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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 15 mai 2023 17 minComplaisantMixteÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & électionsDéfense

Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron

Au micro : Guillaume RoquetteSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Globalement, quelle impression vous a fait cette interview d'Emmanuel Macron ?

  • 1:21RelanceRéponse partielle

    Quand Gilles Boulot a essayé de le relancer sur un peu quand est-ce qu'aura lieu cette baisse d'impôts.

  • 1:26RelanceRéponse partielle

    Pareil, il a demandé comment précisément elle allait s'appliquer.

  • 2:33OuverteRéponse directe

    La stratégie d'omniprésence médiatique d'Emmanuel Macron peut-elle être efficace ?

  • 7:45OuverteRéponse directe

    Djibout lui a demandé est-ce qu'on peut augmenter les salaires ?

  • 8:55RelanceRéponse directe

    il ne s'est pas privé, au moment de parler de la réforme de retraite, une nouvelle attaque contre les Républicains.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:02InvitéPromesse
    « cette baisse d'impôts, le président nous dit, ce sera quand la trajectoire budgétaire le permettra. »
  • 1:52InvitéFait
    « je ne ferai pas le travail du gouvernement à sa place. »
  • 3:02InvitéChiffre
    « 13 milliards d'euros d'investissement étrangers »
  • 4:46InvitéChiffre
    « Rien qu'en 5 ans, l'automobile française a détruit 100 000 emplois. »
  • 4:55InvitéChiffre
    « il y a 8 000 emplois nouveaux, c'est formidable »
  • 5:27InvitéFait
    « qu'on voulait les faire bosser davantage, à mon avis. »
  • 6:03InvitéFait
    « nous ne fournissons pas d'armes qui permettraient à l'Ukraine d'aller frapper en Russie. »
  • 6:22InvitéFait
    « on a commencé la formation de pilotes. »
  • 7:56InvitéFait
    « c'est pas moi qui décide de la politique des salaires. Ce sont les entreprises. »
  • 8:10InvitéFait
    « il a mis en place des dispositifs, notamment des défiscalisations pour les primes »
  • 9:05InvitéFait
    « les Républicains n'ont pas été cohérents puisqu'une partie d'entre eux ont refusé de voter cette réforme »
  • 9:15InvitéFait
    « le gouvernement a été obligé de faire usage de l'article 49.3 de la Constitution »
  • 11:55PrésentateurFait
    « il lui a repris son tombe méprisant. »
  • 13:14PrésentateurFait
    « On sait qu'elle est en sursis, on va dire, jusqu'au 14 juillet, la date du plan des 100 jours. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur25 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous venez de suivre l'interview d'Emmanuel Macron. On va discuter de ce qu'a dit le chef de l'État, interviewé par Gilles Boulot. Je suis accompagné de Guillaume Roquette, directeur de la direction du FIRO magazine. Bonjour Guillaume.

0:11
Invité

Bonsoir Vincent.

0:12
Présentateur

Merci d'être avec nous et merci à vous les internautes d'être nombreux à nous suivre. Vous n'hésitez pas bien sûr à poser vos questions. On essaye d'y répondre comme d'habitude. Guillaume, déjà une première question. Globalement, quelle impression vous a fait cette interview d'Emmanuel Macron ?

0:26
Invité

Je pense qu'il a voulu montrer qu'il était toujours là. qu'il avait encore des choses à dire aux Français. Il m'a semblé que c'était davantage une posture qu'un exercice de communication politique parce qu'il n'y a vraiment pas grand-chose de marquant à retenir de cette interview, pas d'annonce nouvelle. C'est plus un bilan qu'il défend que des perspectives neuves qu'il trace. Je prendrai juste deux exemples. Elisabeth Borne, aucun engagement sur la durée de son mandat. C'est normal, le président fait ce qu'il veut. Mais on attendait quand même des messages éventuels. Et puis cette baisse d'impôts, le président nous dit, ce sera quand la trajectoire budgétaire le permettra.

Bon, avec ça, on n'est pas beaucoup plus avancé.

1:10
Présentateur

Oui, alors il a dit avant la fin du mandat, a priori quand même. Absolument.

1:14
Invité

Ça nous laisse 4 ans.

1:15
Présentateur

Quand Gilles Boulot a essayé de le relancer sur un peu quand est-ce qu'aura lieu cette baisse d'impôts. Pareil, il a demandé comment précisément elle allait s'appliquer. Il a d'abord été très catégorique, puis un peu plus flou, on va dire.

1:28
Invité

Oui, je pense qu'il y a parfois des bonnes raisons de ne pas répondre aux questions des journalistes. Par exemple, quand Emmanuel Macron dit, je ne vous dirai pas précisément les équipements militaires que nous fournissons à l'Ukraine, il a raison parce que ça pourrait aider les Russes. En revanche, il est clair qu'il n'a pas aujourd'hui de calendrier avec des éléments précis pour ces baisses d'impôts sur les classes moyennes qui nous ont été promises. Il le dit d'ailleurs, je ne ferai pas le travail du gouvernement à sa place. Alors pourrait-on se dire pourquoi il choisit de nous parler s'il n'a rien de précis à nous annoncer ?

Et je pense vraiment que l'idée, c'est d'effacer l'image d'un président qui ne serait pas au contact. Cette image, elle s'est forgée pendant la réforme des retraites, quand Emmanuel Macron refusait de recevoir les syndicats. Alors aujourd'hui, il ne peut plus faire des grands débats, comme il en avait organisé après les Gilets jaunes, parce que systématiquement, il est accueilli par des concerts de casseroles. Donc qu'est-ce qu'il fait ? Il vient parler à la télévision.

2:28
Présentateur

Il vient parler à la télévision, il vient parler un peu partout. D'ailleurs, figurez-vous que c'est la question qu'on se posait aujourd'hui sur le site du Figaro. La stratégie d'omniprésence médiatique d'Emmanuel Macron peut-elle être efficace ? On laisse les internautes d'ailleurs répondre. Emmanuel Macron, il est partout en ce moment en France. Il se montre énormément.

2:44
Invité

Oui, alors il a toujours été très actif, mais c'est vrai qu'on a le sentiment qu'il y a là une sorte de montée en puissance, avec des rendez-vous thématiques. Tout ça est quand même très professionnel, il faut bien le reconnaître. Vous avez vu la semaine dernière l'annonce de ses 13 milliards d'euros d'investissement étrangers, ce déplacement pour célébrer l'arrivée d'une giga factory. C'est comme ça qu'on dit aujourd'hui une grande usine, une construction de batteries par un fabricant taïwanais. Aujourd'hui, il reçoit Elon Musk. Il y a cette idée que le président est au travail. Il n'a jamais arrêté de travailler.

Emmanuel Macron a des défauts comme nous tous, mais il a toujours été extrêmement actif, une capacité à se démultiplier entre les dossiers économiques, les dossiers sociaux et les dossiers internationaux. Simplement, il veut que ça se voit et donc qu'il mette en scène tout cela. L'idée, c'est aussi de montrer qu'il n'est pas du tout abattu par la contre-performance politique qu'a été cette réforme de retraite qui, majoritairement, est toujours refusée par les Français.

3:47
Présentateur

Oui, effectivement. Il faut passer à autre chose. Lui, il essaye en tout cas de passer à autre chose via ce biais-là, du coup, en faisant beaucoup de bruit et en montrant qu'il fait autre chose, notamment, on le disait, sur la réagislation. Parce qu'il y a eu aussi aujourd'hui de nombreux patrons qui étaient là. Il a aussi défendu, on va dire, son bilan.

4:06
Invité

Oui, c'est vrai et à juste titre parce que la désindustrialisation de la France, pardon, c'était un mouvement de long terme et on va dire qu'il s'est enrayé. Le problème, c'est que ces annonces sont spectaculaires, mais elles n'ont pas encore un impact concret sur l'activité en France. Le grand avantage des usines, Emmanuel Macron l'a rappelé, c'est que vous n'êtes pas obligé de les installer dans les centres d'affaires. Vous pouvez les localiser sur tout le territoire à condition d'être proche des infrastructures, en particulier routières. Mais le stock des emplois détruits dans l'industrie est encore supérieur à celui des créations d'emplois.

Rien qu'en 5 ans, l'automobile française a détruit 100 000 emplois. Donc quand Emmanuel Macron dit, regardez, il y a 8 000 emplois nouveaux, c'est formidable, mais on revient de très loin. Et donc je pense que les Français, s'ils n'ont pas de doute sur le caractère énergique et engagé d'Emmanuel Macron, quand ils lui font des reproches, c'est plutôt de être méprisant, on y reviendra peut-être, mais c'est plutôt sur les résultats qu'ils viennent l'interroger. Et effectivement, Emmanuel Macron a du mal à dépasser cette séquence des retraites.

Et d'ailleurs, quand on l'interroge, quand Gilles Boulot lui dit, mais vous aviez dit il n'y a pas si longtemps que ce n'était pas la peine de repousser l'âge de la retraite à 65 ans. Qu'est-ce qu'il répond ? Il dit, oui, mais entre-temps, il y a eu le Covid. Et alors, je ne vois pas le rapport, comme auraient dit mes enfants. Et puis il y a eu la guerre en Ukraine. So what ? Donc on voit que là, il a quand même du mal à être cohérent.

5:38
Présentateur

À être cohérent, effectivement, à montrer sa cohérence sur ce sujet. L'interview a commencé d'abord par l'international Zelensky, qui était en visite hier à Paris, avec une question assez précise qui a été, est-ce qu'on va lui fournir des avions ?

5:55
Invité

Alors, il répond, il ne répond pas tout de suite. Il répond, nous ne fournissons pas d'armes qui permettraient à l'Ukraine d'aller frapper en Russie. C'est un peu particulier comme réponse, parce qu'on a par exemple livré des canons César qui ont une portée de plusieurs dizaines de kilomètres. Donc on peut imaginer les Ukrainiens les poussant jusqu'à la frontière russe dans les zones de leur pays qui ne sont pas occupées. Donc on va dire qu'il y a une porte entre-ouverte sur la livraison d'avions, puisqu'Emmanuel Macron dit qu'on a commencé la formation de pilotes.

Alors la vérité, c'est que c'était un secret de polychinelle, puisque depuis février dernier, le ministère de la Défense reconnaît la formation de personnel aéronautique ukrainien. De mémoire, c'était à Mont-de-Marsan et à Nancy. Sauf, disait le ministère, que ce n'étaient pas les pilotes. Comme si on formait des techniciens, par exemple, travaillant sur les Mirages, sans former les pilotes. Ça apparaît assez peu cohérent. Mais Emmanuel Macron ne peut pas faire ce genre d'annonce tout seul. Les avions, c'est une stratégie occidentale, une stratégie otanienne. Et donc, il veut montrer sa bonne volonté, mais il va doucement. Là, je pense que pour le coup, le en même temps se justifie.

Parce qu'on est sur une ligne de crête. Quand il dit et qu'il répète, nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, il a raison. Les Français sont bien sûr favorables à ce que nous aidions l'Ukraine, pays démocratique agressé. Mais en même temps, les Français redoutent un embrasement de l'Europe, une guerre plus globale. Et pour ça, il faut être prudent. Et là, Emmanuel Macron a raison de l'être.

7:24
Présentateur

Effectivement. Sur ces déclarations, vous le savez, Veldivanski était à Paris hier. Il y a eu pas mal. On a beaucoup parlé d'économie, effectivement. On le parlait tout à l'heure, des investissements en France. Mais on a aussi beaucoup parlé de la classe moyenne, de ces réductions d'impôts. Djibout lui a demandé est-ce qu'on peut augmenter les salaires ? Est-ce que vous pouvez faire quelque chose pour augmenter les salaires ?

7:49
Invité

Oui. Et là, encore, Emmanuel Macron est cohérent parce qu'il dit « Écoutez, c'est pas moi qui décide de la politique des salaires ». Ce sont les entreprises. Il tient sur tous ces sujets économiques un discours, on va dire, qui est celui de la droite raisonnable, consistant à dire « Non, je ne vais pas forcer la main de Total, par exemple, pour pouvoir distribuer davantage de bénéfices ». Il répète ce qui est vrai qu'il a mis en place des dispositifs, notamment des défiscalisations pour les primes, mais qu'ensuite, c'est au secteur privé de s'organiser. Et là encore, je trouve que c'est assez bienvenu. De la même façon, quand il dit « Les grèves, quelles grèves ?

» Sous-entendu, il n'y a que les services publics, toujours les mêmes, RATP, SNCF et « Suivez mon regard » pour les autres. Mais le pays qui travaille, le pays du privé, lui, il ne s'est pas mis en grève. Et ça aussi, c'est vrai. Et là, on peut dire qu'il est droit dans ses bottes.

8:40
Présentateur

Il a d'ailleurs dit « Les industriels, ils n'ont pas vraiment vu qu'il y avait une grève en France, presque ». Il a ajouté ça à Gilles Boulot de façon assez moqueuse. D'ailleurs, parce que vous en parliez tout à l'heure de sa ligne, il ne s'est pas privé, au moment de parler de la réforme de retraite, une nouvelle attaque contre les Républicains.

8:59
Invité

Oui, parce qu'il dit, et là encore, il a raison, que les Républicains n'ont pas été cohérents puisqu'une partie d'entre eux ont refusé de voter cette réforme, alors même qu'elle était dans le programme présidentiel de Valérie Pécresse. Et c'est parce que ces voix des Républicains ont manqué à l'appel que le gouvernement a été obligé de faire usage de l'article 49.3 de la Constitution avec donc cette prise de responsabilité, cette mise en responsabilité du gouvernement. Et tout ça, c'est vrai. Mais le problème, c'est que rien de tout ça n'est nouveau. Ce sont des arguments qu'on a déjà entendus dix fois.

Et c'est là qu'on sent qu'en fait, je pense que le chef de l'État se dit, il faut que j'occupe le terrain pour montrer que j'ai peur de personne et que je suis toujours là. Mais encore une fois, sur le fond, il n'y a pas grand-chose de nouveau à annoncer. Et je me demande du coup si vraiment c'est une démarche très efficace. Moi, je pense plutôt qu'il y a une forme de lassitude. Je pense qu'Emmanuel Macron a tendance à trop parler et que lui, il s'imagine que sa parole est performative, comme disent les psychologues. C'est-à-dire que le simple fait de dire « aujourd'hui, il fait beau », fait qu'il fait beau. Eh bien, en fait, non.

Et je pense que, dans une certaine mesure, la magie de celle de 2017, avec l'énergie de cet homme, cette volonté, son côté innovant, tout ça, ça n'agit plus aujourd'hui, même s'il multiplie les interventions publiques.

10:22
Présentateur

Oui, et qui multiplie les interventions publiques. Est-ce que c'est encore aussi important qu'avant une interview d'Emmanuel Macron à la télévision ?

10:29
Invité

Bon, ça, on le saura demain, j'imagine. Oui, on verra les audiences. Mais non, je ne le pense pas. Je ne le pense pas parce qu'il en a déjà fait pas mal ces derniers temps. Je pense, par exemple, à l'entretien lors des 13 heures de TF1 et de France 2. Et encore une fois, il n'intervient que pour justifier ses décisions, jamais pour annoncer des ruptures ou des changements de cap. Alors, encore une fois, ça a l'avantage de la cohérence. Je ne suis pas en train de lui reprocher. Simplement, je m'interroge, du coup, sur l'efficacité de cette communication. C'est, malheureusement, un travers assez classique des gens très intelligents.

C'est que quand ils se retrouvent face à un mur, ils ne peuvent pas admettre que peut-être ils n'ont pas suivi le bon chemin. Ils se disent, mais non, c'est parce que je n'ai pas à l'expliquer. Et donc, avec de la pédagogie, ça va s'arranger. Et en fait, non, les Français, ils ont tout à fait compris qu'on voulait les faire bosser davantage, à mon avis. Ils n'ont pas envie. Et ils n'ont pas envie. À mon avis, on ne peut pas faire autrement. Donc, Emmanuel Macron a raison de ne pas lâcher là-dessus. Mais il ne peut pas demander aux Français de dire, finalement, on n'avait pas compris, dites-donc. Ah bah tiens, c'est vrai. On ne savait pas que les gens vivaient de plus en plus longtemps.

Tiens, on ne savait pas qu'il y avait de moins en moins d'enfants en France. Ah, c'est vrai que ce serait dommage de faire payer davantage de cotisations. Parce que déjà, on en a beaucoup. Bon, tous ces arguments, ils ont déjà entendu mille fois. Je pense que ce n'est pas de son niveau.

11:46
Présentateur

Effectivement. D'ailleurs, Gilles Boulot lui a dit, au bout d'un moment, on en parlait d'ailleurs au début de cette émission, il lui a repris son tombe méprisant. Et Emmanuel Macron a répondu, non, les Français, ils ne disent pas ça. Il a cité beaucoup de choses qui pourraient ressembler à des qualités, en disant, un peu comme s'il disait, ah non, mais moi, je suis perfectionniste. C'est ça mon défaut.

12:04
Invité

Exactement. On vient d'embauche. Vous savez, on dit, je suis trop perfectionniste. J'ai tendance à trop travailler. Je pense qu'Emmanuel Macron est sincère. Vous savez, rien n'est plus difficile que de voir ses propres défauts. Et au fond de lui-même, il n'est pas méprisant. Tous les gens qui travaillent avec lui disent qu'il est extraordinairement investi dans ce job de président. Quand vous voyez ce qu'est l'emploi du temps d'Emmanuel Macron, par comparaison, par exemple, avec celui d'un Jacques Chirac ou encore plus d'un François Mitterrand, il n'est pas du tout désinvolte. Mais simplement, ça ne passe pas parce que les gens ont construit cette réalité.

Et Emmanuel Macron a raison quand il dit que l'opposition, les réseaux sociaux ont fabriqué cette image. Et parfois, il arrive, et ça, c'est le cas de notre société post-moderne, où ce n'est plus la réalité qui compte, c'est la représentation médiatique qui en est faite. Et malheureusement, cette représentation, c'est celle-là.

13:03
Présentateur

Effectivement. Alors, dans les commentaires, LR pour 2027 et Requiem Fordrim n'ont pas été très convaincus, en tout cas, par Emmanuel Macron. Dernière petite question sur Elisabeth Borne. Son sort a été évoqué. On sait qu'elle est en sursis, on va dire, jusqu'au 14 juillet, la date du plan des 100 jours. Gilles Boulot a essayé de tirer des louanges. Il lui a dit, vous ne faites pas beaucoup de louanges à votre Premier ministre. Et il n'en a pas reçu de nouveau.

13:28
Invité

Non, bien sûr. Et en l'écoutant, je me mettais à la place de Mme Borne qu'on imagine avec sa vapoteuse derrière son bureau à Matignon, en disant, est-ce qu'il va dire du bien de moi ? C'est vrai qu'il a fait le service minimum. La vérité, c'est que, qu'est-ce que fait Elisabeth Borne ? Globalement, elle applique le plan de route présidentiel. C'est vrai que là aussi, le lien de proximité avec les Français, il est cassé. Mais tant qu'Emmanuel Macron n'a pas de plombée, tant qu'il n'a pas d'alternative crédible, il n'a pas de raison de changer Elisabeth Borne. D'autant que changer un Premier ministre sans avoir de nouvelles orientations de politique, c'est quelque chose de gratuit.

Et ce serait ressenti par les Français comme un gadget de communication. Et à la limite, là encore, c'est cohérent. Sachant qu'Emmanuel Macron, ce soir, n'avait pas grand-chose de nouveau à annoncer, il n'avait pas de raison de changer de Premier ministre.

14:18
Présentateur

Oui, ce qu'il aurait fallu finalement, ce serait d'aller... Enfin, il faudrait un Premier ministre qui change complètement et donc d'aller chercher d'un côté sur moins droite. Mais est-ce qu'il le peut vraiment ?

14:27
Invité

Alors, il pourrait l'essayer, même si ça n'a pas été simple. On l'a bien vu avec la réforme des retraites. On y faisait allusion à l'instant. Les Républicains ont été, en tout cas pour une partie d'entre eux, réticents à s'engager sur une réforme qui pourtant faisait partie de leur programme. Je pense qu'il n'y a pas de solution. Pourquoi ? Parce que si Emmanuel Macron part à droite, il va perdre la gauche de sa majorité. Or, il y a un nombre substantiel de députés renaissances qui sont issus du Parti Socialiste. Et donc, en fait, on est dans une espèce d'hésitation permanente. L'exemple le plus caricatural, c'est la loi sur l'immigration qui a été annoncée puis reportée.

Je crois qu'on en est à six fois. Je ne sais même plus quel est le dernier épisode. Si, aux dernières nouvelles, on va y avoir droit à cette loi.

15:13
Présentateur

Mais ce sera en septembre.

15:14
Invité

Voilà, ça sera en septembre. Jusqu'à la prochaine interview, on nous dira que finalement, il faut prendre le temps de la négociation. Donc, qu'est-ce que fait Emmanuel Macron ? Il essaie de gagner du temps. On voit bien la fragilité de ce dispositif. La vérité, c'est que, comme il n'a pas de majorité solide à l'Assemblée, eh bien, il est entravé. Ça ne correspond pas à son tempérament énergique. Et d'où cette image d'un président de la République qui a l'impression qu'on ne le comprend pas, que les Français ne sont pas à la hauteur de ses espérances. Mais ce sont les Français qui ont choisi. Ils ont choisi de le réélire, mais ils ont choisi de ne pas lui donner de majorité claire.

Et évidemment, c'est compliqué.

15:49
Présentateur

Merci beaucoup, Guillaume Roquette, d'avoir été avec nous. Merci à vous, les internats, d'avoir été nombreux à nous suivre. Je vous renvoie vers cet article que vous pouvez retrouver sur le site du Figaro. Ukraine, baisse d'impôt, inflation, ce qu'il faut retenir de l'interview télévisée d'Emmanuel Macron. Vous pouvez bien sûr retrouver ce live en replay pour ceux qui ont raté le début. Merci une nouvelle fois, Guillaume Roquette. Et je vous dis à bientôt pour de nouveaux lives sur Figaro Live. Sous-titrage Société Radio-Canada