Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 17 février 2025 8 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

"Aujourd'hui la source d'énergie qui a le plus d'avenir en France, ce sont les grandes centrales solaires : il y a de la place et c'est bien accepté", affirme le PDG de Neoen Xavier Barbaro

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47InvitéFait
    « Je comprends leur colère puisqu'on peut regretter ces mouvements soudains. »
  • 1:02InvitéFait
    « NéoN n'est pas concerné puisque nous, nous faisons des centrales qui sont intrinsèquement compétitives, donc sans soutien public. »
  • 2:11InvitéPromesse
    « On se sent archi concerné chez Neowen. »
  • 3:29PrésentateurChiffre
    « Est-ce que ça se traduit concrètement sur le terrain avec des permis plus difficiles à obtenir ? Est-ce que vous le sentez vraiment ? »
  • 6:08InvitéFait
    « Je pense que c'est finalement une bonne définition. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur36 %

8,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. L'invité éco de France Info est un des leaders du solaire en France, acteur français des énergies renouvelables, rachetés en ce moment même par un fonds canadien. Bonsoir Xavier Barbaro.

0:15
Invité

Bonsoir Isabelle.

0:16
Présentateur

Vous êtes le PDG de NéoN. On va revenir évidemment sur votre actualité, votre changement d'actionnaire. Mais avant cela, il y a un mouvement de colère en France. Depuis la semaine dernière, les professionnels du secteur du photovoltaïque sont remontés contre un projet de décret du gouvernement. Qui prévoit une baisse des aides publiques pour les petites installations, les panneaux solaires sur les bâtiments des agriculteurs ou sur les parkings. Vous êtes un spécialiste du solaire mais sur des installations beaucoup plus grandes. Vous n'êtes donc pas concerné directement. Mais est-ce que vous comprenez tout de même leur colère ?

0:47
Invité

Je comprends leur colère puisqu'on peut regretter ces mouvements soudains. Le stop and go c'est malheureusement une des caractéristiques souvent des politiques françaises. Il y a un débat tout à fait légitime. C'est normal que le gouvernement revoie régulièrement ses options énergétiques et ses politiques de subvention. Je rappelle que NéoN n'est pas concerné puisque nous, nous faisons des centrales qui sont intrinsèquement compétitives, donc sans soutien public. Mais c'est vrai que des acteurs, des toitures qui ont je pense leur place dans le mix énergétique, c'est normal qu'ils réagissent assez vivement.

Quand on leur dit du jour au lendemain que le cadre réglementaire dans lequel ils travaillent va être complètement changé.

1:21
Présentateur

Ça donne un mauvais signal au secteur ?

1:24
Invité

Ça donne à la fois un mauvais signal, comme je vous le disais, en termes de soudaineté, en termes de stop and go. Ça donne quand même un signal, je pense, légitime en termes de revue des politiques publiques. C'est normal que sur des sujets qui nécessitent des subventions, l'hydrogène, les toitures solaires, le gouvernement, dans une période où on a besoin de se concentrer, de concentrer notre budget sur les sujets les plus utiles, les plus efficaces, revoie ce genre de politique régulièrement.

1:52
Présentateur

Alors le président de la République, la semaine dernière, a dit « plug baby plug », référence au « drill baby drill » de Trump. Comprenez, on va investir à fond dans notre énergie pour attirer les entreprises. Est-ce que ce sont des paroles ? Est-ce qu'il ne parlait que du nucléaire ? Ou est-ce que vous vous êtes senti concerné ? Est-ce que le renouvelable fait partie du plan du président de la République ?

2:11
Invité

On se sent archi concerné chez Neowen. On alimente déjà aujourd'hui dans d'autres pays que la France des data centers, que ce soit Google, que ce soit Equinix, en Finlande, en Suède, en Italie, dans d'autres pays bientôt. On a vocation en France aussi à fournir cette énergie compétitive, décarbonée et disponible à des clients comme ceux de la data et de l'intelligence artificielle. Aujourd'hui en France, il y a une relance du plan nucléaire et je pense qu'on peut s'en féliciter. Neowen n'est absolument pas anti-nucléaire mais ça va prendre 10 ans, ça va prendre 15 ans.

2:40
Présentateur

Ce n'est pas aux dépenses, Xavier Barbaro, des énergies renouvelables ? Vous, vous êtes spécialiste du solaire, vous êtes spécialiste de l'éolien terrestre aussi, du stockage de l'énergie. Ce n'est pas le nucléaire aux dépenses des énergies renouvelables aujourd'hui en France ?

2:52
Invité

Non, le renouvelable et en particulier Neowen ont déjà démontré qu'ils étaient une des solutions pour alimenter ces data centers. Donc les milliards et même les dizaines de milliards d'investissements en France qui ont été annoncés par le président de la République ont vocation à nous créer un marché et on est probablement la meilleure réponse dans les 10 ou 15 prochaines années avant l'arrivée de nouveaux réacteurs nucléaires. Si on veut aujourd'hui venir faire des investissements en France, créer des data centers, il faut qu'il y ait aussi de l'électricité verte disponible et on est capable de la fournir.

3:20
Présentateur

Sauf qu'on entend quand même une réticence de plus en plus importante des politiques françaises, notamment sur l'éolien terrestre, en gros pas dans mon jardin. Est-ce que ça se traduit concrètement sur le terrain avec des permis plus difficiles à obtenir ? Est-ce que vous le sentez vraiment ?

3:36
Invité

Oui, on le sent vraiment. Il faut aujourd'hui littéralement 10 ans pour obtenir un permis éolien en France. Parfois pour des bonnes raisons. Parfois certains acteurs ont abusé, ont été un peu trop envahissants. Je pense qu'il faut savoir entendre les messages qu'on nous envoie qui sont parfois négatifs.

3:50
Présentateur

Donc ça veut dire en gros pas nous, les autres ?

3:52
Invité

Oui, Néowen, on fait essentiellement du solaire en France. On le fait bien, on le fait de manière consensuelle, c'est bien accepté. On fait aussi de l'éolien là où ça se passe bien, on n'est pas des forcenés de l'éolien. Je pense aujourd'hui que la source d'énergie qui est le plus d'avenir en France, ce sont les grandes centrales au sol. Il y a de la place, c'est bien accepté, c'est compétitif, ça crée de l'activité économique pour des entreprises françaises. Je pense qu'aujourd'hui c'est ça le vrai cheval de bataille.

4:16
Présentateur

Et donc ça veut dire qu'aujourd'hui vous pensez développer le solaire, notamment en France ?

4:21
Invité

On le fait déjà, on a environ un demi milliard d'investissements chaque année qui sont décidés chez Néowen dans du solaire en France. On pourrait faire deux fois plus facilement s'il y avait un peu moins de barrières administratives. Aujourd'hui ces barrières, elles nous limitent en termes de volume, elles nous empêchent aussi d'ailleurs d'être aussi compétitifs que ce qu'on pourrait être. Aujourd'hui c'est paradoxal, le solaire en France coûte 20% plus cher qu'en Allemagne où il y a pourtant moins de soleil. Moi je suis capable chez Néowen de faire du solaire en Suède moins cher qu'en France, en Suède.

4:51
Présentateur

Et comment ça s'explique ?

4:53
Invité

Parce qu'on nous laisse faire des projets plus rapidement, de grande taille, sans nous mettre de la complexité administrative qui représente un coût. Et donc aujourd'hui c'est dommage qu'on ne sache pas en France finalement déverrouiller le formidable potentiel photovoltaïque qui existe dans ce pays.

5:07
Présentateur

Alors vous êtes en train d'être racheté par un fonds d'investissement canadien, Brookfield, qui a été dans l'actualité puisqu'il a annoncé 20 milliards de dollars d'investissement à venir dans les data centers, notamment dans l'intelligence artificielle. Donc est-ce que ça va vous permettre à vous, qui est donc un pur player des énergies renouvelables, ce changement de main ?

5:28
Invité

Ça va nous permettre d'accélérer. On peut se réjouir évidemment d'avoir un actionnaire Brookfield et d'autres actionnaires. D'ailleurs Temasec, le fonds singapourien, est aussi au capital de Néowen. Ils vont nous permettre d'aller plus vite, en particulier en France.

5:43
Présentateur

Parce qu'ils ont du capital ?

5:44
Invité

Parce qu'ils ont du capital, parce qu'ils ont aussi d'ailleurs la capacité eux-mêmes à nous apporter des clients en plus. Vous l'avez rappelé, ils investissent massivement dans les data centers. Notamment en Europe. C'est un beau coup d'accélérateur pour Néowen. C'est aussi un super message pour la France. Ça montre qu'aujourd'hui, il y a des investisseurs étrangers qui veulent investir en France, dans des entreprises françaises, et pour qu'elles se développent en particulier, en plus, sur leur marché domestique.

6:08
Présentateur

Sauf que vous allez quitter la Bourse de Paris. Est-ce que ça veut dire que demain, vous passez sous pavillon canadien ? Que vous devenez une entreprise canadienne ? Que vous faites partie de ces pépites françaises qui passent sous pavillon étranger ?

6:18
Invité

Alors la géographie du capital d'une société, c'est évidemment un paramètre important, mais ce n'est pas ça qui nous définit uniquement. Je rappelle que même en étant coté à la Bourse de Paris, on avait déjà beaucoup d'actionnaires étrangers. Donc ça, ça ne va pas nous dénaturer. Au contraire, je trouve que c'est un bon signal. J'ai eu l'occasion d'en parler, par exemple, avec Business France, qui nous dit « Vous serez une entreprise française à capitaux étrangers ». Je pense que c'est finalement une bonne définition.

6:38
Présentateur

Oui, mais est-ce que ce n'est pas juste des paroles, ça, Xavier Barbaro ? Vous allez devenir une entreprise canadienne demain ?

6:43
Invité

En tout cas, on sera une entreprise qui investira encore plus en France demain. Et je pense que c'est ça qui est finalement le vrai marqueur de ce qu'on peut apporter à la France à travers la capacité de Néohen à développer de nombreux projets en France et avec un actionnaire qui est ravi de les financer.

6:58
Présentateur

Et donc, vous qui avez cofondé Néohen, vous restez à la tête de l'entreprise. C'est important de le souligner. Dernière question, elle concerne les Amériques. 11% de votre chiffre d'affaires aujourd'hui. Est-ce que vous voyez un changement dans les investissements dans les énergies renouvelables depuis l'investiture de Donald Trump aux Etats-Unis ?

7:15
Invité

Alors, nous ne sommes pas aux Etats-Unis, mais nous sommes au Canada. Nous sommes aussi en Amérique latine.

7:19
Présentateur

C'est un marché que vous regardez.

7:20
Invité

Oui, c'est un marché qu'on regarde, en particulier pour aller faire du stockage, qui est un des marqueurs de l'activité de Néohen. Je pense qu'on a vocation, nous, un jour, à aller aux Etats-Unis pour y déployer nos batteries, pour justement venir équilibrer la production solaire ou éolienne qui existe déjà massivement aux Etats-Unis. On voit autour de nous qu'il y a un vrai questionnement dans les acteurs qui sont déjà présents sur place. Je pense qu'il ne faut pas que ça nous fasse peur. Au contraire, Donald Trump ou pas Donald Trump, le renouvelable a montré sa pertinence, sa capacité à faire partie du mix et à le faire encore plus à l'avenir qu'aujourd'hui.

Je pense que pour Néohen, c'est un vrai marché. Et dans ces moments un peu difficiles, dans ces moments un peu darwiniens, c'est probablement pour nous le meilleur moment pour accélérer.

8:00
Présentateur

Merci beaucoup, Xavier Barbaro, PDG de Néohen, entreprise spécialisée dans le solaire, l'éolien terrestre et le stockage en batterie, qui est donc en train d'être racheté par le Fonds canadien Brookfield. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.

8:13
Invité

Merci.

8:14
Présentateur

Merci.