Bernard Guetta : "Monsieur Trump ne gouverne pas l'Europe et il faudra qu'il s'y fasse"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:58OuverteRéponse directe
Est-ce que ça peut être, est-ce que c'est vraisemblablement un échange de prisonniers ?
- 1:53OuverteRéponse partielle
C'est un signe que les relations se réchauffent entre Paris et Moscou ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Comment l'Europe doit réagir après ces sanctions ?
- 5:29OuverteRéponse directe
Est-ce que vous ne voyez pas dans cette décision une réponse directe à l'amende infligée par l'UE à X ?
- 6:35OuverteRéponse directe
Est-ce que tout ça peut mettre à mal la relation entre Bruxelles et Washington ?
- 8:07OuverteRéponse directe
Les soutiens de Donald Trump pourraient dire que les États-Unis cherchent à protéger l'Europe. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Bernard GuettaFait
« ce qu'il y a dans cette proposition russe, quelle qu'elle soit, c'est le signe et en vérité la preuve que notre compatriote Laurent Vinatier n'est dans cette affaire pour les Russes qu'une monnaie d'échange. »
- 2:01Bernard GuettaFait
« Non, on réchauffe. Malheureusement, le mot est beaucoup trop fort aujourd'hui. »
- 2:13Bernard GuettaFait
« Il n'y a absolument aucune raison, alors que l'agression russe contre l'Ukraine est une affaire européenne au premier plan et non pas états-unienne au premier plan. »
- 2:42Bernard GuettaFait
« L'Europe a son mot à dire. »
- 2:56Bernard GuettaFait
« les Etats-Unis ont effectivement accepté de réviser leur plan. »
- 3:55Bernard GuettaFait
« La semaine même où les Etats-Unis interdisent d'accès Thierry Breton et quatre autres personnalités européennes au motif qu'ils seraient des partisans actifs de la censure, cette même semaine, le président américain lui-même appelle, et appelle en vérité, fait pression publiquement sur les grandes chaînes de télévision pour qu'elles suppriment les émissions humoristiques de fin de soirée. »
- 4:39Bernard GuettaFait
« afin, tout simplement, qu'on ne puisse pas y dire des choses qui sont interdites dans la presse écrite ou dans la presse audiovisuelle en Europe. »
- 5:29PrésentateurChiffre
« 120 millions d'euros, on le rappelle, infligée début décembre au réseau social X d'Elon Musk. »
- 5:47Bernard GuettaFait
« Les Américains veulent nous obliger, nous Européens, pas seulement nous Français, nous les Européens, les 27, à revenir sur la législation que nous avons adoptée au Parlement européen, notamment en 2022, sur la réglementation des sites numériques. »
- 6:06Bernard GuettaFait
« le président des États-Unis n'est pas le législateur des pays européens. »
- 6:29Bernard GuettaFait
« Comme ça, ce n'est pas M. Trump qui gouverne l'Europe. Il faudrait qu'il s'y fasse. »
- 6:49Bernard GuettaFait
« l'Amérique de Donald Trump ne nous considère absolument pas comme des alliés, mais comme des adversaires économiques et politiques qu'il faut briser. »
- 7:20Bernard GuettaFait
« Ils veulent que nous devenions, tout simplement, un protectorat des États-Unis. »
- 8:23Bernard GuettaFait
« Les États-Unis considèrent qu'aujourd'hui, l'Europe est menacée d'effacement civilisationnel. »
- 8:53Bernard GuettaFait
« Et ça, ça ne serait pas un danger. »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- Présentateur 229 %
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RTL Matin jusqu'à 9h30. 7h44 sur RTL. On est loin de l'idylle, décidément, entre Washington et Bruxelles. Intimidation inacceptable. Les leaders européens ont condamné avec virulence les sanctions prises par l'administration Trump contre cinq personnalités européennes engagées pour une régulation de l'espace numérique et contre la désinformation en ligne. Nouvelle illustration de la bataille culturelle et idéologique qui se joue actuellement entre Européens et Américains. Pour en parler avec nous, Bernard Guetta, bonjour. Bonjour à vous. Vous êtes député européen Rignoux. Merci d'être en direct avec nous ce matin.
Et avant de revenir quand même sur ces relations difficiles avec l'administration Trump, je voudrais que l'on parle de Laurent Vinatier, emprisonné depuis un an et demi maintenant en Russie. Il doit y être jugé pour espionnage. Mais hier, Moscou a annoncé avoir fait une proposition à la France le concernant. « Ça nous comble d'espoir », disait sur RTL sa mère hier soir. On ignore encore, Bernard Guetta, la teneur de cette proposition. Est-ce que ça peut être, est-ce que c'est vraisemblablement un échange de prisonniers ? C'est l'hypothèse, c'est l'hypothèse la plus probable.
Mais ce qu'il y a dans cette proposition russe, quelle qu'elle soit, c'est le signe et en vérité la preuve que notre compatriote Laurent Vinatier n'est dans cette affaire pour les Russes qu'une monnaie d'échange. Il a été arrêté, il est emprisonné. Les charges contre lui grossissent de trois mois en trois mois. Pourquoi ? Parce que les Russes veulent obtenir quelque chose. Quoi ? On va voir. Mais quelque chose en échange de notre compatriote. Cette proposition de la part de Moscou, elle intervient quelques jours seulement après qu'Emmanuel Macron s'est dit disposé à renouer le dialogue avec Vladimir Poutine. Une proposition acceptée d'ailleurs depuis par le Kremlin.
C'est un signe que les relations se réchauffent entre Paris et Moscou ? Non, on réchauffe. Malheureusement, le mot est beaucoup trop fort aujourd'hui. Non, simplement, il y a chez le président de la République une volonté de ne pas laisser les Américains seuls en dialogue avec les Russes. Il n'y a absolument aucune raison, alors que l'agression russe contre l'Ukraine est une affaire européenne au premier plan et non pas états-unienne au premier plan. Il n'y a aucune raison de laisser les négociateurs américains négocier avec les Russes ou éventuellement même, puisque ça s'est déjà produit et peut se reproduire, les deux présidents américains et russes en un dialogue unique.
Non, l'Europe a son mot à dire. D'ailleurs, elle le dit tellement qu'elle a considérablement aidé les Ukrainiens à modifier les propositions américaines de règlement. Nicolas Demir Zelensky l'a annoncé en milieu de semaine, les Etats-Unis ont effectivement accepté de réviser leur plan. Absolument, absolument. Voilà, et quand on voit les propositions aujourd'hui sur la table, ça n'a heureusement et grâce aux pressions européennes plus rien à voir avec ce que les Etats-Unis proposaient il y a encore un mois. Effectivement, le front serait maintenant gelé. Ce plan n'impose plus non plus un retrait ukrainien du Donbass, ni d'engagement juridique de Kiev que l'Ukraine n'intégrera pas l'OTAN.
Bernard Guetta, vous parliez des Etats-Unis. Les Etats-Unis et surtout l'administration Trump qui a décidé de sanctionner, on le disait cette semaine, plusieurs Européens dont l'ancien commissaire européen Thierry Breton accusé de censure. Ils sont interdits de séjour aux Etats-Unis, sanctionnés en fait pour leur engagement contre la désinformation notamment. Comment l'Europe doit réagir après ces sanctions ? Ça relève de l'intimidation et de la coercition, disait Emmanuel Macron. Il faut répliquer ? Écoutez, d'abord une remarque.
La semaine même où les Etats-Unis interdisent d'accès Thierry Breton et quatre autres personnalités européennes au motif qu'ils seraient des partisans actifs de la censure, cette même semaine, le président américain lui-même appelle, et appelle en vérité, fait pression publiquement sur les grandes chaînes de télévision pour qu'elles suppriment les émissions humoristiques de fin de soirée. Est-ce que ça, ça ne s'appelle pas de la censure ? Est-ce que ça, ça ne s'appelle pas de la censure ?
Alors que ce dont on nous accuse de l'autre côté de l'Atlantique, c'est de vouloir réglementer les sites numériques afin, tout simplement, qu'on ne puisse pas y dire des choses qui sont interdites dans la presse écrite ou dans la presse audiovisuelle en Europe. Et Dieu merci, on ne peut pas dire n'importe quoi. On ne peut pas tenir de propos racistes, on ne peut pas appeler à éliminer une population, on ne peut pas calomnier quelqu'un impunément. Aux Etats-Unis, on le peut, très bien. Mais derrière tout cela, qu'est-ce qu'il y a ? Il y a, oui, c'est vrai, une bataille culturelle. Mais derrière la bataille culturelle, il y a fondamentalement une bataille économique. Les grandes entreprises...
Est-ce que vous ne voyez pas dans cette décision, dans ces sanctions américaines, une réponse directe à l'amende aussi qui a été infligée par l'Union Européenne ? 120 millions d'euros, on le rappelle, infligée début décembre au réseau social X d'Elon Musk. C'est ça qui a agacé en premier lieu les Américains ? Votre mot est parfait. Ça les a agacés. Mais bien au-delà de cette amende, il y a un véritable bras de fer. Les Américains veulent nous obliger, nous Européens, pas seulement nous Français, nous les Européens, les 27, à revenir sur la législation que nous avons adoptée au Parlement européen, notamment en 2022, sur la réglementation des sites numériques.
Eh bien écoutez, non, le président des États-Unis n'est pas le législateur des pays européens. Les législateurs en Europe, eh bien ce sont, pour ce qui est des législations nationales, les parlements nationaux, pour ce qui est des législations pan-européennes, le Parlement européen et le Conseil européen. Comme ça, ce n'est pas M. Trump qui gouverne l'Europe. Il faudrait qu'il s'y fasse. Est-ce que tout ça, ça peut mettre à mal, quand même, à terme, la relation entre Bruxelles et Washington ? Ça devient un allié compliqué, quand même, les États-Unis, non ? Or, écoutez, j'irai beaucoup plus loin que vous. Ce n'est plus un allié, déjà ?
Écoutez, l'Amérique de Donald Trump, je dis bien celle de Donald Trump parce qu'il y a une autre Amérique, mais l'Amérique de Donald Trump ne nous considère absolument pas comme des alliés, mais comme des adversaires économiques et politiques qu'il faut briser. qu'il faut briser. Alors, non pas détruire, parce que nous représentons un marché de 450 millions de consommateurs qui est fondamentalement précieux pour les industries américaines. Alors oui, ils veulent que nous continuions à acheter leurs produits, mais à leurs conditions. Ils veulent que nous devenions, tout simplement, un protectorat des États-Unis. Eh bien, non.
Face à cette volonté hégémonique, en vérité impériale, eh bien, il faut affirmer l'Union européenne comme une puissance politique de plus en plus forte, de plus en plus unie, et ayant de plus en plus d'alliés à travers le monde. Regardez à quel point l'Union européenne s'est déjà considérablement rapprochée du Royaume-Uni, malgré le Brexit, bien au-delà du Brexit. C'est considérablement rapprochée du Canada, de l'Australie, du Brésil peut-être demain, de beaucoup de pays à travers le monde. Bernard Guetta, les soutiens de Donald Trump pourraient dire à l'inverse que les États-Unis cherchent à protéger l'Europe. C'est d'ailleurs écrit noir sur blanc dans les textes officiels.
Les États-Unis considèrent qu'aujourd'hui, l'Europe est menacée d'effacement civilisationnel. C'est absolument extraordinaire parce que les États-Unis ne considèrent pas que l'Europe serait menacée par l'agression russe contre l'Ukraine. Et imaginons que demain, ça ne se produira pas, mais imaginons que demain, Vladimir Poutine gagne entièrement, conquiert totalement l'Ukraine. Ça signifie que l'armée russe serait aux frontières de la Pologne, de la Roumanie, de la Slovaquie, de combien d'autres pays. Et ça, ça ne serait pas un danger. Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu, ça ne serait pas un danger.
Et à tel point que, en vérité, Donald Trump s'allie avec Vladimir Poutine contre nous pour briser l'unité des Européens. Merci beaucoup Bernard Guetta, député européen. Merci à vous. Je le rappelle, merci d'être intervenu. Sous-titrage Société Radio-Canada
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