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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 5 avril 2012 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprises

Marielle de Sarnez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 41 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse partielle

    C'est ce que réclamait François Bayrou, vous êtes satisfait ?

  • 0:57OuverteRéponse partielle

    Mais c'était quoi l'émission idéale aux yeux de François Bayrou ?

  • 1:16OuverteRéponse partielle

    Comment on fait débattre à dix ?

  • 1:25RelanceRéponse directe

    Il n'y a pas eu de débat ces derniers mois, Marielle de Sarnez ?

  • 2:32ComplaisanteÉludée

    C'est toujours la faute des autres.

  • 2:37ComplaisanteÉludée

    François Bayrou a eu des dizaines d'heures d'antenne depuis janvier, vous êtes formidable.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « C'est le verre à moitié plein ou à moitié vide. »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « François Hollande, Nicolas Sarkozy ne souhaitent pas ce débat-là. »
  • 2:16Invité politiqueFait
    « Quand je vois la situation, par exemple, en Espagne, chez nos proches voisins, pas un mot, ils ont failli ne pas lever leurs emprunts hier. »
  • 2:23Invité politiqueChiffre
    « Ils baissent leur budget de 17%. »
  • 3:32Invité politiqueFait
    « Ils disent, on est de plus en plus nombreux à souhaiter s'abstenir. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « Ils disent, on est de plus en plus nombreux à être insatisfaits de la campagne. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « Ils disent, on est de plus en plus nombreux quand on se porte, soit sur Hollande, soit sur Sarkozy, à le faire au fond par rejet, par défaut. »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « Ils disent, on est de plus en plus nombreux à ne pas entendre les vrais sujets dans cette campagne. »
  • 5:02Invité politiqueChiffre
    « On a voulu, avec une espèce de bipolarisation comme ça, qui était mise partout, 80% du temps occupé par Hollande Sarkozy. »
  • 5:29Invité politiqueFait
    « C'est le seul de tous les candidats qui est dit et qui continuera à dire la vérité sur la situation du pays. »
  • 5:44Invité politiqueFait
    « que vous promettez n'importe quoi, de dépenser plus demain, d'embaucher davantage »
  • 6:04Invité politiqueFait
    « Ils disent la France est dans une drôle de campagne présidentielle. »
  • 8:10Invité politiqueFait
    « mais que tout ce qui pourrait apparaître comme mise en scène ou communication de tout cela n'est pas, je trouve, dans la nature des choses. »
  • 8:33Invité politiqueFait
    « Les services de sécurité et de renseignement sur le territoire doivent faire leur travail. »

Temps de parole

  • Marielle De Sarnez73 %
  • Présentateur27 %

7,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 8h21.

0:04
Marielle De Sarnez

France Inter, 7-9 de Patrick Cohen.

0:09
Présentateur

Bonjour Marielle de Sarnez.

0:10
Marielle De Sarnez

Bonjour.

0:11
Présentateur

Il y aura donc deux émissions la semaine prochaine sur France 2 avec tous les candidats ou leurs représentants. C'est ce que réclamait François Bayrou, vous êtes satisfait ?

0:18
Marielle De Sarnez

C'est ce que réclame François Bayrou parce que c'est ce que veulent les Français. Et ils ont bien le droit de l'exiger. Alors est-ce que je suis satisfaite ? Pas tout à fait, c'est le verre à moitié plein ou à moitié vide. C'est-à-dire qu'on aura deux fois cinq candidats interrogés chacun pendant 20 minutes par trois ou quatre journalistes. Mais surtout, aucune confrontation. Surtout ne les mettons pas ensemble. Surtout ne débattons pas. Tout simplement parce que, au fond, disons-le, François Hollande, Nicolas Sarkozy ne souhaitent pas ce débat-là.

Écoutez, je trouve que c'est déjà une campagne qui est difficile, que je trouve tout à fait régressive par rapport à il y a quelques mois, où la campagne était plus intéressante. Je trouve que là, on manque un rendez-vous avec les Français.

0:57
Présentateur

Mais c'était quoi l'émission idéale aux yeux de François Bayrou ?

1:00
Marielle De Sarnez

Enfin, ce n'est pas l'émission idéale. Vous savez que c'est... On vous parlait de la campagne présidentielle. Vous savez que même pendant la campagne des primaires socialistes, il y a eu des débats à la télévision, et des débats et des confrontations en prime time. Vous me parlez de l'élection présidentielle.

1:13
Présentateur

Il y avait six candidats pour la primaire socialiste, il y en a dix. Comment on fait débattre à dix ?

1:17
Marielle De Sarnez

Et vous avez l'air absolument étonnés qu'au fond, les Français souhaitent, veuillent, un débat. Mais c'est la moindre des choses en démocratie. Je vais vous dire quelque chose. Il n'y a pas eu de débat ces derniers mois, Marielle de Sarnez ? Il n'y a eu aucun débat. Aucun débat ? Aucune campagne. On est dans une non-campagne. J'ai raté quelques émissions de télévision et de radio, alors, non ? Probablement. Il n'y a pas eu de débat ? Il n'y a pas eu de débat. Nous sommes dans une non-campagne. François Bayrou a débattu face à Manuel Valls, la télévision. Nicolas Sarkozy qui cherche des sujets, au fond, de diversions, jour après jour, minute après minute.

Aucun des sujets qui intéressent les gens, qui intéressent les Français, sur l'état de notre pays, sur les questions de l'emploi, sur les questions de leur vie, ne sont traités ou ne sont abordés dans cette campagne. Elle est régressive parce qu'on revient même sur les difficultés du pays. Au moins, il y a 4-5 mois, il y avait une espèce de prise de conscience, au fond, collectif, global, des difficultés, la perte du triple A. On parlait un peu d'économie. Il y avait une prise de conscience en France. Eh bien, on a régressé de ce point de vue-là. On n'en parle plus. C'est comme si plus rien n'existait.

Quand je vois la situation, par exemple, en Espagne, chez nos proches voisins, pas un mot, ils ont failli ne pas lever leurs emprunts hier. Ils baissent leur budget de 17%. Moi, je n'ai pas envie de ça pour mon pays. Mais je vois que cette campagne où on ne regarde rien et où on n'entend rien est effectivement une campagne de relation.

2:32
Présentateur

C'est toujours la faute des autres. François Bayrou a eu des dizaines d'heures d'antenne depuis janvier, depuis la période d'équité. Vous êtes formidable. C'est de la faute des médias ou des autres candidats s'il n'a pas pu se faire entendre.

2:41
Marielle De Sarnez

Ce n'est pas du tout la question que je pose là. Je vous parle des Français. Vous, vous avez l'air satisfait et content. C'est très bien, vous me dites que des débats ont eu lieu.

2:47
Présentateur

Je demande à qui, sur qui porte la responsabilité. Est-ce que je peux finir ma phrase ?

2:53
Marielle De Sarnez

Eh bien, les médias ont une part de responsabilité. Les médias ont une part de responsabilité. Avoir voulu, au fond, trapper, zapper le premier tour de l'élection présidentielle. Alors, ce n'est pas fini. Donc, je vois bien que dans les semaines qui viennent, je pense que les Français vont à nouveau pouvoir rentrer dans la campagne. Écoutez ce qu'ils disent, les Français.

3:11
Présentateur

Les médias ont zappé le premier tour de la présidentielle.

3:13
Marielle De Sarnez

Ils disent, est-ce que je peux finir ?

3:15
Présentateur

Oui, mais j'essaye de comprendre quelle est la teneur du reproche. On n'a pas fait assez de politique. On n'a pas invité assez de candidats à l'antenne.

3:23
Marielle De Sarnez

Ce n'était pas mis en cause. Est-ce qu'on peut parler ? Je vous dis que les Français disent plusieurs choses qui devraient vous interroger, qui moi m'interrogent. Ils disent, on est de plus en plus nombreux à souhaiter s'abstenir. Ils disent, on est de plus en plus nombreux à être insatisfaits de la campagne. Ils disent, on est de plus en plus nombreux quand on se porte, soit sur Hollande, soit sur Sarkozy, à le faire au fond par rejet, par défaut. Ils disent, on est de plus en plus nombreux à ne pas entendre les vrais sujets dans cette campagne. Ce n'est pas moi qui vous le dis. Ce sont les Français qui le disent.

Alors oui, je pense qu'il y a une responsabilité collective et que probablement les médias ont leur part de responsabilité.

4:00
Présentateur

C'est la faute des médias si François Bayrou tombe à 10% d'intention de droite.

4:03
Marielle De Sarnez

Pourquoi vous caricaturez ? Je vous pose la question. Pourquoi vous simplifiez comme ça les choses ? Ce n'est absolument pas ce que je viens de vous dire. Vous n'entendez pas ce que disent les gens. Vous n'entendez pas ce que disent les Français. Vous avez le sentiment qu'ils sont satisfaits de la campagne. Au fond, ce qu'ils disent, c'est... Il y a un espèce de truc qui se déroule devant nos yeux et on ne se sent pas concerné. Ils ne sont pas dans la campagne. Moi, j'ai vécu plusieurs élections présidentielles. Et c'est la première fois que je vois une absence, au fond, de prise de conscience civique des enjeux majeurs à l'occasion d'une campagne présidentielle.

Normalement, une campagne présidentielle, ça sert à ça. Ça sert à prendre l'énergie d'un peuple, à tracer un chemin et à exprimer une volonté. Eh bien, aujourd'hui, je suis obligée de constater qu'on est plutôt dans une non-campagne et que les Français ne sont pas dans cette campagne pour toutes les raisons probablement qu'on vient de dire ensemble.

4:51
Présentateur

Je ne conteste pas votre constat. Je ne discute pas. J'essaye d'en déterminer les responsabilités.

4:56
Marielle De Sarnez

Je suppose que les responsabilités sont collectives. On a voulu, avec une espèce de bipolarisation comme ça, qui était mise partout, 80% du temps occupé par Hollande Sarkozy. Non, non, ce n'est pas vrai. Écoutez, je n'ai pas envie de faire cette émission là-dessus parce que ça ne m'intéresse pas. Je vous parle du sentiment des Français. Vous ne voulez pas l'entendre, je trouve ça dommage. Il y a une part de responsabilité collective. Moi, je ne vais pas chercher la responsabilité des uns ou des autres.

5:21
Présentateur

Et quelle est la part de responsabilité du candidat François Bayrou ?

5:25
Marielle De Sarnez

Quand il y a François Bayrou, il garde son cap. Il garde sa vision. C'est le seul de tous les candidats qui est dit et qui continuera à dire la vérité sur la situation du pays. Et c'est au fond le seul de tous les candidats qui offre une perspective d'espoir parce que quand vous vous voilez la face sur les difficultés des temps ou les difficultés du pays, que vous promettez n'importe quoi, de dépenser plus demain, d'embaucher davantage, que vous faites croire que tout sera simple et facile, je trouve que vous trompez votre pays et que c'est irresponsable. Et donc, nous garderons notre cap plus que jamais.

Si vous regardez la presse européenne, si vous lisez les journaux des pays qui nous entourent, qu'est-ce qu'ils disent tous ? Ils disent la France est dans une drôle de campagne présidentielle. C'est une campagne qui est dans le déni total de la réalité des choses, de la réalité de ce qui se passe en France et en Europe.

6:14
Présentateur

L'expression vient de vie économiste.

6:16
Marielle De Sarnez

Oui, absolument, mais si vous lisez la presse espagnole,

6:20
Présentateur

si vous lisez la presse espagnole, italienne, allemande, allemande,

6:26
Marielle De Sarnez

c'est exactement la même chose. Vous êtes une émission à l'esprit ouvert. C'est intéressant de regarder ce qu'on dit de nous à l'extérieur. Moi, je ne suis pas quelqu'un de pessimiste. Donc, je suis déterminée à continuer à me battre pour que les Français regardent la vérité en face, parce que c'est la seule façon de s'en sortir.

6:43
Présentateur

Ce que j'ai essayé de dire dans mes questions, c'est qu'il me semble que François Bayrou, comme les autres candidats dans cette campagne présidentielle, où il y a eu beaucoup de temps d'antenne sur les radios et les télévisions, a eu sa chance dans le même temps de parole. Mais il a sa chance ! Et heureusement qu'il a sa chance ! Il a eu sa chance dans cette dernière période, entre janvier et mars, où les médias étaient tenus à une règle d'équité des temps de parole. Jean-Luc Mélenchon, qui a eu moins d'accès aux médias que François Bayrou, comment a-t-il fait pour créer, lui, une dynamique et pour doubler ses intentions de vote ?

7:13
Marielle De Sarnez

Qu'est-ce qu'on a ? On a deux candidats, Hollande-Sarkozy, une espèce comme ça de bipolarisation, qui sont chacun avec une extrême droite et une extrême gauche.

7:20
Présentateur

Je vous parlais de Jean-Luc Mélenchon.

7:22
Marielle De Sarnez

Oui, une extrême droite et une extrême gauche. Il y a eu un dessin de plantu très intéressant dans le monde d'hier, où on voyait un petit Sarkozy ligoté à son extrême droite, on voyait un petit Hollande ligoté à son extrême gauche, et on voyait Bayrou ligoté avec Bayrou. Eh bien, écoutez, heureusement que cette proposition centrale existe, parce que c'est au fond la seule proposition qui non seulement dise la vérité sur les choses, mais qui soit une garantie contre les extrêmes, qui soit une garantie contre l'envie, pour le candidat de droite, d'aller toujours plus vers l'extrême droite, ou pour le candidat de gauche, d'être au fond prisonnier de son extrême gauche.

7:57
Présentateur

François Bayrou a parlé hier de mise en scène à propos des arrestations d'islamistes radicaux présumés. Que voulez-vous dire, Marielle de Sarnez ?

8:06
Marielle De Sarnez

Je pense qu'il faut que les services de sécurité fassent leur travail, mais que tout ce qui pourrait apparaître comme mise en scène ou communication de tout cela n'est pas, je trouve, dans la nature des choses.

8:20
Présentateur

Ça veut dire que les arrestations sont factices, ou qu'on a attendu la présidentielle pour arrêter ces personnes ?

8:25
Marielle De Sarnez

Je ne dirais pas ça, parce que j'espère bien que c'est quelque chose qui n'a même pas été à l'esprit de ceux qui ont fait ces opérations. Les services de sécurité et de renseignement sur le territoire doivent faire leur travail. Ils doivent le faire dans le sérieux, dans la sobriété, et en aucun cas dans la communication.

8:38
Présentateur

D'autres sujets à aborder avec vous, Marielle de Sarnez, dans la deuxième partie de cette interview, avec les appels des auditeurs d'Inter, 01, 45, 24, 7000. Dans un instant, la revue de presse. Sous-titrage ST' 501