jamais aussi peu produit de logements qu'en ce moment. Aussi peu produit de logements sociaux. Ce qui n'est pas un hasard, c'est qu'on a ponctionné à peu près 1,3 milliard d'euros par an sur les bailleurs sociaux. Des sujets où il y a eu des progressions quand même. Par exemple, sur la rénovation thermique, le gouvernement a quand même fait des efforts. Mais il n'a pas fait des efforts pour qu'on puisse avoir des rénovations performantes qui font vraiment baisser la facture et réduisent sensiblement nos émissions de gaz à effet de serre. On fait des petits gestes ici ou là. Donc, il faut aller plus loin.

Mais c'est vrai que globalement, ce gouvernement, le logement, il n'a pas considéré. C'est ça le problème. C'est-à-dire qu'on sent qu'il s'est passé quelque chose en 2017 où on a dit qu'on va en faire un levier de baisse de la dépense publique. Et grosso modo, on a un niveau d'investissement par rapport au PIB sur le logement qu'on n'avait jamais eu. Aussi bas. C'est presque 15 milliards de moins chaque année qui sont mis sur le logement. Et ça, c'est un problème. Parce qu'il faut bien construire plus. Parce qu'il faut bien rénover de façon beaucoup plus performante. Parce qu'il faut apporter des réponses au sans domicile.

Et puis, il faut aider les ménages à se loger dans ces conditions de marché très tendues.

41:53
Présentateur

Pierre.

41:53
Invité

Vous alertez également sur la hausse des impayés dans les logements sociaux avec l'inflation. Les arbitrages pour les ménages les plus modestes sont de plus en plus difficiles. D'autant que le poids du logement dans leur budget ne cesse, lui, d'augmenter. Vous l'avez illustré à plusieurs reprises. Et ce, même dans des villes moyennes. Qu'est-ce qu'il faut faire, là ?

42:12
Gérald Darmanin

Vous avez raison. Il y a quelque chose qui s'est passé. Le logement est devenu le premier poste de dépense des ménages. 28% en moyenne. En 1990, c'était 20%. Flambée des prix des loyers. Hausse des charges. Et un nombre croissant de territoires sont concernés. Et plus seulement les métropoles. On a toute la côte ouest, du nord au sud, qui est frappée par ces difficultés. Tous les pays frontaliers, à l'Allemagne, à la Belgique, au Luxembourg. Toutes les villes où il y a une grosse attractivité touristique avec le phénomène des plateformes de réservation pour le tourisme, Airbnb ou autre, qui font qu'on a retiré des logements du marché locatif. Il y en a moins. Donc ça fait monter les prix.

Donc il y a des secteurs en tension qui grossissent. C'est ce que vous étiez en train d'indiquer. Pourquoi ça ne passe plus ? Parce qu'on est déjà à un niveau très très haut qui ampute beaucoup du budget des ménages. 28% en moyenne, ça veut dire pour certains c'est 40, 50, 60. Parallèlement, augmentation des prix de l'énergie. Même capée à 15% avec un effort du gouvernement avec le bouclier. Mais 15%, c'est beaucoup pour des gens qui ont peu, qui n'arrivent déjà plus à chauffer ou qui se chauffent mal. Donc on est là dans une situation où les prix de l'alimentaire augmentent de 10%, l'énergie de 15%, un niveau très haut de dépenses liées au logement. C'est tous des dépenses incontournables.

Donc les ménages modestes, classe moyenne inférieure et bien sûr les plus pauvres, ils n'arrivent pas arbitrés entre des dépenses toutes nécessaires, se soigner, se déplacer, se loger, se chauffer, s'alimenter convenablement.

43:39
Présentateur

L'inflation, on va continuer à en parler dans le 5 sur 5 de Mathieu Béliard.

43:50
Invité

Bonsoir Babette,

43:50
Présentateur

bonsoir à toutes et à tous. Je parlais de l'inflation, nous sommes le 1er février, jour de hausse des tarifs des péages. Une augmentation record cette année, plus 4,75% en moyenne sur le territoire, bien au-delà des hausses des années précédentes, moins que l'inflation, il faut le préciser, mais ce n'est qu'une moyenne, plus 7,44% pour le tronçon entre Toulon-Ouest et Mandelieu, plus 6,69%, ça c'est le palmarès pour le trajet Lyon-Montpellier, on a presque plus 6% pour l'axe Paris-Nantes où nous nous sommes rendus au péage bien connu de Saint-Arnoux en Évelyne, un des plus grands d'Europe, Anaïs Ruccoli et Corentin Préa ont tendu le micro, c'est à vous aux automobilistes.

Je payais 6,90€, maintenant je paye 7,20€. Là on arrive d'Angers, on a payé 31,70€.

44:31
Invité

Moi là j'ai payé quasiment 30€ pour combien de temps de péage ?

44:36
Gérald Darmanin

Pour 2h ? Pour moi c'est discriminant, c'est-à-dire qu'on empêche des gens de partir en vacances loin, facilement, rapidement, c'est pas quelque chose qui va dans le sens des citoyens.

44:45
Invité

On est au courant de rien, c'est-à-dire qu'en fin de compte nous annoncent des hausses, c'est soi-disant des décisions qui sont prises en lieu, mais nous, là, alors nous on paye. Même s'il y a une augmentation importante, il y a beaucoup d'inflation, je vois pas comment ils peuvent justifier d'augmenter autant. Il y a une part de justification et puis probablement il y a des gens qui en profitent pour augmenter les prix.

45:08
Présentateur

Alors sur les profits des autoroutes, plusieurs rapports viennent se contredire, pas de super profit des sociétés, de sur-profit, pardon, des sociétés d'autoroutes pour l'autorité de régulation des transports. Ce n'est pas ce que dit l'inspection générale des finances qui voit, elle, une rentabilité anormalement élevée de ses concessions. C'était à lire cette semaine dans le Canard enchaîné. Dernière étude qui révèle que les prix des péages pourraient baisser de 60% sur le deux tiers du réseau. Pour le ministre des Transports, il faut aussi prendre en compte les investissements demandés aux sociétés d'autoroutes.

45:38
Invité

Il y a plus de transparence, c'est la loi Macron de 2015. Chacun peut vérifier les taux de profit, ils sont en train de baisser. Deux, on demande des investissements significatifs qui ne sont pas payés par le contribuable, qui sont payés par les sociétés d'autoroutes dans la transition écologique, le covoiturage, les bornes électriques, 600 millions d'euros de travaux qui vont être engagés ces prochains mois payés par les sociétés d'autoroutes parce que justement, elles en ont les moyens et qu'on leur demande, qu'on leur prescrit de le faire. Donc je crois qu'il ne faut pas non plus s'autoflageller.

L'État a eu des exigences renforcées ces dernières années à l'égard des sociétés d'autoroutes.

46:08
Présentateur

Et à noter également parmi les hausses du 1er février, vous l'avez évoqué, celle des prix de l'électricité. Les tarifs augmentent de 15%. Retour sur la route, il n'y a pas que les péages. Les prix des carburants restent très élevés. Oui, le prix des carburants qui poursuit son ascension même et promet d'atteindre bientôt la barre symbolique des 2 euros. La semaine dernière, le gazole s'est vendu 1,94€ le litre en moyenne, 1,93€ pour le sans-plomb 95. Tous les carburants en hausse sensible sur une semaine, vous le voyez sur ce tableau. Et regardez, en un mois, le gazole coûte plus de 17 centimes de plus que fin décembre. Plus 26,8 centimes pour le sans-plomb 95. E10.

Louis Amard et Valentin Tibier ont interrogé l'économiste BFM Business Emmanuel Lechypre pour lui demander d'expliquer ses hausses.

46:49
Gérald Darmanin

Il y a trois explications majeures. La première, c'est que l'essence c'est d'abord du pétrole et depuis le début janvier, le baril de pétrole

46:57
Invité

a repris à peu près une petite dizaine de dollars sur les marchés mondiaux. Deuxième explication, c'est une explication purement française. À cause des grèves qui ont eu lieu à l'automne

47:08
Gérald Darmanin

et qui ont perturbé complètement la distribution, les prix ont beaucoup augmenté. Donc ça, c'est un vrai facteur français. Et puis le troisième facteur, le quart du diesel qu'on achetait venait de Russie. Or, l'embargo interdit d'acheter des produits russes. Donc il faut, pour tous les distributeurs, trouver d'autres sources d'approvisionnement,

47:27
Invité

ce qui évidemment se traduit par des carburants plus chers.

47:31
Présentateur

Alors évidemment, ce sont des hausses qui pèsent sur le budget des automobilistes. Après le péage, Anaïs Rucouli et Corentin Préa ont poursuivi leur chemin jusqu'à la station service.

47:41
Invité

Il y a un an, je mettais le plein à moins de 75 euros. Mais maintenant, ça dépasse les 110 euros. En un mois, on a pris 20 centimes. Honnêtement, je me demande comment je vais m'en sortir. Moi, étant un gros consommateur, je fais à peu près

47:53
Présentateur

trois à quatre pleins par semaine.

47:54
Invité

ça augmente grandement le budget carburant de l'entreprise sur plusieurs personnes

47:59
Présentateur

qui roulent. On ne comprend pas forcément pourquoi les ristons n'ont été retirés en ce moment alors que c'est en train d'augmenter. Elles auraient dû être un peu maintenues.

48:08
Invité

Avant, j'allais à la pompe pour mettre le plein. Maintenant, j'y vais avec un budget plutôt calculé, on va dire. C'est dramatique pour notre pouvoir d'achat. Mais qu'est-ce que... En même temps, on n'a pas le choix, on doit se déplacer.

48:21
Présentateur

Ceux qui travaillent en ville et qui ne bougent pas, oui, les transports en commun, mais il en faut des meilleurs parce que partout en Ile-de-France, on est coincé vite. Alors, Christophe Robert, il reste un point d'interrogation. Comment est-ce que vous expliquez que 70% des Français éligibles, vous savez, au chèque carburant proposé par le gouvernement, 70% des Français éligibles ne l'ont pas demandé ?

48:44
Gérald Darmanin

Je ne sais pas s'ils savent. Tout le monde n'est pas en capacité d'aller sur Internet. On sait qu'il y a une fracture numérique aussi qui est très importante. On parle de 15% de la population qui n'est pas forcément en capacité de trouver la bonne manière de faire. Je pense qu'il va falloir communiquer. Je crois que ça court jusqu'à fin février. Donc, il faut en profiter pour faire la publicité sur ce sujet. C'est 100 euros. 100 euros pour les revenus fiscales de référence de moins de 15 000 euros. Pour ceux qui travaillent et qui utilisent leur véhicule pour leur travail. On est d'accord. Parce que, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais une fois, on avait vu, on a eu un témoignage.

Moi, ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que je pense qu'il y a beaucoup de souffrances silencieuses qu'on n'entend pas en ce moment sur ces hausses. Là, ça coûte 15 euros pour faire 100 kilomètres. Je pense à ces gens qui travaillent à domicile, par exemple, en milieu rural, qui vont de maison en maison pour aider parce qu'on est soignante ou parce qu'on fait du repassage à domicile. Et ça ne passe pas. Il y a des gens, ils font leur calcul, ils disent, mais en fait, vu que je suis payé au lance-pierre, ce n'est pas rentable. Vous voyez où on en arrive ? Donc, il y a un moment, il va falloir quand même qu'on puisse soutenir un peu plus durablement les plus fragiles au moins.

Alors, c'est compliqué. Vous voyez, par exemple, le bouclier tarifaire. Le problème qu'il a, c'est qu'il coûte 42 milliards d'euros à l'État en 2023. Alors, en aide, ça fait un peu moins. Mais quand même, c'est plusieurs dizaines de milliards d'euros. En fait, on aide tout le monde de la même manière avec cette histoire. C'est-à-dire qu'on aide ceux qui consomment énormément parce qu'ils ont un bateau, par exemple, ou une grosse voiture. Ils roulent beaucoup, beaucoup, avec leurs voitures toute la journée, etc. C'est fini, ça. Oui. Ça, c'est fini.

50:06
Présentateur

Le bouclier tarifaire.

50:07
Gérald Darmanin

Oui, enfin, le 15% capé, les 15% capé dont on vient de parler, vous allez pouvoir consommer. Oui, oui. Pendant le premier, pardon, le bouclier, effectivement, qui était à 21 milliards d'euros, on a aidé ceux qui étaient les plus... Ensuite, vous avez ceux qui sont dans les passoires thermiques à 15% qui vont devoir consommer un peu plus. Nous, il nous semble quand même qu'il faut peut-être avoir des mesures générales comme ça, parce que c'est les plus simples. En revanche, il faut aider les plus fragiles. Par exemple, le chèque énergie qui est bien ciblé sur les modestes et les plus pauvres, il faut pouvoir

50:34
Présentateur

l'augmenter, le triplé,

50:36
Gérald Darmanin

l'élargir pour un public plus en difficulté. Autrement, on ne va pas s'en sortir. On ne va pas s'en sortir parce que ceux qui sont déjà en galère vont encore avoir plus de difficultés pour pouvoir se chauffer, pour pouvoir se déplacer. Moi, je pense que 100 euros, c'est pas assez pour ceux qui sont en difficulté. Je pense qu'aussi, il faudrait peut-être venir en aide à ceux qui n'utilisent pas leur véhicule seulement pour travailler, parce que certains pour aller faire les courses, pour emmener les enfants quand vous êtes très loin des centres-villes, par exemple, et où il n'y a pas les transports comme en Ile-de-France.

51:01
Présentateur

Merci, Christophe Robert. Je rappelle que pour soutenir la Fondation Abbé Pierre, on peut se rendre sur le site don.fondation-abbé-pierre.fr. Vous avez des nouvelles de la capsule radioactive qu'il y a dans l'Australie. Vous avez 20 secondes pour nous en donner. C'est très facile, on l'a retrouvé. Non, mais c'était dingue. C'était l'équivalent l'expression utilisée par les autorités locales canadiennes. Ils ont détecté sa radioactivité à 4-5 mètres de distance. Vous me le faites faire de tête, mais tout va bien pour les Australiens de l'Ouest. Eh bien voilà, c'est une bonne nouvelle. Il y a des bonnes nouvelles aussi dans cette avoue. Merci beaucoup, Christophe Robert.

Gérald Darmanin et Christophe Robert - C à Vous - 01/02/2023 — Gérald Darmanin · Pourquijevote