13-Novembre: les commémorations débutent par le Stade de France
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Sophie DiazFait
« Manuel Diaz, 28 avril 1952, 13 novembre 2015. »
- 2:00Sophie DiazFait
« Ces appels frénétiques toute la nuit, dans l'espoir de le retrouver, restent gravés à jamais. »
- 4:00Sophie DiazFait
« On nous dit de tourner la page dix ans après, mais l'absence est immense, le choc est intact et l'incompréhension règne toujours. »
- 6:00Mathieu AnotinFait
« Le 13 novembre 2015, à 21h20, l'ambiance joyeuse d'un match amical au stade a laissé place à l'effroi. »
- 8:00Mathieu AnotinFait
« Les spectateurs ont bien sûr connu une longue attente empreinte d'angoisse, mais grâce à l'intervention des forces de police, des gardes républicains présents sur place, des pompiers, des stadiers, des bénévoles de la sécurité civile et tant d'autres, ils ont pu rentrer chez eux, sains et saufs. »
- 10:00Mathieu AnotinFait
« Cette nuit-là, Saint Denis a retenu son souffle, écoutant l'assaut, témoin silencieux de la fin de la traque des assassins. »
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Ici, à Saint-Denis, de nombreuses personnes ont été blessées et avec chacune d'entre elles la République dans son ensemble. Ici, en porte D du Stade de France, est décédé monsieur Manuel Diaz, première victime de cette soirée tragique. Je vais vous donner lecture de la plaque qui salue sa mémoire à la mémoire de manuel diaz et en respect aux nombreux blessés et victimes du terrorisme sur ce lieu le soir du 13 novembre 2015.
Manuel Diaz, 28 avril 1952, 13 novembre 2015. La parole est maintenant à madame Sophie Diaz, fille de monsieur Manuel Je prends la parole aujourd avec une émotion immense, celle d'une fille, d'un parent, d'un frère, d'une soeur, d'un ami, d'une personne à qui l'on a arraché quelqu'un que l'on aimait profondément. Depuis ce 13 novembre, il y a un vide qui ne soccombe le pas.
Une absence qui pèse chaque matin et chaque soir depuis dix ans. Mais il Il y a aussi les souvenirs que rien ne pourra effacer. Mon père aimait la vie.
Il croyait en la liberté, en la joie simple d'être ensemble, de partager des moments précieux avec les et nous a inculqué les valeurs de la République. C'est cela que la haine a voulu détruire, mais c'est cela justement que nous portons aujourd'hui, plus fort que tout malgré la douleur malgré l'absence et ce trou béant nous restons debout cette terrible nuit du 13 novembre il nous a été arraché de l'eau. Cette terrible nuit du 13 novembre, il nous a été arraché, lui qui était passionné de foot, qui se faisait un plaisir de venir une fois de plus dans le cadre de sa profession, dans ce stade de France en effervescence pour y déposé des supporters.
Ces appels frénétiques toute la nuit, dans l'espoir de le retrouver, restent gravés à jamais. Ces minces espoirs auxquels nous nous accrochions, à après chaque appel reçu, pour enfin avoir la confirmation le lendemain midi. Je tiens à remercier l'indéfectible aide du Consulat du Portugal, ici présent et qui nous a soutenus dans les recherches tout au long de cette nuit interminable, qui a pu nous confirmer la fin tragique et inacceptable.
La bienveillance, de la cellule interministérielle mise en place juste après les attentats du 13 novembre et qui a été à notre écoute des jours durant. A la mairie de Saint-Denis, qui s'en relâche chaque année depuis 10 ans, s'efforce à nous rassembler pour ne pas oublier ce terrible drame. Nous n'oublierons jamais.
On nous dit de tourner la page dix ans après, mais l'absence est immense, le choc est intact et l'incompréhension règne toujours. Dix ans après, j'aimerais savoir pourquoi, j'aimerais comprendre, j'aimerais que ces attentats cesse, malheureusement nous sommes impuissants. On ne peut accepter ces agissements à répétition, cette haine envers notre pays et notre peuple.
Le devoir de mémoire est précieux, puissons-nous sensibiliser les jeunes générations, leur transmettre les valeurs de notre république, leur rappeler tous Tous ces innocents tombés, comme mon papa, partis bien trop tôt, sans raison aucune. Que les commémorations de cette tragique nuit du 13 novembre qui débute ce matin au Stade de France ne soient pas les dernières, que les générations à venir l'honorent et qu'elles perdurent dans le temps. Nous serons là et espérons que les gouvernements successifs le soient aussi.
Que le site du Stade de France ne soit pas oublié dans les livres d'histoire, que nos écoliers connaissent ce lieu où tout a commencé. La mémoire de mon père Manuel Dias vit à travers chacun de nous, dans chaque geste de paix, dans chaque regard d'amour. Puissons-nous ne jamais oublier et continuer à faire vivre ce qu'il incarnait.
Le respect, la tendresse, l'amour de son prochain et de la vie. Puissons-nous vivre dans un pays libre Serein et serein, merci à tous. Merci.
La parole est à M. Mathieu Anotin, maire de Saint-Denis et président de Pleine-Commune. M. le Président, M. le Premier Ministre, Messieurs les anciens premiers ministres, Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement, Madame la présidente de l'Assemblée nationale, mesdames messieurs les sénateurs mesdames messieurs les députés madame la présidente de région Monsieur le vice-président du département, Madame la maire de Paris, Mesdames, Messieurs les maires et les élus de Seine-Saint-Denis et de Pleine-Commune, Mesdames, Messieurs les représentants des forces de l'ordre, des autorités judiciaires et des services de secours mesdames messieurs les représentants des associations de victimes monsieur le président de la société d'exploitation du stade de france chère famille cher dionisienne cher dionisien cher parisien cher parisien parisienne.
Dix ans. Dix ans ont passé et pourtant le 13 novembre 2015, c'était hier. Chacun et chacune d'entre nous ici le ressent tant la peur, la La douleur et le choc de cette soirée sont encore vivaces.
Dix ans après, Saint-Denis se souvient. Comme chaque année, nous nous retrouvons devant la porte D du Stade de France où résonnent encore les détonations des trois ceintures d'explosifs déclenchés par les terroristes islamistes. Deux explosions ont eu lieu ici même, avenue Jules Rimet et la dernière dans l'impasse de la coquerie que nous fleurissons depuis deux ans en amont de cette cérémonie.
C'est à quelques mètres d'ici que Manuel Diaz est mort. Je veux adresser toute ma sympathie à sa famille et à ses proches qui sont avec nous aujourd'hui. Permettez-moi de remercier particulièrement sa fille Sophia pour les mots bouleversants qu'elle vient de nous adresser en mémoire de son père.
Je veux vous dire que notre ville n'oubliera jamais celui que vous avez perdu le 13 novembre 2015. Manuel Diaz est le premier nom d'une liste affreusement longue, la première vie fauchée par l'obscurantisme et la barbarie ce soir-là. Il était chauffeur d'autocar.
Il avait amené des supporters voir le match amical France-Allemagne. Il était à la terrasse du bar Lievent, juste derrière nous, quand la première déflagration a eu lieu. Je pense aussi à l'ensemble des victimes blessées par les kamikazes qui ont survécu, mais dont les séquelles physiques et psychologiques sont terribles.
Des dionysiennes et des dionysiens, des visiteurs, des travailleurs, des cafés et des Des commerces voisins, des clients du McDonald's ou tout simplement des passants attirés par l'effervescence du match. Des femmes et des hommes qui sont pour nombre d'entre eux ici et qui ont vu ce soir-là leur vie basculer eux aussi je les salue et je veux eux aussi leur témoigner l'entière solidarité de la ville de Saint-Denis guérir de cet événement est un combat de tous les jours nous savons que cette soirée vous a marqué avis et nous sommes à vos côtés. Je veux aussi évidemment remercier pour leur action les trois associations présentes à cette cérémonie 13-11-15, Life for Paris et et l'Association française des victimes du terrorisme.
Le 13 novembre 2015, à 21h20, l'ambiance joyeuse d'un match amical au stade a laissé place à l'effroi. J'aimerais à ce moment rappeler le sang-froid, le courage et la lucidité du préfet de la Seine-Saint-Denis de l'époque, Philippe Galli, qui est avec nous aujourd'hui, qui a su prendre les décisions nécessaires pour éviter la panique et protéger les 80 000 personnes présentes dans l'enceinte. Les spectateurs ont bien sûr connu une longue attente empreinte d'angoisse, mais grâce à l'intervention des forces de police, des gardes républicains présents sur place, des pompiers, des stadiers, des bénévoles de la sécurité civile et tant d'autres, ils ont pu rentrer chez eux, sains et saufs.
Le lendemain, les abords du stade de France sur lesquels je me suis rendu ressemblaient à une zone de Saint-Denis était plongé dans le silence comme Paris, frappé de stupeur et de chagrin. Pour autant, pour notre ville, l'histoire ne s'est pas terminée ce jour là. Saint-Denis a tremblé une nouvelle fois le 18 novembre, lors de l'assaut du RAID et de la BRI contre l'immeuble du 48 rue de la République à l'angle de la rue du Corbillon où une partie des terroristes s'étaient réfugiés.
Au cours de l'assaut, 47 familles ont dû être évacuées en urgence de l'immeuble. Elles ont elles aussi été durablement traumatisées et en 2022, elles ont enfin été reconnues comme victimes du terrorisme. Je tiens à saluer l'action du maire de l l'époque, Didier Payard, des services de la ville et de l'Etat, mais aussi l'élan de solidarité des personnels de l'école de la rue du Courbillon et de nombreux habitants et habitantes qui ont permis d'accompagner toutes les victimes et de les reloger.
Lors de cette journée du 18 novembre, 17 000 personnes ont été confinées dans le centre-ville pendant l'intervention des forces de l'ordre. Partout dans la commune, des habitants ont été réveillés par par le son des 1500 munitions qui ont été tirées pour mettre les terroristes hors d'état de nuire. Cette nuit-là, Saint Denis a retenu son souffle, écoutant l'assaut, témoin silencieux de la fin de la traque des assassins.
Il y a 10 ans, Saint-Denis a été projeté au cœur d'une attaque terroriste qui dépassait très largement ses frontières communales. Le soir du 13 novembre, c'est notre pays tout entier qui, au travers du Stade de France, du Bataclan, des terrasses parisiennes, a été ciblée pour ce qui l'incarne le mieux, la liberté, la ferveur et la joie. Partagent la même douleur, la même résilience.
Nos deux villes se font face mais se soutiennent. Deux emblèmes insubmersibles du vivre ensemble. Deux survivantes avec la diversité pour flambeaux, deux bastions de France où la haine, malgré tous ses assauts, n'a pas su triompher.
Tout à l'heure, les cloches de la basilique répondront à celle de Notre-Dame pour rendre hommage ensemble à toutes les victimes. Elles sonneront pour Manuel Dias et pour chacune des personnes blessées ici même par les terroristes. Elles sonneront pour les 131 autres femmes et hommes que le fanatisme islamiste a emporter.
Elles sonneront pour toutes les familles et pour tous les proches qui ont dû pendant dix années penser leurs plaies et se reconstruire pas à pas. Elles sonneront pour célébrer notre liberté d d'être, de vivre, de penser. Cette liberté gravée aux frontons de tous nos bâtiments républicains.
Cette liberté chérie consubstantielle à l'âme française revendiquée par Pierre Mendès France. Cette liberté dont Paul Éluard, natif de Saint-Denis, partout écrit le nom. Cette liberté qu'Antoine Léris jette à la figure des terroristes au lendemain de l'assassinat de sa femme dans son texte bouleversant « Vous n'aurez pas ma haine ».
Vous voulez que j'ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité perdu l'histoire lui a donné raison oui dix ans après nous pouvons le dire les terroristes ont perdu dix ans après la france pleure toujours ses mort mais elle tient bon elle incarne encore ce qui met en rage les mercenaires du fanatisme de la destruction dix ans après la peur n'a pas pris le dessus les concerts ont recommencé au Bataclan les terrasses des cafés continuent de se remplir à chaque automne malgré le froid naissant l'année dernière Paris et Saint-Denis ont accueilli le plus grand événement sportif au Dans le stade de France devenu olympique, le rugissement colossal des foulons liesse s'est mêlé à la Marseillaise, scandée par la nation toute entière réunie. Ce dimanche, avec l'association française des victimes du ville des rois morts et du peuple vivant, comme l'appelait Jean Marsenac, chérit le souvenir de celles et ceux qui sont tombés et s'oppose plus que jamais à la haine et au repli sur soi. Le temps passe.
Le temps La France porte en elle ses attentats comme une blessure qui lentement cicatrise. Mais rien de ce que nous avons vécu ne s'efface. Pour toujours, Saint-Denis se souvient, et honore la mémoire des victimes du 13 novembre 2015.
Vive Saint-Denis, vive la République et vive la France ! Nous allons maintenant procéder au dépôt des gerbes. Garde à vous J'appelle maintenant les représentants des associations M.
Philippe Duperron pour l'association 13-11-15 et M. Arthur Desnouveaux pour l'association Life for Paris, accompagnée de Mme Diaz, épouse et veuve de Manuel et Monsieur Emmanuel de toutes les victimes blessées ou assassinées par les terroristes. Je vous remercie de bien vouloir observer maintenant une minute de le silence.
Je vous remercie. Et maintenant, notre hymne national, la Cette cérémonie officielle est maintenant terminée. Nous remercions l'ensemble des personnes présentes d'y avoir pris part pour ce temps mémoriel important.
Emmanuel Macron