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InterviewCNEWS (sur YouTube)· 5 mai 2026 19 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & familleEnvironnement & énergie

La grande interview : Dominique Schelcher

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez que les prix pourront un jour revenir à ceux d'avant la guerre ?

  • 0:50OuverteRéponse directe

    Les infrastructures et la reprise du trafic maritime peuvent prendre beaucoup de temps ?

  • 1:23OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'on vous a demandé ? On vous a demandé de faire des efforts sur les prix et vos marges ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Il y a toujours cette menace d'un décret pour encadrer les marges des distributeurs ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Le sujet n'est pas aussi un peu du côté de l'État, qui encaisse les surplus liés aux taxes sur le carburant ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    C'est l'État qui profite de la crise aujourd'hui ou pas, pour vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25InvitéFait
    « La clé de la réponse à cette question, c'est la fin du conflit. »
  • 2:57InvitéChiffre
    « Il y a 150, 180 millions de dégagés sur la période. »
  • 5:15InvitéChiffre
    « Au mois d'avril, la consommation de carburant est en baisse de plus de 15% en volume. »
  • 6:04InvitéChiffre
    « Le gasoil en Allemagne est à 1,90 €. »
  • 7:17InvitéFait
    « Il y a toute une autre France, celle que nous, on connaît particulièrement dans nos magasins, dans les territoires de France, qui utilisent la voiture tous les jours, pour qui c'est une extrême difficulté. »
  • 8:52PrésentateurChiffre
    « Les prix ont augmenté de 2,2 % sur un an, selon l'INSEE. »
  • 13:50InvitéFait
    « Le taux de chômage des jeunes diplômés est en train d'augmenter. »
  • 13:54InvitéChiffre
    « Il y avait 5 millions de jeunes Français, jeunes adultes, qui sont à la maison chez leurs parents parce qu'ils n'arrivent pas à se loger. »
  • 16:33InvitéChiffre
    « 52% exactement, d'après une dernière étude qui vient de sortir, ça n'est plus possible. »
  • 17:34InvitéFait
    « Elle aurait pu tenir 20 ans de plus. »
  • 17:49InvitéFait
    « La promesse qui avait été donnée au départ, je ferme, mais je vais créer autant d'emplois qu'en seront détruits, n'est pas tenue. »
  • 18:01InvitéChiffre
    « Au mieux, on aura peut-être 300, 350 emplois par rapport aux 2000 qui étaient là sur le site avant. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur25 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Dominique Schelcher, PDG de Coopérative. Bonjour à vous.

0:06
Invité

Bonjour Laurence Ferraille.

0:07
Présentateur

Bienvenue. Ce matin, on a beaucoup de questions concernant le pouvoir d'achat des Français. Hier, Donald Trump a lancé une opération pour débloquer le détroit d'Ormuz. Le baril de pétrole est reparti à la hausse. En France, les prix évidemment à la pompe continuent de flomber. Est-ce que vous pensez, Dominique Schelcher, que les prix pourront un jour revenir à ceux qu'ils étaient avant cette guerre ?

0:25
Invité

La clé de la réponse à cette question, c'est la fin du conflit. Et je dirais, il y a deux clés. Un, la fin du conflit pour que le baril se détende. Et deux, il y a la question derrière de combien de temps dureront les réparations de toutes ces installations qui ont été endommagées. Donc on a plein d'incertitudes. Ça peut durer des mois et des mois, c'est ça ? Et donc, ça peut durer longuement, malheureusement. Donc vraiment, il faut que le conflit se termine au plus vite.

0:50
Présentateur

C'est-à-dire les infrastructures, la reprise du trafic maritime, tout ça peut prendre beaucoup de temps, c'est ça ?

0:55
Invité

Absolument. On ne sait pas exactement, mais selon certains experts qui s'expriment, un certain nombre de dégradations sont quand même très fortes. Donc il y aura du temps de reconstruction. Ça veut dire que les chaînes d'approvisionnement sont durablement perturbées. Et donc, tant qu'on n'aura pas de la visibilité là-dessus, on ne peut pas se prononcer sur le retour à un prix bas du carburant.

1:15
Présentateur

Hier, vous étiez avec vos concurrents distributeurs reçus à Bercy par le ministre de l'Économie et la porte-parole du gouvernement pour un contrôle de vos marges. Qu'est-ce qu'on vous a demandé ? On vous a demandé de faire des efforts sur les prix et vos marges ?

1:28
Invité

Le gouvernement veut s'assurer qu'il n'y a pas de profiteurs pendant cette crise. Et donc, nous, ça fait maintenant plusieurs fois qu'on va à ces réunions à travers nos représentants. Je n'étais pas personnellement. On explique que dans la grande distribution, en tout cas, et chez Coopérative U en particulier, on gagne 1, 2, 3 centimes au litre sur le carburant et que notre marge de manœuvre est extrêmement faible. Le gouvernement n'a pas de marge de manœuvre budgétaire. Nous n'avons pas, dans notre entreprise, de marge de manœuvre sur ce produit non plus. C'est un produit d'appel. Actuellement, on fait tout pour qu'il soit au plus bas et pour continuer à attirer nos clients.

Donc, on ne gagne rien sur le carburant.

2:06
Présentateur

Donc, il y a toujours cette menace d'un décret pour encadrer les marges des distributeurs. Il ne brandit toujours ça, le gouvernement ?

2:12
Invité

Le gouvernement en parle. Il en parle dans cette réunion. Je pense que le gouvernement sait que ça n'est pas la solution et que fondamentalement, ça ne changera pas grand-chose. Et donc, là-dessus, il ne faut pas laisser penser aux Français qu'un tel décret changerait fondamentalement les prix du carburant. Le vrai sujet, je vais vous dire, et je pense que tout le monde l'a compris, on a mis du temps. On a fait beaucoup de pédagogie, moi et mes confrères, ces derniers temps. Maintenant, les gens ont compris que le sujet, il est plutôt du côté des raffineurs, des spéculateurs du carburant, mais pas tellement au niveau de la grande distribution qui se bat sur ce produit d'appel.

2:46
Présentateur

Et le sujet n'est pas aussi un peu, Dominique Schellcher, du côté de l'État, qui lui aussi encaisse quand même les surplus liés aux taxes sur le carburant ?

2:53
Invité

Alors, c'est ce qui a été expliqué hier également. Il y a 150, 180 millions de dégagés sur la période. Cet argent va être réutilisé à aider les rouleurs, les grands rouleurs, comme on dit, dans quelques jours, puisque les aides vont s'ouvrir. Donc voilà, ce qu'il gagne en plus, il le donne d'un autre côté. Et par ailleurs, voilà, en déficit budgétaire, on a des difficultés à aider davantage.

3:20
Présentateur

Mais c'est l'État qui profite de la crise aujourd'hui ou pas, pour vous, Dominique Schellcher ? Puisqu'il cherche les profiteurs de crise.

3:27
Invité

Moi, le maillon qui aujourd'hui, je pense, pourrait faire plus, et j'avais déjà lancé un appel et je le relance ce matin, c'est le maillon des raffineurs. Total Energy, moi, j'ai un immense respect pour Total Energy, cette belle réussite, la formidable réussite de Patrick Pouyanné à la tête de cette entreprise, mais il a une immense responsabilité. Alors, il retourne une partie de ses bénéfices avec les actions qu'il fait dans ses stations. Plafonnement des prix. Plafonnement des prix, etc. Mais il pourrait faire un effort supplémentaire en vendant moins cher à l'ensemble des distributeurs pour que tous les Français en profitent. Les stations Total Energy ne touchent pas tous les Français.

Donc, s'il nous vendait son carburant un peu moins cher, on pourrait nous aussi le vendre moins cher. Donc, nouvel appel ce matin à votre micro.

4:14
Présentateur

Sébastien Lecornu lui dit aussi la même chose. Il faut vendre cette essence moins cher. C'est la seule solution aujourd'hui.

4:21
Invité

C'est la seule solution aujourd'hui. Il n'y en a pas d'autres. Je pense que, voilà, on en discute réunion après réunion à Bercy. Et je pense que les choses, maintenant, sont de plus en plus claires. Et encore une fois, la clé de la résolution du problème, c'est la fin du conflit.

4:38
Présentateur

Dominique Schellcher, vous êtes évidemment aux prises avec le PIRL, avec vos clients qui viennent dans les magasins. Concernant les aides accordées par le gouvernement, est-ce qu'elles sont suffisantes ? On vient de le dire, elles seront prolongées au mois de mai, reconduites au mois de mai, pour les gros rouleurs. Mais ça ne concerne pas 95% des Français aujourd'hui qui ont besoin, en province notamment, de leur voiture. S'il y a un besoin vital, ils ne peuvent pas faire autrement.

5:00
Invité

Je pense que le principe est bon d'aider ceux qui en ont le plus besoin. Il faudra continuer à surveiller ça. Mais vous savez, les Français sont extrêmement résilients. Ils vont de crise en crise, comme nous, les chefs d'entreprise, depuis des années. Et ils s'adaptent. Chez Coopérative U, au mois d'avril, la consommation de carburant est en baisse de plus de 15% en volume. 15% en volume.

5:23
Présentateur

Dès combien de temps que ce n'était pas arrivé ?

5:25
Invité

Très longtemps. Très longtemps. C'est 5% depuis le début de l'année quand on lise tout. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les Français ont changé de comportement, prennent moins la voiture, s'organisent pour voyager à plusieurs, vont moins loin, viennent moins souvent faire les courses. Voilà. Tout ça est parti. Ils s'adaptent. Ils n'attendent pas forcément, voyez, ce qui va peut-être arriver d'ailleurs.

5:48
Présentateur

Il y a ces aides du gouvernement pour, on l'a dit, les gros rouleurs. Et puis, il y a les demandes de certains partis politiques de baisser les taxes, baisser la TVA, plafonner les prix pour la France insoumise. Est-ce que ça, c'est une des solutions qui seraient envisageables pour vous ?

6:03
Invité

D'autres pays l'ont fait. Moi, mon magasin est en Italie, au bord de l'Allemagne. Actuellement, le gasoil en Allemagne est à 1,90 €. D'ailleurs, tous les Alsaciens franchissent la frontière et vont l'acheter en Allemagne. Mais la difficulté de la France, c'est qu'elle n'a pas les moyens d'une aide massive de ce type-là, je pense. Et c'est pour ça que, sous cette contrainte, le gouvernement ne décide pas de cette solution-là.

6:28
Présentateur

Il y a des taxes, notamment la taxe sur les certificats d'économie d'énergie, qui servent à la transition énergétique pour nous rendre moins dépendants, justement, de cette manne pétrolière. Et il faut les maintenir, ces taxes, ou les baisser temporairement pour donner une petite bouffée d'air aux Français ?

6:41
Invité

C'est à un moment la proposition que notre fédération avait faite. Maintenant, moi, je trouve délicat, en fait, de faire une baisse pour tout le monde, parce qu'en même temps, tous les Français n'ont pas besoin de cette aide. Disons-le, la France, aujourd'hui, est très polarisée. Il y a des Français qui arrivent à épargner, pour qui les 30 euros en moyenne de carburant en plus, ça n'est pas une trop grande difficulté. Par contre, il y a toute une autre France, celle que nous, on connaît particulièrement dans nos magasins, dans les territoires de France, qui utilisent la voiture tous les jours, pour qui c'est une extrême difficulté. Et c'est elle qu'il faut aider avant tout.

Donc, moi, je ne serais pas pour une aide pour tout le monde, en fait, aujourd'hui, du tout.

7:23
Présentateur

Vous dites que les Français ont modifié leurs habitudes. Et donc, roule-moi, quand ils viennent dans les magasins, ils achètent plus, du coup, parce qu'il faut faire des provisions pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines ?

7:33
Invité

C'est exactement ça. Donc, le premier arbitrage, on l'a dit, c'est autour de la voiture. Et maintenant, on commence, depuis après Pâques, à voir que ça change dans les magasins. Donc, par exemple, le non alimentaire. Donc, par exemple, actuellement, les salons de jardin pour sa terrasse, etc. Ça, c'est très arbitré. Ça, c'est beaucoup moins acheté. On sent également un afflux de vente sur les marques de distributeurs. Donc, notre marque U, c'est 20 à 25 % moins cher. C'est de grande qualité aujourd'hui. Les gens l'ont compris. Et très rapidement après, ce qui est questionné aussi, par exemple, un des premiers produits, c'est la viande. La viande est très chère dans un panier.

Donc, il y a des premiers mouvements sur ce sujet-là.

8:12
Présentateur

C'est-à-dire que les Français ne consomment plus de viande. Peut-être une fois par semaine.

8:17
Invité

Exactement. Pas tout à fait autant. C'est l'explosion des œufs actuellement. C'est une protéine pas chère. Donc, ça, c'est totalement confirmé. Les gens achètent énormément d'œufs. Voilà. Donc, les arbitrages sont en cours. Les gens se serrent la ceinture. Et alors, il y a un sujet dont on nous parle tout le temps, etc. C'est « je vais revoir mon organisation pour les vacances d'été. J'irai moins loin. Je ne prendrai peut-être pas la voiture. Et peut-être, je ne partirai pas ». 50 % des Français ont dit qu'ils reverraient leurs dépenses de vacances.

8:46
Présentateur

Ça, c'est vraiment un phénomène très important. Dominique Schelcher, PDG de Coopérative. On est sur CNews et sur Europe 1. Il y a aussi les chiffres de l'inflation qui sont tombés. Les prix ont augmenté de 2,2 % sur un an, selon l'INSEE. Ça veut dire que vous allez être confronté à des hausses de prix en rayon ?

9:02
Invité

Pour l'instant, nous ne faisons que répercuter encore les dernières négociations commerciales qui s'étaient arrêtées le 28 février. Il n'y a pas, à date d'aujourd'hui, d'impact de cette nouvelle guerre en Iran sur les prix dans les magasins. Il y a lundi prochain, une réunion que les ministres provoquent, une réunion de suivi des filières où seront présents les industriels et nous-mêmes. Et où il y aura une discussion, faut-il ou pas, réouvrir les négociations commerciales. Nous, on est extrêmement prudents là-dessus et on ne le souhaite pas. Pourquoi ? Parce que déjà, le phénomène est beaucoup moins massif qu'en 2022, au moment de l'éclatement de la guerre en Ukraine.

On a beaucoup moins de demandes. Et pour l'instant, nous, ce qu'on dit, c'est que chacun prenne encore un peu sur lui. Par exemple, livrer des magasins tous les jours, ça nous coûte beaucoup plus cher en carburant. On l'assume nous-mêmes pour l'instant. Donc je dirais que chacun fasse comme ça pour l'instant. Et parce que sinon, c'est la porte ouverte à une inflation importante, je pense, et que les Français ne peuvent pas assumer aujourd'hui.

10:04
Présentateur

Mais les industriels, évidemment, eux, poussent pour des négociations commerciales. Ils disent, évidemment, ça nous coûte plus cher d'acheminer les produits, les matières premières et ensuite de les distribuer. Est-ce qu'il y a la pression sur vous, sur les magasins, risque d'être très forte dans les prochaines semaines ?

10:19
Invité

Elle est là, mais encore une fois, elle est beaucoup moins forte qu'en 2022. Donc, sachons raison gardée tous, analysons les choses. Il y aura cette réunion la semaine prochaine. Mais encore une fois, les Français, la consommation, ne peuvent pas se permettre une hausse brutale des prix aujourd'hui. Je rappelle qu'après 2022, c'était 21% de hausse de l'alimentaire sur trois ans. Et que ça avait cassé la consommation pendant trois ans, voire quatre ans. Pour la première fois, c'est en 2025 que la consommation était de nouveau positive en volume. La consommation, c'est un moteur de la croissance et de l'économie française. Est-ce qu'on veut casser ça encore une fois ?

Donc, soyons extrêmement prudents, parce que derrière, les conséquences sont en chaîne quand la consommation n'est pas au rendez-vous. Donc, analysons les choses, la tête froide.

11:07
Présentateur

C'est-à-dire qu'il y a conséquences sur le chômage, conséquences sur…

11:10
Invité

Mais tout s'enchaîne, tout s'enchaîne. Moins de consommation, c'est un peu moins de production dans les usines. C'est effectivement peut-être un peu de tension sur les prix. Donc, c'est un enchaînement extrêmement négatif.

11:21
Présentateur

Dominique Schelscher, vous parliez tout à l'heure des spéculateurs, ceux qui font de l'argent sur cette guerre et cette hausse des prix. Vous ciblez qui les multinationales, les grands groupes, ceux avec qui vous négociez ?

11:32
Invité

Je cible… Quand je cite ce nom-là, je cite particulièrement les acteurs du marché du carburant à Rotterdam, où il y a évidemment des raffineurs, des grandes entreprises, mais il y a aussi des gens qui achètent et revendent du carburant et se font sans doute actuellement des marges très importantes. C'est eux que je cible. Et eux devraient faire un effort pour l'ensemble des Français et finalement des Européens, puisque c'est un marché européen.

11:55
Présentateur

Dominique Schelscher, vous croisez les Français tous les jours. Vous avez un magasin à Fessenheim, on va en parler dans un instant. Que vous disent les Français ? On les sent très résignés, parce que bon, ils se sont révoltés au moment des Gilets jaunes, mais parce qu'il y avait des décisions qui avaient été prises par le gouvernement qui avait motivé cette révolte. Là, c'est tellement exogène, ça ne dépend tellement pas de la France.

12:12
Invité

Ils sont résignés ? Il n'y aura pas de révolte sociale ? C'est exactement tel que vous le décrivez. On sent des Français résignés et je dirais résilients, c'est-à-dire qui essayent de s'adapter à cette situation une fois de plus. S'ils vont de crise en crise, ils trouvent des solutions. Il y a des organisations. Blabla Car n'a jamais autant progressé que ces derniers jours, parce que les Français s'organisent pour voyager ensemble, etc. Et en même temps, ce qu'on commence à entendre maintenant, puisqu'on est à un an près, c'est beaucoup d'espoir autour de la présidentielle 2027. Les gens espèrent qu'autour de cette échéance, leur quotidien puisse changer positivement. Ça, on l'entend.

12:50
Présentateur

Ils espèrent que quelqu'un aura une baguette magique pour résoudre leur problème de pouvoir d'achat.

12:53
Invité

Personne ne croit à la baguette magique, tout le monde sait que ça va être extrêmement difficile. Mais ils rêvent d'un homme ou d'une femme et d'un projet fort. Ça, oui, c'est dans les conversations.

13:03
Présentateur

Et dans ce que vous entendez dans les propositions des partis, notamment sur la question des carburants, il y a des choses qui vous paraissent sensées. Baisse de la TVA, plafonnement des prix. Est-ce qu'il y a des projets qui vous semblent intéressants ?

13:13
Invité

Pour l'instant... En sachant que vous êtes un politique, évidemment. Absolument, absolument. Les projets, on n'en a pas le détail aujourd'hui. On va être très impatients de les découvrir. Moi, si vous voulez, ce que je ne cesse de dire aux hommes politiques et aux femmes politiques que je rencontre, c'est qu'il faut revaloriser le travail. Revaloriser le travail, pour moi, c'est quoi ? C'est déjà baisser les charges sur le travail pour que les chefs d'entreprise puissent augmenter les salaires. Ça, à mon avis, c'est une clé. Premier point. Deuxième point, ce qu'on attend dans les programmes que vous évoquez, c'est un message pour les jeunes. Les jeunes ne sont pas bien aujourd'hui.

Le taux de chômage des jeunes diplômés est en train d'augmenter. Saviez-vous qu'il y avait 5 millions de jeunes Français, jeunes adultes, qui sont à la maison chez leurs parents parce qu'ils n'arrivent pas à se loger, parce que le logement est trop cher ? Trouver une solution sur le logement en 2027 pour les jeunes, pour qu'ils accèdent à se loger, va être fondamental. La formation va être importante au moment où l'intelligence artificielle arrive à vitesse grand V. Voilà parmi les grands sujets qui, nous, nous préoccupent, où on attend des réponses, évidemment, et des programmes forts l'année prochaine.

14:24
Présentateur

Dominique Schellcher, il y a eu toute une polémique autour du 1er mai, l'ouverture des boulangers, des fleuristes. Est-ce qu'il y a une question de fond, évidemment, qui sous-tend cette thématique ? Est-ce que les Français travaillent assez ? Est-ce qu'il faut qu'ils travaillent plus dans les années à venir ?

14:36
Invité

Les analystes économiques le disent. Le sujet n'est pas que chacun doit travailler plus. Le sujet, c'est le volume global de travail en France. On est décalé par rapport aux autres pays européens. Donc ça, c'est un sujet. Ça veut dire que les jeunes devraient accéder un peu plus tôt au travail, et parfois que les plus anciens devraient travailler un peu plus longtemps. C'est en gros ça le sujet. Mais autour du 1er mai, je vais vous dire, nous, on n'est pas du tout demandaires de ce sujet-là.

15:00
Présentateur

Vous ne voulez pas ouvrir le 1er mai ?

15:01
Invité

Mais non, nous, on dit, à un moment, il faut que ça s'arrête. Il faut que nos collaborateurs puissent se reposer. Par contre, que les fleuristes et que les boulangers puissent s'ouvrir librement s'ils le souhaitent, ben voilà. Mais nous, on n'est pas du tout demandaires sur ce point-là.

15:14
Présentateur

Mais travailler plus longtemps aussi pour que notre modèle social soit pérenne, je pense aussi au système des retraites. Il faudra travailler plus dans les années qui viennent, à venir, même si l'intelligence artificielle va balayer un certain nombre de métiers ?

15:25
Invité

C'est toute la question de fond que devra essayer de résoudre. Devront résoudre les programmes l'année prochaine, de trouver une réponse à cette équation qui est extrêmement complexe, mais dont on sent bien qu'il faut maintenant la résoudre. Vous savez, je reviens du Japon. Le Japon qui est complètement en avance sur le vieillissement de la population, des gens qui vivent beaucoup seuls. une tension extrême dans le monde du travail. Là-bas, on ne parle plus de j'ai combien de collaborateurs dans mon entreprise, mais j'ai combien de personnes par heure qui pourront tenir mon magasin. On en est là. On en est là.

Ils n'ont plus que 20% de salariés, 80% de gens qui viennent travailler 2-3 heures dans une semaine dans un magasin pour le tenir. Il faut aller voir à l'étranger. J'invite nos hommes et nos femmes politiques à circuler, à aller voir ce qui se passe ailleurs. En Chine aussi. Comment d'autres pays ont résolu ce type de situation pour s'en inspirer et apporter les bonnes solutions aux Français.

16:24
Présentateur

Et pour rapprocher le brut du net, comme vous le disiez, vous faites cette comparaison. Il y a 50 ans, un salarié touchait 70% de son salaire. Aujourd'hui, il touche à peine 50%.

16:33
Invité

52% exactement, d'après une dernière étude qui vient de sortir, ça n'est plus possible. On fait trop porter au travail le coût de notre protection sociale. Et ça, il faut le revoir. Il faut trouver des équilibres différents. Et nous, on s'engage, chef d'entreprise en tout cas de notre côté, si les charges baissent, on augmentera les salaires. Et ça, c'est revaloriser le travail, c'est redonner de l'espoir à un certain nombre de personnes, et particulièrement aux jeunes.

16:57
Présentateur

Une dernière question, Dominique Schellcher. Je disais que votre magasin est à Fessenheim. Le décret a été publié dimanche, qui autorise le démantèlement de l'ancienne centrale nucléaire. Je sais que c'est quelque chose qui vous tient à cœur, que c'est un véritable gâchis au plan local. On avait promis beaucoup de nouveaux emplois. Il y en a eu à ce jour toujours zéro. Aucun. Ok. Aucun. Donc, ça veut dire que là, on démantèle ce qui était une des plus grandes centrales françaises ?

17:21
Invité

Qui était la plus ancienne, qui était contrairement à toutes les caricatures. Et ça, c'est terrible d'avoir entendu ça. Elle était particulièrement à jour. Des centaines de millions d'euros avaient été investis. Elle aurait pu tenir 20 ans de plus. D'ailleurs, le premier réacteur venait de recevoir l'autorisation de l'autorité de sûreté nucléaire pour une prolongation de 20 ans. Le deuxième l'aurait eu aussi. Et après, on a dit non, mais de toute façon, elle était vieille, etc. Donc, c'est un gâchis. Et c'est un mensonge d'État, ce que vous nous dites. C'est un gâchis.

Et surtout, ce qui est gênant, c'est que la promesse qui avait été donnée au départ, je ferme, mais je vais créer autant d'emplois qu'en seront détruits, n'est pas tenue. Il y a deux projets encore qui tiennent. Certains élus se battent aujourd'hui pour les faire aboutir. Mais au mieux, on aura peut-être 300, 350 emplois par rapport aux 2000 qui étaient là sur le site avant. Donc, quelque part, oui, c'est un gâchis. Et c'est une immense tristesse pour cette population et pour cet équipement industriel qui était le plus beau de l'Alsace.

18:17
Présentateur

Et quand vous voyez que désormais, on a fait volte-face sur la question du nucléaire, on va construire de nouveaux réacteurs, vous dites, quel gâchis, encore une fois ?

18:24
Invité

C'est d'autant plus déceptif.

18:26
Présentateur

Bon, en tout cas, merci beaucoup, Dominique Kachelcher, d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe 1 pour évoquer ce pouvoir d'achat des Français qui nous préoccupe tant. Bonne journée à vous.

La grande interview : Dominique Schelcher · Pourquijevote