L’ex-ministre de la Santé Aurélien Rousseau témoigne de son cancer à l'Assemblée
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue sur le plateau de quotidien. Voici une partie de l'équipe et le public. Je l'ai dit, vous êtes député place publique des Yvelines.
Vous avez 48 ans, vous avez été directeur de cabinet d'Élisabeth Borne à Matignon, puis ministre de la santé, vous avez claqué la porte du gouvernement suite à l'adoption du du projet de loi sur l'immigration. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous avez souhaité parler de votre cas personnel la semaine dernière, on l'a vu dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale. Je dois dire, je je n'ai pas réfléchi beaucoup à cela.
J'avais je souhaitais parler du cancer parce qu'autour de nous, je crois qu'on vit tous ça, des copains qui tout d'un coup vous disent "J'ai été dépisté." Et puis il y avait ce jour-là à l'assemblée comme souvent une succession de sujets qui est passé par Gaza, l'antisémitisme, le voilà et et c'est venu un peu l'idée de de me dire notre rôle de politique aussi. Jean-Michel Abatil disait tout à l'heure, c'est pas forcément de dire qu'on a des solutions, mais de pas laisser les gens tout seul avec des sujets intime, mais quand un sujet il concerne 4 millions de français comme le cancer, comme l'infertilité, comme l'endométriose, un sujet sur lequel je me suis beaucoup battu comme ministre, et ben il faut pas laisser les gens tout seul avec ça.
C'était pas anticipé. Non, je enfin je je c'était c'était je voulais parler du cancer évidemment mais c'est ce qui était spontané le fait que vous Oui, c'est ça. Quelque part dans ma tête je je évidemment je je savais que je je parlais aussi de moi, mais le fait de dire voilà je j'étais pas là pour ça et vos collègues étaient au courant ?
Mes collègues du groupe socialiste, oui, je les avais prévenus notamment parce qu'ils ont voté à ma place. Voilà, j'avais j'en avais parlé à Yel Bron PV aussi. Voilà.
Et donc j'ai eu beaucoup de soutien mais aussi euh je suis en situation sans doute plus qu'une qu'un qu'une personne qui est ouvrier dans les dans les TP ou quelqu'un qui est dans un job beaucoup un cadre de dire j'ai été diagnostiqué d'un cancer et donc je pense que quand on peut le dire et ben et ben il faut le dire parce que je m'aperçois avec les centaines de messages que j'ai reçu J'avais pas prévu que que ça libère une ça libère on a du mal à le dire. Voilà. Est-ce que je peux vous demander comment vous allez ?
Euh écoutez, ça ça va. Je suis je suis très bien suivi, pas loin d'ici avec je le savais déjà, mais le le l'hôpital et l'hôpital public en particulier, c'est quand même quelque chose d'extraordinaire et je suis crevé. Voilà, mais je je je me dis à postériori quand je suis sorti de l'hémicycle, je me suis dit "Mais qu'est-ce que pourquoi tu as pourquoi tu as dit ça Vous le regrettez ?
Non non, sur le coup, je me suis dit c'est peut-être un peu indécent ou voilà et puis je me suis dit finalement il fallait prendre ce risque d'être un peu impudique pas pour se raconter, pas pour se faire un petit personnage qui a souffert mais parce que je pense que c'est c'est c'est très près c'est très important à des moments de de sortir le les sujets de d'une sphère et de dire bah c'est à nous puissance publique aussi de les de les traiter. Ils sont traités. Et vous dites que le cancer c'est la solitude, le sentiment de solitude.
Pourquoi vous dites ça ? Oui, comme je pense comme toute maladie parce que c'est euh parce que par exemple c'est dire une faiblesse et quand vous êtes un homme ou une femme politique, dire une faiblesse, c'est déjà le sang qui commence à couler. Donc ça ça ça réveille l'odeur des Ça reste un tabou en politique, ça reste enfin en politique, c'est ça reste un tabou Voilà.
Mais le plus le plus lourd, c'est dans l'entreprise, voilà, où ça peut ça peut casser des carrières, briser des carrières. Voilà, moi ça ne brisera rien. Enfin, je je dernière fois que je suis venu chez quotidien 10 jours après, j'ai démissionné du gouvernement, donc j'en sais rien.
Mais mais euh mais le je ma responsabilité au fond, c'était de le de le de le dire, même si encore une fois, je sais pas pour dire tiens, je suis je suis souffrant et achetez-moi une croix quoi. C'était pas ça le c'était pas ça le but. Alors, vous avez donc demandé au gouvernement de s'engager à ce que les recherches en matière de cancer ne soient pas réduites.
Réponse. Est-ce que vous en avez une déjà de réponse ? Oui, une réponse un peu de principe sur le fait que ça ne sera pas réduit.
Mais il faut il faut voir que les recherches en matière de cancer, c'est à la fois des trucs extraordinaires qui se font partout. Il y a eu il y a 15 jours un congrès à Chicago où les Français tiennent toutes leur place. On les a eu ici en plateau.
C'est c'est de l'Institut Curry. C'est génial. de l'Institut Curri, de l'Institut Gustav Rousi, de l'assistance publique.
Mais c'est aussi moi le sujet qui presque me tient le plus d'accord, c'est celui de la recherche en matière de prévention parce qu'en fait aujourd'hui il y a des tas de cancers où on sait pas très bien comment les gens ont été touchés. Est-ce que c'est des perturbateurs endocriniens ? Est-ce que c'est la contraception orale ?
Est-ce que c'est des falates ? On sait pas les des des produits des particules microscopiques qu'on peut retrouver. Voilà donc dans dans des dans des matières plastiques vraiment.
Donc est-ce que est-ce que c'est ça ? Et c'est pour ça que vous demandez un registre national. Oui.
Et et le registre alors aujourd'hui en France quand vous êtes par exemple les cancers pédiatriques, il y a un registre national. Chaque médecin déclare le cancer et comme ça on peut faire des recherches, des extractions. Il y a des registres départementaux mais au final ces registres départementaux, on est obligé de faire des projections pour savoir quelles sont les dynamiques.
Et moi, mon obsession, c'est est-ce qu'on est au seuil d'une épidémie ? Enfin, c'est ce qu'on a l'impression de ressentir autour de nous, mais est-ce qu'on est capable de la de la de la documenter ? Parce qu'après sinon on se retrouve dans des situations folles à l'Assemblée nationale.
Dans quelques semaines, il y a eu le débat sur les néonicotidoïdes, le débat sur les ZFE où les mesures que j'avais annoncé qui ont été confirmées là sur les espaces sans tabac. C'est pour ça d'ailleurs que vous m'aveiez invité à l'époque. Euh on on a l'impression que la science c'est comme un argument d'autorité.
Non, la science c'est pas une c'est pas une opinion. Voilà. Donc moi, s'il y a un registre, est-ce que ça va pas remettre en cause le fait que notre dossier médical est censé rester privé ?
Non, parce que vraiment le le les données de santé, elles sont hyper euh hyper sécurisées, c'est les plus protégés. Euh parce qu'il y a déjà toutes ces données, par exemple, l'assurance maladie, elle a déjà une partie de ces données. Mais là, il faut qu'on les qu'on les classe de telle manière à ce qu'elles soit exploitable par les chercheurs.
Mais ça sera pas monsieur ou madame, voilà, ça sera X 123250 ou Y, voilà. Enfin, j'en sais rien. Quels seront les les intitulés.
Ça ça veut dire qu'on sait pas là combien il y a de cancer par an chez les Français dans chaque région et les ra et les raisons enfin les can ces données sont des données projetées à partir de données départemental mais en fait c'est pas très compliqué oui et non vous connaissez vous vivez ça sans doute. Une personne, elle commence son parcours de soins pas forcément pour un cancer. Donc après elle est le cancer est diagnostiqué.
Pour remonter tout le le dossier, c'est hyper compliqué. C'est tout le travail des systèmes d'information. L'assurance maladie est une mine pour ça.
Mais le fait de créer ce registre, c'est aussi le fait de se de de faire simultanément un travail pour dire ce qui se passe, dire ce qu'on sait et dire ce qu'on apporterait quoi ? Est-ce que c'est est-ce que c'est pour savoir si par exemple il y aurait des lieux euh plus à risque que d'autres ? Oui, absolument. des lieux sur des types de professions, des types de d'exposition qu'aujourd'hui on ne voit pas comme étant à risque euh et qui peuvent et qui peuvent l'être.
On a des explosions sur le cancer du pancréas. Est-ce que c'est les aliments ultra transformés ? au quel cas un des facteurs au quel cas les débats qu'on a à l'assemblée chaque année sur le nutriscore, la prévention, tout ça où vous recevez quand vous êtes député des milliers de mails de d'industriels qui vous disent vous allez me vous allez tuer mon entreprise si on pourra dire ben en fait l'aliment ultra transformé oui c'est un facteur de de de cancer voilà qui favorise le cancer donc c'est tout ça et puis oui on est face à des mouvements par exemple le réchauffement climatique Aujourd'hui, on sait très mal si ça a des conséquences, ce que ça a comme conséquence sur la physiologie humaine, peut-être sur le cancer.
Donc, il faut qu'on qu'on aille vers ces sujets-l pour voir arriver le ce que vous appelez le tsunami. C'est pas vous qui l'utilisez. C'était c'est le c'est le c'est le directeur général de l'Institut Gustave Roussi, le professeur Barlési, qui avait employé cette expression.
Alors, peut-être qu'elle est elle est elle est trop imagée. En tout cas, sans doute qu'on est au seuil d'une épidémie. C'est ce qu'on ressent.
Et parce qu'on détecte mieux ou parce qu'il y a plus de cas ? Il y a sans doute les deux mais on détecte pas vraiment mieux. Il y a il y a il y a plus de cas parce que parce que pour le coup sur certains cancers par exemple le cancer du sein ou la le le les programme on dépiste depuis longtemps et mieux mais là on on découvre des choses euh voilà et c'est là aussi et moi c'est une de mes de mes là aussi pardon deuxème obsession et pourtant on n'est pas encore aux questions mais deuxème obsession c'est de pas se planter y compris d'avoir par exemple une approche qui prenne en compte la différence entre les hommes et les femmes euh oui euh les contraceptifs les contraceptifs sans doute c'est un des facteurs.
Ça veut donc dire que la contraception masculine euh qui quand vous allez sur internet vous dites impossible et ben en fait les mecs il va falloir qu'on se pose sérieusement et beaucoup plus sérieusement la question parce que c'est une inégalité majeure et une inégalité de vie. Voilà. Et puis c'est aussi l'occasion de revoir que entre un ouvrier et un cadre, ben les différences de de les différences d'espérance de vie, elles sont elles sont majeures.
Voilà. Donc je pense que c'est important et ça l' d'autant plus que sinon on laisse la plante la place à tous les dingots. Moi j'ai eu après cette annonce le nombre de de commentaires, alors il faut pas les lire mais tu entends sur Twitter qui m'explique que bienfait pour ma gueule, j'avais pas qu'à proder la vaccination.
Ah oui ! Euh et donc c'est bien ça ben éclairer avec la science, c'est pas pour dire c'est une vérité révélée, mais pour dire toutes les opinions ne se valent pas en ce domaine. On marque une pause et on revient dans quelques minutes.
Aurélien Rousseau